jeudi 27 août 2026

LES BÂTISSEURS de Daniel Polanski

 


Éditions LEHA
160 pages
13,90 euros




L'avis express de Dup sur Les bâtisseurs de Daniel Polanski

Une fantasy animalière au parfum de western.
Un régal !

L'AVIS DE DUP



Si vous suivez ce blog, vous savez que nous ne sommes pas friandes de nouvelles et novellas... Néanmoins ce titre nous a été tellement bien vendu que j'ai fini par craquer ! Oui, je sais, je suis faible dès qu'il s'agit d'une bonne histoire potentielle. Cependant lorsque j'ouvris ce recueil, c'était un peu la boule au ventre. Et si je n'aimais pas ? Et si ça finit en queue de poisson (comme beaucoup de nouvelles) qui me fait penser que je n'ai rien compris ou que j'ai loupé quelque chose ? Et puis arrive le titre du chapitre premier : C'est une souris qui rentre dans un bar... et là un grand sourire s'est affiché sur mon visage et j'ai démarré sereine ma lecture. 

Ce démarrage en forme de début de blague m'a beaucoup plu, et tout le reste a été à l'avenant. On assiste d'entrée de jeu à une sorte de western genre "Règlements de compte à OK Corral", avec des animaux en guise d'acteurs. Et donc notre souris, dit le Capitaine, entre dans le bar (marqué fermé le dit bar), stetson visé sur la tête, cache-poussière relevé, l'oeil torve et presque les mains au-dessus des colts. Plus cliché tu meurs, et c'est bien le but recherché !

Il s'installe et attend. Qui ? Tous ses anciens comparses qui était derrière lui il y a cinq ans, lorsqu'ils ont perdu la dernière bataille suite à une trahison. Et on va vite comprendre que cette défaite n'est toujours pas digérée. Dans les chapitres suivants, le récit est antérieur, chacun étant le recrutement d'un compagnon par le Capitaine qui finit toujours par le rituel "alors, tu en es ?", suivi d'un court chapitre sur l'arrivée au bar du protagoniste recruté.

Cette équipe de bras cassés se compose de Bonsoir, une hermine, mais il est Français s'il-vous-plait ! Savourez donc l'extrait ci-dessous.

Page 13 : Être Français, comme tout bon Français vous le dira, n’est pas sort aisé, car c’est autant un privilège qu’une responsabilité. Être garant des standards de l’excellence et de la plus exceptionnelle grâce tenait déjà du fardeau sur ses terres natales, et se révélait un fardeau incommensurablement plus lourd encore dans les colonies. Être à la fois Français et hermine engendrait chez Bonsoir une crise d’identité quasi permanente, qu’il tentait souvent de résoudre, de la plus française des manières, par un monologue. 😂

Il y a également Boudicca, l'opposum tireuse d'élite, Cinnabar, la salamandre porteur d'une quantité incroyable de revolvers, Orge, le blaireau spécialiste en explosifs, Gertrude la taupe, Elf le hibou qui était amoureuse de Quaker le serpent, mais ce dernier est aujourd'hui dans l'autre camp, et enfin Zapata, le tatou.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, le ton cynique et l'humour de Daniel Polanski dont je vous mets un petit extrait en fin de chronique. Une sorte de Tontons flingueurs avec des personnages archétypaux assumés pleins de personnalité. Je n'irai pas jusqu'à parler de leur profondeur, le texte étant trop court pour cela... il n'empêche que j'aurai adoré rester une paire d'heures de plus auprès de cette clique. L'auteur nous offre quelques belles scènes d'action qui se seraient fort bien accompagnées d'une musique de Ennio Morricone. Quant à la fin de cette novella, elle est carrément abrupte (ce doit être dans le cahier des charges !), mais excellente et j'ai adoré. Je conseille vivement cette lecture !

Page 28 : Le Capitaine accueillit la réponse de Cinnabar par un hochement de tête. Un rire éclata depuis l’intérieur de l’auberge. Le chant des criquets commençait à s’élever aux alentours. Les deux vieux amis apprécièrent en silence la tombée de la nuit, quoique ce ne fût pas évident au premier coup d’œil. Qu’ils étaient vieux amis, s’entend, car la nuit, elle, était bel et bien en train de tomber.


* SP papier * 


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