L'avis express de Dup sur Noires sont les âmes perdues.
L'AVIS DE DUP
Adèle est ingénieuse et débrouillarde et met en place des plans de plus en plus fous, pour récupérer des sous, pour lui offrir le meilleur à manger. Bien évidemment, cela dérape et elle se retrouve dans les catacombes sous Paris à errer avec Gontran, un compagnon d'infortune. Ils découvrent un sarcophage qu'ils ouvrent et libèrent ainsi Isaac, un vampire. Gontran servira de repas à Isaac tandis qu'Adèle s'enfuit.
Mais Isaac la retrouvera la nuit suivante dans sa chambre. Tétanisée de peur au début, les rouages de son cerveau la sorte bien vite de sa transe. Et déjà elle imagine tirer profit de la présence d'Isaac et de l'emprise qu'elle a sur lui. En effet, le vampire semble la prendre pour la nécromancienne qui l'a transformé.
Adèle est un personnage très morally-grey qu'il faut accepter si l'on veut apprécier ce récit. Malgré tout elle est touchante par sa volonté d'aider à tout prix son frère. Ses pensées, ses actions, se reflètent dans le titre du roman qui prend alors tout son sens ! Simon lui ne peut que toucher le lecteur avec son traumatisme bien marqué. Mais la palme revient largement au personnage d'Isaac. D'abord parce que l'on est loin de l'image du vampire romantique et gothique classique puisque l'autrice en fait la victime. Ensuite parce que les descriptions de sa douleur, de sa souffrance permanente, broieraient les cœurs les plus endurcis. De fait Isaac est mort de froid en 1812 lors de la retraite de la Bérézina, avant d'être transformé. Et ce froid polaire le torture toujours.
Noires sont les âmes perdues est un roman à l'ambiance sombre où l'apparition du fantastique n'apporte pas comme d'habitude l'évasion, mais au contraire souligne la noirceur et le chaos ambiant. La plume d'Oriane Dardres est très visuelle et son récit nous immerge dès le premier chapitre. Le Paris d'après-guerre devient presque un personnage à part entière, avec sa fresque sociale réaliste. C'est le fantastique au service d'un récit contemporain et historique.
J'ai beaucoup apprécié ce récit et l'audio lui rend justice, même si j'ai toujours la même réserve vis à vis de la narratrice Adelaïde Poulard. Pour la narration et les voix de femmes elle est parfaite, en revanche son interprétation des voix masculines me fait grincer des dents. Cependant l'attrait du récit d'Oriane Dardres nous replonge immédiatement dans l'ambiance adéquate et le plaisir revient.



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