L'avis express de Dup sur Visqueuse de Morgane Caussarieu.
L'AVIS DE DUP
C'est la première fois que je me frotte à l'écriture de Morgane Caussarieu. Et pourtant, j'ai deux de ses romans dans ma bibliothèque. Le premier, Dans tes veines, acheté il y a fort longtemps lors de mes premières Imaginales, poussée par son voisin de table, aka Sire Cédric dont j'étais fan à l'époque. Le second acheté l'an dernier, Festin de larmes. La malédiction des "non SP" a bien sûr frappé, je ne les ai jamais lu. Il a donc fallu que je passe par la case SP pour découvrir sa plume, et c'est chose faite grâce à Visqueuse et Pocket.
Si je devais résumer en deux mots la diatribe de Sire Cédric à l'époque, ce serait Horreur et Violence. Alors, l'horreur, ce n'est pas franchement ce que j'ai trouvé, il doit se trouver dans d'autres romans de l'autrice. En revanche, de la violence... en veux-tu en voilà, sous toutes ses formes, physiques comme psychologiques. Mais, je tiens à le préciser, jamais de façon gratuite. Juste de la violence comme en sont capables certains êtres dits de la race humaine.
On plonge directement dans le vif du sujet dès le premier chapitre, avec la capture d'une créature par un pêcheur, dans un marais de Franche Comté. Sorte de sirène que la mythologie locale a baptisé vouivre. L'ambiance est glauque dès le début rien que dans la description du marais fétide et sombre. On se doute bien que la suite sera à l'avenant. Déjà notre sirène est loin de l'image fantasmée. Une peau blanche, albinos, visqueuse comme enduite de morve. Des yeux globuleux, des dents enchâssées n'importe comment, des cheveux enduits de vase...
Arsène, notre inopiné pêcheur est en fait fromager de son état, il rassemble tout le lait des paysans alentours et fabrique du comté dans sa cave. Et c'est là qu'il va enfermer sa vouivre. Avec l'échelle pour y descendre, aucun risque qu'elle s'enfuie avec son absence de jambes. Il charge sa femme et sa fille Huguette de l'alimenter, quant à lui, il fantasme sur ce sexe exposé à plat, au-dessus de cette longue queue sinueuse. Vous vous doutez bien qu'il ne va pas s'arrêter aux fantasmes...
Les violences sont explicitées dans les moindres détails et vont aller crescendo au fil du roman. Les sujets dérangeants sont abordés sans fard, c'est trash. Morgane Caussarieu décrit l'être humain et ses déviances avec beaucoup de réalisme et la violence est la thématique de Visqueuse.
Entre chaque chapitre se trouvent des planches anatomiques de créatures animales allant de la plus banale, une vache, à certaines méconnues, parfois horrifiques, parfois mythologiques. Ces planches, dessinées par l'autrice elle-même, vont s'intégrer intelligemment au récit dans la seconde moitié du roman. En fait je retire ce que j'ai dit au sujet de l'absence d'horreur au début de ma chronique... Ici ce n'est pas de l'horreur teintée de fantastique qui fait peur, mais plutôt de l'horreur qui dégoûte.
Avec Visqueuse Morgane Caussarieu aborde, sans concession aucune, les déviances humaines les plus perverses, sans pour cela que ce soit too much. Cependant, âmes sensibles s'abstenir.














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