mardi 19 mai 2026

TERRE DES OMBRES tome 2 de Josépha Juillet

 

Tome 2
L'univers des Chuchoteuses


Éditions Olympe
Parution 16/04/2026
576 pages
24.90 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 2 de Terre des Ombres  ☇


Un deuxième tome beaucoup plus axé sur la romance. Une romance ou plutôt des romances au service du récit et du développement de la Fantasy.


L'AVIS DE PHOOKA:



    La situation est grave. La fin du premier tome de Terre des Ombres a laissé Adèle dans une terrible situation. Le lieutenant Morgan, son mentor, son ami et quasiment son père a été assassiné. Non seulement sa perte est immense mais en plus Adèle est soupçonnée ou plutôt, les autorités de la Bulle aimeraient bien lui coller ce meurtre sur le dos pour avoir la mainmise sur cette Chuchoteuse qui ne rentre pas dans les rangs de la façon dont ils l'aimeraient ... Mais pire que tout ça, Ben a été infiltré. Les ombres se sont emparées de lui et son état évolue vite. Beaucoup trop vite. Adèle n'a d'autre choix que de fuir vers le village abandonné et demander de l'aide à Yuni ... et aux ombres.

    Ce deuxième tome de la trilogie est cette fois axé sur la romance. Parce que les liens entre les protagonistes et les liens entre les personnages et les ombres vont être la clé. Lien. C'est le mot qui pourrait définir ce second opus. Les Chuchoteuses doivent se lier aux Ombres. De toute les façons possibles, et Adèle va devoir recourir à tous les moyens existants pour renforcer son pouvoir sur les Ombres. Et ça va passer par des rituels qu'il va falloir découvrir et mettre en place, et par le renforcement de tous les liens dont elle dispose. La conséquence c'est que le récit évolue en quête et romance, tout en gardant le côté fantasy bien ancré dans son déroulement. Les tâches vont être multiples: sauver Ben, trouver les rituels, les mettre en œuvre, échapper aux traquenards des autorités des bulles et comprendre. Comprendre qui sont les Ombres, comprendre pourquoi cette guerre entre les Ombres et les humains persiste. Mais surtout comprendre qui est Ben, qui était Morgan, qui est Yuni sans oublier Leo. Un bien étrange personnage que ce sergent, beau comme un dieu, qui drague Adèle clairement pour obtenir quelque chose d'elle. Leo ...ami ou ennemi ? La question reste posée. Mais puisque je parle de comprendre, le lecteur lui va devoir essayer d'appréhender qui est vraiment Adèle. Parce qu'Adèle est retorse, complexe et cache tellement bien son jeu qu'on ne sait jamais si on peut lui faire confiance ou non. Elle est tout à fait capable d'entraîner le lecteur sur de fausses pistes du début à la fin.  Ce second tome est un puzzle géant dont la résolution est bien compliquée, surtout qu'il nous manque encore des pièces ...

    Le monde créé par Josépha Juillet est vraiment original et complexe. On le découvre par petits morceaux, au travers du regard d'Adèle, de Yuni et de Ben. Mais ce que j'ai aimé par dessus tout, au delà de cette Fantasy si riche, c'est la relation entre Ben et Adèle. Les deux là sont décrits comme des maigrichons, pas franchement beaux, mais leur alchimie est juste incroyable. Et leur sens de la répartie aussi ! Les punchlines entre eux sont un régal. Mais le point le plus éblouissant du roman est sans conteste ... la danse. Oui ça peut vous paraître étrange, mais la danse est l'un des points clés et les scènes de danse sont absolument fascinantes. Visuellement fascinantes ! Le ressenti à la lecture est juste incroyable. Oui je suis dithyrambique, je m'en rends bien compte mais ces passages dans le roman m'ont frappée avec une telle intensité que je suis parfois revenue en arrière pour les relire. Non pas par incompréhension mais juste pour le plaisir. Je ne suis pas du tout fascinée par la danse en temps normal, mais la façon dont Josépha Juillet nous la fait ressentir est fabuleuse. Je me demande si elle a un passé de danseuse du coup ...

    Bref, ce roman, deuxième tome de la trilogie m'a tenue en haleine tout un week-end pluvieux et j'étais ravie de cette pluie parce que j'ai dévoré les 560 pages en un temps record, lisant en apnée, incapable de m'arrêter. Gros coup de cœur !

Le tome 3 sort le 02 juin et il me tarde déjà de l'avoir en main.

*Service de Presse*


lundi 18 mai 2026

L'HÉRITAGE DE LA FUREUR de Tricia Levenseller

 


PAL Éditions
416 pages
8 euros




L'avis express de Dup sur L'héritage de la fureur de Tricia Levenseller


Une romantasy atypique et drôle.


L'AVIS DE DUP



L'héritage de la fureur est un roman assez singulier, mais on en est informé dès le début par une note d'intention de Tricia Levenseller avant le premier chapitre. Elle a volontairement créé ce royaume, Amarra, où les femmes sont au sommet de la position sociale grâce au don de leur déesse qui leur confère une force surhumaine, pas question qu'elles puissent être dominées. Et les hommes sont là pour être vus, non entendus. Clairement la place de l'homme dans cette société est dans la chambre 😁

On suit Olerra, générale en chef de l'armée d'Amarra, en lice pour la succession au trône, comme sa cousine. Mais cette dernière, courtisane oisive, possède l'appui de nombreuses nobles alors qu'Olerra n'a ni le temps, ni les capacités de briller à la cour. Alors, pour arriver à ses fins, Olerra décide d'aller se trouver un mari noble... en le kidnappant chez ses voisins et ennemis, en Brutus. C'est lui qui lui accordera l'attention des nobles.

Le roi de Brutus, qu'elle a ridiculisé à la dernière bataille à la frontière, possède quatre fils. Elle choisi le second, Andrastus, dans l'ordre de succession, les deux autres étant trop jeunes, et ne désirant pas prendre Sanos, l'héritier du trône au risque de déclencher une guerre. D'autre part, Andrastus est réputé docile et poête. Par un concours de circonstances assez hilarant, c'est Sanos qu'elle va enlever, le guerrier de la fratrie. Et il va bien sûr se garder de le lui révéler. C'est sa seule possibilité de fuite, qu'on le sous estime.

Débute alors une romance très spéciale entre ces deux là. Entre l'aversion de Sanos pour le rôle qu'on lui impose, épilation, jupette, maquillage, bijoux en tous genre (jusqu'aux pinces à tétons 😂), mais l'attirance de plus en plus nette qu'il éprouve. Et Olerra qui se sent très attirée (alors que clairement ce kidnapping n'était qu'à but politique), mais la peur d'être dominée, ridiculisée fait que Sanos va passer le plus clair de son temps menotté, entravé... il y aura des scènes parfois hilarantes, parfois muy caliente !

Bien qu'Amarra soit un royaume plus progressiste sur les questions de sexualité et d'identité de genre que ses voisins, il n'est pas exempt de cruauté, d'exploitation ni d'esclavage. L'attitude de sa cousine en est un parfait exemple, elle est abominable avec son harem. Mais le but d'Olerra une fois sur le trône est d'abolir ces pratiques barbares.

J'étais fort curieuse de découvrir ce que Tricia Levenseller allait faire de son postulat de départ. Alors forcément le trait est plutôt lourd, mais si on accepte la donne c'est assez délicieux, notamment les rapports domination/soumission inversés. 

La romance avancera lentement et restera jusqu'au bout très spéciale. Olerra, amarrienne jusqu'aux bouts des ongles, est sexuellement libre, ouverte, directive, bien que pucelle. Sanos est pudique et profondément déstabilisé par son approche. Or Olerra s'est juré de ne jamais devoir le forcer, elle attend, il attend... Les connaissances anatomiques et physiologiques d'Olerra sont à la pointe, Sanos ne connait que les relations furtives des maisons closes. Le décalage est énorme et la romance en pâtit. Elle m'a fait plus souvent rire que vibrer.

Cependant mon bémol sur ce roman sera l'absence d'un worldbuilding qui m'empêche d'en faire un coup de coeur. Autre remarque qui me laisse désemparée, cet Héritage de la fureur est annoncé comme le tome 1 d'une série De rage et de fureur. Or franchement la fin ressemblait vraiment à un point final de l'histoire d'Olerra et Sanos. Un autre couple alors ? Il n'est clairement pas annoncé dans ce premier tome. Ma foi, on verra... ou pas.

* SP papier *


samedi 16 mai 2026

Les nouveautés en mai chez Mnémos

 

LIMINAL de Auriane Velten


Sortie le 20 mai

Le pitch :

Jin est une onryō en quête de vengeance. Sakura, jeune lycéenne, se prépare à une carrière de grande chanteuse. Haru, quant à elle, pilote une armure géante pour combattre des créatures monstrueuses. Elles n’ont rien en commun, sinon de vouloir fuir leur vie. Un jour, leur vœu se réalise d’une manière inattendue : elles se réveillent dans un monde blanc, où leurs souvenirs s’exposent et où le réel se désagrège. Qui a créé cet endroit ? Est-ce un purgatoire, une simulation ou la dernière strate du rêve humain ? Pour échapper à ce monde inconnu – et peut-être en retrouver un plus accueillant –, elles devront percer ses règles imprévisibles.


💛💛💛💛💛💛💛💛💛💛


LE SILENCE DES LYS TIGRÉS de Sally Fauconnier


Éditions Naos
Sortie le 20 mai

Le pitch :

Les Lys Tigrés ont surgi sans prévenir.
Des fleurs gigantesques, bruyantes, voraces. Elles envahissent les rues et dévorent tout sur leur passage.

Alors que le dernier train d’exilés quitte la ville, une jeune survivante est entraînée malgré elle au cœur d’une révolution. Elle croise de mystérieuses silhouettes masquées et une fille muette, vêtue d’une jupe rouge. Et si son apparition n’était pas un hasard ?

Alors que le monde s’écroule, elle n’a plus le choix : elle doit comprendre ce que veulent les Lys Tigrés. Avant qu’il ne reste plus rien à sauver. Et peut-être, dans leurs racines, rebâtir de nouvelles fondations.

C’est l’histoire d’une vengeance. La vengeance du silence.


vendredi 15 mai 2026

L'ÎLE DE NOIREBRAISE DE Brandon Sanderson

 


Éditions Le livre de Poche Imaginaire
Existe aussi en version collector
Parution 25/02/2026
Traducteur Sébastien Guillot
672 pages
24.90 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur l'île de Noirebraise  ☇



Un roman étrange oscillant entre fantasy et science-fiction.
Du pur Sanderson mais probablement à réserver aux fans du maître.



L'AVIS DE PHOOKA:




    Dans une longue préface, Brandon Sanderson explique le contexte de ce roman. Depuis toujours il voulait écrire une suite à sa nouvelle "Sixième du Crépuscule", or il suppose (à juste titre sans doute) que peu de gens l'ont lue. Ainsi il a décidé de réécrire sous la forme de flashback la dite nouvelle dans la première partie de ce roman, puis d'enchaîner sur la suite. Il conseille même à ses lecteurs qui auraient lu la nouvelle récemment de sauter ou au moins de diagonaliser cette première partie 😂.

    Première partie qui permet donc de rencontrer Crépuscule, un trappeur des îles du Pantheon. Ou plutôt ancien trappeur d'ailleurs. Car depuis l'arrivée de Ceux-d'en-haut, des envahisseurs venus de l'espace, le monde dans lequel vit Crépuscule a bien changé. Ces envahisseurs veulent mettre la main sur les Aviares, ces oiseaux étranges qui vivent sur les îles, une en particulier, extrêmement hostile. Ces Aviares ont des pouvoirs magiques qu'ils transmettent à l'individu qui les porte. On ne peut pas dire qui les possède, car c'est plutôt un accord commun entre l'homme (ou plutôt les Eelakins) et l'oiseau. Or les envahisseurs veulent les Aviares et les Eelakins ont trouvé un moyen assez efficace de retenir Ceux-d'en-haut en développant eux-même l'élevage des Aviares et pour ça il a fallu dompter les îles en les rendant sûres. Donc les trappeurs n'ont plus de raison d'être et Crépuscule fait maintenant partie du passé, il est devenu une sorte de légende.

    En parallèle, nous allons suivre Alcyone. Une jeune dragonne ... condamnée à rester sous sa forme humaine et à travailler sur un vaisseau spatial marchand. Un tas de ferraille pour être honnête. Mais un tas de ferraille avec un équipage haut en couleur. Que des rebus en fait. Des oubliés, des laissés pour compte ... Et Hoyd qui ne revient pas alors qu'il avait promis ...

    Un monde de fantasy donc avec Crépuscule et un monde de SF avec Alcyone. Et ces deux mondes vont se télescoper. La faute à un portail qui va les relier à Shadesmar ... 

    Alors je ne vais pas entrer dans les détails parce que comme c'est du Sanderson, c'est dense. Comme toujours. C'est dense et sacrément bien ficelé. Une fois de plus Sanderson prend son temps pour dérouler son récit. 650 pages tout de même. Et évidemment si vous êtes fan d'action et de batailles, passez votre chemin. Comme toujours avec Sanderson.  L'île de Noirebraise est un roman étrange, presque nostalgique parfois et grouillant de références sur le Cosmère. J'ai vu que beaucoup avait découvert Sanderson avec ce roman en particulier et franchement je ne les envie pas, parce que ce n'est vraiment pas une porte d'entrée, même si c'est un standalone. Nostalgique, disais-je plus avant, parce que c'est une réflexion sur le monde nouveau qui remplace l'ancien, sur la nécessité d'aller de l'avant alors même qu'on aime certaines choses du passé. Crépuscule sait très bien qu'il doit abandonner une partie de lui pour progresser et pourtant ses ressources et ses connaissances seront la clé. Mais quelque part il en est de même pour Alcyone qui par définition fait partie d'une espèce ancienne reconnue pour sa longévité et ses us et coutumes, mais elle, elle est toute jeune pour un dragon.

    C'est donc un drôle de récit que nous conte Sanderson ici. Il se fait plaisir en plus le bougre ! En prenant son temps, en nous faisant découvrir à travers les récits de la dragonne, moultes peuples et planètes. Toutes plus exotiques et fantastiques les unes que les autres.. Il nous plonge dans le Cosmère jusqu'au cou et y prend un immense plaisir, c'est évident. Et c'est un coup risqué parce que le lecteur suit ... ou pas. Moi j'adore toujours autant et j'aime que le récit soit si long et si lent qu'on s'en imprègne jusqu'à plus soif. Mais j'ai lu deci delà que pour d'autres ça ne passe pas forcément bien. De même que certains ont été perturbés par les changements d'ambiance entre fantasy et SF. Moi j'adore justement ...

    L'île de Noirebraise est sans doute un roman à réserver aux "déjà fans de Sanderson", en tout cas clairement pas une porte d'entrée pour une première découverte. Trop dense, trop Cosmère. Mais pour ceux qui ont déjà plongé dans l'univers de Sanderson c'est un régal. Comme toujours.

mercredi 13 mai 2026

QUELQU'UN DERRIÈRE LES MURS de Zygmunt Miloszewski

 


Pocket éditions
Collection New Horror
450 pages
9,90 euros



L'avis express de Dup sur Quelqu'un derrière les murs de Zygmunt Miloszewski


Un huis clos horrifique et fantastique mené de main de maître !


L'AVIS DE DUP


De cet auteur j'ai lu Les impliqués, un thriller, à l'époque où cette catégorie faisait partie de la majorité de mes lectures, et pourtant, impossible d'en retrouver une trace, ni dans la bibli du blog ni dans les rayons de mes bibliothèques. Si je ne me souviens plus (date de parution chez Mirobole 2013, j'ai des excuses !) de l'intrigue déroulée, je me souviens parfaitement du personnage principal Teodore Szacki qui dirige l'enquête. Fort de cela, je me suis dit que cette proposition de lecture par Pocket devait matcher.

Étant édité dans la collection New Horror de Pocket, je me doutais bien que je n'allais pas me frotter à un thriller bien sûr, en fait je m'attendais à des frissons et des personnages charismatiques. Les frissons je les ai eus en pagaille, les personnages en revanche seront mon bémol qui m'empêche d'en faire un coup de cœur.

Agnieszka et Robert prennent leur envol en tant que couple en emménageant ensemble pour la première fois. Un tout petit appartement dans un immeuble à la périphérie de Varsovie les attend, ils viennent de loin en voiture. Voyage long et pénible, rendez-vous manqué avec le transporteur de leurs quelques meubles,et pour couronner le tout, c'est l'effervescence dans le hall d'entrée à leur arrivée, un homme est trouvé décapité dans l’ascenseur...

Le ton est donné, on entre rapidement dans le récit. Très vite de petits incidents inexplicables surviennent, jusqu'à l'impensable : ils ne peuvent plus sortir de l'immeuble. Tous les habitants de l'immeuble échouent à sortir alors que la porte est ouverte, ceux qui devaient y venir ne les voient pas et changent d'avis en s'éloignant. Je vous garantis que cette scène qui survient dans les premiers chapitres est glaçante à souhait. 

Outre notre jeune couple, on va suivre également de près Viktor, un ancien journaliste devenu alcoolique depuis que sa femme et sa fille l'ont quitté et Kamil, un jeune lycéen marginal bridé par "ses vieux" pas cool. C'est Viktor qui va se mettre en avant, se chargeant de faire des réunions des habitants dans le hall afin de prendre des décisions concertées. Agnieszka va se lier d'amitié avec Viktor tandis que Robert s'enferme dans les tréfonds d'un esprit perturbé. Ces quatre personnages principaux sont décortiqués, leurs traumatismes enfouis analysés et pourtant jamais ils n'ont percé la barrière que je sentais entre eux et moi. 

Très vite Zygmunt Miloszewski transforme son récit en huis clos horrifique franchement teinté de fantastique. Les couloirs, les cages d'escaliers, les caves... ambiance Shinning de Stephen King. La frontière entre la réalité et le cauchemar s'effrite peu à peu, l'auteur nous entraîne dans une sacrée spirale de peur et de paranoïa. Frissons garantis car tout cela vient progressivement, insidieusement, c'est mené de main de maître. Quelqu'un derrière les murs est à lire, pour les amateurs du genre évidemment.

* SP papier *