lundi 7 septembre 2026

TÉMÉRAIRE Intégrale 1 de Naomi Novik

 


Éditions J'ai Lu Imaginaire
1088 pages
18,90 euros



L'avis express de Dup sur Téméraire, tomes 1, 2 et 3 de Naomi Novik

Intégrale regroupant les trois premiers tomes des aventures du dragon Téméraire et de son pilote Laurence. Un classique à lire.

L'AVIS DE DUP


S'il y a bien une matière que j'ai détesté au collège et au lycée (oui, je sais, il y a fort longtemps), c'est bien l'histoire. Et bien je peux vous dire que si j'avais eu une Naomi Novik en tant que prof, cela se serait passé beaucoup mieux. Car il suffit de soustraire les dragons de son roman pour assister au déroulement des campagnes napoléoniennes ! Et même qu'une peinture murale montrant Napoléon à dos de dragon aurait largement plus la classe que sur un cheval, foi de Dup !

Bref, dans un monde alternatif où les dragons existent et parlent (ce qui est drôlement pratique pour les dialogues), nous allons suivre les guerres napoléoniennes de l'autre côté de la lorgnette, à savoir du côté des anglais. Ces dragons sont utilisés comme bêtes de somme, comme courriers (bien plus rapide et efficace que La Poste car jamais en grève...), et comme instruments volants de guerre.

Au début de cette intégrale, on assiste à l'éclosion de Téméraire sur un bateau français qui a été, il y a peu, arraisonné par la marine anglaise. Un dragon qui parle dès sa naissance et qui désire se lier à Will Laurence, alors capitaine du navire. C'est une aubaine pour l'armée anglaise peu riche en dragons de guerre, mais pour Laurence une autre paire de manches. Il va devoir abandonner son grade de marin et commencer l'apprentissage d'un tout autre métier, celui de pilote de guerre...

La relation entre Téméraire et Laurence fonctionne bien et on s'attache très vite à ce tandem. Téméraire est touchant, très intelligent et polyglotte. Né en Chine puis transporté sur un vaisseau français dont l'équipage est devenu subitement anglais, il a appris "il coquillo" le mandarin, le français et l'anglais. Quant à Laurence, il présente un côté très gentleman guindé, un peu suranné. 

Le premier tome, Les dragons de sa majesté, est plus un tome introductif pour cette saga qui en compte neuf. Il permet néanmoins de se familiariser avec les différents dragons, leurs particularités individuelles et de camper le contexte historique.

Alors que Napoléon semble rassembler ses troupes de l'autre côté de la manche, le rôle de Téméraire va prendre de l'ampleur. Mais sa majesté va devoir faire l'impasse sur ce tandem d'exception : une délégation chinoise récemment arrivée en Angleterre leur apprend que Téméraire n'est rien moins qu'un dragon céleste, une race impériale sacrée et montre des velléités de récupérer la bête. Au refus catégorique du tandem, l'approche plus diplomatique d'une visite de son pays natal séduit Téméraire qui accepte le voyage si et seulement si Laurence et son équipage l'accompagne.

Car oui, j'ai oublié de dire qu'ils sont une bonne trentaine à chevaucher un dragon de guerre, chacun ayant sa place, son rôle, et le tout est articulé avec une discipline de fer.

Le tome 2, Le trône de jade, sera donc articulé sur le voyage de Téméraire et Laurence vers la Chine et leur séjour pour le moins singulier sur place. Dis comme ça, on s'attend à un opus plutôt cool, fait de découvertes. Que nenni, Naomi Novik s'emballe et nous propose, des ruses et des complots de la part de la délégation chinoise, un combat naval à peine sorti du port (car oui, Téméraire va voyager par bateau, le trajet est trop long pour l'envisager par voix des airs), des duels, des attaques sournoises et une flopée de rebondissements.

On découvrira des dragons de toutes sortes, en taille, en couleur, en effets spéciaux et de diverses origines grâce à l'imagination débridée de l'autrice. À la fin de chaque tome nous avons le plaisir de découvrir un carnet de croquis des espèces majeures ainsi qu'un tableau avec le nom de leurs espèces et leurs facultés.

Et on atteint le tome 3, Par les chemins de la soie. Comme le titre le laisse sous entendre, ce sera le retour au bercail de notre duo, par voie terrestre et des airs. Aidés par Tharkay, un guide aussi débrouillard que mystérieux, ils vont remonter les chemins de la soie, traverser des désert, arpenter des sommets et faire escale en Turquie, avant d'arriver en Allemagne puis en Autriche. 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Naomi Novik domine le contexte géopolitique de l'époque. Les batailles décrites sont exactement celles que l'on a apprises hormis le léger détail du rôle des dragons !!!

Ce tome 3 est bien sombre par rapport aux précédents, eût égard au nombre de morts aussi bien dans l'équipage de Téméraire que sur les divers champs de batailles.

J'ai trouvé cette lecture divertissante, avec quelques longueurs néanmoins, notamment le voyage vers la chine en bateau s'étire un peu. Un léger goût de saga d'un autre âge, après tout le tome 1 est sorti en 2006. Peut-être que la poursuite de cette saga me contredira, le dernier tome, le neuvième a été publié en 2016. Wait and see...

* SP papier *

vendredi 4 septembre 2026

LE BOUFFON DE LA COURONNE Livre II de Thibault Lafargue

 


Éditions actusf
Relié avec signet
700 pages
24,90 euros



L'avis express de Dup sur le Livre II du Bouffon de la couronne.


Dépaysement garanti pour le lecteur avec une approche soignée d'un harem oriental au côté d'un bouffon plus mûr mais toujours aussi touchant.


L'AVIS DE DUP



Notre bouffon du roi est devenu officiellement bouffon de la princesse Lysiane, afin de l'accompagner en Levance pour remplir une mission secrète pour son roi. En effet la princesse doit aller y épouser le fils du sultan. Mais en Levance on n'épouse pas comme ça, à la va vite, un levant haut placé. Que nenni, un séjour prolongé au harem s'impose.

Et nous allons découvrir aux côtés de Sébrain, l'immensité labyrinthique de ce harem, le Dar'hussade du sultan Teshda. Il évitera de justesse la castration programmée par Jacynthe, l'eunuque en chef et grand maître des lieux grâce à son statut de soit disant simple d'esprit.

Les trois quarts de ce tome se déroulent dans le harem, véritable vase clôt remplit de vipères prêtes à tout pour s'en sortir par la bonne porte : la chambre du sultan. La concurrence y est féroce, induite par une mécanique de contrôle puissante. Les femmes sont dressées à se taire et se craindre pour mieux rester prisonnières, la délation est prônée au statut de vertu.

Au sein de cet univers, Sébrain, munit simplement de ses bons mots, de ses grelots et de sa marotte sera un véritable catalyseur vers la liberté. En y introduisant le rire il va déclencher une véritable révolution. Ce sera d'ailleurs la force de ce roman que de montrer que le rire n'est jamais innocent dans une société bâtie sur la peur. Parce qu'on le croit idiot, il peut proclamer la vérité, dire des choses interdites, montrer les mensonges.  

Sébrain aura bien évolué depuis le premier tome. Adieu l'adolescent puéril et manipulable. Il est beaucoup moins guidé par ses hormones et heureusement au sein du harem... Il a perdu de sa naïveté même s'il reste encore bien geignard, mais bon, au vu des épreuves qu'il traverse on lui pardonnera cette faiblesse car il est de plus en plus touchant. Il analyse les différents cultes et religions avec plus de lucidité, il nuance ses jugements vis à vis des personnages qui l'entourent au regard de la pression qu'elles subissent. 

Second tome éminemment politique sur les systèmes oppressifs, on constate que le combat reste le même en Levance qu'en Ponance. Cependant il se détache du premier par son côté profondément féministe. Le fil rouge de cette saga semble être la lutte contre l'oppression et pour la liberté. Thibault Lafargue étoffe son univers d'un nouveau culte clandestin, de langues mortes, d'un peu de magie avec les étoiles-livres et de prophéties dissimulées. Il me tarde de lire la fin de cette série qui je l'espère, sera tout aussi intense et rythmée que jusque là. Coup de coeur, comme le premier tome.

* SP papier *


mercredi 2 septembre 2026

Les sorties de septembre 2026 chez actusf [sorties]

 

Bien des propositions chez actusf pour cette rentrée littéraire !

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JE SUIS UNE LÉGENDE de Richard Matheson
revu en format graphique par
Sergio Hernandes et Tony Caballero


Les infos ICI

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FEUILLETS DE BRUME
de Fabien Clavel


Un polar fantastique, les infos ICI


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BRUME ÉTERNELLE
de Thierry Di Rollo


Une dystopie puissante, les infos ICI

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POUR TOUJOURS POUVOIR DANSER
de Lorelei Lenn


Une nouvelle dans un futur compliqué, les infos ICI

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lundi 31 août 2026

ALASTOR DE SOMBREGARDE de Dobbs et Morinière [BD]


Tome 1 : L'infâme gentilhomme.

 


Oxymore Éditions
87 pages

L'AVIS DE DUP



Une proposition de lecture qu'il m'a été difficile de refuser tant j'ai trouvé la couverture de cette BD attirante. Pourtant je ne suis pas à l'aise dans l'exercice d'une chronique de ce média...

Tout d'abord, je vous présente le gars Alastor qu'on ne fait que deviner sur la couverture à la fois sombre et lumineuse.



Ouais, il n'a pas l'air cool. Mais c'est pour la bonne cause, c'est un anti-héros dans une dark fantasy médiévale. Le coup de crayon de Morinière le dépeint à merveille. Mais c'est la plume de Dobbs à la fois poétique et pleine de cynisme qui va illuminer ce personnage sombre et empêcher de tomber dans le cliché de la dark très, trop sombre classique.

Mais il faut que je vous présente également Guulghar, son comparse, maître gobelin qui formera avec Alastor un duo maléfique. Guulghar trimbale son frère, enfin le crâne enturbanné de son frère, Huulghar, au bout d'un bâton. Les frères forment un tandem nécromancien performant. Rien qu'en parcourant cette planche, page 7, on sent l'humour caustique de Dobbs.



Si Alastor a son épée, Guulghar a son chapeau... tout aussi efficace !



Bref, trêve de présentations, vous n'avez juste qu'à savoir que je me suis régalée en lisant cette BD et je vous la conseille vivement. Non ? Ce n'est pas assez ?

L'histoire démarre piano piano avec le retour d'Alastor d'entre les morts par la magie combinée de Guulghar et d'Huulghar. On va suivre ce duo improbable dans des aventures réparties en quatre chapitres bien différenciés par des pages sépias, un peu comme un journal de bord tenu par notre chevalier. Celles-ci sont pleines de poésie et de mélancolie. 

Ils veulent rentrer chez eux, à Sombregarde dans les terres écarlates. Il leur faudra trouver une monture, occire quelques chevaliers, puis trouver une troll forgeronne spécifique afin de réparer l'épée d'Alastor malencontreusement abîmée. Une vision non manichéenne de cet univers où nos héros sont supposés être du mauvais côté du Bien et du Mal et où les bons ne sont pas forcément meilleurs que les mauvais.

Les dessins de Morinière claquent, percutent, tout en étant d'une finition superbe. J'adore son coup de patte qui retranscrit parfaitement l'ambiance donnée par ce duo pondu par Dobbs, du taiseux Alastor et du cynique Guulghar. Je reprends donc : je me suis régalée et vous conseille vivement de découvrir cette BD. Pour ma part, il me reste à me procurer le tome 2 ! Je ne manquerai pas de vous donner mon avis.

* Service de presse *

Petit rajout : ne cherchez pas bêtement comme moi le tome 2, il ne paraîtra que fin octobre... 😬


jeudi 27 août 2026

LES BÂTISSEURS de Daniel Polanski

 


Éditions LEHA
160 pages
13,90 euros




L'avis express de Dup sur Les bâtisseurs de Daniel Polanski

Une fantasy animalière au parfum de western.
Un régal !

L'AVIS DE DUP



Si vous suivez ce blog, vous savez que nous ne sommes pas friandes de nouvelles et novellas... Néanmoins ce titre nous a été tellement bien vendu que j'ai fini par craquer ! Oui, je sais, je suis faible dès qu'il s'agit d'une bonne histoire potentielle. Cependant lorsque j'ouvris ce recueil, c'était un peu la boule au ventre. Et si je n'aimais pas ? Et si ça finit en queue de poisson (comme beaucoup de nouvelles) qui me fait penser que je n'ai rien compris ou que j'ai loupé quelque chose ? Et puis arrive le titre du chapitre premier : C'est une souris qui rentre dans un bar... et là un grand sourire s'est affiché sur mon visage et j'ai démarré sereine ma lecture. 

Ce démarrage en forme de début de blague m'a beaucoup plu, et tout le reste a été à l'avenant. On assiste d'entrée de jeu à une sorte de western genre "Règlements de compte à OK Corral", avec des animaux en guise d'acteurs. Et donc notre souris, dit le Capitaine, entre dans le bar (marqué fermé le dit bar), stetson visé sur la tête, cache-poussière relevé, l'oeil torve et presque les mains au-dessus des colts. Plus cliché tu meurs, et c'est bien le but recherché !

Il s'installe et attend. Qui ? Tous ses anciens comparses qui était derrière lui il y a cinq ans, lorsqu'ils ont perdu la dernière bataille suite à une trahison. Et on va vite comprendre que cette défaite n'est toujours pas digérée. Dans les chapitres suivants, le récit est antérieur, chacun étant le recrutement d'un compagnon par le Capitaine qui finit toujours par le rituel "alors, tu en es ?", suivi d'un court chapitre sur l'arrivée au bar du protagoniste recruté.

Cette équipe de bras cassés se compose de Bonsoir, une hermine, mais il est Français s'il-vous-plait ! Savourez donc l'extrait ci-dessous.

Page 13 : Être Français, comme tout bon Français vous le dira, n’est pas sort aisé, car c’est autant un privilège qu’une responsabilité. Être garant des standards de l’excellence et de la plus exceptionnelle grâce tenait déjà du fardeau sur ses terres natales, et se révélait un fardeau incommensurablement plus lourd encore dans les colonies. Être à la fois Français et hermine engendrait chez Bonsoir une crise d’identité quasi permanente, qu’il tentait souvent de résoudre, de la plus française des manières, par un monologue. 😂

Il y a également Boudicca, l'opposum tireuse d'élite, Cinnabar, la salamandre porteur d'une quantité incroyable de revolvers, Orge, le blaireau spécialiste en explosifs, Gertrude la taupe, Elf le hibou qui était amoureuse de Quaker le serpent, mais ce dernier est aujourd'hui dans l'autre camp, et enfin Zapata, le tatou.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, le ton cynique et l'humour de Daniel Polanski dont je vous mets un petit extrait en fin de chronique. Une sorte de Tontons flingueurs avec des personnages archétypaux assumés pleins de personnalité. Je n'irai pas jusqu'à parler de leur profondeur, le texte étant trop court pour cela... il n'empêche que j'aurai adoré rester une paire d'heures de plus auprès de cette clique. L'auteur nous offre quelques belles scènes d'action qui se seraient fort bien accompagnées d'une musique de Ennio Morricone. Quant à la fin de cette novella, elle est carrément abrupte (ce doit être dans le cahier des charges !), mais excellente et j'ai adoré. Je conseille vivement cette lecture !

Page 28 : Le Capitaine accueillit la réponse de Cinnabar par un hochement de tête. Un rire éclata depuis l’intérieur de l’auberge. Le chant des criquets commençait à s’élever aux alentours. Les deux vieux amis apprécièrent en silence la tombée de la nuit, quoique ce ne fût pas évident au premier coup d’œil. Qu’ils étaient vieux amis, s’entend, car la nuit, elle, était bel et bien en train de tomber.


* SP papier *