vendredi 20 mars 2026

LA CITÉ DES MARCHES de Robert Jackson Bennett

 Les cités divines 
Tome 1


Éditions Le livre de Poche Imaginaire
Parution 04/03/2026
672 pages
10.90 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur La Cité des Marches  ☇


Un roman de fantasy surprenant.
Une vraie claque.
Gros coup de cœur !



L'AVIS DE PHOOKA:





    Comment vous parler de ce roman ? Voilà une chose qui s'annonce difficile. Je reconnais que je l'avais vu passer en grand format mais sans plus. Et puis il y a eu la chronique de Dup et finalement sa sortie en format poche chez Le livre de poche imaginaire m'a forcée à passer le cap. Je me suis alors lancée, faisant totalement confiance à Dup et sans même regarder le résumé. Ma surprise et mon ravissement n'en ont été que plus grands. Je n'avais aucune idée du contenu du roman ou du style du récit et je ne me serais jamais attendue à ce qui m'a sauté au visage ...

    La cité des marches c'est avant tout, comme son nom l'indique, l'histoire d'une ville. Et pas n'importe quelle ville ! Bulikov est le centre du continent. Cette cité ancienne a été pendant longtemps le centre du pouvoir. Pouvoir politique, colonial et surtout religieux. Non pas que les dignitaires religieux y étaient installés, non ... ce sont les dieux eux-mêmes qui résidaient à Bulikov. Mais voilà, ces dieux protecteurs ont été détruits par un homme de guerre de Saypur, une île, ancienne colonie de Bulikov. Et depuis Saypur a pris le pouvoir. Toute mention des dieux est strictement interdite sous peine de mort et Bulikov est passée de cité dirigeante à cité asservie. Cette destruction des dieux s'est de plus accompagnée de gros changements aussi bien économiques que climatiques. Une grande partie de la ville est en ruine et elle n'est plus que l'ombre d'elle même.

    C'est dans ce contexte que nous faisons la connaissance de Shara. Shara est une jeune femme saypurienne, agent secret du gouvernement et elle se rend à Bulikov sous le couvert de rôle d'ambassadrice pour enquêter sur le meurtre de son mentor et ami Efrem Pangyui. Un meurtre qui a eu lieu à l'ambassade dans des conditions bien étranges. Ce que Shara ne sait pas c'est que cette enquête va ouvrir la porte à bien des mystères. Mais Shara n'est pas seule pour enquêter, elle est accompagnée de son fidèle garde du corps, Sigrud. Sigrud est un géant, un homme du Nord, un Dreyling. Sur place, elle sera aidée par Mugalesh, une femme qui commence à prendre de l'âge, colonelle saypurienne en charge de faire régner l'ordre à Bulikov. L'enquête va soulever bien des mystères et de fil en aiguille, nous allons -au même titre que Shara- découvrir les dessous de Bulikov.

    Si vous aimez les récits trépidants, ce roman n'est sans doute pas pour vous. Robert Jackson Bennett prend son temps pour imprégner le lecteur de sa cité et c'est un pur régal. Comprendre Bulikov, son atmosphère, ses habitants et son architecture si particulière avec ses escaliers qui ne vont nulle part et pour cause, c'est un délice de tous les instants et comprendre l'origine de la ville actuelle est un régal pour l'esprit.

    Et ce n'est pas tout, le roman est servi par une palette de personnages d'une finesse et d'une profondeur fascinante. Shara bien sûr, qui est loin d'être ce qu'elle prétend. Mais j'ai particulièrement aimé Sigrud. Ce grand gaillard qui semble un peu rustre au premier abord se révèle plein de surprises. Il en est de même pour Mugalesh, cette militaire au franc parler et qui n'a peur de rien. Mais mon coeur a été bouleversé par un autre personnage: Johannes Votrov, "Vo". L'ancien petit ami de Shara qu'elle retrouve par hasard et dont le destin m'a tiré les larmes (bon ok j'ai carrément pleuré en lisant les deux dernières pages du roman et bon sang comme j'en veux à Robert Jackson Bennett ! J'en ai encore les larmes aux yeux en écrivant cette chronique au point de ne plus voir mon clavier!)

    Bref, si vous aimez la fantasy, les atmosphères hors du temps, les personnages originaux et attachants, n'hésitez pas. Foncez. On me dit en plus que les tomes suivants sont encore plus incroyables ...




*Service de presse*


Robert Jackson Bennett sur Bookenstock:
jeudi 19 mars 2026

L'ÉCLAT DE LA VENGEANCE de Lyssa Mia Smith

 


De Saxus
Broché avec jaspage
442 pages
19,90 euros




L'avis express de Dup sur L'éclat de la vengeance de Lyssa Mia Smith


Un one shot captivant que je vous conseille vivement.


L'AVIS DE DUP


New York, fin du XIXe siècle. Dans une société où les personnes dotées de magie sont plus que minoritaires, il est de bon ton de ne pas en faire étalage. Emmy vit seule avec son père et sa meilleure amie Grace, dans un quartier pauvre. Son père possède le don de guérison, il transforme le vivant et elle celui de transformer les matériaux. Quant à Grace, elle a le pouvoir de s'imprégner de la magie des gens qu'elle côtoie.

Il existe à New York une Société des Charmés, un groupe secret et sectaire, qui rassemble toutes les personnes fortunées possédant la magie, qui dans ce roman s'appelle "conjuration". Tous les ans cette Société organise un Bal des débutants et en fonction des capacités magiques de ces fameux débutants les intègre ou non. Pour les deux jeunes filles c'est l'espoir de sortir de leur condition. Cependant lors de ce bal, Emmy est trahie par Grace, son père est assassiné sous ses yeux, et elle se retrouve emprisonnée dans les geôles de la Société, accusée d'imposture.

Deux ans plus tard, Emmy s'évade grâce à un codétenu, Jack Fontaine, un riche membre de la Société. Ils ont chacun un compte à régler avec cette dernière, Jack victime d'un complot responsable de la mort de toute sa famille, Emmy pour prendre sa vengeance contre Grace, à l'origine de tous ses malheurs. Une Grace qui a intégré la Société depuis deux ans et qui s'y pavane au plus haut niveau. 

Jack a besoin de sa magie, elle a besoin de ses relations. Une alliance de nécessité s'impose, mais elle va s'avérer compliquée, Emmy ayant beaucoup de mal à accorder à nouveau sa confiance. La relation complexe qui va s'installer entre nos deux protagonistes évoluera sans cesse et fera le sel de ce roman. Un mélange d'amour, de peur et de désir puissant. Le tout avec la retenue propre au XIXe siècle. C'est délicieux. Ces deux protagonistes sont particulièrement attachants.

J'oubliais de dire que Jack possède le pouvoir de créer des flammes noires destructrices. Ainsi il peut creuser un trou dans un mur et Emmy peut recréer le mur derrière lui... Les subtilités des différents pouvoirs magiques dans ce roman sont sympathiques, voire bluffantes. Notamment celles de Grace, qui la rend insaisissable et sournoise.

La mise en place de leur double vengeance sera minutieuse, minutée, et franchement très agréable à suivre. Je me suis régalée avec cette lecture, cette ambiance si caractéristique, ces différentes magies et leurs applications, et surtout avec les interactions de nos deux héros. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, comme les deux amis qui les suivront dans leur plan les plus fous. Lyssa Mia Smith fait un portrait plus que crédible de la méchante de l'histoire, Grace. La fourberie à l'état pur. Peut-être même un peu trop, celle-ci gagnant pratiquement toutes les manches les unes après les autres. Cela plombe un peu le moral à force.

L'éclat de la vengeance est un one shot que je vous conseille de découvrir. Il est doté d'une belle romance crédible qui n'est néanmoins pas le fil conducteur. L'accent est plutôt mis sur les thèmes de l'amitié, de la loyauté, du destin et de la famille.



mardi 17 mars 2026

UN PRINCE SANS COEUR de Ingrid Seymour

 La guérisseuse de royaumes
#1


Éditions PAL
12 février 2026
332 pages
 8.30 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur Un prince sans cœur  ☇



Une chouette romantasy qui démarre fort mais qui s'essouffle un peu.
Dommage.



L'AVIS DE PHOOKA:






    Une romantasy inspirée de la belle et la bête, c'est pour moi ça ! Direct, je fonce. Je fais donc connaissance avec Daniela, alias Dani pour les amis (ce qu'elle n'a pas vraiment dans cet opus ...). Daniela est une humaine, elle vit dans un monde moderne équivalent au notre à ceci près que la magie existe et que certains humains ont un don. Celui de Daniela c'est la guérison. Elle est donc guérisseuse, métier qu'elle exerce avec beaucoup de talent, mêlant magie et herbes. Oui mais ça c'était avant. Avant qu'une bande de Faes ne la kidnappe pour l'entraîner dans un périple au bout du monde. Et Dani n'apprécie pas du tout d'être kidnappée. Normal me direz vous, mais ce qui l'exaspère le plus c'est qu'elle a des patients à soigner dont une petite fille qui risque de mourir sans elle. Et tout ça pour quoi ? Personne ne lui explique, c'est un comble non ? Parmi les Faes qui l'ont enlevée se trouve le prince Kalyll, beau et ténébreux etc etc.. Sauf que le beau prince est de bonne humeur le matin, puis commence à se tendre vers midi pour carrément devenir très désagréable voire même violent et disparaître toutes les nuits ... Il vaut mieux ne pas le titiller. Le groupe de Faes est composé d'amis d'enfance du prince et leur périple a un but et un seul: lever la malédiction qui pèse sur le beau Kalyll.

    Bon soyons honnête, le roman se lit bien mais ne casse pas trois pattes à un canard. C'est fluide et facile... sans doute un peu trop facile. Dani tire bien son épingle du jeu, son personnage est convaincant et attachant. Ses qualités de guérisseuse ne posent aucun doute et elle est fort utile durant le long périple qui les attend. Kalyll lui, est un peu plus difficile à cerner. Évidement sa malédiction qui le fait se transformer en bête la nuit, n'arrange pas son caractère et on le comprend. Cependant, même dans ses "bons moments", il a un caractère assez insaisissable. Et puis il y a tous les autres Faes, Krin, Silver etc... dont le comportement est assez inexplicable, surtout vis à vis de Dani. Et même si Ingrid Seymour donne une explication à tout ça en fin de ce premier tome, je reste un peu dubitative ... Il en est de même avec le worldbuilding à peine esquissé. C'est d'ailleurs le gros point faible du roman. Oui c'est une reprise de La belle et la bête, mais rien n'empêche d'étoffer un peu l'univers et de donner un peu plus de consistance aux personnages. Quant au rebondissement final, je veux bien qu'il faille surprendre le lecteur mais il faut quand même que ce soit crédible.

    Avec tout ça vous allez vous dire que j'ai détesté le roman. Et bien pas du tout ! Alors soyons clairs, ce n'est pas le roman du siècle et loin de là. Tout au long de ma lecture j'ai ronchonné sur la "maigritude" de la construction de l'univers et des personnages ... tout en dévorant ma lecture à toute allure. Parce que oui malgré tout, la lecture est fluide, aisée et agréable. Dommage que cette nième réinterprétation du conte n'ait pas été plus poussée. Là, on est juste sur une petite historiette qui se lit vite ... et qui s'oublie tout aussi vite. (Et y'a quasiment pas de smut mais où va t'on ? 😒)

    Lirai-je la suite de cette trilogie? Peut-être, peut-être pas ? Réponse de Normande bien sûr. Je suis curieuse mais je suis aussi inquiète si on reste sur la même ligne narrative. On verra donc ...

En attendant, si vous cherchez une petite lecture (très) légère, ce roman peut faire l'affaire. Mais n'en attendez pas trop ou vous seriez très déçus.

*Service de Presse*
lundi 16 mars 2026

LA GARDIENNE de Sonja Delzongle

 


Fleuve Éditions
Collection Fleuvenoir
425 pages
21,95 euros




L'avis express de Dup sur La gardienne de Sonja Delzongle.


Percutant, glaçant, Sonja Delzongle au sommet de son art.


L'AVIS DE DUP



C'est au cœur du Morvan, dans une forêt sombre et dense, près d'un lac que va s'installer la famille Olsen. Frode le père, architecte de métier, y a construit une maison en bois typique de sa Norvège natale. Frode et Mathilde, ainsi que leurs deux filles, Gerda et Rune vont y vivre en autarcie presque complète, au plus près de la nature.

Décision collégiale ? Que nenni ! C'est Frode qui l'impose, comme une fuite, depuis que sa cadette, Rune a été agressée dans son collège à Lille. Il n'a cure des avis de sa femme et de son aînée, seule Rune compte à ses yeux et il va poursuivre l'éducation de cette dernière comme il l'avait commencée, la considérant comme un garçon, son fils...

Ce havre de paix baptisé la Petite Norvège n'est en fait qu'une illusion car l'isolement recherché s'avère être au cœur d'une affaire policière non résolue de disparitions d'adolescentes depuis quelques années. Et puis l'attitude du père vis à vis de sa cadette soulève bien des questionnements et des rancœurs au sein de la maisonnée. 

La gardienne est un roman psychologique sombre et puissant. La première moitié du roman devient un huis clos étouffant alors que le côté protecteur du père s'efface au profit du côté oppresseur. Et puis le récit bascule, s'ouvre. Respire-t'on mieux pour autant ? Mouarf, c'est Sonja Delzongle à la barre, et la noirceur se poursuit, parfois même un peu trop. C'est un crève-coeur de voir le sort s'acharner sur ces personnages déjà bien malmenés au début du récit ! Mais la plume immersive de l'autrice nous empêche de nous détacher de ce récit hypnotique.

L'aspect psychologique de chaque personnage est parfaitement travaillé et chacun apporte son lot d'émotions. Aversion, rejet, épouvante, colère, pitié, empathie. Un véritable maelstrom parfois lorsque l'un d'entre eux vous fait passer par tout cela successivement. Les thèmes de l'emprise psychologique du mâle dominant, de l'impact d'une éducation traumatisante sur la psyché sont extrêmement bien creusés et c'est passionnant. Glaçant, mais passionnant.

Et puis l'autrice n'a pas son pareil pour glisser au milieu de l'horreur un personnage secondaire qui réconforte, soulage, et réconcilie avec la nature humaine. Gros coup de cœur pour le capitaine de gendarmerie à la retraite, André Moulin. ❤ 

La gardienne est à la fois un polar à rebondissements et un thriller psychologique. Il est profond et troublant, glaçant et flippant. Ma foi, tout ce que l'on cherche dans ce genre de roman. Sonja Delzongle confirme la maîtrise de son art. Un roman que je conseille à tous les amateurs du genre !

* SP papier *



vendredi 13 mars 2026

LES SORTIES FOLIO SF et Fantasy de mars 2026 [sorties]

 

Mars 2026


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FOLIO FANTASY


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Fabien Cerutti

 Kosigan nouvelle donne
Un printemps de sang


Prix Imaginales 2025

Prix Elbakin.net 2025




Emma Törzs
 Magie d’encre


Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathieu Prioux




⛄⛄⛄⛄⛄⛄

FOLIO SF


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Sabrina Calvo
 Les nuits sans Kim Sauvage




⛄⛄⛄⛄⛄⛄