jeudi 17 octobre 2019

ERAGON Légendes d'Alagaësia Livre I de Christopher Paolini


La fourchette, la sorcière et le dragon
Légendes d'Alagaësia - Livre I


Editions Bayard Jeunesse
15.90 euros
314 pages




☇ L'avis éclair de Phooka sur le livre I des Légendes d'Alagaësia de Christopher Paolini ☇



Lire ces légendes c'est se replonger dans le monde d'Eragon et y retrouver des héros qu'on a aimé. Une vraie cure de jouvence.







Trois récits composent cet ouvrage, trois histoires qui font suite au dernier tome de l'Héritage et qui permettent de retrouver quelques-uns des personnages de la quadrilogie.

L'action se situe un an après la chute de l'empire et si Galbatorix a été vaincu, tout n'est pas pour autant résolu. Eragon se noie dans le travail, ne sachant plus où donner de la tête. Son but: recréer une école pour les futurs dragonniers. Pour cela, il a trouvé l'endroit idéal, mais la quantité de travaux à faire est gigantesque. Ce lieu devra bien sûr être un centre de formation pour les futurs dragonniers, mais aussi protéger les oeufs et les nouveaux dragons qui vont naître. Sans compter bien sûr qu'il doit être un abri pour les EldunarI qui renferment l'âme des anciens dragons. Pour parvenir à entreprendre ces travaux de titan, Eragon doit faire collaborer Nains, Elfes, Humains et autres Urgals, ce qui n'est pas non plus une mince affaire. Alors Eragon travaille d'arrache-pied, ne prenant quasiment pas de repos et Zafira (Saphira) commence à s'en inquiéter. Alors pour essayer de distraire un peu son dragonnier elle va l'envoyer voir les EldunarI.

Ainsi commence la première histoire: La fourchette. Les EldunarI permettent à Eragon de visionner un petit évènement qui se passe dans une auberge lointaine. Là, la fille de l'aubergiste rencontre un mystérieux voyageur qui attend un marchand pour faire un échange. Pendant l'attente, la gamine va raconter son histoire au voyageur, puis elle va se retrouver bien malgré elle mêlée au grabuge qui suivra ...

Dans le deuxième récit, on retrouve Angela et Solembum, son chat-garou. Un vrai plaisir de retrouver ces deux-là, Angela toujours aussi excentrique et imprévisible a décidé d'écrire ses mémoires ... On va ainsi y retrouver Elva (cette gamine que Eragon a malencontreusement béni ...) dont le destin reste toujours aussi sombre.

Pour le troisième opus, c'est cette fois un Urgal qui va raconter à Eragon un mythe de son peuple. Comment un village a été dévasté par un dragon, comment une gamine a survécu et comment elle et tout son village sont resté dans leur vallée à vivre sous l'oeil du dragon qui s'était installé sur un pic montagneux au dessus d'eux ...

Alors effectivement, le récit de l'épopée d'Eragon ne progresse pas d'un pouce. Il n'est le héros d'aucun des trois récits, il n'en est que le récipiendaire. A travers ces contes, on apprend à connaître un peu plus le monde d'Alagaësia et surtout on se replonge dans cette formidable aventure. Je comprends que beaucoup aient été déçus, pensant sans doute y trouver un tome 5, mais il n'y a rien de cela dans ce premier tome des Légendes d'Alagaësia. Juste trois récits, qui pour ma part m'ont ravie, que j'ai dévoré comme une friandise, le temps d'une ou deux soirées. Juste pour le plaisir.

Retrouver ces personnages, ce monde est effectivement une sorte de cure de jouvence dont il ne faut pas se priver. Mais il ne faut rien en attendre de plus au risque effectivement d'être déçu.  Pour ma part je n'avais pas beaucoup d'attente envers ce livre, pensant que c'était juste un moyen de surfer sur le succès "Eragon" et pour ma part la surprise a été bien agréable et ma lecture a largement dépassé mes attentes, ce qui le met dans les coups de coeur!

De plus, ces trois récits sont publiés dans un magnifique écrin. Reliure et papier de qualité, c'est un objet d'art que les éditions Bayard nous met entre les mains. 







mardi 15 octobre 2019

DRAGON & POISONS de Bauthian et Morse


Editions Drakoo
Parution: 02/10/2019
14.50 euros
46 planches





Bienvenue à Pâmoison. Jolie cité, où il fait bon vivre ...non en fait pas du tout, Pâmoison est une cité où tout se règle à coup de poison. Les duels font fureur et les rues sont jonchées de cadavres. Sympa ... 

Là, vivent nos trois héros: Nevo un médecin au comportement pas toujours très net, Natch une ingénieure bricoleuse de génie et Greyson un grand guerrier qui n'a peur de rien. Ces trois-là sont amis, enfin presque, c'est-à-dire qu'ils sont amis sauf si ils décident de se trahir mutuellement. Leur idée du moment: aller jusqu'au puits des souhaits pour y affronter le dragon. C'était censé être une collaboration. Du moins à l'origine ...

Un scénario qui va à toute allure, de l'inventivité et de l'humour, le tout servi par un dessin plein de pep's, que demander de plus (à part la suite évidemment ...) ?




Dragons & Poisons est une superbe BD, au scénario sacrément bien ficelé qui réserve son lot de surprises. La révélation finale ouvre un nombre de portes incroyable pour la suite du récit. Quelle ne fût pas ma déception de voir que cette "série" ne comptera que 2 tomes. Ça explique le seul défaut que je trouve à cet ouvrage: son incroyable richesse.

Oui son incroyable richesse en arrive à être presque un défaut. Cette inventivité sans limite de la part de l'auteur doit rentrer dans les 46 planches qui composent cet album.  Or, toutes ces idées auraient tellement méritées d'être détaillées et explorées dans tous leurs moindres détails que ça en est -presque- frustrant pour le lecteur.

Du coup, on revient en arrière, on imagine, on rêve, on se pose des questions. Tous les non-dits et les possibles sont juste fabuleux.

La pompon, c'est que le dessin lui même foisonne de détails. Au même titre que le scénario, il est d'une telle richesse qu'on y revient, on scrute. Le monde créé par l'auteure et la dessinatrice aurait  tellement mérité d'être approfondi.

Mais quelle idée de ne faire que deux tomes !!!! Il y a matière à tellement plus.

Bon je râle mais en fait, j'adore. C'est juste que je suis gourmande et que les ingrédients, aussi bien au niveau du scénario que du dessin, auraient pu donner lieu à une grande saga.

En l'état, Dragons & Poisons est une super BD, agréable, fun, pleine de suspense et de révélation.

Et drôle en plus. Tenez, prenez l'exemple du dragon qui peste parce qu'on le dérange "encore":

"Non, mais quand on est éternel, deux glands tous les vingts ans, c'est souvent."

Non, vraiment tout y est, un coup de coeur, mais s'il vous plaît vous pouvez la faire un peu plus longue cette série?






lundi 14 octobre 2019

LES RÉVÉLATIONS de Michel Zajdenberg






Vérone Éditions
478 pages
22 euros





L'avis express de Dup sur Les révélations de Michel Zajdenberg


Une donne de départ originale, une intrigue bien menée mais qui ne tient pas la route jusqu'au bout. Dommage !


L'AVIS DE DUP




Une fois n'est pas coutume, j'ai accepté de lire un livre venant d'une maison d'édition à compte d'auteurs, d'un parfait inconnu cela va sans dire (encore que aujourd'hui...). Qu'est-ce-qui m'a fait dire oui à celui-ci et non à tous les autres ? Juste le mail de sollicitation émanant du fiston de l'auteur. Le ton du mail surtout. Est-ce que je regrette ma mansuétude ? Oui... et non.

Oui parce qu'on retrouve tous les écueils des auto-édités, et ils sont nombreux... mise en page, fautes, lourdeur des métaphores, répétitions, etc.

Non, parce que je me suis retrouvée ferrée par cette histoire que nous déroule l'auteur. Du jour au lendemain, plus personne ne peut dormir. Pire, même les anesthésies échouent. Seuls les mineurs de moins de 16 ans sont épargnés. Voilà la donne de départ. À partir de ça, Michel Zajdenberg nous fait suivre d'une part une équipe de l'hôpital John Hopkins de Baltimore qui cherche une solution médicamenteuse au problème. D'autre part, une autre équipe qui va se former autour d'un somnologue (si, si 😃) parisien sollicité par le président français himself.

Le roman est découpé en trois parties, la première servant à découvrir les personnages et ils sont nombreux, mais aussi à planter le décor et découvrir les conséquences de la donne de départ. Le seconde concerne les recherches frénétiques de chaque côté de l'Atlantique. Aux USA, ils s'acharnent à trouver une molécule salvatrice tandis qu'en France ces recherches plus qu'intuitives de notre charlatan somnologue suivent la piste de la disparition simultanée de nombreux autistes graves. La troisième partie sera la convergence de ces deux équipes manipulées par un mystérieux "Maître" pour avoir le fin mot de l'histoire et recevoir ces fameuses Révélations.

Bon, j'ai bien apprécié les deux premières parties, beaucoup moins la dernière que j'ai trouvé disons, capillotractée. L'univers pour le moins chaotique qui découle du manque de sommeil est super bien décrit, passionnant, stressant à souhait, et surtout réaliste. La construction en alternance fait bien son office de moteur de lecture, savamment entretenu par l'auteur qui finit chaque chapitre par un mini-cliffhanger bien trouvé. Il nous tient en haleine véritablement, et j'ai dévoré ces deux tiers du bouquin en vraiment peu de temps. Mais j'avoue avoir décroché dès la première rencontre avec le "Maître" qui dès l'âge de 2 ans manie les équations mathématiques les plus trapues...entre autre. Nos équipes de chercheurs partent donc rejoindre le Maître et j'avais l'impression de suivre deux colos qui partent en vacances version Les bronzés. Les situations sont rocambolesques et bien peu réalistes.

Bref, je n'ai pas du tout aimé ce dernier tiers alors que j'avais jusque là été emballée. C'est franchement dommage ! Je ne peux que vous laisser faire votre opinion par vous même.




jeudi 10 octobre 2019

KING OF SCARS de Leigh Bardugo





Éditions Milan
520 pages
17,90 euros




L'avis express de Dup sur King of Scars de Leigh Bardugo


Que se cache-t'il derrière cette superbe couverture ?
Un superbe texte !





L'AVIS DE DUP




Je suis devenue une fan inconditionnelle de Leigh Bardugo. Son univers, le Grishaverse, est tout simplement énorme, et le découvrir en profondeur tome après tome est un vrai plaisir. De plus ce nouveau diptyque, King of Scars, va mettre en avant Nikolaï, le roi écorché, un personnage que j'avais beaucoup aimé dans Grisha (vous trouverez les liens en fin de chronique).

Mais avant toute chose, vous voudrais vous informer qu'il ne faut absolument pas découvrir Leigh Bardugo par ce dernier livre car il spoile aussi bien Six of crows que Grisha, et ce serait vraiment dommage pour vous, car l'essayer c'est l'adopter, forcément !

Dans ce nouveau roman l'autrice va adopter deux arcs narratifs différents qui ne se croiseront pas du tout dans ce premier tome, mais forcément dans le second car ils concernent tous les deux l'avenir de Ravka. Le premier rassemble Nikolaï et Zoya, devenue Générale de la seconde armée, qui cherchent une solution pour débarrasser le roi de son monstre embarqué, tout en tentant de sauver Ravka d'une guerre imminente. Le second concerne Nina qui se trouve à Fjerda avec deux autres grishas et qui ont pour mission secrète de repérer les grishas fjerdans opprimés par les croyances de ce peuple du grand nord. Peuple qu'elle connait bien notre Nina pour avoir aimé à la folie son Matthias.

Retrouver ainsi trois personnages secondaires des séries précédentes au devant de la scène n'est que du bonheur. Surtout Nikolaï et Nina, parce que Zoya, c'est Zoya quoi...
- Nikolaï a toujours bon fond, un poil trop peut-être pour gouverner un pays au bord du gouffre, mais il est secondé par l'intransigeante Zoya. Ce qui me plait le plus dans ce personnage, c'est son humour et sa répartie, en toutes circonstances. Il manie à merveille l'autodérision également et en aura recours bien souvent "grâce" au monstre logé en lui, semé là par le Darkling.
- Nina, c'était déjà un personnage fort dans Six of crows. On la retrouve avec ses blessures profondes, elle n'a toujours pas fait le deuil du décès de Matthias. Elle a accepté cette mission dans le but de ramener le corps de ce dernier dans son pays natal. Mais les injustices qu'elle découvre sur place vont prendre le pas sur son malheur et on retrouve petit à petit la Nina effrontée, têtue. Une grisha puissante, même si son pouvoir a changé à cause de la drogue, le jurda parem. Obstinée et intelligente, elle mettra tout en oeuvre pour sauver les grishas.
- Et enfin, je garde le meilleur pour la fin, Zoya. Zoya, une véritable peste dans Grisha, une traître qui plus est, je l'avais trouvée plus qu'antipathique. Leigh Bardugo nous la montre toujours aussi rigide et sèche en lui prêtant une répartie cinglante, mais qui fait mouche à chaque fois. Et puis, petit à petit, avec l'aide de nombreux flash-back, elle creuse sa psychologie intime. On apprend à mieux la connaître, puis à la comprendre et enfin à l'aimer vraiment très fort. Quel personnage ! Elle éclipse même les deux autres et je n'ai qu'une hâte la retrouver.

Voilà, j'ai vraiment TOUT aimé dans ce roman et en AURAIT fait un ÉNORME COUP DE COEUR s'il n'y avait pas eu les deux dernières pages qui clôturent ce volume. L'autrice nous a pondu un vrai coup de théâtre, que je dois avouer on ne voit absolument pas venir, mais que je trouve complètement WTF ! Rhaaa que c'est nul cette fin, pourquoi, mais pourquoi cette solution trop facile !  Deux pages qui gâchent tout, allez dame Bardugo, on gomme ça et on recommence s'il-vous-plait !
Je trépigne néanmoins pour lire la suite malgré tout, même si je crains qu'on finisse par tourner en rond...


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GRISHA


SIX OF CROWS


mardi 8 octobre 2019

TIME BOMB de Joelle Charbonneau





Editions Milan
15.90 euros
280 pages
Parution: 19/08/2019


☇ L'avis éclair de Phooka sur Time Bomb de Joelle Charbonneau ☇


Du  bon et du moins bon. Un roman qui se lit vite mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable.




De Joelle Charbonneau Dup et moi avions lu tous ses romans sortis en français (voir liste à la fin de cette chronique) et nous nous étions régalées, donc aucune hésitation à se lancer dans la découverte de son petit dernier , Time Bomb, malgré une impression de déjà vu.

De fait le postulat "lycée en crise, ados bloqués dans un huis-clôt avec un coupable parmi eux" n'est pas un concept original, loin s'en faut. Le récent "Qui ment fleurtait avec le même sujet avec talent. Le coup de génie de Joelle Charbonneau est de présenter la situation à l'envers. En effet, jusqu'à présent le scénario de ce genre de roman commençait par une journée ordinaire au lycée, un évènement puis le fameux huis-clôt dans lequel le lecteur découvre petit à petit les protagonistes du récit, chacun semblant plus innocent que son voisin.

Dans Time Bomb, le recette est inverse. L'auteur nous convie d'abord à découvrir les six adolescents qui seront les héros de ce récit. Un chapitre par personnage à la fin duquel le lecteur apprend que celui-ci part au lycée dans l'idée de faire un coup d'éclat. Six personnages, six coupables potentiels avant même que quoi que ce soit n'arrive au lycée. Alors quand la première bombe explose, ils sont tous forcément suspects. Chacun a ses raisons, chacun a envie ou besoin de "faire quelque chose" au lycée. Mais ce quelque chose n'a pas la même signification dans la tête de chacun: depuis le tag ...jusqu'à la bombe.

Le début du roman augurait d'une bonne lecture. Six coupables potentiels, six raisons de poser des bombes. La première bombe explose, le chaos et petit à petit les six adolescents vont se rejoindre pour le fameux "huis-clôt". Oui mais voilà, ça ne marche pas. Pourtant je trouvais l'idée de les présenter comme potentiels terroristes dès le départ, vraiment intéressante, mais les interactions entre les six m'ont laissée de glace. Alors que Joelle Charbonneau nous faisait adorer Cia dans Elite, elle ne réussit pas ici à nous faire partager les motivations de ses personnages. Oui, on lit le roman et oui on a envie de savoir qui est le "vrai" coupable et pourquoi. Et oui encore, on veut apprendre comment tout cela va se finir et qui va s'en sortir et comment. Mais il manque quelque chose. Une âme au roman.

Time bomb est un roman qui se lit jusqu'au bout, par curiosité, pour connaître le dénouement. Il joue bien son rôle de thriller ado. Un chapitre par personnage, le rythme est frénétique. Chacun est venu au lycée pour une bonne ou plutôt une mauvaise raison: faire quelque chose qui fera date. Mais qui est celui ou celle qui a décidé de le faire sauter ? La question reste en suspend pendant une bonne partie du récit.  Cependant, on ne peut s'empêcher d'en ressortir un peu déçu. Le manque d'intérêt réel vis à vis des différents protagonistes du récit réduit l'impact des révélations. Et si le roman se lit jusqu'au bout, il ne restera clairement pas dans ma mémoire. Dommage, il ne manquait pas grand chose pour en faire un thriller très réussi.


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