jeudi 21 octobre 2021

LES VOLEURS DE FUMÉE de Sally Green

 


Éditions J'ai Lu
480 pages
16,90 euros





L'avis express de Dup sur Les voleurs de fumée de Sally Green

Un roman choral young adult comme je les aime. Nerveux, entraînant, passionnant.



L'AVIS DE DUP



Je ne sais pas pourquoi cette série est passée sous mes radars lors de la sortie du tome 1 ! J'avais pourtant été conquise par la trilogie Half Bad, donc ce nom d'auteur aurait dû faire tilt. Le tilt n'est venu que lorsque Babelio a consacré Les voleurs de fumée lauréat du prix imaginaire 2021, il fallait donc que je le lise et c'est chose faite !

J'ai toujours aimé les romans chorals et là j'ai été servie : cinq personnages tous différents. Chacun avec ses fêlures, ses handicaps et ses atouts. Chacun un but dans la vie. Et le destin qui vient s'en mêler, brouiller les cartes et finir par les mettre tous ensemble à la toute fin de cet opus.

Catherine, princesse de Brégant, "vendue" par son père, un roi guerrier autoritaire au prince Tzayin de Pittorie. Mais qui compte bien assumer ses obligations même si elle a des émois pour l'officier de sa garde personnelle. À ses basques, tel un scotch, Boris son frère, qui envisage son mariage comme une campagne militaire... 

Ambrose, l'officier en question dont la soeur vient d'être exécutée par le roi pour une obscure raison de trahison.

March, esclave du roi du Calidor, lui-même frère mais rival du roi de Brégant. March est un des derniers survivants du peuple des Abask rayé du continent lors du dernier affrontement entre le Brégant et le Calidor. Pas de chance, ils étaient au milieu.

Tash, ado flamboyante, sprinteuse et coureuse exceptionnelle, embauchée par Gravell un chasseur de démon pour servir d'appât. Un bagout et une répartie phénoménale, je ne cache pas ma préférence du coup. Elle "travaille" donc en Pitorie, là où on trouve des démons et leur fumée.

Et lorsque ces quatre là vont se retrouver en Pitorie, pour des raisons différentes l'on se doute, entrera en scène Edyon. Jeune homme insouciant, cleptomane incontrôlable, qui va bousculer les plans des autres, bien malgré lui. Je l'ai adoré lui aussi !

Cinq points de vue qui nous entraînent dans une histoire complexe qu'on ne comprend seulement que petit à petit. Le temps pour Sally Green de poser son univers, ses codes, ses croyances, sans que ce soit trop approfondi, mais aussi les enjeux politiques qui se trament, ceux qu'on comprend et ceux qui nous semblent obscurs. Le temps également d'appréhender cette magie issue des démons et ses subtilités.

Les voleurs de fumée est un tome d'introduction donc, mais passionnant, avec des chapitres courts qui créent un sacré moteur de lecture et donc que j'ai dévoré quasiment d'une traite. J'ai cependant eu le temps de m'attacher irrémédiablement à ses personnages. Et, bonheur encore plus intense, la suite m'attends dans ma PAL !

#teamTash


La trilogie Half Bad sur Bookenstock :

  • Half Bad 1  ☻
  • Half Bad 2  ☻
  • Half Bad 3  ☻
  • mardi 19 octobre 2021

    VIC SWANSON tome 2 d'Alex Ferder

     

    Tome 2
    En sens inverse


    Editions Alter Real
    Parution 22/10/2021
    359 pages
    19.90 euros en papier/ 5.99 euros en numérique



    Les informations sur le site de l'éditeur Alter Real





    ☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 2 de Vic Swanson  ☇



    Un tome 2 incroyablement intense qui vous retourne les tripes.



    L'AVIS DE PHOOKA:









    Si vous suivez ce blog, vous savez que le premier tome de la série Vic Swanson avait été une énorme claque pour moi. Et je ne m'en cache pas, j'avais pleuré à la fin, tellement je m'étais attachée aux personnages. Il me tardait d'en découvrir la suite. J'étais tout à la fois impatiente et inquiète de ce que l'autrice, Alex Ferder, avait réservé comme destin à Vic, Semaj et les Sensoriels.

    Je peux vous le dire par avance ... j'ai souffert...beaucoup. J'ai aimé ... encore plus.

    Le premier tome était une claque, le deuxième m'a donné l'impression de passer sous un rouleau compresseur. Son intensité est telle que je l'ai lu en apnée, le ventre serré et le cœur en vrac.

    Oui je sais, je vis un peu trop mes lectures ... Mais au moins, on ne pourra pas dire que cet opus m'a laissée indifférente, loin de là !

    Vic a donc décidé d'intégrer une école de magie et par la même occasion s'éloigner de Semaj. Elle a ses raisons et elles sont justifiées. Néanmoins la dernière scène du premier tome reste dans toutes les mémoires. Dès le premier chapitre, une lettre rédigée par Semaj, remet le lecteur dans le contexte (en clair j'ai "re-pleuré" ... ouais bon ça va !). Mais Vic résiste à la tentation de le contacter et va se consacrer à ses études de magie.  Elle va ainsi faire la connaissance de Joshua, son enseignant particulier. Vic n'est pas une mage comme les autres et sa puissance est énorme, elle a besoin de cours particuliers. Josh va essayer de la guider. Mais essayer de guider Vic, c'est essayer de faire passer un chameau dans le chas d'une aiguille. Ç peu près autant de chances de succès ... Ce qui donne lieu à des scènes hilarantes, Vic étant la pire des élèves qu'un professeur peut avoir !

    Mais petit à petit la tension monte. Déjà Vic a de plus en plus de mal à supporter la magie, les mages et l'école. Elle ne s'intègre pas, elle ne se sent pas à sa place. Ses quatre Sensoriels lui manquent, Semaj lui manque. Elle tient bon, elle serre les dents mais on se rend compte à quel point c'est difficile pour elle. Et puis Jarel n'est pas mort et elle sait qu'il reviendra à la charge. Elle DOIT être prête à l'affronter, mais on ne devient pas mage ... d'un coup de baguette magique (oui je sais , elle est facile celle-là).

    La pression sur les épaules de Vic est immense. Elle est seule à y faire face et ce n'est pas dans l'école de magie qu'elle va se faire des amis ... Seule contre tous, avec le poids du manque de ses amis et de Semaj, c'est vraiment lourd à porter. 

    Semaj aussi souffre de son côté, mais voilà il est tigre avant tout. Il est infect, insupportable et surtout puant d'orgueil. On est tout à la fois peiné pour lui, tout en ayant une envie irrépressible de lui coller des baffes.

    Et quand ces deux là vont se retrouver, la somme des deux personnalités, va porter l'émotion à son maximum. Une Vic et un Semaj, c'est l'assurance d'émotions encore plus fortes et de problèmes encore plus ardus.

    Ce deuxième roman est oppressant, bourré de tensions et d'émotions. l'intensité du récit est énorme et l'écriture d'Alex Ferder est tout à la fois légère et violente. Dans ce contexte, même les réparties de Vic, pleines d'humour et de dérision, ne font qu'enfoncer le couteau un peu plus loin et font ressortir toute sa peine et ses doutes. J'ai eu les larmes aux yeux plus d'une fois, j'ai eu les tripes nouées pendant toute ma lecture, j'ai "vécu" ma lecture comme rarement. Je ne veux pas vous en dire plus pour ne pas gâcher votre découverte, mais sachez juste que ce second opus est énorme. Incroyablement fort, incroyablement puissant, incroyablement réussi.

    Je ne m'attendais pas à un deuxième tome aussi intense, le premier ayant été drôle et enlevé (sauf la fin). Je l'ai pris de plein fouet. Une vraie claque encore une fois. Alex Ferder arrive à vous surprendre, à vous séduire, elle vous emmène à sa suite dans son récit et vous laisse tel un objet roulé par les vagues et échoué sur la plage après une tempête. C'est énorme vraiment ! Je la déteste, je la hais au plus haut point ... mais surtout j'espère qu'elle nous a concocté une suite tout aussi puissante.  Vic, Semaj, David, Joris, Stain et Karl sont dans mon cœur pour un bon moment.
    lundi 18 octobre 2021

    Bilan et fin du mois de RAPHAËL BARDAS




    Après un mois2 comme celui-ci, que dire d'autre que MERCI !!!

    Merci aux participants très actifs, la palme revenant haut la main à Jessica du blog Fantasy à la carte.

    Merci surtout à Raphaël pour l'animation 😁 et ses réponses détaillées, riches, passionnantes, imagées, à l'image de ton œuvre ! 

    Ce fut un mois2 vraiment génial, donc merci à tous et BILAN donc.


    • L'interview participative fleuve : 12 pages !



    • Les chroniques découlant du partenariat :


    — Amis, voici le temps venu de…

    — Boire un dernier verre ? osa Silas.

    — Oui, oui, sans doute, mais pas ici.

    — Et pourquoi donc ? Peut-on savoir ? C’est que je m’y sentais bien moi, dans ce rade à bouquins.

    — Toujours pô compris comment qu’c’est qu’ça s’appelle.

    — Mouton en plâtre… ou quelque chose dans ce ton-là ! évoqua Silas, avec l’air de celui qui trouve cela incongru.

    — Mais non, mon ami, lança joyeusement Rossignol. Il n’est question ni de mouton, ni de plâtre.

    — C’est pourtant quelque chose qui s’en rapproche, insista Silas. Moi non plus je ne me souviens pas bien.

    — Il faut dire qu’elles nous en ont servi, des verres, avec leurs habitués aussi curieux que nous sommes bavards !

    — Et qui sentent la soupe ! s’exclama la Morue, comme si cela avait le moindre lien avec la conversation en cours.

    — Qui donc ? s’étonna Silas. Les clients du Mouflon d’Argile ?

    — Non. Les patronnes du rade. Sentent la soupe.

    — C’est normal mon ami, le rassura Rossignol. C’est le propre des humains quand ils s’approchent à petit pas de l’âge où l’on ne fait plus que collecter des livres en caressant des chats d’une main tout en faisant de la confiote de l’autre.

    — Ou d’la soupe ! protesta la Morue.

    — Ou de la soupe, tu as raison.

    — Peut-être qu’on devrait parler moins fort, proposa Silas, elles pourraient nous entendre et revenir sur leur promesse de nous avoir logés gratis.

    — Penses-tu ! Mon beau Silas, un mois durant, nous avons bardassé nos idioties pour leurs clients avisés, j’imagine qu’elles feront au moins preuve de clémence si jamais nous venions à les réveiller.


    Ils marquèrent un silence. La Morue se rapprocha du comptoir tandis que Silas et Rossignol se lançaient dans un duel de haussements de sourcils et de plissements d’yeux. Mais l’idée qu’ils cherchaient ne vint pas.


    — Pourquoi le nom de cet endroit nous échappe-t-il ? s’agaça Silas.

    — Parce qu’on ne peut être triste de quitter ce dont on ne se souvient pas, sans doute, tenta Rossignol… pourtant je suis sûr que ça parle d’ovin minéral.

    — C’est l’eau qu’est minérale, opposa la Morue. Pas l’vin !

    — Ou de caprin ? Bouquetiiiin, laissa planer Rossignol, comme pour chercher le mot suivant. Bouquetiiiin…

    — Tamarre ! brailla la Morue.


    Il y eut, à l’étage du dessus, un ronflement feint et grotesque. Mémé Phooka, qui n’était pas dupe, leur intimait de baisser le ton, pour les protéger, fort justement, d’un réveil impromptu de Mamie Dup, qui contrairement à ce que son nom pouvait laisser penser, ne l’était pas davantage. Si jamais l’auguste créature venait à se réveiller, elle pourrait bien leur faire regretter d’avoir ne serait-ce qu’évoqué la Bête Cornue qu’elles avaient fait statufier en souvenir du bon vieux temps. Phooka savait que Dup les statufierait à leur tour, et qu’il était encore bien trop tôt pour les immortaliser.


    — Allons ! s’agaça Silas, nous ne nous sommes pas inclinés devant le céleste crapaud du Ventre, l’ogre magnifique qui te fis sorcier… pourquoi le ferions nous devant un mouton en plâtre ?

    Quelques pas en retrait de l’accordéoniste, la Chose surplombait la Morue qui s’acharnait à tenter de téter le bec de la tireuse à bière (invention fraîchement sortie du génial cerveaux d’une mystérieuse horlogère aux cheveux rouges). La Chose donc, se tenait sur le comptoir. La Bête Cornue aux pieds de marbre. Posée là, telle une icône divine, la statue rayonnait d’une majesté apaisante dans l’obscurité des lieux. À elle seule, la bête pierreuse irradiait de son terrifiant charisme la taverne endormie. D’aucuns auraient dit que l’animal sacré enchantait la nuit comme ses maîtresses enchantaient le jour.

    — On dirait une piñata ! bougonna Silas.

    — Non, mon tout beau, cela me revient maintenant ! Ce qui nous accueillit, nous inspira et nous fit tant parler pendant ces jours de fin de Baliverne, c’était un bouc, un bouc en stuc !


    Il y eut un nouveau silence, un peu gêné. Puis la Morue demanda :


    — Tout ça pour ça ?

    — Oui Morue, oui, sers-nous deux verres finalement, c’est Bouc en stuc qui régale !



    vendredi 15 octobre 2021

    Les Imaginales VS Le mois2


      Les Imaginales ont gagné 😁





    Mémé Phooka est déjà sur place depuis hier

    Mémé Dup est en route et en passe d'y arriver

    Pépé Raphaël itou 😂


    Bref, faute de combattants, on repousse le bilan du 15 au 18. Et s'il y a encore des questions, Raphaël est d'accord pour y répondre après ce weekend. 


    See You Soon ♥♥♥

    jeudi 14 octobre 2021

    Douzième page de l'ITV de RAPHAËL BARDAS

     


    POUR LIRE OU RELIRE LES PAGES PRÉCÉDENTES :







    — Comment qu’vous disez ? grommela mollement la Morue.
    — Barre d’As ! sursauta Silas. Je crois qu’on parle du surnom de ma…
    — Teu teu teu ! protesta Rossignol en gonflant son accordéon dans un vacarme qui empêcha Silas de terminer sa phrase.
    Ils le regardèrent, se demandant bien ce que le musicien bavard allait encore inventer pour les baratiner et leur refourguer l’addition.
    — Bardas ! s’exclama-t-il enfin. Raphaël Bardas ! L’homme qui se prétend écrivain et qui a fait de nous ses jouets quelques mésaventures durant.
    — Mouaif, soupira la Morue. Jamais entendu parler.
    — Un auteur de théâtre ? tenta Silas. Ce nom ne m’est pas complètement étranger, et je ne sais pourquoi, mais il m’évoque la presqu’île de Dados Rojos, ses vins trop forts et ses siestes crapu...
    — Non Silas ! Quand cesseras-tu de ne penser qu’à…
    — Qu’à ?
    — Ce n’est pas vraiment le moment de parler d’amour mon tout beau. Alors non. Non, ou plutôt juste un peu oui, mais pas aussi exactement que ton joli ciboulot pourrait l’imaginer Silas. Le Bardas, c’est le sale type qui, depuis son monde à lui, nous trimbale de rade et rade, et port en port, et de mort en mort…
    — Et de couche en couche !
    — Oui ! Amis, oui !
    — Et d’castagne en castagne ?
    — Oui Morue, le Bardas, dans son monde, il est écrivain. Il a écrit des caisses et des caisses de livres à jouer, avec des amis, des jeux de rôles comme on dit là-bas. Parce qu’il a rien contre un peu de convivialité et une bonne histoire à vivre à plusieurs, pour peu qu’il y ait du claquos, de la vinasse et du sauciflard… et ce qu’il aime, en plus de raconter des histoires de copains, c’est nous les faire vivre à nous. C’est comme ça qu’un jour il a fait de nous les Chevaliers du Tintamarre et qu’il nous a embarqués dans le Voyages des Âmes cabossées. Mais bien avant ça, il s’est fourvoyé avec des gars comme le Gaborit ou le Granier de Cassagnac, et bien d’autres comme eux. Il a traîné ses guêtres d’auteur dans les Royaumes Crépusculaires ou encore sur Cosme, avant de se mettre à co-inventer ses propres univers. Amnesya 2K51, Venzia, Retrofutur !
    —D’la confiture ?
    — Non, Morue, mais ce qu’il invente parfois se voudrait tout aussi sucré… Capharnaüm, et le tout petit roman qui en fut tiré, Aux traîtres indomptables, du sucre, du miel, des épices et tellement de soleil ! Nul doute que c’est un peu ces amours là, ces univers qui le hantent, qui l’ont poussé à nous faire vivre ce qu’il nous a fait vivre.
    — Ou mourir !
    — Ou mourir oui… d’ailleurs, j’ai fini mon cruchon, qui qui paye la douloureuse ?
    — Ce soir c’est Bardas les gars, c’est Bardas qui paye l’addition ! Hein Rossi, j’ai bon ?
    — On dit « Qui régale » ! faut tout qu’j’vous apprende.
    — C’est Bardas qui régale ? Rien n’est moins sûr les amis !


    💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙


    Ramettes :

    Merci pour cette brève réponse !
    Ramettes c'est pour tout le papier que je pensais économiser en écrivant sur le net.
    En même temps il y a mes initiales RM ... et dans ma langue natale (valenciano) rameta c'est petite branche... l'histoire est plus longue mais je m'arrête là !
    Quand au côté quichotesque je l'avais bien repéré.
    C'est très logique tout ce que tu dis...
    C'était quoi ma prochaine question ? Que va t-il se passer quand le mois de... va se terminer ? Qui va te poser des questions ? Tes personnages ? Lol.


    Mais de rien :) Et ton explication éveille ma curiosité :D
    Ta langue natale est le valenciano ? Moi j'ai encore un peu de famille du côté d'Alicante, à Villajoyosa, c'est vraiment un coin que j'aime beaucoup !!!

    Voilà, le mois se termine effectivement et je me demande ce qu'il se passera après. Sans doute une petite déprime vu le silence pesant qui me tombera dessus après toute cette attention stimulante et bienveillante que vous m'aurez accordé un mois durant. En plus cela va coïncider avec la fin des Imaginales, bonjours la descente ! :D
    Bon, j'ai la chance d'avoir une amoureuse très présente, des enfants et beaux enfants envahissant, un chien qui demande de l'attention et un chaton plus envahissant que le reste de la famille réuni... je ne devrai pas avoir le temps de me morfondre.
    Et puis, je me mets des coups de pied au cul pour finir le projet actuel; car je sais que début 2022 l'envie d'écrire de la fantasy dans un monde imaginaire (contrairement au Duende qui si passe dans notre monde) et que du coup j'aurai bien du mal à y résister...

    Tintamarre ou non, 2022 sera fantasy pour moi, c'est sûr et certain.


    Olivier :

    Bonsoir Raphaël, et bien cela devient un exceptionnel moment d'échanges.... bravo des questions et naturellement des réponses très détaillées de Mister Bardas... je suis maintenant au 17 ième chapitre du second volume des oeuvres des chevaliers, je ne sais si je parviendrais à le finir d'ici le 15 Octobre sans compter que la relève est là pour le mois prochain et il me faut aussi le lire. Je trouve ce second opus plus fluide ... est-ce une impression partagée ? Raphaël relis-tu tes ouvrages une fois publiés ? Et de là corriger éventuellement le second volume ? Plus je lis et découvre ces chevaliers comme leurs comparses, plus je vois l'ensemble en BD et toi Raphaël ? Je suis surpris que dans tes livres lus dans ta prime jeunesse tu n'es pas glissé "L'île aux Trésors" parce que l'Arquebuse c'est un peu Long John Silver ? Tu préfères la version Stevenson ou celle de Bjorn Larsson ? Et même pas un petit Jules Verne?


    Bonsoijour à toi, Olivier aux questions alambiquées ! Jessica tire en rafale, mais toi c'est un vrai staccato 😀

    Au sujet de la fluidité, c'est parce que le bouquin se passe souvent sur l'eau. Voilà, c'était la meilleure vanne du jour, désolé...
    Mais on m'a effectivement fait ce genre de retour. Peut-être est-ce dû au fait que le premier contenait volontairement une structure plus hélicoïdale et un jeu d'ellipses alors que le Voyage est plus linéaire ? Peut-être aussi que je me suis amélioré :) Enfin ce n'est pas à moi d'en juger, alors je ravale mon égo un instant.

    Et donc non, je ne relis pas tant que je ne me remets pas à écrire. En fait, une fois le livre paru, il me sort un peu par les yeux car on l'a relu, corrigé, re-relu, puis re-corrigé, puis relu sur maquette pour le bon à tirer (et d'ailleurs il reste parfois des coquilles, vous les avez peut-être vues 😉 ). Les coquilles, ça me laisse sur le cul... et coquille sans Q, enfin vous voyez. J'avais prévenu hein, la meilleure vanne du jour est déjà sortie dans le premier paragraphe.
    Il me faut donc un certain temps avant d'avoir envie de m'y replonger (même si le deuxième convoque davantage l'élément aqueux [double vanne inside]... oui oui, vous la voyez venir, ma grosse métaphore filée... mais non, soyons sérieux). Pour écrire le Voyage, j'avais un pdf des Chevaliers du Tintamarre ouvert en permanence dans lequel j'allais régulièrement relire des paragraphes pour m'assurer de la cohérence d'un personnage avec lui-même, ou pour vérifier un point de woldbuilding et m'assurer que mes projections pour le Voyage étaient bien conformes à mon doc de travail et au bouquin précédent. Mais rien de plus.


    La BD tu n'es effectivement pas le premier à m'en parler. On me parle aussi beaucoup de cinéma ou de série TV, il faut croire que cet univers est visuel :D
    Et donc ce sera avec un immense plaisir, mais j'attends les propositions (à bon entendeur...) !


    L'Île au Trésor ? Oui oui oui, une bien belle histoire, des personnages formidables et un auteur très important. En effet. Mais ils ne font pas partie des inspirations assumées dans mon écriture pour le moment. D'ailleurs, je ne connais pas le Long John Silver de Bjorn Larsson... j'ai honte.
    Pour moi, l'Arquebuse est plus une sorte de Capitaine Achab bukovskien qui serait revenu d'entre les morts après son combat contre la baleine, un peu Orphée et un peu Walkyrie aussi. Un Achab qui ne pourrait pas s'empêcher de continuer inlassablement une quête qui ne peut pas toucher à sa fin.
    Quant à Jules Verne... quitte à me faire des ennemis, je ne suis vraiment pas un grand fan. Même si je reconnais le côté fondateur et l'importance de ce bon vieux Julio, je trouve son œuvre assez froide, peu vivante. Enfin, je n'ai pas essayé d'en relire un récemment, mais globalement c'est l'impression que j'en ai gardé. Bien entendu, ce c'est qu'un avis global et de surface, et trèèèèès subjectif. J'ai tout de même une certaine affection pour le Tour du monde en 80 jours.
    En 2009 j'ai même participé à la création d'un mini guide touristique basé sur deux auteurs : Verne et Stocker. L'idée était la suivante : Philéas Fogg avait entrepris un second voyage, occulte cette fois, où il partait sur les traces de l'occultiste Arminius Vambery qui lui-même avait connu un destin funeste. Nous proposions de visiter certaines villes en décryptant des énigmes laissées par Fogg et basées sur le réel historique et architectural que nous détournions pour nos besoins. Cela devait nous permettre de faire visiter des villes et des lieux, mais avec une autre approche et en contournant les itinéraires habituels. J'étais aux commandes du premier ouvrage, qui parlait de Marrakech. Et le guide (une escape game avant l'heure en fait...) devait être offert par des voyagistes à leurs clients. Je crois que ça n'a jamais abouti. Bon, ça m'a permis de voyager gratos et de vivre une aventure géniale, et même d'être payé !!!! Mais la boîte a bouffé la grenouille avant d'aller jusqu'au bout. De temps en temps on parle de relancer le truc, mais la crise de la Covid a un peu étouffé nos dernières velléités.

    Pour en finir avec le sujet Jules Verne, et après mure réflexion, je dois dire que question "classiques de l'aventure", mon goût va davantage vers Jack London, dont je trouve l'univers et les histoires beaucoup plus organiques, et du coup, beaucoup plus humain dans ses thématiques.

    Voilà, je me tais, c'était mon dernier mot avant les Imaginales 2021 😊


    Note de Dup : Vous pouvez continuer à poser des questions, juste savoir qu'elles ne seront traitées qu'à partir du 18.  😉

    Et donc la dernière, de Fantasy à la carte pour conclure parfaitement ce Mois2 !!!


    Fantasy à la carte :

    Hello Raphaël, alors tes impressions sur ce grand weekend de festival ? Et une petite dernière avant le clap de fin de ce Mois de, tu as une petite anecdote D'auteur à nous partager sur ces Imaginales 2021?


    Jessica, merci d'être au rendez-vous et de m'offrir la possibilité de finir ce mois 2 en beauté :)

    Les Imaginales donc, c'était lumineux, solaire, bruyant, excitant, harassant, enivrant... j'ai vécu un truc de dingue pendant trois journées (qui ont en réalité commencé dès le jeudi soir puisque je me suis rendu à Epinal à ce moment-là).
    C'est étrange, un tunnel de presque 4 heures de route, de nuit. Je ne vois rien des paysages, me gare sans trop réfléchir dans un parking que l'on ma conseillé, bien trop loin de mon hôtel, puis traverse la ville avec mon paquetage sur le dos, sans oublier du sursauter à chaque fois qu'un moteur vrombit. Si je me réfère aux courses de BMW et de Volkswagen qui ont lieu dans le centre-ville d'Epinal, il doit bien être quatre heures du matin, au bas mot.


    J'arrive à l'hôtel et découvre ce qui sera mon nid douillet jusqu'au dimanche. Une douche puis je m'extasie devant le design post-phallique du sèche-cheveux mural et envoie donc une photo à Roxane, sur laquelle je fais un truc salace avec ledit objet. Ca la rassure, tant que je fais ou dis des horreur, c'est que je suis en vie. Sèche-cheveux bien vite oublié cependant lorsque je découvre qu'il y là, à disposition, une bouilloire et des sachets de thé et d'infusions. Ca y est, je suis un VIP ! J'envoie un sms à ma mère pour le lui dire, mais elle ne me répond pas. Quel ingrate, son fils est pourtant devenu une star !
    Bon, même à cette heure tardive de la nuit, et surtout après le profond mépris maternel auquel je viens de me heurter, je ne suis pas contre un peu de réconfort. Je me laisse tenter par une eau chaude !


    Phooka m'envoie alors un message : elle est au Bougnat en train de se pochetronner (dans un sofa ?)... dès fois que, comme je l'avais évoqué, je souhaite la rejoindre. Je regarde l'heure. 21h50... 21h50 ??? Mais !?! je suis en pyjama, au lit, une tasse de verveine à la main. Je comprends à ce moment-là que je viens d'entrer dans la 4ème dimension, et que cela va durer jusqu'au dimanche soir.
    Méfiant, je reste dans mon lit et me prépare à affronter ce que ce monde étrange me réserve de mauvais tours. Au petit dèj, dès le lendemain, je suis prêt : j'ignore savamment les sosies d'Alex Nikolavitch, Auriane Velten, Karim Berrouka et David Meulemans que les reptiliens ont placés ici dans le but de me préparer pour la Grande Dévoration... et me nourris discrètement dans mon coin sans les quitter des yeux... ce monde d'illusions n'aura pas raison de ma santé mentale.


    Ok... je finis par me sortir la tête du cul, après quatre cafés allongés (que je bois assis, cependant, notez le s à la fin d'allongés), je réalise que c'est la réalité, je suis aux Imaginales, il est temps d'aller chercher mon badge.
    Tout, cependant, va ressembler de près ou de loin à ces premières heures, et même si j'ai bien compris que tout n'était que perception et émotion, que ces auteurs sont réels, que les blogueurs et instagrameurs existent dans le vrai monde, que des gens ont vraiment lu mes bouquins, et que le temps ne va cesser de se dilater et de se contracter à l'envi pendant trois jours, tout ce qui m'arrive est réel. Je viens d'arriver aux Imaginales.


    Une anecdote ? Deux même :

    1 - Des gens ont acheté mes livres grâce aux citations de la Rue Kétanou qui suivent la page de titre sans même se demande de quoi allaient parler les bouquins !

    2 - Un couple de gens bien comme il faut s'est arrêté devant moi et a commencé à tripoter les Chevaliers du Tintamarre (le livre, pas les gars hein). Une voix enrhumée et légèrement méprisante lance un : "c'est quoi, le Tintamarre ?". Moi, fin de salon, bout du rouleau et furieusement besoin de trouver des chiottes, je lâche, un peu trop empressé peut-être : "C'est un bar à putes...
    - Un quoi ? demande la voix enrhumée.
    - Un bar à putes, et un hôtel de passe..."
    Latuile-Nicolas n'étant plus là pour me rappeler les règles du bon goût, et Roxane, qui m'avait rejoint le samedi, ayant aussi dû fuir le navire elle aussi, autant dire que je suis en roue libre et sans filtre (bien qu'elle soit assez généralement pire que moi, la boiteuse). Et comme je vois que les gens devant moi n'ont d'autre envie que de se barrer d'en face du taré qui dit rien que des gros mots et des choses très incorrectes... ben c'est plus fort que moi, je joue. Ils sont trop polis pour se faire la malle alors leurs visages restent devant moi tandis que leurs jambes tentent désespérément le pas de côté qui les mènera ailleurs. Mais non, moi je les garde, je leur raconte tout, de A à Z et avec force détails, et quand j'ai fini, je leur livre le commentaire composé... cruel comme un chat avec un moineau.
    Finalement je les lâche, tellement éprouvés qu'ils n'arrivent pas à aller bien loin, ce qui a bien rendu service à ma voisine, qui a pu profiter de leur fuite au ralenti pour leur vendre son bouquin.
    Je suis alors allé trouver mon éditeur et lui ai dit qu'il était temps que je parte, j'avais atteint ma limite de sociabilité.
    Cela restera un excellent souvenir, pour moi uniquement cela-dit :)