L'avis express de Dup sur le livre II de La dernière transhumance
L'AVIS DE DUP
Avant toute chose, je voulais dire toute mon admiration pour les illustrations de couverture de cette série que je trouve somptueuses. On les doit à Josef Bartoň (que je ne remercie pas pour le temps passer à trouver comment taper ce ň 😝)
Retrouver toute la famille de la siita du sorbier fut un réel plaisir. Si Norda a rejoint les siens, Aslak est prisonnier des Vårk (merci Bartoň 😁). Mais les circonstances vont faire qu'ils seront bien éparpillés, séparés, sur le continent des Innars. À chaque chapitre Stéphane Arnier change de narrateur, et j'adore ce procédé. Il agit sur moi comme un véritable moteur de lecture qui me rend complètement accro.
Dans ce monde si particulier du grand nord, les descriptions de l'auteur sont toujours aussi belles et poétiques. Au grand classique -et déjà somptueux- des paysages enneigés surplombés d'aurores boréales, Stéphane Arnier rajoute ses vitaux. Sortes d'esprits translucides, le plus souvent comme des flammèches colorées que seuls les nojds (sortes de chamans) peuvent voir. Ces vitaux s'échappent de partout, recouvrent parfois les rennes, virevoltent dans les airs.
Bref c'est superbe... mais pas toujours. Car parmi ces vitaux il en existe une sorte, le vorace, auquel nos amis sont confrontés et ce n'est vraiment pas joli joli. Impressionnant comme on peut passer d'une description idyllique à un véritable carnage la page suivante !!!
Certains des Vårks, dont Vigdis et Måns, la soeur et le frère d'Yngvar, installés près de Vilpa ont ingurgité des baies contenant des voraces, volontairement. Ils y ont vu la capacité de devenir plus fort, de se régénérer en cas de blessures. Ils ont occulté la faim permanente et insatiable qui va s'emparer d'eux. Et notre pauvre Aslak qui est devenu le cuisinier attitré de Måns...
Vigdis et son chien Ulf, tous deux hôtes d'un vorace, veut obtenir sa vengeance pour la mort de son père 25 ans plus tôt sous la main de Kaisu et se lance dans la traque des membres de la siita du sorbier. C'est une fuite en avant pour ces derniers, tout en cherchant une solution, un espoir pour se débarrasser de ces voraces. On voyagera du pays de Lule en Vuodna où les innars sont pécheurs, puis en Manno où les Innars commencent à se sédentariser. C'est limite éreintant de suivre cette transhumance forcée qui ne s'arrête jamais.
Stéphane Arnier s'emploie à décortiquer le lien profond que ce peuple nomade possède avec la nature, la force des liens familiaux, il creusera le sujet des liens de sang vs ceux de l'adoption, avec beaucoup de pudeur et de justesse. Il abordera l'impact sur ce peuple d'une colonisation, qu'elle soit pacifiste ou agressive. Bref, c'est passionnant de suivre cette transhumance, la dernière de Kaisu, et je ne peux que vous encourager à découvrir ce diptyque merveilleux. Énorme coup de cœur encore une fois ❤❤❤
* SP papier *



















