mardi 19 octobre 2021

VIC SWANSON tome 2 d'Alex Ferder

 

Tome 2
En sens inverse


Editions Alter Real
Parution 22/10/2021
359 pages
19.90 euros en papier/ 5.99 euros en numérique



Les informations sur le site de l'éditeur Alter Real





☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 2 de Vic Swanson  ☇



Un tome 2 incroyablement intense qui vous retourne les tripes.



L'AVIS DE PHOOKA:









Si vous suivez ce blog, vous savez que le premier tome de la série Vic Swanson avait été une énorme claque pour moi. Et je ne m'en cache pas, j'avais pleuré à la fin, tellement je m'étais attachée aux personnages. Il me tardait d'en découvrir la suite. J'étais tout à la fois impatiente et inquiète de ce que l'autrice, Alex Ferder, avait réservé comme destin à Vic, Semaj et les Sensoriels.

Je peux vous le dire par avance ... j'ai souffert...beaucoup. J'ai aimé ... encore plus.

Le premier tome était une claque, le deuxième m'a donné l'impression de passer sous un rouleau compresseur. Son intensité est telle que je l'ai lu en apnée, le ventre serré et le cœur en vrac.

Oui je sais, je vis un peu trop mes lectures ... Mais au moins, on ne pourra pas dire que cet opus m'a laissée indifférente, loin de là !

Vic a donc décidé d'intégrer une école de magie et par la même occasion s'éloigner de Semaj. Elle a ses raisons et elles sont justifiées. Néanmoins la dernière scène du premier tome reste dans toutes les mémoires. Dès le premier chapitre, une lettre rédigée par Semaj, remet le lecteur dans le contexte (en clair j'ai "re-pleuré" ... ouais bon ça va !). Mais Vic résiste à la tentation de le contacter et va se consacrer à ses études de magie.  Elle va ainsi faire la connaissance de Joshua, son enseignant particulier. Vic n'est pas une mage comme les autres et sa puissance est énorme, elle a besoin de cours particuliers. Josh va essayer de la guider. Mais essayer de guider Vic, c'est essayer de faire passer un chameau dans le chas d'une aiguille. Ç peu près autant de chances de succès ... Ce qui donne lieu à des scènes hilarantes, Vic étant la pire des élèves qu'un professeur peut avoir !

Mais petit à petit la tension monte. Déjà Vic a de plus en plus de mal à supporter la magie, les mages et l'école. Elle ne s'intègre pas, elle ne se sent pas à sa place. Ses quatre Sensoriels lui manquent, Semaj lui manque. Elle tient bon, elle serre les dents mais on se rend compte à quel point c'est difficile pour elle. Et puis Jarel n'est pas mort et elle sait qu'il reviendra à la charge. Elle DOIT être prête à l'affronter, mais on ne devient pas mage ... d'un coup de baguette magique (oui je sais , elle est facile celle-là).

La pression sur les épaules de Vic est immense. Elle est seule à y faire face et ce n'est pas dans l'école de magie qu'elle va se faire des amis ... Seule contre tous, avec le poids du manque de ses amis et de Semaj, c'est vraiment lourd à porter. 

Semaj aussi souffre de son côté, mais voilà il est tigre avant tout. Il est infect, insupportable et surtout puant d'orgueil. On est tout à la fois peiné pour lui, tout en ayant une envie irrépressible de lui coller des baffes.

Et quand ces deux là vont se retrouver, la somme des deux personnalités, va porter l'émotion à son maximum. Une Vic et un Semaj, c'est l'assurance d'émotions encore plus fortes et de problèmes encore plus ardus.

Ce deuxième roman est oppressant, bourré de tensions et d'émotions. l'intensité du récit est énorme et l'écriture d'Alex Ferder est tout à la fois légère et violente. Dans ce contexte, même les réparties de Vic, pleines d'humour et de dérision, ne font qu'enfoncer le couteau un peu plus loin et font ressortir toute sa peine et ses doutes. J'ai eu les larmes aux yeux plus d'une fois, j'ai eu les tripes nouées pendant toute ma lecture, j'ai "vécu" ma lecture comme rarement. Je ne veux pas vous en dire plus pour ne pas gâcher votre découverte, mais sachez juste que ce second opus est énorme. Incroyablement fort, incroyablement puissant, incroyablement réussi.

Je ne m'attendais pas à un deuxième tome aussi intense, le premier ayant été drôle et enlevé (sauf la fin). Je l'ai pris de plein fouet. Une vraie claque encore une fois. Alex Ferder arrive à vous surprendre, à vous séduire, elle vous emmène à sa suite dans son récit et vous laisse tel un objet roulé par les vagues et échoué sur la plage après une tempête. C'est énorme vraiment ! Je la déteste, je la hais au plus haut point ... mais surtout j'espère qu'elle nous a concocté une suite tout aussi puissante.  Vic, Semaj, David, Joris, Stain et Karl sont dans mon cœur pour un bon moment.
lundi 18 octobre 2021

Bilan et fin du mois de RAPHAËL BARDAS




Après un mois2 comme celui-ci, que dire d'autre que MERCI !!!

Merci aux participants très actifs, la palme revenant haut la main à Jessica du blog Fantasy à la carte.

Merci surtout à Raphaël pour l'animation 😁 et ses réponses détaillées, riches, passionnantes, imagées, à l'image de ton œuvre ! 

Ce fut un mois2 vraiment génial, donc merci à tous et BILAN donc.


  • L'interview participative fleuve : 12 pages !



  • Les chroniques découlant du partenariat :


— Amis, voici le temps venu de…

— Boire un dernier verre ? osa Silas.

— Oui, oui, sans doute, mais pas ici.

— Et pourquoi donc ? Peut-on savoir ? C’est que je m’y sentais bien moi, dans ce rade à bouquins.

— Toujours pô compris comment qu’c’est qu’ça s’appelle.

— Mouton en plâtre… ou quelque chose dans ce ton-là ! évoqua Silas, avec l’air de celui qui trouve cela incongru.

— Mais non, mon ami, lança joyeusement Rossignol. Il n’est question ni de mouton, ni de plâtre.

— C’est pourtant quelque chose qui s’en rapproche, insista Silas. Moi non plus je ne me souviens pas bien.

— Il faut dire qu’elles nous en ont servi, des verres, avec leurs habitués aussi curieux que nous sommes bavards !

— Et qui sentent la soupe ! s’exclama la Morue, comme si cela avait le moindre lien avec la conversation en cours.

— Qui donc ? s’étonna Silas. Les clients du Mouflon d’Argile ?

— Non. Les patronnes du rade. Sentent la soupe.

— C’est normal mon ami, le rassura Rossignol. C’est le propre des humains quand ils s’approchent à petit pas de l’âge où l’on ne fait plus que collecter des livres en caressant des chats d’une main tout en faisant de la confiote de l’autre.

— Ou d’la soupe ! protesta la Morue.

— Ou de la soupe, tu as raison.

— Peut-être qu’on devrait parler moins fort, proposa Silas, elles pourraient nous entendre et revenir sur leur promesse de nous avoir logés gratis.

— Penses-tu ! Mon beau Silas, un mois durant, nous avons bardassé nos idioties pour leurs clients avisés, j’imagine qu’elles feront au moins preuve de clémence si jamais nous venions à les réveiller.


Ils marquèrent un silence. La Morue se rapprocha du comptoir tandis que Silas et Rossignol se lançaient dans un duel de haussements de sourcils et de plissements d’yeux. Mais l’idée qu’ils cherchaient ne vint pas.


— Pourquoi le nom de cet endroit nous échappe-t-il ? s’agaça Silas.

— Parce qu’on ne peut être triste de quitter ce dont on ne se souvient pas, sans doute, tenta Rossignol… pourtant je suis sûr que ça parle d’ovin minéral.

— C’est l’eau qu’est minérale, opposa la Morue. Pas l’vin !

— Ou de caprin ? Bouquetiiiin, laissa planer Rossignol, comme pour chercher le mot suivant. Bouquetiiiin…

— Tamarre ! brailla la Morue.


Il y eut, à l’étage du dessus, un ronflement feint et grotesque. Mémé Phooka, qui n’était pas dupe, leur intimait de baisser le ton, pour les protéger, fort justement, d’un réveil impromptu de Mamie Dup, qui contrairement à ce que son nom pouvait laisser penser, ne l’était pas davantage. Si jamais l’auguste créature venait à se réveiller, elle pourrait bien leur faire regretter d’avoir ne serait-ce qu’évoqué la Bête Cornue qu’elles avaient fait statufier en souvenir du bon vieux temps. Phooka savait que Dup les statufierait à leur tour, et qu’il était encore bien trop tôt pour les immortaliser.


— Allons ! s’agaça Silas, nous ne nous sommes pas inclinés devant le céleste crapaud du Ventre, l’ogre magnifique qui te fis sorcier… pourquoi le ferions nous devant un mouton en plâtre ?

Quelques pas en retrait de l’accordéoniste, la Chose surplombait la Morue qui s’acharnait à tenter de téter le bec de la tireuse à bière (invention fraîchement sortie du génial cerveaux d’une mystérieuse horlogère aux cheveux rouges). La Chose donc, se tenait sur le comptoir. La Bête Cornue aux pieds de marbre. Posée là, telle une icône divine, la statue rayonnait d’une majesté apaisante dans l’obscurité des lieux. À elle seule, la bête pierreuse irradiait de son terrifiant charisme la taverne endormie. D’aucuns auraient dit que l’animal sacré enchantait la nuit comme ses maîtresses enchantaient le jour.

— On dirait une piñata ! bougonna Silas.

— Non, mon tout beau, cela me revient maintenant ! Ce qui nous accueillit, nous inspira et nous fit tant parler pendant ces jours de fin de Baliverne, c’était un bouc, un bouc en stuc !


Il y eut un nouveau silence, un peu gêné. Puis la Morue demanda :


— Tout ça pour ça ?

— Oui Morue, oui, sers-nous deux verres finalement, c’est Bouc en stuc qui régale !



vendredi 15 octobre 2021

Les Imaginales VS Le mois2


  Les Imaginales ont gagné 😁





Mémé Phooka est déjà sur place depuis hier

Mémé Dup est en route et en passe d'y arriver

Pépé Raphaël itou 😂


Bref, faute de combattants, on repousse le bilan du 15 au 18. Et s'il y a encore des questions, Raphaël est d'accord pour y répondre après ce weekend. 


See You Soon ♥♥♥

jeudi 14 octobre 2021

Douzième page de l'ITV de RAPHAËL BARDAS

 


POUR LIRE OU RELIRE LES PAGES PRÉCÉDENTES :







— Comment qu’vous disez ? grommela mollement la Morue.
— Barre d’As ! sursauta Silas. Je crois qu’on parle du surnom de ma…
— Teu teu teu ! protesta Rossignol en gonflant son accordéon dans un vacarme qui empêcha Silas de terminer sa phrase.
Ils le regardèrent, se demandant bien ce que le musicien bavard allait encore inventer pour les baratiner et leur refourguer l’addition.
— Bardas ! s’exclama-t-il enfin. Raphaël Bardas ! L’homme qui se prétend écrivain et qui a fait de nous ses jouets quelques mésaventures durant.
— Mouaif, soupira la Morue. Jamais entendu parler.
— Un auteur de théâtre ? tenta Silas. Ce nom ne m’est pas complètement étranger, et je ne sais pourquoi, mais il m’évoque la presqu’île de Dados Rojos, ses vins trop forts et ses siestes crapu...
— Non Silas ! Quand cesseras-tu de ne penser qu’à…
— Qu’à ?
— Ce n’est pas vraiment le moment de parler d’amour mon tout beau. Alors non. Non, ou plutôt juste un peu oui, mais pas aussi exactement que ton joli ciboulot pourrait l’imaginer Silas. Le Bardas, c’est le sale type qui, depuis son monde à lui, nous trimbale de rade et rade, et port en port, et de mort en mort…
— Et de couche en couche !
— Oui ! Amis, oui !
— Et d’castagne en castagne ?
— Oui Morue, le Bardas, dans son monde, il est écrivain. Il a écrit des caisses et des caisses de livres à jouer, avec des amis, des jeux de rôles comme on dit là-bas. Parce qu’il a rien contre un peu de convivialité et une bonne histoire à vivre à plusieurs, pour peu qu’il y ait du claquos, de la vinasse et du sauciflard… et ce qu’il aime, en plus de raconter des histoires de copains, c’est nous les faire vivre à nous. C’est comme ça qu’un jour il a fait de nous les Chevaliers du Tintamarre et qu’il nous a embarqués dans le Voyages des Âmes cabossées. Mais bien avant ça, il s’est fourvoyé avec des gars comme le Gaborit ou le Granier de Cassagnac, et bien d’autres comme eux. Il a traîné ses guêtres d’auteur dans les Royaumes Crépusculaires ou encore sur Cosme, avant de se mettre à co-inventer ses propres univers. Amnesya 2K51, Venzia, Retrofutur !
—D’la confiture ?
— Non, Morue, mais ce qu’il invente parfois se voudrait tout aussi sucré… Capharnaüm, et le tout petit roman qui en fut tiré, Aux traîtres indomptables, du sucre, du miel, des épices et tellement de soleil ! Nul doute que c’est un peu ces amours là, ces univers qui le hantent, qui l’ont poussé à nous faire vivre ce qu’il nous a fait vivre.
— Ou mourir !
— Ou mourir oui… d’ailleurs, j’ai fini mon cruchon, qui qui paye la douloureuse ?
— Ce soir c’est Bardas les gars, c’est Bardas qui paye l’addition ! Hein Rossi, j’ai bon ?
— On dit « Qui régale » ! faut tout qu’j’vous apprende.
— C’est Bardas qui régale ? Rien n’est moins sûr les amis !


💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙


Ramettes :

Merci pour cette brève réponse !
Ramettes c'est pour tout le papier que je pensais économiser en écrivant sur le net.
En même temps il y a mes initiales RM ... et dans ma langue natale (valenciano) rameta c'est petite branche... l'histoire est plus longue mais je m'arrête là !
Quand au côté quichotesque je l'avais bien repéré.
C'est très logique tout ce que tu dis...
C'était quoi ma prochaine question ? Que va t-il se passer quand le mois de... va se terminer ? Qui va te poser des questions ? Tes personnages ? Lol.


Mais de rien :) Et ton explication éveille ma curiosité :D
Ta langue natale est le valenciano ? Moi j'ai encore un peu de famille du côté d'Alicante, à Villajoyosa, c'est vraiment un coin que j'aime beaucoup !!!

Voilà, le mois se termine effectivement et je me demande ce qu'il se passera après. Sans doute une petite déprime vu le silence pesant qui me tombera dessus après toute cette attention stimulante et bienveillante que vous m'aurez accordé un mois durant. En plus cela va coïncider avec la fin des Imaginales, bonjours la descente ! :D
Bon, j'ai la chance d'avoir une amoureuse très présente, des enfants et beaux enfants envahissant, un chien qui demande de l'attention et un chaton plus envahissant que le reste de la famille réuni... je ne devrai pas avoir le temps de me morfondre.
Et puis, je me mets des coups de pied au cul pour finir le projet actuel; car je sais que début 2022 l'envie d'écrire de la fantasy dans un monde imaginaire (contrairement au Duende qui si passe dans notre monde) et que du coup j'aurai bien du mal à y résister...

Tintamarre ou non, 2022 sera fantasy pour moi, c'est sûr et certain.


Olivier :

Bonsoir Raphaël, et bien cela devient un exceptionnel moment d'échanges.... bravo des questions et naturellement des réponses très détaillées de Mister Bardas... je suis maintenant au 17 ième chapitre du second volume des oeuvres des chevaliers, je ne sais si je parviendrais à le finir d'ici le 15 Octobre sans compter que la relève est là pour le mois prochain et il me faut aussi le lire. Je trouve ce second opus plus fluide ... est-ce une impression partagée ? Raphaël relis-tu tes ouvrages une fois publiés ? Et de là corriger éventuellement le second volume ? Plus je lis et découvre ces chevaliers comme leurs comparses, plus je vois l'ensemble en BD et toi Raphaël ? Je suis surpris que dans tes livres lus dans ta prime jeunesse tu n'es pas glissé "L'île aux Trésors" parce que l'Arquebuse c'est un peu Long John Silver ? Tu préfères la version Stevenson ou celle de Bjorn Larsson ? Et même pas un petit Jules Verne?


Bonsoijour à toi, Olivier aux questions alambiquées ! Jessica tire en rafale, mais toi c'est un vrai staccato 😀

Au sujet de la fluidité, c'est parce que le bouquin se passe souvent sur l'eau. Voilà, c'était la meilleure vanne du jour, désolé...
Mais on m'a effectivement fait ce genre de retour. Peut-être est-ce dû au fait que le premier contenait volontairement une structure plus hélicoïdale et un jeu d'ellipses alors que le Voyage est plus linéaire ? Peut-être aussi que je me suis amélioré :) Enfin ce n'est pas à moi d'en juger, alors je ravale mon égo un instant.

Et donc non, je ne relis pas tant que je ne me remets pas à écrire. En fait, une fois le livre paru, il me sort un peu par les yeux car on l'a relu, corrigé, re-relu, puis re-corrigé, puis relu sur maquette pour le bon à tirer (et d'ailleurs il reste parfois des coquilles, vous les avez peut-être vues 😉 ). Les coquilles, ça me laisse sur le cul... et coquille sans Q, enfin vous voyez. J'avais prévenu hein, la meilleure vanne du jour est déjà sortie dans le premier paragraphe.
Il me faut donc un certain temps avant d'avoir envie de m'y replonger (même si le deuxième convoque davantage l'élément aqueux [double vanne inside]... oui oui, vous la voyez venir, ma grosse métaphore filée... mais non, soyons sérieux). Pour écrire le Voyage, j'avais un pdf des Chevaliers du Tintamarre ouvert en permanence dans lequel j'allais régulièrement relire des paragraphes pour m'assurer de la cohérence d'un personnage avec lui-même, ou pour vérifier un point de woldbuilding et m'assurer que mes projections pour le Voyage étaient bien conformes à mon doc de travail et au bouquin précédent. Mais rien de plus.


La BD tu n'es effectivement pas le premier à m'en parler. On me parle aussi beaucoup de cinéma ou de série TV, il faut croire que cet univers est visuel :D
Et donc ce sera avec un immense plaisir, mais j'attends les propositions (à bon entendeur...) !


L'Île au Trésor ? Oui oui oui, une bien belle histoire, des personnages formidables et un auteur très important. En effet. Mais ils ne font pas partie des inspirations assumées dans mon écriture pour le moment. D'ailleurs, je ne connais pas le Long John Silver de Bjorn Larsson... j'ai honte.
Pour moi, l'Arquebuse est plus une sorte de Capitaine Achab bukovskien qui serait revenu d'entre les morts après son combat contre la baleine, un peu Orphée et un peu Walkyrie aussi. Un Achab qui ne pourrait pas s'empêcher de continuer inlassablement une quête qui ne peut pas toucher à sa fin.
Quant à Jules Verne... quitte à me faire des ennemis, je ne suis vraiment pas un grand fan. Même si je reconnais le côté fondateur et l'importance de ce bon vieux Julio, je trouve son œuvre assez froide, peu vivante. Enfin, je n'ai pas essayé d'en relire un récemment, mais globalement c'est l'impression que j'en ai gardé. Bien entendu, ce c'est qu'un avis global et de surface, et trèèèèès subjectif. J'ai tout de même une certaine affection pour le Tour du monde en 80 jours.
En 2009 j'ai même participé à la création d'un mini guide touristique basé sur deux auteurs : Verne et Stocker. L'idée était la suivante : Philéas Fogg avait entrepris un second voyage, occulte cette fois, où il partait sur les traces de l'occultiste Arminius Vambery qui lui-même avait connu un destin funeste. Nous proposions de visiter certaines villes en décryptant des énigmes laissées par Fogg et basées sur le réel historique et architectural que nous détournions pour nos besoins. Cela devait nous permettre de faire visiter des villes et des lieux, mais avec une autre approche et en contournant les itinéraires habituels. J'étais aux commandes du premier ouvrage, qui parlait de Marrakech. Et le guide (une escape game avant l'heure en fait...) devait être offert par des voyagistes à leurs clients. Je crois que ça n'a jamais abouti. Bon, ça m'a permis de voyager gratos et de vivre une aventure géniale, et même d'être payé !!!! Mais la boîte a bouffé la grenouille avant d'aller jusqu'au bout. De temps en temps on parle de relancer le truc, mais la crise de la Covid a un peu étouffé nos dernières velléités.

Pour en finir avec le sujet Jules Verne, et après mure réflexion, je dois dire que question "classiques de l'aventure", mon goût va davantage vers Jack London, dont je trouve l'univers et les histoires beaucoup plus organiques, et du coup, beaucoup plus humain dans ses thématiques.

Voilà, je me tais, c'était mon dernier mot avant les Imaginales 2021 😊


Note de Dup : Vous pouvez continuer à poser des questions, juste savoir qu'elles ne seront traitées qu'à partir du 18.  😉

Et donc la dernière, de Fantasy à la carte pour conclure parfaitement ce Mois2 !!!


Fantasy à la carte :

Hello Raphaël, alors tes impressions sur ce grand weekend de festival ? Et une petite dernière avant le clap de fin de ce Mois de, tu as une petite anecdote D'auteur à nous partager sur ces Imaginales 2021?


Jessica, merci d'être au rendez-vous et de m'offrir la possibilité de finir ce mois 2 en beauté :)

Les Imaginales donc, c'était lumineux, solaire, bruyant, excitant, harassant, enivrant... j'ai vécu un truc de dingue pendant trois journées (qui ont en réalité commencé dès le jeudi soir puisque je me suis rendu à Epinal à ce moment-là).
C'est étrange, un tunnel de presque 4 heures de route, de nuit. Je ne vois rien des paysages, me gare sans trop réfléchir dans un parking que l'on ma conseillé, bien trop loin de mon hôtel, puis traverse la ville avec mon paquetage sur le dos, sans oublier du sursauter à chaque fois qu'un moteur vrombit. Si je me réfère aux courses de BMW et de Volkswagen qui ont lieu dans le centre-ville d'Epinal, il doit bien être quatre heures du matin, au bas mot.


J'arrive à l'hôtel et découvre ce qui sera mon nid douillet jusqu'au dimanche. Une douche puis je m'extasie devant le design post-phallique du sèche-cheveux mural et envoie donc une photo à Roxane, sur laquelle je fais un truc salace avec ledit objet. Ca la rassure, tant que je fais ou dis des horreur, c'est que je suis en vie. Sèche-cheveux bien vite oublié cependant lorsque je découvre qu'il y là, à disposition, une bouilloire et des sachets de thé et d'infusions. Ca y est, je suis un VIP ! J'envoie un sms à ma mère pour le lui dire, mais elle ne me répond pas. Quel ingrate, son fils est pourtant devenu une star !
Bon, même à cette heure tardive de la nuit, et surtout après le profond mépris maternel auquel je viens de me heurter, je ne suis pas contre un peu de réconfort. Je me laisse tenter par une eau chaude !


Phooka m'envoie alors un message : elle est au Bougnat en train de se pochetronner (dans un sofa ?)... dès fois que, comme je l'avais évoqué, je souhaite la rejoindre. Je regarde l'heure. 21h50... 21h50 ??? Mais !?! je suis en pyjama, au lit, une tasse de verveine à la main. Je comprends à ce moment-là que je viens d'entrer dans la 4ème dimension, et que cela va durer jusqu'au dimanche soir.
Méfiant, je reste dans mon lit et me prépare à affronter ce que ce monde étrange me réserve de mauvais tours. Au petit dèj, dès le lendemain, je suis prêt : j'ignore savamment les sosies d'Alex Nikolavitch, Auriane Velten, Karim Berrouka et David Meulemans que les reptiliens ont placés ici dans le but de me préparer pour la Grande Dévoration... et me nourris discrètement dans mon coin sans les quitter des yeux... ce monde d'illusions n'aura pas raison de ma santé mentale.


Ok... je finis par me sortir la tête du cul, après quatre cafés allongés (que je bois assis, cependant, notez le s à la fin d'allongés), je réalise que c'est la réalité, je suis aux Imaginales, il est temps d'aller chercher mon badge.
Tout, cependant, va ressembler de près ou de loin à ces premières heures, et même si j'ai bien compris que tout n'était que perception et émotion, que ces auteurs sont réels, que les blogueurs et instagrameurs existent dans le vrai monde, que des gens ont vraiment lu mes bouquins, et que le temps ne va cesser de se dilater et de se contracter à l'envi pendant trois jours, tout ce qui m'arrive est réel. Je viens d'arriver aux Imaginales.


Une anecdote ? Deux même :

1 - Des gens ont acheté mes livres grâce aux citations de la Rue Kétanou qui suivent la page de titre sans même se demande de quoi allaient parler les bouquins !

2 - Un couple de gens bien comme il faut s'est arrêté devant moi et a commencé à tripoter les Chevaliers du Tintamarre (le livre, pas les gars hein). Une voix enrhumée et légèrement méprisante lance un : "c'est quoi, le Tintamarre ?". Moi, fin de salon, bout du rouleau et furieusement besoin de trouver des chiottes, je lâche, un peu trop empressé peut-être : "C'est un bar à putes...
- Un quoi ? demande la voix enrhumée.
- Un bar à putes, et un hôtel de passe..."
Latuile-Nicolas n'étant plus là pour me rappeler les règles du bon goût, et Roxane, qui m'avait rejoint le samedi, ayant aussi dû fuir le navire elle aussi, autant dire que je suis en roue libre et sans filtre (bien qu'elle soit assez généralement pire que moi, la boiteuse). Et comme je vois que les gens devant moi n'ont d'autre envie que de se barrer d'en face du taré qui dit rien que des gros mots et des choses très incorrectes... ben c'est plus fort que moi, je joue. Ils sont trop polis pour se faire la malle alors leurs visages restent devant moi tandis que leurs jambes tentent désespérément le pas de côté qui les mènera ailleurs. Mais non, moi je les garde, je leur raconte tout, de A à Z et avec force détails, et quand j'ai fini, je leur livre le commentaire composé... cruel comme un chat avec un moineau.
Finalement je les lâche, tellement éprouvés qu'ils n'arrivent pas à aller bien loin, ce qui a bien rendu service à ma voisine, qui a pu profiter de leur fuite au ralenti pour leur vendre son bouquin.
Je suis alors allé trouver mon éditeur et lui ai dit qu'il était temps que je parte, j'avais atteint ma limite de sociabilité.
Cela restera un excellent souvenir, pour moi uniquement cela-dit :)

Les parutions d'octobre 21 chez Actusf

 

En image, pour le plaisir des yeux


La plus belle ♥


Dieu que je suis impatiente !


La plus belle encore 😁


Comment ça je suis pas impartiale ?




Et les autres 😁



Non, sérieux celle-ci aussi est belle, mais bon, c'est de la SF hein...



sans commentaires...

Et pour les minots




Et le tout est chez Actusf



mercredi 13 octobre 2021

Onzième page de l'ITV de RAPHAËL BARDAS

 

POUR LIRE OU RELIRE LES PAGES PRÉCÉDENTES :







— Comment qu’vous disez ? grommela mollement la Morue.
— Barre d’As ! sursauta Silas. Je crois qu’on parle du surnom de ma…
— Teu teu teu ! protesta Rossignol en gonflant son accordéon dans un vacarme qui empêcha Silas de terminer sa phrase.
Ils le regardèrent, se demandant bien ce que le musicien bavard allait encore inventer pour les baratiner et leur refourguer l’addition.
— Bardas ! s’exclama-t-il enfin. Raphaël Bardas ! L’homme qui se prétend écrivain et qui a fait de nous ses jouets quelques mésaventures durant.
— Mouaif, soupira la Morue. Jamais entendu parler.
— Un auteur de théâtre ? tenta Silas. Ce nom ne m’est pas complètement étranger, et je ne sais pourquoi, mais il m’évoque la presqu’île de Dados Rojos, ses vins trop forts et ses siestes crapu...
— Non Silas ! Quand cesseras-tu de ne penser qu’à…
— Qu’à ?
— Ce n’est pas vraiment le moment de parler d’amour mon tout beau. Alors non. Non, ou plutôt juste un peu oui, mais pas aussi exactement que ton joli ciboulot pourrait l’imaginer Silas. Le Bardas, c’est le sale type qui, depuis son monde à lui, nous trimbale de rade et rade, et port en port, et de mort en mort…
— Et de couche en couche !
— Oui ! Amis, oui !
— Et d’castagne en castagne ?
— Oui Morue, le Bardas, dans son monde, il est écrivain. Il a écrit des caisses et des caisses de livres à jouer, avec des amis, des jeux de rôles comme on dit là-bas. Parce qu’il a rien contre un peu de convivialité et une bonne histoire à vivre à plusieurs, pour peu qu’il y ait du claquos, de la vinasse et du sauciflard… et ce qu’il aime, en plus de raconter des histoires de copains, c’est nous les faire vivre à nous. C’est comme ça qu’un jour il a fait de nous les Chevaliers du Tintamarre et qu’il nous a embarqués dans le Voyages des Âmes cabossées. Mais bien avant ça, il s’est fourvoyé avec des gars comme le Gaborit ou le Granier de Cassagnac, et bien d’autres comme eux. Il a traîné ses guêtres d’auteur dans les Royaumes Crépusculaires ou encore sur Cosme, avant de se mettre à co-inventer ses propres univers. Amnesya 2K51, Venzia, Retrofutur !
—D’la confiture ?
— Non, Morue, mais ce qu’il invente parfois se voudrait tout aussi sucré… Capharnaüm, et le tout petit roman qui en fut tiré, Aux traîtres indomptables, du sucre, du miel, des épices et tellement de soleil ! Nul doute que c’est un peu ces amours là, ces univers qui le hantent, qui l’ont poussé à nous faire vivre ce qu’il nous a fait vivre.
— Ou mourir !
— Ou mourir oui… d’ailleurs, j’ai fini mon cruchon, qui qui paye la douloureuse ?
— Ce soir c’est Bardas les gars, c’est Bardas qui paye l’addition ! Hein Rossi, j’ai bon ?
— On dit « Qui régale » ! faut tout qu’j’vous apprende.
— C’est Bardas qui régale ? Rien n’est moins sûr les amis !


💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙


Ramettes :

Bonsoir,
Contente que nos questions aient stimulé ton imagination... tes écrits eux stimulent notre imagination.

Je suis restée un peu bloquée par les plumes de griffons, les ongles de je ne sais plus quoi et l'hallucinium... que de substances étranges... c'est une impression ou tu aimes pousser à l'extrême tes personnages ? dépasser leur limites... ainsi que toutes les frontières comme par exemple la vie et la mort ?


Ah, Ramettes ! :) Merci pour ces agréables considérations ! :)
Je dois dire qu'avant de commencer à répondre, j'ai moi même une question : Ramettes ? Mais d'où c'est-il que vient donc ton pseudonyme ? Bon, en tout cas, tu ne dois pas être du genre à engueuler tous les habitants de la maison depuis les chiottes parce qu'il n'y a plus de papier :D
Oups... je vois déjà les sourcils levés des hermétiques à la tache de gras là-bas au fond. Oui, les copains, oui, Bardas a encore parlé de caca !


Mais ! Mais oui ! C'est en fait une facétieuse introduction, car pour répondre à ta question sur les mâche-merveilles (si c'est c'est bien ce dont tu parlais, sinon corrige-moi et je répondrai mieux...), nous allons devoir parler d'intestins ! :)
Pour développer l'imaginaire le plus adapté à la cité de Morguepierre (et un peu du reste du monde, mais celui-ci demeure tout de même plus varié et souvent plus lumineux), j'ai travaillé sur la thématique de la dévoration et, par conséquent, de la digestion. Par défaut, je partais avec la conviction qu'on pouvait faire de la poésie avec du sale, du fécal, et que ça pouvait passer. Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire entre autres l'ont prouvé. Aussi, il n'y a qu'a réécouter Amsterdam, ou Ces gens-là de Brel pour rencontrer ces esthétiques de la dévoration...
Je crois que c'est très Chrétien tout ça en fait. Bien qu'étant moi même un athée fervent, un mécréant convaincu et un anticlérical affirmé (oui, tout ça à la fois !), je suis issu du croisement entre une famille beauceronne bien ancrée dans son terroir (enfin, ma grand-mère maternelle tenait un bar de village, mais les ouvriers agricoles y avaient leurs habitudes) et d'une famille de réfugiés espagnols et catalans (oui, je fais la distinction, pour ne vexer personne, mais la faire peut aussi vexer, alors ça peut tourner au vinaigre en fait, remettons nos casques...).
En bref, j'ai eu droit à la totale : baptême, gourmette, vierge en plâtre au-dessus de mon lit, première communion, profession de foi, etc. Oui oui. Moi. Un jour il faudrait que je raconte mon catéchisme dans un bouquin, on pourrait bien se marrer.
Bon, tout ça pour dire que les catholiques, avec leur eucharistie, la communion, l'Ostie et le corps du Christ, ils m'avaient bien préparé à inventer une magie où l'on boufferait des créatures magiques (ceci est ma chair, ceci est mon sang...) pour obtenir leurs bienfaits.

J'appelle-ça des Merveilles, car ils incarnent le Merveilleux (le nom consacré en littérature sérieuse pour ce que nous appelons Fantasy). Par définition, dans mon univers, tout ce qui n'est pas humain, mais qui est vivant, est potentiellement une merveille. Tout dépend en réalité de qui en parle. A Morguepierre on fait un super onguent régénérateur avec de l'Alfe Noir... on appelle ça aussi mâche-merveille, mais en réalité, personne à Morguepierre, en y réfléchissant un peu,n' appellerait un Alfe une Merveille. Au fait, je mets des majuscules n'importe où, je vous laisse faire le tri hein, mon éditrice n'est pas sur mon dos alors je fais un peu n'importe quoi :)

La Dévoration donc, le cannibalisme magique, transcendant même, puis qu'il vous octroie les bienfaits de la bête. J'y ajoute une touche d'alchimie car il faut que tout cela passe par le laboratoire d'un type qui saura extraire les sucs, les raffiner, en faire un truc à mâchouiller. Il était important pour moi, aussi, que cela révèle quelque chose de ceux qui en consomment. Dans les bas quartiers on va préférer celles qui se mâchent et qui donnent leur nom à l'ensemble du dispositif magique. On mâche, on rumine, on déglutit, on chique, on crache dans un récipient... ça rapproche du sol, du bovin, de l'intestin. Plus haut, on préfère le humer, le fumer, le vaporiser (même si on trouve aussi de l'alfe à mâcher, mais de meilleure qualité, c'est à dire non coupé avec du cirage ou du de la graisse de porc). Et puis, il y a les effets recherchés : l'endurance, la force pour les travailleurs et les combattants, mais plutôt le courage et le charisme pour ceux qui, en haut, on besoin de se représenter et qui sont dans un concours permanent de parures et belles paroles. Si vous y regarder de plus près, il s'agit pour la plupart de personnages masculins cherchant des attributs de virilité... encore une façon de me moquer des mââââles, mais en cachette.
Et puis, n'oublions pas que nous sommes dans une ville dont le saint des saints s'appelle le Ventre, un lieu dont l'Olympe évoque les tripes et les égouts, accessible par des boyaux souterrains (mines pour la plupart épuisées du métal sacré hallucinium), et habitée par un dieu éboueur en forme de crapaud géant. Pour moi l'esthétique de l'égout, de la décharge, était extrêmement importante. En fait, j'ai une sorte de fascination pour les décharges, des stations d'épuration, les casses automobiles et les stations services abandonnées. Un jour j'écrirai sur ce sujet je pense. Je ferai peut-être même d'une pierre deux coups avec ça et le catéchisme :D
Au premier degré, on peut juste voir une opposition entre le haut, céleste et propre, et le bas, souterrain et tout caca. Mais ça c'est vraiment de la symbolique de premier degré, il y a en réalité autre chose dans l'idée du Ventre et de Gargante, mais je préfère, au moins pour cette fois, laisser le lecteur faire sa propre lecture. De tout façon ça n'éclairerait pas plus l'histoire.
Pour résumer : les mâche-merveilles sont là car je voulais une magie qui ne soit pas externalisée, lumineuse et puissante. Je voulais une magie interne, intestine, qui agisse sur le corps et l'esprit et qui passe par la mort, le gaspillage d'autrui. C'est mon engagement anti Nutella à moi.


Et donc, l'hallucinium. C'est à la fois le pétrole, la pierre philosophale, l'orichalque et la cocaïne de Morguepierre. Je voulais quelque chose de minéral, qui fasse de Morguepierre cette ville unique, et je voulais que cela évoque un métal, mais aussi une résonnance... j'ai mélangé aluminium, hallucinant et harmonium dans ma tête.. Si les filons sont moins accessibles de nos jours, ils sont toujours là, bien profonds, et font que Morguepierre est Morguepierre, qu'elle intéresse tant le géant de la lune, qu'elle a tant intéressé jadis Castel-Naguère, et, bien sûr, les Sierranos ahorcadiens qui en furent les premiers conquérants humains. A cause des dérives qu'il a causées, il est devenu interdit depuis longtemps. Enfin, il est interdit de l'enchanter, pas vraiment d'en posséder. On peut même se servir d'objets enchantés autrefois, puisqu'ils sont fonctionnels. Ce qui est réellement interdit, c'est d'enchanter le métal lui même pour créer quelque chose de nouveau. L'histoire de Hugo Balthazar, Iago et Joaquin résume bien les raisons de cette interdiction... et c'est aussi ce qui m'a permis de faire revenir Franise Fanhorst, de la faire advenir même, et de lui donner cette ampleur. Fran Fanhorst, c'est mon Michael Corléone à moi :)
Dans une version ancienne du texte, les ballons-carrosses pilotés par des nobles oisifs qui cherchaient un peu d'aventure en véhiculant des gens dans les cieux, étaient ornementé de capteurs en hallucinium. Pour les faire voler, il fallait parler en alexandrins. Je m'étais amusé à écrire un chapitre ou Silas, Alessa et un noble pilote voyageaient en parlant en dodécasyllabes... je m'étais beaucoup amusé, mais c'était assez mauvais :D


Dans cette version, les nobles s'appelaient des "Quichottes", et ils étaient depuis peu frappés d'une maladie qui rendait l'utilisation de l'hallucinim très compliquée pour eux. Silas et Alessa, embarqués dans le ballon, doivent donc se débrouiller pour rimer dans une corne d'hallucinium à la place du bonhomme. Parler dans la corne d'hallucinium permettait de gonfler le ballon. Exemple :


Le Quichotte se mit à tousser, tant et si bien que s'échappa de sa corne le cri terrifiant d'un canard géant atteint de phtisie. La bulle pourpre et or du ballon vacilla et s'approcha dangereusement des fenêtres d'un atelier de reliure avant de se redresser au dessus de la place.
« Amis, il m’est bien difficile de garder loin, les curieux qui s’entêtent à venir dans le coin. Il m’est aussi plus dur de gonfler cette chose, et puisque vous y êtes, oserez-vous ? Si j’ose ? »
Silas et Alessa s’échangèrent des regards fort étonnés.
« Ne vous méfiez pas trop du chevalier bavard, il n’est pas d’ennemi quand dans telle détresse le destin réunit, ou est-ce le hasard, si bonne compagnie.
– Et qui s’y intéresse ?
– Mais vous-même, à vous voir, qui déjouez mes sorts ! M’aiderez-vous ? Ou bien allez-vous vous contenter de me voir m’essouffler dans cette corne inerte que plus rien n’amuse si ce n’est ma perte ! »
Pour illustrer ses propos, le chevalier à l’armure de lumière repoussa ses mèches bouclées par-dessus ses oreilles et empoigna à nouveau la corne d’hallucinium, dans laquelle il joua encore son concert de basse-cour.
« Je peux savoir ce que vous faites ? demanda Silas à Alessa sur un ton moqueur.
– Eh bien, il faut croire que je m’apprête à négocier notre voyage dans ce ballon. Ne serait-ce pas une solution formidable !
– Cela ne me dit pas pourquoi vous rimez, on dirait du mauvais théâtre !
– C’est visiblement la façon qu’il a de communiquer, moi je fais ce que je peux, j’improvise.
– Bien, alors faites-le vite, répondit Silas agacé de ne pas être celui qui avait trouvé une solution pour quitter la corniche.
– Je vais voir ce qu’il nous propose. »
Se tournant vers le Quichotte qui reprenait son souffle avec peine, elle tenta : « Noble personne, nous aimerions vous aider, mais ne savons comment faire pour enchanter la chose euh si… jolie dedans quoi vous soufflez.
– C’est de bonne pensée, ainsi que de bon goût. On s’étonne toujours que les autres ne sachent enchanter ce machin comme il se fait chez nous.
– Ce n’est pourtant pas là de ces talents qui fâchent. Je serais fort émue, que dis-je ? Époustouflée ! Si je pouvais le faire en l’ayant ignoré.
– Essayons ça, madame ainsi que votre ami, celui qui est muet peut toutefois souffler.
– Et si cela volait comme nous le voulons, pourrez-vous nous conduire où nous devons aller ?
– Où vous devrez aller mes ailerons iront, je n’ai d’autre plaisir que de vous voir voler ! »


Pousser mes personnages à l'extrême ? Mais oui, carrément ! Je ne cherche pas l'identification, je ne veux pas qu'on se dise : Silas est le beau garçon, je veux être celui-là, La Morue le guerrier, je veux être celui-là, etc. Ce n'est pas ma façon de faire. Je travaille sur l'outrance, les pensées et les actes des Chevaliers du Tintamarre sont extrêmes car ils doivent être démesurés, ils incarnent après tout l'identité de ce monde. Si vous me lisez avec attention, vous verrez qu'ils ne sont pas exactement les héros de mes histoires, ils en sont des points de vue, des quasi-narrateurs. Même s'ils sont aussi très bassement humains. Et oui, bien entendu, j'aime jouer avec les extrêmes, repousser les limites, aller au-delà de là où l'on m'attend. Mais maintenant les gens qui on lu mes deux romans du Tintamarre savent que je vais à peu près toujours au même endroit, alors il va falloir taffer deux fois plus quand je ferai le troisième, pour que les lecteurs soient surpris. Enfin, surpris de voir que je les ai quand-même amenés au même endroit alors que je promettais de ne plus le faire, et que le texte lui-même leur aura permis de le croire pendant un temps :D
La vie, la mort, oui, ce sont des thèmes que j'aime confronter et retourner dans tous les sens. Mais pas forcément pour parler de la vie et de la mort justement. Ce qui m'intéressait dans le Voyage, sur le thème de la mort, c'était de questionner le renoncement, l'inertie, l'inexistence philisophique. Ici, le personnage littéraire s'empare de sa propre existence, quelque part, ils doivent comprendre qu'il y a des forces "cosmiques" qui font que tout est négociable car on est dans un univers résolument poétique, philosophique, littéraire. Même si pour eux c'est une réalité, même si sur le plan intra diégétique cet univers existe et qu'il répond à des lois physiques (qui ne sont pas exactement les mêmes que les nôtres hein, je l'annonce assez clairement dans le passage avec Zingaro et Sganarelli), il a aussi des propriétés littéraires, fictionnelles, et il y a des gens comme Margaux ou Iago qui peuvent prendre la plume. Eux, les Chevaliers du Tintamarre, peuvent jouer avec ces extrêmes, la vie, la mort, mais dans une certaine limite. Ils ne sont pas immortels, mais ont plus de chance de mourir d'ennui et d'en venir à se tirer une balle dans la bouche eux-mêmes, que d'être tué par un simple coup d'épée donné par un inconnu.

Ai-je bien répondu à tout ?


Fantasy à la carte :

Bonjour Raphaël, je pense que je vais ranger mon flingue pour un temps. Lol. J'avoue que c'était trop tentant que de ne pas te taquiner sur la question du petit remontant vu que certains mots revenaient souvent comme "ti punch". C'était facile. Voilà une bonne nouvelle si cela t'a ouvert de nouvelles perspectives d'écriture, nous verrons ce que ce chapitre donnera, peut-être sur un nouveau volet des aventures de notre trio de chevaliers. D'ailleurs, que fais-tu en cas de panne d'inspiration ? As-tu des petits rituels ? Ou tu laisses tomber, et tu y reviens quand l'inspiration et l'envie reviennent ?


Je crois que ti punch est effectivement un mot très courant dans mon vocabulaire :)
Et effectivement, bavarder avec vous et me pousser à réfléchir sur certains points de mon écriture et de ma méthode m'ont redonné une furieuse envie d'écrire, et j'ai même écrit un chapitre par jour depuis samedi. J'aimerais vraiment pouvoir terminer l'écriture du Duende Oscuro avant fin 2021, et en toute sincérité, si j'y arrive, ce sera parce qu'on vous avez remis de l'essence dans le moteur (et un peu de rhum, de whisky et de vino tinto, ok ok, je m'auto caricature encore :D).


Et donc non, ce n'est pas un nouveau chapitre des Chevaliers, même si effectivement, je commence à entendre au loin le coin coin d'un accordéon qui m'appelle.
Il s'agit actuellement de Duende Oscuro, mais ce n'est qu'un titre de travail, et peut-être que je choisirai un titre en français à la fin, un titre qui serait, je pense :" Les larmes de chair" (ce qui n'est pas la traduction de Duende oscuro d'ailleiurs XD)
J'ai écrit 157 pages en tout à cette heure, et je ne dépasserai sans doute pas les 250 pages, je veux que ce soit court, que ce soit un coup de poing.
C'est l'histoire de Carmen, la narratrice, une jeune gitane espagnole venue en France pour faire ses études et surtout pour fuir une famille très étouffante. Pour la troisième fois en quelques années, elle se réveille près d'un homme assassiné, sans le moindre souvenir des heures précédentes, et un problème s'ajoute à cela : à chaque nouveau cadavre, une dent lui pousse le long de la colonne vertébrale... dès le début du livre, au troisième cadavre donc, elle fait la rencontre d'un type à l'air épouvantail qui lui n'a que des molaires dans la bouche, un lapin gris dans la poche, et un comportement pour le moins désagréable. Tout cela commençant à devenir vraiment gênant, elle entreprend d'enquêter sur ses victimes et sur elle-même. Ca parle aussi de boxe, de quête initiatique morbide, de légendes gitanes, etc. Mais j'en ai déjà beaucoup trop dit ;)


En fait, je n'ai pas trop de problème d'inspiration, j'ai plus des problèmes de tri dans toute les idées qui s'accumulent. Plus précisément, ces problèmes se manifestent quand je m'aperçois que la direction que prend mon travail est en contradiction (ou du moins en bifurcation incontrôlée) avec le but initial. Là je bloque, je cherche des solutions qui ne viennent pas toujours, et je peux me retrouver coincé pendant des semaines. L'autre problème, c'est quand j'approche du dénouement et que je me rends compte que l'effet ne prend pas, que je ne vais pas là où je voulais aller. C'est comme si j'avais soudain un chaînon manquant.
Face à ce problème là, en général, une seule solution : je reprends mon plan, je refais le résumé de l'histoire en essayant de comprendre comment je peux recoller tout ça en conservant la portée symbolique initiale. Si cela ne fonctionne pas, mon arme ultime : j'écris ma fin idéale, le chapitre que je veux atteindre, et après je refais le plan, et je rédige. Je crois bien que, en fait, c'est la seule façon de finir qui fonctionne pour moi.


Sinon, au quotidien, quand j'ai des petits blocages, qu'il s'agisse d'un manque d'idée ou d'idées impossibles à discipliner, je vais courir. C'est mon côté kinesthésique je pense : mon esprit, pour se déplacer, a besoin que mon corps se déplace aussi. Je crois aussi qu'il y a un petit côté masochiste à tout ça, j'ai parfois besoin de me faire mal, parfois besoin de m'auto-analyser (mes Asics sont les meilleures psy qu'il m'ait été donné de rencontrer...), et cela passe par une activité physique intense, mais aussi par le mouvement du corps.

mardi 12 octobre 2021

SIREN ET JORAN - LES VEILLEURS, BRIGADE PARANORMALE #1 de Claire DeLille

 



Editions Bookmark
Collection Urban Fantasy
Parution 22/09/2021
19 euros (5.99 en numérique)
392 pages


Les informations sur le site de l'éditeur Bookmark




☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 1 de Brigades Paranormales  ☇



De l'urban dense et passionnante !



L'AVIS DE PHOOKA:









Commençons par la fin. J'ai mis une éternité à lire de roman. De l'Urban Fantasy. Normalement je dépote ça en deux soirées max. Mais non, là il m'a fallu un temps fou. Du coup vous allez me dire que je n'ai pas accroché... et c'est tout le contraire. J'ai adoré ! J'ai trouvé les personnages profonds et réussis, le récit original et prenant. Bref je me suis régalée, mais ce n'est pas de l'UF classique qui se lit en un rien de temps. C'est tout le contraire et c'est sans doute ce qui en fait aussi son originalité !

Nous faisons donc la connaissance de Siren, une jeune femme au passé tourmenté. Son hobby? Foncer dans les trains la nuit en voiture ...Elle vit avec son frère Sanson dans une grande maison en bordure de Dessitter-Cité.

Dessiter-Cité c'est une ville, quelque part en France. Une ville cachée par la magie dans laquelle cohabitent humains "normaux" et  êtres surnaturels. Les uns ayant le droit de sortir le jour, les autres la nuit. Pas de dérogation. Si un humain est attaqué de nuit par un surnaturel, personne n'ira le défendre et inversement. À la tombée de la nuit tous les humains rentrent chez eux et se barricadent.

Joran lui, est un flic, carré sérieux et très doué. Beau gars en plus ce qui ne gâche rien, un concentré de testostérone. Il est dévoué corps et âme à son boulot. Un soir alors que la nuit tombe et il devrait être déjà à l'abri sauf qu'il traque un violeur et qu'il ne veut pas lâcher l'affaire. C'est ainsi que son chemin va croiser celui de Siren. Elle non plus n'est pas encore rentrée à l'abri. D'ailleurs elle se moque bien de risquer sa vie, elle n'a rien à perdre ...
Mais un autre traque ce violeur et va se retrouver au même endroit ce soir là. Un Elinem, un démon chargé de protéger les humains de jour et de chasser ce qu'il veut la nuit ...

Beaucoup d'autres personnages vont entrer en scène. Louisa, la meilleure amie de Siren, une humaine, Ezel une gargouille gigantesque, Liam le métamorphe scientifique, Anaïs, Jackson et j'en passe. Tous survivent dans cette ville et surtout tous aident les habitants à survivre. Ils sont prêts à y laisser leur vie, leur âme.  Ce qui est étonnant aussi avec les protagonistes de l'histoire c'est qu'on ne sait pas forcément immédiatement de quel côté de la barrière ils se situent. Sont-ils bons ou mauvais ? La suite du récit le dira, quitte même à les faire changer d'attitude en cours de route. Mais ce point d'interrogation sur certains donne un goût très particulier au roman. Et je garde toujours des doutes, m'attendant encore à des retournements de situations.

Quant au récit lui même, l'écriture est parfaite, omnisciente. Le point de vue passe d'un personnage à un autre, ce qui les rend tous très attachants. Et puis chaque chapitre commence par une comptine. Une comptine connue et revisitée, comme celle ci-dessous:

Maman, les p’tits enfants qui sortent la nuit ont-ils une chance ?
Mais non, mon gros bêta, car les vampires les attraperaient !
Maman, les p’tits enfants, qui aiment la lune ont-ils une chance ?
Mais non, mon gros bêta, les loups-garous les mangeraient !
Maman, la nuit prochaine, si j’vais danser, aurai-je une chance ?
Mais non, mon gros bêta, si tu sortais, tu trépasserais. […]


Comptine enfantine du XVIIIe siècle
chantée aux enfants de Desitter-Cité


L'ambiance est donnée. Glauque à souhait. Frissons garantis. Mais si vous pensez que le danger vient des vampires, orcs ou autres loup-garous. n'oubliez pas que le plus grand danger pour l'homme c'est lui-même et cette histoire ne fait que renforcer cette idée.

Cette nouvelle série d'Urban Fantasy est riche et originale. La fin de ce premier tome laisse supposer que la suite sera à la hauteur. Il me tarde déjà de la découvrir. À suivre !!