dimanche 5 avril 2020

Semaine 14/2020 sur Bookenstock [bilan]



Nouveau bilan de confinement ...

Donc on répète, on rabâche : 

RESTEZ CHEZ VOUS

RESPECTEZ LES GESTES BARRIÈRES

PROTÉGEZ MES vieilles VÉNÉRABLES !!! 









  • Mardi c'est le dernier jour du Mois d'Emmanuel Chastellière avec un très joli bilan




  • Et mercredi, un dernier petit long mot d'Emmanuel, on le remercie encore d'avoir passé ce mois si étrange avec nous ! Surtout n'hésitez pas à découvrir cet auteur plein de talent !!





  • Et vendredi, Phooka nous chronique ... une romance! Non? Elle est tombée sur la tête notre Vénérable ? C'est même pas un poisson d'avril ... bon ben elle nous parle du tome 1 de Suprêmes alors ...





  • Côté PAL, la PAL papier diminue évidemment puisque plus de courrier, mais la PAL de ebook augmente, voire même explose avec tous les généreux gestes des maisons d'éditions. Elles sont trop nombreuses pour les remercier une par une, mais on va essayer de chroniquer certains des ebook reçus en échange, promis!

Voilà, je n'ai plus rien à dire

Si, confinez vous bien !

La bise

Bookenstock
vendredi 3 avril 2020

SUPRÊMES Tome 1 de Elle Séveno


Tome 1



Editions Cyplog
5.99€ en ebook
18.90€ en papier
315 pages
Parution: 27/03/2020





☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 1 de Suprêmes ☇



Un roman avec des défauts, mais qui se laisse lire et qui fait son job (mais pas plus non plus).



L'AVIS DE PHOOKA:




En cette période un peu spéciale, j'avais envie de découvrir quelque chose de nouveau et cette opportunité s'est présentée dans les nouvelles parutions proposées par la maison d'édition Cyplog. Une maison dont je ne connaissais pas encore la production, plutôt basée sur la romance, ce qui n'est a priori pas ma tasse de thé. Sauf qu'ils font aussi de la "romance fantastique", de la "romance thriller", bref de la romance à toutes les sauces et dans ces sauces je devais pouvoir en trouver une qui me convienne. Je me suis donc lancée dans le tome 1 de Suprèmes que je qualifierais d'ailleurs plus de "romance science fiction".

L'action se situe en effet dans le futur, à 400 ans de notre époque pour être plus précis. Nous faisons la connaissance de Vine, une très jeune femme que nous découvrons en prison. Vine est une femme pleine de ressources et qui, ne supportant pas l'injustice, s'est faite arrêter alors qu'elle manifestait et essayait de défendre la veuve et l'opprimé. Or, alors que Vine est emprisonnée, des extra-terrestres, les Leskans, envahissent la Terre, détruisent tout et capturent les terriens survivants pour en faire des esclaves. Vine fait partie de la charrette.  Elle se retrouve dans une prison dans l'espace, entassée avec d'autres humains dans des conditions horribles. Dans la cage qui jouxte la sienne, elle découvre un homme enchaîné. Un homme pas comme les autres, Al'. Mais est-il réellement humain ?

Alors oui le pitch ci-dessus est franchement caricatural. Les fans de SF vont sauter au plafond ou se rouler par terre de rire. Et il y a de quoi. Scientifiquement ça ne tient pas debout: les planètes avec des humanoïdes de partout, les vaisseaux spatiaux, les distances et le temps, tout est à revoir. Mais finalement il faut faire fi de cet aspect, parce que le roman est plutôt construit comme un roman d'aventures avec des méchants très méchants, les Leskans, et les autres qui sont plutôt gentils dont les humains. Même si ces derniers ne sont pas des anges non plus d'ailleurs. C'est une suite d'évasions, de combats,  de courses poursuites etc... Et de ce point de vue c'est plutôt réussi. Bien sûr il y a cette attirance entre Vine et Al' dont on ne connaîtra les origines que très tard dans le roman. Si on met le côté SF très raté de côté, le récit tient ses promesses. La romance est présente mais sans trop alourdir non plus.

Mon autre soucis a plutôt été le style. Les chapitres alternent entre le point de vue de Vine et de Al'. Or l'auteur a choisi d'écrire à la première personne du singulier, donc le narrateur change d'un chapitre à l'autre. Du coup le "je" change de signification d'un chapitre à l'autre. C'est un choix que personnellement je n'apprécie pas, mais pourquoi pas. Par contre, le type de langage choisi m'a agacée. Un langage plus châtié pour Vine et plus grossier pour Al' (par exemple Vine se réfugie dans une "épicerie abandonnée", mais pour Al' c'est un "vieux magasin de bouffe"). Forcément c'est Al' le gros balèze musclé qui cause mal :) (bon OK c'est aussi parce que c'est pas sa langue natale je sais, mais ça m'a agacée néanmoins).

Bref, tout ça pour dire que même si ce n'est pas un coup de cœur, même si on est loin d'un bon roman soyons honnête, j'ai passé un agréable moment de lecture. Le suspense est présent, le mystère et l'aventure aussi. La romance est en fil rouge, parfois un poil trop lourde mais rien de grave non plus. Vine est une héroïne pleine de ressources, Al' est un beau gars musclé empêtré dans son destin. Tous les ingrédients sont là pour une lecture de confinement, il ne faut pas en demander plus !  Alors let's go !





jeudi 2 avril 2020

LES ARTILLEUSES Tome 1 de Pierre Pevel et Étienne Willem [BD]



Tome 1 : Le Vol de la Sigillaire




Éditions Drakoo
48 pages
14,50 euros
sortie mars 2020



ou sinon, vous pouvez le lire ci-dessous en agrandissant ma photo de la 4ème de couv




L'avis express de Dup sur "Les artilleuses" T1 de Pierre Pevel


Les productions Drakoo me ravissent de plus en plus.
L'humour de Pevel associé aux dessins de Willem, c'est le combo gagnant !





L'AVIS DE DUP




Dès les premières pages, on retrouve l'ambiance du Paris des Merveilles avec la plume et l'humour caractéristiques de Pierre Pevel, sublimés par les dessins de Willem dont j'adore vraiment le coup de crayon !


Alors, que je vous les présente ces artilleuses !


Au centre, Miss Remington, une anglaise
À gauche, Miss Winchester, une américaine
À droite, Mam'zelle Gatling, une française, présentée comme "plus parisienne que le jambon-beurre" 😂


Ensemble, elles forment "Un trio divertissant. Cambriolages, attaques à main armée, enlèvements de riches héritières, escroqueries diverses et j'en passe..."

Revenues depuis peu à Paris, pour honorer un contrat : le vol d'une relique, un artefact peut-être magique, la Sigillaire. 
Vol qui va avoir lieu... dans la dentelle, ahum ! Notre parisienne manie l'explosif !
C'est mouvementé et plein d'action, c'est fun !

Les célèbres Brigades du tigre sont sur les dents, associées à la brigade des affaires féeriques. 
Pourquoi les affaires féeriques ? Parce que Miss Remington est une sorcière.

ça aide !


J'en profite au passage pour rendre hommage à Tanja Wenish pour la colorisation, ce que mes photos ne font pas...


Mais il n'y a pas qu'elles sur les talons de nos artilleuses, nous sommes en 1911 et cette Sigillaire intéresse également le Kaiser. Les services secrets allemands sont sur la piste... 

Pendant que nos artilleuses se replient chez Hugo Barillet, leur complice de longue date, gnome de son état. Elles sont accueillies avec entrain par Tiboulon 😍 et vont fêter leur réussite...




Un Tiboulon ravi... sauf quand Miss Gatling, bourrée, révise son répertoire de paillardes ! Si La digue du c** le berçait, visiblement Le curé de Camaret n'est pas à son goût  😂😂😂





Bref, c'est génial !
Ruez vous dessus !!!

Moi j'attends la suite avec impatience. 
Et peut-être bien que pour patienter, je vais me replonger dans Le Paris des merveilles et lire enfin la suite !




mercredi 1 avril 2020

Le mot de la fin d'Emmanuel Chastellière







Nous laissons donc la parole à Emmanuel Chastellière pour qu'il puisse conclure son "Mois de" et une nouvelle fois, nous tenons à le remercier chaleureusement pour ce passionnant mois d'échanges.


Bonjour à toutes et tous !



Ou plutôt au-revoir, déjà ?  
Ce MOIS2 de mars 2020 s’est révélé assez singulier, et pas que pour moi, je crois ! Que dire qui n’ait été dit ? Bien sûr, la remarque la plus importante de toutes, la seule de mise, demeure : restez à la maison et prenez soin de vous.
Quant au reste, à savoir mon humble « production », merci à toutes celles et tous ceux qui se sont penchés sur le cas de votre serviteur. J’espère que la découverte vous a plu pour certains et que la confirmation a été au rendez-vous pour les autres. Pas sûr que les conditions aient été idéales pour profiter de ses lectures en ce moment, mais malheureusement, c’est ainsi ! J’ai en tout cas été très heureux de prendre la suite de Stefan Platteau pour le retour de cette rubrique.  
Si je pouvais me permettre au passage une dernière remarque, la voici : je ne peux que vous encourager à soutenir vos autrices et vos auteurs préférés (je parle donc en général bien sûr, pas de moi en particulier) via le bouche-à-oreille, qui reste, pour les écrivains évoluant en imaginaire, souvent l’un des relais les plus puissants, pour ne pas dire l’un des seuls sur lesquels compter. Et oui, je pense à Babelio et autres plateformes du même genre comme Goodreads ou Livraddict. J’aurais même envie de dire qu’avec des librairies physiques à l’arrêt pour encore quelques semaines minimum, c’est l’un des seuls leviers à notre disposition.
Merci aussi pour votre curiosité concernant vos questions.
J’espère que mes réponses vous ont paru à la hauteur. En tout cas, je me suis montré le plus franc possible. Je me dis que parfois un peu trop, qui sait… On ne pourra toutefois pas me reprocher une quelconque langue de bois, du moins de mon point de vue. Et malgré tous mes efforts, on ne sera pas parvenu à ouvrir une huitième page, c’est bien dommage ! 
Enfin, côté remerciements toujours, un grand merci donc à Dup et Phooka pour cette invitation ! Merci pour votre patience et le relais diligent de chaque question. Merci aussi pour votre investissement dans ce genre d’initiatives. Je suis bien placé pour savoir que c’est du travail. Contacter les éditeurs, les blogueurs, relayer chaque page… ça ne se fait pas tout seul et on ne s’en rend pas toujours bien compte. Alors j’espère au moins avoir été à la hauteur à vos yeux, chères vénérables !  
Il est donc l’heure de vous dire au-revoir – mais pas adieu ! – sur une dernière demande de ma part. Mais oui, c’est qu’il est exigeant en plus ! Et en parlant d’exigence, je ne peux que vous encourager (bis !) à vous montrer aventureux/se, à élargir vos horizons de lecture, à ne pas vous contenter des « formules » que vous connaissez - et appréciez - déjà. Encore une fois, je ne parle bien sûr pas que pour moi ! C’est souvent plus facile de choisir le confort, de ne pas s’interroger sur ce qu’on lit, je le comprends tout à fait, mais croyez-moi, vous vous privez sans doute de belles découvertes, alors au diable les romans fades qui reprennent toujours les mêmes recettes. Je conçois aussi que cela demande parfois une implication que l’on n’est pas toujours prêt à avoir (clairement, il ne fait pas lire d’un œil), mais ce genre de romans le mérite bien.  
Et je vous dis ça alors que les démarches élitistes que l’on croise de temps en temps m’agacent tout autant que de voir des romans moyens encensés sans recul.
Personnellement, je pense que mon credo reste et restera le divertissement, certes, mais si possible avec un propos derrière.
Et je vous invite à me rejoindre ! Je vous tends la main. Du moins, virtuellement…
A très vite, 

Emmanuel Chastellière 

Mes relais pour vous tenir au courant de mon actualité/me contacter : 

https://www.instagram.com/e.chastelliere/ 
https://twitter.com/Gillossen 
https://www.facebook.com/Celestopol/ 
http://www.emmanuel-chastelliere.com/blog/ 

mardi 31 mars 2020

Bilan du mois de EMMANUEL CHASTELLIÈRE






Et bien ! Tout le monde s'accordera pour dire qu'il avait encore beaucoup de choses à nous dire Emmanuel Chastellière pour son deuxième Mois2. Sept pages d'ITV que l'on peut rajouter aux quatre précédentes... plus aucun secret !

En tout cas, un grand merci à lui, pour sa présence durant ce mois compliqué pour tout le monde, mais aussi pour sa réactivité. C'est quand même le premier auteur qui nous envoie ses réponses alors qu'on ne lui a pas encore transféré la notification des questions ! 😄

Un grand merci également aux participants, même si certains se sont contentés du minimum syndical, une seule question pour un "Mois de" ce n'est pas acceptable. On s'en souviendra... Pour mémoire vous avez "signé" en connaissance de cause. Souvenez vous du petit rappel habituel en plus des règles de base répétées à chaque fois... Heureusement que d'autres ont été au top, un grand merci à eux elles surtout, elles se reconnaîtront !

Merci également à Fantasy à la carte, Olivier et Phooka d'avoir fait du rab de lecture pour ce Mois2 ! 🙏

Allez, place au bilan !


7 pages d'interviews participatives




Des chroniques en partenariat avec les Éditions Critic



et Dup en amont de ce "mois de"





Des chroniques en partenariat avec les Éditions Libretto






Le mot de la fin d'Emmanuel devrait arriver sous peu !
Il avait un impératif de traduction à respecter,
puis aller fêter ça !
Ah ben non, pas le droit de sortir...


dimanche 29 mars 2020

Semaine 13/2020 sur Bookenstock [bilan]



Un bilan "confiné" encore cette semaine, et pour les semaines à venir visiblement...

Donc on répète, on rabâche : 

RESTEZ CHEZ VOUS

RESPECTEZ LES GESTES BARRIÈRES

PROTÉGEZ MES vieilles VÉNÉRABLES !!! 



Côté lecture, trois chroniques cette semaine, mais trois coups de coeur. Du dense donc !

** Lundi Dup vous a parlé d'un polar qu'elle a adoré : ...Et avec votre esprit écrit par un joueur de poker : Alexis Laipsker.


** Jeudi encore Dup avec Haut-Royaume T3 qu'elle a écouté avec assiduité malgré quelques grincements de dents (foutu Erklant II, même mort, il a continué à lui vriller les oreilles).


** Vendredi c'est Phooka qui a été emballée par Thunder de David Khara. M'étonne pas, c'est un chouchou de mes Vénérables lui !!!




Sinon, on vous a parlé des sorties qui étaient prévues chez Folio SF... Effectives ? Reportées ? En ces temps troublés, je vous avoue que je n'en sais rien et elles non plus.


Et puis le MOIS2 Emmanuel Chastellière suit son cours, avec encore deux nouvelles pages cette semaine. 


C'est bientôt la fin, mais vous avez encore jusqu'au 31 minuit pour lui extorquer encore quelques secrets ! Ou sinon, relire cette longue interview participative. Les premières pages sont là :


D'ailleurs, je vous remets là une nouvelle inédite d'Emmanuel Chastellière qu'il a mis en ligne gratuitement sur son blog Un mot après l'autre, pour occuper notre confinement : ICI



Voilà, je n'ai plus rien à dire

Si, confinez vous bien !

La bise

Bookenstock





vendredi 27 mars 2020

THUNDER Tome 1 de David S. Khara




Editions NAOS
Disponible en numérique
Sortie papier dès que possible
Prévu initialement le 20/03/20
240 pages
16.90 euros






☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 1 de Thunder de David S. Khara ☇



Khara au top comme toujours, aussi doué en jeunesse qu'en adulte. Et puis les nostalgiques de Bleiberg auront un joli clin d'oeil.



L'AVIS DE PHOOKA:






Si vous suivez ce blog,  vous le savez on adore David S. Khara. Évidemment nous lisons tous ses romans, mais il se trouve que moi je n'avais pas encore découvert Thunder car c'était Dup qui l'avait chroniqué lors de sa première sortie chez Rageot.  

Cette fois-ci Thunder ressort tout beau tout frais chez Naos, la collection jeunesse chez ActuSF avec la promesse des tomes suivants. Et rien que ça c'est un immense plaisir.

On découvre Ilya, un jeune ado de 15 ans qui vient de perdre son père. Il est dans le vol qui le ramène des Etats-Unis vers Londres. Il va aller vivre chez sa grand-mère qu'il n'a jamais rencontrée. Il faut dire que côté famille, Ilya n'a que peu de relations. Même son père, un homme d'affaire richissime, il ne le voyait que peu ou pas. Ilya s'est donc concentré sur d'autres choses: ses études, l'Aïkido, les échecs. Dans tous ces domaines il est brillant, voire même "brillantissime". Arrivé à l'aéroport, un chauffeur l'attend pour l'emmener au manoir de sa grand-mère absente pour la semaine. Dès le lendemain il retourne au lycée, mais au lieu du lycée chic et huppé auquel il s'attendait, il se retrouve dans un lycée tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Une heure de colle lui permet de rencontrer 4 autres gamins aux profils atypiques, un peu comme lui. Trois filles: Angela, Jennifer et Carrie, ainsi qu'un garçon Pad. Ils ne se ressemblent en rien, mais tous excellent dans au moins un domaine. L'agression qu'ils vont subir va leur apprendre à mettre leurs compétences en commun.

Cinq ados donc, que nous allons suivre avec frénésie. En effet, une fois la machine lancée plus rien ne peut l'arrêter, comme toujours avec cet auteur. On découvre les personnages, des ados aux caractères bien trempés. Tous très différents. Ilya sera le meneur de jeu, et doit arriver à faire avancer la petite troupe dans la bonne direction, ce qui n'est pas chose aisée. D'autant plus que lui-même a aussi une personnalité bien à lui. Le roman va à toute allure, action et rebondissements sont au rendez-vous, mais aussi enquête et mystère. Le lecteur prend plaisir à découvrir ce groupe de gamins (des grands gamins quand même) pas comme les autres. Ils sont tous attachants pour des raisons différentes et on a vraiment envie de les suivre.

La cerise sur le gâteau c'est que ce récit se situe dans le même univers que Bleiberg. Des indices tout d'abord, parsemés ici et là. Et puis ... non je ne vous dirai pas. Mais c'est clair que pour les fans de l'univers "Bleibergien" (si, si, ça se dit!) dont je fais partie, c'est un énorme plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas Bleiberg, ne vous inquiétez pas, ça ne prête absolument pas à conséquence.

Je suis ravie d'avoir enfin découvert Thunder, c'est une très très chouette série jeunesse (15 ans à priori puisqu'on dit généralement que le public concerné a l'âge du héros), mais elle s'adresse tout aussi bien aux adultes. Comme toujours David S. Khara excelle. Son écriture est fluide, le suspense et le mystère constant, pas de temps mort, des personnages vraiment réussis. Que rajouter ? Ha oui, une chose, Thunder est un joli coup de cœur !!


David S. Khara sur Bookenstock:

jeudi 26 mars 2020

Septième ITV de Emmanuel Chastellière !










Bonjour à toutes et tous ! 





Me voilà de retour, avec grand plaisir, sur Bookenstock. 

En réalité, je n'ai jamais été bien loin : j'ai toujours pu compter sur la curiosité de Dup et Phooka, dès mes débuts, et je les en remercie encore. Mes débuts justement. Dès la parution du Village, en 2016, j'ai été invité, fort généreusement, à venir échanger en ces lieux. Avec la sortie le mois dernier de La Piste des cendres, c'est donc l'occasion d'un petit retour en arrière pour moi. 

Cela fait ainsi moins de cinq ans finalement que j'ai « sauté le pas », franchi la barrière, et que je me retrouve sous l’œil des lectrices et des lecteurs, après avoir chroniqué tant de romans moi-même sur Elbakin.net. Le village, Célestopol, L'Empire du léopard, Poussière fantôme, La Piste des cendres, quelques nouvelles ici et là... Je crois que tout le monde pourra convenir au moins d'une chose : ce furent des années chargées et je n'ai pas chômé ! Un premier bilan ? Le temps passe toujours aussi vite et, pourtant, j'ai toujours l’impression de me trouver au début du chemin, l'impression que la prochaine histoire n’est jamais bien loin, mais que, sitôt celle-ci derrière moi, une autre se présentera déjà. 

Et tout ça bien sûr en gardant dans un coin de la tête le fait de ne pas céder à l’envie du toujours plus. Quand on a toujours voulu écrire et partager ses histoires, quand on a bien conscience que le paysage français n'est pas extensible (on peut faire comme si, mais la réalité est ce qu'elle est), on pourrait se dire qu’il faut occuper le terrain. Bon, je sais qu'avec cinq romans en cinq ans (et même six avec le retour de Célestopol dans quelques mois...), je donne peut-être le sentiment d'être très présent, mais je vous jure, c'est aussi un concours de circonstances, tout simplement ! 

C'est aussi une période très riche. Ces dernières années ont connu pas mal de nouvelles approches, de nouvelles tentatives, parfois couronnées de succès, parfois non. Expérimenter, c'est important. Si je n'ai rien contre un bon cycle, j'ai toujours tenté de ne jamais refaire deux fois la même chose, tout bonnement car en tant que lecteur, j'aime les découvertes et les surprises ! C'est aussi la meilleure façon de ne pas se lasser soi-même quand on passe autant d'heures devant son écran - et croyez-moi, en tant que traducteur, je fais même double dose. 

Eh bien, voilà, je ne sais pas trop quoi ajouter, si ce n'est que je me sens un peu nerveux, mais aussi un peu plus à ma place... Et j'espère répondre à vos questions du mieux possible !




********************************



Bouchon des bois :

Bonjour Emmanuel,
Et merci pour ta réponse ! J'ai beaucoup, beaucoup aimé La piste des cendres, c'est vraiment un roman incroyable. Tant pour le développement de l'intrigue que pour la puissance de ses personnages... Bref, ce fut vraiment un excellent moment. Alors... Merci, merci pour ça !
Maintenant, ma question (en espérant ne pas être passée à côté dans les précédents interviews) : quel fut ton plus gros défi de traducteur ? Et quel auteur aimerais-tu traduire ?

Emmanuel :


Bonjour !



Et merci beaucoup pour cette chronique qui m'a vraiment touché, notamment ce qui concerne les personnages. 

Et merci aussi d'avoir pris le temps de passer aussi sur Babelio pour ne citer qu'un seul site de ce genre. 




Pour répondre plus spécifiquement à la question, il me semble qu'il y a deux types de difficultés. Soit le roman que l'on traduit se révèle particulièrement ardu (en terme de niveau de langue, etc...), soit particulièrement mauvais. Et là, le défi n'est pas le même. Heureusement, j'ai rarement été concerné par le second cas de figure ! Alors, je dirai que mon plus grand défi est peut-être l'actuel, à savoir le Livre des Martyrs de Steven Erikson, de par l'ampleur de ce cycle et de son univers. Je termine actuellement le tome 6, qui m'aura demandé quasiment un an de travail (pas forcément en continu, certes, mais tout de même) pour un peu plus de 2 millions de signes. Soit le double de La Piste des cendres par exemple. Et il faudra enchaîner tout de suite avec le suivant, pour respecter les délais de parutions prévus. Heureusement que nous sommes deux pour 10 tomes, mais à partir du 6, je deviens le principal concerné, donc... 

J'aimerais beaucoup traduire de nouveau des auteurs comme Felix Gilman ou Django Wexler, ou bien, on peut toujours rêver, me lancer dans une nouvelle traduction des aventures d'Elric de Melniboné.



Fantasy à la carte :

Bonjour Emmanuel, autre question concernant l'écriture. Peux-tu écrire n'importe où ? ou tu dois absolument être installé chez toi au calme ?

Emmanuel :

Eh bien, oui, j'ai cette chance de pouvoir écrire à peu près n'importe où. Je peux même écrire devant la TV allumée, même si ça devient alors un bruit de fond auquel je ne fais plus attention. Cela dit, autant ne pas s'infliger de handicap en prime ! J'essaie juste de changer de place à la maison par rapport à mon poste de traduction, pour, "symboliquement", basculer dans une autre activité. J'utilise même un ordinateur différent, pour accentuer la chose.

J'ai un ami qui lui peut écrire dans le train par exemple. Même avec un casque sur la tête, j'ai beaucoup plus de mal de mon côté, ce serait peut-être ma seule réserve. Je ne sais pas si c'est le côté confiné, l'impression qu'on va venir lire par-dessus mon épaule alors que tous mes voisins pourtant n'en ont que faire, mais ça m'est difficile. Dans ces cas-là, si je dois travailler, je préfère relire une traduction, à choisir.




XL :

Merci pour cette nouvelle, il n'y a pas que la Russie qui t'inspire, mais il me semble que dans la mythologie japonaise par exemple, à laquelle elle pourrait puiser, les esprits appartiennent aux lieux, pas aux territoires des hommes. Je chipote mais pourquoi l'un d'entre eux protègerait-il un royaume plutôt que l'autre, à part bien sûr pour créer la situation propice à l'histoire...
Emmanuel :


Bonjour !





Et merci d'avoir pris le temps de jeter un œil à la nouvelle. 

Bonne remarque, mais comme je n'avais pas spécialement la mythologie japonaise à l'esprit, j'ai pu instaurer mes propres règles. Je préfère toujours ça plutôt que de vouloir à tout prix m'inscrire dans une tradition précise, que je respecte mais qui impose dès lors de suivre ses codes à elle. 




Phooka :

Puisque la fin du mois arrive. Quelle est la question que tu aurais aimé que l'on te pose? Et puis pendant que tu y es, réponds y ;)

Emmanuel :


Très bonne question !


Sur quel sujet inédit pourrais-je vouloir être questionné ? Je pense que chaque oeuvre conserve une part de mystère, voulue ou pas par son auteur (ou son autrice, bien sûr). Dès lors, est-ce que, peu importe l'interrogation à venir, je peux vous répondre à 100% sincèrement ? La plupart du temps, oui, mais j'imagine que les questions les plus personnelles risqueraient de me voir botter en touche ! 


Il y a cela dit toujours des sujets plus "tabous", ou qui n'intéressent pas spécialement les lecteurs : est-ce qu'on peut espérer vivre de l'écriture en littérature de l'Imaginaire, est-ce que l'on n'est pas parfois frustré des moyens de la "concurrence", ce genre de choses, finalement assez auto-centrées...





Solessor :

Puisque nous avons en ce moment davantage de temps pour lire, quels sont les ouvrages que tu conseilles le plus souvent, tous genres confondus ?
J'ai vu que tu appréciais beaucoup les éditions Gallmeister, quels sont tes chouchous ?

Emmanuel :


À part les miens, donc (running-gag en cours...) ?



Je conseille souvent les premiers China Miéville, du Harry Harrison, du Cormac McCarthy, du Javier Negrete, du Jeff VanderMeer... Il y en a tellement ! 

Chez Gallmeister, pourquoi pas... Rambo ? Si, si. 


Dup :

De Cormac McCarthy, je n'ai lu que La route, encensé par beaucoup, que j'ai trouvé pour ma part assez indigeste. Ai-je fais le mauvais choix pour découvrir cet auteur ?

Emmanuel :


Ah, moi j'ai adoré La Route. Indigeste dans quel sens ? Car avec un style aussi sec, j'imagine que c'est plutôt au niveau de l'histoire ! 


Tu pourrais peut-être essayer De si jolis chevaux ou Méridien de sang (le "meilleur" à mon sens mais aussi le plus dur).


Dup :
L'histoire, je me suis ennuyée, et j'ai capitulé avant la moitié, oops. Ok, c'est pas bien de juger quand on n'a pas fini un livre...
Emmanuel :
Alors, on peut toujours, il n'y a aucune règle qui impose d'aller au bout d'une lecture. 
Mais c'est vrai que dans l'optique d'une chronique par exemple, ce serait sans doute plus délicat. ;-)
Du coup, ça te laisse de la marge pour un autre essai ! 
 
Dup :
Houla, c'était il y a fort longtemps, avant le blog, à l'époque où écrire une chronique d'un livre ne me serait jamais venue à l'idée, où je ne connaissais ni la signification, ni l'existence des SP !
J'écumais juste les forums littéraires à la recherche d'avis de lecture car je lisais déjà beaucoup.
Mais en l’occurrence La route m'avait été offert... échec.





Bonjour
Je vois que tu as traduit Les Jardins de la Lune - Le Livre des Martyrs 1 et que tu as donné ce titre à une nouvelle de Célestopol avec un sujet complètement différent, du coup je me rappelle une question qui m'est venue à l'esprit quand j'ai lu que tu mènes en parallèle ton travail de traduction et ton métier d'écrivain : t'est-il parfois arrivé de te rendre compte que tu importes des préoccupations/idées d'un cercle dans l'autre et comment y as-tu remédié ? Dans quelle mesure dirais-tu que l'un influence/complète/gêne l'autre ? Au contraire, penses-tu réussir à maintenir les deux imperméables ?
Autre question : tu n'es pas le seul à faire les deux, tu écris depuis le lycée si je me souviens bien et professionnellement tu as commencé par la traduction ? Avais-tu déjà l'intention d'être publié ? Personnellement j'adorerais traduire mais je me sens incapable d'écrire sans support : ça me paraît tellement bloquant la page blanche ! Comment rédiges tu le fameux incipit ?

Emmanuel :


Concernant les rapports entre écriture et traduction, je dirai que, chez moi, la seule crainte que j'ai pu avoir, relève davantage de la forme que du fond. J'ai par exemple traduit la première trilogie de Sam Sykes pour Fleuve Editions voilà quelques années et j'étais très à l'aise avec son style, peut-être trop. Cela dit, à cette époque, je ne nourrissais pas de projet d'écriture particulier, donc ça aurait été moins gênant. Mais c'est pour ça que maintenant je laisse toujours passer plusieurs heures avant de me mettre à écrire après avoir atteint mon quota de pages pour la journée en traduction. Ça suffit largement pour couper tout "lien" potentiel. 

A l'époque où j'ai commencé à faire de la traduction un métier - donc en 2007-2008 - non, être publié n'était plus qu'un vieux "rêve", depuis un certain temps déjà. Je débutais en plus une activité professionnelle dans laquelle j'avais vraiment envie de pouvoir percer pour en faire mon métier à temps plein - on voit parfois passer des noms qui traduisent un texte et puis au-revoir, on ne les revoit jamais ensuite... - donc je ne voulais (surtout) pas me disperser. Cela dit, sur Elbakin.net, j'ai tenu plusieurs années une sorte de feuilleton, "Les Fabuleuses Aventures d'Archibald Bellérophon" (les deux premières saisons, je tenais le rythme d'un chapitre par semaine, tout de même), ce qui était sans doute un bon moyen de ne pas me sentir trop frustré. L'Archibald de Poussière fantôme est d'ailleurs une sorte de version parallèle, puisqu'ils ont le même caractère mais n'évoluent pas dans le même univers. 


Ah, la page blanche... Souvent, la première phrase d'une histoire me vient "comme ça", d'un coup, après avoir réfléchi au sujet en amont bien sûr. Je me souviens que ça a été le cas pour Brasier, mon premier texte publié chez Rivière Blanche par exemple ("Ilario n’aimait pas mentir à la mort."). J'ai bien conscience que ça fait sans doute un peu Tolkien et son "Dans un trou vivait un Hobbit", mais je n'ai jamais vraiment eu de mal avec ça donc je ne serai pas d'une grande aide, je le crains. Si ce n'est qu'à force de réflexion, elle remonte "naturellement" à la surface, presque d'elle-même.





Ramettes :

Bonjour du dimanche,
Je ne crois pas avoir vu passer ces questions, si oui ne répond pas...
Je me demande toujours ... si les titres sont choisis par les auteurs ou par l'éditeur ou je ne sais qui...
Comment cela s'est passé pour la couverture ?
Pourquoi n'y a-t-il pas de carte du Nouveau-Coronado ? En as-tu une mentale ou une que tu aurais griffonné sur un coin de feuille ?

Emmanuel :


Pour les titres, non, en général, l'auteur arrive avec un titre pour son manuscrit, mais l'éditeur a bien sûr son mot à dire. Dans mon cas, par exemple, Le Village et La Piste des cendres sont deux "noms de code" qui finalement ont été utilisés tels quels. Il n'y a bien que pour Célestopol ou Poussière fantôme que j'étais tout de suite satisfait de mes idées de titre. 

Pour les illustrations, il me semble que j'ai répondu, tout dépend de l'éditeur, et parfois je suis en contact direct avec l'artiste engagé, parfois non. 

C'est marrant pour la carte, on m'en a parlé hier justement. C'est une décision de l'éditeur. On était d'accord, surtout pour l'Empire, que c'était mieux de "perdre" le lecteur, comme Cérès et ses troupes peuvent se retrouver perdus au-delà des montagnes. D'entretenir le flou. J'ai une carte, je l'ai peut-être même postée sur Instagram, mais je dessine tellement mal que, comment dire... l'inclure n'aurait pas été une bonne idée. Pas du tout !




Olivier :

Dernière question : un troisième Opus après La Piste des Cendres et l'Empire du Léopard ? Quelles sont tes sources géographiques, historiques et religieuses qui t'ont servi à la rédaction de ces deux supers bouquins ? 
Merci de ta disponibilité et de tes réponses.

Emmanuel :

Merci Olivier !

J'aimerais beaucoup revenir à cet univers, toujours sans faire de suite directe, donc avec un nouveau tome indépendant, mais évidemment, tout va dépendre des ventes de La Piste des cendres. Le roman a tout de même eu la "chance" de connaître trois semaines pleines avant le confinement, mais si quand les librairies vont rouvrir leurs portes, on l'oublie pour faire de la place à tous les romans qui ont été décalés... Disons que j'espère que tous les lecteurs qui ont parlé de le mettre dans leur wishlist, ou qui ont carrément dit qu'ils se le procureraient dès que possible, le feront bel et bien. Ou que celles et ceux qui ont aimé y penseront s'ils cherchent un livre à offrir !

Je ne peux pas faire réponse plus honnête, même si ça paraît sans doute très froid. :-(


Pour mes sources, je pioche à droite à gauche, le plus souvent. Notamment du côté de la libération de l'Amérique du Sud, mais ça peut être aussi l'histoire des Comanches, De façon générale, j'aime bien proposer une histoire qui évoque notre histoire, si je puis dire. Un peu comme Guy Gavriel Kay, sans vouloir me comparer à lui bien sûr.




Dup :

1122 pages donc, ta traduction du tome 6 d'Erikson !!!
Peux-tu nous faire vite fait une règle de trois avec celui de ta traduction du tome 1 pour savoir -à la louche- le nombre de pages que cela donnera à l'impression chez Leha ?
Je frémis de trouver un tome plus gros que le tome 3...

Emmanuel :

Là, comme ça, sans aucun travail de mise en page/maquette, je pense que le roman est bien plus gros que les Jardins de la Lune de deux bons tiers. Donc, c'est sûr, ce tome 6 comptera beaucoup de pages, ça ne fait aucun doute !