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lundi 30 mars 2026

KATABASIS de R.F. Kuang

 


De Saxus
608 pages
20,90 euros



L'avis express de Dup sur Katabasis de R.F. Kuang

Une lecture exigeante, sans doute trop pour moi.

L'AVIS DE DUP



Le titre de ce roman, Katabasis, signifie en grec une descente aux enfers. Et c'est exactement ce que nous va proposer R.F. Kuang, après un bref séjour à l'université de Cambridge.

Tout étudiant sait combien il est difficile de trouver ET d'être accepté par un bon directeur de thèse. Et c'est le cas d'Alice Law, qui le sait cruellement. Cela fait plusieurs années qu'elle travaille sous la férule du meilleur, Jacob Grimes, titulaire de la chaire de magie analytique de Cambridge. Or il vient d'être tué par un sortilège défectueux, peut-être même dû à une erreur commise par Alice au laboratoire la veille.

Recommencer à zéro, confier ses connaissances à un autre directeur de thèse, et en plus ne pas accéder aux débouchés promis par Grimes est tout bonnement inconcevable. Elle décide donc de tout mettre en oeuvre pour aller le rechercher en enfer et le ramener à la vie. Mais au moment où elle s'apprête enfin à tracer à la craie son pentagramme magique, elle est rejointe par Peter Murdoch, son rival, un autre étudiant brillant de Grimes. Et il insiste pour l'accompagner...

Le reste du récit, l'essentiel de l'intrigue en fait, sera le récit de leur périple à travers les huit cours de l'Enfer, qui suivent presque les célèbres cercles de l'enfer de Dante à un détail près. Nous avons bien l'Orgueil et le Désir en premier, mais l'Envie remplace l'Avarice, puis suivent la Colère, la Violence, la Cruauté, la Tyrannie et enfin la mystérieuse huitième cours.

Ce voyage servira à conter l'histoire d'Alice principalement, puis celle de Peter et brièvement celle de Grimes le tout sur fond d'une satyre mordante du monde universitaire. Si ce récit n'avait pas été prétexte à moults digressions sur des dilemmes logiques, éthiques se rapprochant plus d'une dissertation philosophique j'aurai pu le lire bien plus vite. Si l'autrice ne m'avait pas noyée dans toutes ces énigmes mathématiques de Machin, ces paradoxes d'Untel et ces discussions interminables sur les règles de la logique, j'aurai pu aimer ce roman. En l'occurrence, vous l'aurez compris, ce fut une lecture âpre et exigeante.

Néanmoins j'ai beaucoup apprécié l'image de l'Enfer selon Kuang qui est finalement l'image renversée de cette université de Cambridge. Par exemple, l'Orgueil prend la forme d'une immense bibliothèque où les Ombres sont là pour expier des fautes mineures telles que du plagiat, ou simplement de la frime. Le Désir prendra la forme du campus universitaire. Bien plus tard, Alice arrivée au coeur de l'Enfer, à la cité de Dis, découvrira que pour quitter ce lieu et accéder à la réincarnation il suffit de rédiger une thèse, la déposer et attendre son approbation... qui n'arrive jamais. Il n'empêche que toute la ville, son économie, son fonctionnement est basée sur et pour ces Ombres rédigeant leurs thèses.

Nos deux étudiants vivants et perdus au milieu de toutes ces Ombres seront confrontés à de nombreux dangers, histoire que ce ne soit pas une balade trop facile. Le Léthé par exemple qui menace d'avaler tous vos souvenirs, des monstres terrifiants et agressifs faits d'assemblage d'os et si j'ai bien compris, les pires de tous, les Kripkes. Des individus qui du temps de leur vivant ont transformé la magie en spectacle ! Inadmissible vous en conviendrez :))

Je n'étais visiblement pas le bon public visé pour ce roman Katabasis, moi qui cherche plutôt le divertissement que l'apprentissage dans mes lectures. Mais je ne doute pas qu'il trouvera son public, R.F. Kuang ayant son aréopage de fans. Autant vous faire votre avis personnel n'est-ce-pas !

* SP papier *


jeudi 19 mars 2026

L'ÉCLAT DE LA VENGEANCE de Lyssa Mia Smith

 


De Saxus
Broché avec jaspage
442 pages
19,90 euros




L'avis express de Dup sur L'éclat de la vengeance de Lyssa Mia Smith


Un one shot captivant que je vous conseille vivement.


L'AVIS DE DUP


New York, fin du XIXe siècle. Dans une société où les personnes dotées de magie sont plus que minoritaires, il est de bon ton de ne pas en faire étalage. Emmy vit seule avec son père et sa meilleure amie Grace, dans un quartier pauvre. Son père possède le don de guérison, il transforme le vivant et elle celui de transformer les matériaux. Quant à Grace, elle a le pouvoir de s'imprégner de la magie des gens qu'elle côtoie.

Il existe à New York une Société des Charmés, un groupe secret et sectaire, qui rassemble toutes les personnes fortunées possédant la magie, qui dans ce roman s'appelle "conjuration". Tous les ans cette Société organise un Bal des débutants et en fonction des capacités magiques de ces fameux débutants les intègre ou non. Pour les deux jeunes filles c'est l'espoir de sortir de leur condition. Cependant lors de ce bal, Emmy est trahie par Grace, son père est assassiné sous ses yeux, et elle se retrouve emprisonnée dans les geôles de la Société, accusée d'imposture.

Deux ans plus tard, Emmy s'évade grâce à un codétenu, Jack Fontaine, un riche membre de la Société. Ils ont chacun un compte à régler avec cette dernière, Jack victime d'un complot responsable de la mort de toute sa famille, Emmy pour prendre sa vengeance contre Grace, à l'origine de tous ses malheurs. Une Grace qui a intégré la Société depuis deux ans et qui s'y pavane au plus haut niveau. 

Jack a besoin de sa magie, elle a besoin de ses relations. Une alliance de nécessité s'impose, mais elle va s'avérer compliquée, Emmy ayant beaucoup de mal à accorder à nouveau sa confiance. La relation complexe qui va s'installer entre nos deux protagonistes évoluera sans cesse et fera le sel de ce roman. Un mélange d'amour, de peur et de désir puissant. Le tout avec la retenue propre au XIXe siècle. C'est délicieux. Ces deux protagonistes sont particulièrement attachants.

J'oubliais de dire que Jack possède le pouvoir de créer des flammes noires destructrices. Ainsi il peut creuser un trou dans un mur et Emmy peut recréer le mur derrière lui... Les subtilités des différents pouvoirs magiques dans ce roman sont sympathiques, voire bluffantes. Notamment celles de Grace, qui la rend insaisissable et sournoise.

La mise en place de leur double vengeance sera minutieuse, minutée, et franchement très agréable à suivre. Je me suis régalée avec cette lecture, cette ambiance si caractéristique, ces différentes magies et leurs applications, et surtout avec les interactions de nos deux héros. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, comme les deux amis qui les suivront dans leur plan les plus fous. Lyssa Mia Smith fait un portrait plus que crédible de la méchante de l'histoire, Grace. La fourberie à l'état pur. Peut-être même un peu trop, celle-ci gagnant pratiquement toutes les manches les unes après les autres. Cela plombe un peu le moral à force.

L'éclat de la vengeance est un one shot que je vous conseille de découvrir. Il est doté d'une belle romance crédible qui n'est néanmoins pas le fil conducteur. L'accent est plutôt mis sur les thèmes de l'amitié, de la loyauté, du destin et de la famille.



vendredi 27 février 2026

LE TRÔNE DES DÉCHUS de Kerri Maniscalco

 Les princes des Péchés 
Tome 1



Éditions De Saxus
667 pages
19,90 euros








☇ L'avis éclair de Phooka sur Le Trône des Déchus  ☇



Une romantasy musclée dans un univers superbement bien construit.
Une magnifique lecture.



L'AVIS DE PHOOKA:



    J'avais lu la chronique de Dup il y a déjà quelque temps et il me tardait vraiment de découvrir l'univers des princes des péchés.

    Premier prince en lice: Envie. Envie a sept frères, chacun à la tête du royaume qui correspond à son péché: paresse, gourmandise, luxure, colère etc ... Envie, le prince de l'envie donc, doit sauver son royaume. Suite à une décision malheureuse celui-ci est au bord de l'effondrement. Il n'a plus qu'un seul recours pour que son royaume retrouve une existence normale: participer au jeu organisé par Lennox le roi des Unseelies. C'est d'ailleurs en participant déjà à un jeu de ce type qu'il a perdu et que le prix à payer a été trop important. Mais cette fois il gagnera. Il est prêt à tout et il ne va pas se laisser impressionner par ce souverain retord qu'est Lennox (et croyez-moi, retord il l'est et pas qu'un peu ...). Au fil du jeu, qui se présente avec des énigmes à résoudre, Envie sous l'identité de Lord Synton (Sin en abrégé ... donc péché en anglais), rencontre Camilla Antonius, une jeune humaine propriétaire d'une galerie de peintures à Waverly Green. Une des épreuves du jeu consiste à convaincre Camilla de peindre un tableau bien précis. Sauf que ça ne se passe pas comme prévu et Envie va devoir tout tenter pour qu'elle accepte ...

    Envie, le prince Envie, devrais-je dire, correspond parfaitement à l'image qu'on pourrait en avoir. Beau et terriblement puissant, il adore susciter l'envie chez les autres, c'est évidemment sa raison d'être. Mais sous cette surface lisse et dure, se cache un prince qui se morfond. Il sait que c'est de sa faute si son royaume est en train de péricliter et il s'en veut. Il tient absolument à se racheter, il est prêt à en payer le prix et tout ce qui se trouvera sur sa route sera broyé.

    Camilla elle, est une jeune femme vivant dans le monde des humains qui ressemble à celui du dix-neuvième siècle avec toutes ses contraintes et ses limitations vis à vis de la gente féminine. Depuis la mort de son père et la disparition de sa mère, elle s'occupe de sa galerie de peinture et se tient rigoureusement aux règles strictes de la société. N'étant pas mariée ni promise, elle se doit d'être particulièrement prudente avec les hommes.

    Alors quand son chemin croise celui d'Envie, c'est un choc des titans. Envie a besoin de l'aide de Camilla et il est prêt à tout pour l'obtenir, mais Camilla a beaucoup à perdre et elle n'est pas prête à céder. Bref, la relation entre ces deux-là va évoluer au fil des pages et ce qui est délicieux, c'est que contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est Camilla qui va le plus souvent mener la barque et ... le prince par le bout du nez (enfin pas que du nez...😁).

    Il y a évidemment une romance et une tension sexuelle énorme, d'autant plus que le prince a une règle à laquelle il ne déroge jamais "une femme, une nuit". Mais le roman est bien plus que ça. Ce récit va vous emmener dans bien des royaumes. Certains de ceux des frères d'Envie, je pense en particulier à celui de la paresse avec ses bibliothèques à l'infini (lire c'est donc faire preuve de paresse ...), mais aussi le royaume des vampires sur l'île de Malice et bien sûr celui des Unseelies. Chaque royaume a sa propre topographie, ses propres règles et ses propres habitants et c'est une découverte constante au fil des pages. La richesse de l'univers présenté ici est vraiment fabuleuse. On sait bien sûr que ce monde servira de base pour les tomes suivants (ce qui explique certaines longueurs parfois car il est nécessaire de tout présenter ici) et il me tarde déjà de suivre les autres princes (comment ça j'ai déjà acheté le tome 2 ? Vous n'avez aucune preuve !).  

    Il manque une chose à ce que j'ai écrit ici, ce sont les autres personnages rencontrés. Parce que oui, je vous ai déjà parlé de l'odieux Lennox, mais ne pas parler de Wolf l'unseelie à qui aucune femme ne résiste, ou de Blade et Alexei les princes vampires serait vraiment ... un péché. J'espère vraiment qu'on les retrouvera dans les tomes suivants, voire même que certains volumes leur soient consacrés.

    Bref, ce trône des déchus a été une belle découverte et une lecture très très agréable. Je ne tarderai pas à me plonger dans la suite car vu la richesse de cet univers et la multitude de personnages fascinants, il y a de belles histoires à raconter !


jeudi 15 janvier 2026

L'EMPIRE DE L'AUBE de Jay Kristoff

 


Éditions De Saxus
version reliée
1176 pages
31,90 euros




L'avis express de Dup sur L'empire de l'aube de Jay Kristoff.

ÉNORME, GRANDIOSE, et je pourrai en aligner d'autres mais vous avez compris.
L'Empire du vampire est une oeuvre majeure de dark fantasy.
À découvrir absolument !

L'AVIS DE DUP



Vous ne m'en voudrez pas si je parodie Gabriel de León pour dire ce que j'ai pensé de ce troisième tome de L'empire du vampire ? Bah, de toute façon, je fais ce que je veux, ceci est une lecture personnelle, na ! Et bien je vous le dis : PUTAIN DE MERDE !!!

Quel final, mais quel final bon sang ! Jay Kristoff est... non, je préfère me museler. Cette trilogie restera gravée au fer rouge dans ma mémoire en tout cas. Grandiose, que dis-je, ÉNORME ! Mais si difficile, si douloureuse, si sanglante, mon dieu !

La narration se poursuit, identique à celle du tome 2 (liens en fin de chronique), où Jean-François l'historien, fait parler alternativement Gabriel puis Celene. Et cela tombe bien à propos car leurs chemins vont se séparer. Gabriel quitte le premier Dun Maergenn juste après la mort de Dior, l'âme déchirée. Il a failli à sa promesse de protection, il ne lui reste qu'une seule motivation, tuer Fabien Voss, le Roi des vampires, celui qui lui aura tout pris. Quant à Celene restée sur place, elle assistera à la résurrection du Graal, et suivra sa route.

Gabriel sera rejoint par Lachlan d'abord, puis ses deux fidèles ex Saint d'argent, Aaron et Baptiste, excommuniés comme lui. Gabriel est de plus en plus aux prises à la soif de sang. Ils vont traverser tout l'empire direction Augustin où doit se rendre Fabien, avec un stop dans la patrie de la mère de Gabriel, le fief des de León . Et que d'épreuves encore ils vont traverser ensemble ! Kristoff ne fait pas dans la dentelle, loin s'en faut...

Quant à Dior qui en sait un peu plus sur la prophétie depuis qu'ils ont sorti du tombeau l'aînée des Essani, mère Maryn, elle va filer en bateau pour rejoindre la ville d'Augustin où tout va se jouer pour défaire La mort du jour. Elle sera accompagnée de sa douce princesse Reynne, de son armée de fidèles avec toujours Joaquim Marenn à leur tête, de Phoebe, de Celene et Maryn.

On est arrivé à un stade du récit de cette trilogie où tous ces personnages en gras ci-dessus on les connait, on les aime profondément pour diverses raisons. Et putain qu'est-ce qu'on peut souffrir avec eux ! C'est monstrueux ce que Kristoff leur fait subir. Tous, tous, tous, pas un n'est épargné ! Ça n'arrête pas !

Mais on a également des scènes pleines de passion, d'amour profond, parfois même chargées d'érotisme. Notamment celle qu'on pressentait venir depuis le début tant la tension était palpable entre Jean-François et Gabriel ! Quel délice de fourberies ce Saint d'argent !!!

Les précisions des récits du frère et de la sœur, qui se haïssent plus fort que jamais, sont d'une précision chirurgicale. Les dates, les faits, tout se raccorde, concorde. Vers la fin de ce récit, notre vampire historien Jean-François fait descendre Gabriel dans la cave, afin que leurs dires coïncident et se complètent lors de la bataille finale d'Augustin... Et on approche de cette fin la mort dans l'âme sachant Gabriel et Celene aux mains des vampires... 

Difficile de conclure cette chronique sans spoiler, sans lâcher une note d'espoir. Mais je vous le dis quand même, ça vaut vraiment le coup de souffrir aux côtés de tout ce beau monde. Rappelez-vous juste une chose, Gabriel de León est le plus grand menteur d'Elidaen...


*lecture personnelle*


Jay Kristoff sur Bookenstock :

vendredi 12 décembre 2025

DARKEST MINDS Tome 1 de Alexandra Bracken

 

DARKEST MINDS

Tome 1

LES ENFANTS DE LA RÉVOLTE



Éditions De Saxus
448 pages
24,90 euros





L'avis express de Dup sur Les enfants de la révolte de Alexandra Bracken

Une dystopie classique mais dotée d'un quatuor de personnages très attachant.


L'AVIS DE DUP


Après une longue absence de lecture de ma part de ce genre littéraire qu'est la dystopie, voilà que le hasard me les fait presque enchaîner. Si ma lecture précédente était, disons mitigée, Darkest Minds de Alexandra Bracken a été un gros coup de cœur. L'autrice m'a complètement attachée à son quatuor de personnages et m'a broyé le cœur lors de certaines scènes déchirantes. 

L'histoire de Darkest Minds se déroule dans une Amérique post-apocalyptique dystopique où une maladie appelée NIAA, neurodégénérescence idiopathique adolescente aiguë, a éliminé la majorité des adolescents de 10 ans et plus. Les quelques survivants se sont retrouvés dotés de pouvoirs spéciaux qui inquiètent le monde des adultes. Le gouvernement prendra très vite la décision de les regrouper au sein de "camps de réhabilitation" qui ressemblent plus à des camps de concentration, et c'est là que nous faisons la connaissance de Ruby, notre personnage principal.

Les ados y sont classés par couleur selon leur dangerosité : vert, bleu, jaune, orange et rouge. Ruby est une orange, mais sa capacité à s'insinuer dans l'esprit des gens au moindre contact lui a permis de se faire passer pour une verte dès son arrivée au camp de Thurmond. Cela fait six ans déjà qu'elle se laisse oublier dans son coin, échangeant peu et prenant bien soin de ne toucher personne.

Après une série d'événements que je ne vais pas vous raconter, Ruby parvient à s'échapper de cet enfer et rejoindre un groupe de trois ados en cavale eux aussi, venant d'un autre camp. Liam, Chubs et Zu. Deux bleus de son âge et la petite Zu, tout juste dix ans mais en paraissant six, une jaune. Ensemble, dans un mini-van cabossé surnommé Black Betty, ils partent à la recherche d'un foyer ou d'un refuge, tout en essayant d'éviter les différentes factions qui les recherchent. Il y a la faction gouvernementale avec les FSP, les Forces Spéciales Psi. Il y a les chasseurs de primes ou traceurs. Mais il y a aussi La ligue des Enfants qui, sous des aspects bien proprets cherche à accaparer des oranges pour servir des desseins bien moins propres.

Le quatuor réunis par Alexandra Bracken m'a touché au plus profond de mon cœur. L'évolution de Ruby au sein de ce premier tome est remarquable, même si le passage de dix à seize ans y est pour beaucoup. La voir passer d'une môme qui a littéralement peur d'elle-même à l'ado qui a confiance en ses capacités est passionnant. Il n'empêche, la découvrir protectrice et prête à tout pour ses trois amis est très touchant. 

Liam, le plus âgé du groupe est un meneur charismatique, enjoué et drôle. Il est très protecteur, endosse toujours la responsabilité du groupe et de ce fait vit très mal les échecs. Chubs est l'intello, le rationnel de l'équipe. Très sarcastique, il est cependant très réservé et ne se dévoilera en profondeur qu'à la fin de cet opus. Et la petite Zu et ses gants de vaisselle qu'elle porte en permanence de peur de mettre le feu ou court-circuiter son entourage, elle est trop choupinou.

Même si le worldbuilding était top, dans cette Amérique dévastée, isolée de ses voisins craignant une possible contagion, en totale crise économique et politique, le point fort de ce roman, tout du moins de cet opus, est pour moi la richesse de ses quatre personnages ensemble. Ce qui me fait craindre pour la suite vu la fin proposée par Alexandra Bracken... Suite que j'attends néanmoins avec beaucoup d'impatience. Formidable coup de cœur pour ces Enfants de la révolte.

* service de presse *


Note à moi-même : Relire les deux derniers chapitres avant d'entamer la suite.




Admirez la beauté du jaspage !




jeudi 13 novembre 2025

UNE RÉVOLUTION EN SEPT RECETTES tome 1 de Ryan Rose

 

UNE RÉVOLUTION EN SEPT RECETTES

Tome 1 : CEUX QU'ON MANGE



De Saxus
Édition collector
525 pages
25,90 euros



L'avis express de Dup sur Ceux qu'on mange de Ryan Rose

Une fantasy d'une originalité incroyable.
Immense coup de cœur !

L'AVIS DE DUP



Quel plaisir de lecture ! Une énorme surprise que cette fantasy originale au worldbuilding entièrement construit autour de la gastronomie. Et ce n'est que le tome 1, et bien vivement la suite !!!

Mais commençons par le début. Lorsque nous faisons la connaissance de Paprick, dit le Boucher, il est incarcéré et questionné par l'Archiviste. Le récit est alors au présent et à la troisième personne du singulier, puis il passe au passé lorsque Paprick raconte son histoire et la narration passe à la première personne du singulier. Ces changements n'ont pas lieu qu'en début de chapitres et nécessitent toute notre attention. J'adore ce principe qui me rappelle L'empire du Vampire de Jay Kristoff. Ce même Jay Kristoff qui a paraphé Ceux qu'on mange de "Un page-turner intelligent". 

Paprick est un jeune popul, comprenez un pauvre, appartenant à la masse laborieuse de Ranch, la capitale du royaume de Panchon. À opposer aux Singuls (qui eux ont droit à la majuscule), les nantis. Nous nous trouvons donc dans un récit classique où une minorité détient le pouvoir et opprime toute la population. Mais le classicisme s'arrête bien là ! Le champ lexical du roman est entièrement tourné sur la bouffe, jusqu'au prénom et nom de famille, en passant par les expressions comme "Ça va, feu doux !" ou les jurons : "Par la famine !" ou mieux "Va crever la dalle" 😂.

Mais ce qui est le plus génial, c'est le système de magie. La magie vient de la viande des créatures sauvages qui fournit de l'Endurance, mais selon la façon dont on la cuisine, les effets de cette Endurance sont différents. Ainsi nous avons les Recettes Supérieures développées par et pour les Singuls et les recettes inférieures, celles du peuple, qui vous vous en doutez, ont des effets bien moindre... 

Paprick travaille à l'usine royale où il découpe toute la journée à la scie des morceaux de viande sur un bovidon maintenu vivant... c'est assez gore et il faut avoir l'estomac bien accroché parfois. Les bovidons sont des animaux de cet univers regroupés sous le nom de phénons, dont les descriptions rappellent de très très loin nos animaux terrestres, avec un doux mélange de plumes, d'écailles, de sabots et de griffes. Autre détail, ils font la taille d'un immeuble de 3-4 étages...

Jusque là préposé au jarret, un bas morceau, on vient de lui assigner un poste de découpe du flanchet, des morceaux pour les Singuls quoi. C'est alors que le bovidon se détache de ses sangles qui le maintenaient en suspension et s'enfuit dans la ville en défonçant tout. Paprick qui échappe au massacre perché sur son échafaudage, avec un morceau de viande en main, décide de le cuisiner vite fait pour essayer de rattraper l'animal avant qu'il ne détruise tout Ranch... Et il invente par hasard une Recette Supérieure !

Non seulement il va devenir un symbole de la Révolution en marche qui fomentait déjà, mais en plus, il va être propulsé Singul, intégré à la grande Académie Culinaire. Séparé de ses mères, détesté par les autres Singuls, manipulé par la rébellion, l'enfer va commencer pour lui... Et Jay Kristoff n'a dit que la pure vérité, le roman de Ryan Rose est un vrai page-turner, addictif, fun, trash et parfois bien gore, et, ... il est plein de vraies recettes de cuisine bien détaillées où il nous manque, à chaque fois, juste un ingrédient primordial et spécifique 😁! 

Paprick est un personnage on ne peut plus touchant lorsqu'on le sent plein d'empathie pour ces bovidons qu'il charcute. Il est profondément attaché à sa famille, à ses amis et aux valeurs culinaires fondamentales de tout un chacun. Les personnages que l'on croise et qui gravitent autour de notre héros sont attachants, à l'instar de Paprick lui-même. Qu'ils soient propuls comme ses mères ou Cori sa petite amie, ou bien Singuls comme ses amis Lavan et Yenne. Même le vieux grincheux Canif m'a beaucoup plu. 

J'ai adoré ma lecture et j'en redemande ! Vivement la suite !!!


mardi 19 août 2025

LA MAISON DE FLÉAU ET DE SANG d'Alexis L. Menard

 

ORDRE ET CHAOS

 Tome 1


Éditions DE SAXUS
Parution 21 août 2025
464 pages
 19.90 (en broché)
26.90 (en relié)









☇ L'avis éclair de Phooka sur la maison de Fléau et de sang  ☇



Si vous acceptez de vous laisser emporter sans forcément avoir toutes les informations nécessaires, vous allez passer un très bon moment.


L'AVIS DE PHOOKA:




    
    Camilla Marchese est l'héritière des chemins de fer. Une famille puissante et respectée à Lynchaven. Mais la famille a absolument besoin d'argent et ses frères décident de la marier contre argent sonnant et trébuchant. Camilla est une jeune femme intelligente mais elle se sent responsable pour toute la famille et accepte le deal. La veille du mariage elle est allée trainer une dernière fois dans un bar de Lynchaven, incognito comme elle en avait l'habitude. Là elle a croisé un jeune homme très séduisant et mystérieux: Nico. L'attirance a été immédiate. Pourtant le jour du mariage, quand elle découvre son "promis", héritier d'une autre riche famille, elle doit serrer les dents ... et encore plus lorsqu'à la dernière minute, arrive le chef des descendants de Lynchaven, Nicolaï Attano qui propose une plus grosse somme pour qu'elle se marie avec lui. Attano, la famille ennemie héréditaire des Marchese. Nicolaï ...Nico ... Mais Nico a une idée en tête, il veut débusquer un traitre et empêcher une guerre imminente avec l'aide de Camilla. Ils auront six semaines avant que le mariage ne soit définitif. Six semaines pour démêler intrigues politiques et complots et surtout six semaines pour ne pas tomber amoureux.

    C'est un roman assez étrange que vous allez découvrir ici. Déjà, Alexis L. Menard nous plonge dans son univers sans crier gare. Sans explication, sans contexte. Les informations arriveront petit à petit, mais au début croyez-moi c'est déroutant. J'ai même cru à un moment que j'avais un tome 2 entre les mains. Heureusement je fais partie de ces lecteurs qui savent lâcher prise et faire confiance à l'auteur/trice pour nous donner les informations nécessaires au fil du récit. Et ce fût le cas.

    L'univers est du steampunk mafieux ...je ne suis pas sûre que le terme existe mais bon. Un univers où la technologie cohabite avec la science. Une cité où les descendants possédant la magie sont des parias et vivent d'un côté du pont et les humains de l'autre avec toute la haine mutuelle qui en résulte. Le contexte est assez complexe, la cité est une sorte d'île et les descendants y sont arrivés il y a déjà pas mal de temps. Ils vivent dans ce monde clôt et on ne sait pas ce qui se passe sur le continent. Il y a là une belle richesse en terme de worldbuilding que l'on découvre petit à petit.

    Quant aux personnages, Camilla est pleine de ressources et très intelligente mais elle est totalement sous la coupe de ses frères qui en profitent allégrement. Elle ne pense pas mériter d'être aimée. Quant à Nico, c'est un homme mystérieux avec beaucoup de secrets, archétype de la mafia (des cheveux gominés sérieusement ??), intelligent lui aussi et très protecteur. Il est entouré d'une famille aimante qui fera comprendre à Camilla ce qu'est une vraie famille. Évidemment ces deux là vont petit à petit tomber amoureux mais ce sera loin d'être simple.

    Le récit est basé sous le signe de l'action, des mystères et de l'enquête et la lecture en est fluide et passionnante. Pourquoi n'en fais-je pas un coup de coeur du coup? Il y a quelques points perturbants, dont le plus important concerne une fuite par les égouts ... qui semble avoir disparu, comme si un chapitre avait été supprimé. Fin du chapitre précédant, les deux héros sont en fâcheuse posture. L'un des deux émet la vague idée de fuir par les égouts alors que ce n'était pas le plan prévu. Chapitre suivant, on les retrouve pleins de boue dans leur appartement ... Je pensais qu'il y allait y avoir un retour sur ce qui s'est passé mais non. Perturbant, vraiment.

    Par contre la fin est grandiose et donne envie de se plonger dans la suite. Le tome 2, City of Mirth and Malice, est sorti en mai 2024 puis a été réédité en juin 2025 en anglais. Il va falloir patienter un peu pour la suite en français.

    Un premier tome perturbant mais réussi, qui donne envie de se plonger dans la suite. Une belle romance, une "found familly", du mystère, des combats et une enquête corsée. Bref de quoi cocher pas mal de cases.



mercredi 23 juillet 2025

LE TRÔNE DES DÉCHUS Tome 1 de Kerri Maniscalco

 

Livre 1 : LES PRINCES DES PÉCHÉS



Éditions De Saxus
667 pages
19,90 euros
Paru le 26 juin




L'avis express de Dup sur Le trône des déchus de Kerri Maniscalco


Un roman passionnant, flippant et plein d'une tension sexuelle exceptionnelle.
Gros coup de cœur pour cette romantasy !


L'AVIS DE DUP


J'ai lu quelque part que ce roman, Le trône des déchus, était un tome indépendant dans l'univers de la première trilogie de Kerri Maniscalco : Le royaume des damnés publié également chez De Saxus. Mais j'étais passée à côté de cette sortie, trop de tentations autres je suppose à la sortie du premier tome. Et après, c'est toujours too late !

Mais voilà, ce Trône des déchus m'a tellement emballée que... je vous présente mes premiers PAL !



Fin de la digression, passons aux choses sérieuses : mon avis.

Une carte en début d'ouvrage nous montre l'univers de l'autrice : L'Enfer. C'est rigolo, on a l'impression de l'Espagne et l'Italie en îles avec la Sicile et une autre île. Bref, en "Espagne" les Faës, les sympas à droite, les vilains à gauche. "L'Italie" c'est l'île des démons, les sept Princes des Enfers résident au milieu. L'île Malice étant celle des vampires et enfin, en sandwich au milieu de tout ce beau monde, "la Sicile" est le Royaume d'Ironwood, celui des humains...

Ce tome 1 d'une série de sept à priori, se concentre sur le Prince de l'envie qui se fait appeler par son péché d'ailleurs. Un Prince au plus mal car sa cours se meurt, ses sujets perdent peu à peu la mémoire et la plupart du temps s'entretuent et ce, depuis qu'Envie à perdu son calice, gagné par Lennox le roi des Unseelies (les méchants Faës) il y a plusieurs décennies. Depuis, Envie attend que Lennox relance le Jeu, qu'il doit gagner à tout prix pour retrouver l'intégrité de sa cours.

C'est chose faite, et le premier indice lui indique que la partie débute à Waverly Green, chez les humains. Très vite il va comprendre qu'il faut qu'il se rapproche de Camilla, une artiste peintre très douée. Pire, qu'elle fait partie du jeu et qu'il doit probablement s'allier avec elle. Mais d'autres joueurs semblent s'y intéresser également, il va falloir la jouer fine... et surtout ne pas s'attacher. Envie n'a qu'une règle : une femme, une nuit, point.

Quant à Camilla, belle femme célibataire et en charge d'une galerie de peinture depuis le décès de son père, elle est contrainte par la bienséance et les règles strictes de cette société victorienne. Se défaire des assiduités des hommes est un sport quotidien pour elle. Lorsque Lord Synton (Envie) nouvellement venu à Waverly Green entre dans la danse, ses affaires se corsent.

Les chapitres alternent entre Camilla et Envie, différenciés par une fresque à chaque début. Une superbe glycine pour elle, des clés pour lui.



Bref, vous l'avez compris, même en version brochée ce livre est magnifique. Et le piège de l'alternance fonctionne à merveille, difficile de le lâcher tant ces deux personnages principaux sont passionnants. Ils ont chacun leur but, mais l'attirance entre eux est indéniable et va faire monter une tension sexuelle de folie qui va durer quasiment jusqu'à la 600ème page, c'est explosif ! Et jamais Kerri Maniscalco ne se répète, jamais on a une impression de lourdeur comme c'est souvent le cas avec des interruptions inopportunes, etc. Et c'est, à mon sens, le sel de ce roman.

Quant au jeu, il est machiavélique et c'est le second atout du roman de Maniscalco. On en attendait pas moins du Roi du chaos et de la destruction n'est-ce-pas ! Mais je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le découvrir. Sachez juste que ce jeu va nous faire voyager un peu partout en Enfer et il n'y a pas une île pour rattraper l'autre !!!

J'ai adoré cette lecture dans laquelle j'ai TOUT aimé. L'univers, les personnages principaux, les secondaires comme les frères d'Envie ou Wolf, Lennox fait un affreux vraiment odieux mais il n'est pas le seul dans le camp des méchants pas beaux (en fait si, le pire c'est que souvent ils sont beaux ces empaffés...) et bien sûr ce "Jeu" avec cette traque aux indices, ces passages d'épreuves, le tout hyper rythmé par une échéance imposée.

Bref, mon programme de lecture estivale va s'en trouver complètement chamboulé car je compte bien découvrir Le royaume des damnés !



lundi 5 mai 2025

LE TOMBEAU DE NOS PROIES de D.L. Taylor

 


De Saxus Éditions
368 pages
18,90 euros




L'avis express de Dup sur Le tombeau de nos proies de D.L. Taylor


Premier tome d'une duologie de fantasy pour young adult au cœur bien accroché !
Hâte de découvrir la suite !!!



L'AVIS DE DUP


Dans l'univers créé par D.L. Taylor, les membres des familles royales sont obligés de pénétrer dans la lugubre Citadelle Brisée. Ils en ressortent avec un pouvoir magique, celui-ci pouvant être totalement saugrenu, comme totalement terrifiant. Une roulette russe assez flippante.

Mancella, Mance pour les proches, y a pénétré à l'âge de 8 ans, en même temps que sa sœur aînée Mara. Si cette dernière n'a visiblement rien récolté, Mance en revanche possède le pouvoir d'invoquer et diriger une armée d'animaux, si et seulement si elle les a tué de ses propres mains avant... Dès lors, elle va subir les manipulations tordues, limite perverses de son père, Premier du royaume, afin de devenir sa Seconde et surtout son arme fatidique contre les autres royaumes alors que des guerres menacent.

Silver lui, est un jeune voleur en situation illégale dans ce royaume. Il s'est échappé de l'Académie sensé le forger en guerrier avec ses amis Rooftop et Vie. Tous trois sont des orphelins de guerre. Et c'est pour leur offrir une situation plus confortable, plus stable qu'il a conclu un marché avec un individu mystérieux. Il doit aller voler le sceau du Premier au château.

Et puis il y a la silencieuse Mara, effacée et énigmatique au début du roman, mais qui se révélera sur la fin. Et enfin, le père exécrable, l'antagoniste du roman, qui joue son rôle à merveille... 

La narration va alterner entre Mance et Silver, et l'utilisation de la première personne du singulier va accentuer l'empathie que l'on éprouve pour ces deux personnages. On découvre une Mance qui lutte activement contre son pouvoir, qui n'aspire qu'à la paix et surtout qui souffre de son image de monstre. Et un Silver qui la voit comme tel, qui compte se servir d'elle en la séduisant pour obtenir le sésame réclamé.

Sans parler de système de magie à proprement parlé, le pouvoir dont Mance est doté sort franchement de l'ordinaire. Il est très bien décrypté, et franchement gore il faut le dire. Âmes sensibles s'abstenir. Même s'il est très bien contrebalancé par l'impact émotionnel qu'il déclenche chez Mance à chaque fois. Même si elle entretient un lien puissant par la suite avec les âmes de ses victimes. 

On croisera d'autres types de magie, mais rien d'aussi spectaculaire, si on excepte celui du grand-père de Mance qui faisait pousser des arbres de verre. Dit comme ça, cela semble nul n'est-ce-pas ? Et pourtant, une forêt de ces dits arbres est un rempart bien supérieur à un mur si haut soit-il, des douves ou tout ce que vous voulez. Chaque feuille, chaque brindille, coupe, lacère et met en pièce quiconque essaierait de la traverser.

J'émettrai un bémol sur l'univers créé qui reste flou, peu argumenté historiquement et politiquement quant aux relations entre les royaumes voisins. Peut-être qu'on en apprendra plus au prochain et dernier opus de cette duologie.

La relation entre nos deux protagonistes est du mode romance très slow, d'autant plus qu'elle démarre d'un fort mauvais pied. Mance est en manque cruel d'affection entre un père odieux, une mère totalement effacée et une soeur très...discrète. Alors que Silver ne compte que se servir d'elle, tout en la voyant comme un monstre. Entre les déconvenues de la première et le repentir du second, il reste encore un sacré bout de chemin qu'on entrevoit s'esquisser sur la fin de ce premier tome.

Toutes ces attentes nous propulsent finalement sur les starting-blocks pour découvrir la suite sans passer par le cliffhanger classique, ce qui n'est pas pour me déplaire. D'autant qu'il va falloir être patient, la suite The Beasts We Raise en VO n'est prévue que pour mars 2026 !

Un mot sur la couverture singulière et surprenante qui m'aurait fait craquer à coup sûr dans une librairie ! Je la trouve originale et superbe.



lundi 31 mars 2025

LES AVENTURES D'AMINA AL-SIRAFI de Shannon Chakraborty

 


Éditions Sabran
592 pages
broché 20,90 euros




L'avis express de Dup sur Les aventures d'Amina al-Sirafi de Shannon Chakraborty


Un roman qui privilégie l'action et l'aventure et ne laisse aucun répit au lecteur.

L'AVIS DE DUP



Shannon Chakraborty, je l'ai découverte en lisant sa trilogie Daevabad que j'avais adorée (liens en fin de chronique). Aussi n'ai-je pas pu résister devant ce nouveau titre. Si les Aventures d'Amina al-Sirafi ne se passent pas dans le même univers, un fait reste cependant le même : L'autrice continue d'ancrer ses personnages dans un passé islamique.

Ici nous allons découvrir l'héroïne qui est une pirate à la retraite. Elle a écumé les côtes de l'océan indien au XIIe siècle, sans jamais oser s'aventurer plus loin que Madagascar d'un côté, et Sri Lanka de l'autre. Mais tous les ports et îles situés entre ses deux extrémités ont des histoires à raconter sur cette illustre pirate.

Alors qu'elle mène aujourd'hui une vie paisible et bien modeste auprès de sa famille avec sa fille, Marjana 12 ans, on vient lui proposer une mission impossible à refuser. Dounia, la fille adolescente de son ancien bras droit décédé, aurait été enlevée par un Franc ! Tout va concourir à ce qu'Amina accepte : le chantage affectif, l'horreur de savoir une jeune femme entre les griffes d'un barbare étranger, et la somme faramineuse offerte par la grand-mère richissime de Dounia. Et lorsque Amina hésitera, cette dernière passera à l'étape au-dessus : les menaces.

Il va lui falloir d'abord récupérer son bateau, le Marawati, qu'elle avait laissé aux bons soins de Timbu son second de l'époque. Celui-ci est ancré dans le port d'Aden mais Timbu se trouve dans les geôles de la ville ainsi que son équipage... Ce sera l'occasion d'une première scène rocambolesque : l'évasion, puis la fuite du port en passant entre deux frégates armées jusqu'aux dents. Le ton est vite donné !

Amina va rassembler son équipage d'avant avec Timbu, Dalila, une assassineuse maître en poison, et Majed son ancien maître des cartes. Ils vont former une équipe soudée et pleine de bons sentiments. Mais elle va également très vite recroiser la route de son ancien époux, le fourbe et lâche Raksh. Raksh est quelque chose entre un djinn ou un esprit ou autre chose, mais pas un humain c'est clair, qui se nourrit de l'ambition des gens. Forcément il avait été attiré par Amina, et forcément il réapparaît aujourd'hui... Raksh est également le père de Marjana, mais ça, il ne le sait pas !

Le rythme de ce roman est trépidant, Amina et son équipe vont aller d'aventures en aventures, en suivant la trace de Falco, le franc. Plus ils avancent et plus ils sont confrontés au surnaturel. Si l'on aperçoit de loin la trace d'un daeva entre ces lignes, on se confrontera à une créature de cauchemar issue du peuple des marids, et Amina devra se frotter au peuple des péris également, ces esprits de l'air, aka ces emplumés dixit Amina.

Les dialogues sont percutants et euh... fleuris 😁. Shannon Chakraborty manie à merveille les jurons suivis de prières de repentance au Prophète ! Après Nahri de Daevabad, voici donc Amina et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles sont toutes les deux hautes en couleurs ! Mais la grande différence entre ces deux personnages, c'est que là où Nahri était réfléchie, Amina elle, fonce dans le tas. Que ce soient ses missions d'avant, évoquées en récits ou en flash-backs, ou celles d'aujourd'hui, le plan initial tourne toujours au fiasco et laisse place à l'improvisation la plus totale.

Ce roman d'aventures est bourré d'action et serait sans aucun doute remarquable porté à l'écran. Mais à privilégier ainsi l'action, les sentiments et la profondeur des personnages en pâtissent, et je m'en suis peu à peu détachée. Je suis passée à côté du coup de cœur que j'attendais et j'en suis la première déçue. 


Shannon Chakraborty sur Bookenstock :