Juste la couv, pour le plaisir des yeux !
Affichage des articles dont le libellé est Albin Michel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Albin Michel. Afficher tous les articles
mercredi 23 décembre 2020
lundi 6 janvier 2020
UN(e)SECTE de Maxime Chattam
Éditions Albin Michel
480 pages
22,90 euros
L'avis express de Dup sur Un(e)secte de Maxime Chattam
Un thriller parfait ! Vraiment rien à redire, du grand Chattam !
L'AVIS DE DUP
Un prologue choc, au point de reposer le livre et de se poser la question : est-ce que je veux réellement m'imposer ça ? Et puis les souvenirs de La trilogie du Mal (lue avant l'aventure du blog), et particulièrement de Maléfices, le troisième tome, remontent en force. Et la réponse jaillit : OUI ! Depuis le temps que je l'attends ce frisson chattamesque, je ne vais pas craquer là, sur un prologue !!! De plus la période s'y prête à merveille, c'est l'hiver et ces chères bestioles ont disparu de la circulation.
USA - Côte Ouest - Los Angeles.
Atticus Gore (j'adore, et le nom, et le prénom), inspecteur du LAPD se trouve confronté à une scène de crime impossible. Un squelette habillé, reposant dans une mare de sang frais. Pour le légiste déjà sur place, cela défie l'entendement. Il est formel, il n'a pas été déplacé. Partout autour des tas d'insectes écrasés, piétinés.
USA - Côte Est - New York.
Kat Kordell est détective privée. On vient de lui confier une enquête pour retrouver une jeune femme disparue.
UN(e)SECTE, le titre parfait. D'un côté Atticus et ses insectes, de l'autre Kat et son enquête qui se dirige vers une secte.
L'alternance, le piège parfait. Un excellent page-turner.
L'intrigue, parfaite. Sournoise au possible parce que ces foutues bestioles ne viennent pas tout de suite. On en croise oui, mais elles sont mortes, écrasées, écrabouillées. Juste des tas de chitine. Maxime Chattam nous laisse le temps de nous plonger dans les deux enquêtes respectives, nous familiariser avec ses personnages, les apprécier, les aimer. Et ensuite... elles rentrent en scène. Et là, je vous promets que vous commencez à vous gratter, à soulever les pieds du sol, à guetter le moindre fil qui ne descendrait pas du plafond.
J'étais arachnophobe, je suis devenue entomophobe. Toutes ces espèces volantes, grouillantes, rampantes constituent une armée tellement supérieure en nombre que nous autres pauvres humains, que qui viendrait à les commander posséderait le pouvoir absolu... Insectes, arachnides (araignées, scorpions...), petits crustacés terrestres tels les cloportes, myriapodes (mille pattes and co). Les chiffres cités donnent le tournis.
Les personnages, parfaits ! J'ai adoré aussi bien Atticus que Kat. Les deux sont extrêmement fouillés, profonds. Avec de belles valeurs, de la niaque jusqu'au bout pour respecter leurs engagements, qui moraux, qui professionnels. Mais aussi profondément humains avec leurs fêlures : Atticus, gay parfaitement assumé mais dont l'enfance, l'adolescence reste une plaie à vif. Kat, célibataire volontairement, mais torturée par son horloge biologique de quadra qui sonne. Tous les deux avec les mêmes trouilles que vous et moi devant cette nouvelle armée. OMG, j'en frissonne encore rien que de vous en parler. Quant au personnage responsable de cette folie, je peux juste vous dire qu'on aimerait bien pouvoir le classer dans le registre des psychopathes, mais ce serait bien trop simple...
Le thème développé, plus que d'actualité, l'avenir de la planète, et donc de l'espèce humaine. Parfait.
On a hâte de voir les enquêtes respectives se télescoper, qu'Atticus et Kat rassemblent leurs compétences, mais Maxime Chattam va reculer cette fusion, la garder pour la toute fin, explosive. Et donc, la fin... parfaite ! Bien appuyée par quelques infos glissées par l'auteur dans ses remerciements... J'ai retrouvé le grand Chattam de mes premiers amours !
jeudi 23 mai 2019
MAGE DE BATAILLE de Peter Flannery (Dup)
Éditions Albin Michel
Collection Imaginaire
538 pages
24 euros
⏩ L'avis express de Dup sur Mage de bataille de Peter Flannery ⏪
Un roman de fantasy épique enlevé mêlant une part initiatique à une part héroïque, servi par une plume simple et entraînante, avec de jeunes personnages attachants.
L'AVIS DE DUP
Falco est un ado maigrichon et maladif. Orphelin recueilli par un vieux mage de bataille aveugle chez qui il a un peu le rôle de valet. Mais ce qui caractérise le plus Falko à Caer Dour, c'est qu'il est le fils de son père, un mage devenu fou lorsque son dragon est devenu noir. Alors que l'armée des Possédés (les vilains, les très vilains) marche sur Caer Dour, le mage de bataille de la ville revient et va invoquer un dragon. Pas de chance, celui qui vient d'au-delà de la Mer sans fin est noir, il lui faut donc le tuer. Mais Falco, attiré comme un aimant dès qu'il s'agit de dragons, s'en mêle et fiche tout en l'air. La ville perd le dragon ET son mage de bataille. Les habitants n'ont plus que la solution de la fuite vers une ville mieux défendue...
Exode, bataille de ouf, bravoure. L’Émissaire de la Reine, présent parmi eux, pourra recruter sa prochaine fournée de guerriers sur des actes réels. Ainsi nous allons suivre une poignée d'ados en formation militaire à l'Académie Royale: Falco, Malaki son meilleur ami le fils du forgeron, Bryna la petite amie de ce dernier, archère émérite, Alex... voilà pour les sympas. Bellius, Jarek pour les antipathiques.
J'ai lu ça et là comme critique que ce roman était beaucoup trop classique. Hé bien vous savez quoi, moi j'aime ça ! J'ai été embarquée dès les premières pages par le récit de Peter Flannery, par son écriture simple et entraînante. Cet auteur maîtrise l'art de la guerre et la description des combats. Cette bataille dans la montagne entre l'armée des Possédés et l'armée en déroute de Caer Dour ! Wouah ! Et encore, il n'y avait pas de dragon en jeu là !
J'ai beaucoup aimé le personnage principal Falco. La culpabilité de son héritage et de son action récente lors de l'invocation a fait fondre mon petit coeur. Les brimades répétitives qu'il subit, son long parcours d'entrainement, son évolution petit à petit à la recherche d'une assurance qu'il était loin d'éprouver au début, tout le rend vraiment attachant. Ces amis le sont aussi ainsi qu'Aurélian, son professeur bourru, un peu brut de décoffrage, L’Émissaire et la Reine. Et comme souvent dans ces romans jeunesse ou young adult, ce sont les personnages négatifs qui paraissent trop caricaturaux, à l'image de Bellius ce jeune noble imbu de sa supériorité. Ils sont vraiment transformés en tête à claques avec pas un seul fond de pensée ou d'acte positif !
On pourrait croire l'intrigue linéaire: la bataille, la formation à l'école militaire puis la guerre vers les fronts est où se massent les Possédés. Mais c'est sans compter l'ordre des Mages qui complote en sourdine. Que cachent-ils? Pourquoi faut-il qu'ils mettent des bâtons dans les roues de Falco? Quel sera le rôle exact de Meredith, fils de Morgan Saker grand mage complotiste? Meredith n'est qu'apprenti-mage mais... bref c'est passionnant et il me tarde vraiment de lire la suite de cette histoire.
Mage de bataille est un roman de fantasy épique classique comme j'aime, avec tous les ingrédients nécessaires pour une lecture agréable, fluide et intrigante. Le must de ce roman étant la multitude des personnages attachants. Les mémés sont unanimes, car moi aussi j'en fais un coup de coeur. Vous n'avez qu'à lire l'avis de Phooka, elle en parle bien plus longuement que moi.
lundi 20 mai 2019
TERMINUS de Tom Sweterlitsch
Éditions Albin Michel
Collection Imaginaire
448 pages
24,90 euros
⏩ L'avis éclair de Dup sur Terminus de Tom Sweterlitsch ⏪
L'AVIS DE DUP
Cette chronique, c'est l'histoire d'une Dup qui comprend pourquoi elle a choisi SVT plutôt que Physique comme branche préférentielle après son bac scientifique pour sa vie future... Je me suis littéralement noyée dans ce roman, complètement perdue dans une faille spatio-temporelle où j'ai dû rejoindre une boucle et ne jamais en ressortir. Et maintenant me revient la tâche de vous en parler... Well ! Est-ce raisonnable ?
Shannon Moss est agent spécial du NCIS, enquêtrice spécialisée pour les crimes concernant la Navy. On est 1997 et justement, elle enquête sur le meurtre d'une famille entière : la mère et les deux plus jeunes enfants tandis que la fille aînée, 17 ans, est portée disparue. Le principal suspect est le père de famille, un SEAL Navy, sorte d'agent d'élite. Jusque là, je suivais...
Sauf que ce Seal Navy, Patrick Mursult, fait partie des "marins" de l'espace, portés disparus. Car oui, la Navy a trouvé le moyen de voyager dans l'espace ET dans le temps. Mais il y a eu de la perte dans les essais et plusieurs vaisseaux ne sont tout bonnement jamais revenus.
Pour son enquête Shannon va justement grimper dans son vaisseau perso, le Colombe grise, et arpenter l'avenir, empruntant différents "tunnels" ou TFI (Trajectoire Future Inadmissible), débarquant dans diverses années futures. Toujours les mêmes personnages qui s'entrecroisent, mais à chaque fois, ils ont eu des trajectoires de vie différentes. Le cerveau de Shannon analyse les situations, les possibles, le cerveau de Dup débranche devant ces possibilités infinies d'échos, de Doppelgängers...
D'autant que là-dessus se greffe la certitude que notre terre va un jour rejoindre son point final, un Terminus. Shannon a pu le contempler : notre planète blanche, morte, plus rien de vivant, que de la glace. Les descriptions de ce Terminus font vraiment froid dans le dos. Or ce Terminus qui devait advenir dans un futur lointain se rapproche du temps réel, et apparemment ces sauts s'effectuent à chaque fois qu'un vaisseau arpente ces fameux TFI.
Le personnage de Shannon Moss est particulièrement bien campé. Le trait de caractère qui la dépeint le mieux est, je crois, sa pugnacité : "quelqu'un d'autre abandonnerait" est son mantra. Elle a subit un revers très rude lors de son exploration du Terminus, et malgré tout, elle est prête à tout pour mener à bien ses missions. Parler des autres personnages me semble plus difficile car ils montrent un visage différent dans chaque TFI. Le côté thriller est efficace, et le serait sans doute plus si l'auteur n'avait pas autant accentué les explications scientifiques qui m'ont paru bien trop longues et trop techniques.
Terminus est un roman de SF fortement teinté de thriller, où la physique quantique règne en maître pour les férus d'explications scientifiques. Ils sont nombreux et je comprends que ce livre fasse l'unanimité parmi ce lectorat. Bon, vous l'avez compris, ce ne fut pas mon cas. Et pourtant la personnalité marquée et l'intelligence de cette Shannon en font un personnage attachant. Et puis le côté thriller m'a accroché jusqu'au bout car il me fallait savoir.
mardi 2 avril 2019
LE CHANT MORTEL DU SOLEIL de Franck Ferric
Editions Albin Michel Imaginaire
Parution: 27/03/2019
Prix: 21.9 €
380 Pages
Il s’appelle Araatan, il est le Grand Qsar. On le surnomme la Montagne car il est haut comme deux hommes, large comme un auroch. Le destin de ce géant est de mener son peuple de cavaliers sur la route de la Toute Fin : achever l’extermination totale des dieux. Une seule divinité a survécu à leur déicide : celle de la cité d’Ishroun. Pour abattre les murailles d’Ishroun et éteindre le culte de la Première Flamme, Araatan se donne un an.
Elle s’appelle Kosum. Née esclave, elle était la meilleure dresseuse de chevaux des plaines. Pour avoir tenté de castrer le fils de son maître, elles a été enchaînée nue à une tour pleine de morts. Alors qu’elle attend résignée le baiser mortel du gel, quatre cavaliers la délivrent. Ces hommes durs retournent auprès du Grand Qsar. Kosum, qui croyait mettre un pied dans la guerre, va entamer un tout autre voyage.
Alors vous savez quoi? Quand je reçois un livre en ENC (EditionNonCorrigée) et que dessus c'est marqué "Sortie le 04 avril 2019" et ben moi, naïvement je pense que le roman sort le 04 avril 2019 😀😀 et je me dis "allez on s'arrange pour caler la chronique avec la date de sortie". C'est bête hein !
Parce que quand je vois après que le roman est sorti le 27 mars 2019, je me suis dit que c'était un joli poisson d'avril et que je suis tombée dedans ! Bref, j'arrête là mes considérations diverses. Passons aux choses sérieuses !
Le chant mortel du soleil est le premier roman d'un auteur français publié chez Albin Michel Imaginaire, ce label qui monte monte monte dans le monde de la SFFF. Pour ce roman, l'auteur, Franck Ferric n'en est pas à son coup d'essai, loin de là, mais pour moi c'est une découverte n'ayant jamais eu l'occasion de découvrir sa plume (arrêtez de jeter des tomates !).
Le chant mortel du soleil nous conte la jolie histoire d'une demoiselle en détresse, sauvée par de preux chevaliers. Enfin presque ...
De fait une jeune femme est sauvée, elle s'appelle Kosum, une esclave qui s'occupait des chevaux et qui a eu la bonne idée de jouer du couteau un peu trop près des "bourses" du fils de son patron. Enchaînée nue au pied d'une tour, elle attend la mort qui viendra la délivrer, mais ce sont finalement quatre cavaliers qui viendront la sauver.
Au même moment, l'avalanche qui s'annonçait commence à dévaler la montagne.
L'avalanche, c'est ainsi que l'on nomme le déferlement des Montagnards sur les peuples de la plaine. Généralement cette avalanche peut être arrêtée par quelques dons en espèces sonnantes et trébuchantes. Généralement aussi, le but de ce déferlement est de remplir les coffres des Montagnards avant l'hiver pour qu'ils puissent acheter suffisamment de provisions pour tenir pendant la saison froide.
Généralement ... mais pas cette fois.
Araatan, le chef des Montagnards a d'autres projets. Cet impressionnant géant n'a que faire de coffres bourrés d'or ou de pierreries. Ce qu'il veut, c'est tuer le dernier des dieux. Rien ne pourra l'en détourner. Et pour ça, il peut compter sur son armée. Une armée de montagnards, autant dire, une armée de géants qui terrorisent les gens rien que par sa puissance. Ils sont prêts à tout pour suivre leur chef, un chef omnipotent dont on ne discute pas les décisions.
Alors le combat va s'engager. Un combat brutal, homérique et sans concession.
Mais ce roman ce n'est pas le récit du combat. Du moins pas seulement. C'est un savoureux mélange entre des périodes de combats incroyablement intenses et des périodes plus calmes et introspectives, propices à la réflexion.
En effet, si Araatan n'a aucun doute sur sa volonté de tuer le dernier des dieux, il se pose à juste titre la question du monde tel qu'il sera "après". Qu'est ce qu'un monde sans dieu ? Araatan, cette force de la nature ne doute pas. Jamais. Mais les gens autour de lui n'ont pas forcément cette même foi. Tiens donc: avoir la foi dans un monde sans dieu. N'est ce pas une hérésie du coup ?
Quant à Kosum, elle passe d'une condition d'esclave à une condition de femme libre. Enfin libre c'est peut être beaucoup dire. Elle est embringuée dans l'armée des montagnards. Elle n'a pas le choix, elle fait partie de la main avec les quatre autres cavaliers. Enfin 4 puis 3 puis ... Kosum qui ne s'est jamais battue de sa vie. La seule chose qu'elle connaît ce sont les chevaux. Au moins, elle est bonne cavalière... Et si son destin est de devenir une guerrière, elle fait avec. Sauf que guerrière, elle ne le sera jamais parce que, contrairement à ce qu'elle pensait, son destin est ailleurs ....
Ce qui est étonnant dans ce roman, hormis la réflexion sur le rapport de l'homme au sacré, ce sont surtout ses personnages. Araatan est un immense guerrier doublé d'un tyran. A priori un héros monolithique. Mais l'arrivée d'un étrange personnage masqué, une sorte de sorcier, va le pousser à s'épancher un peu plus. On se rend compte alors qu'il a lui aussi des failles et qu'il se pose beaucoup de questions.
Quant à Kosum, elle a une trajectoire juste inverse. Elle commence le roman comme une "bonne à pas grand chose". Elle a été esclave toute sa vie et elle ne sait rien faire d'autre que de s'occuper des chevaux. Même si c'est utile ça ne permet pas de survivre. On lui donne peu de chance. Et pourtant ...
Et puis il y a Urtaï, l'un des cavaliers, sa folie, ses visions, que l'on comprend bien tardivement ...
Évidemment certains penseront à Conan en lisant les descriptions des Montagnards, moi je louchais plutôt vers "Un monde sans dieux" de Brian Ruckley, sans doute d'ailleurs à cause du titre lui-même. Dans tous les cas, il s'agit de fantasy épique. Mais contrairement à Howard et son Conan, Franck Ferric fait la part belle à l'humain. L'humain, l'homme quoi. Vous ne trouverez pas de dragons ou de créatures bizarres (quoique les chèvres chevaux soient particulièrement étranges !). Pas de magie non plus, ou si peu et de toute façon on ne sait rien sur cette sorcellerie que l'on entrevoit tout juste. Place aux humains donc, avec certains spécimens plus grands que nature et d'autres plus humbles mais qui n'en sont pas moins talentueux.
À tout ce qui précède, rajoutons encore une écriture ciselée, un vocabulaire très typique, qui peut déstabiliser un peu au début et peut sembler un peu hors contexte, mais on s'y fait. Cependant le récit aurait gagné en vivacité avec un vocabulaire plus adapté.
Bref, Le chant mortel du soleil (dont le titre ne vous sera expliqué que dans les toutes dernières pages) est un roman étonnant, percutant et assez atypique. Encore une belle découverte d'Albin Michel Imaginaire qui a le don de dégotter de jolies perles. Mais ce monde est tellement riche qu'on se prend à se demander si par hasard l'auteur n'aurait pas prévu d'y retourner dans un futur proche. Il y a matière ... À suivre donc !
Bref, Le chant mortel du soleil (dont le titre ne vous sera expliqué que dans les toutes dernières pages) est un roman étonnant, percutant et assez atypique. Encore une belle découverte d'Albin Michel Imaginaire qui a le don de dégotter de jolies perles. Mais ce monde est tellement riche qu'on se prend à se demander si par hasard l'auteur n'aurait pas prévu d'y retourner dans un futur proche. Il y a matière ... À suivre donc !
vendredi 25 janvier 2019
MAGE DE BATAILLE tome 2 de Peter A. Flannery
Tome 2
Editions Albin Michel Imaginaire
Trad: Pascal Louinet
Couv: Alain Brion
Prix: 25 euros
Pages: 455 pages
Falco Danté était un gringalet dans un monde en guerre. Pire, Falco était méprisé, mis à l'écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Mais à l'Académie de la guerre, Falco a bien changé : il est devenu plus puissant, il a gagné le respect de ses compagnons d'arme. Il ne lui reste plus qu'une épreuve pour devenir un mage de bataille à part entière : le rite d'Assay. S'il réussit, il aura le droit d'invoquer son dragon, son âme soeur dans la lutte contre les Possédés.
Dans le camp adverse, son ennemi juré, le démon Marchio Dolor progresse sans relâche vers la victoire. L'Humanité ne s'est jamais trouvée aussi proche de l'extinction totale.
Pour Falco et ses compagnons, l'heure de la bataille finale va bientôt sonner.
Vous voulez de la poésie? De la douceur ? Des petits oiseaux qui chantent ? Des cascades qui glougloutent ?
Ben passez votre chemin.
Non parce que Mage de Bataille, c'est tout l'opposé et ce tome 2 tout particulièrement. Mais si vous aimez la Dark Fantasy classique et pleine de fureur alors n'hésitez pas.
Tout y est: des méchants vraiment très méchants et des gentils supers gentils, qui perdent au début et deviennent finalement des supers costauds de la mort qui tue. Des mages, des guerriers, des dragons, des démons, une reine guerrière etc etc ...
Alors vous allez me dire que je suis moqueuse et pas gentille, mais non pas du tout. Ai je dit que c'était mauvais ? Non et fort à propos, parce que c'est super bien fait et que même si la trame est on ne peut plus classique, on y prend un plaisir non dissimulé !
Revenons à la fin du tome précédant, Falco, Bryna, Malaki et les autres sortent tous frais émoulus de l'école de guerre. Si Bryna et Malaki ont clairement trouvé leur voie, Falco est encore un mage hésitant. Ses pouvoirs commencent à éclore mais il ne peut s'en servir qu'en défense. Il n'arrive jamais à attaquer. C'est donc loin d'être suffisant pour être réellement un mage de bataille et pouvoir appeler un dragon.
La guerre continue de faire rage et les jeunes recrues ont à peine fini leurs classes qu'elles sont envoyées au front. Les possédés semblent venir de partout et les démons qui les accompagnent sont de plus en plus puissants. Par dessus tout, il y a la présence de Marchio Dolor, démon parmi les démons, surpuissant et qui semble contrôler toutes les armées ennemies. Le problème de cette guerre c'est que chaque soldat tué et chaque humain capturé dans les villes assiégées deviennent à leur tour des possédés et viennent grossir les rang de l'armée démoniaque. Ainsi elle grandit à tout allure alors que les armées humaines elles, se réduisent comme peau de chagrin. Surtout que certains royaumes rechignent à envoyer des troupes ...
Côté humain cependant, un atout de taille est souvent présent dans l'armée: le mage de bataille. Son rôle premier est de prendre sur lui la peur apportée par le démon, pour que les armées ne soient pas tétanisées. Ensuite, ses pouvoirs magiques lui permettent de combattre le même démon. C'est d'ailleurs la seule façon d'y faire face. Cependant ces mages de batailles sont fort rares et ne peuvent pas être partout à la fois. C'est pourquoi Falco, même avec ses pouvoirs "à sens unique" est un atout précieux. Mais quand on sait que le but principal de Marchio Dolor est d'exterminer les mages, on peut à juste titre, être franchement inquiet pour lui.
Une fois posé toutes ces bases du récit, on voit tout de suite comment va se dérouler l'action. Les jeunes gens après une formation initiale à l'académie de guerre, vont se retrouver au front. Ils vont démontrer leurs remarquables capacités. Falco fera de son mieux pour les aider et se retrouvera petit à petit face à des démons de plus en plus puissants. Mais ça tombe bien lui aussi devient de plus ne plus puissant.
Rien de surprenant dans tout ça.
Rien de surprenant non plus dans la géographie de cet univers avec des bouts de France, d'Allemagne ou d'Espagne et des noms qui y correspondent. La bataille finale a lieu dans la "Tal des Dreï Brüder".
Tout ça est décidemment très classique.
Alors pourquoi ai-je aimé ?
Simplement parce que l'auteur maîtrise son sujet à la perfection. Il enchaîne les scènes de batailles à la perfection, avec juste le suspense nécessaire. Il joue avec les héros de façon magistrale, ne nous laissant aucun autre choix que de les aimer. Certaines scènes peuvent vraiment être très dures, voire horribles. Je pense en particulier au destin de Quirren. Mais tout est parfaitement dosé. Les actions héroïques des uns ne nuisent pas aux autres. Le doute est toujours là finalement quant à savoir si ils vont pouvoir l'emporter ou pas.
En parallèle, le destin tragique de la reine Catherine et de Sir William est très touchant. Et puis il y a pléthore de personnages secondaires qui tout en étant "secondaires" n'en sont pas moins attachants. Pour ma part les destins et le courage du dragon Dwimervane et du mage Dusaule m'ont particulièrement émue. Ils ne sont pas, loin de là, des personnages principaux, mais en quelques pages l'auteur leur apporte un réalisme incroyable.
Mage de bataille est donc un parcours initiatique dans lequel le lecteur voit grandir Falco, un jeune homme malingre et dont la mort prématurée était une certitude. A travers les aléas de la guerre, l'académie militaire, ses échecs et surtout grâce à l'amitié indéfectible que lui voue Malaki, il va devenir plus grand que nature. Un immense héros de fantasy est donc né. Il est "l'élu", un Harry Potter en beaucoup plus costaud et on ne peut que l'aimer et s'y attacher.
Elles sont là les raisons pour lesquelles j'ai aimé ce roman. Malgré toute sa "classicité", sa prévisibilité et sa naïveté, je me suis régalée. Falco et les autres protagonistes de l'histoire sont parfaitement dépeints et terriblement attachants. L'amitié si forte qui règne entre Falco et ses amis est un baume au coeur. L'amour entre Catherine et Sir William apporte la touche d'émotion nécessaire. Et puis il y a la guerre. Les batailles sont dantesques, les monstres tellement horribles qu'on hésite à tourner la page. Les combats sont tellement réalistes qu'on se surprend à baisser la tête pour éviter un coup d'épée et qu'on se concentre pour ajouter de la puissance aux boules de feu des mages contre les démons. Bref, on vit le roman. Littéralement. On en sort épuisé et échevelé, mais c'est pour la bonne cause. On a vaincu les démons et notre aide a été déterminante pour vaincre Marchio Dolor.
Enfin du moins, c'est comme ça que je l'ai ressenti ! Alors autant vous dire que c'est un coup de coeur !
Et visiblement je ne suis pas la seule à avoir aidé Falco à vaincre les démons, il y a aussi l'ours inculte et Céline.
jeudi 6 décembre 2018
LE SIGNAL de Maxime Chattam
Éditions Albin Michel
740 pages
23,90 euros
La 4ème de couv de mon livre... je précise car j'ai fait 3 sites dont celui d'Albin-Michel et à chaque fois c'était un pitch différent !
La famille Spencer vient de s'installer à Mahingan Falls.
Jusqu'ici tout va bien.
Un vrai paradis.
Si ce n'étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d'effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.
Entre le trailer qui circule sur le web et cette couverture superbe, je ne pouvais faire autrement que de m’acheter et lire immédiatement Le signal. Du Chattam qui fait peur, enfin ! Depuis la trilogie du mal je piaffe. Toutefois on n'est plus dans le même registre, ici il est question de surnaturel et d’horreur. Rien à voir avec les thrillers bien gore… Enfin si, le gore est toujours là mais que voulez-vous j’aime ça et je dois dire que j’ai été servie. On est d’ailleurs tout de suite plongé dans une ambiance glauque grâce à la mise en page d’Albin-Michel version faire-part de deuil.
La famille Spencer vient de quitter New York pour s’installer à Mahingan Falls , une petite ville pas loin de Salem... rien que ce nom colle une ambiance sorcellerie. Tom et Olivia les parents, deux ados du même âge, Chad et son cousin Owen qui a été adopté récemment suite au décès accidentel de ses parents, et la petite Zoey deux ans. À peine arrivés dans la Ferme, la maison que l’on voit sur la couverture, des phénomènes bizarres, angoissants ont lieu. Mais ne comptez pas sur moi pour divulguer le moindre élément.
Et ces phénomènes, loin d’être cantonnés à la Ferme surviennent un peu partout dans Mahingan Falls. Cette ville coincée entre l’océan d’un côté et une chaîne de hautes collines qui l’entoure. Maxime Chattam nous crée un huis clos de l’horreur qui n’est pas sans rappeler Dôme de Stephen King par la multitude des personnages d’une ville que l’on suit. Mais ce roman rappelle surtout Ça pour certaines scènes où l’on sent bien l’influence du maître sur l’auteur. Une chose est sûre, vous ne me verrez plus jamais arpenter un champ de maïs, ça c’est clair !
Dans la famille Spencer, si j’ai bien aimé le caractère et la trempe d’Olivia, c’est sans conteste les deux ados et leurs deux copains que j’ai préféré suivre. Cette force qu’il leur faudra pour affronter seuls les événements tant ils sont persuadés qu’aucun adulte ne les croirait... c’est juste émouvant. Ces mômes qui tremblent de peur mais qui avancent quand même, wow. Je crois bien que c’est leur sort qui m’a le plus impacté, leur peur qui a été la plus communicative. Ceci dit la scène entre Olivia et Derek est juste énorme ! Allez, si j'avoue que j'ai beaucoup aimé Olivia aussi. J’attendais beaucoup du personnage d'Ethan Cobb, jeune flic nouvellement installé lui aussi à Mahingan Falls. Mais non, il n’a pas détrôné Joshua Brolin qui reste à jamais mon préféré ♥♥♥.
L’écriture de Maxime Chattam est toujours aussi efficace, et la construction de ce roman avec des chapitres courts et qui alternent entre les différents groupes de personnages ou de lieux où se passent les actions, en fait un redoutable page turner. Ce roman de 740 pages je l’ai avalé en moins de trois jours. Il faut dire aussi que l’auteur a poussé le vice à nous semer à chaque fin de chapitre un mini cliffhanger qui interdisait de reposer le livre pour attaquer le suivant de suite. Procédé efficace s’il en est, en tout cas sur moi. On se retrouve enfermé comme dans une cocotte-minute et Maxime Chattam fait monter la pression de chapitre un chapitre.
Cependant j’avais bien du mal à relier tous les événements qui se passaient dans cette petite ville, et plus j'avançais vers la fin du livre et plus je me demandais quelle pirouette l’auteur allait devoir faire pour conclure et expliquer… Et là, je dois dire que j’ai été complètement bluffée. Un final grandiose, explosif, avec des explications qui tiennent bien la route et qui m’ont convaincue. Bref du grand Chattam comme toujours souvent.
jeudi 8 novembre 2018
[Audio] LA NUIT DE L'OGRE de Patrick Bauwen
De : Patrick Bauwen
Lu par : Sylvain Agaësse
Série : Chris Kovak, livre audio 2
Durée : 13 h et 10 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 19/10/2018
Langue : Français
Éditeur : Audible Studios
Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac. Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal. Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s'éviter mais leurs chemins vont se croiser.
J’avais déjà fait un coup de cœur du précédent roman de Patrick Bauwen, Le jour du Chien. Et je me retrouve à nouveau confrontée à l’épineux problème de la surenchère. Comment dire que La nuit de l’ogre le surpasse sans user de superlatifs qui pour le coup ressembleraient plus à de la pommade qu’on étale. Parce que oui, j’avais dit également que j’étais fan de cet auteur !
Et puis, après tout, je suis seule maître à bord de cet article et je vais assumer mes propos. Cet audio m'aura accaparée un weekend, et pour le malheur de mon entourage a bien débordé sur les jours suivants : il fallait que je le finisse. Le tandem Bauwen / Agaësse est d’une redoutable efficacité ! Encore un excellent narrateur trouvé par Audible, je crois bien que c'est le narrateur de la majorité des Robin Hobb présents dans leur catalogue.
L’auteur nous déroule une histoire dont l’intrigue tient en haleine du début à la fin. Pire même, elle nous propulse vers un troisième tome car [balise spoil pour le tome 1]nous ne savons toujours pas qui est ce foutu Chien qui opère dans l’ombre au sein même de la brigade criminelle. Plus précisément du groupe "Évangile" attaché à la sécurité du réseau ferroviaire parisien. Je dois avouer que j'ai soupçonné chacun des membres de l'équipe ! [fin de la balise spoil]
Ce qui fait la force de ce thriller c’est avant tout le personnage principal, le docteur Chris Kovak. L’auteur s’est complètement investi dedans puisqu’il le fait urgentiste comme lui. On est donc au plus près de la réalité, avec les détails et les anecdotes qui vont bien et qui pour ma part me passionnent. Surtout que dans cet opus Kovak va devoir enquêter sur la fac de médecine et ces passages vont le replonger dans ses années d’études mouvementées avec une vraie nostalgie qui transpire au cours des pages. Elle fait parfaitement écho à la mienne, même si ce n’était pas la même branche…
Alors pourquoi Kovak enquête-t-il me direz-vous ? Relisez donc le résumé ! Vous rajoutez à cela qu’il est curieux et aime aller au bout des choses. Qu’il est fidèle dans ses amitiés et que lorsqu’il a fait une promesse il la tient, peu importe les dégâts collatéraux qu'il va encaisser. Cette promesse il l'a faite à Greta, sa chef de service aux urgences : il retrouvera sa fille disparue, celle là même qui lui a laissé ce gentil paquet sanguinolent dans sa voiture.
L’autre raison qui fait que l’on avale les heures d’écoute, c’est la présence de Audrey dans l’équipe de flics. Elle était juge d’instruction au tome précédent, elle a choisi de rejoindre le terrain. Peut-être pour donner un peu plus de vitalité dans sa vie ? Audrey et Kovak ont vécu une relation forte, dans laquelle ils étaient vraiment en symbiose avant que celle-ci n’explose complètement, laissant deux cœurs fracassés et vides. Et on se prend à espérer…
Une jeune femme tabassée et abandonnée aux rats des couloirs désaffectés du métro dans un décor sordide, c’est l’enquête de l’équipe Évangile. Le lien avec l'enquête de Kovak : c’est la colocataire de Justine, la fille que notre toubib recherche. Je précise que je ne spoile pas, le lecteur le sait très vite contrairement aux protagonistes de cette histoire. Le reste je vous laisse le découvrir.
D’hôpitaux en facs de médecine parisienne, de couloirs du métro en tunnels désaffectés, l’auteur nous entraîne dans toutes sortes de décors ! Un saut en Baie de Somme avec ses phoques et un séjour en Floride dans les Everglades sont au programme également. On ne s'ennuie pas une seule seconde et on n'attend plus qu’une chose : la suite, car immanquablement il va y en avoir une. Forcément. Énorme coup de cœur. Encore plus gros que le précédent. Si si, c’est possible !
mardi 9 octobre 2018
MAGE DE BATAILLE de Peter A. Flannery
Tome 1
Editions Albin Michel
Collection Imaginaire
Parution: 26/09/2018
Traduction: Patrice Louinet
24 euros
538 pages
Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l'armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l'amener aux marges du désespoir : il va entrer à l'académie de la guerre, une école d’excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine.
Le monde brûle ; seul un mage de bataille pourra sauver ce qu'il en reste. Falco réussira-t-il à libérer son pouvoir, à invoquer un dragon à sa mesure ou succombera-t-il à la folie... comme son père ?

La première fois que j'ai entendu parler de ce roman, c'est Mathieu Betton, notre "libraire de chez Decitre" qui en a donné un avis enthousiaste sur facebook. Curieuse, car je ne connaissais ni l'auteur, ni la collection, je suis allée à la pêche aux informations. Effectivement Albin Michel lançait une collection dédiée à l'Imaginaire. Date du lancement: 26 septembre 2018. Et cette collection démarrait avec trois titres dont celui-ci. Un nouveau venu dans l'Imaginaire, rien ne pouvait me faire plus plaisir !! Et quand j'ai lu le pitch de Mage de Bataille, je savais qu'il me fallait le lire ...
La couverture m'a tout de suite attirée. La "dentelle blanche" (dixit Dup) rend assez bizarre sur les photos, mais super bien en réalité. Un côté Old School/grimoire qui colle très bien à la collection. J'ai ouvert mon livre à peine reçu, j'ai commencé à le lire, puis très vite à le dévorer ...
C'est d'ailleurs étrange quand j'y pense, car tout dans ce roman est très classique. Nous n'avons pas à faire avec de la fantasy révolutionnaire ou matinée de science-fiction, non, c'est de la fantasy pure et dure. Avec des dragons, de la magie et des chevaliers. Oui mais, qu'est ce qui fait que cette lecture m'ait captivée à ce point ? Sans aucun doute l'attachement aux personnages. Car ils sont incroyablement puissants et attachants. Quand je dis "puissants" je ne parle pas en terme de capacité guerrière ou de magie, non, je pense à la puissance des émotions qu'ils suscitent dans le petit coeur des lecteurs ...
Venez donc rencontrer Falco, un grand adolescent, gringalet, souffreteux à qui il ne reste sans doute que peu d'années à vivre à cause de la phtisie qui le ronge depuis tout petit. Falco est orphelin, il vit en tant que serviteur dans la maison de Siméon, un ancien mage de bataille, retraité par force suite à de graves blessures. Mais au fait c'est quoi un mage de bataille ? Si je vous dis un mage qui participe aux batailles, vous allez râler je le sens ... En fait un mage de bataille est capable d'invoquer un dragon de "je ne sais où" et ce dragon fait communion avec le mage qui l'a invoqué. A la guerre ils sont quasiment invincibles, même quand l'armée en face est constituée de possédés dirigés par un démon. Ce sont même les seuls qui soient capables de s'opposer à une telle armée. Mais attention, il y a une limitation. Si le dragon est noir ou devient noir alors il est incontrôlable et il faut le tuer sous peine de le voir détruire tout autour de lui. Et c'est d'ailleurs ce qui est arrivé au père de Falco, grand mage de bataille qui a sombré dans la folie quand son dragon est devenu noir. Falco a donc un lourd héritage à porter. Sa maladie bien sûr, mais ça c'est presque anecdotique. Non, ce qu'il doit porter est bien plus lourd. Il porte la malédiction de son père, la culpabilité d'être le fils d'un fou qui a provoqué des milliers de morts.
Heureusement Falco n'est pas seul. Son meilleur ami c'est Malaki, le fils du forgeron de Caer Dour. Malaki est un solide gaillard, il voue une amitié sans faille à Falco et c'est d'ailleurs réciproque. Malaki a un rêve, celui de devenir chevalier et il s'entraîne au combat dès qu'il le peut. Il est d'ailleurs particulièrement doué.
Une armée de possédés s'approche justement de Caer Dour avec un puissant démon à leur tête. Si elle arrive jusqu'à la ville, rien ne pourra sauver les habitants qui comptent donc sur la venue d'un mage de bataille pour stopper la progression du démon. Malheureusement tout ne se passera pas comme prévu, et Falco y sera grandement pour quelque chose ... La population doit fuir sa propre ville..
Bref, je ne vais pas vous raconter tout le roman. D'abord parce que je ne saurais pas le faire correctement, ensuite parce que ce n'est pas le but d'une chronique. Mais je me rends compte que je me suis laissée emporter par le fait de raconter l'histoire, parce que cela me permet de m'y replonger avec délice.
Comme dit plus haut, les personnages sont incroyablement attachants. Je ne vous ai parlé que de Falco et de Malaki, mais il faudrait aussi citer Bryna, un sacré bout de bonne femme, d'Alex, de Sir William, de Mérédith ou d'Aurélian. Tous ont leur place dans le récit, tous sont parfaitement brossés par l'auteur, tous ont leurs forces et leurs faiblesses. Bryna, jeune noble archère, enrôlée dans l'armée et qui doit apprendre à vivre avec des rustres. Alex, un jeune homme timide et bavard qui va diriger une armée. Sir William, le grand chevalier si fier et puissant, Mérédith le thaumaturge qui se retrouve à aider Falco. Bref, je ne vais pas lister tout le monde.
Oui il y a un côté Harry Potter dans ce récit (mince j'ai lu ça dans une chronique mais je ne sais plus chez qui: qu'il ou elle se dénonce pour que je puisse citer :)). Parce que Falco va intégrer l'école militaire, une école dure qui forme l'élite et justement Falco à un immense pouvoir, mais il ne le maîtrise pas. Il a un blocage, la peur de devenir comme son père. Alors Falco va essayer d'apprendre mais c'est loin d'être gagné. D'autant plus qu'il n'est pas forcément le bienvenu. Il est le fils d'un mage fou. Il fait peur et le pire c'est que Falco comprend que les gens aient peur de lui, puisque lui-même se fait peur.
Bon je vais arrêter de vous saouler avec cette chronique. Sans doute une des pires que j'ai écrite parce qu'elle part dans tous les sens. Il y aurait tellement de choses dont je voudrais vous parler. Je pense vraiment que le mieux c'est que vous lisiez le roman et que vous veniez en discuter avec moi. J'adorerais ! Vous verrez, le style, les personnages, le monde et puis les dragons. Mais oui je n'ai pas parlé des dragons: puissants, orgueilleux et bienveillants tout à la fois. Avec une âme d'une profondeur extrême. Que se passe t'il quand ils deviennent noirs? D'où viennent t'ils? Pourquoi aident-ils les humains? Pourquoi les mages de batailles arrivent-ils à les appeler ?
Beaucoup de questions qui je l'espère commenceront à trouver leurs réponses dans le tome 2 qui doit sortir en janvier 2019.
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir Mage de bataille. Faites connaissance avec Falco et tous ceux qui l'entourent, venez chevaucher les dragons, combattez les possédés et les démons. Vous ne le regretterez pas et vous en ressortirez probablement aussi enthousiaste que moi. Mage de bataille c'est de la fantasy classique, oui mais de la sacrément bonne ! Vous m'en direz des nouvelles !
mercredi 19 septembre 2018
[Sortie] Anatèm Tome 1 de Neal Stephenson
Anatèm Tome 1 de Neal Stephenson
Prix Locus & N°1 Best Seller du New-York Times
Editions Albin Michel Imaginaire
A paraître le 26 septembre 2018
Fraa Erasmas est un jeune chercheur vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar, un sanctuaire pour les mathématiciens et les philosophes.
Depuis des siècles, autour du sanctuaire, les gouvernements et les cités n’ont eu de cesse de se développer et de s'effondrer. Par le passé, la congrégation a été ravagée trois fois par la violence de conflits armés. Méfiante vis-à-vis du monde extérieur, la communauté de Saunt-Edhar ne s'ouvre au monde qu'une fois tous les dix ans. C'est lors d'une de ces courtes périodes d'échanges avec l’extérieur qu’Erasmas se trouve confronté à une énigme astronomique qui n’engage rien de moins que la survie de toutes les congrégations. Ce mystère va l’obliger à quitter le sanctuaire pour vivre l’aventure de sa vie.
Une quête qui lui permettra de découvrir Arbre, la planète sur laquelle il vit depuis toujours et dont il ignore quasiment tout.
Neal Stephenson (né en 1959) est l'auteur culte de Le Samouraï virtuel, Cryptonomicon, L’Âge de diamant (prix Hugo), Seveneves (en cours d'adaptation en long métrage). Anatèm est considéré comme son chef-d’œuvre.
Traduction de Jacques Collin
Illustration de Gaëlle Marco
vendredi 14 septembre 2018
[Sortie] Mage de Bataille de Peter A. Flannery
Voici une des sorties que j'attends le plus en cette période de rentrée. Il me tarde de l'avoir entre les mains !!!
Mage de bataille - tome 1

Édition Albin Michel Imaginaire
24.00 €
Date de parution: 26 Septembre 2018
Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l'armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l'amener aux marges du désespoir : il va entrer à l'académie de la guerre, une école d’excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine.
lundi 4 septembre 2017
MATO GROSSO de Ian Manook
Éditions Albin Michel
313 pages
22 euros
À paraître le 4 octobre
Le pitch :
Quand il pose un pied sur le tarmac de l’aéroport de Rio, Jacques Haret, un écrivain français venu présenter son « Roman brésilien », retrouve une sensation familière. La moiteur des tropiques et le choc éprouvé trente ans plus tôt lorsque, jeune journaliste, il tombait sous l’emprise de cette terre charnelle et vénéneuse.
Tandis qu’on le conduit à Petropolis, dans la maison où Stefan Zweig et sa femme se sont donné la mort, des bribes de son passé resurgissent. Si Haret a couché son histoire sur le papier et en a fait la matière de son roman, il ne se doute pas qu’ici, la page est loin d’être tournée, et qu’un flic ivre de vengeance l’attend pour réécrire le passé.
Adieu la Mongolie, bonjour le Brésil. Qu'à cela ne tienne me suis-je dis, c'est Ian Manook à la barre et j'ai tellement apprécié son Yeruldelgger que je pensais que n'importe quel personnage prendrait vie pour moi sous sa plume... quelle erreur. Il m'aura fallu dix pénibles jours pour arriver au bout de ce roman d'à peine plus de 300 pages !
Jacques Haret, aujourd'hui écrivain, revient au Brésil, pays qu'il a fuit il y a trente ans alors qu'il n'était que journaliste. Il y est invité par un éditeur pour présenter son dernier livre, "Roman brésilien" dans lequel il retrace ses aventures d'antan et le meurtre qu'il y a commis. Or il s'avère que l'éditeur n'est autre que Figueiras, un ancien flic qui joue le mauvais rôle sous le nom de Santanas dans son roman. S'en suit un règlement de compte musclé entre les deux hommes, Figueiras désirant remettre les pendules à l'heure. Ce dernier est le narrateur du récit, qui sera entrecoupé par des passages du roman qu'Haret sera forcé de lire à haute voix sous la menace d'une arme à feu.
Ian Manook alterne entre son huis clos et l'errance du jeune Haret 30 ans plus tôt dans cette région brésilienne, le Mato Grosso. Il se concentre donc sur deux personnages principaux, les secondaires étant très très secondaires justement. Les sentiments oscillent entre mépris, ressentiments et haine surtout. Les deux hommes ayant aimé la même femme Blanche, nommée Angèle dans le Roman brésilien, mais pas au même moment. Les souvenirs des deux hommes se mêlent à la fiction sans qu'on soit capable de trier si les faits qu'on nous narre sont réels ou déformés. Déformés soit par des souvenirs flous, soit pour servir le roman de Jacques Haret, voire même de Ian Manook.
Je n'ai vraiment pas accroché à ce roman. J'ai même dû me forcer pour aller jusqu'au bout. J'ai trouvé les personnages franchement détestables, à trente comme à soixante ans. Jacques Haret obtient la palme de la couardise et me semble un fieffé menteur. Son snobisme d'auteur parvenu et fier de l'être m'a hérissé le poil en permanence. Quant à Figueiras, lui c'est la palme de l'orgueil, de la vantardise. Ils sont tous deux veules et n'ont recueilli que mon mépris. Les suivre pendant dix jours a été une sinécure.
L'intrigue est somme toute simple et ne recèle pas de grandes surprises sauf peut-être à la fin. L'atmosphère étouffante du huis clos est parfaitement rendue et relayée par les descriptions de la chaleur écrasante qui règne dans cette région du Brésil. On y transpire abondamment dans ce roman, chaque page nous le rappelle et m'ont fait tordre le nez plus d'une fois à lire les descriptions des odeurs corporelles...
A l'instar de la Mongolie, on ressent ici aussi très nettement l'amour de l'auteur pour cette région du monde qu'il connait très bien. La faune, la flore, la géographie, le climat, les autochtones et leur mode de vie, tout y est détaillé peut-être trop longuement, faisant basculer le livre de roman en guide touristique. Mon émerveillement s'est transformé en ennui allant croissant.
Ian Manook passe d'une trilogie polardesque originale et enlevée à un huis clos sordide et moite. Assurément Mato Grosso ne peut être comparé à Yeruldelgger et je gage qu'il déroutera plus d'un lecteur. Même si je suis fortement déçue par ma lecture, je garderai un oeil sur les futures parutions de cet auteur, la trilogie mongole ayant pris une belle place dans mon coeur... toutefois sans me précipiter comme je viens de le faire !
tous les livres sur Babelio.com
mercredi 26 juillet 2017
La couv du prochain Chattam
Sortie début novembre 2017
Il fait partie de la série avec Ludivine et la section de recherche de Paris que j'avais déjà côtoyé dans La conjuration primitive qui m'avait beaucoup plu.
Entre temps est sorti La patience du diable... pas lu ! Me reste donc 3 mois 1/2 pour rattraper ce retard inadmissible.
samedi 25 juin 2016
Le nouveau Chattam est dans les bacs depuis début juin !
Éditions Albin Michel
389 pages
21,90 euros
4ème de couv :
Qui est Pierre ?
Et d'ailleurs,
se nomme-t-il vraiment Pierre?
Un rêveur ?
Un affabulateur ?
Un assassin ?
Une chose est certaine,
on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.
Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d'une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse. Un roman noir virtuose dont l'univers singulier n'est pas sans évoquer celui d'un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.
jeudi 9 juillet 2015
ENNEMIE INTIME de Christine Drews
Éditions Albin Michel
Collection Spécial Suspense
304 pages
19 euros
Résumé :
Son mari étant très pris par son travail depuis leur déménagement, Katrin se sent un peu seule en tête-à-tête avec son fils de 3 ans, Leo. Aussi est-elle ravie de sympathiser avec Tanja, une mère rencontrée à l'école. Le jour où son père décède brutalement, Katrin n'a d'autre choix que de lui confier Leo quelques heures. Mais à la fin de l'après-midi, personne. Stupeur en se rendant chez Tanja : c'est une autre femme qui ouvre la porte. Où est Tanja ? Qui est-elle ? Et pourquoi a-t-elle enlevé Léo ?
L'avis de Dup :
Quoi de pire pour une mère de constater que son enfant a disparu ? Que ce n'est pas une simple fugue ou échappée belle, car à trois ans une fugue est peu probable, mais qu'il a bel et bien été enlevé ? Voilà ce à quoi est confronté Katrin. Alors que les jours précédant l'enlèvement elle trouvait sa vie trop stressante, elle va vite découvrir qu'il y a toujours pire.
Nouvellement installée à Munster, sa ville natale, elle n'avait pas cherché à renouer de contacts avec ses amis d'enfance. Pas eu le temps en fait, à gérer toute seule le déménagement, les cartons pleins partout, son petit Leo, son nouveau job et son mari qui ressemble plus à un courant d'air qu'autre chose. Et puis le courant était bien passé avec Tanja, la maman de Ben, le nouveau copain de Leo...
Si l'enlèvement en lui même ne laisse aucun doute, les circonstances de cet enlèvement sont particulières, juste après le décès soudain du père de Katrin. Elles intriguent Charlotte et Peter, le tandem d'inspecteurs de la police criminelle de Munster mis sur l'affaire. Leur enquête va déterrer de bien vilaines choses et la descente aux enfers de Katrin ne fait que commencer. Un père au passé trouble, loin de l'image du médecin intègre qu'elle s'en faisait. Un mari apparemment infidèle alors qu'elle lui accordait toute sa confiance, etc, etc...Mais retrouver son fils restera un moteur suffisamment puissant pour maintenir debout cette courageuse jeune mère, malgré un sentiment de culpabilité tenace.
Ce n'est pas un portrait de femme forte que nous dresse Christine Drews, mais de deux car Charlotte l'inspecteur fait partie intégrante de l'ossature de son intrigue. Un passé douloureux qu'elle tente d'enfouir même s'il retenti sur sa vie privée, mais aussi sur son enquête d'aujourd'hui. Les flash back sont de plus en plus fréquents et portent préjudices à son boulot. Ce parallèle entre deux jeunes femmes au passé diamétralement opposé est intéressant, et leurs portraits psychologiques sont très bien dressés.
Même si ce roman n'est pas un thriller à proprement parler, c'est un roman au suspense rondement mené. L'angoisse de Katrin nous contamine dès la constatation de l'enlèvement et nous tiendra quasiment jusqu'au bout. Mon bémol sera justement sur le "quasiment" car le soufflé retombera bien avant la fin. L'auteur cédera la parole à Tanja, celle qui a enlevé Leo, et c'est lors d'un quasi monologue qu'elle explique ses gestes. Le but de l'auteur était sans doute de montrer que quelque part cette vengeance était justifiée, mais je n'ai développé aucune sympathie pour ce troisième personnage.
Cependant pour un premier roman, je tire mon chapeau pour l'abord psychologique des deux autres personnages principaux. J'ai fait corps avec elles et eu plus d'une fois les poils qui se hérissaient. Les pages défilaient et je n'ai fait qu'une bouchée de cet Ennemie intime. C'est un roman qui a bien sa place dans la collection Spécial Suspense d'Albin Michel. Collection que je suivais assidûment avant l'aventure bloguesque et qui m'avait rarement déçue (la preuve en image ci dessous ). Je renoue avec elle avec grand plaisir !
Il y a d'ailleurs une majorité de Dames en noir sur cette étagère :))
Sylvie Granotier, Maud Tabachnik, Patricia MacDonald, Lisa Gardner...
Ennemie intime est mon 16 ème roman pour le challenge de Zina
Inscription à :
Articles (Atom)























