lundi 4 septembre 2017

MATO GROSSO de Ian Manook





Éditions Albin Michel
313 pages
22 euros
À paraître le 4 octobre 


Le pitch :

Quand il pose un pied sur le tarmac de l’aéroport de Rio, Jacques Haret, un écrivain français venu présenter son « Roman brésilien », retrouve une sensation familière. La moiteur des tropiques et le choc éprouvé trente ans plus tôt lorsque, jeune journaliste, il tombait sous l’emprise de cette terre charnelle et vénéneuse.

Tandis qu’on le conduit à Petropolis, dans la maison où Stefan Zweig et sa femme se sont donné la mort, des bribes de son passé resurgissent. Si Haret a couché son histoire sur le papier et en a fait la matière de son roman, il ne se doute pas qu’ici, la page est loin d’être tournée, et qu’un flic ivre de vengeance l’attend pour réécrire le passé.







Adieu la Mongolie, bonjour le Brésil. Qu'à cela ne tienne me suis-je dis, c'est Ian Manook à la barre et j'ai tellement apprécié son Yeruldelgger que je pensais que n'importe quel personnage prendrait vie pour moi sous sa plume... quelle erreur. Il m'aura fallu dix pénibles jours pour arriver au bout de ce roman d'à peine plus de 300 pages !

Jacques Haret, aujourd'hui écrivain, revient au Brésil, pays qu'il a fuit il y a trente ans alors qu'il n'était que journaliste. Il y est invité par un éditeur pour présenter son dernier livre, "Roman brésilien" dans lequel il retrace ses aventures d'antan et le meurtre qu'il y a commis. Or il s'avère que l'éditeur n'est autre que Figueiras, un ancien flic qui joue le mauvais rôle sous le nom de Santanas dans son roman. S'en suit un règlement de compte musclé entre les deux hommes, Figueiras désirant remettre les pendules à l'heure. Ce dernier est le narrateur du récit, qui sera entrecoupé par des passages du roman qu'Haret sera forcé de lire à haute voix sous la menace d'une arme à feu.

Ian Manook alterne entre son huis clos et l'errance du jeune Haret 30 ans plus tôt dans cette région brésilienne, le Mato Grosso. Il se concentre donc sur deux personnages principaux, les secondaires étant très très secondaires justement. Les sentiments oscillent entre mépris, ressentiments et haine surtout. Les deux hommes ayant aimé la même femme Blanche, nommée Angèle dans le Roman brésilien, mais pas au même moment. Les souvenirs des deux hommes se mêlent à la fiction sans qu'on soit capable de trier si les faits qu'on nous narre sont réels ou déformés. Déformés soit par des souvenirs flous, soit pour servir le roman de Jacques Haret, voire même de Ian Manook.

Je n'ai vraiment pas accroché à ce roman. J'ai même dû me forcer pour aller jusqu'au bout. J'ai trouvé les personnages franchement détestables, à trente comme à soixante ans. Jacques Haret obtient la palme de la couardise et me semble un fieffé menteur. Son snobisme d'auteur parvenu et fier de l'être m'a hérissé le poil en permanence. Quant à Figueiras, lui c'est la palme de l'orgueil, de la vantardise. Ils sont tous deux veules et n'ont recueilli que mon mépris. Les suivre pendant dix jours a été une sinécure.

L'intrigue est somme toute simple et ne recèle pas de grandes surprises sauf peut-être à la fin. L'atmosphère étouffante du huis clos est parfaitement rendue et relayée par les descriptions de la chaleur écrasante qui règne dans cette région du Brésil. On y transpire abondamment dans ce roman, chaque page nous le rappelle et m'ont fait tordre le nez plus d'une fois à lire les descriptions des odeurs corporelles...

A l'instar de la Mongolie, on ressent ici aussi très nettement l'amour de l'auteur pour cette région du monde qu'il connait très bien. La faune, la flore, la géographie, le climat, les autochtones et leur mode de vie, tout y est détaillé peut-être trop longuement, faisant basculer le livre de roman en guide touristique. Mon émerveillement s'est transformé en ennui allant croissant.

Ian Manook passe d'une trilogie polardesque originale et enlevée à un huis clos sordide et moite. Assurément Mato Grosso ne peut être comparé à Yeruldelgger et je gage qu'il déroutera plus d'un lecteur. Même si je suis fortement déçue par ma lecture, je garderai un oeil sur les futures parutions de cet auteur, la trilogie mongole ayant pris une belle place dans mon coeur... toutefois sans me précipiter comme je viens de le faire !


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