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lundi 8 juin 2026

UN CRI DANS LE DÉSERT de Catriona Ward

 


Pocket éditions
Collection New Horror
480 pages
9,90 euros




L'avis express de Dup sur Un cri dans le désert de Catriona Ward


Un roman d'ambiance horrifique d'une rare intensité.
Âmes sensibles s'abstenir.


L'AVIS DE DUP



Nous faisons la connaissance d'une famille "traditionnelle" avec la mère Rob, le père Irving, la fille aînée adolescente, Callie, et la plus jeune, Annie. Callie est proche de son père alors qu'Annie est couvée par sa mère. L'entente entre les parents est loin d'être cordiale, ils s'engueulent en permanence quand ils pensent que les filles n'entendent pas... naïfs qu'ils sont.

Annie vient de déclarer la varicelle, et je vous livre la première phrase du roman alors que Rob est annoncée la narratrice :

C'est la varicelle qui confirme mes soupçons : mon mari me trompe à nouveau.

Callie parle à un moi imaginaire qu'elle a baptisé Callie-Pâle, ainsi qu'aux esprits des animaux morts et collectionne des squelettes d'animaux... Bref charmante famille traditionnelle n'est-ce-pas ? 

Rob vient de découvrir cette collection macabre et décide de s'occuper de sa fille aînée, rassemble un léger paquetage et l'emmène dans le désert, dans la propriété où elle a grandi et qu'elle a hérité de ses parents. Ce qui arrange bien Irving car sa nouvelle maîtresse n'est autre que la voisine et accessoirement l'amie de Rob.

Rob va alors se confier à Callie et lui raconter son enfance dans cette hacienda où elle a grandi avec sa sœur jumelle Jack. Leur relation fusionnelle oscillant entre l'amour et la haine. L'ambiance mi intello, mi hippie qui y régnait. Les expériences barbares pseudo-scientifiques que réalisaient ses parents sur des chiens. Callie est une gamine intelligente et plus le récit de sa mère avance et plus elle se rend compte que sa situation est critique...

Les chapitres alternent entre Callie, Rob aujourd'hui et Rob avant. On se prend en pleine face les expérimentations abjectes sur des animaux vivants, des souvenirs familiaux de plus en plus durs, la situation est flippante à souhait. On ne sait si c'est la mère ou la fille qui va péter les plombs en premier et surtout on se demande sans cesse où nous emmène Catriona Ward. Les derniers chapitres se lisent en apnée, la déglutition difficile.

Avec Un cri dans le désert, Catriona Ward explore sans concession les liens mère-fille, la famille et le libre arbitre, mais aussi l'inné et l'acquis. Le final est époustouflant et me fait dire que je regarderai de plus près à l'avenir les écrits de cette autrice. quand, dans la postface elle nous livre ses sources, de réelles expérimentations réalisées discrètement à une époque par la CIA à Langley où ils implantaient des électrodes dans le cerveau de chiens afin d'établir des techniques de contrôle de l'esprit, on a envie de vomir... Néanmoins, je recommande la lecture de ce roman, pour les amateurs du genre évidemment. 

* SP papier *


lundi 27 septembre 2021

WIDJIGO de Estelle Faye

 



Éditions Albin Michel Imaginaire
256 pages
17,90 euros




L'avis express de Dup sur Widjigo de Estelle Faye


Un récit horrifique mené de main de maître.
Du grand Estelle Faye !



L'AVIS DE DUP



1793. Jean Verdier, tout juste 20 ans, est las de son rôle de lieutenant de la toute nouvelle République française. Lui et ses soldats ont faim, froid et sont épuisés. Il doit cependant cueillir un autre aristocrate pour le livrer à la justice de la République : le marquis Justinien de Salers. Mais quelque part il y mettrait bien des guillemets à cette justice. Cependant c'est l'inverse qui va se passer, ils vont se retrouver coincés au pied de la vieille tour délabrée du marquis par la marée d'équinoxe et le lieutenant sera sommé d'écouter le récit du vieil homme... tout en découvrant et dégustant du café (hé ! c'est Estelle Faye tout de même 😁).

Et là, avec sa plume toujours aussi belle, l'autrice nous embarque quarante ans en arrière pour un autre récit derrière les pas d'un Justinien d'une trentaine d'années. Nous nous retrouvons en avril 1754 dans les bouges de Annapolis (GB), anciennement Port-Royal (FR), en Acadie, où notre jeune noble complètement fauché se saoule du matin au soir. Il va se faire embarquer contre son gré mais passivement pour retrouver les traces d'un cartographe disparu à Terre Neuve.

Une mission avec comme associés Veneur, un botaniste en disgrâce, Marie, une métisse qui ressemble à la Camarde et Gabriel, un ado mutique et comme possédé, seul survivant de l'expédition du cartographe. Le bateau va faire naufrage au large des côtes de Terre Neuve libérant sur les plages glaciales une poignée de survivants (dont nos quatre personnages) et un paquet de cadavres.

Ils se regroupent et entreprennent de rallier la civilisation de l'autre côté de l'île, en bravant une nature pour le moins hostile. Sauf que dès le premier jour ils retrouvent un mort et ils ne peuvent qu'en déduire que le meurtrier est parmi eux, et le jeu de massacre continue... Et puis, un soupçon de fantastique se mêle au texte sans qu'on le voit venir, s'intègre parfaitement et dès lors la question se pose à chaque fois : mort surnaturelle ou crime humain ? 

Les deux récits imbriqués jouent parfaitement leurs rôles et on est véritablement happé par ces macabres récits. Une plume tellement visuelle qu'on se surprend à frissonner de froid, à sursauter et surveiller derrière son épaule. Oui, à stresser en permanence en se demandant qui et comment sera le prochain meurtre, à se demander si ce personnage est réellement une sorcière. Estelle Faye nous parle de justice et de vengeance... et floute à merveille la frontière entre ces deux termes. 

Lorsque l'on cherche Widjigo sur wikipédia, nous sommes renvoyé à Wendigo : Wendigo ( / w ɛ n d ɪ ɡ oʊ / ) est une créature mythologique ou mauvais esprit qui provient du folklore des Premières nations basées dans et autour des forêts de la côte Est du Canada...[]. Ben je peux vous dire que la version Widjigo de Estelle Faye est un très très mauvais esprit, dans le genre cannibale même !!!

Widjigo m'a happée, broyée, transie de froid et terrorisée. Une énorme claque. Et, chose que je n'aurai jamais penser écrire en fin d'une chronique de cette autrice, pour lecteurs avertis, car certaines scènes nécessitent un estomac bien accroché. Je me suis régalée, coup de coeur bien évidemment !



Estelle Faye sur Bookenstock :

















Les chroniques :
lundi 7 septembre 2020

JE SUIS TA NUIT de Loïc Le Borgne

 


Éditions Actusf
350 pages
19,90 euros





L'avis express de Dup sur Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne


Un roman noir et violent que ne renierait pas Stephen King... 
Pour ados ?  Bien mûrs alors !



L'AVIS DU DUP


 

J'avais 16 ou 17 ans lorsque j'ai lu mon premier Stephen KingCarrie, et ce fut une révélation : j'adorais les livres d'horreur ! Et bien je peux vous dire que j'aurai adoré de la même façon ce Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne. Ce roman est étiqueté "pour ado"... ben personnellement je préciserai pour ado mûr hein, parce que ma comparaison avec LE King n'est pas anodine du tout, on n'est vraiment pas loin de Ça ! Je suis ta nuit est noir et violent.

Le roman commence dans une ambiance floue qui suscite bien des interrogations. Pierre, le narrateur est le père d'un ado et on comprend à demi mot que sa femme est décédée. Il veut aider son fils à affronter la mort par suicide d'une de ses amies, mais on ne sait pas grand chose de ce suicide non plus. Pour aider son fils, il va lui raconter par écrit cet été de 1980, alors qu'il avait 12 ans, et que lui et ses amis sont sortis de l'enfance... avec fracas !

Le récit de cet été pour le moins mouvementé, est entrecoupé de passages du narrateur adulte qui commente, analyse rétrospectivement, voire de façon anticipée, le récit du gamin... S'installe donc un récit à double niveau qui ne fait qu'augmenter l'angoisse que l'on ressent. Quand le narrateur adulte vous dit  « Le cadavre du wagon, c’était la première bourrasque, mais nous ne le savions pas. Le corbeau serait la deuxième, et la messe, la troisième. Après ces trois coups, le rideau s’ouvrirait et le vent balaierait notre enfance.» alors que vous venez d'être secouée par cette histoire de cadavre, ben non seulement vous faites gloup's, mais en plus vous frémissez à l'approche du moindre corbeau !

Le récit de Pierre enfant, c'est une plongée dans une époque où les gamins n'avaient que leur imaginaire pour se divertir.  Les films de l'époque, Star Wars et Goldorak sont à l'honneur. La croyance de ces mômes en leur imaginaire est forte et les rend extrêmement touchants, ce qui augmente encore plus l'empathie que l'on ressent pour eux. Des moments d'horreur intenses alternent avec des moments apaisants, sereins grâce à cette faculté d'oubli des mômes. Mais ce n'est juste que le calme avant la tempête...

Et malgré toutes ces horreurs, ce cynisme du monde adulte, ce roman est une ode à l'amitié, la vraie, la forte que ressentent les gamins à cet âge là. Une ode à l'imaginaire également, à la force des croyances que les mômes peuvent avoir et qui les sauveront de la ménagerie de l'horreur charriée par le Bonhomme Nuit qui hante ces pages. 

Je suis ta nuit vous accroche dès le tout début, la tension est gérée de main de maître et ne cesse de monter au fil des pages. Impossible de le reposer, et on le finit quelques heures après, tout chamboulé, la boule au ventre. Une fin toute en finesse pour la période des années 80, mais cependant frustrante pour la période du Pierre adulte. Loïc Le Borgne laisse le lecteur avec pas mal de questions. Peut-être aura-t'on une suite à ce one-shot...



jeudi 6 décembre 2018

LE SIGNAL de Maxime Chattam





Éditions Albin Michel
740 pages
23,90 euros


La 4ème de couv de mon livre... je précise car j'ai fait 3 sites dont celui d'Albin-Michel et à chaque fois c'était un pitch différent !

La famille Spencer vient de s'installer à Mahingan Falls.
Jusqu'ici tout va bien.
Un vrai paradis.

Si ce n'étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d'effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.





Entre le trailer qui circule sur le web et cette couverture superbe, je ne pouvais faire autrement que de m’acheter et lire immédiatement Le signal. Du Chattam qui fait peur, enfin ! Depuis la trilogie du mal je piaffe. Toutefois on n'est plus dans le même registre, ici il est question de surnaturel et d’horreur. Rien à voir avec les thrillers bien gore… Enfin si, le gore est toujours là mais que voulez-vous j’aime ça et je dois dire que j’ai été servie. On est d’ailleurs tout de suite plongé dans une ambiance glauque grâce à la mise en page d’Albin-Michel version faire-part de deuil.



La famille Spencer vient de quitter New York pour s’installer à Mahingan Falls , une petite ville pas loin de Salem... rien que ce nom colle une ambiance sorcellerie.  Tom et Olivia les parents, deux ados du même âge, Chad et son cousin Owen qui a été adopté récemment suite au décès accidentel de ses parents, et la petite Zoey deux ans. À peine arrivés dans la Ferme, la maison que l’on voit sur la couverture, des phénomènes bizarres, angoissants ont lieu. Mais ne comptez pas sur moi pour divulguer le moindre élément.

Et ces phénomènes, loin d’être cantonnés à la Ferme surviennent un peu partout dans Mahingan Falls. Cette ville coincée entre l’océan d’un côté et une chaîne de hautes collines qui l’entoure. Maxime Chattam nous crée un huis clos de l’horreur qui n’est pas sans rappeler Dôme de Stephen King par la multitude des personnages d’une ville que l’on suit. Mais ce roman rappelle surtout Ça pour certaines scènes où l’on sent bien l’influence du maître sur l’auteur. Une chose est sûre, vous ne me verrez plus jamais arpenter un champ de maïs, ça c’est clair !

Dans la famille Spencer, si j’ai bien aimé le caractère et la trempe d’Olivia, c’est sans conteste les deux ados et leurs deux copains que j’ai préféré suivre. Cette force qu’il leur faudra pour affronter seuls les événements tant ils sont persuadés qu’aucun adulte ne les croirait... c’est juste émouvant. Ces mômes qui tremblent de peur mais qui avancent quand même, wow. Je crois bien que c’est leur sort qui m’a le plus impacté, leur peur qui a été la plus communicative. Ceci dit la scène entre Olivia et Derek est juste énorme ! Allez, si j'avoue que j'ai beaucoup aimé Olivia aussi. J’attendais beaucoup du personnage d'Ethan Cobb, jeune flic nouvellement installé lui aussi à Mahingan Falls. Mais non, il n’a pas détrôné Joshua Brolin qui reste à jamais mon préféré ♥♥♥.

L’écriture de Maxime Chattam est toujours aussi efficace, et la construction de ce roman avec des chapitres courts et qui alternent entre les différents groupes de personnages ou de lieux où se passent les actions, en fait un redoutable page turner. Ce roman de 740 pages je l’ai avalé en moins de trois jours. Il faut dire aussi que l’auteur a poussé le vice à nous semer à chaque fin de chapitre un mini cliffhanger qui interdisait de reposer le livre pour attaquer le suivant de suite. Procédé efficace s’il en est, en tout cas sur moi. On se retrouve enfermé comme dans une cocotte-minute et Maxime Chattam fait monter la pression de chapitre un chapitre.

Cependant j’avais bien du mal à relier tous les événements qui se passaient dans cette petite ville, et plus j'avançais vers la fin du livre et plus je me demandais quelle pirouette l’auteur allait devoir faire pour conclure et expliquer… Et là, je dois dire que j’ai été complètement bluffée. Un final grandiose, explosif, avec des explications qui tiennent bien la route et qui m’ont convaincue. Bref du grand Chattam comme toujours souvent.


lundi 8 janvier 2018

[Audio] ÇA de Stephen King










Auteur(s) : Stephen King
Lu par : Arnaud Romain

Durée Ça 1: 26 h 26 min
Durée Ça 2: 21 h 38 min

Éditeur : Audible Studios





Ceci est donc une chronique de l'Intégrale. D'ailleurs cette histoire a du être découpée uniquement pour des besoins éditoriaux tant le fil se suit sans transition.

Derry, la ville de tous les malheurs, de toutes les horreurs du grand King. Derry que j'avais déjà visitée dans Simetière et dans Sac d'os... Après Ça, et bien moi je peux vous dire que c'est le Maine tout entier que je fuirai !

Stephen King n'y va pas par quatre chemins pour nous mettre dans l'ambiance. Dès la première scène George, le petit frère de Bill disparait dans les canalisations engorgées de la ville, à la poursuite de son bateau de papier. On retrouvera son petit corps plus tard, un bras arraché, les traits figés dans un masque d'épouvante...

Puis il s'attache à nous présenter les sept membres du fameux Club des ratés : Bill, Eddy, Richie et Stan au début. Puis viendront les rejoindre Ben, Beverly et Mike. Sept mômes de 11 et 12 ans qui ont chacun leur soucis de môme. Problèmes de harcèlement scolaire contre une bande de gros durs qui aiment cogner plus faibles qu'eux. Et là toutes les excuses sont bonnes : trop gros, trop grande gueule, trop noir... Mais des problèmes familiaux aussi, divers et variés : une mère hypocondriaque et étouffante pour l'un, des parents vides, absents moralement pour l'autre. certains alcooliques, d'autres gravement psychopathes. Bref, en suivant une dizaine de mômes l'auteur arrive à nous faire un tableau social des plus complet !

Ils auront tous été confrontés à Ça. Ça qui se cache dans les égouts de Derry, Ça qui se joue de la peur de chacun et c'est là que se trouve le must de l'affaire. Cette chose qui s'incarne dans votre imaginaire pour se parer des atours qui vous feront le plus flipper. Mais ils ne vont pas se laisser faire les mômes, pire ils vont l'affronter suivant leur chef, le grand Bill dans sa vengeance. Ils vont faire le cercle à sept du haut de leur onze ans durant l'été 1958. Et réussir à chasser Ça ?

Et bien visiblement non, pas définitivement en tous cas. Car 27 ans après, Mike, le seul à être resté à Derry va tous les rappeler : Ça est de retour... Alors qu'ils ont tout oublié de ces événements, tous ou presque vont revenir. Ils vont devoir rassembler leur souvenirs, leurs effrois de naguère, leurs trouilles décuplées d'adultes responsables.

Le récit de Stephen King va sans cesse faire le va et vient entre ces deux périodes. C'est totalement addictif même si les deux sont horribles et terrifiantes. Il ne laisse guère le temps au lecteur à l'auditeur de souffler. J'étais rivée sur mon enceinte, oubliant bien souvent mon activité annexe...

La part de fantastique dans Ça est énorme, on y est confronté directement et non par petites touches subtiles comme souvent, et pourtant mon Dieu comme tout cela est crédible. Ça vous prend aux tripes, va fouiller dans vos peurs primales pour vous propulser en plein cauchemar éveillé. C'est du grand grand King. Je pense pouvoir affirmer que c'est celui qui m'a le plus fait flipper. Il faut dire aussi que monsieur Arnaud Romain, le narrateur est excellent dans ce rôle. Quel talent ! Je vous en parle plus longuement dans mon premier billet sur Ça.

Vraiment je vous conseille l'écoute - la lecture - le visionnage (chacun rayera ses mentions inutiles) de Ça de Mister King. Moi je ne peux dire qu'une chose, en audio ça le fait vraiment.




Un SFFF pour le challenge de la Licorne :)



jeudi 7 décembre 2017

[Audio] ÇA # 1 de Stephen King







Auteur(s) : Stephen King
Lu par : Arnaud Romain
Durée : 26 h 26 min 

Série : Ça, Livre 1
Version intégrale | Livre audio

Date de publication :17/11/2016
Éditeur : Audible Studios


Le pitch :

Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l’auteur de Sac d’os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses œuvres les plus amples et les plus fortes.







J'ai toujours aimé frissonner avec cet auteur  que j'ai découvert avec Carrie, j'avais 16 ans... c'est dire si ça remonte ! Depuis, je les ai ai enchaînés et même si je ne les ai pas tous, le rayon de ma bibli est bien pourvu. Et je dois avoir de ci, de là quelques poches.


Les plus marquants pour moi ont été, outre Carrie, Christine, Shining et Simetière. Pourquoi suis-je passée à côté de Ça ??? Probablement parce qu'il est sorti en 88, alors que j'entamais le cycle Prépa-Grandes Écoles, période durant laquelle je lisais peu, voire pas du tout. En revanche, pourquoi étais-je persuadée de l'avoir déjà lu, cela reste un mystère pour moi !

Je suis actuellement au milieu de l'écoute de Ça 2, mais je peux néanmoins affirmer déjà que c'est LE roman de King qui m'aura le plus fichu les jetons. Au point de changer de lecture avant la nuit tombée -ce qui n'a pas empêché quelques cauchemars violents-, au point d'interrompre par moment mon écoute pour souffler un peu et retrouver un rythme cardiaque plus serein. Au point de soulever la bonde de ma baignoire uniquement lorsque j'étais habillée et fin prête à me ruer hors de la salle de bain...

Comme j'ai enchaîné sans pause les deux audios, la frontière entre les deux tomes est très floue pour moi. Aussi vais-je réserver la part réelle de chronique pour mon prochain billet ( il me reste une dizaine d'heures d'écoute). Faire en quelque sorte une chronique de l'Intégrale. Je vais aujourd'hui vous parler uniquement de l'AUDIO.

Le narrateur choisit par Audible, monsieur Arnaud Romain est tout simplement parfait. Je pense que j'aurai moins flippé en lisant ces romans qu'en les écoutant. J'ai sursauté un nombre incalculable de fois. Et du coup, je sais à présent que je n'irai JAMAIS le voir au cinéma. JA-MAIS !

Ce narrateur est capable de faire une multitude de voix, au point que je savais qui intervenait dans les dialogues du Club des ratés avant même qu'il ne le précise en suivant la narration du grand King. Je rappelle qu'ils sont 7 mômes, puis 7 -non 6- adultes 27 ans après lorsque se joue le second round. Capable de glisser des sanglots dans les voix, en faisant la distinction entre les sanglots de douleur de ceux de frousse.  Mais là où ce monsieur excelle, c'est vraiment dans l'intonation qu'il met sur la narration. Il le vit ce roman ! C'est juste parfait.

Franchement si vous vous tâtez pour une expérience de livre audio, celui ci est celui qu'il vous faut. Impressionnant !


mardi 30 mai 2017

LE SEPTIÈME PROPHÈTE de Matt Verdier





Éditions Les indés
368 pages
20 euros format papier
6,99 en format numérique


Le pitch :


Une tempête de cendres et une pandémie destructrice s’abattent sur l’Europe. Tandis qu’en France le virus fait des ravages, sept corps sont retrouvés mutilés dans sept églises. Jeune capitaine de police tourmenté au passé trouble, Yan Blys est chargé de cette affaire qui évoque un culte sataniste. Il découvre rapidement l’existence d’une prophétie dont les sept meurtres sonnent le commencement. Plus étrange encore, les dépouilles des victimes portent des scarifications semblables à celles qu’un mystérieux agresseur, plusieurs années auparavant, a pratiquées sur Alex, la sœur jumelle de Yan, enfermée en hôpital psychiatrique depuis lors. L’angoisse du policier atteint son paroxysme lorsqu’il constate qu’un carnage vient d’avoir lieu dans l’établissement et qu’Alex est en fuite.
Un livre écrit par Dieu et modifié par Satan, un ordre religieux secret fondé au xive siècle et toujours actif, l’Opus Dei lancé dans une recherche effrénée contre sa sœur, voilà les éléments avec lesquels Yan devra composer, dans cette enquête au cœur du cauchemar. Les dogmes qu’il devra bousculer pourraient bien le mener aux origines de l’humanité et à une révélation terrible sur les siennes.




L'avis de Dup :

Aujourd'hui je vais vous parler du second roman de Matt Verdier. Son premier, Corpus Prophetae paru chez Mnémos fut un gros coup de coeur, c'est pourquoi je n'ai pas hésité une seconde lorsque j'ai su que celui-ci sortait chez un autre éditeur : Les indés tout court, pas Les indés de l'imaginaire.

Le jeune capitaine de police Yan Blys, qui a récemment obtenu sa mutation pour Nancy afin de se rapprocher de sa soeur jumelle Alex, pour l'heure profite d'une semaine de vacances. Enfin, si on peut appeler profiter le fait de s'enfermer et de se noyer dans les vapeurs de cannabis et de mauvais whisky. En fait notre pauvre Yan cherche à puiser du courage pour rendre visite à Alex qui est enfermée dans une UMD* à Sarreguemines depuis plusieurs années suite à une agression violente.

C'est son lieutenant qui réussit à le sortir de son coma éthylique car le SRPJ de Nancy a besoin de renforts. Outre les sept crimes monstrueux répartis dans sept églises différentes (relisez le pitch !), il découvre que d'autres catastrophes se sont abattues sur l'Europe. Une pandémie mortelle ravage la population et une pluie de cendres ne cesse de s'abattre obstruant le ciel, figeant d'un épais manteau gris sale tout le décor. S'il tombe des nues, il n'a pas le temps de s’appesantir sur ces états de faits, une odieuse intuition l'aveugle : Alex est en danger. En effet, ce ne peut pas être une coïncidence, sur le front des sept cadavres se trouve une scarification identique à celle qui orne depuis presque 10 ans la poitrine de sa soeur agressée à Paris.

Dans une atmosphère délétère de fin du monde, Yan s'engage dans une enquête hallucinante qui le mène vers une prophétie. Une prophétie ! Au XXI e siècle ! Il a l'impression de nager en plein délire ! Yan s'engage également dans une course à la recherche de sa soeur disparue de l'UMD, dans une fuite pour échapper à l'Opus Deï qui entre dans la danse. Mais il y a aussi d'autres factions, certaines le traquent, d'autres le protègent tels ces quatre cavaliers de l'apocalypse accompagnés de "petits" loups : 1 mètre à 1 mètre 50 au garrot, des crocs comme des lames baignées d'une bave s'approchant du vitriol. Bref, on ne s'ennuie pas une seule seconde !

Avec ce roman Matt Verdier nous propose un thriller fantastique qui flirte avec l'horreur dans la pure ligne de Stephen King. Un personnage principal terriblement attachant malgré un passé et des origines troubles, malgré un côté schizo à faire surgir Crawn, un personnage imaginaire à l'aspect, euh... inoubliable ! Malgré tout ce que l'auteur va finalement lui mettre sur le dos, c'est un personnage que j'ai beaucoup aimé tant sa psychologie est creusée, abordée par petites touches grâce à Crawn justement. Un régal ce duo... si on n'a pas froid aux yeux et un estomac bien accroché !

Mais ce que j'ai aimé par dessus tout dans ce roman, c'est une construction atypique, un récit entrecoupé de rêves numérotés que j'appellerai plutôt des cauchemars. Un récit hyper rythmé qui va à cent à l'heure et qui est impossible à reposer une fois entamé. Une enquête qui se déroule quasiment jusqu'à son terme pour brusquement faire demi-tour et recommencer, différemment. Matt Verdier joue avec l'espace temps, nous surprend pour nous raccrocher à nouveau.

Du grand art, le tout servi encore une fois par une écriture poétique même dans l'horreur, une écriture que j'aime beaucoup. Je n'ai pas pris le temps cette fois de prendre des notes et franchement je le regrette. Si vous voulez en savoir plus sur le style de cette plume, allez donc lire ma première chronique où des extraits décrivent parfaitement le style Matt Verdier. Moi je me déclare fan et fais un coup de coeur de ce Septième Prophète.

*UMD = Unité pour Malade Difficile, sorte de mixe entre une prison et un hôpital psychiatrique.





jeudi 12 mai 2016

JE SUIS LE SANG de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait





Les moutons électriques
250 pages
19 euros


4ème de couv :


Londres, 1888.

Au théâtre du Lyceum, la pièce Jekyll & Hyde fascine la bonne société victorienne tandis qu’une série de meurtres est commis dans l’East End. Des prostituées sont sauvagement assassinées.
Bram Stoker, écrivain et régisseur du Lyceum, voit dans ces meurtres atroces la matière pour écrire le grand roman qui lui vaudra la postérité. En visitant les lieux du crime, il rencontre Mary Kelly, une prostituée irlandaise, et l’assassin que la presse surnomme bientôt : Jack l’Éventreur.



L'avis de Dup :

Londres, 1888. La pièce de Stevenson sur Jekyll & Hyde triomphe à Londres, au théâtre du Lyceum où Bram Stoker est régisseur. La bonne société londonienne apprécie de frissonner devant l'apparition spectaculaire des traits horrifiques de Hyde. Mais elle va avoir matière à frissonner davantage. Un tueur en liberté joue sa propre pièce de théâtre à lui dans l'East End, massacrant la nuit des prostituées. Après avoir été affublé de plusieurs sobriquets par les journalistes, il va s'adresser directement à eux et se nommer Jack l'éventreur. 

Ces meurtres barbares remuent l'inspiration de Bram Stoker qui sent là matière à exploiter. Il quitte sa tenue de gentleman du West End et c'est déguisé en marin qu'il va arpenter la nuit les pavés de ces quartiers mal famés de Londres. C'est en s'imprégnant de cette ambiance délétère qui y règne, en humant les remugles viciés charriés par le brouillard aux alentours des abattoirs que va naître l'un des plus grand chef-d'œuvre de la littérature fantastique : Dracula. Il y rencontrera la tristement célèbre Mary Kelly avec qui il va faire un bout de chemin. 

Lamarque et Portrait vont faire de Bram Stoker le héros principal de ce roman, le fil conducteur en sera la génèse de celui de Dracula. Et je vous garantis que si vous avez lu ce roman, vous vous prendrez au jeu des auteurs ! Ainsi on voit naître sous leurs plumes deux monstres sacrés. Le premier bien réel est celui de Jack l'éventreur, et le second, l'imaginaire qui s'en inspirera, le comte Dracula. Tout y est, la ville de Whitby et son abbaye , les légendes pleines de sang et de spectres qui s'y rattachent, l'histoire d'un naufrage terrible conté par un vieux marin du coin. 

En tissant des liens entre Stoker et le personnage qui joue, et là j'emploie le terme de jouer à bon escient, Jack l'éventreur, les auteurs maintiennent l'angoisse, une menace latente. Le quartier de East End sera lui aussi un personnage à part entière dans ce roman, et les célèbres noms de Miller's court et Whitechapel résonnent encore à mon oreille. 

L'impact qu'aura l'affaire de Jack l'éventreur est extrêmement bien décrite. La terreur, la montée de l'antisémitisme, les échecs successifs de Scotland Yard considérée alors comme la meilleure police du monde, l'écrémage des têtes politiques d'alors prisent dans la tourmente des attaques journalistiques. Le tout agrémenté des bons mots d'Oscar Wilde, critique littéraire de l'époque. 

Ce que j'ai adoré également, c'est la description du travail d'un auteur, la pose des jalons de l'histoire avec les personnages qui se mettent en place, les relations susceptibles de s'établir entre eux, les recherches bibliographiques, les prémices d'une intrigue pour cimenter le tout. Et le côté obnubilant, complètement obsédant de la phase d'écriture, où le monde pourrait s'écrouler autour sans que l'auteur ne s’aperçoive de rien. Le côté harassant bien trop souvent, mais ô combien jouissif...apparemment ! L'écriture semble une maîtresse bien possessive.

Bref, ce fut une lecture passionnante que je vous recommande chaudement. Pour ceux qui ont déjà lu Dracula, elle fera écho agréablement à vos oreilles, fera resurgir bien des émotions. Quant aux autres, elle ne pourra que vous donner envie de le découvrir.


Un autre avis chez Lune



jeudi 22 octobre 2015

CE LIVRE EST PLEIN D'ARAIGNÉES de David Wong




Super 8 Éditions
598 pages
21 euros


4ème de couv : ( et là, je vous la mets en entier avec le pitch de l'éditeur, car elle traduit bien ce qu'on trouve à l'intérieur de ce roman, sous cette affreuse jaquette jaune criarde !)

SÉRIEUSEMENT LES GENS,
NE TOUCHEZ PAS CE BOUQUIN !

Une année s’est écoulée depuis les événements décrits dans John meurt à la fin. John (qui n’est donc pas vraiment mort à la fin, et essaie désormais de se dégoter un vrai job) et son copain Dave ont repris le cours de leur existence. Le calme règne enfin dans la petite ville de…

Non, non, on plaisante : le calme n’a jamais existé dans le monde de John et David. La preuve ? Une nuit, une énorme araignée invisible attaque ce dernier dans son lit, puis prend le contrôle de l’officier de police venu enquêter sur l’incident, le transformant en ce qu’il faut bien appeler une saloperie de zombie. Une vague de panique déferle alors sur la ville, où une quarantaine est décrétée.

Tandis que David est enfermé dans l’hôpital avec des centaines d’autres victimes présumées et tente de s’enfuir (mais est-ce une si bonne idée ?), John parvient à quitter les lieux et se met en tête de retrouver Amy, la petite amie de son pote. Dès lors, qualifier la situation de chaotique reviendrait grosso modo à expliquer que le bombardement d’Hiroshima était « un peu irritant ».

Vous aimez les histoires de zombies ? Vous adorerez ce roman. Vous détestez les histoires de zombies ? Vous adorerez ce roman. Les lecteurs sont malheureusement formels : « À cause de ce bouquin, j’ai pris trois fois le mauvais métro pour Brooklyn. » « J’ai ri, j’ai chialé, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. » « Si quelqu’un vous raconte la fin, frappez-le où je pense, et dites-lui que j’approuve. » « David Wong est un putain de génie pervers. »


Et regardez ce que ça donne sans la jaquette...





L'avis de Dup :

Aussi bien le titre de ce roman que la jaquette qui l'emballe l'annonce, ce livre n'est pas pour les arachnophobes... et mon Dieu, je le confirme ! Moi qui adore me faire peur en lisant, moi qui kiffe vraiment le frisson déclenché par le suspense, l'angoisse et oui, même les scènes gore (thrillermaniaque disent certaines !), là, j'avoue que je n'ai pas toujours apprécié. Car s'il y a bien une chose que je déteste : les araignées. Et les serpents. Voilà, je viens de mettre le doigt dessus, je crois que je les déteste plus qu'elles me font peur. Au début de ce roman, je sentais les petits cheveux sur ma nuque se hérisser, prélude désagréable aux vagues incontrôlables de frissons  et de dégoûts qui m'envahissaient.

Mais il faut dire aussi que ce cap du début de roman passe rapidement grâce à l'imaginaire de David Wong qui surpasse très vite la réalité. Ses araignées à lui deviennent très vite des choses plus monstrueuses, bien trop grosses et trop cannibales pour coller avec l'image honnie.

Et puis surtout, ce qu'il nous raconte est tellement déjanté et tellement prenant qu'on en oublie notre phobie pour dévorer ces pages les unes après les autres. C'est un excellent page-turner, Même dans sa construction, les têtes de chapitres appellent à poursuivre. Il découpe son roman en x heures, puis y minutes avant 1) l'attaque, 2) le massacre du sanatorium (dans lequel est enfermé Dave) 3) le bombardement de [Confidentiel], la ville où tout se passe et qu'on a pas le droit de connaitre, car mieux vaut pas !

Encore un auteur avec un roman inclassable comme sait si bien les dénicher les éditions Super 8. Il y a de tout là-dedans. Du fantastique, de la science-fiction, de l'horreur et du burlesque. Un savant mélange qui rend le lecteur accro a toujours vouloir savoir la suite. Même quand ça part dans tous les sens parce qu'en fait cette dérive est parfaitement maîtrisée. Un régal ! Je me suis surprise plus d'une fois à éclater de rire et avoir une furieuse envie de connaître la marque et l'origine de la moquette de David Wong !

Ce qu'il y a d'original aussi dans ce roman, c'est que le personnage principal de cette histoire et qui en est le narrateur d'ailleurs est David Wong, Dave pour les intimes. Il se met en scène dans son propre roman, aux côtés de sa petite amie Amy et de son meilleur pote John. Et des trois, il n'y a guère qu'Amy a avoir les pieds sur terre. D'ailleurs sa présence et son opinion rationnelle sur ces attaques d'araignées renforce la crédibilité de ce délire. Dave lui sait que des choses bizarres arrivent tout le temps à ... [Confidentiel] . Il prend ça pour une fatalité, comme le fait d'être le seul avec John à voir ces foutues araignées. Alors que John lui, a une explication à tout, tout le temps. Bon, il faut dire aussi qu'il est tout le temps saoul, ou en passe de l'être, soit shooté à la sauce soja ! Oui, je sais, il faut le lire pour comprendre, et je vous promets que c'est délicieux. D'ailleurs je mets ma main à couper que ceux qui ont lu le précédent livre de l'auteur, John meurt à la fin, doivent savoir de quoi je parle. Je confirme cependant que l'on peut très bien apprécier cet opus sans avoir pris connaissance du premier.

Sans que ce soit un coup de coeur, j'ai beaucoup aimé cette histoire (alors qu'il y a des zombies !) et ne regrette absolument pas ma lecture. J'adore cette maison d'éditions !



lundi 12 octobre 2015

LES ENFANTS DE PEAKWOOD de Rod Marty





Éditions Scrinéo
383 pages
20 euros


Le pitch :

Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ? D'où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d’autres commencent-ils à agir étrangement ? 
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n’aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler… 

Félicitations, la mort vous offre une seconde chance…




L'avis de Dup :

Peakwood est une petite ville isolée au fond du Montana. De ces petites villes où tout le monde se connait ou du moins sait qui vous êtes. Et quand survient un dramatique accident de bus scolaire, c'est toute la ville qui est touchée, de près ou de loin. Il aurait dû y avoir plein de morts, il y a eu plein de morts en fait. Mais Chayton, le toubib de Peakwood, fils de l'indien chaman de la réserve d'à côté a fait appel aux pouvoirs de son père. Il a réussi à monopoliser sa magie pour les ramener presque tous à la vie. Tous sauf deux enfants, dont la petite fille de Chayton. Et la vie a continué son cours à Peakwood. Les présents à la cérémonie chamanique ont dû jurer de ne jamais en parler, les autres témoins ont été conditionnés pour oublier et croire le compte-rendu officiel : deux morts.

Ceci, c'était juste le prologue. Ensuite le roman commence, plusieurs années après. Les gamins d'alors sont tous au lycée, en passe de poursuivre à la fac. Chayton est toujours le seul médecin de Peakwood, même s'il est maintenant seul, son mariage n'ayant pas survécu au drame. Il faudra qu'il voit plusieurs cas de blessures bizarres, et surtout ceux que cela concerne pour comprendre qu'il y a un gros problème qui plane sur la communauté de Peakwood...

C'est un roman difficile à appréhender au début car on va suivre tous les protagonistes du drame et leurs familles, voire leurs voisins. Cela fait beaucoup de personnages à situer, mais l'auteur présente les différentes histoires de chacun de façon passionnante et on se prend très vite au "jeu". Et là, les guillemets ont un sacré rôle, car ce n'est qu'une façon de parler, une expression toute faite, car ici on est très loin d'un jeu quelconque. Rouler la mort ne se fait pas à la légère, le chaman les avait bien prévenus, et Chayton va être le premier à l'apprendre.

L'ambiance de ce roman, tout d'abord plutôt cool, va commencer à virer dans le bizarre, le surnaturel, pour basculer ensuite dans l'horreur. Le léger doute qui nous taraude dès les premières pages va se transformer en stress qui va aller crescendo et rend ce livre impossible à lâcher. D'autant qu'on finit par s'attacher à quelques uns des personnages, jeunes ou moins jeunes. On finit également par en haïr d'autres et au final, le sort de cette communauté nous importe de plus en plus.

Un roman qui rappelle un certain Stephen King, plus que surprenant dans la ligne éditoriale de Scrinéo. Efficace ceci-dit, mais un livre que je classerai pour public averti : je ne le mettrai pas dans les mains de n'importe quel ado. Certaines scènes sont euh...difficiles ! Moi qui ai entamé cette lecture pour me reposer de ma lecture stressante précédente (Sire Cédric), je fus servie ! Mais allez, il faut que j'avoue, j'adore me faire peur en lisant. Et donc là, en plus de la surprise, ce fut mission accomplie monsieur Marty. Premier essai transformé, je serai là pour le suivant : même pas peur.



mercredi 20 août 2014

CHAMBRE 507 de J.C. Hutchins et Jordan Weisman




Éditions Super 8
418 pages
20 euros


Le pitch :


Construit en 1875 à New York dans les profondeurs d’une ancienne mine de grès, l’hôpital Brinkvale est peuplé de criminels impossibles à traiter ailleurs – trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison. C’est dans ce cadre extrême que Zachary Taylor, jeune thérapeute, doit analyser la personnalité de Martin Grace afin de déterminer si celui-ci est suffisamment sain d’esprit pour répondre pénalement des crimes dont on l’accuse. Soupçonné de douze homicides, Grace a annoncé à chaque fois aux victimes leur mort imminente. Et les meurtres ont cessé deux ans plus tôt lorsqu’il est devenu aveugle. Mais l’affaire est délicate : Grace, en effet, dispose d’un alibi solide pour chacun des meurtres. Dans la chambre 507 de l’hôpital Brinkvale, l’interrogatoire prend progressivement l’allure d’un jeu aussi dangereux que passionnant. Martin Grace est-il un authentique génie du crime ou, comme il entend le faire croire, un esprit hanté en proie à des visions prémonitoires ? Surtout, pourquoi sait-il autant de choses sur la vie privée de Zachary ? Est-il vraiment ici par hasard ? Lorsqu’après de multiples coups de théâtre la vérité éclatera enfin, elle sera bien plus surprenante que tout ce que le lecteur a pu imaginer.


L'avis de Dup :

Wow !!! Autant annoncer la couleur tout de suite, énorme coup de coeur pour ce roman.

L'avis de l'éditeur est le suivant : « Ce thriller cauchemardesque, à l’atmosphère oppressante et à l’intrigue machiavélique, touche à l’essence même du fantastique : quand la réalité se dérobe sous vos pieds, à quoi pouvez-vous vous raccrocher ?  Entrez dans le cauchemar ! »  Et bien, je plussoie ! Pas un seul mot n'est exagéré dans cette accroche, pas un.

Tout d'abord vous prévenir que si vous lisez les premières pages de ce roman, vous êtes cuits, impossible de le lâcher. Il commence pourtant gentiment, en faisant tout d'abord connaissance avec le personnage principal Zachary Taylor, dit Zach, voire Z. C'est lui le narrateur, ce qui augmente encore plus l'empathie que l'on ressent dès le départ pour ce jeune homme sympathique, simple, à fleur de peau malgré tout, mais passionné par son boulot. Il est art-thérapeute dans le grand institut Brinkval, là où atterrissent ceux qu'on ne peut pas mettre ailleurs. C'est l'art, le dessin en l’occurrence, qui l'a sauvé de ses dérives d'ado, alors qu'il empruntait la mauvaise pente. Un Zach à qui les auteurs prêtent beaucoup d'humour et un oeil acéré, avec les mots qu'il faut pour décrire les lieux, l'environnement, les personnes qui l'entourent. Extrait page 10 :
La voix de Peterson possède une cadence distinctive qui trahit une très haute éducation : chaque mot est clairement énoncé, amidonné et bien repassé. :))

Et dès le premier chapitre, le directeur du centre, le Dr Peterson, lui confie un cas délicat : Martin Grace.  J'ai été prise par cette énigme soumise à Zach. Cet aveugle psychosomatique accusé de tant de meurtres, qu'il avait prédits, il a pourtant des alibis en béton pour chacun de ces meurtres. Il a perdu la vue il y a deux ans et depuis, plus de visions, plus de meurtres non plus. Il refuse de parler aux psychiatres et Zach doit déterminer s'il est responsable de ses actes ou non.

Puis Zach nous présente ses proches. Sa déesse tatouée, sa geek aux cheveux magenta, bref sa nana Rachael. Puis son sympathique petit frère Lucas. Ils forment un solide trio, plein de peps et d'humour. Ils vont bien l'épauler pour découvrir la vérité enfouie dans l'inconscient du patient Martin Grace. 

Et plus on avance dans le roman et plus on stresse. Le tout est accentué par la nyctophobie de Zach, soigneusement exploitée par le requin qu'il doit soigner. On est toujours sur la tangente, on ne sait plus qui est manipulé ou manipulateur. Ce roman est un vrai cauchemar, il remue toutes nos vieilles peurs d'enfants, tout ce que notre côté rationnel a écarté au fur et à mesure de notre apprentissage vers la vie d'adulte. J'étais stressée par ces visions, stressée par le patient de la chambre 507, stressée par son alccolique de fils que Zach doit cotoyer, stressée par Zach lui-même qui perdait souvent les pédales et m'entraînait avec lui. Stressée comme lui par son père autoritaire et peu aimant, le grand procureur William Taylor, stressé par...et bien, par tout !

C'est impossible de ne pas tourner les pages. Pour fuir les peurs précédentes, pour comprendre, pour courir après la lumière. Et comme si tout cela n'allait pas assez vite, les auteurs font de Lucas un adepte du parkour, ce sport urbain extrême. Extrait page 324 :
Lucas est un véritable kangourou urbain. Il bondissait, roulait et glissait entre les piétons, les esquivait comme par miracle, avec une audace folle et une grâce infinie. Le monde était sa voie express, son terrain de jeu. Les supports des auvents de magasins devenaient des barres fixes ; les bouches d'incendie, des tours de lancement. 
Et nous nous courrions derrière en l'appelant à tue-tête.
Et le lecteur court aussi derrière, en apné !

Infernal, puissant, passionnant.
Un livre qui vous marquera profondément.
Un livre à lire absolument.
Un Super 8 quoi !