Les informations et le résumé sur le site des éditions SCRINEO
Les informations et le résumé sur le site des éditions SCRINEO
La ville de braises et de crocs de l'autrice n'est autre que Paris, et nous sommes en 1901. Mais l'on va vite se rendre compte que ce n'est pas exactement le Paris que nous avons appris dans nos livres d'histoire sur les bancs du collège !
Mip Ruberto Sanquer part d'un fait réel survenu en 1864, une météorite tombée dans le Tarn-et-Garonne, pas loin de la ville d'Orgueil, extrapole et crée des humains mutants qui se sont appariés avec un animal. Chaque binôme est singulier, l'humain acquérant quelques caractéristiques de l'animal en plus d'un QI supérieur à la normale, ce dernier acquérant la parole et les réflexions qui vont avec.
Bien évidemment, ces transformations ne se sont pas passées sans heurts, mais après une chasse aux sorcières active, une cohabitation fragile semble s'installer, même si chaque communauté reste méfiante de l'autre.
Cécile Gaultier est de retour à Paris après un exil forcé avec un nouveau familier, Sémiramis un petit chaton femelle. En effet, le décès de son familier précédent sept ans plus tôt, un gros matou du nom de Merlin, l'avait déchue de son rang d'Orgueilleuse. Elle sera réintégrée immédiatement dans ses fonctions d'enquêtrice par le dirigeant des Orgueilleux car ils ont bien des soucis avec une sordide histoire. Cela fait plusieurs jours que la capitale est secouée par une série de meurtres d'enfants profanant des lieux de culte. Des factions anti-Orgueilleux commencent à s'agiter...
Elle devra mener l'enquête avec un autre binôme, Frémont, un pisteur venu de Haute-Savoie et son lynx, Farouche. Association bien disparate entre la mondaine adepte de son bolide, une Teslamobile et le montagnard amoureux des grands espaces vides, mais qui somme toute fera le sel de ce roman. J'avoue avoir eu bien plus d'empathie pour Frémont que pour l'héroïne de cette histoire.
La ville de braises et de crocs se présente comme un roman policier fortement teinté de steampunk, qui n'est pas sans rappeler le Paris des merveilles de Pierre Pevel, si ce n'est qu'il s'adresse aux ados (à partir de 14 ans nous dit l'éditeur). Des "engins" mobiles y circulent aussi bien dans les cieux, dans les rues que dans les égouts, avancées technologiques que l'on doit aux Orgueilleux.
Le roman de Mip Ruberto Sanquer se déroule sur dix jours et de ce fait, l'intrigue se déroule très vite. Paradoxalement, et c'est pourquoi je n'en fais pas un coup de coeur, j'ai trouvé certains passages bien longuets, comme le bal de présentation de Sémiramis. Un long chapitre plein de détails de froufrous et de salamaleks guindés, et un dernier paragraphe où tout se bouscule. Ceci dit, il reste très plaisant à lire et nul doute qu'il trouvera son jeune public auquel il est destiné. Et puis, qui ne serait pas fier d'accueillir dans sa bibliothèque un livre doté d'une si belle couverture que l'on doit à Hypathie Aswang !
Dès le début de ce roman nous sommes plongés dans un monde bien sombre où les araignées ont répandu la peste grise. La plupart des personnes mordues sont atteintes de léthargie alors que quelques femmes acquièrent des pouvoirs qui font peur et sont appelées des tarentas. Bien vite on mettra tout sur leur dos, et le roi, par le biais de l'église toute puissante, mettra en place l'inquisition pour traquer ces "sorcières". Un univers où on se demande malgré tout qui de l'homme ou de l'araignée mène la danse...
Qui dit araignées, dit toiles collantes partout, dit cocons enrubannant leurs proies, la plupart pendants des arbres, des toits, des... argh, la plume tellement visuelle d'Aurélie Wellenstein a bien mis à mal mon arachnophobie ! Elle peut se vanter d'avoir déclenché des kyrielles de frissons incontrôlables !!! Heureusement, on va suivre trois personnages terriblement attachants qui détourneront souvent mon attention.
Cillian, Erin et Sulyvhan. Deux mômes et un homme qui a déjà bien vécu. Ce sera un récit à trois voix qui nous permettra de découvrir leur passé, leurs histoires foncièrement différentes, émouvantes dont le point commun est l'inquisition. Cillian parce qu'il est possédé par l'esprit d'un loup après avoir enfilé accidentellement un heaume d'apparence lupine qu'il ne peut plus retirer. Sulyvhan parce qu'il ne veut plus rien à voir avec l'inquisition dont il faisait encore partie deux années avant et qu'il veut sauver son fils. Et enfin Erin qui se retrouve emprisonnée sur dénonciation calomnieuse par un amoureux éconduit.
Ces trois là vont finir par se rencontrer et fuir l'inquisition ensemble. Et même s'ils ont chacun leur but, le lien qui les unis va grandir au fur et à mesure des épreuves qu'ils vont traverser. Des épreuves je ne vous cache pas, souvent très violentes, des périodes de stress intense attendent le lecteur bien souvent. Ils doivent rejoindre la Tisseuse, la première tarenta, princesse promise au prince devenu roi maintenant, désormais recluse dans une tour, au milieu d'une ville morte.
L'évolution des personnages au cours de ce volume est vraiment passionnant. Physiquement bien sûr, mais surtout psychologiquement. L'empathie que l'on éprouve pour eux va crescendo dans ce présent mouvementé et plein de danger alors qu'elle démarrait fort avec le récit de leur passé. Inutile de dire combien on piaffe de poursuivre le récit pour connaître leur futur ! D'autant qu'Aurélie Wellenstein nous concocte un final explosif et carrément surprenant !
Un univers sombre et glaçant dans lequel évoluent trois personnages fabuleux, passionnants et fondamentalement différents. Une belle exploration de la part d'ombre qui se développe en chacun d'eux. Une fin à laquelle on ne s'attend pas qui nous colle sur les starting-blocks pour lire la suite de ce diptyque. En attendant, ce tome 1 est un gros coup de cœur.
Mais Plume n'est pas une piratesse avec un bandeau sur l'oeil, une jambe de bois arpentant un pont de bateau, non. Une piratesse parce qu'elle vole des choses aux autres, et pour ce faire, c'est à chaque fois une grande aventure. Elle s'approprie les ombres des gens, enfin, plus exactement des animaux qu'elle croise. De toute façon, qui se soucie de son ombre dites-moi ?
Ainsi, elle peut les revendre au marché noir et s'acheter à manger. Parce que oui, Plume doit se débrouiller toute seule, sa maman, piratesse elle aussi, est partie un jour à l'aventure, chercher une ombre mythique et n'est jamais revenue.
En plus, lorsqu'elle a attrapé une ombre, celle-ci lui réserve une belle histoire, la vie de l'animal dont elle s'est séparée. Mais le plus gros problème de Plume c'est qu'elle s'attache, que les ombres deviennent ses amies, et que jamais elle ne les revend. Elle en a plein la besace d'amies, Piou la fouine câline, Triki le gros tricératops, Bucéphale la licorne, etc...
Alors, comme elle a faim, elle repart à l'aventure, chercher une autre ombre qu'elle revendra celle-ci, c'est sûr ! Et pourquoi pas un défi plus gros, plus grand : l'ombre du dernier dragon ! En voilà un défi à la hauteur de notre grande piratesse !!!
Agnès Marot nous offre un récit tout en douceur alors même qu'elle parle d'abandon, de deuil. Un récit plein d'aventures, de vie et de belles amitiés que j'aimerai lire un jour au coin du feu à des petits enfants. Et pour ceux qui savent lire, ce livre s'adresse aux 8 ans et plus. Je ne terminerai pas ma chronique sans parler de cette très jolie couverture que l'on doit à Céline Deregnaucourt, ainsi que les quelques illustrations qui parsèment le récit.
L'Amas, une décharge à ciel espace ouvert... Un
rassemblement de tous les rebuts du système solaire, aussi bien pour les
engins volants qui la constituent que pour ses habitants, humains,
mutants, androïdes. Un peu comme une casse gigantesque où chaque vaisseau
spatial est agglutiné au suivant. Le tout gravite aux confins de
Jupiter.
Jupiter qui reste la dernière planète inexplorée, Jupiter la rebelle, qui rejette tous ceux qui s'approchent et garde tous ses mystères. Jupiter qui suscite de ce fait un attrait immense pour les casse-cou en tout genre.
Kat vient de rejoindre l'Amas pour retrouver la trace de son frère jumeau, Pavel. Jupiter a toujours été une attraction pour lui, or cela fait trop longtemps qu'elle n'a plus de nouvelles. Elle va mener son enquête tout en essayant de survivre au milieu de cette faune hétéroclite et sauvage, souvent mauvaise.
Kat est une chercheuse, une scientifique, elle a toujours été la tête pensante du duo gémellaire. Pavel l'exalté, le fonceur assouvissant toutes ses passions. Elle le sait au fond de ses tripes, il est vivant, il l'appelle à l'aide. Donc elle va aller le chercher...
Bon alors, vous connaissez (du moins ceux qui me lisent) mon amour pour la SF. De la fantasy avec des boulons parait-il. Les dragons crachant du feu : des vaisseaux spatiaux. Les chevaux portant les héros : des vaisseaux spatiaux. Alors quand l'univers proposé pour les 3/4 du bouquin ce sont encore des vaisseaux spatiaux soudés entre eux... ça fait beaucoup hein. Mais je vais vous surprendre : j'ai beaucoup aimé cette histoire !!! Surtout le dernier 1/4, et vous savez quoi ? Ce sont encore des vaisseaux spatiaux 😂
Tout le roman de Floriane Soulas repose sur un seul personnage, Kat, Ekatarina ou Rina selon qui l'appelle. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est fouillé, solide. On connait petit à petit son passé, ses failles, et depuis le début ses attentes. Forcément, 600 pages à la décortiquer, à la côtoyer, on la connait bien. Mais je dois avoir un problème avec la plume de l'autrice, car comme pour Les noces de la renarde je n'ai pas réussi à m'attacher à son personnage principal. Or là ce n'est clairement pas un problème de culture nippone... J'ai clairement préféré Jade, l'amie de Kat, même avant la révélation car je m'en doutais. Bon, un poil moins après l'épilogue.
J'ai bien aimé cette lecture, clairement les amateurs de science fiction y trouveront sûrement plus leur compte que moi, et s'ils s'attachent à Kat ce sera sans aucun doute pour eux un coup de coeur. Et je peux même ajouter que pour les non amateurs, Les oubliés de l'Amas plaira quand même, il y a des scènes inoubliables, marquantes. Il me reste Rouille à découvrir, qui m'attend sagement dans ma bibli... depuis sa sortie.
Deux noms sur cette couverture. Anthelme Hauchecorne, Emmanuel Chastellière. Deux aimants. Comment résister ? Impossible. Deux auteurs que j'adore, tous deux invités en Mois2 ici, deux fois même pour Emmanuel. Il fallait donc que je découvre ce roman à quatre mains, une première pour tous les deux je crois bien.
Et puis quand on voit la beauté de cette couverture qui ressemble à une aquarelle high level, on a qu'une envie se plonger dedans. Les couleurs sont chaudes, accueillantes... et pourtant ! Je ne pense pas avoir rencontré un lieu aussi peu accueillant !!!
Jeanne vit dans l'angoisse depuis qu'elle n'a plus de nouvelles de son frère Adam. Il avait réussi à lui en faire parvenir depuis qu'il avait rejoint Shusharrah. Alors elle s'inquiète, elle lui avait pourtant dit tout ce qu'elle pensait de ce rêve, de cette lubie juste avant qu'il parte ! Alors elle décide de le rejoindre.
De toute façon rien ne la retient ici. Ici, c'est une ville quelque part en France... Et puis ce n'est même plus la France, cela ne veut plus rien dire ces noms de pays. Il n'y a plus rien qui fonctionne, même déjà du temps de ses parents. Les cataclysmes suite au dérèglement climatique, les flux migratoires dus aux famines, guerres ou autres ont brassé tout ça, diminué drastiquement la population et aujourd'hui pour le peu de survivants c'est la loi de la démerde.
Elle empaquète le peu qu'il lui reste, et surtout ses quelques livres rescapés, seule chose à laquelle elle tient, et prend à son tour la route vers Shusharrah. Ben, un ami d'enfance l'accompagne. Et le périple commence dès le début, jusqu'à la côte. Puis le choix du passeur, le voyage en mer dans des conditions déplorables, les tempêtes, les menaces des pirates, et encore moults péripéties glauques que je ne vous raconterai pas, elle finit par débarquer, seule, au pied de Shusharrah.
Pas dans Shusharrah non, il faut la mériter pour y entrer. Au pied, dans un immense bidonville qui s'étale devant la montagne abritant la ville de tous les espoirs. Mais tout cela indiffère presque Jeanne, ce qu'elle veut c'est comprendre où a disparu Adam, son frère. S'il faut entrer dans Shusharrah elle rentrera, s'il faut rester dans le bidonville, elle restera.
J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage principal tellement froid, même si je reconnais une sacrée évolution sur la fin. J'avais beau me dire que c'était normal, qu'il fallait qu'elle se blinde pour supporter tout ce qu'elle traverse, je n'ai pas réussi à développer de l'empathie pour elle. Pour Dayot oui, et surtout pour la vieille Issa ♥.
Sinon, les thèmes abordés le sont avec une finesse remarquable : L'immigration bien sûr, la précarité, les différences sociales, le racisme et tous les corollaires qui découlent de ce pack bien sombre. Shusharrah est un roman d'anticipation et non un post-apo ou une dystopie comme on pourrait le croire. Et cependant les thèmes abordés, terriblement actuels demeurent.
Je dis anticipation parce que les auteurs ont bien souligné que les générations précédentes, c'est à dire nous, étions au courant des catastrophes imminentes dues au dérèglement climatique. Que les sonnettes d'alarmes avaient toutes été tirées. Mais que les décisions pour y remédier n'ont pas été prises, ou si peu, ou pas assez vite... Tellement vrai, tellement actuel !
Shusharrah est un roman profond qui va vous embarquer dans un univers impitoyable, un futur probable que nous laisserons peut-être (laisser moi m'accrocher à ce peut-être !) à nos petits-enfants, au mieux à la génération suivante. Shusharrah est un constat terrible de ce que peut créer un fossé entre une élite et le reste du monde. Et même si Shusharrah apporte également une note d'espoir, pour sauver l'humanité si ce n'est la Terre, j'ai trouvé ce roman dur, trop dur même pour l'adulte (confirmé) que je suis, alors qu'il est destiné aux plus de 15 ans... Le mieux est que vous vous fassiez votre opinion vous même je crois.
Une nouvelle sortie d'Estelle Faye, ça ne se rate pas c'est une évidence. Mais quand en plus elle est servie par une couverture aussi belle, c'est la cerise sur le gâteau. Parce que oui, la toute première chose qui frappe lorsqu'on a ce livre en main, c'est sa beauté. La couverture est sublime, réussie dans ses moindres détails. Elle attire le regard, c'est vraiment fabuleux.
Et puis on ouvre le livre et le contenu est à la hauteur de l'extérieur. Maël est un jeune garçon myope comme une taupe, collégien, un peu solitaire, harcelé par une bande de sales mômes comme il en existe beaucoup. Sa seule amie c'est Astrid. Astrid avec ses deux nattes de longueurs inégales, orpheline placée dans une famille d'accueil. Elle n'a pas toujours eu la vie facile et elle a appris à faire face. Elle est toujours là pour Maël et prendre sa défense. Lorsqu'une fois de plus Maël se retrouve en mauvaise posture face à ses harceleurs, Astrid accourt pour le défendre. Mais ce sont Maël et Astrid qui se font prendre par la patrouille et qui sont convoqués chez le directeur. Pour oublier tout ça ils partent en mer sur leur Optimiste. Ils ont l'habitude de naviguer, ils habitent depuis toujours sur cette côte Normande bourrée de légendes et de récits Vikings. Alors quand le brouillard se lève, épais, poisseux et franchement étrange, voir apparaître un drakkar ne les surprend pas plus que ça. Ils pensent d'ailleurs que ce sont des touristes qui font une reconstitution historique. Perdus en mer comme ils le sont, ils acceptent de monter à bord et là ils vont réaliser leur erreur. Pas de reconstitution, ils sont bien sur un drakkar langskip, au milieu de 'vrais' vikings sous le coup d'une malédiction. Astrid et Maël sont les seuls à pouvoir les sauver. Pour rompre la malédiction c'est facile, il suffit de retrouver un artefact sur une des îles autour d'Yggdrasil. Les deux vont se retrouver face à des nains, des dragons, des Ases, Odin, Hel, Loki, Fenrir et j'en passe ... Piece of cake !
Le roman est merveilleusement écrit, empli de l'imaginaire nordique. Le lecteur est plongé dedans jusqu'au cou. L'immersion est totale au même titre que pour Astrid ou Maël. La quantité de détails, de créatures, de décors et d'atmosphères est phénoménale et pourtant "ça passe crème" comme dirait Dup. Chaque île est différente, chacune a ses spécificités et correspond à l'un des neuf royaumes de la mythologie nordique (Asgard, Vanaheim, Jötunheim ...). Jamais on est perdu, jamais on se sent noyé sous les informations et pourtant quelle richesse !!!
Et que dire des personnages! Je ne parle pas évidemment d'Odin ou Loki, bien connus, mais de Hrolf le jarl du langskip, ou de Leifr le scalde au comportement un peu étrange. Quant à Astrid, elle est plus grande que nature. Cette jeune adolescente qui n'a pas froid au yeux prend tout son essor au milieu des guerriers Vikings. Elle prend son rôle de protectrice très au sérieux et ses capacités seront indispensables dans cette aventure. Quant à Maël lui, il est plutôt l'intello, celui qui a lu les livres, qui connait la mythologie nordique. Il est aussi celui qui nous conte ce récit, le scalde de nos temps. Il n'a peut être pas les capacités physiques d'Astrid, mais son courage ne fait aucun doute.
Le drakkar Éternel est un magnifique roman jeunesse. Pas si jeunesse que ça d'ailleurs car il est tellement bien écrit, tellement riche, qu'il s'adresse à tous. Que vous soyez ou non féru de Mythes nordiques, vous ne pourrez que vous laisser embarquer sur ce langskip pour suivre Astrid et Maël.