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vendredi 18 avril 2025

LES 12 CHAUSSURES DE CENDRILLON de Nadia Coste

 

Éditions SCRINEO
263 pages
13.90 euros



Les informations et le résumé sur le site des éditions SCRINEO




☇ L'avis éclair de Phooka sur les 12 chaussures de Cendrillon de Nadia Coste  ☇



Une très jolie variation sur le thème du conte.
De l'humour, un beau prince, une cendrillon peu ordinaire.
Et tout le talent de Nadia Coste 💛



L'AVIS DE PHOOKA:



    

    Il était une fois une jeune fille du nom de Cendrine. Depuis quelques années, elle vit avec sa belle-mère, et ses deux belles sœurs, son père étant souvent absent. Cendrine est une jeune fille travailleuse et effacée, elle a peu d'amis depuis que Gustave, le fils du boulanger est brutalement parti du village sans explication. Mais voilà qu'Henri, pardon le prince Henri est à la recherche d'une épouse. Sa mère la reine, organise un bal pour lequel elle invite toutes les jeunes filles de la région. La marraine de Cendrine, Sophie Labonnefée, lui vient en aide pour que Cendrine puisse elle aussi participer à ce bal et danser avec le beau prince. Sauf que Cendrine n'est pas vraiment persuadée que le prince soit l'homme de sa vie ... Alors pour en être sûre, sa marraine lui fait remonter le temps et elle retourne au bal encore et encore ... pour apprendre à connaître le prince, histoire de ne pas se tromper ...

    Nadia Coste frappe fort. Encore une fois. Avec ce petit roman jeunesse (à partir de 10/12 ans), elle revisite Cendrillon à sa façon. Parce que oui, avouez qu'il ne suffit pas de danser avec un prince pour décider de passer sa vie avec lui. C'est un peu exagéré non ? Alors Cendrine, alias Cendrillon, va se donner un peu plus de temps pour décider. Elle va profiter des multiples danses avec le prince pour le sonder et découvrir s'il peut être son âme sœur. Et surtout, elle va faire bien attention à ne pas laisser traîner sa chaussure n'importe où en partant avant minuit. C'est elle qui décide, c'est son choix. Le libre arbitre vous connaissez ? Et quand elle retrouve son ami Gustave, travaillant au château et apparemment en situation périlleuse, elle va aussi profiter de ses allers retours au bal pour essayer de l'aider.

    Le texte est empli d'humour, de réflexions décalées, de drôleries, mais il est aussi emprunt de sagesse et de bons conseils. Un poil féministe et bourré de bon sens, ce Cendrillon version Nadia Coste devrait être lu par tous, fille ou garçon. Attention, ce n'est pas une leçon, mais une vraie lecture divertissante avec du suspense et une dérision délicieuse. Bref, c'est à mettre entre toutes les mains.

    J'imagine très bien ce texte sous la forme d'une BD et je visualise déjà toutes les paires de chaussures de Cendrine. Parce que le délire sur vair/vert/vers/verre puis sur les talons aiguilles est un pur délice !!

    Bref, du Nadia Coste et du bon. Drôle, bourré de suspense et de bonnes idées, c'est un excellent ouvrage à mettre dans les mains de vos petiots (et moins petiots).
jeudi 1 février 2024

LA VILLE DE BRAISES ET DE CROCS de Mip Ruberto Sanquer

 


Éditions Scrinéo
540 pages
19,90 euros




L'avis express de Dup sur La ville de braises et de crocs de Mip Ruberto Sanquer

Un roman policier mâtiné de steampunk pour adolescents bien plaisant à lire.


L'AVIS DE DUP



La ville de braises et de crocs de l'autrice n'est autre que Paris, et nous sommes en 1901. Mais l'on va vite se rendre compte que ce n'est pas exactement le Paris que nous avons appris dans nos livres d'histoire sur les bancs du collège !

Mip Ruberto Sanquer part d'un fait réel survenu en 1864, une météorite tombée dans le Tarn-et-Garonne, pas loin de la ville d'Orgueil, extrapole et crée des humains mutants qui se sont appariés avec un animal. Chaque binôme est singulier, l'humain acquérant quelques caractéristiques de l'animal en plus d'un QI supérieur à la normale, ce dernier acquérant la parole et les réflexions qui vont avec.

Bien évidemment, ces transformations ne se sont pas passées sans heurts, mais après une chasse aux sorcières active, une cohabitation fragile semble s'installer, même si chaque communauté reste méfiante de l'autre.

Cécile Gaultier est de retour à Paris après un exil forcé avec un nouveau familier, Sémiramis un petit chaton femelle. En effet, le décès de son familier précédent sept ans plus tôt, un gros matou du nom de Merlin, l'avait déchue de son rang d'Orgueilleuse. Elle sera réintégrée immédiatement dans ses fonctions d'enquêtrice par le dirigeant des Orgueilleux car ils ont bien des soucis avec une sordide histoire. Cela fait plusieurs jours que la capitale est secouée par une série de meurtres d'enfants profanant des lieux de culte. Des factions anti-Orgueilleux commencent à s'agiter...

Elle devra mener l'enquête avec un autre binôme, Frémont, un pisteur venu de Haute-Savoie et son lynx, Farouche. Association bien disparate entre la mondaine adepte de son bolide, une Teslamobile et le montagnard amoureux des grands espaces vides, mais qui somme toute fera le sel de ce roman. J'avoue avoir eu bien plus d'empathie pour Frémont que pour l'héroïne de cette histoire.

La ville de braises et de crocs se présente comme un roman policier fortement teinté de steampunk, qui n'est pas sans rappeler le Paris des merveilles de Pierre Pevel, si ce n'est qu'il s'adresse aux ados (à partir de 14 ans nous dit l'éditeur). Des "engins" mobiles y circulent aussi bien dans les cieux, dans les rues que dans les égouts, avancées technologiques que l'on doit aux Orgueilleux.

Le roman de Mip Ruberto Sanquer se déroule sur dix jours et de ce fait, l'intrigue se déroule très vite. Paradoxalement, et c'est pourquoi je n'en fais pas un coup de coeur, j'ai trouvé certains passages bien longuets, comme le bal de présentation de Sémiramis. Un long chapitre plein de détails de froufrous et de salamaleks guindés, et un dernier paragraphe où tout se bouscule. Ceci dit, il reste très plaisant à lire et nul doute qu'il trouvera son jeune public auquel il est destiné. Et puis, qui ne serait pas fier d'accueillir dans sa bibliothèque un livre doté d'une si belle couverture que l'on doit à Hypathie Aswang !

lundi 21 novembre 2022

L'ÉPÉE, LA FAMINE ET LA PESTE de Aurélie Wellenstein

 



Éditions Scrinéo
416 pages
21 euros
Une couv' de folie signée Aurélien Police






L'avis express de Dup sur L'épée, la famine et la peste de Aurélie Wellenstein

Un univers sombre et angoissant où évoluent trois personnages mémorables.


L'AVIS DE DUP


Dès le début de ce roman nous sommes plongés dans un monde bien sombre où les araignées ont répandu la peste grise. La plupart des personnes mordues sont atteintes de léthargie alors que quelques femmes acquièrent des pouvoirs qui font peur et sont appelées des tarentas. Bien vite on mettra tout sur leur dos, et le roi, par le biais de l'église toute puissante, mettra en place l'inquisition pour traquer ces "sorcières". Un univers où on se demande malgré tout qui de l'homme ou de l'araignée mène la danse...

Qui dit araignées, dit toiles collantes partout, dit cocons enrubannant leurs proies, la plupart pendants des arbres, des toits, des... argh, la plume tellement visuelle d'Aurélie Wellenstein a bien mis à mal mon arachnophobie ! Elle peut se vanter d'avoir déclenché des kyrielles de frissons incontrôlables !!! Heureusement, on va suivre trois personnages terriblement attachants qui détourneront souvent mon attention. 

Cillian, Erin et Sulyvhan. Deux mômes et un homme qui a déjà bien vécu. Ce sera un récit à trois voix qui nous permettra de découvrir leur passé, leurs histoires foncièrement différentes, émouvantes dont le point commun est l'inquisition. Cillian parce qu'il est possédé par l'esprit d'un loup après avoir enfilé accidentellement un heaume d'apparence lupine qu'il ne peut plus retirer. Sulyvhan parce qu'il ne veut plus rien à voir avec l'inquisition dont il faisait encore partie deux années avant et qu'il veut sauver son fils. Et enfin Erin qui se retrouve emprisonnée sur dénonciation calomnieuse par un amoureux éconduit.

Ces trois là vont finir par se rencontrer et fuir l'inquisition ensemble. Et même s'ils ont chacun leur but, le lien qui les unis va grandir au fur et à mesure des épreuves qu'ils vont traverser. Des épreuves je ne vous cache pas, souvent très violentes, des périodes de stress intense attendent le lecteur bien souvent. Ils doivent rejoindre la Tisseuse, la première tarenta, princesse promise au prince devenu roi maintenant, désormais recluse dans une tour, au milieu d'une ville morte.

L'évolution des personnages au cours de ce volume est vraiment passionnant. Physiquement bien sûr, mais surtout psychologiquement. L'empathie que l'on éprouve pour eux va crescendo dans ce présent mouvementé et plein de danger alors qu'elle démarrait fort avec le récit de leur passé. Inutile de dire combien on piaffe de poursuivre le récit pour connaître leur futur ! D'autant qu'Aurélie Wellenstein nous concocte un final explosif et carrément surprenant !

Un univers sombre et glaçant dans lequel évoluent trois personnages fabuleux, passionnants et fondamentalement différents. Une belle exploration de la part d'ombre qui se développe en chacun d'eux. Une fin à laquelle on ne s'attend pas qui nous colle sur les starting-blocks pour lire la suite de ce diptyque. En attendant, ce tome 1 est un gros coup de cœur. 



Aurélie Wellenstein sur Bookenstock :

jeudi 20 octobre 2022

PLUME ET L'OMBRE DU DRAGON de Agnès Marot

 


Éditions Scrineo
160 pages
10,90 euros





L'avis express de Dup sur Plume et l'ombre du dragon de Agnès Marot

Un récit à la fois punchy et tout en douceur pour les 8 ans et plus.



L'AVIS DE DUP



Plume est donc une piratesse...bon, j'avoue, je n'aimais pas cette féminisation du nom. Mais, il faut que je sois honnête jusqu'au bout, cette môme que l'on suit au cours de ces 160 pages est tellement choupinou qu'à la fin je finissais pas trouver que ce piratesse lui allait bien !

Mais Plume n'est pas une piratesse avec un bandeau sur l'oeil, une jambe de bois arpentant un pont de bateau, non. Une piratesse parce qu'elle vole des choses aux autres, et pour ce faire, c'est à chaque fois une grande aventure. Elle s'approprie les ombres des gens, enfin, plus exactement des animaux qu'elle croise. De toute façon, qui se soucie de son ombre dites-moi ?

Ainsi, elle peut les revendre au marché noir et s'acheter à manger. Parce que oui, Plume doit se débrouiller toute seule, sa maman, piratesse elle aussi, est partie un jour à l'aventure, chercher une ombre mythique et n'est jamais revenue.

En plus, lorsqu'elle a attrapé une ombre, celle-ci lui réserve une belle histoire, la vie de l'animal dont elle s'est séparée. Mais le plus gros problème de Plume c'est qu'elle s'attache, que les ombres deviennent ses amies, et que jamais elle ne les revend. Elle en a plein la besace d'amies, Piou la fouine câline, Triki le gros tricératops, Bucéphale la licorne, etc...

Alors, comme elle a faim, elle repart à l'aventure, chercher une autre ombre qu'elle revendra celle-ci, c'est sûr ! Et pourquoi pas un défi plus gros, plus grand : l'ombre du dernier dragon ! En voilà un défi à la hauteur de notre grande piratesse !!!

Agnès Marot nous offre un récit tout en douceur alors même qu'elle parle d'abandon, de deuil. Un récit plein d'aventures, de vie et de belles amitiés que j'aimerai lire un jour au coin du feu à des petits enfants. Et pour ceux qui savent lire, ce livre s'adresse aux 8 ans et plus. Je ne terminerai pas ma chronique sans parler de cette très jolie couverture que l'on doit à Céline Deregnaucourt, ainsi que les quelques illustrations qui parsèment le récit.




lundi 7 février 2022

LES OUBLIÉS DE L'AMAS de Floriane Soulas

 



Éditions Scrinéo
629 pages
21 euros






L'avis express de Dup sur Les oubliés de l'Amas de Floriane Soulas

Un space-opéra sympathique, accessible même aux non-amateurs.



L'AVIS DE DUP




L'Amas, une décharge à ciel espace ouvert... Un rassemblement de tous les rebuts du système solaire, aussi bien pour les engins volants qui la constituent que pour ses habitants, humains, mutants, androïdes. Un peu comme une casse gigantesque où chaque vaisseau spatial est agglutiné au suivant. Le tout gravite aux confins de Jupiter.

Jupiter qui reste la dernière planète inexplorée, Jupiter la rebelle, qui rejette tous ceux qui s'approchent et garde tous ses mystères. Jupiter qui suscite de ce fait un attrait immense pour les casse-cou en tout genre. 

Kat vient de rejoindre l'Amas pour retrouver la trace de son frère jumeau, Pavel. Jupiter a toujours été une attraction pour lui, or cela fait trop longtemps qu'elle n'a plus de nouvelles. Elle va mener son enquête tout en essayant de survivre au milieu de cette faune hétéroclite et sauvage, souvent mauvaise.

Kat est une chercheuse, une scientifique, elle a toujours été la tête pensante du duo gémellaire. Pavel l'exalté, le fonceur assouvissant toutes ses passions. Elle le sait au fond de ses tripes, il est vivant, il l'appelle à l'aide. Donc elle va aller le chercher...

Bon alors, vous connaissez (du moins ceux qui me lisent) mon amour pour la SF. De la fantasy avec des boulons parait-il. Les dragons crachant du feu : des vaisseaux spatiaux. Les chevaux portant les héros : des vaisseaux spatiaux. Alors quand l'univers proposé pour les 3/4 du bouquin ce sont encore des vaisseaux spatiaux soudés entre eux... ça fait beaucoup hein. Mais je vais vous surprendre : j'ai beaucoup aimé cette histoire !!! Surtout le dernier 1/4, et vous savez quoi ? Ce sont encore des vaisseaux spatiaux 😂

Tout le roman de Floriane Soulas repose sur un seul personnage, Kat, Ekatarina ou Rina selon qui l'appelle. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est fouillé, solide. On connait petit à petit son passé, ses failles, et depuis le début ses attentes. Forcément, 600 pages à la décortiquer, à la côtoyer, on la connait bien. Mais je dois avoir un problème avec la plume de l'autrice, car comme pour Les noces de la renarde je n'ai pas réussi à m'attacher à son personnage principal. Or là ce n'est clairement pas un problème de culture nippone... J'ai clairement préféré Jade, l'amie de Kat, même avant la révélation car je m'en doutais. Bon, un poil moins après l'épilogue.

J'ai bien aimé cette lecture, clairement les amateurs de science fiction y trouveront sûrement plus leur compte que moi, et s'ils s'attachent à Kat ce sera sans aucun doute pour eux un coup de coeur. Et je peux même ajouter que pour les non amateurs, Les oubliés de l'Amas plaira quand même, il y a des scènes inoubliables, marquantes. Il me reste Rouille à découvrir, qui m'attend sagement dans ma bibli... depuis sa sortie. 


D'autres avis chez :  Mylène, Yuyine

lundi 4 octobre 2021

SHUSHARRAH de Anthelme Hauchecorne et Emmanuel Chastellière

 


Éditions Scrineo
336 pages
18,90 euros





L'avis express de Dup sur Shusharrah de Anthelme Hauchecorne et Emmanuel Chastellière

Un roman d'anticipation dur, impitoyable et incroyablement réaliste... hélas !



L'AVIS DE DUP



Deux noms sur cette couverture. Anthelme Hauchecorne, Emmanuel Chastellière. Deux aimants. Comment résister ? Impossible. Deux auteurs que j'adore, tous deux invités en Mois2 ici, deux fois même pour Emmanuel. Il fallait donc que je découvre ce roman à quatre mains, une première pour tous les deux je crois bien.

Et puis quand on voit la beauté de cette couverture qui ressemble à une aquarelle high level, on a qu'une envie se plonger dedans. Les couleurs sont chaudes, accueillantes... et pourtant ! Je ne pense pas avoir rencontré un lieu aussi peu accueillant !!! 

Jeanne vit dans l'angoisse depuis qu'elle n'a plus de nouvelles de son frère Adam. Il avait réussi à lui en faire parvenir depuis qu'il avait rejoint Shusharrah. Alors elle s'inquiète, elle lui avait pourtant dit tout ce qu'elle pensait de ce rêve, de cette lubie juste avant qu'il parte ! Alors elle décide de le rejoindre.

De toute façon rien ne la retient ici. Ici, c'est une ville quelque part en France... Et puis ce n'est même plus la France, cela ne veut plus rien dire ces noms de pays. Il n'y a plus rien qui fonctionne, même déjà du temps de ses parents. Les cataclysmes suite au dérèglement climatique, les flux migratoires dus aux famines, guerres ou autres ont brassé tout ça, diminué drastiquement la population et aujourd'hui pour le peu de survivants c'est la loi de la démerde.

Elle empaquète le peu qu'il lui reste, et surtout ses quelques livres rescapés, seule chose à laquelle elle tient, et prend à son tour la route vers Shusharrah. Ben, un ami d'enfance l'accompagne. Et le périple commence dès le début, jusqu'à la côte. Puis le choix du passeur, le voyage en mer dans des conditions déplorables, les tempêtes, les menaces des pirates, et encore moults péripéties glauques que je ne vous raconterai pas, elle finit par débarquer, seule, au pied de Shusharrah.

Pas dans Shusharrah non, il faut la mériter pour y entrer. Au pied, dans un immense bidonville qui s'étale devant la montagne abritant la ville de tous les espoirs. Mais tout cela indiffère presque Jeanne, ce qu'elle veut c'est comprendre où a disparu Adam, son frère. S'il faut entrer dans Shusharrah elle rentrera, s'il faut rester dans le bidonville, elle restera.

J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage principal tellement froid, même si je reconnais une sacrée évolution sur la fin. J'avais beau me dire que c'était normal, qu'il fallait qu'elle se blinde pour supporter tout ce qu'elle traverse, je n'ai pas réussi à développer de l'empathie pour elle. Pour Dayot oui, et surtout pour la vieille Issa ♥. 

Sinon, les thèmes abordés le sont avec une finesse remarquable : L'immigration bien sûr, la précarité, les différences sociales, le racisme et tous les corollaires qui découlent de ce pack bien sombre. Shusharrah est un roman d'anticipation et non un post-apo ou une dystopie comme on pourrait le croire. Et cependant les thèmes abordés, terriblement actuels demeurent. 

Je dis anticipation parce que les auteurs ont bien souligné que les générations précédentes, c'est à dire nous, étions au courant des catastrophes imminentes dues au dérèglement climatique. Que les sonnettes d'alarmes avaient toutes été tirées. Mais que les décisions pour y remédier n'ont pas été prises, ou si peu, ou pas assez vite... Tellement vrai, tellement actuel !

Shusharrah est un roman profond qui va vous embarquer dans un univers impitoyable, un futur probable que nous laisserons peut-être (laisser moi m'accrocher à ce peut-être !) à nos petits-enfants, au mieux à la génération suivante. Shusharrah est un constat terrible de ce que peut créer un fossé entre une élite et le reste du monde. Et même si Shusharrah apporte également une note d'espoir, pour sauver l'humanité si ce n'est la Terre, j'ai trouvé ce roman dur, trop dur même pour l'adulte (confirmé) que je suis, alors qu'il est destiné aux plus de 15 ans... Le mieux est que vous vous fassiez votre opinion vous même je crois.


mardi 29 septembre 2020

LE DRAKKAR ÉTERNEL de Estelle Faye

 

Editions Scrineo
Parution: 01/10/2020
240 pages
14,90 euros




☇ L'avis éclair de Phooka sur Le Drakkar Éternel de Estelle Faye ☇



Un roman lumineux, chaleureux, rempli d'aventures et d'émotions.
Le tout dans un écrin fabuleux avec la couverture de Germain Barthélémy.
A vos rames, et embarquez à la rencontre des dieux nordiques !



L'AVIS DE PHOOKA:





Une nouvelle sortie d'Estelle Faye, ça ne se rate pas c'est une évidence. Mais quand en plus elle est servie par une couverture aussi belle, c'est la cerise sur le gâteau. Parce que oui, la toute première chose qui frappe lorsqu'on a ce livre en main, c'est sa beauté. La couverture est sublime, réussie dans ses moindres détails. Elle attire le regard, c'est vraiment fabuleux.

Et puis on ouvre le livre et le contenu est à la hauteur de l'extérieur. Maël est un jeune garçon myope comme une taupe, collégien, un peu solitaire, harcelé par une bande de sales mômes comme il en existe beaucoup. Sa seule amie c'est Astrid. Astrid avec ses deux nattes de longueurs inégales, orpheline placée dans une famille d'accueil. Elle n'a pas toujours eu la vie facile et elle a appris à faire face. Elle est toujours là pour Maël et prendre sa défense. Lorsqu'une fois de plus Maël se retrouve en mauvaise posture face à ses harceleurs, Astrid accourt pour le défendre. Mais ce sont Maël et Astrid qui se font prendre par la patrouille et qui sont convoqués chez le directeur. Pour oublier tout ça ils partent en mer sur leur Optimiste. Ils ont l'habitude de naviguer, ils habitent depuis toujours sur cette côte Normande bourrée de légendes et de récits Vikings. Alors quand le brouillard se lève, épais, poisseux et franchement étrange, voir apparaître un drakkar ne les surprend pas plus que ça. Ils pensent d'ailleurs que ce sont des touristes qui font une reconstitution historique. Perdus en mer comme ils le sont, ils acceptent de monter à bord et là ils vont réaliser leur erreur. Pas de reconstitution, ils sont bien sur un drakkar langskip, au milieu de 'vrais' vikings sous le coup d'une malédiction. Astrid et Maël sont les seuls à pouvoir les sauver. Pour rompre la malédiction c'est facile, il suffit de retrouver un artefact sur une des îles autour d'Yggdrasil. Les deux vont se retrouver face à des nains, des dragons, des Ases, Odin, Hel, Loki, Fenrir et j'en passe ... Piece of cake !

Le roman est merveilleusement écrit, empli de l'imaginaire nordique. Le lecteur est plongé dedans jusqu'au cou. L'immersion est totale au même titre que pour Astrid ou Maël. La quantité de détails, de créatures, de décors et d'atmosphères est phénoménale et pourtant "ça passe crème" comme dirait Dup. Chaque île est différente, chacune a ses spécificités et correspond à l'un des neuf royaumes de la mythologie nordique (Asgard, Vanaheim, Jötunheim ...). Jamais on est perdu, jamais on se sent noyé sous les informations et pourtant quelle richesse !!!

Et que dire des personnages! Je ne parle pas évidemment d'Odin ou Loki, bien connus, mais de Hrolf le jarl du langskip, ou de Leifr le scalde au comportement un peu étrange. Quant à Astrid, elle est plus grande que nature. Cette jeune adolescente qui n'a pas froid au yeux prend tout son essor au milieu des guerriers Vikings. Elle prend son rôle de protectrice très au sérieux et ses capacités seront indispensables dans cette aventure. Quant à Maël lui, il est plutôt l'intello, celui qui a lu les livres, qui connait la mythologie nordique. Il est aussi celui qui nous conte ce récit, le scalde de nos temps. Il n'a peut être pas les capacités physiques d'Astrid, mais son courage ne fait aucun doute.

Le drakkar Éternel est un magnifique roman jeunesse. Pas si jeunesse que ça d'ailleurs car il est tellement bien écrit, tellement riche, qu'il s'adresse à tous. Que vous soyez ou non féru de Mythes nordiques, vous ne pourrez que vous laisser embarquer sur ce langskip pour suivre Astrid et Maël.







vendredi 17 avril 2020

CHASSE FANTÔME de Hermine Lefebvre





Editions Scrineo
Sortie prévue le 05/03/2020
Prix: 18.90 euros
Pages: 448




☇ L'avis éclair de Phooka sur Chasse Fantôme de Hermine Lefebvre  ☇



Cette Chasse fantôme est magique à tout point de vue. Un roman passionnant à découvrir absolument !



L'AVIS DE PHOOKA:







Prologue, un an avant le déroulement du récit, le lecteur se retrouve en plein milieu d'une bataille entre des "Veilleurs" et une "Chasse fantôme". On apprend petit à petit que cette Chasse fantôme a été déjà arrêtée, il y a quelques quatre cents ans. Mais là, elle réapparaît, à la recherche du "Coryphée", son meneur. Les Veilleurs sont là pour l'arrêter à nouveau, mais ça ne se passe pas bien. Natalis fait partie de ces Veilleurs, il n'est encore que jeune sorcier et il a une mission bien précise. Si cette mission échoue, il doit fuir. Son père le lui a ordonné. Oui mais il ne le fait pas ...

Un an plus tard, Natalis est paraplégique, en fauteuil. Son père est dans le coma. Les conséquences de son échec sont terribles et pas uniquement physiquement. La hiérarchie des "Veilleurs" l'accuse. Il n'a pas suivi les ordres, il est coupable de cet échec et de la mort de nombreux de ses collègues. Comme si tout ce qui précède ne suffisait pas, la Chasse fantôme a été libérée. Sans meneur puisque le Coryphée est introuvable, elle attaque en aveugle et décime villes et villages. Natalis vit avec son frère Félix et il fait sa rentrée au lycée d'Altenheim. Cette idée le révulse, mais il n'a pas le choix. Il n'est plus considéré comme Veilleurs et il est relégué à la surveillance de ce petit village allemand où il doit mener une vie quasiment normale. En classe, il se retrouve à côté d'un étrange garçon, Ielesseï qui semble être dans son petit monde à lui. La vie de Natalis prend une tournure bien différente de ce qu'elle était. Surtout quand des rêves de meute et de chasse fantômes viennent le hanter ...

La trame du récit est franchement réussie. Cette Chasse fantôme, composée de cavaliers et de chevaux "magiques", passant d'un monde dans l'autre (en gros du réel au magique) fondant sur les villes et ou villages pour y massacrer des populations est déjà une belle ouverture. Mais savoir que cette meute cherche son meneur, que ce meneur peut être n'importe quel enfant et que Natalis est dans un lycée où évidemment beaucoup pourraient être des meneurs potentiels, ouvre une porte à tous les possibles. Surtout que cet enfant peut être n'importe où dans le monde.

Mais pour moi la plus grosse réussite d'Hermine Lefevre est un personnage dont je ne vous ai que peu parlé: Félix, le frère de Natalis. Transparent au début du récit, au point d'être quasiment inutile, il monte en puissance au fil du récit. Et là où Natalis est têtu, voire borné, Félix lui est ouvert et son intelligence lui apporte beaucoup. Oui je dois le reconnaître c'est mon personnage préféré du roman et de loin. Natalis est évidemment le héros. Il est fait pour être aimé, il est devenu handicapé suite à l'attaque du prologue. Il est rongé par la culpabilité, il est détesté par les Veilleurs, maltraité au lycée. Tout est là pour qu'on le prenne sous notre aile. Oui ... mais non. Il ne m'a pas touchée, emportée ou émue. Il a un destin intéressant, aucun doute là dessus et on le suit avec beaucoup d'intérêt, mais son caractère à l'emporte pièce et son opiniâtreté le rendent souvent imbuvable et borné. D'où le surnom de hérisson que lui donne son frère justement. Tout ça est incroyablement bien dosé par l'auteur. Parce que je suis sûre que c'est fait exprès. Elle prend un malin plaisir à nous manipuler. Oui Natalis est le héros, mais celui qui est derrière tout ça c'est bien Félix. Un garçon touchant, malin et ouvert aux autres. Une perle quoi. Discret, invisible et pourtant ... Bien joué madame Lefevre !

Chasse fantôme est un très joli roman, mieux que ça, un roman puissant, fort en émotions et en rebondissements. Un vrai plaisir de lecture. Original, enlevé, bourré de suspense et de magie, c'est un cocktail détonnant qui explose en coup de cœur !





jeudi 12 mars 2020

YARDAM de Aurélie Wellenstein





Éditions Scrineo
480 pages
20 euros








L'avis express de Dup sur Yardam de Aurélie Wellenstein


Les romans d'Aurélie Wellenstein se suivent et ne se ressemblent pas ... sauf sur un point : ils sont toujours passionnants.




L'AVIS DE DUP



Yardam est donc une grande ville, où commence à poindre quelques problèmes. En effet des gens disparaissent alors qu'apparaissent dans les rues, ce qu'on appellera très vite des coquilles. Des êtres se ressemblant tous, pâles, asexués, chauves, un faciès lunaire au regard vitreux, qui errent sans but le jour et qui restent immobiles, visage fixé vers la lune la nuit. Très vite les disparitions sont reliées aux coquilles.

Et puis nous faisons la connaissance de Kazan. Un Kazan qui sait très bien d'où viennent ces coquilles puisqu'il est lui-même responsable de la cause de l'apparition d'une dizaine d'entres elles. La dernière en date étant celle issue d'un gardien du musée qu'il s'apprête à cambrioler. Kazan l'a "absorbé" il y a peu, abandonnant l'enveloppe telle une coquille vide et s'emparant de tout le reste. Comment, je vous laisse le découvrir ! 

Ainsi Kazan bénéficie de toute la mémoire et de toutes les connaissances du bonhomme en question. Il faut reconnaître que c'est bien pratique : il peut ainsi visualiser toutes les salles du musée et ce qu'elles contiennent, leurs différents accès, l'heure et le rythme des différents passages de gardiens, etc. 

Pourquoi Kazan a-t'il ce pouvoir ? Et bien parce qu'il a été contaminé par un virus lors de sa dernière relation sexuelle. Oh pas traîtreusement, non, en toute connaissance de cause. Un virus donc, qui se partage, se transmet sexuellement dans un univers où la simple notion de MST n'existe pas, à fortiori sa prévention.

Avouez qu'à première vue, comme ça, c'est plutôt cool... bon ok, sauf pour les personnes transformées en coquille ! Mais il y a un revers à la médaille, évidemment. En plus d'absorber les souvenirs et les compétences d'une personne, il engrange dans sa tête la personnalité, l'âme quoi. Et celle-ci reste bien vivante, voit à travers les yeux de Kazan, et surtout, garde la parole. L'esprit de Kazan est donc bien souvent encombré de dialogues violents, vindicatifs, de ses prisonniers. Et arriver à faire taire tout ce monde pour se concentrer lui demande beaucoup d'énergie, et à terme l'entraînera vers une folie destructrice et mortelle.

Alors que le nombre de coquilles croît de façon exponentielle, l'empereur décrète la mise en quarantaine de la ville : fermeture des portes et couvre-feu jusqu'à nouvel ordre. Kazan venait juste de réussir à franchir les remparts de la ville lorsqu'il rencontre un jeune couple de médecins étrangers, spécialistes des troubles du cerveau qui tentent de rentrer dans Yardam pour proposer leurs services. Kazan voyant en eux son salut va les aider à forcer le blocus. 

Vous avez sans doute l'impression que je vous en dis trop, mais sachez que je ne vous ai résumé que les soixante premières pages ! Le reste est tout aussi surprenant, passionnant, parfois rocambolesque, mais plus souvent dramatique. Suivre l'évolution de la maladie de Kazan fait sourire au début, beaucoup moins ensuite. Découvrir comment les contaminés exploitent différemment leurs captifs aussi. Sans compter la détresse des proches d'une coquille...

Ce que j'ai le plus aimé dans ce roman, c'est suivre la relation à trois qui va s'établir entre les médecins et Kazan ! Un étrange mélange entre perversité et amour, estime et mépris, reconnaissance et haine. Bref, une relation très très complexe et fort bien traitée, portée par des personnages fouillés, profonds et chacun touchant à leur manière. J'ai adoré.

Autre sujet également, ô combien d'actualité : la mise en quarantaine d'une ville dans laquelle sévit un virus qui inquiète et tue. En pleine épidémie de Coronavirus, lire le scénario d'Aurélie Wellenstein entre bien en résonance et peut donner quelques sueurs froides je l'avoue. Soit, ici c'est poussé à l'extrême, on est loin de la milice patrouillant dans les rues, mais bon... nul ne sait ce que l'avenir nous réserve n'est-ce-pas...

Un roman dur, des scènes trash, des scènes crues, et pourtant un roman très touchant. Strictement pour adulte je précise ! Les romans d'Aurélie Wellenstein se suivent et ne se ressemblent pas, mais alors pas du tout ! Et c'est tant mieux, la surprise est toujours au rendez-vous, et jusque là, jamais une déception ! Je suis fan !!!


Aurélie Wellenstein sur Bookenstock







jeudi 13 juin 2019

RADÉON de Franck Dive




Couverture du livre Radéon de Franck Dive

Éditions Scrineo
480 pages
18,90 euros




⏩  L'avis express de Dup sur Radéon de Franck Dive  ⏪


Un post-apo où se mêle une magie de symbiose homme-animal et une technologie futuriste. Un grand écart original pour l'esprit de nos ados.


L'AVIS DE DUP

Curseur de satisfaction : J'ai bien aimé



Un cataclysme dont on ignore tout a bloqué la rotation de la Terre. Une face reste donc sous un soleil brûlant, en permanence, tandis que l'autre vit dans la nuit et le froid. Entre les deux une zone tampon occupée par une forêt de type amazonienne, regorgeant de gibier, mais aussi de dinosaures ! 

Mais la dichotomie de ce monde post-apo ne s'arrête pas aux caractéristiques climatiques. Chaque face de la Terre est habitée par des peuples radicalement différents. Côté soleil vivent les Bédouins, s'abritant dans la fraîcheur de grottes naturelles, vivants d'élevage, de cueillette et de chasse. Côté nuit vivent les Chabs, un peuple à la technologie très avancée, futuriste même. Ils dépendent de leurs centrales nucléaires qui fonctionnent au radéon.

Or les sources de radéon Chabs s'épuisent, et... il en existe en territoire Bédouin. Telle est la donne de départ.

Amayaz est un jeune Bédouin qui voue une haine farouche aux Chabs depuis qu'ils ont tué son père sous ses yeux lorsqu'il était enfant. Alors qu'il chasse "seul", il découvre les méthodes des Chabs. Aidés d'hélicoptères et de filets, ces derniers font de véritables razzias dans la forêt, un peu comme les pêches au chalut qui sévissent encore, hélas, aujourd'hui. 

Si j'ai mis des guillemets à seul c'est parce que partout où va Amayaz, va Sambaa, une lionne blanche. Car si les Bédouins n'ont pas la technologie, ils ont, pour certains, la magie de la symbiose. L'homme et l'animal partagent un lien très fort, vivent l'un pour l'autre, ressentent les blessures de l'autre, souffrent d'une séparation physique. Moi qui suis plongée en ce moment dans L'assassin royal, je peux toutefois dire que cette symbiose n'a rien à voir avec le Vif de Robin Hobb : ils ne partagent ni leurs pensées, ni leurs corps.

La confrontation entre ces deux peuples est inévitable et semble tellement inégale ! De pauvres lances de chasse contre une puissance de feu appuyée par une haute technologie... Mais Amayaz est déterminé et prêt à tout pour sauver sa lionne, mais aussi son peuple. Heureusement il pourra compter sur l'aide inespérée de Meï, une jeune Chabs pilote d'hélicoptère. Une Meï dont le sort original que lui a concocté Franck Dive vaut le détour d'ailleurs. Elle a... non, je ne vous le dirai pas !

Malgré une dichotomie un peu trop exagérée, limite caricaturale, découvrir l'univers post-apo de Franck Dive fut agréable. On sent néanmoins sous la plume le prof de physique et non de SVT ! :))  Ce bémol est rattrapé par un personnage principal plein de ressources et d'une ténacité sans égal. Le duo improbable qu'il forme avec Meï apporte beaucoup de saveur à la lecture. Radéon est un roman pour ado qui séduira le public visé.






vendredi 24 mai 2019

[Sorties] LÀ-BAS, TOUT IRA BIEN de Pascale Perrier et Sylvie Baussier





Chez Scrinéo
Parution le 9 mai
288 pages - 14,90 €




2030. France. Une terrible crise économique ravage le pays, et la plupart des habitants sont forcés de partir. Sur la route pour aller "là-bas", 4 000 kilomètres plus au nord, avancer est un combat de chaque instant. Une question les taraude : est-ce que là-bas, tout ira bien ?



lundi 13 mai 2019

LES NOCES DE LA RENARDE de Floriane Soulas





couverture du livre les noces de la renarde

Éditions Scrineo

586 pages

18,90 euros





⏩  L'avis express de Dup sur Les noces de la renarde de Floriane Soulas  ⏪


Laissez vous perdre dans la magie du folklore japonais qui relie le XVème siècle à nos jours. Laissez vous plonger dans cette culture à nulle autre pareille. Goûtez au dépaysement made in Floriane Soulas.




L'AVIS DE DUP

Curseur de satisfaction de Dup : J'ai adoré




Les noces de la renarde nous plonge à la fois dans le Japon du XVème siècle et dans celui d'aujourd'hui. Dépaysement assuré pour qui ne connait pas ce pays, cette culture, ce peuple si respectueux des croyances, de la hiérarchie, des aînés... bref respectueux de tout. Nous allons suivre en alternance deux jeunes femmes, Hikari en 1467 et Mina en 2016. La première dans les montagnes d'Izumi, près d'Osaka, la seconde à 500 km de là, à Tokyo.

Hikari qui peut avoir l'apparence d'une femme, est en fait une yokaï. Un terme un peu générique qui regroupe tout ce que le folklore japonais propose : esprit, fantôme, démon, apparition. En effet, lorsqu'elle est là-haut dans la montagne avec ses soeurs de clan, Hikari est une renarde. La seule différence entre elles est le nombre de queues. Hikari vient d'acquérir sa cinquième queue, Ino la chef du clan en a sept. Mais ce qui passionne Hikari, plus que les rites et traditions, c'est d'observer les humains, ces mortels qui vivent dans un petit village en bas de la montagne. Et plus particulièrement leurs bûcherons... enfin, un bûcheron : Jun.

Mina, elle, est une lycéenne d'aujourd'hui, habitant Tokyo, la ville la plus peuplée du Japon. Et pourtant elle souffre cruellement de solitude. Elle vit seule avec sa mère qu'elle croise peu, son père est décédé alors qu'elle était petite. De plus, elle s'est isolée des autres à cause de son don qu'elle considère plus comme une malédiction : elle peut voir et même interagir avec les yokaïs. Elle voit les fantômes, les change-formes, si elle croisait Hikari, elle verrait la renarde plus que la femme, etc... j'avoue cependant que les différences entre certains yokaïs me sont restées confuses.

La construction de ce roman avec son alternance entre les deux périodes créé une bonne dynamique de lecture, d'autant que les deux histoires que nous suivons ont peu de choses en commun. Une histoire d'amour qui brave les interdits d'un côté, une enquête dangereuse et débridée de l'autre : un tueur en série de yokaïs sévit à Tokyo. Alors que Mina serait bien restée en dehors de cette histoire, l'envie de conquérir l'amitié de Natsune qui lui a demandé son aide est la plus forte.

Ces deux histoires vont peu à peu entrer en résonnance, se compléter, puis finalement se fondre et se mêler d'une façon subtile et remarquable. J'avoue avoir été bluffée par l'autrice, après m'être creusée la tête pour trouver le lien pendant une grande partie de ma lecture.

L'univers japonais avec tous ses us et coutumes est très bien retranscrit, les décors, l'architecture également. Je voyais défiler sous mes yeux les nombreuses photos que m'avait envoyées dame Phooka lors de son voyage au Japon, comme les fameux toriis des temples Shinto.

Les personnages principaux sont bien campés, souvent touchants. Je n'irai pas jusqu'à dire attachants. Ce trop plein de retenue dans les sentiments, typiquement japonais je le sais, crée en moi une certaine distance. Sans doute pour la même raison, les méchants de l'histoire m'ont paru très caricaturaux, que ce soit Ino ou le père de Natsune.

Malgré ces légers bémols, j'ai bien apprécié cette lecture. J'ai lu ce pavé de presque 600 pages en peu de temps et savouré sa douce conclusion. Envie de dépaysement ? Ce roman de Floriane Soulas est fait pour vous. Et puis franchement, comment résister à une si belle couverture !?!? Le talent d'Aurélien Police ne cesse de m'enchanter. Il décrit à merveille l'ambiance ouatée et pleine de magie des Noces de la Renarde. Il ne me reste plus qu'à découvrir Rouille qui est déjà en ma possession et qui me fait encore plus envie maintenant.


lundi 22 avril 2019

[Sorties] RADEON de Franck Dive





Chez Scrinéo
Couverture: Melchior Ascaride
Prévu le 09 mai 2019

480 pages - 18,90 €

Dans un futur post-apocalyptique où la rotation de la terre est presque à l'arrêt, tout oppose les deux tribus survivantes : les Bédouins sont revenus à l'âge de fer dans un désert où le soleil ne se couche jamais, tandis que les Chabs se sont adaptés à la nuit éternelle grâce à un minerai radioactif rarissime : le Radéon. Amayaz, un jeune Bédouin en symbiose avec sa lionne, éveille l'intérêt des Chabs. En fuyant pour leur échapper, il va découvrir un univers futuriste dont la richesse et les secrets dépassent tout ce qu’il avait pu imaginer . . .


dimanche 7 avril 2019

[Sorties] LES NOCES DE LA RENARDE de Floriane Soulas





Chez Scrinéo
Sortie prévue le 02 mai 2019

592 pages - 18,90 €


1461, Japon. Hikari vit dans les forêts peuplées de croyances et de dieux du Japon du 15ème siècle et s’intéresse de près au village installé au pied de la montagne… à ses risques et périls.
2016, Tokyo. Mina, qui a le pouvoir de voir les yokaï, esprits et monstres du folklore japonais, va se laisser entraîner dans une chasse au démon, en plein cœur de Tokyo.

Deux univers qui se croisent et s'entremêlent, entre quête d'identité et désir d'émancipation.


Notez la superbe couverture d'Aurélien Police ...💓💓

jeudi 7 mars 2019

MERS MORTES de Aurélie Wellenstein





Éditions Scrineo
365 pages
17,90 euros


4ème de couv :

Mers et océans ont disparu. L'eau s'est évaporée, tous les animaux marins sont morts.
Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines... arrachent l'âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l'humanité, peuvent les détruire. Oural est l'un d'eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu'il protège depuis la catastrophe, jusqu'au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme.
Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes... De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l'objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?







Autant l’annoncer d’emblée : énorme coup de cœur ! C’est incroyable comme une si sympathique autrice peut écrire des horreurs pareilles ! C’est trash, ça fait flipper, ça "brasse en dedans" comme on dit chez moi et c’est juste énorme. Une imagination de folie, mais bien noire et qui fait réfléchir.



Notre planète se meurt. La couche d’ozone n’est plus qu’un souvenir, le cycle de l’eau est rompu. Plus d’eau dans les rivières, les mers. Quelques flaques hyper salées subsistent au milieu des océans. Il reste quelques poches de survivants, réfugiés dans des bastions qui survivent grâce à un accès aux dernières nappes phréatiques. Ailleurs ce ne sont plus que des déserts, des terres brûlées par le soleil et parsemées d’ossements d’êtres humains, d’animaux.


Et comme la vie n’est pas assez dure pour les poignées de survivants, Aurélie en rajoute une couche, et quelle couche !!! La vie est "normale" à marée basse, mais lorsque la marée haute arrive c’est la cata. Une marée haute psychique qui envahit, submerge tout et dans laquelle s'y noyer est le plus sympathique des scénarios. Parce que ces marées charrient tous les fantômes des animaux marins qui ont été anéantis par l’homme. Ces spectres, dont les descriptions font froid dans le dos, portés par les flots, traversent n’importe quelle paroi, et au moindre contact vous vident de votre énergie vitale. Nul n’est à l’abri donc, sauf s’il peut bénéficier de la protection d’un exorciste.


C’est le rôle d’Oural, qui protège les habitants d’une citadelle dans le sud de la France. Il possède un don qui lui permet d’anticiper l’arrivée de la marée haute et de déployer un dôme de protection qui masque l’existence des vivants aux spectres. Sauf qu'Oural n’est pas exactement comme les autres exorcistes, car il a réussi à tisser un lien d’amitié avec le spectre d’un dauphin femelle, Trellia, qui le rejoint à chaque marée. Trellia c’est la récréation d’Oural, son évasion, lui qui ne connaît que les murs de la citadelle depuis qu’il a six ans. Puis un jour surgit au cours d’une marée haute un improbable vaisseau fantôme plein de pirates qui prennent le bastion à l’abordage, les pillent de leurs réserves d’eau, de nourriture et repartent avec Oural.


Vous avez l’impression que je vous en dis trop n’est-ce pas ? Et pourtant là, je ne vous ai parlé que des 2-3 premiers chapitres, et je vais m’arrêter là parce qu’il faut que vous découvriez ce roman. Ce voyage incroyable que va faire Oural aux côtés du capitaine, Bengale, sur un vaisseau vivant et naviguant lors des marées hautes, triste épave échouée durant les marées basses. Un Bengale adulé par son équipage, charismatique et mystérieux qui poursuit un but tout aussi mystérieux pour Oural. 


Chaque marée haute apporte son tableau d’horreurs et les explications des exactions faites par l’homme, et je peux vous dire qu’elles sont nombreuses. Ce roman n’est pas une leçon écologique, juste un constat de la situation dans laquelle on pourrait se trouver. Les messages sont forts, percutants d’autant plus qu’ils véhiculent un espoir.


Les personnages d'Aurélie Wellenstein sont profonds et attachants. J’ai adoré la relation qui se tisse entre Oural et Bengale. Entre Bengale et le reste de son équipage. Bref j’ai tout aimé et comme je le disais au début de ma chronique, c’est un vrai coup de cœur.
Coup de coeur également pour la couverture d'Aurélien Police qui s'adapte à merveille à ce roman.


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