jeudi 12 mars 2020

YARDAM de Aurélie Wellenstein





Éditions Scrineo
480 pages
20 euros








L'avis express de Dup sur Yardam de Aurélie Wellenstein


Les romans d'Aurélie Wellenstein se suivent et ne se ressemblent pas ... sauf sur un point : ils sont toujours passionnants.




L'AVIS DE DUP



Yardam est donc une grande ville, où commence à poindre quelques problèmes. En effet des gens disparaissent alors qu'apparaissent dans les rues, ce qu'on appellera très vite des coquilles. Des êtres se ressemblant tous, pâles, asexués, chauves, un faciès lunaire au regard vitreux, qui errent sans but le jour et qui restent immobiles, visage fixé vers la lune la nuit. Très vite les disparitions sont reliées aux coquilles.

Et puis nous faisons la connaissance de Kazan. Un Kazan qui sait très bien d'où viennent ces coquilles puisqu'il est lui-même responsable de la cause de l'apparition d'une dizaine d'entres elles. La dernière en date étant celle issue d'un gardien du musée qu'il s'apprête à cambrioler. Kazan l'a "absorbé" il y a peu, abandonnant l'enveloppe telle une coquille vide et s'emparant de tout le reste. Comment, je vous laisse le découvrir ! 

Ainsi Kazan bénéficie de toute la mémoire et de toutes les connaissances du bonhomme en question. Il faut reconnaître que c'est bien pratique : il peut ainsi visualiser toutes les salles du musée et ce qu'elles contiennent, leurs différents accès, l'heure et le rythme des différents passages de gardiens, etc. 

Pourquoi Kazan a-t'il ce pouvoir ? Et bien parce qu'il a été contaminé par un virus lors de sa dernière relation sexuelle. Oh pas traîtreusement, non, en toute connaissance de cause. Un virus donc, qui se partage, se transmet sexuellement dans un univers où la simple notion de MST n'existe pas, à fortiori sa prévention.

Avouez qu'à première vue, comme ça, c'est plutôt cool... bon ok, sauf pour les personnes transformées en coquille ! Mais il y a un revers à la médaille, évidemment. En plus d'absorber les souvenirs et les compétences d'une personne, il engrange dans sa tête la personnalité, l'âme quoi. Et celle-ci reste bien vivante, voit à travers les yeux de Kazan, et surtout, garde la parole. L'esprit de Kazan est donc bien souvent encombré de dialogues violents, vindicatifs, de ses prisonniers. Et arriver à faire taire tout ce monde pour se concentrer lui demande beaucoup d'énergie, et à terme l'entraînera vers une folie destructrice et mortelle.

Alors que le nombre de coquilles croît de façon exponentielle, l'empereur décrète la mise en quarantaine de la ville : fermeture des portes et couvre-feu jusqu'à nouvel ordre. Kazan venait juste de réussir à franchir les remparts de la ville lorsqu'il rencontre un jeune couple de médecins étrangers, spécialistes des troubles du cerveau qui tentent de rentrer dans Yardam pour proposer leurs services. Kazan voyant en eux son salut va les aider à forcer le blocus. 

Vous avez sans doute l'impression que je vous en dis trop, mais sachez que je ne vous ai résumé que les soixante premières pages ! Le reste est tout aussi surprenant, passionnant, parfois rocambolesque, mais plus souvent dramatique. Suivre l'évolution de la maladie de Kazan fait sourire au début, beaucoup moins ensuite. Découvrir comment les contaminés exploitent différemment leurs captifs aussi. Sans compter la détresse des proches d'une coquille...

Ce que j'ai le plus aimé dans ce roman, c'est suivre la relation à trois qui va s'établir entre les médecins et Kazan ! Un étrange mélange entre perversité et amour, estime et mépris, reconnaissance et haine. Bref, une relation très très complexe et fort bien traitée, portée par des personnages fouillés, profonds et chacun touchant à leur manière. J'ai adoré.

Autre sujet également, ô combien d'actualité : la mise en quarantaine d'une ville dans laquelle sévit un virus qui inquiète et tue. En pleine épidémie de Coronavirus, lire le scénario d'Aurélie Wellenstein entre bien en résonance et peut donner quelques sueurs froides je l'avoue. Soit, ici c'est poussé à l'extrême, on est loin de la milice patrouillant dans les rues, mais bon... nul ne sait ce que l'avenir nous réserve n'est-ce-pas...

Un roman dur, des scènes trash, des scènes crues, et pourtant un roman très touchant. Strictement pour adulte je précise ! Les romans d'Aurélie Wellenstein se suivent et ne se ressemblent pas, mais alors pas du tout ! Et c'est tant mieux, la surprise est toujours au rendez-vous, et jusque là, jamais une déception ! Je suis fan !!!


Aurélie Wellenstein sur Bookenstock







7 commentaires:

  1. J'ai vraiment hâte de lire ce roman, le résumé m'intrigue beaucoup, et en même temps j'ai peur. Tu as raison les romans d'Aurelie se suivent et ne se ressemblent pas mais contrairement à toi, j'ai eu des coups de coeur, de bonnes lectures et des déceptions du coup je suis toujours curieuse de découvrir un nouveau mais en même temps petite appréhension.

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    1. Non, je n'ai pas eu que des coups de coeur, notamment le premier Le roi des fauves et aussi La mort du temps ne m'ont pas emballés plus que ça. Mais les autres si beaucoup.
      Blé noir est peut-être un peu à part, on adhère ou pas au sujet, mais je l'ai trouvé bien traité pour qui y est sensible.
      Les autres sont incontestablement des coups de coeur.
      Attention Yardam est résolument pour adulte hein ! À ne pas laisser traîner dans n'importe quelles mains !!!

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    2. Regina Falange12 mars 2020 à 20:45

      Ça va je suis adulte ouf haha C'est justement la Mort du temps que je n'ai pas du tout aimé, après Le roi des fauves était bien, c'est le 1er que j'ai lu d'elle, et j'ai adoré les loups chantants et eu un gros coup de cœur pour Mers Mortes, blé noir aussi était bien et il faisait écho à Mers mortes un peu donc c'était chouette. Je n'ai pas Le dieu oiseau, je flippe trop d'avance haha

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    3. hahaha, trouillou ! C'est vrai qu'il est raide Le dieu oiseau, trash! Mais si bien ♥♥♥

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  2. Encore un roman d'Aurélie Wellenstein très tentant.
    Merci pour la chronique !

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  3. Cela pourrait être ma 2ème lecture de cette autrice après le Dieu oiseau ^^

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