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lundi 8 juin 2026

UN CRI DANS LE DÉSERT de Catriona Ward

 


Pocket éditions
Collection New Horror
480 pages
9,90 euros




L'avis express de Dup sur Un cri dans le désert de Catriona Ward


Un roman d'ambiance horrifique d'une rare intensité.
Âmes sensibles s'abstenir.


L'AVIS DE DUP



Nous faisons la connaissance d'une famille "traditionnelle" avec la mère Rob, le père Irving, la fille aînée adolescente, Callie, et la plus jeune, Annie. Callie est proche de son père alors qu'Annie est couvée par sa mère. L'entente entre les parents est loin d'être cordiale, ils s'engueulent en permanence quand ils pensent que les filles n'entendent pas... naïfs qu'ils sont.

Annie vient de déclarer la varicelle, et je vous livre la première phrase du roman alors que Rob est annoncée la narratrice :

C'est la varicelle qui confirme mes soupçons : mon mari me trompe à nouveau.

Callie parle à un moi imaginaire qu'elle a baptisé Callie-Pâle, ainsi qu'aux esprits des animaux morts et collectionne des squelettes d'animaux... Bref charmante famille traditionnelle n'est-ce-pas ? 

Rob vient de découvrir cette collection macabre et décide de s'occuper de sa fille aînée, rassemble un léger paquetage et l'emmène dans le désert, dans la propriété où elle a grandi et qu'elle a hérité de ses parents. Ce qui arrange bien Irving car sa nouvelle maîtresse n'est autre que la voisine et accessoirement l'amie de Rob.

Rob va alors se confier à Callie et lui raconter son enfance dans cette hacienda où elle a grandi avec sa sœur jumelle Jack. Leur relation fusionnelle oscillant entre l'amour et la haine. L'ambiance mi intello, mi hippie qui y régnait. Les expériences barbares pseudo-scientifiques que réalisaient ses parents sur des chiens. Callie est une gamine intelligente et plus le récit de sa mère avance et plus elle se rend compte que sa situation est critique...

Les chapitres alternent entre Callie, Rob aujourd'hui et Rob avant. On se prend en pleine face les expérimentations abjectes sur des animaux vivants, des souvenirs familiaux de plus en plus durs, la situation est flippante à souhait. On ne sait si c'est la mère ou la fille qui va péter les plombs en premier et surtout on se demande sans cesse où nous emmène Catriona Ward. Les derniers chapitres se lisent en apnée, la déglutition difficile.

Avec Un cri dans le désert, Catriona Ward explore sans concession les liens mère-fille, la famille et le libre arbitre, mais aussi l'inné et l'acquis. Le final est époustouflant et me fait dire que je regarderai de plus près à l'avenir les écrits de cette autrice. quand, dans la postface elle nous livre ses sources, de réelles expérimentations réalisées discrètement à une époque par la CIA à Langley où ils implantaient des électrodes dans le cerveau de chiens afin d'établir des techniques de contrôle de l'esprit, on a envie de vomir... Néanmoins, je recommande la lecture de ce roman, pour les amateurs du genre évidemment. 

* SP papier *


mercredi 13 mai 2026

QUELQU'UN DERRIÈRE LES MURS de Zygmunt Miloszewski

 


Pocket éditions
Collection New Horror
450 pages
9,90 euros



L'avis express de Dup sur Quelqu'un derrière les murs de Zygmunt Miloszewski


Un huis clos horrifique et fantastique mené de main de maître !


L'AVIS DE DUP


De cet auteur j'ai lu Les impliqués, un thriller, à l'époque où cette catégorie faisait partie de la majorité de mes lectures, et pourtant, impossible d'en retrouver une trace, ni dans la bibli du blog ni dans les rayons de mes bibliothèques. Si je ne me souviens plus (date de parution chez Mirobole 2013, j'ai des excuses !) de l'intrigue déroulée, je me souviens parfaitement du personnage principal Teodore Szacki qui dirige l'enquête. Fort de cela, je me suis dit que cette proposition de lecture par Pocket devait matcher.

Étant édité dans la collection New Horror de Pocket, je me doutais bien que je n'allais pas me frotter à un thriller bien sûr, en fait je m'attendais à des frissons et des personnages charismatiques. Les frissons je les ai eus en pagaille, les personnages en revanche seront mon bémol qui m'empêche d'en faire un coup de cœur.

Agnieszka et Robert prennent leur envol en tant que couple en emménageant ensemble pour la première fois. Un tout petit appartement dans un immeuble à la périphérie de Varsovie les attend, ils viennent de loin en voiture. Voyage long et pénible, rendez-vous manqué avec le transporteur de leurs quelques meubles,et pour couronner le tout, c'est l'effervescence dans le hall d'entrée à leur arrivée, un homme est trouvé décapité dans l’ascenseur...

Le ton est donné, on entre rapidement dans le récit. Très vite de petits incidents inexplicables surviennent, jusqu'à l'impensable : ils ne peuvent plus sortir de l'immeuble. Tous les habitants de l'immeuble échouent à sortir alors que la porte est ouverte, ceux qui devaient y venir ne les voient pas et changent d'avis en s'éloignant. Je vous garantis que cette scène qui survient dans les premiers chapitres est glaçante à souhait. 

Outre notre jeune couple, on va suivre également de près Viktor, un ancien journaliste devenu alcoolique depuis que sa femme et sa fille l'ont quitté et Kamil, un jeune lycéen marginal bridé par "ses vieux" pas cool. C'est Viktor qui va se mettre en avant, se chargeant de faire des réunions des habitants dans le hall afin de prendre des décisions concertées. Agnieszka va se lier d'amitié avec Viktor tandis que Robert s'enferme dans les tréfonds d'un esprit perturbé. Ces quatre personnages principaux sont décortiqués, leurs traumatismes enfouis analysés et pourtant jamais ils n'ont percé la barrière que je sentais entre eux et moi. 

Très vite Zygmunt Miloszewski transforme son récit en huis clos horrifique franchement teinté de fantastique. Les couloirs, les cages d'escaliers, les caves... ambiance Shinning de Stephen King. La frontière entre la réalité et le cauchemar s'effrite peu à peu, l'auteur nous entraîne dans une sacrée spirale de peur et de paranoïa. Frissons garantis car tout cela vient progressivement, insidieusement, c'est mené de main de maître. Quelqu'un derrière les murs est à lire, pour les amateurs du genre évidemment.

* SP papier *