L'avis express de Dup sur Les portes de lumière.
L'AVIS DE DUP
Je suis devant mon écran depuis un sacré bout de temps pour écrire cette chronique, et je ne sais toujours pas comment m'y prendre, par quel bout attaquer. J'ai lu ce livre avec intérêt mais sans passion.
Avec intérêt parce qu'on sent bien la puissance de la narration et de la plume de Vajra Chandrasekera. Ce n'est clairement pas pour rien que son roman Les portes de lumière a décroché autant de titres. Mais sans passion car il ne m'a pas embarqué, la magie développée m'a semblé froide, presque trop réaliste. Rien n'a fait pétiller mes yeux d'admiration.
Notre personnage principal au doux nom d'Entrave 😝 a eu son ombre arrachée avec un clou dès sa naissance par sa mère, Mère-de-Gloire. Du coup, outre le fait qu'il ne projette pas d'ombre, il n'est pas solidement ancré au sol. Il faut qu'il fasse sans cesse attention, sous peine de s'envoler et se noyer dans les airs.
Son enfance se passe dans le village d'Acusdab, sous la poigne de fer de sa mère qui le prépare dès son plus jeune âge à devenir un parfait assassin pour accomplir les Cinq Crimes Impardonnables, tels que l'a défini la théologie de son père. Ce père qui les a abandonnés et qu'ils haïssent tant, le Parfait et le Bienveillant. Ces cinq crimes sont : le matricide, l'hérésie, le meurtre de saints, le paricide et le meurtre du Parfait et du Bienveillant. Voilà pour cette charmante famille...
On retrouve alors Entrave à l'âge adulte, il s'est écarté de son destin, en quittant sa mère et son village pour vivre en ville à Luriat. Il a rejoint un groupe de personnes "spéciales" comme lui, mais non-élus. Comprenez, avec des pouvoirs qui pourraient les rendre élus. Il a un petit ami Hej, et des amis lambda, non spéciaux donc. Mais il ne semble jamais s'impliquer, il flotte également dans toutes ses relations. On apprend aussi que la religion de son père, le "Chemin en arrière", gagne en influence et que le Parfait et le Bienveillant pourrait bien venir prêcher à Luriat.
Et puis il y a ces fameuses Portes de lumière qui passionnent Entrave. Partout dans Luriat, n'importe quelle porte peut en devenir une si elle reste fermée trop longtemps. Une fois transformée en Porte de lumière, elle ne s'ouvre plus et si vous en faites le tour par une autre porte, il n'y a rien, un mur, point. Seuls les gens spéciaux comme Entrave ressentent auprès d'elles des sensations bizarres et variées. Sinon, et bien, elles ne servent à rien, même si elles sont étudiées sous toutes les coutures et vénérées... Le corollaire c'est que beaucoup de maisons ou de bâtiments dans Luriat ne possèdent pas de portes.
Parallèlement on assiste dans Luriat à des exactions contre certains groupes de personnes. Il y a énormément de castes raciales, de sous-castes dont je n'ai pas compris les distinctions. On a des exécutions de masse sans explications diligentées par un gouvernement tyrannique, le tout devant une population passive et spectatrice... On sent une distance dans les explications de ces problématiques sociales.
Le récit bascule dans une autre dimension lorsque Mère-de-Gloire "téléphone" à Entrave... sur son fixe débranché. Elle est mourante, un cancer, et tient à lui conter l'histoire de sa rencontre avec son père. On entrevoit un matricide sans effort qui enclenche la suite prévisible du récit, le retour en force du destin.
En fait, quelque soit l'angle par lequel j'aborde la chronique de ce roman, je me rends compte de ma lecture passive, non impliquée. Comme s'il me manquait un liant entre chaque facette du récit, une intrigue peut-être ? Je ne suis ni familière de la culture indienne, ni de leurs croyances et ce n'est pas Vajra Chandrakesera qui m'aura éclairée. Il m'a manqué clairement les bons codes de décryptage.





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire