L'avis express de Dup sur Cucul de Camille Emmanuelle
L'AVIS DE DUP
Marie Couston est prof de français contractuelle dans un lycée privé catho de Paris et pour mettre du beurre dans les épinards, elle écrit des romances érotiques le soir. Mais le problème c'est que Marie est féministe jusqu'aux bouts des ongles et doit suivre les codes, les diktats de son éditrice...
Elle s'en accommode malgré tout bon gré, mal gré, jusqu'au jour où l'éditrice lui impose un "léger" virage : la mode est à la dark romance. Elle en était alors au chapitre 3 de sa nouvelle romance contemporaine. Démoralisée, démotivée et un peu bourrée elle décide de clore son chapitre en assassinant James Cooper, son personnage principal, juste avant d'aller se coucher. Un James Cooper en chair et en os qu'elle retrouve au matin, matérialisé et endormi sur son canapé. Son fantasme incarné, irréel.
Les situations rocambolesques qui en découlent sont souvent très drôles, certaines m'ont fait exploser de rire et susciter maints haussements de sourcils dans mon entourage. D'autres en revanche m'ont fait grincer des dents, bien moins nombreuses fort heureusement. Mais je dois reconnaître que ces dernières étaient réactionnelles, me mettant face à des situations personnelles mal vécues.
Camille Emmanuelle nous propose avec Cucul un roman déjanté et drôle, parfois même poignant. C'est une satyre de la romance, une critique acerbe de la dark romance, mais ne nous leurrons pas, Cucul est également une romance originale dont le code primordial, une fin heureuse, est respecté.
Cucul est aussi une accusation à peine voilée des injonctions imposées dans l'édition, de l'impact sur les auteurs de cet effet de mode qui frappe également la littérature. Le thriller vs le polar, la romantasy vs la fantasy, la dark romance vs la romance.
Seulement, Cucul n'est pas que ça. C'est également un roman à message, le féminisme en l'occurrence. Art ô combien difficile, et lorsque les ficelles sont trop grosses, la plupart du temps ça casse. Or ici, ce ne sont pas des ficelles mais de véritables câbles proposés par l'autrice... et il faut avouer que ça passe ! Crème en plus, moi qui ne me croyais pas féministe pour un sou. Ne jamais sous-estimer le pouvoir de l'humour.
Lorsque l'on parcourt sa bibliographie, Camille Emmanuelle semble coutumière de ce type de roman, puisque j'y ai déniché un Lettre à celle qui lit mes romans érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite. 😁
J'ai beaucoup apprécié cette lecture même si elle m'a sortie de ma zone de confort, ou peut-être même pour cette raison. La plume de l'autrice est fluide et son humour sarcastique délicieux je l'avoue. Je n'avais pas l'intention de poursuivre plus avant ses écrits mais j'ai eu le malheur de cliquer sur le résumé de son prochain livre, Bombasse, et découvert qu'on y retrouvait Marie Couston ! Et bien j'en serai !!! Bombasse sort bientôt, le 6 février.
*service presse papier*


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