jeudi 2 mars 2017

ARKANE # 1 de Pierre Bordage



1 - LA DÉSOLATION



Éditions Bragelonne
Format relié
426 pages
25 euros


Résumé :


Arkane : une ville labyrinthique, bâtie selon la légende par sept maisons toutes-puissantes, et dont les luxueux niveaux supérieurs sont occupés par un pouvoir corrompu. C’est dans ce monde dominé par les intrigues incessantes, les meurtres et la magie noire que vit Oziel, fille de la maison du Drac.

Lorsque son clan est massacré, Oziel s’enfuit des Hauts de la ville, espérant gagner les Fonds afin de rejoindre son frère condamné et de lever une armée parmi les prisonniers du terrible bagne, dans les profondeurs de la cité.
Mais tandis qu’elle cherche à s’évader des rets d’Arkane, d’autres tentent de rallier celle-ci à tout prix. Renn, un apprenti enchanteur de pierre et Orik, guerrier venu d’une lointaine contrée, portent avec eux l’annonce d’une menace qui, s’ils arrivent trop tard, pourrait bien plonger Arkane dans le chaos…




L'avis de Dup :

Oziel du Drac ne doit la vie sauve qu'à son envie de solitude et de liberté. Revenue d'une escapade solitaire dans les Hauts, elle ne peut que constater l'hécatombe au domaine du Drac : pas un seul survivant, tout le clan a été éradiqué. Un ancien précepteur, sous prétexte de la soustraire aux assassins, la livre discrètement à un des fils du clan de l'Aigle qui comptait en faire son quatre heures... Oziel réussit à s'enfuir, après avoir réglé son compte à ce fils de p... l'Aigle. L'équilibre d'Arkane reposant sur le règne de ses sept clans souverains est menacé par ce complot. Oziel doit remettre sur pied le Drac et pour ce faire, rejoindre son frère aîné emprisonné dans les Fonds, lui même victime de cette conspiration.

En parallèle nous allons suivre Renn, un jeune gamin d'une famille de paysans des rives de l'Odivir qui a été cédé comme apprenti à un enchanteur de pierre vivant dans les monts Ostian. Renn, abandonné depuis plusieurs jours par son maître va être rejoint par Orik, un guerrier du royaume voisin. Ensemble ils vont tâcher de rejoindre Arkane pour prévenir le royaume d'une menace d'envahissement.

Le piège de l'alternance est bien là, entre les mouvements verticaux qu'effectuera Oziel et ceux horizontaux de Renn et Orik. L'impression est encore accentuée quand vient également s'intercaler le sort d'un autre descendant prestigieux, Noy du Corridan. Ce dernier est sans doute un des rares fils de clan qui se soucie du sort d'Oziel, en étant secrètement amoureux. Le piège est bien ficelé, l'intrigue posée est prenante et nous fait avaler ce roman à la vitesse d'un éclair. Et lorsque arrive la fin, je peux vous dire que la frustration est grande car aucun de ces personnages ne s'est encore rejoint, ils courent toujours vers leur destin respectif.

Les personnages sont fort bien troussés, même si j'ai eu plus de mal avec le principal, Oziel. Je la trouve presque trop forte cette jeune femme qui avance toujours, enfin descend plutôt, malgré les ÉpreuveS qui se présentent à elle. Et mon E et mon S majuscules sont carrément justifiés tant l'auteur s'acharne sur elle. Je lui ai presque préféré Noy qui lui non plus n'est pas épargné. Orik quant à lui est le guerrier classique, le costaud de base, qui ne vit que pour et par son épée... Mon chouchou reste donc Renn, ce petit gars qui se demande bien quel est son rôle dans tout ça, quelle est sa place dans la vie. Rejeté par ses parents, délaissé par son maître, toléré par nécessité par Orik. La mise en place et l'exploitation de cette magie spéciale, l'enchantement des pierres est juste grandiose. Il la découvre à tâtons notre Renn, et... nous avec ! Eh bien je peux vous dire que ça vend du rêve !

Mais ma chronique ne vaudrait rien si je ne vous parlais pas d'Arkane, car finalement c'est elle LE personnage principal. Décrite dans le résumé comme une ville labyrinthique, l'image qui me vient à l'esprit après avoir lu ce premier tome, est plutôt une immense pièce montée. Chaque niveau est posé sur un socle, entouré de hauts remparts. Et pour passer d'un niveau à l'autre, une porte donnant sur un labyrinthe dont nul ne peut ressortir vivant s'il s'y engage sans un guide de la guilde des Torcherons. Ils y veillent, ils sont les passeurs d'Arkane. Ainsi, et si j'ai bien tout compris, s'empile sur les Fonds, les Bas, les Labeurs, les Marches, les Dits, puis les Hauts réservés aux clans. Ces clans sont au nombre de sept, chacun ayant un animal totem : le Drac, le Corridan, l'Aigle, le Loup, l'Ours, le Dauphin et l'Orbal.

Pierre Bordage a développé un univers original et bien à lui, avec une faune adaptée à son environnement. On croisera un rogne des neiges sur les glaciers, des saletés de zysses dans les hautes herbes, des troupeaux de sixornes... Une ville unique, fantastique et imposante qui ne se laisse pas facilement appréhender. Une intrigue pleine de mystères que j'ai hâte de voir s'éclaircir. Bref, le tout donne un roman de Fantasy bien charnu avec énormément de matières à exploiter, mais qui ne l'est pas encore pleinement, et qui laisse le lecteur vraiment sur sa faim, et sans cliffhanger !
Et bien sûr, je ne peux mettre le point final sans parler de cette couverture absolument magnifique qui, associée au nom de Pierre Bordage m'a fait me ruer sur ce livre. Elle est de Didier Graffet et représente Hilyaon le dieu de la Désolation que l'on croise dans ces pages.



Une lecture que j'ai inscrite au Défi des 4 As, 3ème session

Défi 4  check !



mercredi 1 mars 2017

2nd volet de l'ITV de ESTELLE FAYE


On enchaîne déjà avec le second volet
Pour lire le 1er, c'est ICI




                                   © Fabien Legeron



Juste deux mots avant de laisser lui laisser la parole : Bienvenue Estelle !



Bonjour lectrices et lecteurs de Book en Stock ! 


Enfin, dans le cas présent, "bonjour", c'est rhétorique, vu que j'écris cette présentation de nuit - ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent - et de la caféine plein les veines - rien de très original pour moi non plus...

Je vous écris depuis mon bureau, au dernier étage d'un immeuble anonyme en banlieue parisienne, avec une vue imprenable sur les pics de pollution, quand il fait beau. Mon bureau est tapissé d'images, des affiches de ciné et de théâtre, des photos d'océans et du bout du monde, des reproductions de cartes anciennes, des illustrations de fantasy...Il y en a partout ou presque, sur les murs, les étagères, sur ma table de travail, sur les haut-parleurs de mon ordi. La prochaine étape, c'est le plafond, il est encore blanc et vide, il ne devrait pas rester longtemps ainsi. 
Poursuivons la visite. Sur la droite, un fauteuil hors d'âge, autrefois noir, aujourd'hui gris, décoloré par le soleil, avec son chat intégré - Fenby, plus noir que le fauteuil, pur gouttière, dix kilos de muscles. Au sol, des cahiers de notes et des feuilles de brouillon, des vagues de papier qui s'étalent et refluent au rythme de mes projets. Des livres dans tous les coins, évidemment, des films aussi. Sur la gauche, une énorme armoire limousine, héritage familial, avale un tiers de la pièce. Un meuble monstrueux en chêne massif, vieux de plus d'un siècle. Parfois les tiroirs dedans se déplacent, la porte s'ouvre toute seule en grinçant, c'est mon poltergeist personnel. Mon bureau a un côté cabinet de curiosités, il s'est garni au fil du temps d'une foule d'objets divers, ça va de la sirène immobile à la rapière brisée, en passant par un bonzaï de verre, un véritable chapeau claque, un esprit marin en bois flotté... 
Au fond, près du radiateur, trône une unique plante verte, une sorte de mini-palmier hawaïen, installé là un jour où j'étais en manque de voyages. Ce végétal tenace se débrouille depuis quatre ans déjà pour survivre au milieu de mes deadlines. Il mérite un certain respect. Le printemps et l'aube approchent. Bientôt les rossignols vont chanter. 

Encore merci à Dup et Phooka pour leur invitation !Pour mieux répondre à vos questions, je vais préparer du rab de café. 

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Allisonline :

Bonjour et bienvenue ! 
J'ai dévoré Thya mais, même si j'ai Enoch à lire, je n'ose pas tant que je n'ai pas le troisième sous la main. Mais j'ai aussi Un éclat de givre eeeet je crois bien que ce sera pour ce mois-ci !
Quel est ton processus d'écriture ? Apparemment, cela implique beaucoup de café, si j'ai bien compris ? :)
À très vite !

Estelle :


Bonjour et ravie que Thya t'ait plu !

En effet, mon processus d'écriture implique beaucoup de café, pas mal de nuits blanches, des tonnes de brouillons, et un manque assez flagrant d'organisation rationnelle.

Pour développer un peu : avant de me lancer dans la rédaction d'un roman, je passe des années à rêver à l'histoire, aux personnages, à l'univers. Je prends des pages et des pages de notes, je me documente beaucoup.

Ensuite, quand je me lance dans l'écriture, j'essaye de me dégager de longues plages horaires où je ne fais que ça, qu'écrire. J'écris surtout la nuit, j'ai pris l'habitude de travailler très tard pendant mes études, puis quand je faisais du théâtre. J'ai plus de facilité à me concentrer la nuit, à faire abstraction de ce qui m'entoure pour m'immerger dans mon texte. 
J'admire les auteurs qui travaillent de façon régulière, tous les jours à des horaires fixes. J'ai essayé de progresser de cette manière mais pour l'instant je n'y arrive pas.
J'écris par crises, je peux passer plusieurs jours d'affilé rivée à mon ordinateur en oubliant l'heure, en ne dormant presque pas, en sortant à peine. Puis je vais devoir tout laisser en plan, pour retourner quelques jours dans le monde réel. 
Je ne sais pas si je pourrais garder encore longtemps ce rythme, mais pour l'instant il me convient.

Ensuite, une fois que j'ai écrit un chapitre, je le fais relire à mes bêtas-lecteurs, j'en parle avec eux autour d'un café, pour moi, et d'un thé ou d'un chocolat, pour eux. On discute beaucoup, je retravaille le texte avec eux, puis je le corrige encore avec l'éditeur.




Licorne :

Bonjour Estelle, 
Je t'ai rencontré l'année dernière aux Imajinéres d'Angers et franchement ton dynamisme et ta bonne humeur sont ce que je retiendrai, en plus des excellents conseils de lectures que tu m'as donné ! Bref... Est ce que cette année tu y seras également ... Il n'y a pas beaucoup de communication sur cet événement ! 

Sinon, Je suis entrée il y a quelques jours dans le seigneur de Bohen et pfiouuu ! quelle conteuse tu fais ! est ce que tu te mets dans la peau des personnages quand tu écris, comme un rôle au théâtre ou es tu spectatrice de ce que tu racontes ? 
Merci d'avance pour ta réponse.


Estelle :
Bonjour Licorne,

et merci pour Bohen !
Je garde aussi de très bons souvenirs d'Angers !
Par contre je n'y reviendrai pas cette année. Le même week-end, je serai au Festival des Mondes Imaginaires à Montrouge.
Mais j'espère que nous aurons d'autres occasions de nous recroiser.


Durant le printemps, je passerai aussi aux Oniriques, à Meyzieu, à Rennes pour Rue des Livres, au Salon du Livre de Paris, aux Imaginales et à Trolls et Légendes - et sans doute ailleurs... Promis, je mets très vite une note là-dessus sur mon site.

Pour en venir à ta question, je me mets au maximum dans la peau de mes personnages, comme lorsque j'étais comédienne, en suivant une méthode assez inspirée de Stanislavsky, que j'ai apprise pendant mes études de théâtre, à San Francisco. Je me sers beaucoup de documentation pour cela, j'essaye de reconstituer au maximum l'univers dans lequel évoluent mes personnages, dans ma tête bien sûr, mais aussi de manière très concrète, chaque fois que c'est possible.
J'essaye par exemple de cuisiner ce que mangent mes personnages, d'expérimenter les styles de combat qu'ils utilisent... En gardant toujours à l'esprit que ce que je teste assez rapidement représente leur quotidien pendant des années, parfois pendant toute leur vie.




Licorne :

En tous les cas cette méthode fait ses preuves ... Le rendu est sidérant, je suis happée par les émotions très réalistes que dégagent Maeve, Wens et Sainte étoile !

J'aimerai beaucoup connaitre tes lectures ... Penses tu qu'elles t'influencent ou au contraire elles sont a l'opposé de ce que tu écris ?
Merci pour les dates, Estelle

Estelle :

Re bonjour Licorne,

et encore merci pour Maëve, Wens et Sainte Etoile !

Mes lectures m'influencent forcément.
Plus j'avance, et plus je suis convaincue qu'un auteur ne crée jamais tout seul, ex nihilo, mais qu'il est le fruit d'un paysage littéraire, la somme de ses lectures et de ceux qui l'ont précédé, aussi.
Certains livres ont été des étapes importantes de ma vie.

Typhon de Conrad, L'île au Trésor de Stevenson et Rivage des Intouchables de Francis Berthelot ont contribués à me rendre accro aux océans.

D'une manière générale, les romans de Francis Berthelot, que je relis régulièrement, m'aident à croire en la littérature, ils dégagent une émotion et une humanité incroyable, avec un fantastique sombre mais toujours teinté d'espoir. Et c'est un auteur qui parle très bien de théâtre.

Plusieurs lecteurs ont vu l'influence de son oeuvre dans Un Eclat de Givre, pour moi c'est un grand compliment.


Certains livres m'ont ouvert des horizons. Les Chroniques des Crépusculaires, de Mathieu Gaborit, m'ont montré à quel point on disposait d'une immense liberté de création en fantasy. A la pointe de l'épée, d'Helen Kushner, ou encore Le couteau du partage, de Lois MacMaster Bujold, m'ont encouragée à créer des héros innattendus.


Cristal qui songe de Sturgeon et Les souliers verts de Saint Marcoux ont nourri mon amour pour le théâtre, pour les freaks et les marginaux.
L'énergie et la révolte des héros de Steinbeck, dans Les raisins de la colère, m'ont aidée à écrire des personnages qui luttent.

La gouaille parisienne de Nestor Burma et le style enlevé de Rainbow Warriors d'Ayerdhal font partie des inspirations d'Un Eclat de Givre.
Jane Eyre de Charlotte Brontë reste un de mes modèles d'héroïnes.

Certains livres me soutiennent aussi quand j'ai un coup dur, un coup de blues, Martin Eden de Jack London ou encore le Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf.

Par ailleurs, je lis aussi des choses qui m'ont rien à voir avec ce que j'écris, qui m'apportent une bouffée d'oxygène quand je me plonge trop avant dans mes univers. Quand j'écris de la fantasy par exemple, je lis souvent de la SF ou du polar.


Enfin, dans mes lectures récentes, j'aimerais citer deux coups de coeur, deux séries dans deux genres différents : l'Héritière et sa suite, de Jeanne A. Debats, et La Source des Tempêtes, de Nathalie Dau. Je crois que les maîtresses des lieux ont aimé aussi^^


Nahe :

Bonjour et bienvenue Estelle ! Je suis plongée dans Thya, une découverte bien agréable. Et une très jolie couverture, ce qui est souvent le cas pour vos romans : une coïncidence ou une preuve de bon goût de ta part ?

Estelle :
Bonjour et merci !


Pour ce qui est des couvertures, j'ai beaucoup de chance, surtout.
Et j'ai la chance d'avoir des éditeurs qui tiennent compte de l'avis de l'auteur, le plus souvent, qui me consultent et me demandent ce que je pense de telle ou telle piste d'illustration. Un grand merci à eux.



Gilwen :



Me revoilà (et merci pour ta réponse précédente). Non contente de varier les univers, tu varies également les formats en écrivant des nouvelles et travaillant comment anthologiste. Du coup j'ai quelques questions à ce sujet. 
Tout d'abord, sur le format de la nouvelle, ce qu'il t'apporte, ce que tu aimes dans ce format ? Vois tu cela comme un éclat de quelque chose d'autre ou un tout indépendant ? Quand tu participes à des anthologies comme celles des Imaginales qui sont thématiques, j'imagine qu'il y a un côté "texte de commande" à l'exercice ? Comment intègres tu ce type de contrainte ?
Pareil pour ta casquette d'anthologiste, quel plaisir en tires tu, que recherche tu dans les textes que tu sélectionnes ?

Estelle :

Re-bonjour,

ce que j'aime dans la nouvelle, et notamment dans la nouvelle de commande, c'est la liberté de tester des choses, d'essayer de nouveaux univers, d'aller dans des directions auxquelles je n'aurais pas forcément songées. Par exemple, dans l'anthologie des Imaginales Trolls et Licornes, Jean-Claude Dunyach nous a poussé à écrire des textes légers, joyeux, et je me suis lancée dans de la fantasy humoristique pour la première fois. 
Je trouve la contrainte très ludique, au fond. Elle a un côté "défi à relever" qui me parle beaucoup.
Les nouvelles, pour moi, sont des éclats d'univers, mais elles doivent aussi pouvoir fonctionner seules, être indépendantes et ouvrir des portes à l'imagination.

Certaines de mes nouvelles, c'est assez rare, ont des rapports plus ou moins distants avec mes romans. Dans l'anthologie Trolls et Légendes, ma nouvelle La montagne aux trolls montre la forteresse de Brog, que l'on voit dans La Voie des Oracles, quinze siècles après le passage de Thya.
Certaines de mes nouvelles, ce n'était pas prévu à la base, sont en train de donner naissance à des romans.

En tant qu'anthologiste, j'aime découvrir de nouveaux univers, faire découvrir aux lecteurs des mondes, des plumes qui m'ont émue, qui m'ont fait voyager... Je ne cherche pas forcément des textes parfaits, ou publiables en l'état - je suis là aussi pour faire travailler les auteurs, au besoin - mais plutôt des univers différents, des voix particulières. Des textes vivants. 
Enfin, derrière une anthologie, il y a souvent de belles rencontres littéraires et humaines.



Bonjour Estelle ! Je suis vraiment contente de participer à ce "mois de" car enfin je découvre ta plume ! Je suis actuellement dans Les seigneurs de Bohen et j'adore ! Comment est-ce possible de manquer d'organisation alors que tu nous livres un récit si complexe (avec les histoires de tous ces personnages qui se chevauchent) et si juste ? Pas une fois je n'ai été perdue, tu nous rappelles toujours ce qu'il faut quand il faut. J'imagine que tu as du beaucoup travailler sur ce livre et que ça a du être un vrai casse tête pour toi de rendre le tout fluide et cohérent. Est ce que tu as fait des frises chronologiques pour t'en sortir ? Est ce que tu écris d'abord toute l'histoire d'un personnage avant de les imbriquer ? En tout cas je suis impressionnée et je file continuer ma lecture !

Estelle :
Bonjour May,

je suis contente que Bohen te plaise !

Pour ce qui est de la cohérence de Bohen, il n'y a pas de mystère, j'ai travaillé avec des frises chronologiques en effet. Beaucoup de frises chronologiques, toutes manuscrites.
Au début de l'écriture, j'ai fait une grande chronologie de l'ensemble du livre, ainsi qu'une frise chronologique plus détaillée par saison, une pour chaque personnage important, une pour chaque lieu important, et enfin des fiches qui récapitulaient tout sur les grands mythes et les différentes magies de cet univers.

Cependant, comme mes romans évoluent constament au fil de l'écriture, les frises et les fiches changeaient constament elles aussi. Et dans un projet comme Bohen, tu t'en doutes, le moindre petit évènement que je bougeais, mettons, dans l'histoire de Wens, pouvait avoir des répercussions sur toutes les autres lignes d'histoire de tous les autres personnages, avant et après dans le texte. Donc à chaque variation, je relisais et je corrigeais l'ensemble du projet. A la fin, sur mes fiches, il y avait plus de ratures que de mots. 
Pour résumer, c'était un travail de romain.
Mon éditeur et mon entourage m'ont beaucoup soutenue, je n'aurais pas terminé ce roman sans eux - mention spéciale à Suzanne, ma bêta-lectrice, qui est très douée pour relever les incohérences dans un texte, et qui m'a cuisiné des soupes de légumes maison quand je commençais vraiment à ressembler à un zombie. Car il n'y a pas que le café dans la vie ! 

Bonne fin de lecture !

Avril 2017 sera le mois de...



NATHALIE DAU !



En avril donc, nous sommes heureux d'accueillir sur Bookenstock Nathalie Dau, à la veille de la sortie de son tome 2 dont je vous laisse admirer la couv :




Quant au premier tome que voici ci dessous, je vous en ai parlé l'an dernier ICI, et Phooka bien avant moi, dans sa première version qui s'appelait alors La somme des rêves.
On me glisse dans l'oreillette, que Source des Tempêtes est enrichi de 13 ou 14 chapitres par rapport à La somme des rêves. Une mise à jour sera nécessaire dame Phooka pour enchaîner sur Bois d'Ombre :)




Deux couv superbes que l'on doit à Melchior Ascaride.


Un partenariat va suivre, mais sans doute pas tout de suite, encore quelques points à finaliser avec les Moutons électriques... lâchez vos starting-block, vous allez choper des crampes ! :)


1er volet de l'ITV de ESTELLE FAYE





                                   © Fabien Legeron



Juste deux mots avant de laisser lui laisser la parole : Bienvenue Estelle !



Bonjour lectrices et lecteurs de Book en Stock ! 


Enfin, dans le cas présent, "bonjour", c'est rhétorique, vu que j'écris cette présentation de nuit - ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent - et de la caféine plein les veines - rien de très original pour moi non plus...

Je vous écris depuis mon bureau, au dernier étage d'un immeuble anonyme en banlieue parisienne, avec une vue imprenable sur les pics de pollution, quand il fait beau. Mon bureau est tapissé d'images, des affiches de ciné et de théâtre, des photos d'océans et du bout du monde, des reproductions de cartes anciennes, des illustrations de fantasy...Il y en a partout ou presque, sur les murs, les étagères, sur ma table de travail, sur les haut-parleurs de mon ordi. La prochaine étape, c'est le plafond, il est encore blanc et vide, il ne devrait pas rester longtemps ainsi. 
Poursuivons la visite. Sur la droite, un fauteuil hors d'âge, autrefois noir, aujourd'hui gris, décoloré par le soleil, avec son chat intégré - Fenby, plus noir que le fauteuil, pur gouttière, dix kilos de muscles. Au sol, des cahiers de notes et des feuilles de brouillon, des vagues de papier qui s'étalent et refluent au rythme de mes projets. Des livres dans tous les coins, évidemment, des films aussi. Sur la gauche, une énorme armoire limousine, héritage familial, avale un tiers de la pièce. Un meuble monstrueux en chêne massif, vieux de plus d'un siècle. Parfois les tiroirs dedans se déplacent, la porte s'ouvre toute seule en grinçant, c'est mon poltergeist personnel. Mon bureau a un côté cabinet de curiosités, il s'est garni au fil du temps d'une foule d'objets divers, ça va de la sirène immobile à la rapière brisée, en passant par un bonzaï de verre, un véritable chapeau claque, un esprit marin en bois flotté... 
Au fond, près du radiateur, trône une unique plante verte, une sorte de mini-palmier hawaïen, installé là un jour où j'étais en manque de voyages. Ce végétal tenace se débrouille depuis quatre ans déjà pour survivre au milieu de mes deadlines. Il mérite un certain respect. Le printemps et l'aube approchent. Bientôt les rossignols vont chanter. 

Encore merci à Dup et Phooka pour leur invitation !Pour mieux répondre à vos questions, je vais préparer du rab de café. 

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À vos marques, prêts, partez !

Ramettes ouvre le bal comme souvent ! ;)







Bonjour,
Bienvenue parmi nous... Votre bureau fait rêver !
J' ai découvert vos écris grâce aux vénérables ... Mais j'ai passé le pas que maintenant ! J'ai adoré "Thya" dont je dois écrire la chronique... puis je filerai acheter "Enoch". Donc je vais devenir fan mais pour l'instant je ne pourrai parler que d'un roman.
J'ai trouvé la période choisie très originale, véritable creuset de civilisations plus ou moins en voie de disparition ou d'intégration. Qu'est-ce qui vous a donné envie de partir d'Aquitaine ? et de fait historiques "réels" ? Ou alors c'est de la pure imagination qui donne l'impression de bases réelles ? 
Je ne pense pas que ma question soit très originale... Je suis novice ! 


Estelle




Bonjour Ramettes,


merci pour cette première question,
et merci aux vénérables, contente que "Thya" vous plaise !


Il y a bien des faits réels à la base de ce livre.
En tant que lectrice, j'aime quand un roman me fait sortir de ma carcasse, m'emmène dans d'autres époques, d'autres lieux, m'offre d'autres visions du monde que la mienne, que celle d'une banlieusarde du vingt-et-unième siècle. C'est aussi ce que j'essaye d'offrir à mes lecteurs.
J'aime parcourir des mondes disparus, et, au fond, les romans sont la meilleure machine à voyager dans le Temps qu'on ait inventée à ce jour, ils permettent de recréer non seulement le décor d'une époque, mais aussi les sensations, les émotions qu'éprouvaient ceux qui y vivaient.


De plus, l'Histoire est un matériau très riche, pour un romancier. Quand on se plonge dans de la documentation, on est toujours surpris par ce qu'on découvre, on tombe sur des faits ou des anecdotes qu'on n'aurait sans doute jamais imaginés.


Par exemple, si Enoch est maquilleur, dans la Voie des Oracles, c'est grâce à une exposition que j'ai vue au Musée de Cluny ( musée consacré à l'Antiquité et au Moyen-Age).
L'expo s'appelait le bain et le miroir, elle parlait des rituels de beauté et d'hygiène au fil des époques, et j'y ai appris entre autres que maquilleur était autrefois une profession d'homme, assez mal considérée - on soupçonnait ceux qui l'exerçaient d'être empoisonneurs, intriguants, séducteurs... ça vous rapelle sans doute quelqu'un...


Pourquoi l'Aquitaine, enfin ? Pour une raison très simple : c'est une région où j'ai passée une partie de mon enfance, et qui m'évoque des souvenirs heureux, des souvenirs de printemps en forêt et de soleil, exactement le genre d'ambiance que je voulais pour le début du livre.
Et c'est une région chargée d'Histoire, ce qui ne gâte rien !






Dup 


Quand on croise la foultitude d'êtres, d'animaux imaginaires dans tes romans on se pose vraiment une question : Il y avait du lait de dragonne dans ton biberon ? Ou alors, quelle type de fée s'est penché sur ton berceau ?





Estelle


Bonjour Dup,


encore merci pour l'invitation !


Les créatures fantastiques sont une de mes grandes passions depuis... aussi loin que je me souvienne. Je ne sais pas s'il y avait du lait de dragonne dans mon biberon, mais en tout cas il y a eu très tôt des livres de contes et légendes dans ma bibliothèque, consacrés pour beaucoup aux chimères, aux centaures, aux vouivres, aux faunes, aux fées, aux licornes...
J'avais entre autres - et j'ai toujours- un Bestiaire Fabuleux illustré par Frédéric Clément, un ouvrage où des êtres étranges rôdent à la lisière de notre réalité, où les sirènes s'échouent au port du Havre, et où les basilics se perchent au coin des ruelles désertes. Mon exemplaire est usé à force d'avoir été lu et relu, sa reliure se décolle par endroits. Il a façonné durablement mon imaginaire.




J'aime voyager, aussi, dans le monde réel quand je peux, en imagination le plus souvent, et j'aime découvrir les créatures légendaires de tous les pays, les vodianoïs et les divs d'Europe de l'Est, les djinns orientaux, le Serpent à plumes des Andes... Ces créatures donnent une dimension supplémentaire au monde, un peu plus de couleur et de magie.


Célindanaé

Est-ce qu un retour en bohen est prévu ? L univers est tellement riche et magique qu on aimerait beaucoup y retourner rêver.






Estelle



 Bonjour Célindanaé,

contente que cet univers te plaise !

A la base, Les Seigneurs de Bohen sont un one-shot.
Mais j'ai noirci tellement de cahiers de notes avec les paysages, les monstres, l'Histoire, les mythes et légendes de Bohen, que je ne m'interdis pas d'y retourner un jour.

Si le vent de la steppe me manque trop...

Note de Dup : On va se charger de l'attiser ce vent !




Gilwen :

Bonjour Estelle ! Ravie de pouvoir te cuisiner ici. Je ne vais pas tarder à entamer les Seigneurs de Bohen (qui me fait tellement envie depuis que sa sortie a été annoncée) et j'ai dévoré ta trilogie La Voie des Oracles, un beau voyage initiatique aux personnages attachants et poussés dans leurs derniers retranchements. Je suis aussi vraiment tombée sous le charme de ton imaginaire avec ces trois livres, de ce surnaturel qui s'intègre au final avec beaucoup de naturel à l'univers. Sans parler de ce contexte pour le moins original et qui parle à l'ancienne étudiante en histoire que je suis (et en plus j'adore les périodes de transition). Il me reste encore beaucoup de tes livres à découvrir, mais je suis assez fascinée par la facilité avec laquelle tu sembles changer "d'univers". Est-ce un besoin chez toi de partir sur quelque chose de complètement nouveau après un roman ? Ou as tu toujours ces bouts d'imaginaires en tête qui se chevauchent un peu ? Qu'est ce qui déclenche chez toi l'envie d'écrire un roman, de passer à un autre genre, une autre ambiance ?


Estelle :

Bonjour Gilwen,

je suis ravie d'être ici aussi ! Merci pour ton retour sur La Voie des Oracles. Les périodes de transition en Histoire me pasionnent, je compte d'ailleurs aller au Siècle des Lumières dans un prochain roman.

Passons aux questions !

J'ai toujours plusieurs projets, plusieurs univers en tête - heureusement que mes éditeurs me fixent des deadlines, car sinon j'aurais beaucoup de mal à donner la priorité à tel ou tel roman, et je ne finirais sans doute jamais un seul manuscrit.

Pour ce qui déclenche mon envie d'écrire... c'est très variable, en réalité.
J'ai des images qui apparaissent dans ma tête, des personnages qui me parlent dans mon cerveau, qui demandent à vivre... et qui ne me laissent pas tranquille tant que je ne les ai pas couchés sur le papier.

Pour Thya, tout est parti d'un éclat de l'univers : une adolescente gallo-romaine, enfermée dans une chambre obscure, dans une villa au milieu des forêts, alors que le soleil brille dehors, que c'est le printemps, que les faunes et les dryades conversent sous les arbres. Une adolescente qui cherche inlassablement quelque chose dans l'avenir, dans un miroir d'eau et d'huile placé devant elle...

Un Eclat de Givre, lui, est né en réaction à une période de ma vie assez dure, où plusieurs de mes proches venaient de traverser pas mal d'épreuves - et l'actualité en France et dans le monde était morose, mais ça, ça n'a pas trop changé depuis.

Je venais de lire à la suite plusieurs romans très beaux, très bien écrits, mais très cafardeux, très déprimants. D'un coup j'ai eu envie de secouer tout ça, toute cette tristesse, tous ces deuils, de clamer haut et fort que, quelques soient les épreuves, la vie continue, et c'est ça l'essentiel, c'est ce qu'il ne faut jamais perdre de vue.

Givre est donc un hymne à l'espoir, l'espoir au milieu des ruines, la vie qui renaît sur les décombres. C'est un livre solaire parce que j'avais besoin de soleil, j'avais besoin de couleurs, de chanter et de parler de théâtre, de croire en l'avenir malgré tout.

Chacun de mes romans a une genèse différente, donc, et en même temps, au fil des livres, au fil des festivals et des tables rondes, je me rends compte que je reviens souvent sur certains thèmes qui me tiennent à coeur : les changements de civilisations, la construction d'une personnalité, l'importance de la culture, des histoires que l'on transmet, l'influence des mots sur le réel...


Paikanne :


Bonjour,

Je vais profiter de ce rendez-vous de mars pour vraiment "faire connaissance" : si j'ai déjà lu beaucoup de billets relatifs à vos romans, je n'en avais jusqu'à présent lu aucun. J'y remédie puisque je suis en train de lire Thya... et j'ai d'ores et déjà mes tickets d'entrée pour Trolls et Légendes :-)


Estelle :

Bonjour Paikanne,

et bonne lecture, à bientôt à Mons !




Celindanaé :


Dans beaucoup de tes écrits (romans ou nouvelles), le thème de la dualité masculin/féminin revient. Une des choses que je trouve marquante dans tes romans c'est la justesse des personnages, ils sont très humains et toujours très attachants. Un des plus marquants est d'ailleurs Chet. Comment procèdes tu pour écrire tes personnages?


Estelle :
Merci pour mes personnages - et pour Chet qui me tient particulièrement à coeur !

Le thème de la dualité masculin/féminin revient souvent dans mes romans parce qu'au fond, ça n'a jamais été évident pour moi de me couler dans un rôle de femme. En tant que petite fille d'abord, qu'adolescente puis femme ensuite, j'ai toujours, comme beaucoup d'autres, était trop féminine sur tel point, pas assez sur tel autre...
J'ai navigué entre des professions "de femmes" et des professions "d'hommes". J'ai été comédienne, chanteuse, aussi bien que metteur en scène... J'ai souvent changé d'apparence, oscillant entre le garçon manqué - ado, on me prenait pour le fils de mon père - et la jeune première parfaite, toujours en jupes et talons hauts. Au théâtre, j'ai joué aussi bien des jeunes ingénues que des femmes habillées en hommes, que des rôles d'hommes - et j'ai adoré ça !
Chet notamment s'est beaucoup nourri de tout ça, de mes années de théâtre. Il y a beaucoup de moi à son âge, dans ce personnage-là.

Souvent, en tant qu'artiste, j'aurais aimé être neutre, être une page blanche à partir de laquelle je pourrais interpréter n'importe quel personnage, raconter n'importe quelle histoire. Mais j'ai appris, parfois à la dure, que pour une partie du monde je ne serai jamais neutre. Pour certains, je serai toujours femme avant d'être auteur, scénariste, metteur en scène... C'est une difficulté supplémentaire à gérer. C'est aussi une richesse. Ces expériences me forcent à m'interroger davantage sur le monde qui m'entoure, à toujours remettre en question les représentations et les codes sociaux.

Quand je commence à réfléchir à un personnage, j'envisage ce avec quoi il part comme un jeu de cartes. Ses forces, ses faiblesses, son origine sociale... ce sont les cartes qu'il possède au départ, avant que l'histoire ne commence. La carte femme n'est pas une carte neutre, mais ce n'est pas une mauvaise carte non plus - même si dans certaines circonstances, ça complique méchamment la vie !

Ensuite, avec cette donne de base, le personnage peut jouer une multitude de parties possibles, en fonction des gens qu'il va rencontrer, des décisions qu'il va prendre...
J'essaye toujours de me lancer dans l'écriture sans idée préconçue sur le parcours de mes personnages. Je ne me dis jamais : untel part d'ici, il va arriver là. Mais au contraire, à chaque nouvelle péripétie, à chaque noeud de l'histoire, je me demande : untel est parti avec ces cartes-là, il a déjà vécu ceci, fait tel et tel choix, comment va-t-il réagir à ce nouvel évènement ?

Je laisse le personnage me guider.


En général, je ne comprends vraiment qui sont mes personnages que lorsque j'ai fini d'écrire un roman. Et je m'attache beaucoup à eux, même aux pires ordures. Tant mieux si cet attachement se transmet aux lecteurs !


Re Ramettes :)

re-bonjour,

Super déjà des réponses !
Avez-vous un travail à côté de celui d'écrivain ?


Estelle :
Question facile : oui, même plusieurs.

Je ne gagne pas ma vie avec l'écriture, même si elle prend de plus en plus de place dans mon quotidien.

A côté, j'ai divers petits emplois dans la culture, j'ai travaillé à plusieurs postes dans le théâtre, et je me tourne de plus en plus vers la réalisation. Je viens de terminer un premier gros court-métrage en tant que réalisatrice, j'espère que ce n'est pas le dernier !


Bibliographie de Estelle Faye







Vous allez voir, la liste est longue... et encore, je ne parlerai que des romans ! Mais sachez que Estelle Faye est également l'auteur de nombreuses nouvelles, voire même dirige quelques anthologies.

Commençons à l'envers, par les plus récents, ceux chroniqués sur Bookenstock.










Ensuite vient trois autres romans qu'il me reste à découvrir ! Ce n'est que le temps qui me manque d'ailleurs car ils sont tous dans ma bibli, et presque tous dédicacés. Et oui, que voulez vous, on est fan ou on ne l'est pas ! :))














A noter quand même que TOUTES les couv des romans d'Estelle (bon, hormis celle de La dernière lame qui est très classique) sont toutes à tomber ! Et je suis vraiment ravie de les voir trôner dans ma bibli.

Et les dernières sorties, Thya et Enoch en poche chez Folio SF