lundi 12 mars 2018

LA COULEUR DU MENSONGE de Erin Beaty






Éditions Lumen
506 pages
15 euros


4ème de couv :

Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s’en sortir ? Épouser un beau parti. Elle se présente donc chez une entremetteuse – l’une de ces femmes chargées d’évaluer le potentiel des candidats au mariage, et dont les décisions font et défont les fortunes d’une famille, voire d’un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, la jeune fille échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l’observation, la marieuse lui propose toutefois de devenir apprentie.

Sage s’embarque donc dans un périple vers la capitale pour assister au Concordium – là où, tous les cinq ans, se décident les unions les plus importantes – avec un groupe de jeunes filles triées sur le volet. Cette précieuse cargaison est escortée par un bataillon de soldats d’élite qui ne tarde pas à réaliser qu’ils sont tous sur le point de se jeter dans la gueule du loup : le pays voisin prépare une invasion et chaque étape du voyage pourrait bien être la dernière. Spécialiste des missions de reconnaissance, l’un des membres de la troupe sollicite alors l’aide de Sage. Mais plus elle avance dans ses recherches plus elle découvre, horrifiée, que tout le monde joue double jeu… à commencer par son recruteur lui-même ! Et, doucement, le piège se referme sur elle…







Autant le dire de suite, j'ai adoré ce roman, et ce dès le début malgré une mise en place de l'intrigue assez lente. Tout simplement parce que le personnage principal de Sage m'a plu de suite. Elle est entière, un poil grande gueule et on la sent passionnée par son rôle de perceptrice.

Sage est orpheline, élevée par son oncle et sa tante et elle s'occupe de l'éducation de ses cousins et cousines. Son oncle a décidé de la marier, ce qui ne lui plaît guère... Pourtant elle tâchera de jouer le jeu qu'on attend d'elle lors de son entrevue avec une des plus grandes entremetteuses du royaume de Demora. Mais chassez le naturel... son sale caractère et son franc-parler font capoter sa candidature. Cependant maîtresse Robelle va l'embaucher comme apprentie pour exploiter ses dons d'observation et de déduction. Elle va même jouer les espionnes en se coulant dans le rôle d'une des futures mariées qui accompagneront l'entremetteuse à la capitale pour le Concordium : la célébration des mariages arrangés qui a lieu tous les cinq ans.

Parallèlement nous suivons un détachement de soldats qui sera affecté à la défense du convoi de nos futures mariées. Ils sont dirigés par le Capitaine Quinn, fils du grand Général Quinn. On comprend très vite que cette mission n'est pas la seule qui leur est confiée. Le soldat Ash doit "infiltrer" les donzelles pour obtenir des renseignements sur chaque place forte où ils feront halte en chemin. Sage doit "infiltrer" ce régiment pour recueillir des renseignements sur chaque futur parti à marier dans quelques années...

Et bien sûr, sur ces bases bien fausses, Ash et Sage vont se rapprocher, se chercher, se mentir…
Alors, raconté comme cela on pourrait croire à une banale romance. Que nenni, car d'abord elle n'est pas du tout banale, mais surtout l'intrigue et les conflits au sein du royaume vont largement prendre le pas. Trahisons, complots et retournements de situation seront au rendez-vous. De belles batailles aussi et notamment une prise de château à la mode de Troie, j'ai adoré.

Dans ce monde inventé par l'auteur, un univers moyenâgeux somme toute très classique, c'est amusant de voir le rôle et le pouvoir de cette corporation de femmes Entremetteuses. Ce sont elles qui font et défont les royaumes en manipulant les alliances. C'est une véritable institution dans cet univers. On se rend compte que toutes ces têtes couronnées sont menées par le bout du... nez, bien évidemment.

Si ce roman démarre piano piano, il prend très vite un rythme trépidant et devient inlâchable. Les personnages principaux sont attachants et fort bien troussés. L'écriture de l'auteur fluide et entraînante. L'intrigue mêlée à la cascade de mensonges va aboutir à une vérité qui en surprendra plus d'un. Je me suis fait avoir comme une bleue et j'adore ça. Je n'ai que des arguments positifs, alors qu'est-ce que vous attendez pour vous ruer dessus ? Pour ma part j'attends avec impatience la suite de cette trilogie qui démarre par un coup de cœur pour moi.



samedi 10 mars 2018

En février chez LES MOUTONS ÉLECTRIQUES





PRÉSENTENT EN FÉVRIER


Opération Sabines 
de Nicolas Texier



un roman d’aventures et d’espionnage dans un cadre d’uchronie magique...




Le chaudron brisé
de Nathalie Dau




un court roman de fantasy urbaine...



vendredi 9 mars 2018

[Sorties] FOLIO SF en mars 2018




Mars 2018




Laurence Suhner
 Origines


QuanTika, III



Couverture de Manchu

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Erik L'Homme 
Phænomen

L'intégrale




Couverture de Georges Clarenko




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Laurent Kloetzer
Vostok



Couverture d'Aurélien Police

jeudi 8 mars 2018

BLANCHE de Hervé Jubert, L'intégrale : 1/3





Éditions ActuSF
Collection Naos
875 pages
17,90 euros


4éme de couv :

« Je m'appelle Blanche. J'ai 17 ans. Paris est assiégée par les Prussiens. Impossible de rejoindre ma famille. Mon oncle, commissaire de police, est sur la piste d'un tueur de tatoués.
Je m'appelle Blanche. J'ai 17 ans. Les bombes tombent sur Paris. Et je traque le tueur, moi aussi. »





Cette Intégrale publiée chez ActuSF est un regroupement de trois romans concernant le personnage de Blanche, plus un petit roman, une novella, inédite. Cette chronique concernera le premier volume intitulé initialement : Blanche ou la triple contrainte de l'enfer.

Blanche et sa famille tente de monter dans le dernier train en partance de Paris. En effet, nous sommes en 1870 et Paris est assiégé par l'armée prussienne. Le quai est bondé, une bousculade et la jeune fille se retrouve séparée des siens qui partent en la laissant seule. Mais il en faut plus pour déstabiliser Blanche qui voit même la situation comme un soulagement. Avant de retourner dans l'appartement familial, elle fait un détour pour prévenir son oncle le commissaire Gaston Loiseau de la situation.

Ce dernier, appréciant l'écoute et l'admiration que lui porte sa nièce va l'informer de sa dernière enquête en cours. Or Blanche n'aime rien moins que de jouer les apprenties-détectives. Elle va donc s'investir dans cette résolution d'énigmes en cascade, mais discrètement parce que jamais son oncle ne la laisserait prendre des risques. C'est pourtant bien ce qu'elle va faire Blanche, alors qu'elle n'a pas encore 18 ans, d'autant que l'enquête s'oriente vers les sciences occultes et la magie noire...

Notre héroïne est intelligente, courageuse et débrouillarde. Et de la débrouillardise il va lui en falloir pour vivre dans ce Paris où tout commence à manquer. Mais également pour mener son enquête dans les milieux scientifiques et médicaux où une présence féminine est très mal vue, voire même une hérésie. Une Blanche que je ne me représente absolument pas comme celle illustrée sur la couverture qui nous montre une femme déterminée. La Blanche décrite par Jubert est déterminée également mais d'une timidité presque maladive, elle a le nez en trompette, le cheveu blond filasse et les oreilles décollées... hum, hum. Bon ok, elle est belle cette couv, très belle !

Les personnages secondaires ne sont pas en reste et apportent chacun leur touche originale à ce roman : en effet on croisera Sarah Bernard, Nadar. On baignera dans les pamphlets de Victor Hugo contre la gestion de la crise prussienne par les autorités de l'époque. Il me faut citer également Émilienne, l'ami de Blanche, complètement extravertie et dévergondée, l'exact contraire de notre héroïne. Le mélange des deux est agréable et rafraîchissant.

Le point fort de ce premier tome est sans conteste le contexte historique dans lequel se déroule l'histoire. L'armée de Bismarck menace, on voit poindre le mécontentement et le bouleversement politique : la Commune. Mais ce qui m'a le plus plu c'est de découvrir la vie des parisiens sous le siège. Les solutions trouvées pour se ravitailler comme, entre autre, l'assaut des animaux du zoo qui apportera quelques menus improbables dans les restaurants parisiens. Les solutions trouvées pour communiquer avec la province où se sont retranchés les dirigeants de la France, etc. etc.

L'écriture de Hervé Jubert que j'avais déjà beaucoup appréciée dans sa série M.O.N.S.T.R.E. est toujours aussi agréable à lire. À noter également que l'auteur ne joue pas avec les cliffhangers et que chaque partie de cette intégrale peut se lire indépendamment. Je reprendrai donc ma lecture un peu plus tard, pour une nouvelle enquête de notre apprentie -détective.
Je rajouterai une ligne pour parler de la couverture que je trouve vraiment superbe, mais qui ne correspond en rien à la Blanche que j'ai découvert dans ce premier tome. L'auteur la décrit comme "une gamine décidée mais très timide, le nez en trompette, le cheveu blond filasse et les oreilles décollées"...



Jubert Hervé sur Bookenstock : 






mercredi 7 mars 2018

Les sorties FOLIO SF de février 2018





Février 2018


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Estelle Faye Aylus

La voie des Oracles, III

Prix ActuSF de l'uchronie 2016


Couverture de Pierre Droal

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Jo Walton
 Une demi-couronne

Traduit de l'anglais (pays de Galle) par Florence Dolisi

Couverture de Sam van Olffen


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Robert Charles Wilson Les affinités

Traduit de l'américain par Gilles Goullet


Couverture d'Aurélien Police