vendredi 22 avril 2016

LET THE STORM BREAK de Shannon Messenger





Let the Sky Fall, Tome 2 : Let the Storms Break






Editions Lumen

Sortie le 03 mars 2016
436 pages
15 euros



Vane Weston est hanté. Par le lien brûlant qui l'enchaîne à Audra. Par les mensonges qu'il a racontés pour cacher sa disparition. Par les vents traîtres qui se glissent dans son esprit pour tenter de le prendre au piège dans ses pires cauchemars. Et à mesure que ses ennemis gagnent en force, il se demande combien de temps il parviendra à tenir bon. Mais Audra est toujours en fuite. Elle cherche désespérément à échapper à son passé, aux Veilleurs... et même à Vane, destiné à une autre. Mais plus elle s'éloigne, et plus le piège se referme sur elle. Grâce au lien qui l'unit à Vane, elle détient désormais le pouvoir secret que l'ennemi désire plus que tout. Qui sait si elle est de taille à le protéger ? Avec leurs alliés affaiblis par les assauts de Raiden, Vane et Audra sont contraint de faire un choix : se fier aux vents dont le pouvoir s'étiole, ou se tourner vers ceux qui les ont trahis autrefois. Mais s'il parviennent à survivre à l'orage venu les détruire, restera-t-il quoi que ce soit auquel se raccrocher ensuite ?




L'avis de Phooka:



Ce n'est pas un secret, le premier opus de cette série, Let the sky fall, m'avait laissé un sentiment mitigé. Du coup, j'hésitai longtemps avant de me lancer dans la lecture de ce deuxième tome, finalement décidée par le sentiment que le fin du tome 1 était de bonne augure.

Bien m'en a pris, car ce tome deux est très largement supérieur au premier. On entre directement dans le récit et dans l'action. Vane et Audra sont séparés suite aux événements qui se sont passés précédemment. Chacun va progresser à sa façon et leurs retrouvailles vont être tout sauf calmes et tranquilles. Cette fois-ci, aucun temps mort, action et rebondissements non stop du début à la fin et sincèrement je n'ai pas vu le temps passer et les pages ont défilé à toute allure.

Vane, le dernier sylphe de l'Ouest, doit accepter son statut de maître des vents unique détenteur de la langue des vents d'ouest. Ce qui fait de lui ...le roi des sylphes ... et ce n'est pas si facile que ça. Surtout qu'il n'a pas la moindre intention d'épouser la princesse Solana, pourtant magnifique et portant des robes euh ...enfin des bouts de tissus très courts et très moulants. Le pire c'est qu'elle est incroyablement gentille, mais Vane aime Audra et de toute façon il est bien trop occupé pour conter fleurette à Solana.

Audra, elle, a préféré fuir loin de Vane et de son peuple. Les révélations qu'elle a eu de son passé et surtout de celui de sa mère sont trop lourdes à porter. Elle a besoin de se poser et de comprendre ... Pourtant le destin va la ramener vers Vane et ce destin est symbolisé par Raiden, ce maître des vents renégat, qui ne connaît aucune pitié, ni aucune limite. Audra, va le suivre jusqu'à la vallée de la mort et y retrouvera ainsi Vane juste avant que Raiden ne décide de tout détruire sur son passage.
Le but de Raiden est simple: faire prisonnier Vane ou Audra pour leur faire révéler les secrets des vents d'ouest.

Ce qui est intéressant dans les protagonistes de ce récit, c'est leur opposition. Raiden est un affreux que rien n'arrête et est prêt à sacrifier n'importe quoi pour atteindre son but, alors que Vane et Audra sont eux clairement des "gentils". Mais ça c'est classique ...

L'opposition la plus passionnante concerne Vane et Audra justement.

Vane est un jeune ado, qui prend les choses un peu à la légère et avec beaucoup d'humour. Il est décontracté, parfois un peu trop pour les missions qui l'attendent et ça rend les gens dingues autour de lui, surtout ceux chargés de sa protection. De plus, il a été élevé par des parents adoptifs protecteurs , pleins de bons principes et somme toute très cool.

A l'inverse, Audra s'est élevée toute seule, comme elle a pu. Son appartenance à la Garde, dans laquelle elle est rentrée très jeune, en fait une jeune femme vraiment rigide et pleine de principes.

Deux antipodes ...

La présence des deux, fait donc un bon mélange pour des situations pleines de peps.

La construction du roman est addictive, utilisant le principe d'alternance des chapitres. L'un étant consacré à Vane, le suivant à Audra. Un vrai piège à lecteur, qui marche parfaitement dans cet opus. Le rythme est soutenu, entre combats et manigances, le ton est parfois sombre car l'auteur ne ménage pas ses héros et surtout leur entourage, le suspense est très présent, bref tous les ingrédients sont là pour un bon roman.

Let the storm break a réussi à me convaincre, il est bien supérieur au premier opus de la série et les héros se sont étoffés. L'histoire d'amour, bien que présente, n'étouffe pas le reste et c'est tant mieux car le monde créé par l'auteur, la magie des vents et les héros font un joli cocktail pour un récit savoureux et relaxant. Un chouette moment d'évasion.



jeudi 21 avril 2016

ALOUETTES de Jeanne-A. Debats



LE TESTAMENT  # 2


Éditions ActuSF
438 pages
19 euros


4ème de couv :

Je m’appelle Agnès, et je suis orpheline. Ah ! Et sorcière, aussi. Mon oncle m’a engagée dans son étude notariale. Ne croyez pas que le job soit ennuyeux, en fait, ce serait plutôt le contraire. En ce moment, tout l’AlterMonde est en émoi à cause d’une épidémie de Roméo et Juliette. Imaginez : des zombies tombant amoureux de licornes, des vampires roucoulant avec des kitsune, des sirènes jurant un amour éternel à des garous. Et tout ce beau monde défile dans notre étude pour se passer la bague au doigt. Mais la situation commence à sérieusement agacer les hautes autorités. 

Et comme l’AlterMonde n’est pas Vérone, à nous de faire en sorte que cette fois l’histoire ne se termine pas dans un bain de sang...



L'avis de Dup :

Dire que j'attendais avec impatience la suite des aventures d'Agnès, la demi-sorcière de Jeanne-A. Debats est un euphémisme. Je piaffais depuis quelques mois même car sa sortie avait été annoncée bien plus tôt. Est-ce vraiment Agnès, ou bien la plume à l'humour caustique de son auteur qu'il me tardait de retrouver ? Je ne saurais le dire car dans ma tête s'est effectué un amalgame, c'est sûr !

Agnès a repris le chemin de l'Étude de son oncle Géraud, après un repos bien mérité pour panser ses blessures de cœur et de corps. Le Lagavulin 16 ans d'âge associé à quelques pentacles portatifs lui permettent de se déplacer seule sans être assaillie par tous les fantômes et spectres qui errent dans Paris. Notre belle capitale est encore un personnage à part entière dans ce roman et c'est un vrai plaisir de la découvrir ainsi, de la visiter et de l'explorer : ses rues, ses boulevards, ses monuments mais aussi ses toits et ses catacombes. L'auteur a beau être du Sud-Ouest, son amour pour Paris rejaillit complètement dans ses lignes et c'est un délice d'y déambuler avec elle en guise de "Guide Vert".

Agnès est toujours la narratrice de ces nouvelles aventures et c'est un plaisir de se retrouver à nouveau dans sa tête, dans ses pensées qu'elle nous livre en personne. D'autant qu'elle n'y est pas toujours toute seule, Herfauges s'y invite souvent. Il l'escagasse sans cesse et elle réagit au quart de tour, cela donne des échanges pleins de peps et d'humour plus qu'appréciables pour égayer ce roman un brin sombre. 

L'AlterMonde, le monde des créatures surnaturelles qui vivent au beau milieu des mortels, s'enrichit encore. Sous une apparence humaine on trouve de tout à Paris, des dragons, des licornes des kitsunes japonais, sans oublier les sirènes, les garous et les vampires. Et justement, tout ce monde-là est pris d'une frénétique envie de convoler. L'Étude de Géraud ne désemplit plus, c'est un véritable défilé de jeunes couples toujours dépareillés, formant des assemblages contre-nature qui veulent signer leur contrat de mariage. La trame de fond qui se joue sous nos yeux est bien la tragédie romantique de Shakespeare : Roméo et Juliette. Mais à tellement grande échelle que devant cette épidémie, comme le dit la quatrième de couv, il va falloir enrayer cette véritable hécatombe. 

Navarre et Agnès enquêtent. Le lien entre eux est toujours aussi intense que flou... il me fera encore soupirer de frustration ! :)) Un nouveau personnage entre en scène, que j'ai beaucoup apprécié, ce sera Sylvain. Et non pas un sylphe, un splendide faune qui fera un bout de chemin avec eux, enfin avec elle surtout. Et puis, quand Zalia disparaît, notre roussalka ou sirène russe, Géraud va lui aussi s'impliquer dans l'aventure. Cet immortel sombre et secret va se dévoiler un peu plus au lecteur et c'est une belle surprise. Bon, le Destin lui a un peu forcé la main, il faut le reconnaître. Mais il faut dire aussi que ce dernier, tout dieu qu'il est, issu de la mythologie, il aimerait bien un petit coup de pouce pour désengluer sa propre fille qui s'est éprise récemment d'un dragon ! 

Bref vous l'avez compris, rien n'est simple avec Jeanne-A. Debats et c'est tant mieux, car c'est passionnant tout en étant divertissant. Cette nouvelle balade parisienne fortement teintée de tragédie aux côtés de ces sacrés "zoiseaux" est un coup de cœur pour moi. Oiseaux. Alouettes ? Un rapport ? Je vous laisse le découvrir ! Un dernier mot sur la couverture de ce roman, illustré par Damien Worm que je trouve superbe et parfaitement adaptée au texte. Les personnages sont en parfaite adéquation avec l'image que je m'en faisais... 

Jeanne-A. Debats sur Bookenstock :


mercredi 20 avril 2016

Sortie de L'Infernale Comédie de Mike RESNICK chez ActuSF




L'Infernale Comédie
de Mike RESNICK




Editions ActuSF
A paraître le 31 mars 2016
Version papier
Prix de vente : 30,00 €
Couverture : Viscera VICARIOUS
Traduction : Luc CARISSIMO
Nombre de pages : 680





Dans un futur lointain, l’humanité a essaimé dans toute la galaxie, nouant des liens avec les espèces extraterrestres qu’elle a rencontrées, au gré de guerres et d’alliances commerciales.
Sur Peponi, malgré la richesse de la faune et de la flore, l’installation des colons aboutit à un désastre.
Sur Karimon, les émissaires humains doivent, eux, composer avec un roi local qui entend bien tirer profit de leur venue.
Et sur Faligor, un idéaliste veut faire en sorte d’intégrer la planète dans la République galactique d’une manière harmonieuse et rapide... mais sans tenir compte des rivalités tribales.
Avec son Infernale Comédie, Mike Resnick signe trois récits grandioses et redoutablement intelligents, étroitement entrelacés, qui dressent un portrait sans complaisance de l’être humain, entre grandeur d’âme et mesquinerie.

Auteur multiprimé dans le monde entier (six prix Hugo, six prix Asimov, un prix Locus, un prix Nebula), Mike Resnick a la particularité de savoir merveilleusement bien évoquer l’Afrique dans ses récits de science fiction, traitant du choc des cultures, de la colonisation, de la politique et des ambitions humaines tout autant que des traditions locales, de leurs étrangetés, de leurs fiertés et de leur poésie. L’Infernale Comédie fait écho à son chef-d’œuvre,Kirinyaga.

La réédition de cette trilogie marque son grand retour sur la scène française.


Version cartonnée avec jaquette.



Sommaire:
  • Paradis
  • Purgatoire
  • Enfer





mardi 19 avril 2016

LES MESSAGERS DES VENTS de Clélie Avit



Editions jean Claude Lattès
Collection MSK
Prix: 18,00 €
Pages: 480
Sortie: Novembre 2015




Ses cheveux bleus, son pendentif, il faut les cacher, Eriana le sait. Fuir, rester sur le qui-vive, l’arc à la main, c’est son quotidien. Le jour où elle croise la route de Setrian, jeune messager de la cité d’Ivoire, tout bascule. Eriana a été désignée par une prophétie, avec neuf autres jeunes filles. Les pouvoirs de l’une d’entre elles permettront de sauver Myria.
Le problème : Eriana n’a pas conscience de l’existence de ses pouvoirs. Elle ne connaît pas leur étendue, ignore comment les utiliser. Pourtant, il lui faudra apprendre les codes de Myria, déjouer les pièges, deviner le jeu de ses ennemis.


L'avis de Phooka:


Eriana est une jeune femme qui passe son temps à fuir. Elle fuit parce que ses cheveux ont des reflets bleus, le signe indiscutable de son appartenance au peuple des Friyens, un peuple pourchassé car détenteur de pouvoirs "magiques". Eriana, elle, aimerait bien avoir ces pouvoirs pour échapper à tous ceux qui la poursuivent, mais elle doit simplement utiliser ses capacités humaines. Et même si elle est incroyablement douée au tir à l'arc, il n'en reste pas moins que sa situation est terriblement précaire.

Friyens et Na-Friyens sont les deux peuples qui vivent dans cette région du monde. Les premiers sont donc à priori détenteur de pouvoir, à travers leur "inha", l'essence de la magie, tandis que les Na-Friyens sont des humains "ordinaires". Les Friyens, pourchassés, se cachent dans la population essayant de ne pas trahir leurs origines, mais Eriana a été repérée et depuis elle ne peut pas rester dans le moindre village.

Heureusement son chemin va croiser celui de Setrian, un Friyen, un messager des vents, qui va l'emmener en sécurité dans la tour blanche, une sorte de havre de paix pour ce peuple, mais aussi et surtout, une école pour y apprendre à maîtriser son "inha". Là, Eriana, apprend que non seulement elle a un "inha" qu'elle ne maîtrise absolument pas, mais qu'elle est aussi une prétendante à la prophétie qui annonce à la fois la fin du monde et son sauvetage ... Oui je sais c'est compliqué et un peu bateau mais c'est comme ça.

Eriana est une jeune femme sympathique et que l'on a plaisir à suivre. Elle ne comprend rien à ce qui lui arrive et ça tombe bien parce que nous non plus. A travers elle, le lecteur apprend à connaître ce peuple étrange qui utilise le vent pour déclencher leurs pouvoirs. Son défaut à mes yeux, c'est son manque de curiosité. A sa place, j'aurais posé des tonnes de questions pour essayer de comprendre un peu plus les règles du jeu, mais Eriana est souvent muette ou, en tout cas, empêchée de parler par les événements. Il est vrai que ceux-ci se succèdent à grande vitesse et on accepte finalement qu'Eriana se retrouve ballottée d'un côté à un autre sans être maître de son destin et surtout sans maîtriser le moindre pouvoir.


Non, soyons honnête, celui qui m'a agacée c'est Setrian. Sans doute le moins réussi des personnages, immature, incapable de prendre des décisions, parfois incohérent, je lui aurais volontiers collé des baffes. Il possède parfaitement son pouvoir, connait les tenants et aboutissants de toute l'histoire, il devrait être un leader né, nous entraîner derrière lui, mais non môssieur tergiverse, se fourvoie avec une autre prétendante, Erandile, que tout le monde déteste depuis le début. Si je vous dis que c'est la méchante, je ne spoile pas, tout le monde le devine dès la première ligne du roman, y'a que Setrian qui est aveugle bref ....

Ceci étant, fort heureusement vers la moitié du roman tout s'est enfin mis en place et le récit déroule enfin ses multiples chemins et intrigues. A partir de ce moment, le lecteur est accroché et l'histoire prend toute son ampleur. Suspense, action et traîtrise y trouvent toute leur place, pour le plus grand plaisir du lecteur.


Voilà donc une jolie histoire assez originale, mais qui pêche par son rythme, surtout au début du roman. Une fois le récit mis en place (mais cela prend quand même la moitié du livre) alors le lecteur découvre toute la richesse du monde créé par l'auteur. Cette deuxième partie se lit avec beaucoup de plaisir et donne vraiment envie de découvrir la suite qui, je crois, sort très prochainement. A suivre donc ....

lundi 18 avril 2016

EOS de G.D. Arthur





Éditions Mnémos
320 pages
20 euros


Le pitch :

« Le sombre destin d’un jeune poète épris de liberté, une tragédie douce-amère,mêlant action, suspense et amours libertaires. »

Inspiré par les espoirs d’une république refondée, Eos, un jeune homme amoureux et rebelle, aime vivre l’instant présent. Son utopie en marche ? Une petite colonie, le Val-de-la-lune, qui oscille entre durs travaux et fêtes chaleureuses, jusqu’au soir maudit où elle est sauvagement attaquée par des créatures monstrueuses, réputées disparues depuis longtemps… Eos se révèle alors un combattant sans pitié, au grand dam de ses compagnons et de ses amours. Mais il est loin de se douter qu’il va rencontrer, ce jour-là, son destin.


L'avis de Dup :

Eos a 17 ans lorsque ce récit débute. Cela fait plus de dix ans qu'il est élevé par son oncle, depuis que la guerre a tué son père, ses deux frères aînés et que sa mère est morte de chagrin. Oncle qu'il appelle son presque-père, son cousin Lucran et sa cousine Mirénia, sont presque-frère et sa presque-sœur. Cet oncle qui a pris la tête d'une communauté d'une trentaine de membres et est décidé de partir, quitter la ville, trouver un nouvel endroit prometteur et neuf. 

Eos nous est alors présenté au cours de cet exode comme un jeune, tantôt rêveur, un brin poète, un futur barde en devenir, tantôt râleur, un brin colérique. Eos qui est amoureux de Liara, tout comme Lucran. Mais Liara ne peut trancher, elle les aime tous les deux. Et c'est à trois qu'ils vont s'installer lorsque la communauté va enfin poser ses valises en un lieu récemment baptisé le Val-de-la-lune.
« Affections gênées et gênes dans l'affection exprimée. Univers ambigu et décousu de coeurs bourrus. Pourtant, en dépit de cela, en ces six mois, le trio amoureux a réussi à s'imposer dans le paysage embryonnaire du Val.
Lucran, Eos, Liara, tels des innocences troublantes au grand jour pas toujours clair.
Liara, Lucran, Eos, comme des turbulences dans des vies à refaire. Fragilités perçues, fragilités vécues. » 

L'installation et la création de ce nouveau village prendra deux bonnes années. Deux années de durs labeurs dûment répartis afin de préserver l'égalité des habitants. Tout cela se passera sans heurts tant chacun est accaparé par une succession de tâches, même si le trio aux mœurs libertines choque et fait jaser sous cape. Mais sous cape uniquement parce qu'Eos a changé. Il a dévoilé sa face sombre et s'est avéré un redoutable guerrier, archer hors pair et tueur sans peur lorsque des événements l'ont forcé à défendre sa vie. 

Au terme de ces deux années, alors que la communauté commence à récolter le fruit de son travail, une très belle récolte de blé, ils sont brusquement attaqués par des monstres à la peau verte : des ouraorcs. Juste la nuit où Eos n'était pas là, parti seul chevaucher au loin pour évacuer une colère quelconque. Pillage, saccage faisant des blessés, des morts mais aussi des enlèvements. À partir de là tout s'accélère. Eos prend la tête des opérations de représailles et s'avère autant sinon plus barbare. Toutes les peaux-vertes seront éliminées sauf une... 

Il va leur falloir retourner à la civilisation, quémander aide et protection et aussi vendre leur production afin de reconstruire à nouveau. Ils vont alors se retrouver bien malgré eux au centre d'un complot de grande envergure mêlant politiques et religieux. Un conflit qui les dépasse tous et le lecteur aussi ! Seul Eos semble suivre un tracé, marchant involontairement son destin. Mais aussi bien Eos, les autres membres de son clan que le lecteur manquent cruellement de clés pour interpréter, comprendre ce qui se passe dans cet univers tourmenté. Sans doute que celles-ci viendront au tome suivant. 

Ne pas comprendre ne m'a pas gêné tant j'étais sous le charme de la plume de l'auteur. Une plume capable d'une incroyable poésie.
« Puis l'hiver doucement s'en va. Et la marche de la collectivité à eux de nouveau impose son pas. » 
Une plume capable de me faire accepter, adhérer à une situation qui pourtant m'avait profondément choquée au départ. 
«Acceptation d'une émotion. Éveil d'une autre, toute pareille, chez l'autre-sien. Danse digitale d'une peau à l'autre, danse à trois mains, danse à six mains, chœur de trois cœurs. Puis lentes ondulations de trois corps qui se cherchent, se perdent, s'oublient, se fondent. Danse serpentine que tout emporte, que tout absorbe, que tout sublime. Danse qui gémit, danse qui soupire, danse qui sourit. Danse qui reprend, surprend, répand. Serpentines amours dans l'air aux chaudes senteurs, dans les corps aux chaudes humeurs. » 
Une plume à laquelle j'avoue être devenue accro même si elle a transformé notre barde de l'hiver en barde de l'hideux, suivant le mantra d'une sombre déité qui nous est asséné bien souvent : "Infamie, Douleur, Défaite, Soumission, Ruine, Extinction." 

Une chronique un peu longue soit, mais j'avais besoin de défendre ce coup de cœur pas comme les autres. Un coup de cœur basé uniquement sur la plume et l'univers découvert ici. Même si l'intrigue reste bien floue, même si au terme de ce premier tome j'ai bien plus de questions que de réponses. En revanche l'attente de la suite est intense, immense, impatiente.


Première lecture de Fantasy pour le challenge de dame Licorne
Session 4