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Le résumé et les informations sur le site des éditions ActuSF
Venise, XVIIe siècle. Thene est prisonnière d'un mariage sans amour avec un vénitien bien plus vieux qu'elle, un coureur de jupons, alcoolique et joueur invétéré. Sa dot va permettre d'éponger ses dettes, mais chassez le naturel, il revient au galop, et les dettes reprennent. Thene reste impassible, résignée, ce qui énerve encore plus son mari.
Mais le pire c'est que Jacamo de Orcelo a honte de ce mariage car Thene est une juive. Pour la punir de son attitude stoïque, il va finir par la forcer à l'accompagner tous les jours dans la Maison des jeux, un établissement vénitien réputé. Elle observe tout d'abord, puis comprend, joue et gagne alors que son mari, toujours plus ivre continue à se ridiculiser et perdre.
Thene sera repérée dans cette salle de jeux et invitée à la Haute Loge, celle de l'étage derrière l'immense porte d'argent, réservée aux initiés peu nombreux. Elle sera reçue par l'énigmatique Maîtresse des jeux qui lui propose de jouer beaucoup plus grand, jouer pour réaliser son vœu le plus cher, quel qu'il soit. Thene voit enfin le bout du tunnel, elle plonge.
- Pourquoi jouez-vous ?- Pour être libre.- De quoi ?- Mon mari. Ma famille. Mon sang. Mon nom.
Et c'est parti pour le jeu des Rois, dont le plateau de jeu n'est autre que la ville de Venise. Ils seront quatre joueurs, chacun se verra attribuer un Roi, un personnage puissant et connu de la ville. Ces quatre hommes briguent la place récemment vacante d'inquisiteur au Tribunal Suprême. Les joueurs, tous masqués, devront parvenir à y placer leur Roi. Un seul gagnant donc.
Les joueurs ont chacun quelques Atouts, des personnes qui pourront les aider et ainsi rembourser leur dette personnelle avec la Maison des jeux. Le tout étant de déterminer la spécificité de chaque Atout et de savoir quand il faudra s'en servir. Un subtil mélange de Tarot et d'Échec... personnifié.
Thene observe derrière son loup les Rois, les joueurs, les Atouts. Claire North utilise une narration à la première personne du pluriel, et ce "nous", nous engage à observer cette stratège hors pair. Tout n'est que regard, œillade, coup d’œil, observation et appréciation. Il se dégage de l'ensemble une ambiance froide et feutrée d'où sourde une légère angoisse. Et celle-ci est parfaitement retranscrite par l'excellente narratrice Hélène Poussin que je découvre.
Ce texte est brillant, mais terriblement froid, à l'image du personnage principal. Il soulève pas mal de questionnements : quel est notre rôle ? sommes nous le pion ou le joueur dans notre vie ? qui est notre Maître du jeu dans la réalité ? On ne peut s'empêcher alors de faire des parallèles avec les jeux politiques mais aussi les différentes loges (maçonnique, rose-croix, table ronde...) et ça fait froid dans le dos.
Le serpent est une courte novella, la première de la trilogie La maison des jeux, et je dois avouer qu'en audio, c'est encore plus frustrant qu'en lecture. Une après-midi de jardinage et c'était déjà la fin. J'en aurai fait un coup de coeur malgré tout si l'ambiance et Thene n'avaient pas été aussi froides. Je sais bien que c'était voulu par Claire North, mais cela ne me convenait pas. Cependant la brillance de ce texte et la performance de la narratrice me pousse quand même à vous le conseiller, en audio bien sûr.
Le résumé et les informations sur le site des éditions J'ai Lu
Melissa Landers nous propulse dans un univers où règne une malédiction millénaire. En effet, pour avoir tenté de tuer la déesse Shiera il y a à peu près mille ans, les premiers-nés des quatre dynasties principales du royaume sont sous le joug d'une malédiction bien cruelle.
Les Solon ont hérité d'une beauté ravageuse et destructrice pour avoir séduit la déesse. Les Petros sont consumés par une rage de sang et de guerre pour avoir forgé le poignard qui l'a blessée. Les Calatris, d'une intelligence et d'une connaissance menant à la folie pour avoir comploté avec ruse contre la déesse et enfin les Mortara, instigateurs du complot, sont soumis à disparaître dans les limbes, d'abord pendant les heures nocturnes, puis de plus en plus.
Pour ces deux derniers, Calatris et Mortara, l'apogée survient lorsqu'ils atteignent 21 ans. Les premiers deviennent fous à lier quant aux seconds, ils disparaissent tout bonnement. Voilà donc le contexte.
Nous faisons la connaissance de Cerise Solon, une deuxième-née qui, tradition oblige, est donnée dès son plus jeune âge au temple, pour servir la déesse Shiera en tant qu'Oracle. Sauf que son anniversaire des 21 ans approche et elle n'a toujours pas développé son don de Vue. Elle ne sera alors qu'une simple servante.
Le décès tout récent de l'Oracle servant le roi Kia Mortara et une vision de la Révérende mère du temple où se trouve Cerise expédient cette dernière au château royal avec pour mission rien de moins que briser cette malédiction millénaire ! Kia, baptisé The Half King puisqu'il n'est là que la moitié du temps, est le dernier héritier de la famille royale et ses 21 ans approchent, Cerise n'a que six lunes pour trouver une solution. Car immanquablement, la disparition de Kia créerait le chaos, voire la guerre pour conquérir le trône vacant.
Après quelques jours au château où elle y trouvera l'amitié de Daerick un premier né Calatris, Cerise va être confrontée à la réalité de cette malédiction, le vingt-et-unième anniversaire de Daerick étant encore plus proche que celui de Kian. Elle va d'abord enquêter sur la mort de l'Oracle, et de fil en aiguille, approcher le Half King au premier abord détestable, et tomber amoureuse.
Avec une plume addictive, Melissa Landers nous entraîne rapidement dans son univers. Le background est peu détaillé du coup, mais ce n'est que le premier tome d'une duologie, tout cela a le temps de s'étoffer. Comme toute romantasy, l'autrice se concentre sur les personnages et les relations entre eux, et cela me va parfaitement. Elle jongle aisément avec les complots, les jeux de pouvoir et les faux-semblants. La tension qui règne au fil des pages est bien gérée avec cette menace de chaos, que dis-je, de guerre, si le dernier roi disparaît. Le rythme est constant, intense, pour accélérer encore plus sur la fin.
Cerise ayant passé le plus clair de son temps dans un couvent en tant que novice est avide de liens, de contacts et va découvrir l'amitié et l'amour très vite. Son manque de don est pallié par une empathie très développée. Elle n'en est pas pour autant naïve, et ne perd pas son objectif : briser cette malédiction même si elle ne sait comment faire. Elle a néanmoins un bon instinct pour juger qui sera allié, qui adversaire.
Kian est un personnage torturé, mais avouez, on le serait à moins ! Lui, il a baissé les bras et attend sa deadline bourré du matin au soir. Les affaires du royaume lui passent large au-dessus, il a même viré toute sa cour du château. L'impertinence de Cerise va le secouer et il va se révéler très touchant.
Les personnages secondaires sont également bien fouillés. Daerick que j'ai déjà cité est agréable par ses bons mots et son intelligence. Mais celui que j'ai préféré est le Père Padron. La construction ambivalente de ce personnage est fascinante, parce qu'on sent de suite de quel bord il est, mais on comprend très tard le pourquoi du comment !
Une fin que l'on pourrait penser définitive si c'était un one-shot est habilement relancée par un épilogue doucereux et venimeux. Et bien moi j'ai grand hâte de lire la suite ! Je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce livre, d'abord parce qu'il est magnifique, ensuite parce qu'il est passionnant. Coup de cœur bien évidemment.
Note à moi-même : relire le dernier chapitre et l'épilogue avant d'entamer la suite !