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lundi 4 février 2019

LES QUESTIONS DANGEREUSES de Lionel Davoust




Éditions Actusf
Collection Hélios
120 pages
4.90 euros



Résumé :

1637 : Qui a assassiné le docteur Lacanne, en plein château de Déversailles ? Pour connaître la réponse à cette question, le mancequetaire Thésard de la Meulière, son libram à la main, est prêt à résoudre les énigmes les plus perfides... jusqu’aux confins de l’indicible.





Nous sommes en 1637. Le mancequetaire Thésard de la Meulière assiste à l’enterrement d’un érudit au cimetière de Déversailles aux côtés de son ami et collègue Batz d’Arctangente... déjà, rien que les noms propres sont un régal.

Ils sont alors témoins d’un assassinat, là, sous leurs yeux. La victime est le médecin de la reine. Mais ce qui offusque nos amis, que dis-je, les révolte, c’est la manière : une flèche ! Qui de nos jours, au sein du royaume de France pourrait s’abaisser à des mesures aussi barbares ?!?! Cela fait des siècles au moins que l’on ne se mesure qu’avec l’esprit. Une bonne Question qui ne trouve pas Réponse immédiatement et votre sort en est réglé. C’est propre, infaillible. C’est digne surtout. Ainsi les mancequetaires de la Reine ne se séparent jamais de leur libram, ceint à leur côté : un robuste pavé rempli de Questions essentielles et relié de métal afin qu’il ne s’altère jamais.

Lionel Davoust nous embarque derrière Thésard de la Meulière qui va mener l’enquête pour retrouver le malandrin qui a osé. On va déambuler dans les rues de Paris Panière, au quartier Chaîne-Missel, emprunter l’avenue des Ponts et Chaussées, quitter Panière par la Porte des Braguettiers et poursuivre l’enquête jusqu’à Pasigny-les-Brouettes.

À chaque ligne on sent que l’auteur s’est éclaté à écrire cette histoire, et forcément il nous transmet son plaisir. Même si l’on est loin, très loin d'Evanégyre, on reconnaît l’écriture de Lionel Davoust sous le vernis de la préciosité toute XVIIe mais surtout son esprit affûté et son humour percutant.

Je me suis régalée pendant les 72 pages de cette novella. Mais la cerise sur le gâteau, ce sont les 50 pages suivantes qui sont une interview de l’auteur qui met en éclairage le pourquoi du comment et rajoute le sel et les épices manquants au premier plat pourtant déjà délicieux. À se procurer d'urgence !!!

vendredi 10 octobre 2014

Celle qui voulait avoir 30 ans de THOMAS GEHA





Version numérique
4,99 euros



Le pitch :

Parfois, les rêves de gosses sont singuliers : celui de Caroline a toujours été d’avoir trente ans. Mais à l’approche de l’anniversaire tant attendu, après avoir acheté bien malgré elle une paire de chaussures… ensorcelée, elle est aspirée dans un étrange univers où tout semble possible et où elle devra affronter une malédiction qu’elle n’aura que trente jours pour briser. Parce que chaque jour qui passe dans ce monde, elle rajeunit d’un an ; ainsi, chaque jour qui passe l’éloigne de son rêve ! Un road-movie de Weird-Chick lit© complètement déjanté, à placer entre les romans de Sophie Kinsella, Le Magicien d’Oz, ou encore Alice au pays des merveilles !


L'avis de Dup :

Je crois que cet auteur me surprendra toujours ! Lorsqu'il nous a proposé cette novella à lire, je lui avais demandé dans quelle catégorie il situait son nouveau bébé. Car oui, le titre ne m'encourageait pas à le classer en Fantasy, encore moins en SF, les deux genres que j'avais déjà tâté avec lui. Attention, je ne cherche pas à étiqueter à tout prix les livres, c'est juste que j'aime bien savoir afin d'alterner les genres que je lis. Et, pas de réponse ! J'ai mis bêtement ce silence sur le compte des vacances y basta. Mdr, je comprends mieux maintenant, une fois lu : c'est un inclassable, voilà !

Cette grosse nouvelle est annoncée comme déjantée, moi je la trouve même complètement barrée ! Mais quelle rigolade ! C'est truffé de jeux de mots, d'allusions, de clins d’œil. Un régal !
Vous savez, j'ai toujours rêvé de devenir écrivain de SF, alors j'ai de l'imagination à revendre. Mais les ados boutonneux d'aujourd'hui ne lisent plus que des pavés de fantasy, j'ai donc dû renoncer à cette carrière. 

Chaque début de chapitre est accompagné d'une petite phrase, d'une sentence ou d'une pensée. Voire même de quelques paroles de chanson. Et toutes m'ont fait rire dans le contexte ! Cela accélère indéniablement la lecture d'ailleurs, aller vite au chapitre suivant. :))
«Les nanas ne savent pas se battre. En général.»
Pépé
Caroline donc, celle qui n'aspirait qu'à une chose, avoir ses 30 ans, est piégée par un sort sournois dissimulé dans une belle paire de chaussures qu'elle vient de s'offrir. En deux temps, trois mouvements, elle est extraite de la réalité pour atterrir dans un monde pour le moins imaginaire : Le Pays des Murmures. Un étrange pays où les jours et les nuits dépendent du bon vouloir d'ouverture de Seulœil qui trône dans les cieux ! Un monde où les animaux parlent, les torchons aussi, ils volent même s'ils ont réussi leur permis de tapis volant, etc, etc. :))
Allez, une petite description pour le plaisir qui m'a fait exploser de rire, un village appelé La Tordue.
Effectivement, bien que la lumière du Seulœil fasse scintiller les toitures elles-mêmes dorées, je vois La Tordue plein champ. Et je comprends pourquoi on l'appelle ainsi. L'architecture des maisons s'avère, disons, spéciale. On dirait des coquillettes géantes.

Au Pays des Murmures elle est accompagnée par un bouc-servant. Si, si, et d'ailleurs j'aimerai bien avoir le fin mot de l'histoire de ce bouc qu'on sait issu de la réalité de Caroline, et peut-être bien de celle de l'auteur. Thomas ??? Bref, il lui arrive bien des aventures et bien des épreuves à notre personnage principal. Mais elle doit continuer, trouver une solution pour retrouver sa réalité, sa vie, sa ville...je vous le donne en mille ? Rennes ! :)) Et en plus fissa parce que la malédiction qui la touche lui fait perdre un an à chaque jour qui passe. Alors si elle ne veut pas finir en couches-culottes, il faut qu'elle se grouille.

Je me suis bien amusée, et en cela, cette grosse nouvelle remplie bien son office : c'est un agréable divertissement. Et même que j'en redemande ! Enfin, sauf si un pavé de fantasy est en préparation hein !

Dup, plus boutonneuse
depuis looooongtemps !


jeudi 25 septembre 2014

LE FLEUVE ET LE CHIEN de Victor Rizman et Vincent Ancel





Une nouvelle graphique,
bilingue,
publiée chez 
emotion-works


Résumé :

Une femme seule qui s'ennuie sans son chien.
Un homme seul qui a laissé son frère de l'autre côté du fleuve.

Ce ne sont pas des personnages intéressants, ni des golden boys, ni des flics explorant les bas-fonds, ni de ces héros penchés à la tribune de l'ONU ou plongeant dans L'Hudson River. Ils font partis de ces anonymes qui remplissent le métro en silence, qui avancent sur les trottoirs en noir et blanc. Ils ne font pas d'ombre à la vie, ils ne font pas d'ombre à la ville. Ce sont juste des invisibles et pourtant ils font vivre New-York.


L'avis de Dup :

Si vous suivez ce blog depuis longtemps, vous n'êtes pas sans savoir l'admiration que j'ai eu pour cet auteur : Victor Rizman. Inconnu alors au bataillon, il m'avait proposé la lecture de son premier livre, un thriller publié également chez emotion-works. Ce livre, 40 ans, 6 morts et quelques jours, avait été un choc et un sacré coup de coeur pour moi.

Depuis, plus rien ! Enfin si, j'ai été béta-lecteur d'un autre roman apparemment jamais publié... et c'est tout. Cela fait 4 ans tout de même !!! Alors quand sa maison d'édition m'a proposé cette nouvelle graphique, j'ai bondi sur l'occasion. Même si je savais que j'allais être frustrée...

Et ce fut le cas ! Car c'est bien, c'est très bien, mais c'est trop coooooooooourt ! Parce que chez cet auteur, c'est chaque phrase qui est un délice. A l'image de ce résumé ci-dessus qui ne peut venir que de sa plume. Parce qu'il sait dire les choses telles qu'elles sont, avec froideur parfois, avec humour souvent, mais de cet humour noir, grinçant que j'apprécie tant.
"Ici le métro sort de terre, emmenant les travailleurs vers la lumière pour leur faire oublier leur statut de relégués en seconde zone. Quand le métro devient aérien, c'est jamais bon signe. On quitte définitivement des quartiers où le bruit dérangerait ses habitants. Là, les vitres peuvent trembler, les trains peuvent hacher avec régularité le sommeil ; la fatigue d'une journée de travail suffit pour ne pas l'entendre."


En tout juste 85 pages il nous décrit un bout de vie, sur un weekend, de deux anonymes new-yorkais. Elle, une jeune femme blanche, aisée mais seule, triste. Lui, un black immigré, vivant dans un taudis glacé, travaillant 10 h par jour dans l'ombre car sans papiers. Son fleuve qu'il a quitté, il l'imagine en lieu et place du métro qu'il prend quotidiennement, mais son frère n'est jamais sur la berge.

Ces deux anonymes vont se croiser dans un musée, ils vont se côtoyer le temps d'un recueillement devant un tableau, une peinture qui les fait rêver. Ils sont dos à dos, chacun admirant un tableau différent. Et cette couleur jaillissant des toiles va emplir un peu de leur quotidien lorsqu'ils repartiront, qu'ils retourneront chacun à leur solitude.
"Chacun repart vers son quotidien, le regard plongé dans l'asphalte qui ne sera plus jamais aussi noir."

Ce sont 85 pages avec très peu de texte car elles sont bien remplies par les peintures de Vincent Ancel. Et vous savez quoi ? Ben finalement, je ne regrette pas car ces peintures sont superbes. Jugez plutôt :


Les rues de New-York remplies d'anonymes






















Le métro




Le crayonné est superbe,
et quand les couleurs viennent 


c'est magique !
J'adore ce tableau particulièrement, 
le rayon de soleil capté est juste sublime.


Pour se le procurer, voici le lien vers le site qui lui est dédié : 


Et moi, j'en profite pour m'adresser à Victor Rizman et lui dire merci pour la dédicace, mais surtout combien je suis impatiente d'en lire un peu plus venant de lui ! Voilà, ça c'est fait ! ;)