vendredi 3 janvier 2014

Interview de GABRIEL KATZ - Tome 2 -



Voilà déjà le tome 2 !
Le premier volet de cette ITV se trouve ICI


© Lelf



Salut aux lecteurs de Bookenstock !

Plutôt qu’une présentation soporifique étayée de vannes et de remerciements, je vous propose en exclu un extrait du Puits des mémoires tome 14 (si vous n’avez pas lu les 13 premiers, profitez-en : ils viennent de sortir dans une très belle édition collector reliée en cuir de buffle, enluminée à la feuille d’or, et intitulée : Gabriel Katz, œuvres essentielles).



Aux premiers jours de l’hiver, la ville scintillait sous la neige. Chaque maison, chaque échoppe, s’était parée d’une lampe à huile qui brûlerait jour et nuit, durant un mois. Une coquetterie qui coûtait cher, mais il n’était pas dans les habitudes du petit peuple de s’élever contre un décret royal. C’est du moins que ce que se répétait le brave poissonnier juché sur son échelle, tandis que sa femme lui passait la lampe à huile.

- J’ai toujours pas compris pourquoi on fait ça, grogna la poissonnière.

- Ordre de la reine ! C’est le mois de Gabrinelkaz.

- Ah.

La grosse femme hocha gravement la tête, puis se ravisa.

- Et c’est qui ? Un prince ?

- M’étonnerait. Avec un nom pareil… Gabrelnikatz, c’est un nom de nécromant.

- Ah.

L’échelle grinçait sous le poids du poissonnier, qui s’échinait à planter sa lampe dans la neige.

- Tu crois vraiment qu’on fêterait le mois d’un nécromant ?

- J’en sais rien, moi ! C’est peut-être un héros de guerre… Gabrikatznel, le fléau des barbares… Je vois bien un truc comme ça.

- Ah.

Agrippé à la gouttière, le poissonnier se mit sur la pointe des pieds. A l’idée de remplir cette fichue lampe tous les jours, il se mit à maudire la reine, son ascendance, sa descendance et jusqu’à son chien.

- Si tu veux mon avis, siffla la poissonnière, ce Gakrielbatz, c’est encore un arriviste qui a couché avec la reine.

- T’es folle ! Dis pas des trucs pareils !

A cet instant un barreau céda, puis un autre, et le poissonnier vint se briser le cou aux pieds de sa femme.

- Ben merde, il avait raison, fit-elle, impressionnée. C’est sûrement un nécromant.


(extrait du T14 : La malédiction du hareng, page 644)


Note de l’auteur : je n’ai couché avec personne pour arriver ici, hein. C’est juste de la fiction. Je compte sur vous pour me poser toutes les questions du monde, sauf celle-là.

Bises à tous, et bienvenue dans le mois de [censuré pour cause de nécromancie]


GK

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Hello Gabriel !
Je voulais savoir pourquoi tu avais choisi d'écrire du point de vue d'une femme dans La Maîtresse de Guerre, et comment tu t'y étais pris pour te mettre dans la peau de Kaelyn (me dis pas que tu portais un string en peau de bête pendant la rédaction du roman hein, si c'est ça, je préfère pas savoir xD )


Gabriel :

Hello Ptitetrolle (la pro du string léopard),

Les héros de roman, c’est un peu comme des gosses : quand tu as déjà eu trois mecs, tu croises les doigts pour avoir une fille ! Bon, c’était aussi (et surtout) un challenge. L’univers dans lequel se déroule l’histoire est profondément masculin, pour ne pas dire profondément macho. Je trouvais intéressant d’aborder ce récit sous un prisme féminin, c’est-à-dire avec tous les écueils que n’aurait jamais rencontré un homme à la place de Kaelyn. Les à-priori négatifs, l’ironie, le mépris, la condescendance... Etre une femme en contexte de guerre, c’est déjà une épreuve en soi ! Et comme elle a la mauvaise idée d’être jolie, les hommes veulent systématiquement la séduire, la protéger ou la [oui, bon]. Kaelyn n’a aucune envie d’être séduite, protégée, et encore moins [oui, bon]. La seule chose qu’elle veut, c’est devenir maîtresse de guerre.

Maintenant, j’aimerais bien savoir comment tu sais que je portais un string en peau de bête pour m’identifier à Kaelyn ! (qui d’ailleurs n’a jamais porté de string, mais c’est un autre sujet). Je soupçonne mon chat de faire passer des infos en douce...
Cela dit, tu me parais trop bien maîtriser le sujet, je te soupçonne d’avoir toi-même porté un string en peau de bison au cours de la lecture, pour mieux te mettre dans la peau (c’est le cas de le dire) du personnage. Va falloir qu’on cause.


x) ça commence bien! Je n'ai lu que le premier tome(que je finis à l'instant d'ailleurs, je fais un tour ici juste avant de rédiger la chronique) mais je vois que vous avez un style bien à vous! Un peu surprenant au départ, mais agréable une fois qu'on s'y fait.
Alors puisque je découvre tout juste tout ça, une petite question un poil personnel pour commencer :
De Olen, Nils ou Karib, auquel vous identifiez vous le plus? Lequel a été le plus drôle, sympathique à écrire? Lequel au contraire vous a parfois fait vous arracher les cheveux?

Gabriel :

Salut Cerise timide (décidément c’est le festival des noms incroyables) !

J’avoue avoir bien ri en lisant ton commentaire : mon style est un peu particulier, mais à force, on s’y habitue ! Tu me diras : ça pourrait être pire, on pourrait ne pas s’y habituer...

Concernant ta question, Licorne l’ayant déjà posée, je ne peux pas ajouter grand-chose, si ce n’est que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire alternativement dans la peau des trois héros. Plutôt qu’une voix de narrateur monocorde, j’ai eu envie de passer de l’un à l’autre, chacun voyant – si j’ose dire – midi à sa porte. La même situation abordée par Olen, Nils ou Karib pourrait presque donner trois chapitres distincts... C’est une mécanique très agréable à l’écriture, même si c’est plus compliqué qu’un seul et même angle de narration.

Ps : aucun ne m’a fait m’arracher les cheveux, et c’est une bonne chose, parce que pour m’arracher les cheveux, il faut une pince à épiler.

Harmonie :

Génial :) On pourra te découvrir dans un nouveau genre, je me languis d'en savoir plus sur ce nouveau projet !!

Tu es plus chat ou chien ? Poisson rouge ou hamster ?

Tu as prévu des dédicaces en 2014 ? Car maintenant j'ai La maîtresse de guerre à faire dédicacer :)

Gabriel :

Euh... Chat. Et chien. Et même hamster, pourquoi pas, même si j’ai un doute sur le fait de nouer un lien d’amitié durable avec un hamster. En gros, j’aime tout ce qui a des poils (sauf les mecs), une tête un peu sympa, et la capacité de communiquer avec moi. Ca exclut le poisson rouge, le plancton, les serpents, les insectes et les araignées.

J’ai pas mal de dédicaces de prévues 2014, et ça ne fait que commencer ! Le 24 janvier à Nantes avec des collégiens, le 15 février à la FNAC de Mulhouse, le 11 avril au festival de Montaigu, et un paquet de salons dont je n’ai pas encore les dates. On se croisera sûrement à un moment ou à un autre !

Cerise timide :

Je savais que tu avais un talent de MJ, je l'ai senti dès les premières pages!
J'ai une autre question, maintenant qu'on sait que tu tiens beaucoup à tes trois larrons :

Comment as-tu écris les chapitres qui ne les mettaient pas en scène directement, et qui néanmoins sont essentiels pour liés le tout? Ou plus généralement, comment écris-tu? Les chapitres les uns après les autres, plus ou moins tels qu'on les a lus, ou plutôt à la manière d'une couturière? 


Gabriel :

Alors comme ça, Cerise, tu détectes les MJ ;-)

Les personnages “jetables” se gèrent exactement comme des héros... sauf qu’ils ne font que passer. C’est une façon un peu originale – en tous cas immersive – de montrer au lecteur ce que les héros ne voient pas, sans pour autant passer par d’interminables descriptions en “voix off”.Quant aux personnages annexes, même les plus anodins, j’essaie de les faire vivre, de leur donner de l’étoffe, comme s’ils étaient vitaux pour l’intrigue. Ils ont leur façon d’être, de penser, de se comporter, ils ont leur propres motivations. Et je suis parfois pris à mon propre piège ! Certains personnages qui n’étaient que des morceaux de décor se sont retrouvés au premier plan, parce qu’ils me paraissaient soudain intéressants. Je ne dirai pas lesquels, mais certains des protagonistes du cycle sont des figurants embauchés à la dernière minute comme acteurs de l’histoire !

J’écris au fil de la plume. Chapitre après chapitre, pour bien me laisser porter par l’histoire. Pour les scénarios (télé ou ciné), c’est différent, on peut plus facilement fonctionner en patchwork, et recoudre le tout à la dernière minute. Mais je ne crois pas à la possibilité d’écrire un bon livre en commençant par le milieu.

Mandy :

Coucou Gabriel! Alors je n'ai pas encore lu la maitresse de guerre (et pourtant qu'est-ce que je l'attendais!) alors ma question va être plutôt d'ordre général. Comment fais-tu tes dédicaces? A la tête du client? ou au hasard? Je me pose cette question car je ne suis pas la seule à avoir eu une dédicace particulièrement inédite (la mienne fait référence à Dallas, je te laisse chercher le souvenir qui s'ajoute à cette dédicace... ^^) Voilà voilà, je reviendrais rapidement après avoir lu ton livre ;)

Gabriel :

Hello Mandy !

Bonne question, pour quelqu’un qui n’a pas lu mes bouquins, tu assures :)

J’essaie au maximum de faire des dédicaces personnalisées, pour que le lecteur venu faire signer son livre ne reparte pas avec une formule stéréotypée (du genre “Bonne plongée dans ce Puits des mémoires où les apparences sont trompeuses”, blabla). Et encore moins avec la même dédicace, mot pour mot, que la personne qui est passée avant lui. Une dédicace, c’est (souvent) plus qu’une signature, c’est une rencontre, si courte soit-elle.
Après, ça dépend du temps passé avec la personne, de nos atomes crochus, de l’humeur du jour... Quand il y a plein de monde, c’est plus difficile.

Je me souviens par exemple de quelqu’un dont le nom, pas très commun, avait été choisi par sa mère parce qu’elle adorait un feuilleton américain des années 80. D’où dédicace chapeau de cow-boy. C’est juste un exemple, hein ;-)

Mariejuliet :

Une question d'une curieuse (je parle de moi à la troisième personne mais je vais bien) : as-tu déjà été à une séance de dédicace d'un livre que tu avais écrit en tant que nègre?

Gabriel :

Non, quand-même pas. Je ne voudrais pas embarrasser les pauvres “auteurs” (avec qui je m’entends souvent très bien) en venant leur faire signer un bouquin que j’ai écrit ! Ce serait cruel. En revanche, je ne rate jamais leurs passages à la télé, c’est assez amusant de les voir se dépatouiller comme ils peuvent chez Ruquier ou chez Ardisson. C’est un sport, de répondre à des questions précises sur un livre que tu n’as fait que lire...

Défi n°1 pour 2014 : écrire un bon livre en commençant par le milieu, ou la fin ou le début mais en continuant par la fin. Bref, écrire dans le désordre.
Et puis ensuite, vous pourrez me le dédier ! Parce qu'après tout, je suis géniale... (j'ai décidé de dire toute la vérité et rien que la vérité cette année !).

Bref, en fait, contrairement à la plupart des personnes qui sont passées par ici, je n'ai jamais mis mon nez dans les Puits de Mémoire et je n'ai pas aimé Maitresse de Guerre... En fait, j'ai l'impression que ces personnages ne nous ont pas tout dit, que l'histoire n'a pas véritablement commencée et qu'il y aura quelque chose après. Mais en même temps, en lisant la fin, je me suis dit que c'était bien une fin. Donc, y aura-t-il une suite de La Maîtresse de Guerre ou non ? Ou vous en savez rien ? ou peut être ?

Dans un tout autre registre, quel est votre bonbon préféré ?

Gabriel :

Hello Crunches (passionnée d’abdos ?),

Puisque tu es géniale, je te dédierai mon premier livre écrit dans le désordre en commençant par le chapitre 17 – qui n’est pas pour demain, mais je suppose que tu n’es pas pressée...

Concernant la Maîtresse de guerre, je ne sais pas encore s’il y aura une suite, mais tu as eu tout à fait raison de te dire en lisant la fin que c’était une fin, parce que c’est une fin (note que je m’entraîne déjà à écrire dans le désordre). En même temps, si l’histoire n’a pas commencé, quelle idée de faire une fin ! Ca me donne mal à la tête, tiens.

Mon bonbon préféré ? Je n’aime pas les bonbons, pour tout dire. Une entrecôte, c’est mieux, mais ça se transporte moins bien au fond d’une poche. 

Harmonie :

Oui je pense qu'on se croisera alors :)
As-tu des animaux ?
Comment es-tu arrivé à publier chez Scrineo ? 

Gabriel :

Deux questions... très différentes ;)

J’ai un chat (jeune), qui est un sacré handicap à l’écriture : écrire avec lui, c’est à peu près aussi facile que taper un texte avec une pile de livres sur la tête, un verre d’eau plein tout en haut, tout en dansant la macarena.Cela étant, si je pouvais, j’aurais une véritable ménagerie chez moi : chiens, chats, renards, pandas roux, écureuils, et j’en passe. Comme quoi on n’apprend pas de ses erreurs.

Dans un registre plus futile, je suis arrivé chez Scrinéo sur les conseils d’un ami scénariste qui connaît bien mon éditeur, et m’en a dit le plus grand bien. Le contact est très bien passé, mon livre a plu, et tout a commencé comme ça. Et je ne regrette pas un instant, parce que Scrinéo est un super éditeur.Au début, naturellement, je pensais publier chez les éditeurs “rive gauche” pour qui j’ai toujours travaillé en tant que nègre, mais la fantasy ne fait pas bon ménage avec les ténors de l’édition en France...

Lauryn :

J'aime beaucoup la présentation (brave poissonnière).

Alors, puisqu'on ne peut pas avoir de résumé en tripes de saumon des fameux 13 tomes, oserais-je demander pourquoi tu as choisi de démarrer le Puits des mémoires par une histoire d'amnésie ? D'où t'es venue cette idée ? Oui, j'ai osé.

En lisant le tome 1, je me suis fait la remarque que ton style allait droit à l'essentiel. Es-tu allergique aux longues descriptions bourrées de détails et aux crises existentielles à répétition des personnages ? Ou es-tu victime d'un sortilège de vous-ne-direz-que-l'essentiel ?


Gabriel :

Salut Lauryn et bienvenue à bord,

Tu as osé. Tu as bien fait. Fallait bien que quelqu’un ose !

On ne peut pas vraiment dire que j’ai choisi de démarrer par une histoire d’amnésie... L’amnésie est le thème de fond, le cœur de la trilogie. Le Puits des mémoires n’est pas une quête autour de la question “mais qui suis-je ?”, d’ailleurs on apprend assez vite qui sont les trois héros. Ce qui m’intéressait, c’était de mettre en scène trois hommes qui se sont construit une nouvelle personnalité, et qui sont confrontés à ce qu’ils étaient vraiment.

Je trouvais aussi que l’amnésie est un excellent moyen d’entrer dans un monde imaginaire. C’est un moyen très immersif de mettre le lecteur dans les bottes des personnages. Ce que les personnages découvrent, le lecteur le découvre avec eux. Il est jeté lui aussi dans un monde auquel il ne connaît rien, et qu’il va apprendre à apprivoiser, comme les trois héros.

Et oui, j’avoue, je suis allergique aux interminables descriptions qui sont souvent la marque de fabrique de la fantasy. Trois pages pour décrire une auberge, avec le détail de la soupe, le pourquoi du comment on a mis du lard dans les haricots, la description détaillée de chaque client à la boucle de ceinture près, c’est sûrement très immersif pour les amateurs, moi je trouve ça horripilant. Le pire du pire étant la digression dans la digression : on arrive dans un village et hop, voilà l’histoire du village, des gens qui l’ont construit, des rois et des reines qui l’ont financé, du système monétaire qui a fait que maintenant le pain est cher, lequel pain est importé du comté de Kruul’h, où l’on produit de la farine de seigle depuis la fin du règne de Raazbuuzhnazar Ier, lui-même neveu de Shark’z’aarkh le grand, qui avait épousé sa cousine Mul’had’mazad.

Ca doit être la malédiction du scénariste, mais j’aime bien faire court.

Sia :

Merci pour ces réponses !

Puisqu'il est question de JDR, je me demandais si tes scénario ont été édités (quel que soit le support) et si on peut se les procurer pour les découvrir ? J'ai des rôlistes convaincus dans mon entourage que cela intéresse grandement (et moi aussi, ce serait l'occasion de s'y mettre enfin. Surtout que j'ai déjà tout un tas de dés).


Gabriel :

Eh non ! J’ai un noyau dur de vieux potes, avec qui on joue depuis toujours, et sur qui je “teste” des scénarios créés de toutes pièces, dans des univers maison. C’est du pur loisir... et un peu un labo à projets. Quand ça déborde – c’est rare – ça peut devenir une BD, un scénar, ou... un livre.

Ramettes / Gabriel  ( car il y a beaucoup de questions )



"Bonjour Gabriel,

Cela me fait un effet bizarre d’écrire cela, car Gabriel, mon diablotin de fils de 6 ans, est à côté de moi.

Alors je me demande si c’est ton vrai prénom ou celui de ton nom de plume.


Salut Ramette (A3 ou A4 ?)

Tout d’abord laisse-moi te féliciter : très bon choix de prénom pour ton diablotin ! S’il a un petit frère un jour, tu pourras l’appeler Katz, c’est moins facile à porter, mais malheureusement je n’ai pas prévu de “middle name” comme les anglo-saxons. Gabriel RR Katz, j’ai pas osé.

Et comme toi pour ton petit bonhomme, j’ai choisi ce prénom, qui est effectivement un nom de plume.


Je voulais avoir ton avis en tant qu’auteur : quel effet cela vous fait-il lorsque sur les forums et les réseaux sociaux tu vois écrit que tes livres ont été dévorés en quelques heures alors que tu as porté le projet pendant des mois ?

Je trouve ça génial. C’est même le plus beau compliment qu’on puisse me faire ! Je détesterais voir les lecteurs peiner page après page sur un pavé indigeste (On parle de quoi, là ? C’est qui, ce perso, déjà ? Où est mon lexique ?). En fin de compte, ce qui reste d’un livre, ce sont des impressions, des sensations, des souvenirs, qui vont bien au delà du temps de lecture.

En tant que nègre ça doit faire bizarre de voir ce qu’en pensent les lecteurs sans pouvoir répondre, non ?

Non, pas vraiment. Un livre de nègre est “désincarné”. Je l’écris pour un autre, je n’y mets pas grand-chose de moi, ou très peu... Au final, il appartient plus à son “auteur” qu’à moi.

Comment vous ait venue l’idée de l’amnésie pour écrire votre série ? C’est certainement une question qu’on vous a déjà posée… On a l’impression que les personnages se découvrent en même temps que les lecteurs… Etais-tu aussi dans le brouillard pour écrire ?

Je viens de répondre à cette question (vous vous êtes croisées de peu). Pour la réponse, tu scrolles avec ton index, hop, vers le haut.

Cela dit, non, je n’étais pas dans le brouillard... J’aurais pu tenter l’immersion en buvant trois litres de vodka avant d’écrire, mais quelque chose me dit que j’aurais été obligé d’éditer à compte d’auteur.


Un petit détail m’a interpellé (oui les lecteurs tiltent sur des détails) comment vous est venue l’idée de nommer une auberge « les trois carottes » ? ça un rapport avec des ânes ou des lapins ? lol, encore des animaux à poil !

Moi, j’ai appelé une auberge les trois carottes ??? Ca m’a tellement surpris que j’ai fait une recherche sur mon doc de travail, et oui, j’ai appelé une auberge les trois carottes. En fin de compte j’étais peut-être dans le brouillard, moi aussi.

En tout cas je passe un bon moment à lire « Le puits des mémoires » (que mon Gabriel m’empêche de lire) et les questions réponses… merci.

Ramettes / Rose-Marie"



Sortie de Le Miroir brisé par Jonathan Coe





Editions Gallimard Jeunesse
Prix : 15 €

96 pages
Parution : 30/01/2014



Claire, une jeune fille solitaire et souvent livrée à elle-même, se glisse un jour à travers la palissade au fond de son jardin et se rend vers la décharge. Elle aime cet endroit où s’accumulent toutes sortes de vieux objets hétéroclites, laissés à l’abandon. Soudain, un vif éclat de lumière l’éblouit. Il provient d’un miroir brisé en forme d’étoile irrégulière. Claire le tient dans sa paume ouverte et fait alors une expérience singulière. Le miroir est magique et le monde qu’il reflète tellement plus beau que celui dans lequel elle vit. Et si les rêves avaient le pouvoir de changer le monde?
jeudi 2 janvier 2014

Interview de GABRIEL KATZ - Tome 1 -






2014 commence fort bien, avec la présence de Gabriel Katz à nos côtés !
Et comme c'est son "mois à lui", nous lui laissons la parole.
Ensuite, c'est à vous de la prendre en venant le harceler de questions.
Nous sommes le 2 janvier, les bulles sont digérées, aucun retard ne sera accepté :))


© Lelf



Salut aux lecteurs de Bookenstock !

Plutôt qu’une présentation soporifique étayée de vannes et de remerciements, je vous propose en exclu un extrait du Puits des mémoires tome 14 (si vous n’avez pas lu les 13 premiers, profitez-en : ils viennent de sortir dans une très belle édition collector reliée en cuir de buffle, enluminée à la feuille d’or, et intitulée : Gabriel Katz, œuvres essentielles).



Aux premiers jours de l’hiver, la ville scintillait sous la neige. Chaque maison, chaque échoppe, s’était parée d’une lampe à huile qui brûlerait jour et nuit, durant un mois. Une coquetterie qui coûtait cher, mais il n’était pas dans les habitudes du petit peuple de s’élever contre un décret royal. C’est du moins que ce que se répétait le brave poissonnier juché sur son échelle, tandis que sa femme lui passait la lampe à huile.

- J’ai toujours pas compris pourquoi on fait ça, grogna la poissonnière.

- Ordre de la reine ! C’est le mois de Gabrinelkaz.

- Ah.

La grosse femme hocha gravement la tête, puis se ravisa.

- Et c’est qui ? Un prince ?

- M’étonnerait. Avec un nom pareil… Gabrelnikatz, c’est un nom de nécromant.

- Ah.

L’échelle grinçait sous le poids du poissonnier, qui s’échinait à planter sa lampe dans la neige.

- Tu crois vraiment qu’on fêterait le mois d’un nécromant ?

- J’en sais rien, moi ! C’est peut-être un héros de guerre… Gabrikatznel, le fléau des barbares… Je vois bien un truc comme ça.

- Ah.

Agrippé à la gouttière, le poissonnier se mit sur la pointe des pieds. A l’idée de remplir cette fichue lampe tous les jours, il se mit à maudire la reine, son ascendance, sa descendance et jusqu’à son chien.

- Si tu veux mon avis, siffla la poissonnière, ce Gakrielbatz, c’est encore un arriviste qui a couché avec la reine.

- T’es folle ! Dis pas des trucs pareils !

A cet instant un barreau céda, puis un autre, et le poissonnier vint se briser le cou aux pieds de sa femme.

- Ben merde, il avait raison, fit-elle, impressionnée. C’est sûrement un nécromant.


(extrait du T14 : La malédiction du hareng, page 644)


Note de l’auteur : je n’ai couché avec personne pour arriver ici, hein. C’est juste de la fiction. Je compte sur vous pour me poser toutes les questions du monde, sauf celle-là.

Bises à tous, et bienvenue dans le mois de [censuré pour cause de nécromancie]


GK


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Dup :

Preum's !
Bonjour Gabielnitz :)
Une question qui me titille depuis longtemps, même si j'ai peu d'espoir de réponse : Pour qui avez-vous prêté votre plume ?

Plus facile : Un ou plusieurs auteurs ?
Auteurs francophones ou pas spécialement ?
Et surtout, quel genre littéraire ? Que de la fantasy ?

Gabriel :


Hello Dup, et merci pour ton accueil sur ce site où je me sens déjà comme chez moi ! (bon, ça manque de thé, sinon c’est tout pareil)

Et tout d’abord un petit message qui s’adresse à tous : arrêtez de me vouvoyer ! C’est pas parce qu’il n’y a pas de thé qu’on ne peut pas papoter entre amis...

- Alors, je sais que c’est frustrant, mais il faut savoir un truc : un nègre, c’est comme un médecin, c’est lié par le secret professionnel. Depuis le temps que je pratique, j’ai appris à résister à tout : chantage affectif, décolleté plongeant, serment solennel (j’te jure sur la tête de ma tante Josiane, je le répèterai à personne !) et même gros chèque. Sur ce dernier point, on peut encore discuter, mais en MP.
- Plusieurs !!! J’ai écrit une (grosse) trentaine de bouquins en tant que nègre... S’il n’y avait eu qu’un auteur, il aurait été drôlement prolifique.

- J’ai toujours écrit en français (sauf un mini bouquin en anglais, mais c’est l’exception qui confirme la règle). En revanche, il y a eu des auteurs étrangers, pour qui j’ai écrit... en français. Oui, l’édition est un milieu parfois étrange.
 - Un nègre est un mercenaire, et en bon mercenaire, j’ai fait un peu de tout. En début de carrière des bios, des essais (beurk), puis des romans, des polars, des bouquins de littérature générale. Le seul point commun entre les “auteurs” : être connus, voire très connus, assez pour qu’un éditeur embauche un mercenaire pour écrire à leur place.
Et non, jamais de fantasy. Et pour cause : à ma connaissance, il n’y a pas d’auteurs français suffisamment “bankables” pour faire écrire leurs livres à leur place... Sans compter que la fantasy, c’est un truc de passionnés, même si on avait notre George RR Martin à nous, je ne pense pas qu’il aurait envie de confier son bébé à un autre...

Dup --> Ah mais si !!! Justement, connaissant ma passion pour les thés, le père-noël m'a apporté une belle collection : Les Kusmi tea russes. Alors Gabriel, tu préfères un Troïka, un Prince Wladimir, un St Pétersbourg, un Anastasia ou un Bouquet de fleurs n° 108 ? :))


Olivier :

Bonjour, forte entrée en matière.... mais pourquoi ne pas avoir édité les 14 tomes à la Pleiade ? lol Et pourquoi que la dame sur la première de couv de "La Maîtresse de Guerre" est de dos ? re lol.... Déjà envisagé le mixage entre un des héros du Puits des Mémoires et La Maîtresse de Guerre dans le 15 ème volume ?re re lol

Plus sérieusement quels sont vos critères pour l'illustration de la première de couverture de vos livres ? A quel moment les choisissez-vous ; Avant, pendant ou après la clôture de la rédaction de vos livres ?


Gabriel :


Salut Olivier, et... bravo pour ta maîtrise des questions en rafale !
- La Pléiade (petits joueurs) refuse d’éditer la série tant qu’elle n’est pas complète. Dès le tome 29, je commence à les relancer.- On avait bien pensé à un face caméra topless, mais on a eu peur d’être trop vite en rupture de stock.- Pas si lol que ça... C’est un monde ouvert ! Il n’est pas impossible que les héros se croisent un jour par hasard (ou pas par hasard). Je n’ai pas dit que Nils coucherait avec Kaelyn, hein, mais qui sait.


Plus sérieusement donc, j’aime que les couvertures reflètent l’atmosphère, la tonalité du livre. Et pour ça j’ai deux atouts : 1) un excellent éditeur, qui me laisse libre de mes choix et accorde une vraie importance aux couvs 2) un super illustrateur, Miguel Coimbra, qui assure comme une bête.Je n’ai jamais aimé les couvertures “scénarisées” (machin et truc se battent à l’épée sur un pont suspendu pendant qu’un dragon leur crache dessus). Pour moi, une couv réussie, c’est une couv qui n’en dit pas trop, un peu comme une fenêtre ouverte sur un monde qu’on ne connaît pas encore.

Le truc marrant, c’est que l’illustrateur commence à bosser sans avoir lu le livre, à partir d’un simple mail. En gros, quand j’approche de la fin de l’écriture, je lui suggère deux ou trois idées de couverture, et il laisse aller son imagination. Aussi dingue que ça paraisse, il est tombé juste à chaque fois, y compris dans les jeux de lumière, la glace, le vent du désert... J’aime particulièrement l’arrivée au port de Woltan par la mer (tome 2 du Puits des mémoires), et le lac gelé des Terres de cristal (tome 3). Et je trouve extraordinaire qu’il parvienne à reproduire aussi parfaitement l’ambiance des livres... avant de les lire. Ca sent la nécromancie, moi je dis.

Harmonie :

Bonjour Gabriel !!
On s'est rencontré au Salon du livre de Paris en 2013 et récemment à Montreuil :) Vous souvenez de moi ? Je vous ai dis que Le puits des mémoires a été ma saga coup de coeur de 2013 et que j'attendais La maîtresse avec énormément d'impatience ! Et oui, je l'ai lu en avant-première grâce à Bookenstock :) !!!

Dup m'a enlevé une question que je me posais depuis que j'ai découvert que "Gabriel Katz" est un nom de plume ! Surtout, que j'aimerais beaucoup découvrir d'autres genres que vous avez écrit ;)

Sinon, quel est votre prochain projet ? Toujours autour de Le puits des mémoires ?

Gabriel :


Salut Harmonie,

Bien-sûr que je me souviens ! En plus tu as un bonus : un prénom difficile à oublier...

Bon, en ce qui concerne les autres genres, ça va être difficile de t’orienter sur quelque chose que j’ai écrit (voir ma réponse à Dup sur les règles de confidentialité des mercenaires de l’écriture). Cela dit, tu as peut-être déjà lu un de mes livres sans le savoir...

Pour la suite, je me tâte encore. Une chose est sûre : le monde du Puits des mémoires continuera de s’étoffer, avec de nouvelles histoires, de nouveaux personnages, de nouveaux royaumes... J’ai déjà quelques chapitres sous la main, mais rien n’est encore décidé. J’ai aussi envie d’explorer d’autres genres, d’aller titiller des univers inattendus. Ne le dis à personne, mais je suis en train de finir une espèce de polar fantastique, qui viendra peut-être s’intercaler entre deux romans de fantasy. Un projet très différent, tout neuf, et très loin de l’univers du Puits des mémoires...

Lady K :

Oh quelle merveilleuse présentation ♥♥ J'adore. Mais pauvre poissonnier :)
Concernant "La maitresse de Guerre", pourquoi avoir choisi de les appeler "Les Rouges". Je veux dire, ce n'est pas une couleur anodine, elle renvoie à une certaine couleur politique. Est-ce que je vais trop loin en imaginant cela ou est-ce voulu ? :D Parce que les discours collent bien entre eux (des deux Rouges on va dire :P).
En tous cas, merci et à très bientôt ^_^


Gabriel :

Mes respects, Milady,

Console-toi, ce poissonnier était un escroc – au prix où il faisait le kilo de sole, il n’a eu que ce qu’il méritait.

Pour les Rouges (alias la grande armée de libération), on pourrait croire effectivement à une analogie avec les vrais “rouges” de l’Histoire : communistes, bolcheviks, khmers, maoistes et j’en passe... mais non. N’en déplaise à notre ami Kim Jong Un (avec sa jolie coupe gangnam style), les Rouges qui envahissent le sultanat d’Azman sont parfaitement imaginaires. Le choix de la couleur était tout bêtement esthétique : j’imaginais ces flots de soldats avec leurs écharpes rouges au vent, je trouvais ça chouette.

D’ailleurs en y regardant bien, ils ne sont pas très soviétiques, mes Rouges. Mal organisés, pas de police politique, aucun sens de la propagande... C’est juste une alliance (un peu bordélique) de royaumes, qui décident d’aller se payer une bonne petite invasion chez les barbares. S’il faut les rapprocher de quelqu’un, ce serait plutôt des croisés !

Cela dit, j’adore le fait qu’on lise entre les lignes. D’une certaine façon, chaque lecteur s’approprie le roman : toi tu vois des petits Staline déferler sur Azman, d’autres y verront autre chose... C’est dans ces moments là que le livre t’appartient vraiment... et m’échappe. J’aime beaucoup lire les réactions après coup. Ca me rappelle les explications de texte à l’école, où on faisait dire à l’auteur plein de choses qu’il n’a pas forcément voulu dire : “ce n’est pas pour rien que son héroïne s’appelle Marie : c’est une métaphore de la virginité originelle”. Alors que le mec a voulu faire plaisir à sa grand-mère. Et là je me sens obligé de préciser : non, ma grand-mère ne s’appelle pas Kaelyn !

Dup :

En parlant d'écharpe rouge justement, combien de temps se passe entre l'écriture et la publication ? Car lorsque je lisais en avant première La maîtresse de guerre, l'actualité nous plongeait dans l'épisode des bonnets rouges ! Quelle résonance cela a eu pour vous ?

Gabriel :


Ah, les Rouges... Ils ont un succès en ce moment ! Je crois que je vais faire une promo : deux Rouges pour le prix d’un (au marché des esclaves de Damnas).

Pour ce qui est des bonnets (rouges, donc), j’étais déjà très avancé dans le bouquin quand ils ont commencé à brûler des portiques sur l’autoroute. D’où le fait que les Rouges du roman ne brûlent ni portiques, ni radars ! Ils avaient déjà leur truc à eux, qui consiste à envahir des royaumes.

Mais c’est une bonne question (si, si) ! Il peut m’arriver de trouver dans l’actualité des sujets qui rappellent certaines situations de mes romans, et vice versa. Il m’est même arrivé de donner – discrètement – à un personnage de fiction les traits d’un “pipole” ou d’un politique... Moins je les aime, plus le portrait est convaincant. Mais pour les bonnets rouges, le seul point commun étant la couleur, c’était un peu difficile de les rapprocher.

Mariejuliet :

Bonjour Gabriel, pour commencer une question sérieuse : quel a été le déclencheur pour écrire de la fantasy (vu que tu n'en lisais pas). Et une question bonus : qu'est ce qui te donne envie de dessiner des cochons? (je suis assez fière de celle-là, une vraie question littéraire).

Gabriel :

Salut Mariejuliet (attention, private joke : la seule blogueuse à trimbaler un chevreuil mort dans une valise) !

C’est vrai que j’ai un drôle de rapport à la fantasy. Et c’est vrai que vu de loin – même de près – c’est bizarre, un auteur de fantasy qui n’en lit pas. A côté de ça, je suis un gamer invétéré, j’ai traîné mes savates virtuelles dans des dizaines de mondes de fantasy, j’avale du Game of Thrones à louche... mais surtout, je scénarise des jeux de rôles depuis toujours. Je suis, comment dire... un vrai faux amateur du genre.Je suppose que l’insistance de mes potes – qui trouvaient que mes univers rôlistes feraient de bons romans – a pas mal joué dans la naissance du Puits des mémoires. Même s’ils ont dû insister pendant... quelques années !

Et là on retombe dans le private joke : pourquoi j’ai envie de dessiner des cochons. Bonne question. Je ne sais pas, moi, c’est joli, un cochon, ça plaît à tout le monde, et puis tout est bon dans le cochon.


Ah, Dup, tu m'as piqué une question !

Bonjour Gabriel Katz ! Nous nous sommes brièvement croisés à Montreuil, où j'ai tenté d'exprimer ma profonde adoration du Puits des Mémoires, mais comme je n'avais pas exactement les yeux en face des trous, je ne sais pas si c'était très clair. Donc je réitère : Les Puits des mémoires a été un gros gros coup de cœur (passé au reste de la famille ensuite, tout le monde est sous le charme, et c'est rien de le dire!).
Au départ, j'avais cru comprendre que La Maîtresse de guerre était une suite au Puits des Mémoires ; bien que je sois ravie de retrouver l'univers, je me demandais si on pouvait espérer, un jour, recroiser nos trois larrons, dans un autre roman ?


Gabriel :

Hello Sia,

Si ça te rassure, je n’avais pas non plus les yeux en face des trous à Montreuil, ce qui fait de nous deux têtes aux orbites vides, l’une en train d’exprimer son adoration pour le Puits des mémoires, l’autre en train de kiffer, parce qu’on aura beau dire, ça fait vachement plaisir. Je te laisse imaginer l’épouvante des gens autour, c’est digne d’un film d’horreur.

Tout ça pour dire que non, la Maîtresse de guerre n’est pas une suite de la trilogie (qui pour le coup, avouons-le, ne serait plus tellement une trilogie). Maintenant, puisqu’on est entre nous et que personne ne nous écoute – je ne parle même pas de nous voir, parce que pour ça, il faut avoir les yeux en face des trous – j’y pense de plus en plus, à un retour des trois compères. Je ne sais pas encore si ça se fera, ni quand, ni comment, si on les retrouvera tous les trois ou pas... Je sais juste que j’y pense. C’est qu’on s’y attache, à ces petites bêtes, au bout de trois tomes de 400 pages...

Licorne :

Bonjour Gabriel,
Je vous ai rencontré aux Utopiales, et cela a été un grand plaisir de voir un jeune homme très sympathique et proche de ses lecteurs, je vous ai vu dessiner des skieurs en guise de dédicace pour MarieJuliet ;) ...c'était très étonnant et plutôt marrant ! ;)... un bon moment !

Je profite de ce mois pour vous poser quelques questions :
- Donnerez-vous une nouvelle chance d'exister à l'un des 3 héros du puits des mémoires ! une suite ou une histoire différente avec l'un deux ?
- Vous êtes vous identifié à l'un des 3 personnages en écrivant, quel est celui que vous préférez et pourquoi ?
- Quelle est votre style de lecture habituelle ?
- Votre référence en Fantasy, un maître peut-être qui vous aurait donné l'inspiration ?

Merci d'avance pour vos réponses et j'en profite pour vous souhaiter une excellente année, pleine de belles écritures pour notre plus grand bonheur !


Gabriel :

Hello Licorne (ça fait un drôle d’effet d’écrire ça, j’ai l’impression d’avoir bu),

- Comme je le disais à Sia, rien n’est impossible ! Peut-être qu’un ou plusieurs personnages de la trilogie reprendront du service dans un futur cycle. J’ai bien l’intention de laisser cet univers se développer petit à petit, et dans un monde ouvert, tout peut arriver. Après tout, il suffit de prendre un bateau au port de Woltan pour se retrouver (au bout de quelques mois) à Helion, à Azman ou ailleurs...


- Il y a (naturellement) un peu de moi dans chacun de ces trois personnages, même si – j’avoue – j’ai une petite préférence pour Nils. D’abord parce que j’aime bien son côté déchiré – c’est celui qui a le plus de mal à jongler entre sa nouvelle et son ancienne personnalité. Des trois, c’est sans doute celui qui me ressemble le plus – à deux ou trois exceptions près : je ne monte pas à cheval, je ne lance ni couteaux ni cailloux, et je n’ai jamais tué personne.


- En matière de lectures, je ratisse très large... et très généraliste. J’adore l’Histoire, d’où une certaine boulimie de trucs historiques. En ce moment, je redécouvre aussi des classiques oubliés, qu’on considère souvent à tort comme chiants et poussiéreux. Là, par exemple, je suis dans l’Homme qui rit (en trois mots, hein), auquel je n’avais rien compris gamin – parce que gamin, on ne comprend rien.


- Euh... Avant de débarquer dans le milieu de la fantasy, je n’avais lu que le Seigneur des anneaux, que j’ai trouvé soporifique (je vais me faire des ennemis, je sais). J’aurais voulu le même en plus court, en plus adulte, sans nains, sans hobbits, sans elfes et sans Gandalf... J’avais lu aussi le cycle d’Elric de Moorcock, qui ne m’a pas passionné non plus.
Mais je ne désespère pas de trouver mon maître (ou ma maîtresse, en tout bien tout honneur) dans le milieu de la fantasy que je découvre peu à peu !Avis à mes potes de salon : auteur cherche maître en fantasy, salaire très moyen mais satisfaction garantie pour l’ego.

Présentation de Gabriel Katz



Janvier 2014 :

Le mois de Gabriel Katz



C'est avec beaucoup de plaisir que nous accueillons Gabriel Katz sur Bookenstock, et nous le remercions chaleureusement d'avoir accepté notre invitation malgré son programme de ouf.

Alors Gabriel Katz cela a d'abord été ça : La trilogie du Puits des mémoires.
3 tomes, 3 coups de coeur
cela résume bien la chose non ?








Et maintenant, très bientôt en librairie, cela va être ça :
et re un coup de coeur !





mercredi 1 janvier 2014

Nouvelle année, nouvelles lectures ...



Meilleurs voeux à vous tous. Que cette nouvelle année vous apporte santé, joie, bonheur et pleins de bons livres.