jeudi 10 septembre 2015

LE LIVRE DE TOUTES LES RÉPONSES SAUF UNE de Manon Fargetton





Éditions Rageot
Collection Romans
190 pages
6,45 euros


4ème de couv :

On l'appelle le Livre des réponses.
Il vient de la nuit des temps.
S'il brûle, il renaît de ses cendres.
Il répond à toutes les questions.



L'avis de Dup :

C'est la rentrée et Bérénice s'apprête à affronter le pire jour de sa vie. Parce qu'elle déteste attirer l'attention des autres et qu'elle sait qu’immanquablement elle ne va pas passer inaperçue. Elle est nouvelle et son nom, comme d'habitude va susciter des réflexions : Lamort. Ça ne loupe pas... mais l'attention des autres va être détournée lors de l'appel par une autre nouvelle, qui elle cumule un prénom et un nom peu commun : Pandora Hurlevent.

Au bout du compte, cette journée ne se sera pas trop mal passée pour Bérénice, car elle s'est rapprochée de Pandora et elle envisage même une amitié possible. De plus, un garçon visiblement pas nouveau dans le bahut, prénommé Lazare, s'est proposé toute la journée pour leur servir de guide.

Ce trio va apprendre petit à petit à se connaître, à découvrir puis apprécier leurs différences. Puis, à force de se cotoyer au collège, mais aussi en dehors presque toutes les fins d'après-midi, ils vont commencer à se dévoiler. C'est alors que le récit de Manon Fargetton prend un tour un brin fantastique et merveilleux. Je n'en dirai pas plus, la 4ème de couv en dit déjà bien assez...

Voilà, la magie Fargetton a encore opéré. En l'espace de très peu de pages elle arrive à nous faire aimer TOUS ses personnages ! Ces trois là sont pourtant bien différents, mais je suis incapable de dire lequel j'ai préféré... si...peut-être...sans doute Lazare...quoi que... Même les parents, à peine esquissés sont délicieux et profonds. J'ai adoré le père de Bérénice.

Ce tout petit, tout riquiqui livre est un concentré de tout plein de bonnes choses. Un concentré de belles leçons sur la tolérance et l'acceptation de la différence à mettre entre toutes les mains. Un concentré de belles valeurs, comme l'amitié, l'amour filial. Sont abordés la religion, ou plus exactement les croyances au sens large, la mort, le deuil.  Un concentré d'émotions également, je dois avouer avoir versé ma larme (qui confirme mon côté midinette...). En fait ce livre est un concentré de ce qu'est Manon Fargetton. On y retrouve toutes ses facettes éparpillées parmi les différents personnages et c'est un délice à retrouver. Lire ce livre à la lumière de son Mois2 est une expérience bien agréable.



mercredi 9 septembre 2015

Le nouveau Michaël Moslonka est sorti



Notre MMM's , c'est à dire MICHAËL MOSLONKA, 
baptisé ainsi depuis son Mois2 parmi nous
fait encore parler de lui

Le 11 septembre sortira

CETTE PERSONNE QUI N'AIMAIT PAS LES CHIENS



Éditions Fleur Sauvage
392 pages
19,80 euros


4ème de couv :

Un chien crucifié, près d'un clochard qui lit.

Le nom d'un ancien flic sur la médaille du collier.

Un détective privé, dépressif, et sa jeune secrétaire disparue.

Un policier impitoyable...

Et la folie de l'être humain. 



MMM's, c'est aussi, sur Bookenstock :


mardi 8 septembre 2015

YSABEL de Guy Gavriel Kay



YSABEL


Éditions ALIRE
462 pages
20 euros


Résumé :


Ned, un jeune Montréalais de quinze ans, accompagne son père, Edward Marriner, dans le Midi de la France. Photographe de renommée internationale, Marriner – assisté de Mélanie, Steve et Greg, son équipe technique – a six semaines pour croquer des images inédites de ce magnifique coin de pays, qui regorge de ruines datant de l’époque des Celtes et des Romains. Mais des événements inquiétants perturbent le séjour de Ned: un inconnu le menace dans la cathédrale d’Aix-en-Provence, un étrange malaise l’affecte aux abords de la montagne Sainte-Victoire, des chiens l’attaquent dans un café... sans compter qu’au cours de la nuit de la Beltaine, une antique fête celtique, il assiste à la «magique» disparition de Mélanie! Dès lors, Ned comprend que, dans cette contrée plusieurs fois millénaire, des personnages mythiques ne veulent pas mourir et que, d’une mystérieuse façon, il est personnellement concerné par leur histoire.




L'avis de Dup :

Ce roman lu dans le cadre d'une découverte d'auteur pour un "Mois de" a rempli exactement sa mission : me charmer et me donner envie d'explorer plus avant la bibliographie de cet auteur.

Ned est ado canadien qui se trouve parachuté en Provence, forcé de suivre son père, le grand Edward Marriner, photographe réputé qui doit faire un reportage sur les vestiges historiques du sud de la France. Même si ce séjour lui permet d'échapper à un mois de cours, il se sent malgré tout un peu de trop au sein de cette équipe de professionnels composée de Mélanie, l'assistante de son père et Steve et Greg, deux techniciens. Quant à sa mère, elle officie au sein de Médecins Sans Frontières et se trouve en ce moment au Darfour malgré la forte inquiétude des siens.

Histoire de ne pas traîner dans les pattes de son père, Ned explore seul l'intérieur de la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence. C'est là qu'il va croiser Kate, une new-yorkaise en transit en France dans le cadre d'un échange scolaire, avec qui il va sympathiser. Et heureusement, car l'impact des événements dont ils vont être témoins ensembles va en quelque sorte les lier : quand on ne peut raconter ce qu'on a vu sous peine de passer pour un fou furieux, on est heureux de savoir qu'au moins une personne y croit et comprend votre angoisse.
Ce duo d'ados va apporter pas mal de piquant au récit, car Guy Gavriel Kay va leur prêter un humour et une répartie bien sympathique. L'idylle naissante est pure et saine, et c'est ma foi fort rafraîchissant. Les questionnements et les tâtonnements de ce gamin en passe de devenir un homme sont touchants. 

La Provence est un carrefour historique, haut lieu de conquêtes, de batailles où se sont affrontés aux cours des siècles, les Celtes, les Grecs, les Romains. Les vestiges de ces différentes époques persistent, s'empilent, s'emmêlent à l'image même de cette cathédrale, véritable patchwork de styles architecturaux. Même s'il ne le sait pas encore, Ned a des origines celtes provenant de la branche maternelle aux racines gaéliques. Il se retrouve en ces lieux fortement imprégnés d'histoires, de croyances, et surtout, en cette fin du mois d'avril, à l'approche de Beltaine, une fête religieuse celte majeure célébrant le début du printemps...

Lorsque Kate et Ned vont voir surgir sous leur nez un individu appartenant au passé, menant une quête pour le moins étonnante, cela ne va être que le début des surprises : loups et sangliers, druides et sacrifices, un homme portant ramage tel un dieu de la forêt, capable de se métamorphoser en chouette, etc. Dès lors, le roman va s'emballer : une disparition et un temps imparti très court pour espérer récupérer la disparue enchaînée par une invocation druidique. Le maelstrom entraîne derrière lui Ned et toute sa famille, ainsi que Kate et l'équipe des photographes, tous soudés devant l'impossible. La tension monte et les pages défilent vitesse grand V. 

Le surnaturel apporté par l'auteur dans le récit coule sans heurt, il nous propulse en même temps que son jeune héros dans une autre dimension. Les va et vient temporels s'opèrent tout seuls, voire même semblent logiques au sein de cette mystérieuse région de France. La Provence, chantée par bien des poètes, immortalisée par de grands peintres comme Cézanne devient sous la plume de Kay un personnage à part entière, sublime et sublimée. Ysabel est une ode à la beauté provençale, un guide touristique passionnant et ensorcelant. 

Une intrigue recherchée et prenante portée par des personnages plus que sympathiques, des tournures de phrases et des expressions québécoises (sans doute apportées par la traduction ?) qui font sourire, des relations familiales et amicales profondes, tout cela fait d'Ysabel un roman très agréable à lire que je vous recommande ! 


lundi 7 septembre 2015

GUY GAVRIEL KAY attend vos questions par ici !






En vrai, il est un peu moins vert que ça  :))





Et comme rien n'est comme d'habitude pour ce "mois de", la bafouille de l'auteur arrivera un poil plus tard... :)

En attendant, je vous propose une petite bio afin de "poser" le monsieur :))

Né au Canada en 1954, Guy Gavriel Kay s'est très vite passionné pour les contes de fées et la mythologie, puis pour la fantasy. Alors étudiant, il est embauché par le fils de J.R.R.Tolkien en 1974 pour travailler sur Le Silmarillon en vue de sa publication. Il faut encore attendre une décennie pour qu'il publie entre 1984 et 1986 sa première trilogie de fantasy initulée La Tapisserie de Fionavar. S'inspirant fortement de l'Histoire, ses ouvrages suivant, Tigane et La Chanson d'Arbonne, trouvent leurs racines dans celles de l'Italie et de la France Médiévale, tandis que son roman Les Lions d'Al-Rassan s'inspire de l'Espagne de la Reconquista. Avec La Mosaïque de Sarance, il plonge dans l'Empire Byzantin tandis que Le Dernier Rayon du soleil se situe plutôt du côté des vikings. Paru en 2007, son roman Ysabel a reçu le prix World Fantasy du meilleurs roman. Depuis il a publié Sous le ciel autour de la Chine au temps de la dynastie Tang. Traduit en 22 langues et avec plus de deux millions d'exemplaires de ses livres vendus dans le monde, il est aujourd'hui l'un des auteurs de fantasy les plus lu !

La parole est à monsieur Kay : ( VO, puis VF)


Hello, and thank you to the websites, bloggers and readers involved in this project. It is nice to have a chance to chat with readers in France, especially in the week after winning the Elbakin.net award for best foreign language novel. (I was deeply honoured by that.) Ysabel, which is our main subject here as it comes out in France from Alire next week, was my tenth novel. It was written in the countryside just east of Aix-en-Provence, on our fourth stay near that city - and it really is a love song to Provence, its history, landscapes, legends. I know that the French are very aware of the beauty and interest of that part of the world, but I’ve been pleased to see readers and reviewers in other countries and languages respond so positively to reading about it - including the book winning the World Fantasy Award when it first came out. In fact, one of the themes of the book is how the most beautiful places on earth are often those with the most violent, contested history.



Bonjour, et merci aux sites, blogueurs et lecteurs impliqués dans ce projet. C'est une chance de pouvoir discuter avec des lecteurs français, tout spécialement une semaine après avoir remporté le prix Elbakin.net 2015 pour le meilleur roman étranger de fantasy (j'en suis très honoré). Ysabel, qui est le roman et le sujet principal de cet échange, puisqu'il sera publié par Alire la semaine prochaine, est mon dixième roman. Il a été écrit dans l'arrière pays d'Aix en Provence, pendant les quatre séjours que j'y ai effectué – et c'est vraiment une déclaration d'amour à la Provence, son histoire, ses paysages et ses légendes. Je sais que les français sont très attachés à la beauté de cette partie du monde, mais j'ai été ravi de voir que les lecteurs et les chroniqueurs d'autres pays ont aussi accueilli favorablement ce roman, d'autant plus qu'il a reçu le World Fantasy award quand il a été édité la première fois. Une des thématiques, c'est que les plus beaux endroits sur Terre sont souvent ceux qui abritent les histoires les plus violentes.


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Dup :


Bonjour m'sieur et bienvenue sur Bookenstock,

En lisant cette biographie proposé par notre intermédiaire pour ce mois2, me vient une question. Quel métier avez vous exercé entre Le Silmarillon et La Tapisserie de Fionavar ? Aujourd'hui, avez-vous un autre métier à côté ou vous consacrez vous entièrement à l'écriture ?

GG Kay

Writing has indeed been my full-time work for many years now, since Tigana (Tigane, in France) my fourth book. (There are thirteen of them now.) But after working in Oxford with the Tolkien Estate I took my degree in Law, and was about to become a criminal lawyer in Canada. Instead, I was given an opportunity to write and direct for radio and television, on a series about famous criminal trials, and that paid the rent for the first few years while I wrote Fionavar and it started to find readers around the world.


Écrire est un travail à plein temps depuis plusieurs années maintenant, depuis Tigane, mon quatrième livre (Il y en a treize désormais). Après avoir travaillé à Oxford avec The Tolkien estate, j'ai eu mon diplôme et j'étais sur le point de devenir avocat criminaliste au Canada. Mais à la place, j'ai eu l'opportunité d'écrire et de diriger pour la radio et la télévision une série sur les procès célèbres, et cela a payé le loyer pendant les premières années jusqu'à ce que j'écrive Fionavar et qu'il trouve des lecteurs tout autour du monde.



Hécléa :

Hi
I'll try to speak in english, sorry if I make mistakes :)
I just discovered your books thanks to Dup & Phooka and I really enjoyed Ysabel, now I want to go in holidays in the south of France to see the Montagne Sainte-Victoire and the Cathédrale d'Aix.
Have you always been so interested in History? You should have made a lot of researches to write this book no?

(et la VF ;))
Bonjour,
Je vais essayer de parler anglais, désolée si je fais des fautes :)
Je viens de découvrir vos livres grâce à Dup & Phooka, et j'ai vraiment apprécié Ysabel, d'ailleurs j'ai evnie de partir en vacances dans le Sud de la France pour voir la Montagne Sainte-Victoire et la Cathédrale d'Aix.
Avez-vous toujours été intéressé par l'Histoire ? Vous avez dû faire beaucoup de recherches pour ce livre, non ?

GG Kay :


Thanks for writing in English (yours is fine!) and my apologies that my French is so awkward. I am grateful to Jérôme Vincent for helping by translating my replies here!

It pleases me so much that you’d like to go travel in and around Montagne Sainte-Victoire now! We climbed it twice, in fact, as part of my research for Ysabel, and tracked down what we think is a legendary place at the summit. (I won’t spoil the book for readers by telling more!) There are so many magical places there. You are right, of course, I have always been fascinated by history. And I have to say the research stage of every book is probably my favourite part. YSABEL is a bit different from many of my recent books. In most of them, I take readers back into the past: I find a period that interests me, and use what one clever reviewer called ‘a quarter turn to the fantastic’ to introduce an element of fantasy (there are many reasons why I do this - it would take an essay to explain them all!). In Ysabel, I brought the past forward to the modern world, which gave me a chance to write about and have readers consider a number of new elements. One of them: how different the process of growing up has been at different times in history. Ned Marriner in Ysabel has to mature in a very different way than most of his peers do, because of what he encounters from the past of Provence.


Merci à vous d'écrire en anglais (le vôtre est excellent) et mes excuses pour mon français si médiocre. Je remercie Jérôme Vincent (et Jean-Laurent Del Socorro) de m'aider à traduire mes réponses.
Cela me ravit que vous ayez envie d'aller visiter la Montagne Sainte-Victoire à présent ! Nous l'avons grimpé deux fois pour mes recherches pendant l'écriture d'Ysabel, et essayé de trouver ce que nous pensions être un endroit de légende à son sommet (je n'en dirais pas plus pour ne pas spolier les lecteurs en en révélant trop !). Il y a tant d'endroits magiques par là. Vous avez raison, je suis bien entendu fasciné par l'Histoire. Et je dois dire que le travail de recherches sur mes livres est certainement ma partie préférée. Ysabel est un peu différent de mes romans plus récents. Dans la plupart, j'emmène le lecteur dans le passé. Je trouve une période qui m'intéresse, et j'utilise ce qu'un chroniqueur a surnommé "un quart de tour vers le fantastique" pour introduire des éléments de fantasy. (il y a beaucoup de raisons à cela, mais cela demanderait un essai complet pour l'expliquer). Dans Ysabel, j'ai amené le passé vers le présent, le monde moderne, ce qui m'a donné l'opportunité d'écrire sur des éléments nouveaux. L'un d'entre eux : comment le passage de l'adolescence à l'âge adulte peut s'avérer différent d'un moment de l'histoire à l'autre. Ned Marriner dans Ysabel doit grandir d'une façon très différente des autres à cause des rencontres qu'il fait avec ceux venus du passé de la Provence.


Phooka :


Hi

thanks a lot for beeing with us for this beautiful September month.

I am currently reading "The Summer Tree." I immediatly liked it since it uses a narration system that I really like. Characters of our real world, transferred to a fantasy world (for the same reason I always liked Terry Brooks series "Magic Kingdom for Sale").

Can you imagine yourself at the position of your heroes ? That is, you would find yourself in a totally different world ? How do you think you would react ?


(en français)

Merci beaucoup de passer ce superbe mois de septembre avec nous.

Je suis actuellement en train de lire "L'Arbre de l'été." Je l'ai aimé tout de suite, car il utilise un système de narration que j' aime vraiment. Des personnages de notre monde réel, transférés à un monde de fantasy (pour la même raison j'ai toujours aimé la série Terry Brooks "Magic Kingdom for Sale").

Pouvez-vous vous imaginer à la position de vos héros ? C'est à dire, vous retrouvez dans un monde totalement différent ? Comment pensez-vous que vous réagiriez ?


GG Kay :

I think all of us sometimes wonder how we’d behave in some sort of ‘crisis’ situation. And I also think the truth is, we really can’t know for certain. Sometimes readers base their responses to a scene or book by saying ‘I wouldn’t do that! I’m not persuaded.’ But I think this can be a problem. The real question might be: am I persuaded that this person might do that? We don’t have to be murderous to be compelled by a character who is moved to murder, nor do we have to be someone who would venture to another world to feel engaged by characters who decide they will do that. For me, as a reader, some of my best experiences have come from experiences]ing characters completely different from myself! That is one way books can make us more than ourselves! Good books can even change what we are.




Je pense que chacun de nous se demande parfois comment nous pourrions nous comporter dans une situation de « crise ». Et je pense que la vérité c'est que nous ne pouvons vraiment pas le savoir avec certitude. Certains lecteurs basent leur réponse sur une scène ou sur un livre pour dire, « je ne ferais pas ça, mais je n'en suis pas persuadé ». Mais je pense que ça peut être un problème. La véritable question est sans doute : suis-je persuadé que cette personne pourrait faire ça ? Nous n'avons pas besoin d'être des meutriers pour être touché par un personnage qui va le devenir, et nous n'avons pas besoin de pouvoir aller dans d'autres mondes pour se sentir impliqués par des personnages qui décident de le faire.
Pour moi, en tant que lecteur, une partie de mes meilleures expériences viennent de ce qu'on vécu des personnages complètement différents de moi. C'est l'une des raisons qui explique qu'un livre peut faire plus pour nous que nous-mêmes ! Les bons livres peuvent même changer ce que nous sommes.


Ramettes :

Je suis ravie de participer à cette discussion. Ce n'est pas tous les jours que l'on peux discuter avec un auteur aussi connu.
J'aimerais savoir si comme Ed Marriner vous avez envoyé un assistant faire des repérages à Aix ? Avez vous séjourné en Provence? Ou faites vous vos recherches sur le net?

Merci.

GG Kay :

As I think I mentioned earlier, Ysabel was written in a house just outside Aix, not far from Montagne Sainte-Victoire. It was our fourth long stay in that part of the world. I have called the novel a ‘love letter to Provence’ and that really is true. Among other things, I made about six or seven visits to Entremont, the Celtic site just north of the city, where a major scene of the book takes place. It astonishes me how few travelers know of it. Sometimes finding the ‘magic’ of a site requires one to be alone there, or nearly so.

Comme je l'ai sans doute mentionné un peu plus tôt, Ysabel a été écrit dans une maison juste à côté d'Aix en Provence, pas très loin de la Montagne Sainte-Victoire. C'était notre quatrième long séjour dans cette partie du monde. J'avais appelé le roman une "Lettre d'amour à la Provence" et c'était la vérité. J'ai, entre autre, fait six ou sept visites à Entremont, le site celtique juste au nord de la ville, là où une scène majeure du livre se déroule. Je suis étonné que peu de voyageurs le connaissent. Parfois, pour trouver la magie d'un site, cela nécessite d'être seul, ou presque...


Hécléa :

Hi

Thanks for your answer, it's a real pleasure to chat with you :)
Knowing that YSABEL is different from your other books makes me very curious to read the other ones. As you really enjoy the research period before beginning to write a book, is there a period of history that you prefer to the others? It can perhaps help me choose which one I will discover next ;)

(En français)

Bonjour,
Merci pour vos réponses, c'est un réel plaisir de discuter avec vous.
Savoir qu'YSABEL est différent de vos autres livres me rend vraiment curieuse de les lire. Comme vous semblez vraiment apprécier la période de recherches avant de commencer à écrire, est-ce qu'il y a une période de l'histoire qui vous intéresse plus que les autres ? Ca m'aidera peut être à choisir quel livre découvrir la prochaine fois ;)


GG Kay :

The truth is that I am always most interested in what I am researching right now. I can become obsessed (and boring) on a subject, especially if you buy me a drink or two! My usual answer for readers is that they should ‘taste’ my history-inspired books by deciding what period interests them most. I have written books based on Moorish Spain, medieval Provence, the Renaissance, Vikings, Byzantium in Late Antiquity, two dynasties of China … which of these appeals to you the most? I love when readers say they are moved to learn more about a period and place after reading one of my novels.

La vérité c'est que je suis toujours plus intéressé par ce que je suis en train de chercher à l'instant T. Je peux devenir obsédé (et ennuyeux) par un sujet, spécialement si vous m'avez acheté avec un verre ou deux ! Ma réponse habituelle, c'est que les lecteurs peuvent aller lire mes différents livres qui sont inspirés par l'Histoire en fonction de la période qui les intéressent le plus. J'ai écrit des livres inspirés par l'Espagne Maure, la Provence médiévale, les Vikings, Byzance dans l'Antiquité tardive, deux dynasties chinoises... Quel thème vous attirent le plus ? J'adore quand mes lecteurs disent qu'ils ont été en apprendre plus sur une époque après avoir lu l'un de mes livres.


Dup :

Encore moi...

J'entends ici et là des lecteurs qui râlent après la traduction québécoise faite par Alire, alors ma question va porter sur ce point. Mais je tiens à préciser que ce n'est pas le cas de tout le monde, moi la première, j'adore ce petit côté "exotique" :)

Alors, ma question : avez-vous votre mot à dire sur la traduction de vos romans ? Est-ce une volonté pour refléter les possibles différences entre l'anglais canadien et l'anglais "standard" ? Si celles-ci existent d'ailleurs !


GG Kay :

I am aware that there are real differences between French as written and spoken in Quebec and in France (even more than between, say, English in the UK and in the US or Canada). My own command of French is (sadly!) not strong enough for me to be able to discuss this thoughtfully. I have very great respect for Elisabeth Vonarburg, my translator in Quebec, who is a fine novelist in her own right. It may be that some readers in France need to make an ’adjustment’ to the Quebec style, but we do that in English all the time, too.

Je suis conscient qu'il y a de réelles différences entre le français comme il est écrit et parlé au Québec et celui de France (encore plus que disons, entre l'anglais au Royaume Unis et aux Etats Unis, ou au Canada). Ma propre connaissance du français n'est (malheureusement) pas suffisante pour pouvoir en discuter. J'ai vraiment un grand respect pour Elisabeth Vonarburg, ma traductrice au Québec, qui est également une bonne romancière. Il se peut que certains lecteurs en France ait besoin de faire un "ajustement" pour lire le style québecquois, mais c'est que nous faisons aussi en anglais tout le temps. 


AcrO :

Bonjour,
Je suis encore toute étonnée de pouvoir échanger avec vous (la magie du web), je n'aurais pas pensé qu'un jour, je puisse discuter avec vous. (et je suis bavarde !)

J'ai lu Ysabel et j'ai été surprise de découvrir que le récit s'enracine non seulement à notre époque, mais en plus, dans une région existante. Si j'ai passé un bon moment, je ne vous cache pas que l'oeuvre que je préfère reste La tapisserie de Fionavar. C'est sans doute les livres que j'ai le plus relus, avec cet effet renversant où mes sentiments envers les personnages ont évolué avec mes relectures (par exemple, la première fois, je n'aimais pas du tout Paul alors qu'il s'agit maintenant de mon personnage favori)
Je crois que toute personne qui me connait SAIT que c'est ma trilogie préférée. J'incite d'ailleurs à tous ceux qui n'ont pas encore ouvert les livres, de se plonger entre les pages. Je fais de mon mieux pour encourager leur lecture : Avez-vous un dernier argument que je pourrai proposer aux potentiels futurs lecteurs ? ;-)

Est-ce que vous avez été surpris par le succès de certains de vos écrits, comme si vous ne l'attendiez pas si fortement ? Quel rapport entretenez-vous avec vos fans ? 

GG Kay :

It is not really my own ‘style’ to argue for readers to read any of my books! I prefer passionate readers (like you!) to do that for me. Word-of-mouth is still the best way for books to succeed (that often happens on the Internet now, of course.) Fionavar was my ‘statement’ in traditional high fantasy. I didn’t want to keep doing the same thing over and over, so I moved after that towards books more inspired by history. So for readers with a deep love of ‘pure’ fantasy, that is the book of mine they seem to most love. Those with a pull towards history with a touch of the fantastic might be drawn more to some of the later titles. The relationship between a reader and author involves two people!

I don’t think any writer can ‘expect’ success. The biggest gift my readers around the world have given me over the years is the luxury of being able to take the time to do the books as well as I can. Too many writers are pressured to do a book a year - and that will almost always be a negative pressure, risking the work, reducing quality.

Ce n'est pas vraiment mon style d'inciter les lecteurs à lire mes livres ! Je préfère les lecteurs passionnés (comme vous!) qui le font pour moi. Le bouche à oreille reste la meilleure façon pour un livre d'avoir du succès (c'est ce qui se passe maintenant sur internet bien sur). Fionavar était ma "déclaration" à la fantasy traditionnelle. Mais je ne voulais pas faire la même chose encore et encore, aussi je me suis dirigé vers des livres plus inspirés par l'Histoire. C'est pourquoi mes lecteurs qui adorent la fantasy "pure" préfèreront celui là. Ceux qui sont attirés par l'Histoire avec une touche de fantastique iront vers mes titres plus récents. La relation entre un lecteur et un auteur est vraiment une histoire entre deux personnes.

Je ne pense pas qu'aucun écrivain puisse "espérer" avoir du succès. Le plus grand cadeau que mes lecteurs partout dans le monde ont pu me faire c'est de me donner au fil des années le luxe de pouvoir prendre mon temps pour écrire mes livres comme je l'entends. Trop d'écrivains sont obligés de faire un roman par an, et cela devient toujours une pression négative sur le travail, réduisant la qualité.


La suite de cette ITV se passe par ICI

La biblio de Guy Gavriel KAY



Le mois de septembre, plus exactement du 7 au 30 septembre, Bookenstock se consacre aux propos de ce grand auteur canadien qu'est GG Kay. Grande première pour nous les Vénérables, qui accueillons donc un auteur que nous n'avons encore jamais lu ! Seule sa réputation nous a fait accepter ce "contrat"... Le sieur Kay est-il joueur (après tout, on pourrait ne pas aimer sa prose !), taquin, boring ??? Et bien, nous allons le découvrir ensemble n'est-ce-pas !  Si j'ai dit boring plutôt que barbant, c'est aussi pour annoncer que notre invité est anglophone... on aurait pu tomber sur un canadien francophone, et bien c'est raté !

A priori rien ne devrait changer dans le déroulement. Nous aurons juste une interface avec un traducteur, mais cela se passera en coulisses, vous savez, nos couloirs sombres et moroses dont parlent souvent nos invités :))


Voici donc le logo officiel de ce mois2





Et maintenant, trève de blablas, place à la biblio du GG, que je vais classer grosso modo de façon chronologique en fonction des dates de sortie des éditions VF.



La Tapisserie de Fionavar (1994-1995)




La Chanson d'Arbonne (1997)





Tigane (1998)





Les Lions d'Al-Rassan (1999)





La mosaïque de Sarance (2001)






Le Dernier Rayon du soleil (2005)





Les chevaux célestes/Sous le ciel (2012)





Le Fleuve des étoiles (2014)





Et enfin, Ysabel ( 2007, puis septembre 2015)