jeudi 5 mai 2016

Les sorties Folio SF de mai 2016




Mai 2016




Paul CARTA
 La quête du prince boiteux


Chroniques d'au-delà du Seuil, I

couverture de Pierre Droal.




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Bernard SIMONAY 

La Terre des Morts

Les enfants de l'Atlantide, IV



couverture d'Alain Brion



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Jo WALTON
 Morwenna


Traduit de l’anglais (pays de Galles) par Luc Carissimo

Prix Hugo
Prix Nebula
British Fantasy Award

couverture de  Sam Van Olffen


Pour info Jo Walton sera présente au festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo, du 14 au 16 mai.

mercredi 4 mai 2016

Concours Estelle Faye : The results




Quand je vous disais qu'on n'est pas à l'abri d'un coup de bol !

GILWEN qui a gagné le Tome 3 de La voie des Oracles 



et

SYSTIA, ROZ et GRIBOUILLE LE CHAT  une affiche peuvent témoigner !




Bravo les filles, j'envoie vos coordonnées de suite.

Quant aux autres, merci d'avoir participé. 
Une autre fois, sans doute !



mardi 3 mai 2016

THE SCORPION RULES de Erin Bow





Éditions Lumen
408 pages
15 euros


Le pitch :


La première règle, pour éviter la guerre ? En faire une affaire personnelle… Très personnelle.


Duchesse de Halifax, princesse de la Confédération panpolaire, mais surtout… otage. Je m’appelle Greta Stuart, et ma vie ne tient qu’à un fil. Il y a quatre cents ans, une série de terribles conflits liés au changement climatique a ravagé la planète : guerres, famines, inondations, exodes… Débordées, les autorités ont fait appel à une intelligence artificielle omnisciente pour tenter de mettre un terme au massacre. Mais Talis – c’est son nom – a vite pris son indépendance et le contrôle du monde. Désormais, il garde en otages les fils et filles des grands dirigeants de la planète. À la première déclaration de guerre, les héritiers des deux camps concernés sont froidement exécutés.

Il me reste seize mois à tenir, seize mois avant d’avoir dix-huit ans et de pouvoir quitter le Préceptorat où je suis prisonnière depuis l’âge de cinq ans. Mais l’arrivée d’un nouveau pensionnaire, venu du pays voisin du mien, va tout changer. Elián, qui ne cesse de défier Talis, de mépriser les règles qui régissent notre existence, met nos vies à tous en danger. Malgré tout, son esprit de révolte est contagieux. La résistance serait-elle possible ? Car nous le savons tous : le pays natal d’Elián va forcément finir par déclarer la guerre au mien…



L'avis de Dup :

Il y a à peu près 400 ans, une troisième guerre mondiale a bien failli exterminer l'humanité sur notre terre. Les exemples fournis par l'Histoire ne suffisent donc pas à l'homme. Pour pallier à cette véritable tare humaine, une solution a été trouvée. On a donné à la plus évoluée des intelligences artificielles jamais créée par l'homme, la mission d'empêcher qu'un tel scénario puisse à nouveau se reproduire. Cette I.A., c'est Talis. Et Talis ne va pas faire dans la dentelle... Elle va d'abord prendre possession de tous les types d'armements, contrôler tous les moyens de communication et de surveillance, éradiquer au hasard quelques centaines de villes où mégalopoles histoire de montrer qui commande, puis organiser la suite pour noyer dans l'oeuf tout conflit. Et pour ce faire, Talis va créer des Préceptorats : des sortes d'orphelinats où il va éduquer (endoctriner) et surveiller tous les enfants des dirigeants de ce monde. Si un conflit survient, et bien les enfants-otages sont exécutés ! 

Avouez que l'idée de base de cette dystopie est vraiment originale ! Et je dois dire que mon enthousiasme au début de cette lecture était réel. Mais hélas il n'a pas duré, et plus j'avançais et moins j'étais convaincue par les solutions proposées par l'auteur. Il faut dire aussi que je n'ai pas adhéré du tout aux personnages, ce groupe d'adolescents que l'on va suivre, et plus particulièrement Greta la narratrice. 

Greta Gustafsen Stuart, duchesse de Halifax, princesse héritière de la Confédération Panpolaire. Une gamine de 16 ans, aux capacités intellectuelles très développées, mais qui a toujours muselé ses sentiments. Elle est froide et roide, persuadée que c'est son rôle, elle est princesse après tout... L'équilibre installé au sein de la classe studieuse de Greta va être bouleversé par l'arrivée d'Elián. Nouvel otage, petit-fils du général  gouvernant un pays voisin de celui de Greta, mais surtout menaçant la fragile paix... et donc l'avenir de ces deux ados. Elián est l'ado rebelle type, il sera maté dès son arrivée à coup de décharges électriques. Car oui, j'ai oublié de préciser, dans ces Préceptorats ils sont encadrés uniquement par des robots. Des robots-professeurs, des robots-surveillants énormes en forme de scorpions, des robots-surveillants miniatures en forme d'araignées etc. 

Ce mode de répression, cette violence gratuite, cette surveillance constante, cette soumission des gamins me hérissaient. On va également avoir droit bien sûr à une petite romance peu creusée et fort nunuche qui n'apporte strictement rien à l'histoire. Autre détail qui me chagrinait,  c'est le décalage qui existait entre un monde résolument futuriste, et le mode de vie complètement grégaire imposé dans ces Préceptorats. Les enfants étudient, mais aussi jardinent et élèvent des animaux pour leur subsistance car ils doivent être entièrement autonomes. L'élevage de moutons fournira quand même quelques scènes truculentes ceci dit.

Mais là où j'ai complètement décroché, c'est lorsque l'auteur met en scène Talis. Cette I.A. emprunte le corps récepteur d'un humain et arrive au Préceptorat suite à un événement-coup de théâtre très bien amené et que je tairai donc. La personnalité de Talis m'a semblé complètement surfaite, mal adaptée. Comme si on avait à faire à un grand psychopathe mégalomane. Ses discours, ses décisions, ses blagues pourries voire graveleuses m'ont hérissé le poil et j'avoue avoir eu bien du mal à finir mon roman. 

Quant à la fin, la décision de Greta me semble tomber comme un cheveu sur la soupe ! Je sais donc que je ne serai pas au rendez-vous pour la suite de ce diptyque. C'est la première fois que je suis  déçue par une production Lumen et cela m'attriste grandement, d'autant qu'il y avait là une dystopie à fort potentiel . L'idée de base est énorme, mais le traitement qu'en a fait l'auteur et l'orientation que prend le récit ne m'a absolument pas convaincue. Les avis semblant vraiment partagés, je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre opinion.




lundi 2 mai 2016

LES MYSTÈRES DE LARISPEM de Lucie Pierrat-Pajot




Les Mystères de Larispem
Tome 1
Le sang jamais n'oublie 



Illustré par Donatien Mary 
Editions Gallimard Jeunesse
272 pages
16 euros
sortie le 08 avril 2016







Larispem, 1899. 
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d'un régime populiste, trois destins se croisent... Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l'ombre d'une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution?

Maraudeuses, sabotages d'automates, livre indéchiffrable: au fil des ruelles de Paris se dessine un monde rétrofuturiste captivant. Un premier tome qui révèle le talent d'un nouvel auteur.


Livre gagnant de la deuxième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL.


L'avis de Lookapuche :) :


Le louchebem ou argot des bouchers, part du principe suivant: on remplace la première lettre du mot par un L, on met cette première lettre à la fin du mot et on rajoute une terminaison libre, en -em, -uche, -ji,-oc etc ...
Ainsi louchebem, signifie tout simplement "boucher". Cet argot existe en "vrai" et l'auteur l'a intégré à son roman.

Bookenstock deviendrait donc Lookenstockbem ou Lookenstockbuche ...quelque chose de ce genre. Fun non ?

Je vous laisse donc cogiter (pas trop longtemps quand même) sur la signification de Larispem ...

L'action se situe donc à Larispem, dans une réalité alternative. Dans cette réalité, la révolution de 1870 a été un succès, les révolutionnaires ont pris le pouvoir. Les nobles et le clergé ont été soit bannis de la ville, soit tués. En ce qui concerne les nobles, ils ont eu en fait le choix de rester mais ils devaient renoncer à leurs richesses et vivre comme tout le monde. Dans cet univers, Larispem est devenue une cité état et la France est un pays étranger avec lequel la cité a des relations commerciales. Les habitants de Larispem, sont tous égaux. Tous se tutoient, tous ont les mêmes droits. Le ville est dirigée par "les trois", des héros de la révolution. Jules Verne y est devenu une sorte de mentor dirigeant, auteur et inventeur, ses idées techniques de génie étant mises en oeuvre.

Dans ce monde, nous suivons une apprentie louchebem, Carmine, une apprentie mécanicienne, Liberté et Nathanaël l'orphelin qui va bientôt "être mis sur le marché". En effet, les orphelins reçoivent une éducation sévère et approfondie jusqu'à l'âge de 15 ans, puis ils sont mis sur le marché du travail pour obtenir un apprentissage. De la vie, Nathanaël ne connait que l'orphelinat duquel il n'est que très rarement sorti.
Liberté et Carmine, elles vivent en ville. Liberté y est arrivé il y a six mois, fuyant une mère trop étouffante. Elle vit dans un foyer et elle est un petit génie de la mécanique. Son patron est content d'elle, elle est capable de quasiment tout réparer et c'est important pour une entreprise qui gère la plupart des automatons de réclame de la ville. 
Ha oui, j'ai un peu oublié de vous le dire ...cette réalité alternative est un monde steampunk. Les automatons sont des sortes de robots/automates qui servent à délivrer des messages publicitaires oraux enregistrés sur des cylindres. Ils sont sur les trottoirs ou volants. Liberté excelle à les réparer, c'est toute sa vie, par ailleurs assez tristouille. Jeune fille un peu rondelette, elle est assez solitaire et sa seule connaissance c'est Carmine avec qui elle commet parfois de petits larcins pour gagner quelques taureaux ...
Carmine, apprentie bouchère pardon louchebem, se promène en permanence, comme tous ceux de sa corporation, avec ses trois couteaux autour de la taille. Elle n'a peur de rien, elle n' a pas la langue dans la poche et elle adore son métier. Il faut dire que les louchebems sont très bien vus, et malgré un travail difficile, ils mènent plutôt la belle vie.

Le décor est planté. Une ville, Larispem, trois jeune héros Nathanël d'un côté, Carmine et Liberté de l'autre. Leur vie est réglée comme du papier à musique et la ville tourne rond. Mais ce serait oublier les frères de sang. "Le sang jamais n'oublie ", telle est leur devise. Le sang, celui des anciens nobles et dirigeants. Ce sang qui coule dans leurs veines et qui n'est pas encore éteint. Loin de là même puisque des rumeurs leur prêtent même des pouvoirs maléfiques. Mythe ou réalité ? 

Histoire alternative, steampunk, héros incroyablement attachants, ville superbement imaginée, autant vous dire tout de suite que ce roman est une belle réussite. Y rencontrer Jules Verne rajoute une touche de magie. Certains pourront reprocher qu'il ne se passe pas grand chose dans ce premier tome et ils auront raison, car c'est clairement un tome de mise en situation. Mais quelle introduction ! On se promène dans ce Paris alternatif (oops j'ai lâché le morceau :)) avec un plaisir immense. Visiter la tour Jules Verne est un morceau de choix. Rien que ça en justifie la lecture. Suivre les trois jeunes héros est là aussi un plaisir renouvelé. Ils sont incroyablement réussis, on s'y attache et il me tarde déjà de les retrouver. 
De plus, l'auteur a tout mis en place, les tas de possibilités, des "chemins" qui vont converger (ou pas), un jeu qui va se mettre en route dans la ville. Bref, le potentiel du récit est immense et on sent la montée en puissance de l'histoire.

Un premier tome de mise en bouche, dans lequel le lecteur de promène avec délice. Il me tarde déjà d'en lire la suite. Je suis époustouflée par la qualité du récit, l’ambiance générale du roman et l'empathie ressentie pour les jeunes héros. Coup de coeur vous croyez ? Non, immense coup de coeur, ce serait plus réaliste ! 


PS: J'ai oublié de préciser que chaque chapitre est illustré par Donatien Mary et c'est du plus bel effet.