mardi 21 novembre 2017

SOL, LES RÉFUGIÉS DU FROID de Sylvie Kaufhold




Editions du 38

248 pages
16 euros (version papier)
5.99 euros (version électronique)



De dangereux changements climatiques ont profondément modifié la vie des habitants de l’Intérieur. Au cœur de l’hiver permanent, seule la cité bulle de Sol détient le secret de l’éternel printemps. Elle réserve cet incroyable privilège à une population d’élus, descendants des premiers bâtisseurs. Mais tout manquement aux règles édictées par les conseillers et les prêtres conduit au bannissement. Et la première règle est d’ignorer les souffrances des exclus, de ceux qui, exilés des territoires glacés, sont condamnés à choisir entre la mort par le froid ou le supplice des mines de pierre noire.



Au sein de la cité comme dans les rangs des exclus, la colère gronde. Marqué par la mort des siens, Inok n’a plus rien à perdre. Il décide de tout faire pour percer le secret du printemps et détruire l’ordre établi par les maîtres de Sol.










Dans le monde de Sylvie Kaufhold, il y a les élus ... et les autres. Les élus vivent à Sol, une cité bulle qui protège ses habitants de l'hiver éternel qui règne au dehors. Cet hiver est arrivé il y a quelques temps et s'installe de plus en plus. La nourriture devient rare et le froid est constant. Cette cité a été construite pour protéger quelques privilégiés, et le secret de son fonctionnement est bien gardé. Évidemment, les "autres", ceux qui n'ont pas accès à Sol, essayent malgré tout d'y entrer, du moins de s'en approcher car la vie dans les villages est devenue impossible. Ils sont bien évidemment refoulés, mais on leur propose un travail dans les mines en échange d'un taudis et de mauvaise nourriture. Ce travail est non seulement épuisant mais aussi dangereux et la plupart n'y survive pas longtemps.Leurs gardiens sont des géants qui résistent au froid, les Arks. Ils ne sont pas vraiment méchants, mais font leur boulot, sans se préoccuper des humains qu'ils ont sous leur surveillance. 

Inok et sa famille font partie de ces villageois qui voient en Sol un refuge. Comme tous les autres ils se retrouvent parqués dans des bidonvilles glaciaux, à peine nourris et travaillant comme des forçats. Petit à petit toute la famille dépérit et clairement il ne leur reste que peu de temps à vivre. Alors le père d'Inok va faire jouer le peu de relations qu'il a pour essayer de sauver son fils et le faire rentrer clandestinement dans Sol. Inok accepte le coeur brisé, car il sait qu'il ne reverra jamais sa famille, mais la flamme de la rébellion s'ancre en lui.

A l'instar d'Allia, Sylvie Kaufhold imprègne son récit d'humanisme et d'écologie. On sent que ce sont des points qui lui tiennent vraiment à coeur. Pour être honnête, j'ai même eu un peu peur en lisant les premières pages du roman, car je trouvais ces préoccupations trop présentes. Souvenez-vous que je lis par pur plaisir et pour me changer les idées, alors je n'avais pas envie de me plonger dans un roman "militant". Mais cette impression a bien vite disparu au profit du récit lui-même, car Inok et ses compagnons sont terriblement attachants. Dès lors, on suit leurs progressions avec intérêt. Inok fait évidemment de belles, et de moins belles rencontres, et il va trouver des alliés parfois surprenants ... même très surprenants. Le monde décrit par l'auteur est crédible et inquiétant. C'est un joli roman à lire pour le plaisir, mais qui est aussi une sorte de fable pleine de morale.

De l'humanisme, de l'écologie sous le couvert d'un récit plein de suspense et d'action, le tout servi par des héros très attachants. Voilà un joli moment de lecture !




lundi 20 novembre 2017

LA FILLE QUI AVAIT BU LA LUNE de Kelly Barnhill





Éditions Anne Carrière
368 pages
20 euros


4ème de couv

Chaque année, les habitants du Protectorat abandonnent un bébé en sacrifice à la redoutée sorcière des bois. Ils espèrent ainsi détourner sa colère de leur ville prospère. Chaque année, Xan, la sorcière des bois, se voit contrainte de sauver un bébé que les fous du Protectorat abandonnent sans qu’elle ait jamais compris pourquoi. Elle s’emploie à faire adopter ces enfants par des familles accueillantes dans les royaumes voisins. Mais cette année, le bébé en question est différent des autres : la petite a un lien étrange avec la lune et un potentiel magique sans précédent. Contre son gré, Xan se voit obligée de la ramener chez elle et de persuader ses amis réticents d’élever cette enfant pas comme les autres. Ils la baptiseront Luna et ne tarderont pas à en devenir gâteux. Xan a trouvé comment contenir la magie qui grandit à l’intérieur de la petite, mais bientôt approche son treizième anniversaire, et ses pouvoirs vont se révéler…








Voici un roman présent dans les parutions chez Anne Carrière qui m'a interpellé  aussi bien par son titre qui m'évoquait un joli conte d'enfance que pour sa couverture qui m'enchantait : la lune, la gamine, le dragon miniature multicolore et la farandole d'oiseaux de papier. Ce fut une sacrée bonne pioche car à l'image de la couverture, le texte m'a lui aussi enchanté. On y retrouve d'ailleurs tous les éléments présentés sur l'illustration.

Un petit village coincé entre un marécage fertile et une forêt dangereuse. Dans cette forêt, les animaux sauvages sont des prédateurs qui n'arrivent pas à la cheville de certains monstres et surtout de la sorcière qui y vit. Une seule route la traverse et cette route est surveillée, protégée par les membres du Protectorat. L'exploitation du marais par les villageois dépend donc entièrement d'eux. Pour obtenir la clémence de la sorcière, chaque année le Protectorat sacrifie le dernier né du village en l'abandonnant dans la forêt. Antain, novice promis à l'ordre ne supporte plus cette mise à mort.

De son côté Xan, la vieille sorcière, ne comprend toujours pas pourquoi ces hommes abandonnent ainsi à date fixe un nouveau-né. Mais qu'importe, malgré son âge avancé, elle se fait un point d'honneur à être là, pas loin, afin de soustraire les bébés aux bêtes sauvages. Puis elle traverse la forêt et les place dans des familles d'autres villages où ces "enfants lumières" sont élevés et aimés comme il se doit.

Seulement avec la dernière en date Xan a fait une erreur. En voulant la nourrir avec la lumière des étoiles, celle ci s'est en fait gavée de lumière de lune qui était alors pleine, se chargeant ainsi d'une grande quantité de magie. Xan ne peut plus la confier, il faut qu'elle la surveille puis lui apprenne la magie.

Baptisée Luna, l'enfant va grandir auprès de Xan, du vieux Glerk le monstre des marais, qui malgré sa taille, ses quatre ou six paires de bras et son immense queue, a tout du papy gâteau, et poète à ses heures. Mais aussi de Fyrian, un dragon qui avait oublié de grandir. Un dragonus minusculus qui se croyait enormus. Ce récit qui démarre comme un conte enfantin va se complexifier et s'enrichir au fil des pages pour devenir un roman féerique et envoûtant qui s'adresse à tous les âges.

Je suis tombée sous le charme de cet univers créé par Kelly Barnhill. Le côté très sombre de ce village qui ploie de tristesse sous la fatalité, le côté cynique de ses dirigeants. Et l'autre versant, solaire, lumineux, autour de Luna et ceux qui l'entourent. Le trait d'union entre ces mondes si différents se fera par l'intermédiaire de la folie de la mère de Luna, incarcérée et surnommée La démente depuis qu'on lui a arraché son enfant. Depuis elle a des visions, des pouvoirs très spéciaux...

J'ai adoré découvrir cette histoire, j'ai aimé ces personnages loufoques autour de Luna, leur bonhomie, leur humour et tout l'amour qu'ils s'offrent. Et comme tout bon conte qui véhicule une morale, celui-ci n'en est pas exempt, de plusieurs même que je vous laisse découvrir. À votre tour laissez vous envoûter par ce roman, je vous promets une magnifique parenthèse dans ce monde de brutes.


vendredi 17 novembre 2017

LA MAGIE DE PARIS Tome 1 d'Olivier GAY

La magie de Paris

 T1 : Le coeur et le sabre





Editions Castelmore
sortie: 18/10/217
320 pages
14.90 euros




Chloé est élève en classe de seconde et pratique l’escrime en loisir depuis son enfance. Un jour, elle assiste dans le gymnase au combat à l’épée entre Thomas, un élève d’une autre classe qu’elle connaît à peine, et une sorte de démon. La jeune fille tente d'intervenir mais se fait gravement blesser et perd connaissance. Lorsqu’elle se réveille, la créature est morte. Thomas lui explique alors qu’il est un mage, et qu’en tant que tel sa mission est de repérer et fermer les failles vers le monde des démons. En s’interposant, Chloé s’est liée à lui ; elle devra désormais combattre les démons à ses côtés…







Chloé est une jeune ado presque comme les autres. "Presque", l'adverbe qui fait toute la différence. Chloé est grande, trop grande avec ses 1m83 à 16 ans et son côté un peu massif.  Ses "gentils" camarades de classe l'ont surnommée "Le Tank". Sympa ...
Chloé doit vivre avec ces "défauts" et ce n'est pas toujours facile. Elle est un peu solitaire par la force des choses, enfin pas tout à fait car elle a deux bonnes copines: Nour et Célia. Si elle se considère comme solitaire, c'est surtout parce qu'elle n'a pas de petit ami. Avec elle le mot "petit" ami prendrait toute sa signification ... Et les garçons préfèrent éviter le Tank. Elle est trop grande trop forte ...
Mais Chloé a une passion qui lui fait oublier tout: l'escrime. Là, son "envergure" lui donne l'avantage. Et pendant que les autres vont conter fleurette au cinéma ou au MacDo, Chloé elle s'entraîne ! Elle bosse dur et ça marche. Elle est qualifiée pour les championnat régionaux. 

Thomas, lui est le petit nouveau. Il vient d'arriver dans le lycée depuis peu, dans la classe de Chloé. C'est un solitaire, il ne parle à personne et son look de poète déchiré n'attire pas les foules.

Un soir, alors que Chloé traîne au gymnase pour s'entraîner après que tous les autres soient partis, Elle entend une course et Thomas rentre en trombe. Il est poursuivi par une "chose" (Chloé apprendra après qu'il s'agissait d'une goule) et cette "chose" attaque Thomas au sabre. Chloé va s'en mêler à ses risques et périls et se faire gravement blesser. Pour la sauver Thomas n'a pas d'autre choix que de réaliser un sort qu'il n'est pas supposé faire avant ses 18 ans: lier Chloé à lui.

Chloé devient donc le "chevalier" de Thomas. Elle va devoir le défendre contre tous les dangers. Pour ça, elle acquiert des capacités physiques hors du commun.

Le problème c'est que Chloé ne comprend rien à ce qui se passe et surtout que Thomas ne prend pas la peine de s'expliquer. Il semblerait qu'il soit un mage et de fait elle y croit puisqu'il l'a sauvée, mais à part ça elle ne sait pas grand chose. Et ce n'est pas faute de demander !

Le récit se déroule à partir de la rencontre de Thomas et Chloé. Thomas est vraiment mystérieux, et même si on croise certaines personnes de sa "secte" de mages, dont le chef terrible et redouté Mickaël ou un autre chevalier du nom de David qui, il faut le reconnaître, fait un peu craquer Chloé, on ne sait pas grand chose de lui ou des siens. 
Chloé va passer tout le temps de ce tome à poser des questions pour obtenir de vagues réponses, loin d'être suffisantes.

Moi je vous le dis tout de suite j'ai complètement craqué pour ce roman. Chloé, la grande fille costaude et du coup immortelle ou presque, est pleine de douceur, d'indécision, d'hésitations, bref elle est totalement mal dans sa peau. Thomas est mystérieux à souhait mais juste ce qu'il faut pour titiller le lecteur. 

L'action se situe à Paris mais pourrait tout aussi bien se passer ailleurs (enfin sauf la scène finale à la Tour Eiffel, la grande scène, oui bon donc il faut que ça se passe à Paris ! ).

Les protagonistes sont à la fois attachants et/ou mystérieux. Le récit ne donne pas de répit au lecteur, mais ce qui est grandiose ce sont les dernières pages. Pas de cliffhanger de ouf, non..enfin si, mais surtout une révélation qui vous cloue sur votre siège. Personnellement, j'en ai eu les larmes aux yeux et si je veux absolument lire la suite ce n'est pas parce qu'un des perso a posé le pied sur une mine et qu'on se demande s'il va survivre non. Mais parce qu'on s'est tellement attaché aux héros que leurs destins nous importent plus que tout. Et on sent que ça ne va pas être simple, loin de là. Pour un roman jeunesse, c'est même dur. Mais bon, j'ai un coeur d'artichaut !

Bref, énorme coup de coeur pour ce premier tome de La magie de Paris. Il me tarde déjà d'en lire la suite. Et si Olivier Gay m'avait un peu déçue avec son précédant jeunesse, Faux frère, vrai secret, pour celui-ci par contre il a placé la barre très très haut. Je crois bien que c'est encore meilleur que Le noir est ma couleur. Si, si, lisez le et vous verrez!


jeudi 16 novembre 2017

GRISHA de Leigh Bardugo (Dup)





Éditions Milan
340 pages
15,90 euros


Résumé :


Orpheline, Alina ne peut compter que sur elle-même. Quand l'armée la recrute pour une expédition dans la Nappe d'ombre, un brouillard maléfique qui déchire le royaume, la jeune fille s'attend à y laisser sa peau... Les rares survivants des précédents raids racontent que des monstres s'y repaissent de chair humaine ! Seul Grisha, puissants magiciens, sont à même de lutter contre cette malédiction. Et si cette épreuve révélait aux yeux de tous la véritable nature d'Alina ?








Après la lecture de Six of Crows cet été, replonger dans le monde de Leigh Bardugo fut un véritable plaisir. Retrouver les Grishas, la magie qui leur confère des pouvoirs fabuleux aussi, encore plus que dans le diptyque précédent car ici nous sommes plongés directement à Ravka et non à Kerch.

Cependant c'est Alina que nous suivons, une orpheline de guerre placée dans la Première armée, car il faut bien qu'elle serve. Elle est apprentie cartographe, très médiocre d'ailleurs mais elle s'en moque, cela lui permet de suivre de près Mal son ami de toujours qui lui est traqueur. Et un bon, qui plus est. Et Alina a peur, malgré la présence de la Seconde armée constituée de Grishas, car ils s'apprêtent à traverser la Nappe de brouillard.

En effet la Ravka est fracturée en deux par une zone de ténèbres, le Shadow Fold, qui a englouti toute forme de vie sur son passage, si ce n'est d'immondes volcras qui y règnent en maîtres et dévorent tout être vivant. Dès la première attaque d'un volcra la terreur immense qui s'empare d'Alina déclenche en elle un pouvoir qu'elle ignorait posséder jusque là, elle inonde les ténèbres de lumière faisant fuir toutes ces sales bêtes et s'évanouit. Mais elle a retenu l'attention de tous les Grishas et surtout du plus puissant d'entre eux qui était présent : le Darkling. 

Alina va être immédiatement arrachée à l'armée, à Mal, et ramenée séance tenante à la capitale Os Alta où siège le Darkling et le centre de formation des Grishas. En effet, son pouvoir unique s'avère le seul à même de lutter contre le Shadow Fold : elle est l'invocatrice de lumière mais doit apprendre à le maîtriser.

Commence alors un tourbillon d'activités nouvelles pour notre apprentie cartographe, dans un environnement luxueux qu'elle n'aurait pu imaginer, même en rêve. Elle est sous l'emprise de l'énigmatique mais néanmoins charismatique Darkling, secouée par l'acariâtre et vieille magicienne Bagrha, malmenée par Botkin le maître d'arme, jalousée par les autres élèves Grishas. 

J'ai bien aimé ce découpage très cartésien de la magie qui habite les Grishas. Leigh Bardugo offre peu d'explications, juste un tableau en début d'ouvrage, puis nous découvrons les différents types de magiciens au fur et à mesure du récit. Ceci peut être ardu pour le novice en "bardugisme", mais après un stage intensif via Six of Crows, j'étais au taquet !

J'ai adoré tous ces personnages et particulièrement Alina qui sera passionnante dans son évolution. Elle connait ses limites, et surtout va s'avérer bien moins naïve que je ne le pensais. Elle souffre de l'absence de Mal, de la solitude malgré la foule de Grishas qui l'entoure. Son impertinence et sa spontanéité m'ont ravie. Le côté sombre et énigmatique du Darkling est passionnant également, il est entouré d'un voile de dangers et de mystères. Quant à Mal, il est bien en retrait dans cet opus, difficile donc de le cerner d'autant que c'est un taiseux. Il me fait l'effet d'un roc cependant.

L'auteur propose avec Grisha une fantasy fortement inspirée des pays soviétiques par le jeu des noms propres, qu'ils soient de villes ou de régions comme la Tsiberyie, par la description des lieux, des paysages, des palais. Par les coutumes des habitants également. Laissez vous séduire par cette fantasy pas comme les autres. Leigh Bardugo a une écriture fluide et agréable qui nous entraîne dans son histoire très prenante. Et même si ce Grisha s'inscrit comme le tome 1 d'une série, il peut très bien se lire comme un one-shot, fait suffisamment rare pour le signaler. Sans cliffhanger qui tue, je piaffe quand même pour lire la suite !!!





mardi 14 novembre 2017

LES HAUT CONTEURS-ORIGINES de Patrick Mc Spare et Olivier Peru


Les Haut Conteurs Origines

 – Le songe maudit -
De Patrick Mc Spare
Illustration d'Oliver Peru

Editions Scrinéo
Sortie: 12/10/2017
304 pages
16.90 euros




Mathilde a seize ans et son apprentissage de Haut-Conteuse s’achève. Elle est alors confrontée à un premier drame : deux Haut-Conteurs ont été assassinés par l’un des leurs.

La jeune femme et son professeur, Corwyn le Flamboyant, sont bien résolus à arrêter l’assassin. Mais le témoignage d’un pèlerin les envoie bientôt jusqu’à Bagdad où dormiraient les secrets du Livre des Peurs, un ouvrage mystique, et de l’Ordre Pourpre, la caste des Haut-Conteurs.

Entre oasis hantée et ziggourat spectrale, cette quête se révèle plus dangereuse que prévu. Mathilde saura-t-elle entendre l’incroyable vérité ?

Son destin de Haut-Conteuse est en marche…






Ce que j'ai trouvé vraiment fabuleux (au sens premier du terme), c'est qu'en quelques pages, et même en quelques mots, le lecteur se retrouve immédiatement plongé dans le monde des Haut Conteurs. Le phrasé ? Le vocabulaire ? L'atmosphère ? La magie de l'auteur ? Je ne saurais dire précisément la raison, mais toujours est-il qu'instantanément le lecteur est projeté dans l'univers de Patrick McSpare et retrouve avec délice tout le charme de la série originale.

Cette fois-ci c'est Mathilde qui est une toute jeune padawan et Corwyn son maître. C'est tellement étonnant de retrouver Mathilde en gamine et Corwyn tout jeune. Mathilde est une élève très douée et si, au début du roman, elle n'a pas encore sa cape pourpre, nul doute qu'elle deviendra une grande conteuse.

A cette époque, Lothar Mots-Dorés est lui aussi tout jeune, mais déjà obnubilé par Le Livre des Peurs. Il commet alors ses premiers méfaits et lorsque l'envie irrépressible de voler deux des pages du livre l'oblige à commettre l'irréparable alors il réalise qu'il n'a plus le choix et qu'il devra porter ce fardeau toute sa vie.

Mathilde, elle, poursuit sa formation et il lui tarde de conter sa première histoire. Alors elle pourra porter le pourpre. Elle en trépigne d'impatience. Mathilde a beaucoup de qualités: intelligence, courage, loyauté ...mais la patience n'est pas celle qui la caractérise le plus. D'où son nom de Haut Conteuse ...

La recherche des pages du livre amène Corwyn et Mathilde jusqu'à Bagdad. Ville fabuleuse. Là, elle fait la connaissance de Salim Le Facétieux, un Haut Conteur lui aussi, habitant la ville. Le Facétieux est un géant et un excellent combattant. Ces trois-là vont aller à la recherche d'Hassan le vent, un chef parmi les ayyârûn, la guilde des assassins de Bagdad. Le quartier mal famé d'Al-Khâtir est bien différent des quartiers chaleureux et des marchés que Mathilde a traversé jusqu'à présent. Va commencer pour elle une aventure hors du commun, pleine de magie et de combats.

Comme je le disais au tout début de cette chronique, c'est un réél bonheur de se replonger dans l'atmosphère des Haut Conteurs. Je ne pensais pas que ce livre produirait un tel effet sur moi. Un peu comme de retrouver de bons amis après une longue absence. Tout revient en tête, une cure de jouvence indéniablement. On se laisse alors porter par le récit, en totale confiance. C'est rassurant, réconfortant, apaisant. Une drôle de sensation en tout cas et c'est très agréable. Suivre Mathilde n'est pas de tout repos, mais quand on a lu la série originale, du coup, on ne s'inquiète pas trop. Pourtant parfois, la pauvre Mathilde passe à quelques cheveux de la mort.

Voilà donc un excellent moment de lecture, une impression chaleureuse de retrouver de vieux amis. Un immense plaisir à suivre à nouveau ces héros de l'ordre pourpre. rencontrer Mathilde et Corwyn tous jeunes est une belle découverte. Un vrai élixir de jouvence que ce roman. On se sent bien en le lisant, mais ce qui est le plus important sans doute c'est que pour ceux qui n'auraient pas encore eu la chance de découvrir les Haut Conteurs, rien n'empêche de commencer par celui-ci. Ce sera une porte d'entrée différente dans cet univers et je suis persuadée que ce sera tout aussi passionnant, c'est même à dessein que je n'en ai pas trop révélé sur la série originale. Bref, que vous soyez fans de la série ou que vous ayiez envie de la découvrir, Origines est fait pour vous.