jeudi 12 janvier 2017

CARNETS NOIRS de Stephen King





 LIVRE AUDIO
Version intégrale

Narrateur(s) Antoine Tomé

Durée 14 h 39 min
Date de publication 13/04/2016


Le pitch :

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s'emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C'est compter sans les mauvais tours du destin... et la perspicacité du détective Bill Hodges.



L'avis de Dup :

Ce nouveau roman de Stephen King est vendu comme étant la suite de Mr Mercedes. Alors oui, soit, on y retrouve les mêmes personnages principaux : Bill Hodges, et Holly qui travaille pour lui maintenant qu'il a lancé son affaire de détective privé, Jérôme et sa soeur Barbara, et même Brady rendu à l'état de légume dans une clinique. Mais Carnets noirs se suffit à lui-même et il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le précédent. 

Trente ans auparavant, Morris Bellamy fan de l'écrivain John Rothstein et furieux de l'arrêt volontaire de ses publications, furieux du sort qu'il a réservé à "Jimmy Gold" le personnage principal dans son dernier roman, entreprend l'impensable : le cambriolage et le meurtre de ce traître d'auteur. Morris repart avec quelques 20 000 dollars et surtout un stock énorme de moleskines, ces fameux carnets en cuir noir remplis des écrits non publiés de Rothstein. Il va enterrer son butin dans une malle, dans un terrain vague pas très loin de chez lui en attendant que l'histoire du meurtre se tasse. Pour fêter sa réussite, il prend une méga cuite. Sauf que l'alcool ne lui réussit pas, il tabasse et viole une femme, se fait serrer et prend perpette...

Quatre ans auparavant, Peter Saubers, treize ans, découvre la malle et décide courageusement de venir en aide à ses parents dont les difficultés financières menacent le couple. Le père de Peter a été grièvement blessé dans l'attentat perpétré par "Mr Mercedes". Tous les mois il enverra une enveloppe avec cinq cent dollars. Peter est également un gamin passionné de littérature, "Jimmy Gold" il connaît, il aime bien d'ailleurs et il va savourer sa lecture des deux inédits de Rothstein couchés sur les moleskines. 

Aujourd'hui, quand l'argent vient à manquer, du haut de ses dix-sept ans, Peter échafaude un plan pour tirer partie de ces carnets. Quant à Morris, il vient d'être remis en liberté surveillée... Stephen King enclenche alors un thriller haletant qui n'a rien à envier aux maîtres du genre. 

Mais Carnets noirs, c'est bien plus qu'un thriller, croyez-moi ! L'auteur se régale à nouveau avec un de ses thèmes de prédilection : le pouvoir de la fiction. Il fait tout du long de ce livre l'équilibriste entre le fan passionné et le fan obsessionnel. La frontière est ténue, parfois fragile... Dieu nous préserve ! Il nous avait déjà régalé sur ce sujet avec Misery qui pour moi est une de ses œuvres majeures (qu'il faudrait que je relise d'ailleurs...), il explore à nouveau cette idée qui ne peut que nous toucher nous autres, boulimique de lecture et fan de plusieurs auteurs...

Je vous livre également un passage qui a beaucoup raisonné en moi, une pensée que l'on a retrouvé souvent au cours de nos «Mois de» lors des discussions avec nos auteurs invités. 
Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier fini par réaliser qu'il est secrétaire, et non pas Dieu. 
Je remercie au passage Gruz qui a livré cette citation sur Babelio et qui m'a ainsi évité la pénible retranscription via l'audio livre. D'ailleurs je vous conseille d'aller lire sa chronique qui est bien plus pointue que la mienne au cas où vous auriez encore quelques doutes sur le fait qu'il faut lire Carnets noirs

Ce roman est flippant comme un bon thriller, il est instructif et divertissant également. On sent que Stephen King lui aussi s'est régalé à écrire cette fiction sur ce thème, et d'ailleurs il le dit dans sa postface. «Toi fidèle lecteur, si tu t'amuses, moi aussi
C'est passionnant aussi, car on y parle beaucoup de littérature américaine, de beaucoup d'auteurs majeurs qu'il apprécie, se permet quelques coups de griffes pour d'autres, et réaliser qu'on est en parfait accord avec les goûts littéraires du maître fait ma foi fort plaisir. 

Quant à parler du fait que ce n'était pas un livre que j'avais dans les mains mais des écouteurs dans les oreilles, mes remarques sont identiques à celles émises sur l'écoute de Mr Mercedes, et pour cause, c'est le même lecteur et il m'a autant escagassé sur les dialogues féminins !... En revanche j'ai repéré dans le catalogue d'Audible, 22/11/63 lu par un lecteur différent. Peut-être me laisserais-je tenter ? Je me tâte quand même, car il fait 36 heures d'écoute tout de même, contre 14-15 jusque-là !

Bref, fan de Stephen King, lisez-le ou écoutez-le, faites comme vous voulez, mais ne passez pas à côté de Carnets noirs. Je vous autorise même à shunter Mr Mercedes qui n'est qu'un thriller pur et dur. Carnets noirs est beaucoup, beaucoup plus que ça. Gros coup de cœur.



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