mardi 3 juin 2014

Interview d'Olivier Gay Tome 2


Le tome 1 est ICI






Depuis que je suis écrivain, tout le monde me demande si je ne m’ennuie pas. « Sérieusement, ça ne te manque pas, le contact, le social ? Je veux dire, tu passes ta journée enfermé chez toi, devant un écran, il y a de quoi devenir neurasthénique ». Oui, beaucoup de gens se soucient de ma santé mentale (je me demande s’il y a un message là-dessous).

Sauf qu’au final, je n’ai jamais eu autant d’interactions. Je rencontre des éditeurs (et donc des directrices de collection*, des éditrices, des attachées de presse, des responsables commerciales, des responsables événementielles, des maquettistes, des illustratrices, des fabricantes…), des représentants, des libraires, des journalistes, des pigistes, des blogueurs, des politiciens, des directeurs de grande surface, des équipes de télé, des organisateurs de festival, des conférenciers, des animateurs, des directeurs d’école, des profs, des bibliothécaires, des responsables de médiathèque, des photographes, des scénaristes, et des alcoolos (pardon, je veux dire : d’autres auteurs).

Surtout, surtout, il y a les lecteurs. C’est super cliché, mais on n’existerait pas si vous n’étiez pas là. On vous croise partout : en vrai sur les salons, dans les librairies, dans les cocktails, dans les dédicaces. En virtuel sur les sites du style Babelio ou Livraddict, sur les blogs, sur les chroniques, sur Facebook ou Twitter.

Et aujourd’hui sur Bookenstock, grâce à Dup et Phooka. 

Alors non, vraiment, je ne m’ennuie pas. J’ai la chance de faire un métier que j’adore, de vivre de ma plume, et de faire des rencontres formidables. Du coup, la moindre des choses, c’est de répondre à vos questions pendant ce Mois de, et avec le sourire en plus. Pas de tabous, lâchez-vous, c’est fait pour ça.




* Les termes seront tous accordés au féminin, d’abord parce que je suis un mec galant, surtout parce qu’il y a une écrasante majorité féminine dans ce métier et que ça me fatiguait d’avance de calculer dans quel cas accorder ou non.


****************************************



Bonjour Olivier,
Un point de ta présentation a plus qu'attiré mon attention : tu arrives à vivre du métier d'écrivain. Il y en a tant qui explique qu'ils ont un métier alimentaire car le métier d'écrivain ne suffit pas, alors comment fais-tu ? Écris-tu d'autres choses que les livres présentés par bookenstock? *en mode totale curieuse*

Olivier :


Hello Mariejuliet,

En effet, c'est très difficile de vivre de sa plume en France - et de plus en plus, hélas. J'ai eu une chance fabuleuse avec mon premier roman, "les talons hauts rapprochent les filles du ciel", qui a obtenu le prix du premier roman policier en 2012, et qui a accédé à la très convoitée liste des best-sellers. Alors d'accord, ce n'était ni Musso ni Levy, mais il a eu assez de succès pour attirer l'attention d'autres maisons et notamment de pérenniser ma série aux éditions du Masque.

A l'époque, je travaillais en cabinet de conseil, et j'ai longtemps hésité avant de franchir le pas (non, en fait, pas du tout, j'ai dit à ma copine "bon, allez, si je quitte mon boulot, ça ne te dérange pas trop ? Non ? Banco alors !". Oui, j'ai une copine formidable). Aujourd'hui, je ne le regrette absolument pas.

J'ai la chance d'écrire très vite et d'avoir beaucoup d'idées, ce qui me permet donc de sortir de nombreux romans. Petit à petit, je commence également à avoir un public, ce qui fait super plaisir (c'est pour ça que la sortie du Noir est ma Couleur me stresse, en sortant un roman jeunesse, je plonge dans un nouveau lectorat ^^).

Pour conclure, il n'y a pas de secret: si tu veux vivre de ton écriture, soit tu écris un best-seller qui te met à l'abri du besoin, soit tu écris de nombreux romans et tu construis petit à petit ton lectorat. Dans les romans policiers par exemple, il y a de nombreux lecteurs qui ne m'ont pas suivi sur le 2 (c'est normal, ils ont acheté le premier sans savoir s'ils allaient aimer ou pas, et on ne peut pas plaire à tout le monde), par contre presque tous les lecteurs du tome 2 ont continué sur le 3, et beaucoup attendent le 4. Et ça, c'est peut-être ce qui peut faire le plus plaisir à un écrivain !




Joyeux-Drille :

Salut, Olivier !
Tes romans noirs mettent en scène le personnage de Fitz, petit dealer noctambule et dragueur. Comment est-il né ? Comment l'as-tu nourri ? De plus, j'ai beaucoup aimé l'ambiance de "les talons hauts rapprochent les filles du ciel", où la nuit est un personnage à part entière et très ambigu. Quelles sont tes inspirations pour recréer cet univers nocturne ? Merci ! :-) 


Olivier :


Hello Joyeux Drille ;)

"Les talons hauts rapprochent les filles du ciel" était mon premier roman, je suis donc allé au plus facile et j'ai créé un personnage qui me ressemblait vaguement à une époque (grande gueule, dragueur, loseur, maladroit, que des qualités finalement !). C'est à la fois un confort et un plaisir de pouvoir se glisser ainsi dans une nouvelle peau. 

De la même manière, je suis beaucoup sorti sur Paris vers 2007-2008 et ça m'a donné un cadre pour l'histoire. A la différence de mes romans de fantasy ou jeunesse, j'ai mis dans mes polars tout un univers réel. Il y a un petit côté entomologiste, finalement, pour faire découvrir les soirées hype à ceux qui ne connaissent pas.

Dans le tome 2, j'ai repris mon bâton de pèlerin pour découvrir le monde du mannequinat, dans le seul but de le décortiquer pour vous. Qui a dit que je ne faisais pas de sacrifices ? ^^


Phooka :

Encore moi ..

Sur FB tu relayes les chroniques de tes livres (et c'est bien normal). A quel point es-tu sensibls aux critiques/chroniques/commentaires?
Es-tu du genre à te jeter dessus la boule au ventre ou as tu beaucoup de recul.
Bref, comment vis-tu ta notoriété et les commentaires sur le net qui vont avec ?

Olivier :


Je suis extrêmement sensible aux retours de tous genres, au point de donner mon adresse mail ou mon facebook aux gens qui achètent des livres en salon. Le travail d'écriture en soi est solitaire, mais le reste appartient aux autres. Je suis donc très attentif aux chroniques, et c'est un plaisir de voir qu'il y a encore de nouveaux lecteurs pour des romans qui ont plus de deux ans, et que l'engouement reste intact.

Lorsqu'un livre sort (comme le Noir est ma Couleur aujourd'hui), je rentre dans un état de panique totale. C'est là que les premiers avis tombent, et je les traque sur internet avec assiduité (certains diraient psychopathie). Il faut dire que c'est un moment particulier, qu'on n'a pas encore de recul, et qu'on se jette dans la fosse aux lions. Du coup, ça nous rassure de voir que les lions ont l'air câlins.

Là, par exemple, j'ai vu tomber une demi-douzaine de critiques pour le Noir est ma Couleur, certains libraires l'ont déjà mis en coup de coeur, donc je commence à respirer un peu. Ça n'empêche que chaque retour a son importance, chaque lecteur sa vision. On ne va pas changer sa façon d'écrire au gré des remarques mais, si tout le monde fait la même remarque, on peut imaginer qu'elle est pertinente !

Enfin, tout auteur s'expose aussi aux mauvaises critiques. On ne peut pas plaire à tout le monde, et il est évident qu'on trouvera au détour d'un blog quelqu'un qui n'aura pas aimé, voire qui aura détesté. Le plus important, c'est de le prendre avec le sourire. Quand on y réfléchit, on a nous aussi des films ou des romans qu'on n'a pas supporté, et dont on a parlé aux gens en termes peu flatteurs. Je déteste le film Drive, par exemple, malgré l'engouement général, et je ne me suis pas privé de le dire. Si ça se trouve, au fin fond de sa piscine californienne, Ryan Gosling en a eu le coeur brisé ;)


À partir du moment où on choisit d'exercer un métier qui a une composante "publique", il faut savoir accepter les commentaires, quels qu'ils soient. Et encore plus quand on se met en avant sur un blog pour un "Mois de" :D




Acr0


Bonjour Olivier !
L'accord du féminin même s'il y a un homme, c'est bien aussi ; Elisabeth Vonarbourg le fait bien ("Chroniques du pays des Mères",0 "Le silence de la cité"). Mais je vois que tu t'es déjà confronté à Cornwall :D
Oh, oh ! Tu écoutes Sexy Sushi, voilà une référence que je n'écoute/ne lis que rarement rapport au fait qu'ils ne sont pas appréciés à leur juste valeur ( ils se définissent eux-mêmes comme "électroclash"). 

En lisant les interventions précédentes, je vois qu'il n'y a aucune surprise alors, à t'annoncer que moi aussi j'ai lu "Le noir est ma couleur" (et le seul de tes livres, pour l'instant). Pourtant, je n'ai pas eu le droit au goodies de la petite araignée écrasée. 
Comment t'es venu l'idée de l'utilisation du spectre pour la magie des Couleurs ? 
Est-ce une idée relativement nouvelle ou figure-t-elle dans un sombre cahier d'idées depuis plusieurs années ?
Et toi, dans quelle couleur te sens-tu le plus à l'aise ? 



Olivier :


Hello Acr0 ! Ravi de croiser une fan de Sexy Sushi, ce n'est pas si fréquent !

Désolé pour l'absence de l'araignée, crois-bien que le service après-vente ena été alerté. Je suis sûr que tu auras une surprise quelque part dans ton tome 2 ;)
Alors, l'idée de la magie des Couleurs remonte à trèèèès longtemps, genre plus de 15 ans, lorsque j'ai commencé à écrire ma première histoire de fantasy. À l'époque, elle se déroulait dans un univers médiéval, avec déjà ce fameux système de Couleurs et les réserves sur la Magie Noire. L'ennui, c'est que j'ai rapidement dépassé les mille pages et qu'à dix-neuf ans, sans expérience ni contact dans l'édition, ça devenait insurmontable. J'ai donc mis ce projet de côté, en me disant que je le ressortirai un jour. Au final, lorsque j'ai commencé à réfléchir à un roman d'Urban Fantasy, l'idée s'est imposée d'elle-même.

Je me rappelle que j'avais été assez influencé par ces histoires de persistance rétinienne. C'est quand même étrange, la manière dont on peut encore voir des silhouettes ou des formes une fois les yeux fermés, en fonction de la luminosité. Je me disais qu'il y avait quelque chose à creuser !

Quant à ma Couleur... hum... j'aime bien le Noir, mais ceux qui me connaissent bien insistent sur le bleu, donc je reste partagé. Ceci dit, en termes de pouvoirs purs, je pense que le Violet est la plus sympa de toutes ;)



Elodie : 

Bonjour Olivier :)

J'ai donc fini "le noir est ma couleur", j'en ressors totalement conquise, et je viens donc vous dire à mon tour quel est mon personnage préféré... (suspens).. Alexandre ! Non non pas à cause de ses yeux magnifiques :p J'ai adoré son humour, sa répartie, son franc parlé. Un jeune homme touchant et agaçant :)

Le tome 2 est prévu pour octobre, et je me languis la suite avec impatience (d'ailleurs le titre est-il déjà choisi?) et me demandais combien de tome étaient prévu pour cette saga? 




Olivier :



Salut Elodie !
Bon, je connais des amis qui vont ricaner en lisant ton commentaire sur les yeux bleus d'Alexandre ^^
Merci beaucoup pour ton retour (bizarrement, plus c'est élogieux, plus ça fait plaisir) et content que le personnage ait su te séduire malgré - ou à cause de - ses remarques cruelles ! 


Le tome 2 sort en effet le 7 octobre et s'appellera "La Menace". Et il y aura sept tomes dans cette saga. Oui, bon, d'accord, ça fait beaucoup, mais je me suis engagé auprès de l'éditeur à en sortir un tous les trois mois. 
Du coup, il n'y aura pas longtemps à attendre, la série devrait se finir fin 2015 !


Mariejuliet  : 

Bonsoir,
Tu (euhhh j'espères que le tu ira), je disais donc, tu as évoqué tes premiers écrits à 15 ans. Je me demandais ce qui t'avait amené à l'écriture. Apparemment la fantasy d'abord puis les polars, comment s'est géré ce changement d'univers ? Navigues-tu toujours entre les deux, ou pas ?
(C'est là aussi que j'avoue que je n'ai lu aucun de tes livres, mais je compte bien prendre le boucher en ebook cet été :-) ) 



Olivier :


Salut Mariejuliet,
Oui, va pour le "tu", ça me suffit de me faire vouvoyer par les classes de lycée ;)
J'ai lu énormément de fantasy quand j'étais jeune, et c'est un genre qui offre des possibilités sans limites. Du coup, j'ai toujours voulu écrire dans ce domaine. Le Boucher et la Servante sont ainsi des rescapés d'un feuilleton que j'avais écrit sur de vieux forums il y a près de dix ans.
Lorsque Le Boucher a été accepté, Thomas Bauduret, qui travaillait à l'époque chez Asgard, m'a suggéré de faire du polar. Je me suis lancé, et mon manuscrit a été pris par le Masque puis présenté au prix du premier roman en 2012.

Du coup, chronologiquement, j'ai écrit le Boucher avant. En termes de publication, c'est "les talons hauts" qui est sorti six mois avant.
Et j'espère bien continuer à écrire dans tous les domaines, avec une série policière, une série fantasy, et une série jeunesse !





Lady K

Bonjour :)

Je prends le train en marche ! Toutes mes questions ont déjà été posées... mais je ne peux m'empêcher de réagir : un livre tous les trois mois ?!?! Comment est-ce possible, par quel miracle... ? Vous ne dormez/mangez/vivez plus ? Ou bien, prévoyant, vous aviez pris de l'avance et quelques tomes sont déjà presque près ?

:) 


Olivier :


Bonjour Lady K,

Non, je n'ai aucun tome d'avance ^^
Par contre, je vis aujourd'hui de mes romans, ce qui me donne un confort évident par rapport à 99% des écrivains français qui doivent cumuler également un travail alimentaire. Ils doivent écrire le soir, ou le week-end, ou pendant les vacances, tandis que j'ai la possibilité d'enchaîner les journées d'écriture de huit ou neuf heures.
Pour le reste, j'ai la chance d'avoir des milliers d'idées (donc beaucoup de foireuses, certes !) et l'envie de les concrétiser, donc j'écris très vite. J'essaie de me tenir à un rythme d'un chapitre par jour en moyenne. C'est aussi une excellente technique pour ne pas se démotiver.
Enfin, je vis en couple, et je cale donc mon rythme sur celui de ma compagne. Si j'étais célibataire, je pense que ce serait impossible: je me décalerais de plus en plus, jusqu'à me réveiller à midi et travailler la nuit.

Donc voilà, pas de secret, juste du boulot (après, le côté sympa, c'est qu'on peut écrire au Jardin du Luxembourg avec un verre dans la main ^^)

RUSH Contrat 2 de Phillip Gwynne






Rush Contrat , Tome 2
Nuit noire



Editions Casterman Jeunesse
218 pages
15 euros


Présentation de l'éditeur:


À peine Dom a-t-il rempli son premier contrat que La Dette se manifeste à nouveau. Et encore une fois, l'épreuve paraît insurmontable : éteindre pendant une heure entière toutes les lumières de Gold Coast le soir de la manifestation écologiste "Une heure pour la planète" qui a lieu... dans moins d'une semaine ! Commence alors une effarante cavalcade contre la montre.





L'avis de Phooka:


Pourquoi bouder son plaisir ? Je me suis régalée avec le tome 1 de cette série jeunesse bien ficelée, alors évidemment je me suis ruée sur ce tome 2.

On y retrouve avec un grand plaisir notre héros, Dom, à peine remis de son aventure précédente. D'ailleurs il n'a même pas le temps de souffler, et encore moins de se réconcilier avec Imogen, que La Dette lui confie une nouvelle mission: éteindre toutes les lumières de Gold Coast pendant une heure pleine de 20h30 à 21h30, le jour de la manifestation écolo "Une heure pour la planète". Un mission difficile quand on est un ado de 15 ans ordinaire. Oui mais Dom n'est pas tout à fait ordinaire. Bien sûr, il n'a pas de supers pouvoirs, mais il n'a pas non plus les deux pieds dans le même sabot et il se lance à corps perdu dans ce défi. Il faut avouer quand même qu'il n'a pas trop le choix, car s'il échoue la sanction est très très lourde ...

218 pages qui se lisent à toute allure et qui défilent toutes seules. Cette série jeunesse est de la pure adrénaline et un énorme plaisir. Le lecteur s'attache de plus en plus à Dom, gosse de riche, mais pas très heureux, ni très malheureux d'ailleurs. Il pourrait avoir la vie facile si sa famille n'avait pas contracté cette "dette" qui lui impose de prendre des risques insensés.

Alors oui parfois, l'auteur choisit parfois un chemin facile (rentrer dans une centrale nucléaire comme le fait Dom par exemple, ben le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'est pas réaliste), mais on s'en fiche. On ne va s’arrêter sur le réalisme de chaque scène. L'important c'est que le récit coule, fluide et une fois embarqué dedans on se laisse happer jusqu'à la fin.

Et puis, petit à petit on a des indices aussi, à travers les gens qui tournent autour de Dom. Des indices sur qui fait quoi. Certains personnages revêtant sans doute plus d'importance qu'on pouvait imaginer au début. On ne sait pas encore précisément ce qui se trame mais nul doute, tout ceci va s'éclaircir au fur et à mesure des tomes. 

Bref, une excellent série jeunesse, pleine de peps, de suspense et d'aventure. J'aurais adoré la lire à 12 ans et ben je m'en fiche parce que je me régale tout autant maintenant. Et toc !

Et vous savez quoi ? J'ai drôlement hâte de lire la suite !

Une autre chronique chez Mycoton

lundi 2 juin 2014

THUNDER de David S. Khara




Éditions Rageot
216 pages
9,90 euros


4 ème de couv :

Trois jours plus tôt, Ilya profitait de vacances paisibles au bord d'une piscine dans une villa de Los Angeles. Dans un monde parfait, il aurait dû se trouver dans un vol à destination de la Suisse pour rejoindre son école privée. Dans un monde parfait, il n'aurait jamais reçu le coup de fil lui annonçant la mort de son père. Dans un monde parfait, il ne devrait pas vivre avec une grand-mère qu'il n'avait jamais vue, dans une ville où il n'avait jamais mis les pieds.
Mais le monde n'était pas parfait...


L'avis de Dup :

Ilya Volochin, 15 ans, excelle un peu dans tous les domaines, mais plus particulière aux échecs et dans la pratique de l'aïkido. C'est donc un ado intelligent et sportif. Issu d'une famille richissime, il aurait tout pour être heureux, sauf que cette fortune l'a rendu terriblement solitaire. Sauf qu'un attentat vient de lui ravir son père. Sauf qu'il doit démarrer une nouvelle vie, dans une nouvelle ville, chez une grand-mère qu'il n'a jamais vue. Cela fait un peu beaucoup, même pour un gamin brillant, mais il accepte sa situation avec stoïcisme. Seulement quand Harry, le chauffeur de sa grand-mère qu'il n'a toujours pas vue, le dépose en costume cravate devant l'Exelsior, son nouveau bahut, et que tous les autres jeunes sont en jeans et baskets, cela fait trop !

Je vous laisse découvrir comment Ilya va gérer tout cela. Comment il va réussir malgré tout à se faire des amis. David Khara ne va pas les ménager, et c'est un vrai plaisir de suivre cette troupe d'ados plus vrais que nature. Ils seront cinq à se serrer les coudes : Ilya et Pad pour la gente masculine, Angela, Jennifer et Carrie du côté des filles. Tous différents aussi bien physiquement que de caractères, avec leurs défauts et leurs qualités. Ils forment un groupe diablement attachant, aux échanges spontanés et aux réparties qui claquent. Les pages défilent sans que l'on s'en rende compte.

Et cerise sur le gâteau, l'univers de Thunder est le même que celui de la trilogie des Projets. Ce roman jeunesse s'emboîte à merveille dans la série pour adulte, et cela contribue à la magie de l'ensemble. J'ai adoré les recoupements avec les aventures de Ethan. Un univers que l'on connait, des personnages attachants, une écriture toujours aussi agréable, que demander de plus ? Un autre ! Et plus long car celui-ci est vraiment trop court !

Un nouveau club des cinq, résolument plus moderne, est né. Il ravira les ados auquel il est destiné, mais aussi leurs parents. Encore plus si ces derniers ont lu la série adulte de l'auteur sur Ethan Morgenstein : Les Projets Bleiberg, Shiro et Morgenstein. En tous cas, moi j'en fais un coup de coeur sans hésitation !


dimanche 1 juin 2014

Interview d'Olivier Gay tome 1









Depuis que je suis écrivain, tout le monde me demande si je ne m’ennuie pas. « Sérieusement, ça ne te manque pas, le contact, le social ? Je veux dire, tu passes ta journée enfermé chez toi, devant un écran, il y a de quoi devenir neurasthénique ». Oui, beaucoup de gens se soucient de ma santé mentale (je me demande s’il y a un message là-dessous).

Sauf qu’au final, je n’ai jamais eu autant d’interactions. Je rencontre des éditeurs (et donc des directrices de collection*, des éditrices, des attachées de presse, des responsables commerciales, des responsables événementielles, des maquettistes, des illustratrices, des fabricantes…), des représentants, des libraires, des journalistes, des pigistes, des blogueurs, des politiciens, des directeurs de grande surface, des équipes de télé, des organisateurs de festival, des conférenciers, des animateurs, des directeurs d’école, des profs, des bibliothécaires, des responsables de médiathèque, des photographes, des scénaristes, et des alcoolos (pardon, je veux dire : d’autres auteurs).

Surtout, surtout, il y a les lecteurs. C’est super cliché, mais on n’existerait pas si vous n’étiez pas là. On vous croise partout : en vrai sur les salons, dans les librairies, dans les cocktails, dans les dédicaces. En virtuel sur les sites du style Babelio ou Livraddict, sur les blogs, sur les chroniques, sur Facebook ou Twitter.

Et aujourd’hui sur Bookenstock, grâce à Dup et Phooka. 

Alors non, vraiment, je ne m’ennuie pas. J’ai la chance de faire un métier que j’adore, de vivre de ma plume, et de faire des rencontres formidables. Du coup, la moindre des choses, c’est de répondre à vos questions pendant ce Mois de, et avec le sourire en plus. Pas de tabous, lâchez-vous, c’est fait pour ça.




* Les termes seront tous accordés au féminin, d’abord parce que je suis un mec galant, surtout parce qu’il y a une écrasante majorité féminine dans ce métier et que ça me fatiguait d’avance de calculer dans quel cas accorder ou non.


****************************************



La question d'Anthelme Hauchecorne:


Salut Olivier. Nous étions voisins de salon, nous voici à présent voisins de « Mois de ». Appelons cela le destin. Je découvre que tu prépares la sortie d’un ouvrage jeunesse, comment l’idée t’en est-elle venue et que penses-tu apporter au genre ?



Olivier:


Salut Anthelme,

C'est vrai qu'on a fait de nombreux salons ensemble, et c'est justement sur les salons que j'ai eu cette envie d'écrire pour les ados. Ceux qui avaient lu "le Boucher", "la Servante" ou même mes polars étaient tous enthousiastes, impliqués, excités, beaucoup plus imprégnés de l'histoire que les adultes. Ils vivaient vraiment le roman. C'est ce côté très rafraîchissant qui m'a enthousiasmé et m'a donné envie d'écrire pour eux. Sans compter que, malgré mes premiers cheveux blancs, j'ai toujours un côté ado assez lamentable ;)


Pour mon apport au genre, je n'ai pas l'ambition de révolutionner le Young Adult, juste de créer une série agréable à lire, qui tienne en haleine. Pour moi, l'écrivain est là pour divertir - j'espère que j'aurai réussi mon pari.



Harmonie :

Salut Olivier :)
Je ne suis pas encore plongée dans Le noir est ma couleur, mais ça ne serait tarder !
On s'est vu aux Imaginales il y a une semaine :) d'ailleurs, je viens de me rendre compte que je n'avais pas pris de photo :'( une prochaine fois !
Sinon, quel est ta couleur préférée ? Est-ce le noir ? xD


Olivier : 


Hello Harmonie,
Oui, je me souviens très bien de toi et de ton accent du sud ! J'espère que le roman te plaira !Ma couleur préférée.. j'ai toujours bien aimé le noir, mais j'ai aussi une préférence pour le bleu. A une époque, quand j'étais ado, j'étais en jean bleu/veste en jean bleue (oui, on ne se moque pas, c'était les années 90). Une vraie caricature, finalement ;)

Cornwall :

Salut Olivier,

ohoho mais c'est quoi cette discrimination :
« Les termes seront tous accordés au féminin, d’abord parce que je suis un mec galant surtout parce qu’il y a une écrasante majorité féminine » Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que ce n'est pas parce qu'il n'y a qu'une poignet d'hommes qu'il faut pour autant mettre tout au masculin, on est bien d'accord ;) Mais alors, alors pourquoi Blogueurs ? et non pas Blogueuses, parce que autant que tu le sache très vite ici tu vas être harcelé de questions majoritairement de la part de blogueuses et donc pas de lecteurs mais de lectrices ^^ Bref, j'arrive avec mes gros sabots et direct je te taquine !
Jusqu'ici j'ai lu deux de tes romans, « Le Boucher » et « Mais je fais quoi du corps » ? Ma première question ( j'en ai d'autre stock, mais je vais y aller doucement ^^) :

Tu as quelque chose contre Christophe Maé ?

Je te souhaite de passer un excellent mois ici, je promets d'être sympa dans la mesure des mes possibilités :p


Olivier :


Salut Cornwall,

Tu noteras que l'astérisque ne se rapportait qu'aux termes entre parenthèses, donc les personnes qui travaillent dans l'édition ^^ Pour le reste, j'ai rencontré autant de blogueurs que de blogueuses, de journalistes hommes que femmes, etc. La parité avance à grands pas !

J'ai envie de dire que c'est une excellente première question. Non, je n'ai rien personnellement contre Christophe Mae, même si j'ai tendance à souhaiter la peine de mort pour tous ceux qui utilisent l'expression "demoiselle" pour parler d'une fille. Sa chanson "belle demoiselle" m'a donc donné des envies de meurtre. Mais sinon, c'est plus une petite pique au passage, tu noteras que je m'en prends aussi à M Pokora, Colonel Reyel ou La Fouine (que de qualité musicale...).




Bonjour Olivier, je vous ai "découvert" avec Le Noir est ma Couleur (moi, c'est le vert : c'est bon aussi ?) que j'ai beaucoup apprécié. Lequel de vos polars me conseilleriez-vous, histoire de découvrir une autre facette ?

Olivier :


Hello Paikanne,

Oui, le vert est une couleur très sympa (bon, moi ça me donne le teint blafard, mais c'est une question de peau qui bronze mal, ça !). Pour découvrir mes polars, je conseillerais soit le premier (les talons hauts rapprochent les filles du ciel) qui est sans doute le plus "frais", soit le dernier (Mais je fais quoi du corps) qui est à mon sens le plus abouti. Dans tous les cas, j'attends votre retour avec curiosité ;)




Mais ils te vont bien, tes cheveux blancs ! Mieux que les miens, je trouve.
Bon, puisque je suis là, une question : quand tant de chroniques de tes bouquins font un aparté sur ton physique (alors qu'elles pourraient mentionner que tu as plein d'humour, ou que tu vas facilement vers les gens, mais non, faut toujours qu'on en revienne à tes yeux bleus), ça te flatte ou ça t'agace ?


Olivier :


Ça a bien sûr un côté flatteur. Je n'ai aucun scrupule à être un homme-objet tant que les gens découvrent les livres et les apprécient. Et à tout prendre, je préfère qu'on parle de mes yeux bleus plutôt que de ma barbe complètement foirée !
Ceci dit, il y a toujours une différence entre une photo et la réalité. Comme lorsqu'une dame a remarqué avec un air pincé: "ah, vous avez quand même un bon photographe" ;)



Dup :


Ah oué, pas sympa la dame ! Maintenant, elle voulait peut-être parler de la barbe... *siffle*

J'arrête, promis ! :))



Bon, alors exit Maé, Pokora, Reyel, La Fouine...ça me va ! Creusons un peu, tu aimes plutôt quoi alors ?

Est-ce-que tu écris en musique ? Te fais tu des playlists ?

Si oui, en conseillerais-tu à tes lecteurs comme certains auteurs le font ?
Que penses-tu d'ailleurs de cette "nouvelle" (pas tant que ça d'ailleurs) mode ?

Olivier :


Houla, il ne faut pas me lancer sur la musique. J'aime vraiment de tout, y compris de sombres merdes. Et on trouve dans mes groupes/chanteurs préférés des vieux comme Thiefaine, des electros comme Sexy Sushi, des pop-rock comme Kinito, ou même le premier album des BB Brunes. Je sais, je ne suis vraiment pas fréquentable.

J'écris généralement avec une chaîne musicale en toile de fond, du genre NRJ hits, qui me fournit un fond sonore sans me demander de réfléchir.



Quant aux auteurs qui distillent leurs goûts musicaux dans leurs livres, pourquoi pas. Ceci dit, je pense qu'on finit par ennuyer le lecteur s'il ne se retrouve dans aucun de nos goûts musicaux, et s'il ne connaît même pas le nom des groupes. Dans la plupart de mes romans, je cite des hits qui ont marqué une année. 

On peut aimer, on peut détester, mais presque tout le monde a entendu parler de Rihanna, de Coldplay ou de David Guetta... ça parle plus aux gens que si je citais du Monsieur Roux.

Cornwall :

J'avoue je n'avais pas vu les parenthèses ^^ ( part se cacher ...)


( et revient très vite ... )

J'avais prévu cette question pour plus tard mais puisqu'on parle de photographe : Tu parlais d'une séance de shooting, peux tu nous faire part de cette expérience ? Pour ma part, je m'étonne de constater que le physique des auteurs même dans ce milieu commence à être un vecteur de vente, les écrivaines tendent à le ressentir visiblement de plus en plus, et de part ton expérience de cette séance photo, tends-tu vers le même avis, le ressens-tu également en tant qu'homme ? 

la source de ma question vient d'ici : http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2013/02/26/pourquoi-les-ecrivains-sont-ils-de-plus-en-plus-beaux-240056

Olivier :


En fait, je pense que le physique joue un rôle énorme dans la vie, quelle que soit notre profession; De nombreuses études confirment que les physiques agréables se voient confier plus de responsabilités, accorder plus de confiance, pardonner plus d'erreurs. C'est dégueulasse, mais c'est comme ça. Du coup, je pense que les maisons d'éditions tentent de rendre leurs auteurs glamour histoire de se donner un petit coup de pouce.

Après, soyons clairs, ça ne fonctionne qu'à la marge. Un auteur beau gosse avec des livres inintéressants sera toujours moins lu qu'un auteur laid avec un vrai talent. Heureusement d'ailleurs ^^

Dans mon cas, à part les yeux bleus, je ne me trouve pas particulièrement beau, donc je pense que les photographes ont en effet eu beaucoup de boulot :D


Nahe :
Bonjour Olivier ! Je viens de vous découvrir à travers "mais je fais quoi du corps ?", une lecture tout à fait à mon goût. En parlant de préférences et en quittant la musique, quel lecteur êtes-vous ? Quels auteurs ont vos faveurs ?

Olivier :


J'aime bien lire un peu de tout, et je fonctionne souvent par période (les classiques, la fantasy, les polars, la jeunesse...). 

Un roman qui m'a vraiment marqué, c'est "Des Fleurs pour Algernon", de Keyes. De la même manière, je reste un fan énamouré du Petit Prince, qui contient pour moi la phrase la plus belle qui ait jamais été écrite ("j'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé").

En fantasy, j'ai un triumvirat immuable: David Gemmell, George Martin et Robert Jordan. A leur manière, les trois ont atteint le sommet de leur art. Gemmell dans l'épique, Martin dans la politique, Jordan dans les personnages. Ca ne m'empêche pas d'apprécier des auteurs comme Zelazny, dont le cycle des princes d'Ambre a bercé mon adolescence.

Pour les polars, on trouve vraiment de tout. Mon dernier coup de coeur vient de Michel Bussi, avec ses Nympheas noirs qui m'a vraiment cueilli par surprise. J'ai aussi beaucoup apprécié Le Serment des Limbes, de Grangé, pour son atmosphère.



Voilà voilà ^^



Coucou Olivier,

Je suis plongée dans "La noir est ma couleur" et vraiment je me régale. 

Quel type d'élève étais-tu au lycée? Plutôt "Manon" ou plutôt "Alexandre" ?

Question subsidiaire: la petite araignée écrasée que j'ai trouvée entre la couverture et la première page de garde dans mon exemplaire, c'est pour se mettre dans l'ambiance ? mdr 


Olivier :


Hello Phooka,

Ca me fait super plaisir d'apprendre que tu aimes ce roman, c'est un peu mon chouchou, mon bébé, et j'assiste à sa naissance en direct (oui, bon, la métaphore se perd un peu, mais l'idée reste :D).

Ecoute, au lycée je portais des lunettes, je n'avais pas encore fait ma poussée de croissance et j'étais dans les premiers de la classe. En y réfléchissant, j'ai eu pas mal de chance de ne jamais me faire agresser. Mais je m'entendais avec tout le monde, ça aidait. Donc on va dire que j'étais une Manon sociable (et moche) (mais sociable) (mais moche).

Pour l'araignée, c'est hélas une coïncidence. Je dis hélas parce que ce serait une idée marketing formidable. Quand je vois les goodies qu'on offre parfois avec les livres pour ados (genre des trousses fluos ou des règles), je me dis qu'il y a un véritable marché pour les araignées écrasées. Avec un jeu concours du genre "si l'araignée se trouve à la page 177, tu gagnes un voyage en Bolivie".



Elodie

Bonjour Olivier,
Je vais commencer "le noir est ma couleur" d'ici peu (au plus tard ce soir hihi) J'ai hâte de découvrir ce roman et j'aimerai savoir quel est votre personnage préféré? (à la fin de ma lecture, je repasserai vous dire le mien ;) ) 




Olivier :


Salut Elodie !
J'espère que le livre te plaira (mine de rien, c'est un peu l'objectif). Mon personnage préféré... difficile à dire ! Je suis plus à l'aise dans la peau d'Alexandre que de Manon (bizarrement, ça demande du travail de se mettre dans la tête d'une fille de 15 ans !) mais j'adore mon héroïne. Si tu parles des personnages secondaires, je pense que c'est Jade qui me fait le plus sourire avec ses réflexions égoïstes permanentes.

Dup :


La plupart du temps, les auteurs qui se dédient à la jeunesse le restent et se cantonnent dans cette "section" : Bottero, Tenor.... Aujourd'hui on trouve de plus en plus d'auteurs pour adultes qui tentent l'escapade vers la jeunesse. Des grands noms comme Tad Williams, Maud Tabachnik, Philippe Leroy ou alors des moins connus mais néanmoins chouchous de Bookenstock, David Khara, Thomas Geha, toi.
Est-ce un besoin d'élargir ton lectorat ? Une nécessité ?
Explique moi ta motivation !

Olivier :


Comme je disais à Anthelme, ce sont surtout les rencontres sur les salons qui m'ont décidé (et l'invitation récente par une classe de seconde m'a conforté dans mon idée). Les ados sont beaucoup moins blasés, beaucoup plus impliqués dans ce qu'ils lisent. On trouve moins de politiquement correct dans leur avis. Ils peuvent dire candidement qu'ils ont détesté, ou adoré. Evidemment, je généralise, mais c'est vraiment gratifiant de voir un tel enthousiasme.

La classe de seconde avait par exemple illustré mon roman "les talons hauts rapprochent les filles du ciel", ils se représentaient les personnages de telle ou telle manière, et leurs questions allaient droit au but.

Après, l'avantage de la lecture Young Adult, c'est qu'on n'a pas vraiment besoin de se censurer. En dehors de l'âge des protagonistes, mon style reste identique à mes romans adultes. Je pense que j'aurais plus de mal à écrire des romans pour les 8-12 ans par exemple (mais peut-être n'est-ce qu'un préjugé).

Présentation de la biblio d'Olivier Gay





Tout jeune auteur, il publie son premier livre Les talons hauts rapprochent les filles du ciel en 2012... nous sommes au milieu de l'année 2014, et regardez donc la productivité !!! Un nouveau Fabrice Colin ?

Section polars







Section Fantasy





Section YA