mercredi 13 juillet 2016

Septembre 2016 sera le mois de ...



ADRIEN TOMAS




C'est avec un immense plaisir que nous recevrons en septembre Adrien Tomas. Quand on allie gentillesse et talent, on vient forcément faire un "Mois de" sur Bookenstock, non ?

Si quelqu'un au fond de la salle ne connait pas Adrien Tomas, voici une vue rapide de sa biblio en images:





Prix Imaginales 2012




                     












Nouvelles





  • Ophëa, in Reines et Dragons, Éditions Mnémos, coll. « Anthologies », 2012, 204 p.
  • Quarante-huit pour cent, in Semi-Hommes, Éditions Asgard, 2013, 230 p. 
  • Les Fabuleuses aventures de Roger le nécromancien et Loulou le Barbare, in Millefeuille littéraire, Librairie Bédéciné, 2015, 324 p.
  • Le troll de sa vie, in Anthologie Trolls et Légendes, Editions ActuSF, coll. « Les Trois Souhaits », 2015, 304 p.
  • Trolls, licornes et bolognaise, in Trolls et Licornes, Éditions Mnémos, coll. « Anthologies », 2015, 224 p.
  • Le Pacte des Trois, in Mon Cheval mon espoir, Éditions Rageot, coll. « Hors collection », 2015, 160 p. 
  • L'énergie du Désespoir, in Fées et Automates, Éditions Mnémos, coll. « Anthologies », 2016, 221 p. 




Et voici les chroniques sur Bookenstock:

mardi 12 juillet 2016

MADAME X de Jasinda Wilder





Éditions Michel Lafon
333 pages
16,95 euros


Le pitch :


Je suis Madame X.

Je suis la meilleure dans mon domaine.

Engagée pour métamorphoser les fils incultes et superficiels de riches et puissants hommes d'affaires, Madame X est à la pointe du raffinement et de la culture. Elle les éduque et leur apprend à avoir confiance en eux, à s'exprimer correctement et à savoir se comporter dans le beau monde. C'est un professeur sévère et exigeant.
Mais derrière ce vernis sophistiqué, Madame X est une femme à la dérive, piégée par un sombre passé dont elle a tout oublié et par la protection d'un homme séduisant qui prétend posséder son corps... et son âme. Madame X le craint et le désire violemment à la fois.
Et même si les murs de son penthouse dans lequel elle surplombe Manhattan la rassurent, elle rêve aussi d'évasion. Mais elle ne connaît rien ni personne. Jusqu'au jour où cet autre homme apparaît...



L'avis de Dup :


Petit craquage de la Dup devant cette couverture très suggestive. Avec en plus dessus, comme accroche «poétique, provoquant, torride». J'étais donc curieuse de voir comment on pouvait allier le premier terme avec les deux autres... Elle est assez bonne l'excuse ?

Je dois quand même dire que, même si Jasinda Wilder a une écriture fluide et agréable à suivre, j'ai cherché durant les quelques 300 pages le côté poétique de la chose et ne l'ai pas trouvé ! Mais qu'importe, le reste m'a convaincu. 

Tout d'abord le style de narration choisi par l'auteur, qui est original et peu fréquent. Elle fait de son personnage principal Madame X, la narratrice. Jusque-là rien de nouveau sous le soleil, mais lorsque cette Madame X pense ou décrit les personnes qu'elle rencontre, elle emploie le tu. En revanche, elle vouvoie dès qu'elle s'adresse à eux. Ce décalage permanent accentue le sentiment de froideur qu'elle met dans ses dialogues. Elle se veut non pas méprisante mais hautaine, froide, afin d'éviter qu'un quelconque lien affectif puisse se créer entre elle et ses clients. Mais le lecteur, par le biais du tu, sait ce qu'il en est, connait ses moindres pensées et sait combien cette froideur n'est qu'une façade. 

Alors justement, nous parlons lecture torride, Madame X, des clients. On pourrait penser que... Et bien non ! Madame X reçoit dans le salon de son appartement cossu, pour une durée n'excédant jamais plus d'une heure et pour une somme astronomique, des fils à papa destinés à reprendre la succession des affaires paternelles. Elle doit modeler ces gosses de riches en futurs requins, sûrs d'eux mais pas trop, développer la classe naturelle que devrait leur conférer ce statut de PDG... et la tune qui va avec !

À côté de ce boulot dans lequel elle excelle, on découvre qu'elle est en quelque sorte prisonnière de cet appartement, filmée, surveillée, des gorilles prêt à intervenir au moindre geste déplacé d'un de ses clients. Cela pour le compte de Caleb Indigo, son protecteur, celui qui vient lui rendre visite la nuit pour des séances...très hot ! Il exige, il prend. Il commande, il gère ses moindres soupirs. Et il repart. Toujours. 

Ce nom X, c'est elle qui se l'ait choisi. Même si elle a 26 ans, ses souvenirs démarrent il y a 6 ans, après une violente agression donc elle ne garde que quelques souvenirs diffus qui viennent la hanter dans des cauchemars récurrents. Avant, c'est le black-out complet : amnésie anté-rétrograde complète. Et c'est Caleb qui l'a ramassée, "retapée", et qui gère aujourd'hui sa vie de A à Z. Et elle, cette Madame X, elle l'a dans la peau. Syndrome de Stockholm ? À vous de le découvrir. 

Forcément, il est tout pour elle, mais ce qu'il lui donne n'est pas assez. Il faut avouer qu'il est sacrément énigmatique le gars Caleb. J'ai rarement rencontré de personnages aussi taiseux. Il a beau être beau comme un dieu et monté comme un étalon, il m'a émoustillée autant qu'un glaçon... 

Alors lorsque l'occasion se présente, via un autre beau gosse, de prendre la tangente, malgré les risques, malgré ses nounous baraquées et armées, Madame X fuit. À partir de là, cela devient carrément plus page-turner : actions, suspense, découverte du monde réel, questionnements. On ne voit plus passer les pages et c'est la fin ! 

Jasinda Wilder a fort bien mené ce récit dont le pitch est original, peu classique dans ce genre de littérature, et dont la fin est surprenante quoique discutable (héhé...z'avez qu'à le lire non mais) , il n'en reste pas moins que j'aimerais beaucoup lire la suite. Comment ça c'est encore une excuse ?



lundi 11 juillet 2016

LE SECRET DE LA PETITE DEMOISELLE de Jess Kaan







Pôle Nord éditions
prix: 9 euros
pages: 181
format poche



Malo-les-Bains en 1903, une station balnéaire en plein essor où les classes sociales se côtoient sans se mélanger. Dans cette ambiance feutrée, une ombre est en passe de ternir l’expansion de la cité. Deux figures de la bonne société ont été victimes de mort violente. Affaire de moeurs, rivalité économique, appât du gain… Quel secret inavouable leur cercle d’amis tente-t-il de dissimuler ? Pour le découvrir, le directeur de cabinet du maire fait appel à un enquêteur privé. Au milieu des investisseurs et des truands, Ernest Hornes va essayer de savoir qui est cette « petite demoiselle » connue des seuls initiés.




Quelques mots sur l'éditeur:

Spécialiste du roman policier historique, Pôle Nord Éditions publie depuis la fin 2013 la collection 14/18, une série consacrée à la Première Guerre mondiale. En l’espace de deux ans, cette collection dirigée par l’écrivain Léo Lapointe a édité huit romans traitant chacun d’un aspect de la Grande Guerre. Deux autres sont en préparation pour le premier semestre 2016.

Saluée pour son sérieux et ses qualités littéraires, la collection 14/18 a encouragé Pôle Nord Éditions à lancer une seconde série de polars historiques. Intitulée Belle Époque, elle a pour cadre le littoral nordiste et picard en 1900 au début des stations balnéaires. Douze écrivains ont relevé le défi de proposer aux lecteurs de vrais romans populaires se déroulant à la Belle Époque au Touquet, Berck, Le Crotoy, Malo-les-Bains ou Wissant. A raison de quatre parutions par an, la collection Belle Époque devrait durer jusqu’en 2018, au moins…



L'avis de Phooka:


Voilà un petit (par le format) polar qui m'a bien plu. Heureusement ce n'est pas Dup qui l'a lu car elle n'est pas adepte du genre, mais moi j'aime et celui-ci m'a emballée.

D'abord son contexte: une station balnéaire du Nord dans les années 1900. Les séquelles de la guerre de 1870 sont encore bien présentes, la haine que certains vouent aux allemands est tenace, le désir de revanche est profond. Malgré ce ressentiment, la vie suit son cours et les séjours balnéaires commencent à connaître du succès. Dans cette petite station de Malo-les-bains, les cabines de plages fleurissent et les investisseurs voient d'un bon œil les touristes arriver.
Quelques uns de ces investisseurs se sont justement unis pour faire de juteuses affaires, mais voilà que certains d'entre-eux meurent soudainement. Par suicide ou par noyade. Mais bon noyade quand le corps est enterré dans le sable jusqu'aux épaules, ça ne semble pas très naturel ...

Un notable de Malo-les-bains décide donc qu'il est temps d'intervenir et fait venir Ernest Hornes, un ancien ami et collègue pour lui demander d'enquêter en toute discrétion. Hornes se lance donc sur la trace de ce groupe "secret" d'investisseurs pour essayer de comprendre la menace qui pèse sur eux. 

Hornes c'est le beau gars, sûr de lui et très compétant. Il fouine, se travestit, pose toutes sortes de questions, il séduit, bref il utilise tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Cependant son assurance un peu trop grande lui fait parfois commettre des impairs. Il n'est pas parfait et se fait parfois prendre, ce qui en fait un personnage très humain et attachant. Agaçant aussi. 

A travers lui, le lecteur découvre toutes les facettes de cette petite station. Depuis les beaux côtés jusqu'au tréfonds. C'est un réel plaisir de le suivre et de se baigner dans cette ambiance très particulière. Petit à petit, le puzzle s'assemble et tout en découvrant les dessous de la petite ville, on découvre aussi les raisons de ces meurtres.

On ressent l'attachement de l'auteur à cet endroit à travers sa plume et le récit est un vrai voyage sur les belles plages du Nord. 

Le secret de la petite demoiselle, est un polar au récit linéaire et bien construit, qui allie suspense et immersion dans la belle époque. Une histoire bien ficelée, une ambiance parfaitement restituée. On s'y plonge avec beaucoup de plaisir et je ne peux que recommander sa lecture.

LE 15/15 d'Emmanuel Chastellière : Episode 4












Bonjour à tous, amis de Book en Stock, et merci encore à Dup et Phooka de m’accueillir parmi vous ce mois-ci !


Certains me connaissent peut-être si vous visitez de temps en temps le site Elbakin.net, puisque j’en suis l’un des trois fondateurs et le « rédacteur en chef » depuis ses débuts, en septembre 2000. Voilà qui ne me rajeunit pas, alors autant passer rapidement sur ce point !


Quand on lit de la fantasy ou du fantastique depuis longtemps, on peut trouver naturel de finir par s’en lasser, mais pas forcément. On se lasse de certains schémas (la fantasy épique ou l’urban fantasy répondent tout de même très souvent aux mêmes codes), vus et revus. Certes. Mais on trouve toujours de nouvelles plumes, de nouvelles façons de raconter une histoire.
À mon tour cette fois de me retrouver de l’autre côté de la barrière.
Pour quel résultat ? Je vous laisserai bien sûr seuls juges en la matière !



J’ai toujours été un peu rêveur et les histoires des uns et des autres m’ont accompagné tout au long de ma vie (Ah, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson de ma jeunesse !). Y compris en tant que traducteur, mon métier de tous les jours.
Mais après avoir pendant de nombreuses années fait taire une petite voix insistante toujours prête à chuchoter à mon oreille, je me suis moi-même lancé. Si jamais le roman ne vous plaît pas, vous pourrez notamment adresser vos reproches à Simon Pinel des éditions Critic, je profite de cette occasion pour le dénoncer ! Mais surtout pour le remercier, car il fait partie de ceux qui m’ont poussé à me lancer comme on dit.
Que pourrais-je rajouter sur Le village lui-même ? Je n’aime pas trop le jeu des comparaisons mais si l’on doit plutôt parler d’influences, je pourrais citer pêle-mêle : Carlos Ruiz Zafón, Neil Gaiman, un peu Stephen King, un peu China Miéville, un peu Clive Barker, ou dans un tout autre registre Brandon Sanderson… Mais ces auteurs m’ont avant tout marqué ou nourri en tant que lecteur ou chroniqueur. J’imagine que l’on met surtout de soi dans ses histoires, en particulier pour un premier roman !



Depuis trois ans environ maintenant, je tiens aussi un site plus personnel : Un mot après l'autre, où je parle notamment pas mal de traductions et un peu d’autres choses, selon mes envies.
Et désormais, plus largement, de mes projets dans le domaine de l’écriture ! Mais que ce soit là-bas ou ici l’espace de quelques semaines à vous embêter, j’attends avec impatience vos questions ! Je dois dire que je suis un peu nerveux de passer après une belle liste d'invités et j’espère me montrer à la hauteur.
Dans le cas contraire… Aïe ! En tout cas, n’hésitez pas à aborder tous les sujets qui vous passent par la tête ! Je suis aussi clairement geek sur les bords et volontiers bavard, donc, ne vous inquiétez pas, j’ai en général toujours quelque chose à dire (Qui a envie de discuter astronomie ou tatouages ?). Ça ne se voit sans doute pas dans ce petit texte ou dans Le village, mais j’ai de l’humour, si, si ! Alors, j’essaierai de jouer cette carte aussi pour vous répondre.
Et comme j’ai déjà fait bien assez long, permettez-moi de conclure par une touche Bisounours, en vous remerciant pour votre curiosité et votre passion, et surtout en vous souhaitant une très bonne lecture pour celles et ceux qui auraient choisi de pénétrer dans l’enceinte du village.
Attention à vous… 





Dup :

On va rester dans le domaine de la traduction car j'aimerai aborder le côté financier de la chose. Pas les chiffres bien sûr, juste avoir une idée du fonctionnement.

Etes-vous payé à la taille du roman ? Au nombre de pages ou au temps passé ?
Y-a-t'il des variations en fonction de la notoriété de l'auteur ?
Etes-vous embauché par les maisons d'édition comme salarié avec un fixe par mois même si pas de trad à faire ou c'est plus ponctuel et vous êtes en quelque sorte des itinérants de la trad ?
L'auteur a-t'il son mot à dire sur le choix du traducteur ?

Au final, qu'est-ce qui rapporte le plus, auteur ou traducteur ?


Emmanuel :

Un traducteur est - généralement - payé par feuillets de 1500 signes, au prix variable selon les éditeurs. Donc la longueur du roman compte beaucoup, évidemment. Mais pas le temps passé. C'est pour ça qu'on peut être tenté de finir le plus vite possible, même si ce n'est pas vraiment la bonne démarche à mon sens. Je n'ai pas vraiment remarqué de variations selon le statut de l'auteur, mais à part Nicholas Sparks, je n'ai pas traduit d'énormes "pointures" côté ventes. 
Ah, ah, je ne connais pas de traducteur employé comme salarié. Nous sommes de vrais "mercenaires" ! Attention, j'aime beaucoup cette liberté et j'y tiens, mais il faut en permanence songer au prochain contrat à décrocher, y compris quand on est déjà en plein travail sur une traduction. 

Je ne sais pas pour les auteurs. Je ne crois pas, car la plupart ne lisent pas le français, donc ce serait compliqué pour eux de vraiment pouvoir juger de la qualité du travail de leur traducteur, à moins que ce soit un ou une ami(e) de l'auteur, mais là, les critères n'ont rien de qualitatif.

Quant à ce qui rapporte le plus, je n'ai vraiment pas à me plaindre concernant la somme que j'ai touchée à la signature de mon contrat pour Le Village, surtout pour un premier roman, mais cela n'a rien à voir avec un contrat de traduction. Je pense qu'à moins d'avoir une quinzaine de romans derrière soi et donc de vendre vraiment un minimum, la traduction rapportera toujours plus, et de loin ! La traduction, j'en vis depuis près de 10 ans. Être auteur, j'ai des doutes ! ;-)
Mais à choisir, j'aimerais bien...



Andrée la papivore :

Bonjour Emmanuel, 
J'ai l'impression d'arriver après la bataille, mais je n'ai pas voulu lire les questions/réponses pendant que je découvrais Le village de peur de ne plus avoir de surprise, et ensuite j'ai vainement cherché une question intelligente à poser ;-) 


Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé ton roman : rien que pour l'ambiance angoissante et la fin (que personnellement je n'ai pas vu venir), il vaut vraiment le coup ! Donc, sans surprise, je vais suivre ta carrière, tu as intérêt à assurer ! (je te mets la pression ? meuh non ^_^). Ma question concerne les personnages : ils sont assez peu décrits, surtout psychologiquement, ce qui fait que le lecteur peut imaginer un peu ce qu'il veut... mais toi, comment les as-tu créés ? Y a-t-il eu des modèles précis (personnages de romans/films/jeux vidéos/etc. ou personnes réelles) ou n'avais-tu qu'une vague idée de physique et de caractère à leur attribuer ?


Emmanuel :

Bonjour !

Pas de problème, je répondrai jusqu'au dernier moment et même plus tard encore s'il le faut. ;-)J'espère avoir une carrière à suivre, donc j'accepte la pression sans réserve !

La question de la psychologie des personnages et de leurs relations me tient à coeur. SPOILERS ? Plusieurs lecteurs m'ont dit par exemple qu'ils auraient aimé avoir droit à plus de Carotte, si je peux le formuler ainsi. Et je suis d'accord. C'est sûr que le roman reste avant tout "articulé" autour de l'héroïne, Fumée et Fugue, du côté des Enfants Perdus en tout cas. Concernant ce trio, je suis plutôt satisfait de ce que j'ai obtenu, notamment sur le plan de leurs intéractions, de leurs doutes, de leurs colères ou des non-dits. 

Mon héroïne reste assez "neutre" durant les premiers chapitres du roman, mais c'est aussi une façon de prendre tous les types de lecteurs/lectrices par la main. Mais une fois que tout ce petit monde doit cohabiter... On vient bien vu que Fugue n'est pas celui qu'il semble être et quant à Fumée... Je t'invite pour le coup à voir la réponse que j'ai pu faire à Dup un peu plus haut sur cette même page (ou à Amarüel Tribulation), maintenant que tu peux lire les autres questions/réponses ! :-) J'avais donc une idée assez précise de ce que je voulais, mais pas de modèle défini en tête (en tout cas, question personnages de fiction comme source d'inspiration potentielle), surtout que si en général je prévois un plan à suivre, ce dernier évolue souvent en cours d'écriture, y compris ce qui touche au caractère des personnages. 

Concrètement, j'aime aussi que les personnages se définissent et évoluent par l'action, sans forcément avoir recours à de longs monologues intérieurs par exemple. avec du recul, la première version du roman était beaucoup plus introspective et je pense sincèrement que c'était un problème. Même si je n'ai jamais voulu en faire un pur roman d'aventure ou de suspense ! Voilà, j'espère avoir répondu à tes interrogations. Si je me suis montré trop confus, ne pas hésitez à redemander !


Ramettes :

Kikou,
Comme je ne regarde pas le match je me pose des questions. Lol
C'est ton premier roman. Mais il semblerait que tu aies écrit pas mal de nouvelles. Que préfères-tu écrire ?
Ca y est moi aussi j'ai terminé ma lecture et ma chronique est en cours... 


J'avoue que les derniers événements de l'histoire m'ont assez troublée... Bravo tu as su garder le côté étrange bien après la lecture ! 




Emmanuel :


Bonsoir ! 

J'avoue que j'ai regardé le match de mon côté, mais comme j'ai 6h de décalage horaire au Canada... ma soirée n'est pas finie, heureusement vu le résultat. 

Pour répondre à ta question, j'aime les deux exercices. Evidemment, l'avantage de la nouvelle, c'est que c'est un format qui demande tout de même moins d'investissement sur la longueur... à moins de se lancer dans un recueil. ;-) http://www.emmanuel-chastelliere.com/celestopol/ Mais je le vois surtout comme un exercice de précision. La nouvelle s'accompagne souvent d'un nombre de signes à ne pas dépasser (dans le cadre d'anthologies par exemple) donc il faut parvenir à exprimer le maximum de choses avec le minimum de mots. Avec les nouvelles, on peut aussi changer radicalement d'ambiance d'un texte à l'autre. 

Je me rends compte qu'en présentant les choses ainsi, je donne sans doute l'impression de préférer le format court, mais j'ai toujours été attiré par le roman. D'abord dans mes lectures et même dans mes différents projets d'écriture. Il faut simplement - dans mon cas - faire preuve de davantage de discipline pour ne pas s'éparpiller à droite à gauche ! 

Merci pour le côté étrange, j'espère que ton trouble est à considérer comme "positif", si je puis dire ! :-)



Re Ramettes :)


Trouble positif si on veut mais le côté sombre ... on peut pas dire que ce soit le happy end!
Quant aux personnages secondaires on les devine on s'en fait une idée et lorsqu'ils entrent en action on a des surprises... je pense à Ficelle et Caillou... 
Les nouveaux noms donnés par Fumée représentent un élément de description. 
Tes 3 personnages féminins sont très différents et aucun n'est insignifiant... elles sont prêtes à tout. Tu as pensé au lectorat féminin ??? 
J'oubliais que tu es au Canada! Je ne l'ai pas senti dans l'écriture !

Emmanuel :


Bonjour !

Alors, je suis au Canada mais je reste Français. ;-) 

Concernant les personnages féminins, merci ! J'ai toujours imaginé cette histoire avec une héroïne, mais je tenais à d'autres figures féminines fortes, si possible. Fortes et ambiguës... Cela dit, je ne crois pas avoir consciemment pensé à un lectorat précis. Je dirais bien que je trouve généralement les femmes plus "méritantes" dans la vie de tous les jours ou en conditions extrêmes (guerres, épidémies, etc...), mais j'aurais peur qu'on trouve ça sexiste en soi. ;-) 

Dup et Phooka :

Comment arrives-tu à gérer tes trois casquettes d'auteur, de traducteur et de gourou d'Elbakin ?

D'ailleurs au sujet d'Elbakin, quelle part de ton travail cela représente-t-il ?
Comment t'es venue l'idée de fonder un tel site ?
Es-tu depuis toujours un lecteur de SFFF ?



Emmanuel :

Comment ? Tant bien que mal, dirais-je ! Concernant l'écriture et Elbakin.net, et même la traduction dans une certaine mesure, j'ai l'impression que je pourrais en faire bien plus. En quantité mais aussi en qualité, évidemment. 

Autour de 1999 (cela ne nous rajeunit pas...), j'ai entendu parler de l’adaptation du Seigneur des Anneaux et j'ai remarqué qu'il n'y avait pas vraiment de site internet dédié, en langue française en tout cas. J'avais déjà un site perso Wanadoo (!) pour parler de mes envies d'écriture (déjà...), j'ai ajouté une petite partie consacrée aux films de Peter Jackson, puis rencontré de fort sympathiques compères... Le reste fait partie de l'histoire. ;-) http://www.elbakin.net/about/chronologie/

Mais j'étais déjà un gros lecteur de SFF ! Cette année-là, je crois que j'avais commandé la suite de la Roue du Temps directement en anglais. J'ai vraiment découvert le genre autour de 13 ans, avec le Seigneur des Anneaux justement et Dune lus en parallèle. Bon, j'ai penché pour la Fantasy... mais j'apprécie toujours la Science-Fiction. J'aimerais juste avoir plus de temps pour lire... Le temps, toujours le temps !


Marie Juliet :

Si j'ai bien suivi, tu as publié après être parti au Canada.
Est-ce que tu avais commencé à écrire avant, où est-ce que ce départ à "enclencher" si je puis dire la machine ?


Emmanuel :

C'est bien ça. 

Mais non, ça n'a pas vraiment de rapport, en tout cas pour Le Village, dont les deux premières versions ont été rédigées/travaillées en France. Cela dit, j'aime assez l'éloignement procuré par cette vie de l'autre côté de l'océan. 
Et j'espère donc que c'est bien Le Village qui t'attend !


Re Marie Juliet :)

Et je vais compléter les questions de Dup sur la lecture.
Comme je survole Elbakin sans lire toutes les chroniques, quels sont tes auteurs préférés ?


Emmanuel :

Alors, en vrac et en mélangeant aussi bien des références anciennes ou plus récentes pour moi : China Miéville, Michael Moorcock, Michael Chabon, Felix Gilman, Catherynne M. Valente, Steph Swainston, Ken Liu, Tad Williams, Jonathan Stroud... Je pourrais continuer longtemps !



Andrée la papivore

Re-coucou, 
Je lis que tu apprécie toujours la science-fiction, aurais-tu des titres à nous conseiller ? Récents ou classiques ? C'est un genre qui m'attire beaucoup mais je n'y connais pas grand chose et je ne sais pas trop par quel bout commencer ^_^'



Emmanuel :


Houla, les "vrais" amateurs vont me jeter des pierres...
Je dirai... Dune bien sûr, Hyperion, Je suis une légende, Rendez-vous avec Rama ou Des milliards de tapis de cheveux, toujours du côté des grands classiques... Plus récemment, j'avais beaucoup aimé Metro 2033 ou La Route, dans un tout autre registre ! On trouve aussi parmi mes favoris des titres comme Le Guide Galactique, mais le roman lui-même est plus à classer en catégorie Humour que SF pour le coup.
vendredi 8 juillet 2016

LES SEPT CITÉS Tome 3 de Pierre Pevel.


LES SEPT CITÉS

# 3 - La basilique d'Ombre




Éditions Bragelonne
243 pages
17,90 euros


4ème de couv : 

La mort a frappé et Iryän Shaän ne désire plus qu'une chose : se venger. Aveuglé par la colère, il va combattre des factions puissantes dont certaines s'affrontent en secret depuis des siècles, quand les Dragons Divins régnaient sur le monde. Mais rien n'arrêtera Iryän : ni homme, ni drac, ni prince-dragon. Quitte à tout perdre, y compris son âme...



L'avis de Dup :

Attention big spoil par rapport aux tomes précédents. 

Pierre Pevel reprend exactement là où il nous avait laissé, c'est-à-dire pile en face du cadavre de Narubio le crocheteur de l'équipe, abattu traîtreusement d'un carreau dans la nuque ressorti par la bouche. Sous les yeux d'Iryän qui émergeait tranquillement d'une crypte... 

Ils ne seront donc plus que trois dans ce tome, mais ce ne sera pas cela le changement le plus notoire. Ce meurtre va profondément toucher Yriän, cela va même énormément le transformer. Il va perdre son caractère enjoué, taquin et provocateur pour sombrer dans une grande noirceur. On retrouve chez lui tous les symptômes de la dépression et le côté taciturne se ressent fortement. C'est là que l'on réalise que cette série des Sept cités repose essentiellement sur le seul personnage d'Yriän, c'est lui l'ossature de cette trilogie. Du coup cette fin est très sombre. Il devient difficile à vivre, à suivre et il n'y aura guère que l'indéfectible et fidèle Svern qui continuera à le suivre dans ses plans suicidaires. 

Les événements s'enchaînent tout en s'emboîtant enfin. La vue d'ensemble apparaît clairement : les trois Dragons Infernaux : l'Ombre, l'Obscure et l'Oubli repoussés et vaincus lors de la dernière guerre des Ténèbres, ourdissent pour revenir au devant de la scène. Associations, complots, trahisons selon le camp dans lequel chacun se trouve. Et nos compères au milieu suivent Yriän, et Yriän suit sa seule logique : la vengeance. 

Autre chose que j'ai adoré dans ce volume, c'est la magie noire que développe l'auteur. C'est glauque au possible, mais parfaitement adapté ! De la vraie black de chez black quoi :))

Tout cela donne donc un troisième tome tout aussi mouvementé et stressant que les précédents, à l'action omniprésente, fort bien mené par Pierre Pevel qui s'entend à merveille comme toujours pour mélanger les genres. Nous avons là un thriller de cape et d'épée mêlé de fantasy dans lequel le lecteur ne s'ennuie pas une seule seconde. Si vous n'avez jamais lu de livres de cet auteur, cette trilogie serait à mon sens une excellente entrée en matière. Elle est courte, moins de 250 pages pour chaque volume et se dévore goulûment. Je vous la conseille donc.