vendredi 7 septembre 2018

OLANGAR 1/2 de Clément Bouhélier



OLANGAR

BANS ET BARRICADES

1/2



Éditions Critic
446 pages
22 euros


4ème de couv :

Dix-sept ans ont passé depuis la bataille d’Oqananga, où la coalition entre les Elfes et les Hommes a repoussé les Orcs par-delà les frontières.
À l’approche des élections, Olangar est une capitale sous tension, véritable poudrière où seule manque l’étincelle. Tandis que les trois candidats noircissent les journaux de leurs promesses, les accidents se multiplient sur les chantiers navals ; les salaires se font attendre et la Confrérie des Nains menace d’engager un mouvement de grève d’une ampleur jamais vue. À leur tête, Baldek Istömin ira jusqu’au bout.
Au même moment, Evyna d’Enguerrand, fille d’un ancien seigneur de guerre, débarque en ville pour chercher la vérité sur la mort de son frère, soldat assassiné au Grand Mur dans d’étranges circonstances. Pour l’aider, elle fait sortir de prison Torgend Aersellson, un Elfe banni par les siens et vieil ami de son père. Ensemble, avec l'aide de Baldek, ils se lencent dans une enquête acharnée qui les mènera des bas-fonds de la cité aux confins du royaume, là où l'ombre des orcs menace encore.






Yeah, de la Fantasy avec des orcs, des elfes, des nains et des hommes ! Cela faisait longtemps ! Et tout ce monde là vit ensemble, enfin sauf les orcs… ceux-ci ont été chassés le plus à l’ouest possible lors d’une terrible guerre il y a 17 ans déjà. Depuis, le pays a vu la chute de la monarchie, l'avènement d'une république et une révolution industrielle s’installer : le chemin de fer relie les villes entre elles, celles-ci regroupant nombre d’usines qui attirent de plus en plus d’habitants avec les corollaires que l’on connaît : désertification des campagnes, cités dortoirs misérables autour des grandes villes, la classe ouvrière (essentiellement des nains, mais pas que) exploitée, des inégalités sociales de plus en plus marquées, etc. 

De la Fantasy donc, mais loin du contexte médiéval classique, que Clément Bouhélier prend le temps de nous présenter. La guerre est finie, néanmoins des attaques sporadiques de Peaux Vertes dans l’ouest menacent encore, il y a donc toujours des contingents de l’armée d’Olangar dépêchés dans ces régions.

C’est dans ce climat tendu que nous faisons la connaissance d'Evyna, fille d’un noble seigneur des Provinces du Sud qui vient à Olangar la capitale, pour enquêter sur la mort de son frère. Celui-ci venait de s’engager volontaire pour défendre son pays contre les orcs. Torgend, un elfe qui a fait la guerre aux côtés du père d'Evyna, va se rallier à sa cause et l’aider dans sa tâche. Ses motivations restent obscures, même pour lui...

Leur enquête va les amener à croiser Baldek, un des chefs de la Confrérie des nains. Ensemble ils vont soulever le voile d’un énorme complot qui se trame au sein des dirigeants de la nouvelle république d'Olangar. Politiciens véreux ou fantoches, une pègre omniprésente et organisée façon mafia sicilienne. On se croirait presque plongé dans notre monde actuel...

Alors que le mystère s'épaissit autour du décès du frère d'Evyna, il semble que beaucoup de monde aimeraient étouffer cette affaire. Ce sera une enquête mouvementée et à haut risque qui attend Torgend et Evyna. Parallèlement Baldek s'affaire à soulever tous les membres de la Confrérie dans un mouvement de grève générale afin de dénoncer le complot en haut lieu : Bans et barricades, un titre on ne peut mieux approprié.

Les personnages principaux de Clément Bouhélier sont terriblement attachants. Evyna bien sûr, une jeune femme forte mais fragilisée par la perte de son frère aîné. Torgend, un elfe plein de mystères, banni par les siens depuis la guerre, sans qu’on sache encore pourquoi. Et Baldek, notre nain syndicaliste, entier, passionné. Mais les personnages secondaires ne sont pas en reste et l’auteur prend le temps de nous les faire connaître au mieux, de telle sorte que la moindre perte, et dieu sait combien il y en a au cours de cette lutte, nous impactera !

Une plume fluide, un procédé d’écriture avec des passages en italique pour nous faire partager les pensées intimes de certains personnages, qui nous entraîne dans cet univers rude et violent. Un récit passionnant et parfois très rythmé. La scène de l’attaque à cheval d’un train à vapeur restera longtemps gravé dans ma mémoire.. Un premier tome fort et engagé que j’ai beaucoup apprécié. À noter également l’absence de cliffhanger qui ne nous empêche pas de vouloir absolument découvrir la fin de ces aventures. Et grâce à Critic il n’y aura aucune attente car la parution du tome 2 suit de très près celle du premier, c’est suffisamment rare pour le saluer !



jeudi 6 septembre 2018

LA BRISEUSE D'ILLUSIONS de Brenda Drake



LIBRARY JUMPERS 
Tome 3



Editions Lumen
Date de Parution 14/06/2018
570 pages
15 euros



Il lui suffit de tourner la page pour déclencher la fin du monde...

Nul besoin de carte d'adhérent pour emprunter les passages qui relient entre elles les plus belles bibliothèques du monde, mais ne vous y fiez pas : les pires dangers y rôdent... Les menaces que Gia Kearns affronte entre ces murs ont leur lot de dents acérées et de griffes aiguisées comme des poignards – et le magicien maléfique qui mène cette infernale sarabande semble bien décidé à débarrasser la terre de la présence de Gia ! 

Pour survivre, la jeune fille n'a qu'une seule issue : retrouver sept mystérieuses clés cachées dans les plus anciennes bibliothèque, disséminées sur toute la surface du globe, et résoudre une ultime énigme – comment s'utilisent-elles ? Elle tente de résister aux émois de son cœur qui, pense-t-elle, ne peuvent que venir perturber cette quête, mais son amour naissant pourrait bien être le seul recours quand le monde menace de s'écrouler autour d'elle... 








La série Library Jumper comporte 3 tomes et je m'étais régalée avec les deux premiers (La voleuse de secrets  et La gardienne des mensonges ). C'est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans le troisième et dernier volume, La briseuse d'illusions. Immédiatement la magie a opéré, j'ai retrouvé tous ces noms familiers, Gia, Arik, Bastien, Nana, Pop et les autres. J'ai à nouveau sauté de bibliothèques en bibliothèques avec frénésie. Oui mais voilà, d'un seul coup le soufflet est retombé et si les premières pages avaient filé comme pour les premiers opus, je me suis traînée sur la suite du roman.

Difficile d'expliquer ce retournement de situation. Gia est égale à elle-même, combative, attentive et courageuse. Arik est le beau gars blessé, mais toujours prêt à faire son devoir, Bastien est le beau gars amoureux, téméraire et loyal.
Et puis il y a ces fameux sauts de bibliothèques en bibliothèques à travers un livre portail, cette idée fabuleuse et magique dans tous les sens du terme qui donne tant de beauté à cette série.

Oui mais voilà, j'ai eu ce sentiment de trop plein. L'auteur a voulu en faire trop. Gia est trop combative, trop attentive et trop courageuse. Arik est "trop beau gars blessé" etc etc ...
Et surtout, surtout, l'action omniprésente impose aux protagonistes de sauter de bibliothèques en bibliothèques dans tous les sens au point d'en avoir le tournis, mais surtout au point d'en perdre la saveur si particulière.

Alors oui, le récit est plutôt bien ficelé, les héros sont toujours sympathiques, tout est présent dans ce roman pour en faire un troisième épisode tout aussi passionnant que les deux premiers. Mais à trop vouloir en faire, l'auteur a perdu une chose essentielle qui faisait la qualité des précédents opus: la fraîcheur. 

Évidemment ce tome est plus sombre, car le mal gagne en puissance. Gia doit se démener pour contrer Conemar mais aussi tous les membres du conseil. Le défi auquel elle fait face est immense et heureusement elle n'est pas seule. Les multiples protagonistes qui l'entourent apportent tous quelque chose à son combat, quelque soit leur nature, qu'ils appartiennent au monde des humains ou au monde des chimères. Les combats seront acharnés et les risques immenses. Comme dit plus avant le récit est toujours passionnant.

Dommage vraiment que j'ai décroché de ce troisième tome. Tout y était pour que la série complète soit un coup de coeur, mais à trop vouloir en faire, l'auteur m'a perdue en cours de route. La magie n'opérait plus. Cependant, je ne voudrais en aucun cas rebuter quelqu'un qui voudrait découvrir cette série, car son originalité est vraiment étonnante. Les amoureux des livres adoreront visiter les bibliothèques du monde entier et le monde des chimères est vraiment magique. Ce troisième tome ne fera pas partie de mes coups de coeur, mais il n'en reste pas moins que la série mérite d'être découverte.


mardi 4 septembre 2018

DRAGON BLOOD Tome 2 de Anthony Ryan

Editions Bragelonne
Parution: 13/06/2018
672 pages
25 euros



Des siècles durant, le Syndicat Négociant d’Archefer s’est appuyé sur le sang de drac – et sur les pouvoirs qu’il confère aux Sang-bénis – pour protéger son empire. Mais cette manne précieuse est venue à manquer…
Lancé à la poursuite du légendaire drac-Argent, Claydon Torcreek a découvert que celui-ci n’avait qu’une ambition : asservir le monde des hommes, à l’aide de son armée d’esclaves altérés.
Guidés par une vision, Clay et l’officier de marine renégat Hilemore détournent un navire de guerre et mettent le cap sur les eaux polaires, à la recherche d’un secret ancestral qui leur offrira peut-être la clé de la victoire. Infiltrée en territoire ennemi, l’espionne devenue diplomate Lizanne Lethridge s’efforce elle aussi de trouver des armes pour affronter leur ennemi.
Alors que le monde s’embrase et que couvent les feux d’une révolution, ce trio représente malgré lui l’ultime espoir de la civilisation…





Si vous suivez ce blog, alors vous savez que le tome 1 de Dragon Blood a été un immense coup de coeur. Il me tardait donc d'en découvrir la suite et de savoir si les promesses annoncées seraient tenues. Sans vouloir altérer le suspense de cette chronique, je peux vous dire d'ors et déjà que oui. Et pour ceux qui  lisent le roman vous remarquerez à quel point je choisis mes mots dans ma chronique ...

Parce que oui des altérés 😁 le lecteur en croise dans ce roman, et beaucoup même. L'Argent constitue son armée, une armée bestiale et innombrable. Elle est tellement puissante que rien ne peut l'arrêter. L'Argent semble invincible, on ne voit pas ce qui peut stopper sa conquête du monde. Cette question est d'ailleurs le fil rouge de cet opus. C'est d'ailleurs pour essayer d'y trouver une réponse que Clay, Lizanne et Hilemore prennent tous les risques.

Je vais commencer par Hilemore, car même si c'est le personnage qui a le droit au moins de chapitres, il n'en reste pas moins que c'est mon préféré. Sans doute parce qu'il ne semblait pas "prédestiné". On a toujours cette impression qu'il est arrivé dans cette quête par hasard, et que son caractère héroïque lui a fait prendre l'aventure à bras le corps. Ses talents de navigateur et de meneur d'homme en font un héros à part entière. Un "héros-psychologue", capable d'utiliser au mieux les dons de ses hommes. Et c'est probablement ce trait de caractère qui en fait un personnage si particulier. En tant que capitaine fraîchement nommé par la force des choses, il est entouré d'un équipage fait de bric et de broc. Mais Hilemore sait reconnaître les qualités des hommes qui l'entourent, et n'hésite pas à leur laisser l'initiative quand cela est nécessaire. Ainsi il ne se met pas lui-même en avant, ce sont toujours les qualités des autres utilisées au bon moment qui feront avancer le groupe. C'est un joli tour de force de l'auteur de créer un tel héros et rien que pour lui, le roman vaut le détour.

Restent deux héros, des vrais cette fois au sens classique du terme: Lizanne et Clay. Lizanne, une sang-bénie officielle, employée par le syndicat d'Archefer. Une femme hors du commun, entraînée pour être une espionne, une guerrière, elle va affronter la lie de l'humanité dans les fins fonds d'une cité-prison pour essayer de trouver l'homme qui pourra les aider. Trahisons, manigances et brutalité y font bon ménage et elle aura besoin de toutes ses ressources pour survivre. Et même si elle est exceptionnelle, ce n'est pas gagné pour autant.

Quant à Clay, sang-béni non officiel, il poursuit son chemin de son côté. Lui aussi est à la recherche de ce qui pourra aider les humains à vaincre l'Argent. Ses visions lui ont donné des indices et il y croit. Il va aller toujours plus loin, jusqu'à découvrir les origines de leur civilisation.

Et puis, il y a Sirus. Sirus, transformé en Altéré et qui essaye de garder son humanité. Son combat est sans doute le plus noble de tous.

Quatre héros si différents qui oeuvrent, chacun à leur façon pour trouver le moyen de contrer l'Argent. Malgré tout, malgré les succès, les échecs, les espoirs, les "possibles", il semble totalement impossible de trouver une arme ou une faille dans le plan de l'Argent et de ses Altérés. C'est une lecture plutôt pessimiste, car sincèrement je ne vois aucune issue positive à la fin de ce tome. C'est donc très perturbant car la plupart du temps ce genre de récit laisse entrevoir la lumière. Ici, le lecteur n'entrevoit que la noirceur, les quêtes semblent vouées à l'échec, ce qui rend la lecture encore plus passionnante.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est que l'auteur se permet de mélanger les genres. De "Fantasy à dragons", on passe à "Science fiction à dragons" quand Clay va de découvertes en découvertes, ou plutôt à "Post-apo à dragons". Un cocktail étonnant et détonnant, très réussi qui m'a fait penser aux psaumes d'Isaak de Ken Scholes pour le mélange des genres.


Le roman nous emmène de surprises en surprises. Aucun temps mort pendant ces presque 700 pages , écrites encore une fois en petits caractères. C'est sans doute le seul reproche que je ferai. C'est un roman dense et passionnant, mais qu'il est impossible de lire vite tant il est touffu. Les fans de dragons seront comblés, les fans de fantasy seront comblés, les fans d'aventures seront comblés, les fans de bonne lecture tout simplement seront comblés . Bref, si je dis "coup de coeur" c'est un comble non?






lundi 3 septembre 2018

L’ÎLE AU MANOIR de Estelle Faye





Éditions Scrinéo
128 pages
9,90 euros
Sortie prévue : octobre 2018


Le pitch :


Par une nuit d’hiver, sur une île de l’Atlantique, Adam aperçoit une fille étrange sur la plage en bas de chez lui. Une fille très pâle aux longs cheveux humides, qui ressemble à une noyée. En cherchant à l’aider, Adam se retrouve entraîné dans une quête dangereuse, entre le présent et le passé, entre la réalité et le rêve…








Ce petit roman jeunesse écrit par Estelle Faye inaugure une nouvelle collection chez Scrinéo dirigé par Cassandra O'Donnell. Décidément on parle beaucoup de cette dernière récemment sur Bookenstock ! :D  Une collection adaptée pour les premières vraies lectures et qui s’adresse soit au 8-10 ans, soit aux 10-12 ans. L'île au manoir s’inscrit plutôt dans cette deuxième catégorie. Il est court, moins de 130 pages et chaque page est décorée d’une frise aérant singulièrement le texte. L’aspect "pavé de texte" qui en rebute plus d'un est ainsi gommé judicieusement.






Le passage entre le livre illustré et le vrai livre se fera donc en douceur. Un premier bon point pour cette collection. Le second, et non des moindres, est le texte d’Estelle. Car celui-ci captive très vite l’attention. On rentre de suite dans le vif du sujet, le décor est planté, et immédiatement une bonne dose de mystère plane. Celui-ci est maintenu jusqu’à la fin, avec un bon suspense qui va grandissant. Une très belle amitié entre trois enfants qui vont en sauver un quatrième. Et même si pour nous adultes, l’intrigue se dévoile trop vite, (comme cette lecture d'ailleurs, juste une petite heure), je pense que ce ne sera pas le cas pour des mômes de l’âge concerné.

L’écriture de l’auteur est parfaitement adaptée, simple mais non simpliste. Et surtout, on retrouve sa faculté à créer des personnages attachants, et ma foi, en si peu de pages je trouve la performance remarquable. D’autant qu’il me semble que c’est son premier roman véritablement jeunesse. La voie des Oracles se présentait comme tel, mais alors il s’adressait à des ados bien mûrs.

L'île au manoir est un roman à mettre entre les mains de tous les gamins et plus particulièrement de ceux qui vous semblent rechigner à abandonner les livres illustrés des plus petits. Un excellent tremplin vers la littérature qui sortira début octobre. Un pari qui sera gagné assurément !



Estelle Faye sur Bookenstock c'est aussi :

*** Un mois2 et...






















vendredi 31 août 2018