vendredi 5 octobre 2012

Posez vos questions à Bénédicte Taffin Tome 2


Le premier tome de cette interview de trouve ICI
Filez le dire si ce n'est pas déjà fait, c'est passionnant!
Et venez poser vos questions à Bénédicte, elle vous attend.







Photo ©C.Helie-Gallimard


Il est minuit et je ne dors pas. Aujourd’hui est le grand jour, celui où je mettrai mon âme à nue pour les lecteurs de Book en Stock. Pas de joker ont dit Emma et Dup avec un bel ensemble. Tu auras le droit de groumpfer ont-elles aussitôt ajouté devant mon air consterné.
− Encore heureux !  grommelle Sidoine.
Je soupire. Vivre avec cette tête de mule planquée en permanence sous mon crâne n’est pas une mince affaire et s’il était seul encore, mais non, c’est qu’ils sont nombreux à se faire entendre sous ma caboche.
− Ils vont poser des questions sur nous ? questionne Oriane.
Je n’ai pas le temps d’intervenir.
− Ils peuvent toujours poser ! S’ils croient qu’on va leur répondre ! bougonne Sidoine.
− Mais bien sûr qu’on va leur répondre ! Benedict n’aurait pas accepté d’y aller si ce n’était pas pour répondre ! explique Oriane.
− Elle aurait mieux fait de nous demander notre avis !
− Eh ! C’est encore à moi de décider, non ? Je dois encore vous rappeler que vous n’êtes que le fruit de mon imagination ? Je suis déjà bien gentille de vous garder une petite place au chaud sous mon crâne !
Groumpf ! Ca y est. Je suis contaminée. Comme d’habitude, Sidoine prend l’ascendant sur moi et je suis incapable de dire lequel de nous deux pense.
− Et nous ? On nous oublie ? Il n’y en a plus que pour les petits nouveaux !
C’est au tour d’Angus de râler.
− Oui, j’aimerais bien accoucher, moi ! proteste Héléa. Quelle idée de me mettre enceinte au début d’un roman et de ne pas le terminer !
Je sens sa détresse tout au fond de moi. Je me sens désolée.
− C’est promis, je vais parler de vous et je vais même terminer le second tome d’Opale et même le troisième ! Promis ! Juré ! Craché !
− Et moi ? fait Curtis.
− Et moi ? questionne Urbain.
− Et moi ?
− Et moi ?
Groumpf !
− Chacun votre tour ! Et pas durant ce mois d’octobre. Il est dédié aux lecteurs de Dup et Phooka. Compris ? Au dodo, maintenant !
Il y a encore quelques grommellements, puis les voix se calment. J’écoute le silence. Je suis sur le point de m’endormir quand j’entends une voix jusqu’alors inconnue.
− Je m’appelle Dimitri et je suis ton prochain personnage. Le prochain.
Des scènes tambourinent aux portes de mon esprit, les entrouvrent, et je sais que je viens de perdre la bataille.
− Le prochain, Dimitri. Tu seras le prochain…



A vos claviers, venez poser vos questions à Bénédicte! 




*********


Phooka 

Coucou Bénédicte,
Je rebondis sur la réponse que tu as faite à Mina. Tu le sais, moi aussi j'aurais voulu en savoir plus sur Sidoine (on en a déjà discuté ;)) et ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule. Je comprends ton point de vue, mais il ne me convainc pas et toc ! :)

Le personnage ne me fascine pas en tant qu'homme, mais en tant que héros avec un potentiel énorme. Je verrais bien une prequelle à La pucelle, dans laquelle on apprendrait comment Sidoine est devenu ce qu'il est ...

C'est vraiment pas à l'ordre du jour?


  • Bénédicte Taffin


Coucou Emma,

Comment ça tu n'es pas convaincue ? On peut te soudoyer ? Non ? Bon...
Oui, je me souviens que tu m'en avais parlé et voilà, je suis un peu, beaucoup, têtue et je n'en ai fait qu'à ma tête.
Honnêtement, je n'avais pas pensé à faire une préquelle. D'ailleurs, a-t-on jamais entendu parler d'une préquelle pour un one-shot ? Mais pourquoi ne pas innover. Autant je me sens incapable de poursuivre l'écriture de La Pucelle, autant je me vois bien écrire une préquelle.
L'histoire est dans ma tête, après tout.
- OUAIS, ET C'EST UNE SACRÉE BON DIEU D'HISTOIRE !
Je crois que Sidoine serait partant.
- ET PLUTÔT DEUX FOIS QU'UNE, FOUTRE DIEU !
Pourquoi pas, donc...



(Yes!!!! Ca c'est une excellente nouvelle, bon tu t'y mets hein! :))




  • Ludovic Rosmorduc

Salut Bénédicte,

Deux questions en une, j'espère que tu ne m'en voudras pas!
1) As-tu trouvé difficile de passer de l'écriture d'un roman jeunesse à celle un roman adulte?
2) Je sais que, contrairement à moi qui parfois me demande si j'aurai assez d'idées pour aller au bout d'une histoire, tu débordes d'idées, notamment des idées sur d'autres romans que celui en cours d'écriture. D'où ma question, t'arrive-t-il de travailler sur plusieurs romans en même temps?
Je te souhaite un bon mois sur Book en stock, bises à toi et embrasse Emma et Dup pour moi!


(Bises à toi aussi Ludovic ! :) J'aime bien quand "nos auteurs parlent à nos auteurs !)

  • Bénédicte Taffin


Salut Ludovic,

Comment pourrais-je t’en vouloir de me poser des questions ? * Jette un œil aux dites questions * Non, non, ça va, je ne t’en veux pas. ^^

Alors, non, je n’ai pas trouvé difficile de passer de l’écriture d’un roman jeunesse à un roman adulte parce que pour moi, « Les yeux d’Opale » était un roman adulte. Je l’ai écrit comme tel et il s’est avéré par la suite que les éditeurs l’ont jugé adolescent. Donc, pour moi, j’ai écrit deux romans adultes, en fait. Par contre, d’écrire « La Pucelle et le Démon » m’a permis de mieux comprendre ce qui avait fait qu’Opale soit classé jeunesse et maintenant, je pense que je saurai mieux écrire typiquement jeunesse ou typiquement adulte.
C’est vrai que je déborde d’idées, trop même, au point d’être submergée. Il m’est arrivé de travailler sur deux romans en même temps, en fait sur la suite d’Opale et La Pucelle et j’y avais trouvé une grande satisfaction parce que ça me permettait d’attendre que les images des prochaines scènes me viennent en tête pour un roman tout en écrivant l’autre. Mais à un moment, La Pucelle a pris le pas sur la suite d’Opale et je n’ai plus réussi à travailler sur les deux en même
temps. Je pense qu’il y a des étapes dans un roman qui permettent de travailler sur deux histoires en même temps, mais que ce n’est pas toujours le cas. C’est un peu comme faire deux choses en même temps, tant qu’elles ne demandent pas trop de concentration chacune, on peut.
Des bises à toi aussi et je transmets à Emma et Dup. :)


  • Wilhelmina 
Rebonjour Bénédicte,
Une nouvelle petite question m'est venue tout à l'heure. Puisque vous semblez passionnée par l'histoire de Jeanne d'Arc, pourquoi avoir choisi d'écrire une fiction plutôt qu'un livre rassemblant différentes théories autour de ce personnage ?



  • Bénédicte Taffin
Recoucou Mina,

En fait, je n’étais pas du tout passionnée par l’histoire de Jeanne d’Arc ou même par l’histoire tout court avant de commencer à faire des recherches pour l’écriture de ce roman. Pour moi, l’histoire, c’était une série de dates et d’événements clés sans grand rapport les uns avec les autres, une sorte de meuble ikéa géant sans notice de construction, un univers figé qui ne laissait aucune possibilité à l’imagination. Je voulais m’amuser avec ce meuble ikéa, le détourner pour en faire quelque chose de complètement différent en conservant les mêmes pièces. C’est ce que j’ai commencé à faire et c’est seulement alors que j’ai réalisé le potentiel de l’histoire, le fait que chaque nouvel élément découvert remettait en question l’histoire telle qu’on nous l’a enseignée à l’école. C’est ce que je voulais mettre entre les mains du lecteur, non pas l’histoire des historiens,
mais l’histoire magique, mythique, celle dont on fait des légendes, celle qui donne envie d’en savoir plus sur les personnages, celle surtout qui fait se poser cette question « Et si cela s’était vraiment passé ainsi ? ». Parce qu’après tout, dans la Pucelle, tous les éléments clés de Jeanne d’Arc sont présents. Alors, pourquoi se contenter de rassembler les théories historiques quand on peut construire sa propre histoire ? ^^



  • Olya_la_curieuse :)

Bonjour Bénédicte et bienvenue sur Bookenstock :)

Bon, tout le monde pose des questions sur tes romans, sur Sidoine et Oriane, c'est très bien, mais je vais les laisser faire. Moi je vais faire ma grosse curieuse et poser des questions à propos de toi !

- Est ce que tu as des rituels d'écriture ?
- Est ce que tu aimes les chats ?
- Tu as répondu à l'une des questions en disant que Dune était ton roman fétiche. Est ce que tu lis majoritairement de la littérature de l'imaginaire, ou est ce que tu lis un peu de tout ?
- Est ce que tu as un travail "alimentaire" en plus d'écrire ? Si oui, comment est ce que tu arrives à concilier les deux ?

Voilà pour le moment, mais je reviendrai avec d'autres questions, car comme beaucoup le savent, je suis vraiment une grosse curieuse :D




  • Bénédicte Taffin



Bonjour Olya.

Ah, on ne m’avait pas prévenue qu’il y aurait des gens aussi curieux. ^^ En même temps, ce sont des questions légitimes et je devrais pouvoir y répondre.

Alors, non,  je n’ai  pas de  rituels d’écriture  ou alors  sur quelques séances seulement et après, je change. Mon unique besoin pour écrire est d’être seule  ! Et  je  ne  parle pas  d’être  seule  dans une  pièce  mais  bien d’être  seule, complètement seule chez moi, à  l’abri de toute interruption. J’admire  les gens qui peuvent passer  devant leur pc  entre le petit  déjeuner et le  brossage des dents et  y inscrire  quelques mots  tout en  discutant avec  leur moitié  ou en surveillant les enfants. J’en suis incapable. Il me faut beaucoup de temps  pour me mettre dans le  bain et commencer à  écrire. Je vois l’écriture  un peu comme une plongée en apnée. On modère  son souffle pendant plusieurs minutes et  après seulement on plonge,  pour remonter, et  recommencer. L’écriture est  ainsi chez moi. Il faut  que je me  détache de la  vie réelle avant  de me fondre  dans mes écrits. Peut-être  est-ce un  rituel, finalement.  ^^ Et  oui, j’aime les chats, mais je n’en ai pas, même s’il paraît qu’on n’est pas véritablement un  écrivain tant qu’on n’a pas un chat pour venir jouer les marmottes sur votre clavier.  ^^ Je lis peu et presque exclusivement de la science fiction. C’est comme ça.  J’ai beau m’essayer à d’autres genres, je  n’y trouve pas le dépaysement et  le grain de douce folie qu’il y a dans la Science Fiction. Ceci dit, j’essaye de m’ouvrir à d’autres genres. Comme  j’ai plus ou moins  décidé d’écrire un policier,  j’en lis  un  peu pour  voir  ce qui  se  fait. Mais  c’est  plus du  travail,  de la recherche, que  vraiment de  la lecture  pour le  plaisir. Non,  je n’ai  pas de travail alimentaire. Je me suis dégottée un mécène très privé, mon époux. Alors, je jongle juste entre l’écriture et ma vie de famille et c’est plutôt simple. Il y a quelqu’un dans la maison, je n’écris pas. Il n’y a personne, j’écris. ^^

Merci pour les questions et j’attends les autres avec impatience. ^^ Moi  aussi, je suis curieuse, curieuse de savoir quelles vont être tes prochaines questions. A bientôt donc. :)




Cécile Duquenne

Coucou Bénédicte, c'est encore moi ^^

La question de Wilhelmina m'a fait me poser une autre question en lien avec la sienne, que je te pose ici : est-ce que tu as pensé à revisiter, de la même manière qu'avec Jeanne d'Arc, un autre fait "mythico-historique" ? Si oui, ce serait lequel par exemple ?

Bises, et merci d'avance ^__^
Cécile.



  • Bénédicte Taffin

Coucou Cécile,


Encore toi ! ^^ Non, mais tu peux repasser autant de fois que tu veux. C’est toujours un plaisir. :) Oui, j’ai songé à faire la même chose avec un autre personnage historique. Il s’agissait du chevalier d’Eon, mais j’y ai renoncé en voyant un reportage sur sa vie. L’ambiguïté semble levée sur lui, et sa vie, surtout la fin, ne m’a pas suffisamment fait rêver. Et puis, c’est vraiment beaucoup de travail d’écrire un roman comme La Pucelle et le Démon. Même si ça ne se voit pas, j’ai passé énormément de temps à faire des recherches historiques et je ne suis pas persuadée d’avoir envie de recommencer l’aventure. Peut-être dans quelques années, quand le temps aura effacé le souvenir du travail effectué et ne laissera la place qu’au plaisir que j’ai eu pendant l’écriture.


Des bises.




Roz

J'ai terminé La pucelle et le démon cette nuit, intriguée par l'enthousiasme de ce livre, et j'ai vraiment bien aimé, même s'il est vrai que les jurons de Sidoine et de son démon m'ont quelque peu détangé par leur répétition, mais je comprends mieux le but.
Sinon de mon coté, j'aurais aimé en savoir plus sur Njorg et les différents démons/magie, donc un pré-quel ca me botte !

Sinon une petite question : Quelle a été votre méthode pour modifier les noms de villes et de personnages connus ? Ils ont tous un air de déjà vu tout en m'ayant laissé un peu dans le flou.

Merci de votre réponse !

  • Bénédicte Taffin



Bonjour Roz,

J’ai l’impression qu’il y a un consensus autour de cette préquelle. Serais-je tombée dans un piège ? ^^ Effectivement, elle devrait tourner essentiellement autour de Sidoine et de Njorg et de la magie et donc vous ravir. :)

Ma méthode pour changer les noms des villes et personnages connus ? En fait, il n’y en a pas. C’est à l’émotion. Comment j’ai fait ? Et bien, j’ai pris les noms et cherché quelque chose d’approchant, avec les mêmes consonances, tout bêtement. C’est ce qui explique cette impression de déjà vu.

Et si je puis me permettre de profiter de cette question pour en poser une à ceux qui passent sur ce blog. Je n'ai pas le droit au joker mais j'ai le droit de poser des questions, non, Emma et Dup ? Oui ? Bon... Il y a un désaccord entre les lecteurs de La Pucelle et le Démon au sujet des noms justement. Certains trouvent dommage de ne pas avoir utilisé les noms véritables alors que d’autres s’amusent à rechercher les liens. Et vous ? C’est pour un sondage. ^^

Merci pour cette question, Roz. :)



Galleane

Bonjour Bénédicte,


J'ai vraiment bien aimé le principe de réécriture de la légende de La Pucelle . D'en faire en plus une prostituée c'est bien trouvé et le tout fonctionne très bien. Cependant j'ai eu un manque de détail lors de ma lecture, sur la magie en cours dans ce monde notamment, j'ai trouvé qu'on restait centré uniquement sur l'histoire d'Oriane et Sidoine et du point de vue ce celui-ci. N'avez vous pas envisagé d'écrire par moment l'histoire sous le point de vue de la demoiselle ?

Je trouve qu'un préquelle ça peut être sympa, une manière d'avoir les informations qui m'ont manquées dans ce livre là.

Merci d'avance.


  • Bénédicte Taffin

Bonjour Galleane,

C’est vrai qu’on reste centré uniquement, ou presque, sur le point de vue de Sidoine. Et oui, j’ai été tentée de prendre le point de vue d’Oriane. D’ailleurs, dans la version de travail, il y a plusieurs passages où c’était le point de vue d’Oriane, mais ça ne me convenait pas. J’avais l’impression que le roman devenait bancal à osciller ainsi et par endroits, on ne savait plus trop où on en était. Du coup, j’ai tout réécrit du point de vue de Sidoine. Après tout, c’est son histoire à lui et son regard sur la Pucelle que je voulais raconter. Le point de vue d’Oriane n’apportait rien, à mon sens, parce qu’il collait trop à la vérité historique. Il est également vrai que je ne suis pas entrée dans le détail de la magie, tout simplement pour une question de taille et de rythme. Je voulais écrire un roman assez court, fluide et rapide. Si j’avais explicité la magie, le passé de Sidoine, Njorg et tous les éléments qui vous manquent, le roman aurait fait le double de pages et n’aurait pas eu ce côté punchy que je voulais lui donner. C’est un choix et je conçois qu’il laisse un léger goût de pas assez. Ça me désole parce que dans l’écriture, on recherche à se faire plaisir et aussi et surtout à faire plaisir au lecteur et le contrat n’est pas totalement rempli. Mais ça me plaît dans le sens où je trouve bien qu’un lecteur ne ressorte pas repu de sa lecture mais avec encore un peu d’appétit pour une bouchée supplémentaire. :) Je suis sadique. ^^ Et j’ai bien compris pour la préquelle. :)


Dup 


Est-ce-que je remets une couche sur cette idée de Préquelle ? =D

En fait ma question est plutôt pour toi personnellement. Comment fais tu pour vivre en laissant cohabiter sous ton crâne des personnages aussi différents que Sidoine et Dimitri par exemple, sans devenir un brin schizo ? Leur envergure, leur époque, le démon chez l'un, la réalité chez l'autre, tout les opposent.
Nous lecteurs, on accompagne les personnages le temps de la lecture, et même s'ils restent dans un coin de notre tête lorsqu'on a apprécié le roman, ce lien est sûrement plus fort pour l'auteur. D'ailleurs ça se voit dans tes réponses. Bref, comment es-tu en vrai ? J'aimerai être petite souris et t'observer lorsque tu es en apnée devant ton clavier.
Comment se passe le retour à la réalité ?




  • Bénédicte Taffin
Coucou Dup,


Je t’entends mal. Qu’est-ce que tu dis ? Une pré quoi ? Une prédelle ? Mais c’est que je ne sais pas dessiner, moi… Une prédelle… ^^


Ah, mais… je suis schizo. ^^ En fait, les personnages ne cohabitent pas tous en même temps sous mon crâne. L’un d’eux prend le pas sur les autres et tient le devant de la scène. Il me suffit, en général, de me concentrer sur un personnage pour qu’il soit là. Comment je suis en vrai ? Un mélange, je suppose. Tous ces gens existent parce que j’ai su trouver en moi un élément leur correspondant. Comme chacun, je suis un patchwork de petites personnalités et mes personnages sont l’exacerbation de ces petites personnalités. J’imagine que c’est ainsi. Quand j’écris, j’ai tendance à devenir le personnage qui « parle ». D’ailleurs, j’ai beaucoup de mal à écrire sous l’impulsion de Lurinok parce que c’est un être qui me répugne totalement. J’ai souvent la nausée de le voir agir et penser. Pour ceux qui n’ont pas lu Les yeux d’Opale, Lurinok est un fou dangereux. Il mériterait sans doute une préquelle lui aussi pour expliquer pourquoi il est si méchant. ^^ Le retour à la réalité se fait progressivement. Les réactions et émotions du personnage s’effritent face aux miennes, jusqu’à ce que je redevienne moi même. Et je ne laisserai personne m’observer quand j’écris ! C’est pour ça que les souris sont persona non grata chez moi. ;)



Dup

Tu vas trouver que j'insiste, mais, est-ce-que tu parles à voie haute ? Tes personnages, enfin Sidoine pour ma part, me semble tellement réel, que j'imagine facilement un dialogue entre vous deux, comme dans ton texte d'intro.


  • Bénédicte Taffin



Oh, mais tu insistes !!! ^^

Je fais souvent les dialogues à voix haute. En fait, je les écris, puis je les joue à voix haute pour voir si ça fonctionne. Je le fais surtout quand les personnages éprouvent des émotions violentes, pour vérifier qu’il est possible de dire le texte dans de telles conditions. En colère, on ne dit pas les mêmes choses qu’en sanglotant, techniquement parlant. Souvent, les mots choisis sont imprononçables ou pas assez toniques ou trop longs suivant les circonstances, alors je change et je rejoue le dialogue. Je fais ça jusqu’à ce que ça me paraisse bien. Et le pire c’est quand un mot modifié dans le texte de l’un des personnages fait que toute la suite change. Des fois, c’est un peu casse-tête, mais c’est un moment de l’écriture que j’apprécie. Mes héros prennent vraiment vie. Mais non, je ne discute pas avec mes personnages, comme dans mon texte d’intro. Ça passe davantage par l’affect, mon ressenti du personnage, de ses émotions. Ce n’est ni intellectualisé ni oral. C’est viscéral.




Cornwall


J'ai une autre question qui vient d’émerger à force de ces suggestions de préquelle. Moi je verrais plus différentes nouvelles qui viendraient compléter ton roman. Est ce que c'est un format dans lequel tu as déjà travaillé et sinon l'envisagerais tu ? Je verrais bien justement une nouvelle émanant du monde de la Pucelle dans une antho comme celle des imaginales, type "Pucelles et Démons" (^^, au hasard ...)

Hélène



  • Bénédicte Taffin


Recoucou Hélène,

C’est dingue, hein, cette idée de préquelle… Tsss… Des nouvelles ? Oui, j’ai déjà écrit des nouvelles. C’est ainsi que j’ai commencé à écrire et à être publiée. Et j’ai même remporté le Prix Pépin avec ma nouvelle « Immatérielle » en 2005. Oui, je sais, je me la pète, mais j’adore ce texte. ^^ J’ai joué le jeu cette année des microphémérides. A l’initiative de Jacques Fuentealba, des auteurs se sont réunis pour écrire de courtes nouvelles pour chaque jour de l’année. Ma dernière contribution est ici : http://www.nootilus.com/microphemeride/2012/10/02/ Effectivement, je pourrais écrire des nouvelles dans le monde de Sidoine, mais ce serait plus pour narrer des anecdotes le concernant que véritablement l’histoire de son passé. Il me faut de la place pour le raconter. :) N’empêche que j’adoooore le titre suggéré « Pucelles et Démons ». J’aimerais bien lire pareille anthologie. ^^ Il faudra le suggérer aux responsables des anthologies des Imaginales. :)





Dup


Oops, encore moi...

Oui, viscéral, tu le dis bien ! Je lis ça et là, dans les chroniques ou mêmes les questions quelques reproches quant au parlé graveleux de Sidoine et d'Arkshaar. Comment le prends-tu ?
J'avoue que moi ça m'irrite, vu le personnage de Sidoine, je le vois mal rembarrer son démon par un "Il suffit très cher !" mais oui, par un "Ta gueule !" ou un "La ferme !"...


  • Bénédicte Taffin

Mais fait comme chez toi, Dup. Oh, d’ailleurs, c’est chez toi. ^^


Ça m’étonne qu’on reproche le langage de Sidoine et d’Arkshaar. Ce ne sont pas des enfants de chœur, ni l’un ni l’autre. Sidoine est La Hire, Etienne de Vignolles, l’un des compagnons de Jehanne d’Arc, un compagnon connu pour ses jurons et ses blasphèmes. Ça fait partie intégrante du personnage. Oui, Sidoine et Arkshaar ne pensent qu’à combattre, piller, boire et à trousser des jupons et leur langage s’en ressent. Comme tu le dis si bien, Dup, leur façon de parler ne peut être châtiée. Ce sont des personnages du moyen-âge et je suis persuadée que c’était encore bien pire à l’époque. Bref, j’assume tout à fait les propos de Sidoine et de son démon. C’est pour prévenir les lecteurs que j’ai écrit le prologue, tel qu’il est. Il signifie « Attention, ce n’est pas une bluette. Il y aura du sexe, de la violence, et les mots qui vont avec. Si un tel genre ne vous tente pas, n’allez pas plus loin. » Lors des séances de dédicaces, je fais lire le prologue à ceux qui hésitent qu’ils sachent à quoi s’en tenir. Maintenant que de tels propos choquent, je peux le comprendre. Moi, je suis choquée par les « put… » et autres nkm qui se généralisent et qu’on entend à longueur de journée. Mais il y a encore plus grossier que les termes. Il y a un film que j’adore, « Un air de famille. » Dans ce film, une fille très vulgaire parle avec sa mère qui lui reproche les mots employés. Et la fille répond que ce n’est pas la vraie grossièreté, que la vraie grossièreté, c’est de traiter les gens par le mépris. Sidoine est peut-être grossier quand il parle mais il ne l’est pas dans ses actes et c’est ce qui importe, non ?

Cornwall

Je n'ai pas répondu à la question de Bénédicte, sur le choix des noms. Franchement, que ce soit différent ne m'a en rien dérangé, c'est une interprétation du mythe dans une version fantasy donc finalement pourquoi coller au réel. J'aurais davantage trouvé dommage de les garder, c'est de la fantasy c'est pas de l'uchronie non plus ^^
Pour le langage graveleux de Sidoine mais franchement lâcher lui la grappe bordel, s'il y a des péronnelle que cela trouble et bien fermer vos mirettes ;) ( un Bhargoest a pris possession de mon corps désolé)

  • Bénédicte Taffin


J’adore, Hélène. Je le savais bien que les bhargoests étaient contagieux. Un exorciste, vite ! Non ? Tu préfères le garder à demeure ce vilain démon ? ^^


19 commentaires:

  1. Cool ! cool ! cool ! tu as bien fait d’insister Emma (^-^)

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  2. Ludovic Rosmorduc5 octobre 2012 à 22:34

    Salut Bénédicte,

    Deux questions en une, j'espère que tu ne m'en voudras pas!
    1) As-tu trouvé difficile de passer de l'écriture d'un roman jeunesse à celle un roman adulte?
    2) Je sais que, contrairement à moi qui parfois me demande si j'aurai assez d'idées pour aller au bout d'une histoire, tu débordes d'idées, notamment des idées sur d'autres romans que celui en cours d'écriture. D'où ma question, t'arrive-t-il de travailler sur plusieurs romans en même temps?
    Je te souhaite un bon mois sur Book en stock, bises à toi et embrasse Emma et Dup pour moi!

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  3. Rebonjour Bénédicte,
    Une nouvelle petite question m'est venue tout à l'heure. Puisque vous semblez passionnée par l'histoire de Jeanne d'Arc, pourquoi avoir choisi d'écrire une fiction plutôt qu'un livre rassemblant différentes théories autour de ce personnage ?

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  4. Bonjour Bénédicte et bienvenue sur Bookenstock :)

    Bon, tout le monde pose des questions sur tes romans, sur Sidoine et Oriane, c'est très bien, mais je vais les laisser faire. Moi je vais faire ma grosse curieuse et poser des questions à propos de toi !

    - Est ce que tu as des rituels d'écriture ?
    - Est ce que tu aimes les chats ?
    - Tu as répondu à l'une des questions en disant que Dune était ton roman fétiche. Est ce que tu lis majoritairement de la littérature de l'imaginaire, ou est ce que tu lis un peu de tout ?
    - Est ce que tu as un travail "alimentaire" en plus d'écrire ? Si oui, comment est ce que tu arrives à concilier les deux ?

    Voilà pour le moment, mais je reviendrai avec d'autres questions, car comme beaucoup le savent, je suis vraiment une grosse curieuse :D

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  5. En effet ! (^-^) Merci beaucoup de votre réponse Bénédicte. Et puis ce serait tellement plus passionnant d'aborder l'Histoire en commençant par un roman comme le vôtre ^^

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  6. Coucou Bénédicte, c'est encore moi ^^

    La question de Wilhelmina m'a fait me poser une autre question en lien avec la sienne, que je te pose ici : est-ce que tu as pensé à revisiter, de la même manière qu'avec Jeanne d'Arc, un autre fait "mythico-historique" ? Si oui, ce serait lequel par exemple ?

    Bises, et merci d'avance ^__^
    Cécile.

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  7. Bonjour,

    J'ai terminé La pucelle et le démon cette nuit, intriguée par l'enthousiasme de ce livre, et j'ai vraiment bien aimé, même s'il est vrai que les jurons de Sidoine et de son démon m'ont quelque peu détangé par leur répétition, mais je comprends mieux le but.
    Sinon de mon coté, j'aurais aimé en savoir plus sur Njorg et les différents démons/magie, donc un pré-quel ca me botte !

    Sinon une petite question : Quelle a été votre méthode pour modifier les noms de villes et de personnages connus ? Ils ont tous un air de déjà vu tout en m'ayant laissé un peu dans le flou.

    Merci de votre réponse !

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  8. Bonjour Bénédicte,


    J'ai vraiment bien aimé le principe de réécriture de la légende de La Pucelle . D'en faire en plus une prostituée c'est bien trouvé et le tout fonctionne très bien. Cependant j'ai eu un manque de détail lors de ma lecture, sur la magie en cours dans ce monde notamment, j'ai trouvé qu'on restait centré uniquement sur l'histoire d'Oriane et Sidoine et du point de vue ce celui-ci. N'avez vous pas envisagé d'écrire par moment l'histoire sous le point de vue de la demoiselle ?

    Je trouve qu'un préquelle ça peut être sympa, une manière d'avoir les informations qui m'ont manquées dans ce livre là.

    Merci d'avance.

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  9. Est-ce-que je remets une couche sur cette idée de Préquelle ? =D

    En fait ma question est plutôt pour toi personnellement. Comment fais tu pour vivre en laissant cohabiter sous ton crâne des personnages aussi différents que Sidoine et Dimitri par exemple, sans devenir un brin schizo ? Leur envergure, leur époque, le démon chez l'un, la réalité chez l'autre, tout les opposent.
    Nous lecteurs, on accompagne les personnages le temps de la lecture, et même s'ils restent dans un coin de notre tête lorsqu'on a apprécié le roman, ce lien est sûrement plus fort pour l'auteur. D'ailleurs ça se voit dans tes réponses. Bref, comment es-tu en vrai ? J'aimerai être petite souris et t'observer lorsque tu es en apnée devant ton clavier.
    Comment se passe le retour à la réalité ?

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  10. Tu vas trouver que j'insiste, mais, est-ce-que tu parles à voie haute ? Tes personnages, enfin Sidoine pour ma part, me semble tellement réel, que j'imagine facilement un dialogue entre vous deux, comme dans ton texte d'intro.

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  11. J'ai une autre question qui vient d’émerger à force de ces suggestions de préquelle. Moi je verrais plus différentes nouvelles qui viendraient compléter ton roman. Est ce que c'est un format dans lequel tu as déjà travaillé et sinon l'envisagerais tu ? Je verrais bien justement une nouvelle émanant du monde de la Pucelle dans une antho comme celle des imaginales, type "Pucelles et Démons" (^^, au hasard ...)

    Hélène

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  12. Oops, encore moi...

    Oui, viscéral, tu le dis bien ! Je lis ça et là, dans les chroniques ou mêmes les questions quelques reproches quant au parlé graveleux de Sidoine et d'Arkshaar. Comment le prends-tu ?
    J'avoue que moi ça m'irrite, vu le personnage de Sidoine, je le vois mal rembarrer son démon par un "Il suffit très cher !" mais oui, par un "Ta gueule !" ou un "La ferme !"...

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  13. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  14. Je n'ai pas répondu à la question de Bénédicte, sur le choix des noms. Franchement, que ce soit différent ne m'a en rien dérangé, c'est une interprétation du mythe dans une version fantasy donc finalement pourquoi coller au réel. J'aurais davantage trouvé dommage de les garder, c'est de la fantasy c'est pas de l'uchronie non plus ^^
    Pour le langage graveleux de Sidoine mais franchement lâcher lui la grappe bordel, s'il y a des péronnelles que cela troublent et bien fermer vos mirettes ;) ( un Bhargoest a pris possession de mon corps désolé)

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  15. Pour répondre à votre question sondage Bénédicte, je préfère m'amuser à deviner les références que de lire les vrais noms de ville ! (^-^) ça ne ferait pas assez fiction

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    1. Je plussoie :))
      C'est même un jeu fort agréable !

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  16. De mon côté, je suis assez partagée sur le floutage des noms, car fière d'avoir trouvé certaines correspondances, mais frustrée des non trouvées (surtout pour les personnages d'ailleurs, certains restent assez flous) mais ca fait partie de charme du livre, je pense, qui permet de garder la trame historique en fond, tout en se plongeant avec Sidoine et Oriane.
    Merci pour votre réponse !

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  17. Bonjour :)
    J'ai l'impression d'arriver un peu après la bataille... mais j'ai lu les deux tomes de l'interview avec intérêt, j'y ai trouvé pas mal de réponses à mes questions (oui, je fais partie des insatisfaits qui auraient teeeeellement voulu en savoir davantage sur la relation de Sidoine et Arkshaar). En plus, Olya est passée avant moi et généralement comme nous avons une transmission de pensées, elle demande exactement ce que j'aimerai savoir. Je vais donc poser la question très sérieuse des 3C.
    A quoi carbures-tu ? Café, Chocolat ou Cocaïne ? Les trois à la fois ?

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  18. Diagnostique : Inexorcisable, sauf que grâce à la lecture de "La Pucelle et le démon", j'ai enfin un nom à mettre sur mon mal : Le Bhargoest ! Mon plus gros problème c'est que celui ci s'exprime la plus part du temps devant les enfants ...

    Bénédicte carbure également au Bhargoest, j'en suis certaine ^^ (d'ailleurs tes/ton enfants le vivent comment ?)

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