mardi 4 février 2014

Interview de THOMAS GEHA - Tome 2 -



Pour retrouver le tome 1 c'est ICI
Et je précise que les commentaires sont aussi succulents que l'ITV, mdr !





Le Tombeau.



Il avait fallu un temps fou avant de localiser le planétoïde criblé de cratères. Encore plus pour situer LA grotte qui intéressait Marcus et Raugri.

Cependant, Le Vieux Mais Joli Lapin Rose se posa avec peine à l’intérieur de la cavité obscure. Il faut dire que l’accès au boyau était étroit ; la coque de l’engin, du coup, râpait les parois bosselées.

Une fois le Lapin définitivement stabilisé, Marcus et Raugri enfilèrent leurs scaphandres de sortie en silence. Le Tanopien bougonnait un peu : ces combinaisons n’étaient pas prévues pour sa morphologie de grand félin humanoïde, mais un bon tech d’Amarmitimiramia, deuxième ville la plus importante de Tanope, moins de cent mille habitants, l’avait recomposée – à peu près – à sa mesure.

« Marcus ! hurla Raugri dans son transmetteur. Y’a intérêt à ce qu’on ne rentre pas bredouilles, hein ! Je détesterais devoir t’étouffer dans ton sommeil. »

« Calme, mon ami. Respire un grand coup et avale une pilule ! »

Un grognement revint dans les oreilles de Marcus.

« Quoi encore ? demanda le prospecteur. »

« Mes pilules. J’ai oublié de les insérer dans le système nutritionnel. »

Les deux amis sortaient à présent de leur appareil. Pas un son ne parvenait à leurs oreilles, dans cette grotte dépourvue d’atmosphère et de gravité. Marcus attendait qu’ils soient en bas de la coursive, de mettre pied dans la couche de poussière de la grotte, pour activer l’autograv. Ce système permettait de générer de la gravité autour d’eux, au fur et à mesure qu’ils avançaient. Mais il fallait l’économiser au maximum. Le truc bouffait une énergie dingue. S’ils l’utilisaient un peu trop longtemps, tous les circuits électroniques de leurs scaphandres pouvaient griller.

Mais ils ne pensaient pas au pire. Ils pensaient au trésor dont ils avaient retrouvé la trace et qu’ils pourraient revendre pour acheter un moteur auxiliaire, ou peut-être un module complémentaire, comme une tourelle de défense avec lanceur plasma inclus.

« Si ça vient d’la Terre / J’mets les quat’ fers en l’air / Si ça vient d’la Terre / J’s’rai riche mon frère / Si ça vient d’la Terre / J’me saoule et j’rends mes viscères… », chantonnait gaiment Raugri – ou braillait aurait précisé Marcus – tout en balayant les environs avec le faisceau puissant de sa torche.

C’est lui qui découvrit la première arcade, sculptée à même la roche de la grotte. Un fronton couvert de poussière offrait à leur vue trois lettres sculptées : BeS.

« T’as une idée de ce que ça signifie, Marcus ? »

Marcus souleva les épaules sous sa combinaison.

« Bois en Silence ? »

« T’es un marrant, en fait, toi. J’ai bien fait de te sauver les miches sur Tanope. »

Ils continuèrent de progresser dans l’obscurité seulement perturbée par leurs rais de lumière. Passèrent deux autres arcades aux frontons cryptiques : Ci-gît E.P et Ci-gît D. Pour cette dernière inscription, seule la première lettre existait encore, les autres avaient disparu suite à une fissure dans la pierre, qui avait fait s’écrouler la moitié du fronton.

« Par tous les gredins de l’espace !, s’écria Marcus. Je commence à comprendre. »

Raugri miaula dans les hauts-parleurs.

« Tu ne partagerais pas ta soudaine illumination, par hasard ? »

Le rire de Marcus lui répondit, en lieu et place d’explications. L’aventurier daigna quand même lâcher quelques mots :

« Dans quelques minutes, tu comprendras tout ! Nous sommes bien au bon endroit.»

Quelques minutes, c’était long. Surtout pour un grand chat bougon. Et Marcus recevait fréquemment quelques insultes bien senties dans les oreilles.

Alors que Raugri allait lancer joyeusement un « espèce d’humain dégénéré de huitième génération », il s’arrêta net. Marcus avait également stoppé sa progression. Une salle, aussi large que haute, leur faisait face. Ou les deux explorateurs lui faisaient face. Ce n’était qu’une question de point de vue.

« J’espère que la salle n’est pas protégée par un Ver-de-Lunes », maugréa Raugri, qui n’osait faire un pas de plus.

« Je ne crois pas, commenta Marcus. Celles qui ont construit ce mausolée étaient pacifistes. Elles voulaient juste honorer la mémoire des deux fondatrices de ce culte désormais un peu oublié. »

« Alors, tu veux veux dire… on a trouvé… »

Marcus hocha la tête.

« Oui, on a trouvé. BeS. Book en Stock. Le tombeau, et les archives.»

Marcus se tut et tendit un doigt vers le fonds de la salle.

« Regarde, Raugri. Deux sarcophages. »

« Les célèbres Emma Phooka et Dupinette ! »

Raugri émit un sifflement admiratif et reprit :

« Eh bien, mon Marcus… »

Ils explorèrent les alentours des cercueils en pierre, sans désir de les profaner – ils n’étaient pas là pour ça et respectaient le sommeil éternel des deux légendes de la Blogosphère – et découvrirent ce qu’ils étaient venu récupérer : les Archives de Book en Stock et notamment celles des fameux « Mois de » restés dans l’Histoire, parce que de grands noms de la littérature y avaient participé, des légendes comme Christian Léourier, David S. Khara, Ludovic Rosmorduc, Marika Gallman… et bien d’autres ! Book en Stock était ensuite devenu une religion, qui avait longtemps perduré ! Les Historiens et les Philosophes avaient longtemps débattu sur ce culte pacifiste, basé sur la toute puissance des Littératures de L’Imaginaire.

Les propos perdus de tous ces écrivains allaient pouvoir refaire surface et enchanter archéologues et historiens ! Et Marcus et Raugri – après tout, c’est ça le travail de prospecteur – allaient revendre ces informations assez cher pour réaliser une partie de leurs vœux : améliorer Le Vieux Mais Joli Lapin Rose. Pas de quoi acheter un chiffonneur, sans doute, mais chaque chose en son temps !

Les archives étaient enfermées dans un bas-relief du cercueil d’Emma Phooka. Tout était enregistré sur une… antique clef USB. Il n’y avait aucun doute : sur le métal était inscrit : archives blog BeS 2010-2120. Ça prendrait du temps, vieille technologie oblige, mais Raugri et Marcus sauraient lui faire cracher des mégaoctets de données.

***

Un mois plus tard, sur son vieil holobook, tandis que Raugri rangeait ses caisses de pilules régénératrices achetées avec la petite fortune récupérée en vendant les archives de Book en Stock au Cosmopolis Poli, le pus grand journal de la planète Valtor, Marcus lisait tranquillement le premier « Mois de ». Un certain Thomas Geha y était interviewé. 

Bah, se dit l’aventurier, peu intéressé, il leur fallait bien un début ! 





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Merci pour ces réponses.
Oui, je vais courir me le procurer au plus vite… car tout ça a "fortement" émoustillé mon envie de lire le tome 2…

En fait, tu as une sacré palette d'auteurs, mais pas de MAITRE INCONTESTE DONC ! beaucoup d'influences diverses, c'est très enrichissant, penses tu que cela t'aide à diversifier et élargir ton champs d'investigation, d'imagination et surtout d'écriture. J'adore les thrillers fantastiques (a bon entendeur salut) … ! C'est pour ça que j'ai hâte de lire ce roman avec Anne Fakhouri, un univers qui devrait s'en rapprocher, non ? …attendons octobre.

Petite question a deux balles, Est ce qu'on te demande des autographes dans la librairie ou tu travailles quand on achète tes livres, bien sûr… Arrives-tu à passer incognito ? Conseilles-tu tes livres et quels sont tes arguments de vente !?



Thomas :

Héhé, non, pas de maître incontesté effectivement. Jack Vance, Colette, Stevenson ou Jack London pourraient s’en rapprocher. Julia Verlanger m’a redonné goût à la lecture dans une période où je commençais à être sec. Et, en effet, ils ont tous une influence notable sur mon propre travail. J’ai lu ici et là, et je m’en suis moi-même réclamé, que j’étais un auteur verlangien. Nous ne sommes pas beaucoup dans ce cas-là, alors je prends cette étiquette avec plaisir ; j’aimerais toujours Verlanger.

Tu as bien vu pour notre roman à Anne et moi, il est écrit avec un rythme de thriller.

Pour ta (tes) question(s) à deux balles, je te rassure, elle ne l’est pas tant que ça ; elle est même plutôt vicieuse (tu seras fouettée pour ça) : Prenons les choses dans l’ordre : oui, il arrive qu’on me demande des dédicaces à la librairie. Je n’aime pas trop ça, mais c’est la life, je les fais quand même avec plaisir. Donc oui, aussi, je passe 99 fois sur 100 clients incognito, étant donné que l’on vend beaucoup plus de BD que de romans (ouf, je ne suis pas scénariste de BD !). Ensuite, oui, ça m’arrive de conseiller mes livres, quand je sens que c’est possible. Ça n’arrive pas si souvent, d’une part parce que j’ai tendance à préférer les livres des autres, que je suis un libraire qui défend les autres, et parce qu’il faut bien admettre une chose : si je peux être diabolique pour conseiller les autres romanciers, je suis juste useless quand il s’agit de fourguer les miens. Je suis très mauvais à ça. Après, évidemment, j’ai des collègues qui conseillent peut-être plus mes propres livres que moi et j’ai des clients qui, au fur et à mesure du temps, ont appris que j’écrivais et publiais, et ce depuis 2005 et la sortie de A comme Alone. Alors, ils me suivent à chaque parution et je les en remercie. Par exemple, Sous l’ombre des étoiles s’est déjà vendu à plus de 50 exemplaires dans ma librairie depuis sa sortie en décembre, sans que je fasse de forcing. Le premier Alone, sur la durée, a dû se vendre à plus de 300 exemplaires. Quand même.


Lune :


Et sinon, question : est-ce qu'on est pessimiste quand on écrit du post-apo ?


Thomas :

Ma chère amie, je me disais, aussi, que tu me poserais bien une petite question post-apo avant la fin de ce mois de ! Chouette ! Toi et moi, on s’est un peu vachement bien entendus sur ce thème, et c’est ce qui nous a fait nous connaître ! Bon, moi je suis un éternel optimiste. Je trouve mes Alones plutôt optimistes. C’est avant tout du roman d’aventures, dans un cadre post-apo. Ensuite, le genre est souvent un outil du pessimisme, très utile et pertinent pour dénoncer les travers de notre société. Un post-apo raconte à quasi 100% les conséquences de nos conneries. Très peu de romans du genre prennent comme idée de départ une fin du monde où la responsabilité de l’homme n’est pas en jeu. Je suis moi-même, avec les Alones, dans ce cas de figure. Donc, il y a toujours une part de pessimisme dans un post-apo : c’est l’absence de confiance en l’homme, en sa capacité à ne pas s’auto-détruire au bout du chemin qu’il trace. A partir de ce constat, la jauge de pessimisme est plus ou moins élevée. Elle explose dans La Route de Cormac McCarthy, Plop de Rafael Pinedo ou Gueule de Truie de Justine Niogret, elle stagne à niveau raisonnable dans mes Alone, notamment parce que de mon côté, le style est plus « friendly » et truffé de second degré. Allez, hop, j’étaye mon propos avec un extrait, premier test/jet que j’ai pondu pour la nouvelle inédite de l’intégrale Alone (et que je n’ai pas conservé, étant parti dans une autre direction narrative) :


Un bruit de moteur a rugi, et une voix s’est élevée, couvrant le ronronnement :

« On sait que t’es là, gamine ! On va pas te faire de mal. Sors ou on explose la baraque !

– Mais bien sûr ! », a crié Grise.

Elle s’est activée un peu plus, profitant du bruit du moteur pour démolir un mur de pierre déjà branlant.

Les types, des Pèlerinceurs, la traquaient depuis une bonne journée, comme un jeu. Pas compliqué de comprendre ce qui les intéressait. Grise n’avait rien du laideron, du haut de ses dix-sept ans. Et les Pèlerinceurs, eux, n’avaient rien d’une organisation humanitaire. Ils voulaient s’amuser. Pas elle. L’équation était donc simple, pour une Alone comme elle : trouver un moyen de les semer.

Plus facile à dire qu’à mettre en pratique : ses poursuivants avaient un bon pisteur. Et tout ce qu’elle avait déployé en trésor d’imagination pour effacer ses traces n’avait servi rien. À chaque fois, ils l’avaient retrouvée.

Jusqu’à ce qu’elle parvienne devant cette maison, qu’elle avait choisie parce qu’elle était minuscule, sans étage, deux pièces uniquement. Ainsi, elle pouvait en surveiller toutes les issues possibles.

Deux minutes plus tard, elle avait fini de démolir une partie du mur, qui donnait vers l’arrière de la maison. Satisfaite, elle s’engouffra dans la brèche. La nuit tombait et elle reçut en pleine figure un vent frais.

Alors qu’elle allait amorcer un sprint vers la forêt qui jouxtait l’endroit, un coup sur la tête lui fit voir trente-six chandelles.

– Prends-nous pour des cons, aussi, entendit-elle, alors que sa vue se brouillait.

Ah, ça. Elle avait compté là-dessus, évidemment.

Bon, vous voyez, c’est du léger. C’est pas parce que c’est du post-apo qu’on ne peut pas s’amuser. En revanche, je peux élever le niveau de la jauge moi aussi. C’est ce que je fais lentement avec mon projet [ré]visions apocalyptiques. Petit extrait itou :


C'était je crois la fin 20XX, et jusqu'alors je n'avais pas cru que je pourrais y survivre. Il y avait du feu dans le ciel et de l'eau pour noyer mon cœur. Mes yeux brûlés fixaient un horizon qui se dérobait dans un voile de chaleur, mon visage de suie dégoulinait de sueur ; une goutte, deux gouttes et elles rigolent ; et l'eau se récupère dans un pot de verre fixé à ma poitrine, côté droit. Oui, le cœur empesé de mon eau, de ma substance, je faiblissais vers l'horizon, sans attente autre qu'une mort à venir, douloureuse, fer passé aux flammes, plaqué sur ma peau déjà meurtrie ; ma gorge allait rugir d'un cri, primal, puis elle vomirait une âme à demi-dévorée, et un corps s'effondrerait sur une route crasseuse ; la poussière le couvrirait. Mais le feu dans le ciel. Et cette eau sur ma poitrine. Seraient les derniers signes : adieu, peut-être, car comment imaginer demain.


Préparez-vous, celui-là sera brutal :)

Xapur LeMystique :

Salut Thomas
Moi aussi j'avais mal vécu la fin du 1er tome du Sabre de Sang ;)
Referas-tu un jour une petite virée dans cet univers (comme pour ta nouvelle "La Dette" ?) ou penses-tu en avoir fini avec ce monde-là ? Bravo d'ailleurs pour la parution chez Folio SF !

Que penses-tu du rôle des "petits" éditeurs comme Critic qui me semblent faire bien plus office de découvreurs de talents que les "gros" ? Voire de préservateurs du patrimoine comme tu l'as fait avec Ad Astra pour Lanmeur (encore merci - et sacré postface du tome 3 !).

Allez j'y vais, j'ai "Sous l'ombre des étoiles" à finir et "Les Créateurs" à commencer :)

Thomas :


Ave Xapur !


Le Sabre de Sang… oui, j’y reviendrai, c’est une certitude, d’autant que j’ai un bon tiers, ou une moitié, je ne sais plus, de roman qui se déroule dans le même univers, d’écrit. J’ai mis fin à ce projet pour me lancer dans le roman jeunesse que me proposait Rageot. Dans les faits, j’ai même le contrat signé pour ce tome 3 ; dans la réalité, il faudra que mon éditeur soit intéressé par un roman de plus dans cet univers. Je ne sais pas encore moi-même, je n’ai pas tranché. Je suis passé à d’autres projets, on me propose plus d’écrire de la science-fiction en ce moment, d’autant que le space-opera a le vent en poupe et que mon éditeur est particulièrement friand de ce genre de récits. Quant aux nouvelles dans l’univers du Sabre, ce n’est pas impossible que j’y revienne, mais juste pour me faire plaisir. Quelques personnages mériteraient que j’y revienne.


Quant à ta question numéro 2, je dirais que c’est évidemment la vocation des éditions Critic que d’être un découvreur. Je dirais même que c’est la vocation des libraires de Critic : faire découvrir de nouveaux talents, de nouvelles plumes, et, d’un autre côté, faire vivre (ou essayer de faire vivre) un patrimoine d’une richesse incroyable. Nous sommes de vrais amoureux des littératures de l’imaginaire. Quand Dystopia Workshop réédite un des mes textes préférés, Les Soldats de la Mer, d’Yves et Ada Rémy, je le défends de la même façon que le dernier roman de Xavier Mauméjean, American Gothic, que j’ai adoré, ou récemment que Nosfera2 de Joe Hill que moi et mes collègues avons très très gravement kiffé. En tant qu’éditeur, quand Critic découvre Dominium Mundi de François Baranger, ou Point Zéro d’Antoine Tracqui, il défend ces textes avec l’ardeur du libraire, devenu éditeur. C’est ce qu’on aime : faire découvrir des textes, dans tout le spectre des littératures de l’imaginaire. Du plus populaire (PJ Herault, que Critic réédite d’ailleurs), au texte le plus littéraire (La maison des Feuilles, par exemple). Il n’y a pas de vérité. Enfin, si, il y en a une : on défend les textes que l’on aime, sans élitisme, avec éclectisme, parce que c’est cet éclectisme dans les littératures de l’imaginaire qui prouve la diversité et la richesse de ses genres, et celles de leurs lecteurs. Je ne sais pas si les « gros » éditeurs, ou les grosses librairies font moins ce travail, peut-être que cela se voit moins, souvent aussi parce que les structures sont plus grosses, justement.

Lune :

Merci de ta réponse !

Je suis moi aussi particulièrement optimiste. J'adore lire du post-apo, léger comme les Alone, ou plombant comme Exodes de Ligny : tu l'as lu ? Qu'en as-tu pensé ?

Souvent je me demande pourquoi j'aime lire ce genre. Lucidité malgré mon optimisme ? Sadisme ? Moyen de se dire : "jusqu'ici tout va bien" ?

Autant te dire que j'attends avec impatience, tu le sais, tes [Ré]Visions apocalyptiques ;-)


Thomas :

Eh oui, Lune, j'ai lu et aimé Exodes de Jean-Marc Ligny, tout comme AquaTM. J'attends impatiemment le troisième. J'adore cet auteur depuis tout jeuneot. ll m'impressionnait, peut-être parce qu'il vivait par chez moi, à Lannion. Alors, une fois, je l'ai rencontré par hasard dans le train quand j'étais ado. J'étais justement en train (lol) de lire un de ses livres. Il ne m'a pas vu, et je n'ai pas osé aller le voir. De toute façon, il avait le casque sur les oreilles et écoutait de la musique bien sauvage ! La fois suivante, j'avais vu qu'il était en dédicace sur un salon du livre à Guerlesquin (près de chez mi aussi) : j'y suis allé en bon fan-boy timide, avec ma mère, et je me suis fait dédicacer quelques livres. Plus tard, avec une association rennaise qui s'appelait Skiant-Faltazi, on l'a fait venir pour une rencontre à la librairie Critic (pas sûr que j'y travaillais déjà). Depuis, je l'ai croisé de nombreuses fois sur des salons du livre, mais pas sûr qu'il me calcule, en fait :)

Cornwall :

Voilà quand on bosse sans moyens de com, on se fait piquer ces questions ?:p
Tes textes gagnent de plus en plus en finesse et deviennent d'excellents vecteurs d'émotions, j'en veux pour preuve d'avoir pigné sur trois de tes nouvelles, la dernière en date étant « Ciel bleu d'un hiver à jamais », qui effectivement n'est pas du tout dans le même registre de post-apo que les Alones. Recherches-tu à déclencher ces émotions lors de ton écriture ( ou alors c'est moi qui pigne pour un rien ?! ) ?

Thomas :


Je crois que… oui, évidemment ! La littérature est un vecteur d’émotion par excellence. Les mots véhiculent tout. Et on peut parfaitement, comme des mules, les charger d’émotion. J’avoue avoir une affection particulière pour les belles histoires (elles sont souvent tristes, vous avez remarqué?^^), comme Des Souris et des hommes par exemple. Seul le style, la façon dont on s’en sert, peut apporter cette émotion. Et le style est -normalement– indissociable de son auteur, parfois pour le pire d’ailleurs :)))


Et pour répondre à Lune, qui s’interroge sur mon évolution vers une écriture plus intimiste…eh bien, en réalité, quand on lit mes premiers textes, j’étais déjà dans cette veine-là. Mon premier texte publié, Solène, est une histoire d’amour tragique. C’est ensuite, avec mon premier roman à la Rivière Blanche, et ma rencontre avec l’œuvre de Julia Verlanger, que je me suis tourné vers une littérature d’aventures, dynamique, fun, cool. Que j’adore, et que je vais continuer à écrire (La preuve, c’est exactement ce qu’on fait avec Anne Fakhouri, un roman cool). Donc, non, il n’y a pas d’évolution à proprement parler dans ma façon d’écrire (bien que j’aie l’audace de croire que je m’améliore au fur et à mesure de mes publications), je crois que j’aime juste varier les plaisirs.



Bonjour Thomas,
je suis une de tes très récentes lectrices avec Sous l'ombre des étoiles. La fin m'a laissée sur ma faim, j'imagine (espère) qu'il y aura plusieurs tomes?
Je n'est pas encore lu les discussions du premiers mois de, alors au risque de répéter une question déjà posée : qu'est-ce qui t'a amené à l'écriture de SFFF ?
Maintenant je retourne à mes réflexions rêveuses à Rennes.... le train Brest-Rennes..... (oui encore une bretonne, mais expatriée).


Thomas :


Héhé, tout d’abord, merci Mariejuliet (dite l’expat’ bretonne!) d’être montée dans l’avion (l’astronef?) de ce mois de qui m’est consacré ! Tout d’abord, pour répondre à ta première question (et celle de Ramettes, du coup), oui, Sous l’ombre des étoiles fait partie d’une série de romans et nouvelles : les Planètes Pirates. Sous l’ombre des étoiles est le tome 0, un peu celui que j’ai pensé comme le livre charnière pour ce qui viendra ensuite. On retrouvera donc la planète Seinbeck dans un prochain roman. Mais si tu souhaites poursuivre dans le cycle, il y a déjà un autre tome (très différent de celui-ci) disponible chez mon éditeur, Rivière Blanche, intitulé La guerre des chiffonneurs, qui est le tome 1. Il y a également une nouvelle, Les Tiges, disponible dans l’anthologie Destination Univers, aux édition Griffe d’Encre. D’autres romans et nouvelles viendront donc compléter cette fresque galactique :)


Quant à ce qui m’a amené à l’écriture de SFFF, eh bien, c’est une prof de français de 6ème, madame Bédouet, qui nous faisait écrire, au fur et à mesure de l’année, des rédactions avec un héros récurrent (le mien s’appelait Arcanlôt). Bon, on dirait que j’ai continué après :)Cela dit, j’avais déjà écrit un ou deux poèmes en CM2, j’étais déjà un gros lecteur, donc j’imagine que les germes de l’écrivain ont toujours été là, en moi !



Rennes … ce n'est pas loin de la Vendée, aurais-je la chance de te rencontrer au printemps de Montaigu, un salon du livre qui gagne en ampleur et qualité chaque année ! Tu y aurais ta place, la liste des invités n'est pas encore éditée sur leur site !
D'ailleurs comment cela se passe-t-il pour les salons, on t'invite ou tu fais une demande ?
Quel est le salon que tu as le plus aimé faire et celui que tu redoutes ?
Merci Thomas, bonne journée


Thomas :

Dear Unicorn. Encore merci pour tes nombreuses questions ! Je ne serai pas au salon de Montaigu, n’ayant jamais été contacté par leurs soins. J’imagine qu’ils ne sont pas très branchés SFFF :) Mais je serai sur plein d’autres salons/festivals, comme le Salon du Livre à Paris, Rue des Livres à Rennes, Les Imaginales à Epinal, Etonnants Voyageurs à St-Malo, ImaJn’Ere à Angers… voilà déjà un bon programme. J’aimerais me déplacer plus dans certaines régions, mais les invitations ne sont pas au rendez-vous ! Et je ne me déplace que si je suis invité. Les auteurs n’ont hélas pas un porte-monnaie extensible (en tout cas le mien ne l’est pas) et les frais de déplacement sont souvent insurmontables. Donc, je ne m’inscris pas aux salons… j’attends les invitations, si elle viennent tant mieux, si pas, eh bien tant pis !

A part ça, le salon que je préfère, c’est ImaJ’n’Ere à Angers. Petit mais convivial au possible. Parmi les festivals, mon chouchou a longtemps été Etonnants Voyageurs (quand j’étais étudiant, il ne coûtait pas encore la peau des ongles en billet d’entrée!), largement remplacé dans mon ‘ti cœur par Rue des Livres à Rennes (comme quoi, pas besoin d’aller bien loin). J’aime beaucoup les Imaginales, aussi. Les bords de la Moselle sont bien jolis, et j’y ai souvent fait des rencontres incroyables, comme Robert Sheckley par exemple. Je ne redoute qu’un seul salon, celui de Paris, pas ma came…


Est-ce que tu penses publier un nouveau recueil de nouvelles dans les années qui viennent ?

Thomas :

Oui ! Mais le quand n’est pas à l’ordre du jour, hélas !



25 commentaires:

  1. Merci de ta réponse !

    Je suis moi aussi particulièrement optimiste. J'adore lire du post-apo, léger comme les Alone, ou plombant comme Exodes de Ligny : tu l'as lu ? Qu'en as-tu pensé ?

    Souvent je me demande pourquoi j'aime lire ce genre. Lucidité malgré mon optimisme ? Sadisme ? Moyen de se dire : "jusqu'ici tout va bien" ?

    Autant te dire que j'attends avec impatience, tu le sais, tes [Ré]Visions apocalyptiques ;-)

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  2. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  3. Voilà quand on bosse sans moyens de com, on se fait piquer ces questions ?:p


    Tes textes gagnent de plus en plus en finesse et deviennent d'excellents vecteurs d'émotions, j'en veux pour preuve d'avoir pigné sur trois de tes nouvelles, la dernière en date étant « Ciel bleu d'un hiver à jamais », qui effectivement n'est pas du tout dans le même registre de post-apo que les Alones. Recherches-tu à déclencher ces émotions lors de ton écriture ( ou alors c'est moi qui pigne pour un rien ?!)

    ( Lune la réponse à ta question : T'es une sadique !)
    Quant à moi, le post-apo, ça m'exalte de voir l'Homme se dépatouiller dans la merde qu'il a produit et je pense qu'il n'y même pas à avoir être pessimiste pour écrire et aimer du post-apo, il suffit d'être réaliste. Et puis ça me conforte sur l'opinion que j'ai de l'Homme, à savoir une égale capacité à survivre qu'à détruire.

    Sinon je te remercie de tes réponses, j'ai Elfes et assassins qui m'attend il va falloir que je m'y plonge avant octobre !!

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    1. Bouhahahahahahaaaaaaaaa oui je suis sadique. Mais chut faut pas le dire.

      Moi j'ai une question qui rejoint exactement celle de Choupinette, voilà ce que c'est de laisser la place aux autres pour qu'ils posent des questions : en 2011 tu écris La Guerre des Chiffonneurs, un space-op déjanté, léger, Serenity mode. En 2013 tu écris Sous l'ombre des étoiles, dans le même univers, un planet-op sensible, qui fait penser à du Léourier, et des paysages à tomber, style Genefort. C'est ton écriture qui a évolué, ou ton état d'esprit ?

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    2. arggg le coup bas, venir ici me qualifier de Choupinette alors que je viens de déverser mon fiel misanthropique t'as pas honte non ?!

      Sinon, très bonne question de Lune, je pense même qu'elle me l'a piqué de la façon la plus sournoise, Patrick sort de ce corps :p

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    3. Faut dire qu'on en avait parlé aux Utopiales, Lune c'est rien qu'une chapardeuse d'idées ! :D

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    4. Hého ! Je ne suis pas QUE belle. J'ai aussi un cerveau. SVP. (LOOOOOL)

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    5. Ben oui, tu te souviens de nos conversations de novembre. :D

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    6. Non mais c'est quoi ce Flood les enfants là !!
      C'est le mois de Thomas Geha.
      On va pas se la faire ingérence des blogueurs chieurs, même si on fait ça très bien ^^

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    7. Blogueurs chieurs ? Mince c'est vrai que vous faites ça super bien !! gniark,gniark !

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    8. Ah ben voilà, on s'est fait chiper par l'ancienne, va falloir se tenir maintenant :p

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    9. La Vénérable, steuplé! attention aux titres !

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    10. Laure Canne, en fait non je ne m'en rappelais plus jusqu'à ce que tu en parles, et je m'en excuse :p

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    11. Mais je ne t'en veux ma petite Lune, rassure-toi ! ;)

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  4. Bonjour Thomas,
    je suis une de tes très récentes lectrices avec Sous l'ombre des étoiles. La fin m'a laissée sur ma faim, j'imagine (espère) qu'il y aura plusieurs tomes?
    Je n'est pas encore lu les discussions du premiers mois de, alors au risque de répéter une question déjà posée : qu'est-ce qui t'a amené à l'écriture de SFFF ?
    Maintenant je retourne à mes réflexions rêveuses à Rennes.... le train Brest-Rennes..... (oui encore une bretonne, mais expatriée).

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    1. Mariejuliet je te rejoins... ça veut dire quoi "planète pirate -0" ??? une autre aventure en perspective ???

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  5. Rennes … ce n'est pas loin de la Vendée, aurais-je la chance de te rencontrer au printemps de Montaigu, un salon du livre qui gagne en ampleur et qualité chaque année ! Tu y aurais ta place, la liste des invités n'est pas encore éditée sur leur site !

    D'ailleurs comment cela se passe-t-il pour les salons, on t'invite ou tu fais une demande ?
    Quel est le salon que tu as le plus aimé faire et celui que tu redoutes ?
    Merci Thomas, bonne journée

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  6. Est-ce que tu penses publier un nouveau recueil de nouvelles dans les années qui viennent ?

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  7. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  8. Bonjour,
    Je n'ai pas tout retenu des interviews alors si mes questions sont des répétitions... ne répond pas !
    Je suis en train de lire "Sous l'ombre des étoiles" et je me demande, sans nous lancer dans le débat e-book/livre papier, si les Holobook doivent être lu debout, assis à l'ombre des étoiles ... et s'il y a du texte et des images ! hihihi !
    Deuxième question : je me suis rendu compte que la maison d'Edition "Rivière Blanche" est à Pamiers (jolie ville) comment un Rennais à pensé à envoyer son manuscrit dans le sud ? Bon je me doute qu'en tant que libraire tu connaissais leurs publications...

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  9. Bonjour, alors je l'avoue : je ne te connaissais pas avant cette ITV ^~^°
    Ma chronique de "Sous l'ombre des étoiles" sera prête d'ici demain ou samedi, et du coup, j'ai envie de te demander :
    Comment présenterais-tu ton travail, tes univers, pour donner envie à un néophyte de découvrir tes écrits ? :)
    Merci d'avoir répondu à l'appel de E.P. et D. !

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  10. Comment ça s'appelle en SF le thème de l'Hibernatus ? c'était pas drôle que le gars après 250 ans s'adapte aussi vite ! lol... "Sous l'ombre des étoiles" est plein de bon sentiments (ça m'a plu ;-) ) mais ça fait un peu gentillé non ?

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  11. Bonjour, encore une question... As-tu lu "Totem et Tabou" de Freud pour créer tes tribus ... c'est l'histoire du nom des femme qui m'a fait penser à cette très très vieille lecture...
    J'ai pris plaisir à faire partie de l'aventure...

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  12. Bonjour, j'ai vraiment aimé Le sabre de sang (aussitôt proposé en classe d'ailleurs ;-)) ; la fin m'a particulièrement marquée et malgré le "coup au coeur" (c'est peu dire !), je l'ai beaucoup appréciée dans le sens où elle se démarque de ce l'on s'attend éventuellement à lire. Je n'ai plus qu'à découvrir la suite, maintenant ;-)

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  13. Bonjour, C'est encore moi...
    Comment t'es venu l'idée de faire passer un message à travers les titres des chapitres ? Le crépuscule comme la fin d'une ère, des jours et des nuits pour évoquer deux étapes dans la vie, pour terminer avec "l'aube" des temps nouveaux... Peut-être que c'est moi qui m'attache à des détails mais cela m'a vraiment accroché...
    merci pour ce bon moment de lecture...
    si mon message passe deux fois c'est que j'ai à nouveau des soucis avec les commentaires ! :(

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