lundi 29 juin 2015

LE SOURIRE DU DIABLE d'Antonia Hodgson




Éditions XO
480 pages
19,90 euros


Résumé :

« Bienvenue à Marshalsea, môssieur... » 

Londres, 1727 : le jeune Tom Hawkins, qui a refusé de devenir révérend comme son père, ne vit que pour le jeu, la bière, les femmes. Criblé de dettes, il est envoyé à Marshalsea, une prison des bords de la Tamise où sont réunis les débiteurs de la ville. Dans cette prison, l'argent décide du sort de chacun. Les plus riches, comme Tom, mènent une vie de château – ou presque – avec lingerie et domestiques. Ils ont même droit à une taverne?! Les autres croupissent dans l'aile insalubre et coupe-gorge de l'établissement. Dans ce monde souterrain impitoyable, Tom Hawkins affronte des personnages plus avides, fourbes et cruels les uns que les autres. Il ne peut faire confiance à personne. Surtout pas à son compagnon de cellule, l'ironique Samuel Fleet, qui incarnerait le diable ! Sa rencontre avec la séduisante Kitty Spark pourrait bien tout changer...



L'avis de Dup :


Tom Hawkins est un jeune homme insouciant, croquant la vie à pleines dents à Londres depuis qu'il s'est affranchi de l'autorité paternelle. Son père, pasteur sévère d'une petite bourgade, voyait en lui son successeur. Or Tom se trouve bien trop d'affinités avec une vie plus mouvementée, faite de fêtes, de jeux d'argent, d'alcool et de filles. D'aucun dirait, une vie de débauche. Seulement tout ceci a un coût, les dettes s'accumulent et l'ultime tentative de se "refaire" au jeu échoue. Tom se retrouve incarcéré à Marshalsea, la tristement célèbre prison de Londres au XVIIIe, réservée aux débiteurs de sa Majesté.

Cette prison, c'est un véritable personnage dans ce roman, et de loin le plus intéressant. L'auteur s'étant beaucoup documentée à ce sujet (elle nous l'annonce dès le début ), on découvre donc ce lieu sordide de l'intérieur en même temps que Tom. Ce sera d'ailleurs le décor de ce roman qui fonctionne un peu comme un huis clos étouffant. Une ambiance glauque et délétère s'il en est, où la corruption bat son plein, où la misère humaine est exploitée au maximum et côtoie souvent l'indicible. Antonia Hodgson excelle dans la description de ces lieux au point de nous faire tordre le nez devant les odeurs repoussantes, les maladies et les miasmes qu'on y croise. J'ai même souvent été prise de démangeaisons réflexes, sentant l'invasion de puces, poux et autres vermines !

Or, dans cette prison spécialisée pour les débiteurs se trouve visiblement un meurtrier car un prisonnier y a été assassiné récemment. Tom va d'ailleurs occuper son lit laissé vacant, et donc partager la cellule avec celui qui pourrait très bien être le responsable de cette triste affaire : Samuel Fleet. Plus pour sa tranquillité d'esprit qu'autre chose, Tom va enquêter sur ce meurtre. Et c'est là que le bât blesse pour moi, car il ne se passe pas grand chose. L'intrigue est linéaire, pourvue de quelques rebondissements, prévisibles bien à l'avance.

Je me suis réellement ennuyée à la lecture de ce roman. Les personnages ne m'ont pas accrochée et à partir de là, s'imprégner du récit fut bien difficile. J'ai trouvé Tom d'une niaiserie insupportable. S'offusquant d'un rien, gémissant sur son sort lorsqu'il est seul, continuant à jouer les gentlemen dans des situations qui ne s'y prêtaient plus du tout. Bref, plus j'avançais dans ma lecture, plus il me hérissait le poil. Alors pour un personnage principal, c'est ballot. Et il vaut mieux que je ne parle pas de la belle Kitty... Le seul qui a eu grâce à mes yeux, c'était Samuel Fleet dont l'ironie m'a tirée quelques sourires.

En fait ce roman est avant tout un roman historique dont l'intrigue n'est là qu'en tant que support. Cherchant à lire un roman policier avant tout, j'en ressors bien déçue. Certes, je me suis bien documentée sur cette Marshalsea en 1727, ce fut glaçant, repoussant, malodorant. Mais 480 pages de documentaire c'est un peu long quand l'alchimie des personnages ne fonctionne pas. Amateurs d'Histoire avec un grand H et de lieux mythiques, ce livre est fait pour vous. 



15 ème roman à épingler pour le challenge de Zina



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