vendredi 3 août 2018

LA PERFECTION DU CRIME de Helen Fields





Éditions Marabout
364 pages
19,90 euros


Le pitch :

Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d'identifier les restes carbonisés de l'avocate Elaine Buxton. Dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d'Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir.
L'inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l'affaire de la disparition d'Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Bientôt, une autre jeune femme disparaît, et Callanach se trouve embarqué dans une course contre la montre. Du moins le pense-t-il...
Le véritable sort des deux femmes se révélera être bien au-delà de ce qu'il aurait pu imaginer.






La perfection du crime est un thriller psychologique comme je les aime car il nous met au cœur même de l’enquête, avec un avantage certain par rapport aux enquêteurs : nous savons qui a tué qui. En effet, les chapitres alternent entre le point de vue du tueur et le point de vue de Luc Callanach, commandant inspecteur chargé de l’enquête.

Les passages concernant l’auteur des crimes sont vraiment glaçants, dérangeants. On se rend très vite compte de la froide détermination de l’homme, de son application minutieuse à ne laisser traîner que les indices qu’il désire. Mais si on cerne très vite le halo de folie qui l’entoure, ce n’est qu’au fil des pages que l’on en mesurera l’étendue, que l’on découvrira la motivation de tels actes… Et je peux vous dire que ça fait bien flipper. Un monsieur tout-le-monde, calme, réservé, limite insignifiant, qui pourrait très bien être votre voisin...

Luc Callanach est un franco écossais fraîchement débarqué à Édimbourg et c’est sa première enquête. Il n’a pas encore trouvé ses marques, et l’intégration au sein de sa nouvelle équipe est loin d’être gagnée. Cette dernière soupçonnant un atterrissage forcé chez eux vu son poste précédent à Interpol, où l'attendait une bien plus brillante carrière. Il trouvera cependant un appui auprès de l’autre commandant du service, Ava Turner, elle en charge d’une affaire sordide de nouveaux-nés abandonnés dans un parc de la ville.

Le fait d’être omniscient dans cette histoire permet à l’auteur de dérouler chaque étape de l’enquête. De nous faire comprendre le pourquoi des fausses pistes. D'appréhender le fameux flair des enquêteurs, cette intuition qui titille parfois et qui fait la différence entre le bon et le mauvais limier. C’est juste passionnant et surtout très crédible. Il n’y a pas de héros ici, même Luc n’est pas présenté comme tel. Il est froid et arrogant au premier abord, ce qui ne facilite pas l’interaction avec ses collègues. On pense même qu’il traîne quelques casseroles, et l’empathie a du mal à s’installer. Elle irait plutôt vers Ava Turner, un personnage féminin fort, indépendant et, ce que j'aime par-dessus tout, franc et entier. 

En revanche si vous cherchez un livre avec de l’action à tout-va, passez votre chemin, même s’il y en a un peu. Ici c’est plus une analyse psychologique des protagonistes, mais elle est poussée, pointue, et d’une finesse remarquable.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, je ne me suis pas ennuyée une seule minute malgré le peu d’action. L’auteur gère la tension et l’angoisse à la perfection. Ce roman est annoncé comme le premier d’une série d’enquêtes menées par Luc Callanach, je serai au rendez-vous pour la suivante ! J'ai frôlé le coup de coeur, j'espère le trouver au prochain, connaissant maintenant un peu mieux le personnage principal.



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