BOIS D'OMBRE
Nathalie DAU
Les moutons électriques
parution le 2 mars
Illustration de Melchior Ascaride ♥ ♥ ♥
On est gâté en ce moment non ?!
Merci infiniment à Phooka et Dup de m’avoir invitée à ce « Mois de ».
Comme je suis une auteure publiée depuis (seulement) une poignée de petits mois, ça me fait tout drôle d’être invitée à y participer… et puis la liste des invités précédents est drôlement belle.
Pendant ces quelques mois, j’ai enfilé mon costume d’auteure flambant neuf et découvert les salons (on voit du pays !) ; les dédicaces c’est-à-dire les rencontres avec les lecteurs – et dans mon cas, plutôt à 90% des lectrices ; les interactions sur les réseaux sociaux avec un public qui se construit ; les chroniques des blogueuses qui, bonnes ou mauvaises, nous apprennent toujours des choses, pas vraiment sur notre texte (on est quand même censés maîtriser le sujet, hein ?) mais sur la réception de notre texte par les lectrices.
Euh… je ne sais pas si je suis très claire, là.
Bref, si j’ai beaucoup apprécié les déplacements et les rencontres, le côté chronique manquait pour l’instant d’interaction, à mon goût. Ben voilà, on est au cœur de la chose !
C’est parti pour les questions !
Merci pour tes questions !!
Je ne sais pas trop pourquoi j'ai eu l'idée de faire des titres de chapitres, ça ne m'était pas arrivé lors de précédents textes. J'ai fait ce qui me paraissait "juste" pour ce texte.
Des fois, les titres de chapitre sont purement informatifs ("Vers une guerre des déchets ?"), des fois, j'avais envie de m'amuser ("Où l'on aimerait secouer sa mémoire comme un cocotier"), et des fois, ce sont des références à des chansons, textes ou poèmes ("Où l'on aimerait que le temps suspende son vol", d'après le poème Le lac, de Lamartine, dont je ne résiste pas au plaisir de mettre un extrait :
Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !Suspendez votre cours :Laissez-nous savourer les rapides délicesDes plus beaux de nos jours !(tout le poème est sublime et comme il parle du temps qui passe, ça me paraissait vraiment intéressant de mettre un rappel sur mon tome 2, Sorcière en son temps).
Méropée
Non, la passerelle n'existe que dans mon imagination !!! (ou alors, elle existe quelque part et je ne suis pas au courant - c'est aussi possible).
J'aimerais bien qu'elle soit réelle. Pour la créer, je me suis inspirée des photos de phares en pleine mer qu'on voit entourés d'écume et de vagues monstrueuses...
Ca doit être très impressionnant de se trouver dans un de ces phares, pendant une tempête !!!
Méropée
Je suis contente que mon blabla ait pu éclairer ta lecture !
Méropée
Alors, la question des rituels... Je pense qu'on peut compter dedans le fait que je m'endors en pensant à mon texte en cours. Parce que je fais ça tous les soirs, donc ça compte, comme rituel !
Sinon, pour l'écriture même, à part être isolée dans un endroit où je suis sûre que personne ne me dérangera, pas sûre que j'en aie. L'endroit, du moment que j'y suis tranquille, peut être un bureau, une chambre si je n'ai pas de bureau à disposition, un balcon en bord de mer lol...
Pour Sorcière, j'écris sur ordinateur, mais pour mon précédent texte, pas encore publié (mais j'espère qu'il le sera un jour), j'écrivais d'abord au crayon avant de recopier à l'ordinateur.
Cela étant, j'aime bien accompagner ma phase d'écriture d'un petit gâteau (au chocolat), ou, si j'en ai le temps, d'un thé.Ca rend le moment d'écriture plus convivial !
Méropée
Merci, Dup, pour la question de la situation géographique d'Ysmans : j'ai prévu, dans mes remerciements du tome 3, de citer les villes qui m'ont inspirée pour Ysmans.On y trouve donc : Saint Malo, Saint-Gilles Croix-de-Vie, Marseille et Sydney. Pour le climat, c'est sans conteste Marseille qu'on retrouve à Ysmans (il fait beaucoup trop beau pour que ce soit la Normandie !), et puis j'ai beaucoup aimé la situation géographique de cette ville : les collines en arrière-plan, c'est vraiment beau.
Pour la taille de la ville, par contre, je vois plutôt Ysmans comme une ville se rapprochant plus de Saint-Malo (Saint-Gilles, c'est trop petit) que de Marseille (ou de Sydney). Assez importante pour qu'il y ait une université, mais pas une capitale non plus.Vous me direz, que vient faire Sydney là-dedans ? Parce que c'est une ville que j'ai trouvée (sur le court séjour de quelques jours que j'y ai fait) à la fois très dynamique, avec les joggers dans les rues à 6h du matin, et conviviale (pleins de bars et de restaurants sympas).Et puis, à y réfléchir, il y a peut-être quelque chose de l'Opera House dans ma passerelle : ce bâtiment futuriste au bout d'une jetée...
Pour les vignobles, effectivement, ça ne colle nulle part !! Je me suis même demandé si c'était possible d'avoir des vignobles si proches de la mer (question de salinité, tout ça), mais j'ai vu des photos sur Internet, vers Toulon, dans le Roussillon, ça existe !
Ouf...
Méropée
Concernant les ornementations de chapitres et les clés entre les paragraphes, je n'ai aucun mérite, c'est l'illustratrice (Adèle Silly) qui a proposé cette maquette intérieure, que j'ai trouvée super chouette !!!
Méropée
Bonsoir Lucile Jean Daudé,
Je n'ai pas vraiment de mérite pour les dédicaces, ce sont les attachées de presse de chez Bragelonne, Fanny Caignec et Leslie Palant, qui s'occupent de tout : prendre contact avec les festivals (spécialisés en imaginaire ou pas, c'est bien d'aller aussi en salon généraliste) et essayer de faire inviter des auteurs de la maison Bragelonne/Milady/Castelmore, voir avec eux les détails pour le transport (train ou avion) et l'hôtel, et payer le tout...
Moi, j'ai juste à dire si je suis dispo aux dates d'un festival, donner mes préférences sur des horaires de train s'il y en a plusieurs, et être à l'heure pour attraper le train !
Côté dédicaces dans le Sud, je serai à Toulon pour la Fête du livre du Var le samedi 19 et dimanche 20 novembre. Vous trouverez ici les infos :http://www.fetedulivreduvar.fr/On ne sait jamais, des fois que vous puissiez venir...
Méropée
Sur les différents sujets que j'évoque (les sorts et le hacking au tome 1, le Projet port propre au tome 2), les recherches sont de durée variable : de quelques dizaines de minutes sur Internet pour les sorts, j'ai lu (et pris des notes sur) un ouvrage complet sur la sécurité informatique pour le hacking.
Le projet Port propre est clairement ce qui m'a demandé le plus de recherches : surtout sur Internet car la communication faite par les villes autour de leurs actions d'écologie y est très présente, et en particulier celle de la ville de la Rochelle, qui est engagée dans ces démarches depuis longtemps.
J'ai lu des dizaines de pages d'explication de la démarche écologique de la ville, j'ai aussi surfé sur différents sites de journaux... Je suis même allée à La Rochelle pour y rencontrer une personne (très sympathique et que je remercie à la fin du tome 2) qui travaille sur la question des déchets, afin de lui poser mes questions. Le soulagement quand elle m'a dit, après avoir écouté ce dont je voulais parler dans le texte : "Vous êtes complètement d'actualité" !
Contrairement à d'autres auteurs, peut-être, je ne fais pas mes recherches en amont : tout simplement, parce que, étant majoritairement jardinière, j'ai les idées de recherches à faire... au moment où j'en ai besoin pour l'écriture.
C'est une partie du travail que j'aime bien - mais comme je n'ai pas la fibre historienne ou chercheuse, ça reste une part assez minoritaire dans mes livres.
Non, je n'ai pas eu l'idée de changer de thème. Se galérer un peu, ça fait aussi partie du job ! J'ai adapté le thème au récit, et réciproquement... On pourrait faire une thèse sur la question de la gestion des déchets (le projet Port propre dont je parle dans le tome 2) : or, je voulais que ça reste un récit lisible par les ados, et puis le temps du récit (un mois pour le tome 2) m'incitait à faire les choses de façon light : on ne peut pas réaliser un projet tel que je l'imagine en un mois, ou deux, ce ne serait pas crédible.
C'est plutôt des pistes de réflexion que je lance à mes lectrices. Je trouve important d'ancrer le texte dans notre réalité, ce qui fait d'autant plus contraste avec la partie sorcellerie.
Sur le changement de ton entre le premier et le second tome, je pense que c'est lié à l'évolution naturelle d'un auteur(e), de ses personnages... et aussi à l'envie de ne pas se répéter.
A moins que ce ne soit la structure ternaire de la trilogie qui porte ça en germe...
Quant à savoir ce que tu devrais lire ou ne pas lire... Telle est la question !!!
Si tu n'as pas envie de finir sur un cliffhanger, ne lis pas l'extrait du tome 3.
Si par contre, tu as envie d'être accrochée et de te demander ce qui va se passer ensuite (enfin, j'espère) : fonce !
Méropée
La question de la sortie du tome 3 n'est pas encore fixée : peut-être en avril si tout s'enchaîne bien... (déjà, il faut que je termine de l'écrire, hein).
Je suis ravie que tu aies adoré le tome 2. J'espère que le 3 te plaira au moins autant.
Concernant les personnages du tome 3, on fera la connaissance de 3 petits nouveaux qui ont des pouvoirs magiques, mais pas de nouvelle "grande" figure comme la sirène par exemple. Un seul adversaire de ce type, pour Assia qui est encore en pleine découverte de ses pouvoirs, ça me paraissait plus que suffisant à gérer.
Pour la couverture du tome 3, j'ai déjà eu des échanges avec Adèle Silly, l'illustratrice des deux premiers tomes. Mais je ne sais pas si elle gardera finalement ce dont on a parlé. C'est bien qu'elle ait une marge de manœuvre, l'image c'est son métier, pas le mien !
Si j'ai la couverture d'ici la fin de ce "Mois de" (quoi !!! Il ne reste déjà plus que 13 jours ?? Pffff....), je pourrai révéler un truc ou deux - je vous assure, je ne suis pas sadique !
Sinon, il faudra patienter.
Méropée
Merci Phooka pour ta question : elle permet de rétablir la vérité sur ce qui est un mythe : l'illustrateur/trice qui lit le texte qu'il /elle sur lequel il/elle va travailler...
Eh bien non !
(Ça doit exister mais je crois que ce n'est pas le plus fréquent).
En fait, d'après ma (petite) expérience, le premier interlocuteur de l'illustrateur/trice, ce n'est pas l'auteur, c'est l'éditeur.
Parce que l'éditeur connaît le texte ET le marché sur lequel il va vendre ce texte.
L'auteur est consulté à la fin du travail entre l'éditeur et l'illustrateur : il valide la proposition faite (quand la couverture ne lui plaît pas du tout, il a le droit de le dire, parce que vendre un livre dont la couverture ne lui plaît pas, bon courage !!) Mais ce n'est pas l'auteur qui est au centre des propositions.
Là, pour "Sorcière à tout prix", le tome 3 de ma trilogie, l'éditrice n'a pas lu le texte (puisque je n'ai pas fini de l'écrire), elle ne sait pas ce qu'il y a dedans... d'où le fait que je sois en discussions avec l'illustratrice.
J'espère que tu y vois désormais plus clair sur la façon dont ça fonctionne - en tout cas, chez Bragelonne.
Méropée
Concernant les extraits, pour le tome 1, au départ, ce n'était pas un extrait du tome suivant qu'on lisait, mais la fin du livre !
Mais mon éditrice n'aimait pas l'idée qu'on fasse un tel cliffhanger à la fin du tome 1. Castelmore n'avait pas l'habitude de faire d'extrait, mais là, j'ai tenu bon : je voulais qu'on ait cette fin en suspense, ça me paraissait aller avec le livre.
On a donc coupé la poire en deux : on a fini le livre un peu avant la fin que j'avais prévue et on a mis un extrait du tome 2 (avec ce cliffhanger sur Alec).
Pour le tome 2, j'ai décidé de faire la même chose (une vraie fin et un extrait du tome 3, avec un nouveau cliffhanger), donc non, ce n'était pas contraignant.
Et ha ha, il n'y aura plus d'extrait désormais, ça, c'est terminé !!
Méropée
Je n'ai pas trop envisagé Assia comme une enchanteresse : je laisse ce rôle à ma méchante principale du tome 2 (je ne veux pas spoiler celles qui ne l'ont pas lu).
Ce qui m'intéressait avec Alec et Assia, c'est de voir comment un gentil garçon qui s'intéresse à une fille battante et tout comme l'est Assia (et gentille, elle aussi), va se galérer malgré lui (et malgré elle), parce que leur route ensemble sera semée d'embûches : la rivalité entre les deux familles mais aussi les dons que se découvre Assia, et qui l'éloignent d'un garçon "normal"...
Question qui revient aussi en force dans le tome 2, lorsque Alec et Assia sont séparés : est-ce qu'une sorcière peut mener une relation amoureuse avec un homme qui n'est pas du tout dans ce monde magique ? Sachant l'impératif du secret, etc. Il faudra attendre le tome 3 pour avoir un début de réponse à la question, ha ha !!
Méropée
Concernant tes craintes du début, oui, je les comprends ! J'ai exprès choisi un cadre classique (orpheline sans le sou/beau gosse riche) parce que ce qui m'intéressait, là-dedans, c'était de déplacer le problème : en fait, on s'en fiche que l'une soit sans le sou et l'autre plein aux as - d'ailleurs Assia dit à un moment qu'elle retient plutôt la Lexus d'Alec contre lui, que dans la case "qualités du petit ami" : parce que moi, ça ne me fait pas rêver, ces types pleins aux as !
L'important, c'est ce que les gens font de leur vie pour les autres : et là, on est en plein dans la thématique des sorcières, qui aident les gens sans rien en attendre de retour, à cause du secret qu'elles sont tenues de garder.
Elles sont riches de leur histoire familiale, par les sorts qu'elles connaissent ou apprennent, etc.
[Alec, lui, est agent immobilier. Bon, c'est bien, mais pas fantastique non plus...]
Dans le tome 2, c'est toujours Assia qui a la main haute, avec son projet Port propre qui est un projet pour le bien commun des habitants d'Ysmans.
Ce que j'aimais dans le côté "Alec riche", c'est qu'il lui fasse des cadeaux un peu comme les marraines de contes de fée (qui n'a pas rêvé d'avoir une marraine comme dans Cendrillon ??!).
Il ne lui fait pas de cadeau parce qu'il attend quelque chose d'elle : juste parce que c'est sa manière d'être, généreuse et gentille avec les autres. (ce qui rejoint une question précédente : mais pourquoi est-il si gentil ?? Parce quuuueeeee....)
Je ne crois pas que les jeunes filles, qui sont sans doute la majeure partie de mon lectorat, réagissent comme toi en se disant au début : "oh non, ce point de départ, on l'a vu cent fois !".
Tout simplement parce qu'elles ne l'ont pas - encore - lu cent fois...
Mais côté retours, c'est avec les lectrices un peu plus avancées en âge que c'est le plus intéressant !! (comme ici sur Bookenstock d'ailleurs)
Les jeunes sont souvent intimidées par les auteurs derrière leurs tables. Et je les comprends, à leur âge, je n'aurais pas fait ma maligne. Elles se contentent souvent de me demander, en me tendant leur livre à dédicacer, quand sort le tome 3 !
En salon, oui, les ados sont mes lectrices les plus nombreuses. Parfois, c'est la maman qui achète pour sa fille en disant qu'elle (la maman) le lira aussi.Parfois c'est une jeune femme qui fait un cadeau à une de ses amies... Parfois aussi, plus rarement, ce sont des hommes qui l'achètent pour eux. J'aime beaucoup cette diversité de public !
Méropée