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lundi 23 mai 2022

DUCHESS de Chris Whitaker

 


Éditions Sonatine
519 pages
23 euros





L'avis express de Dup sur Duchess de Chris Whitaker

Un roman noir magistral à lire absolument !


L'AVIS DE DUP




Il est des livres qui vous assènent un véritable ko émotionnel et Duchess en fait partie. Il m'a fallu plusieurs jours après l'avoir refermé pour être capable de reprendre une autre lecture... Quelle puissance !

Duchess, c'est le prénom de la gamine, une pré-ado de 13 ans que l'on va suivre. Une môme incroyablement forte, qui endosse le rôle de mère pour son petit frère Robin, 5 ans. Leur mère Star s'avérant incapable de les élever, noyant son mal-être dans l'alcool... Quant au père, Duchess n'a jamais réussi à savoir son identité.

Une vie vraiment pas facile, dans la misère et le dénuement le plus souvent. Mais Duchess veille, surprotège son frangin, n'hésitant pas une seconde à jouer des poings si l'on s'en prend à lui, n'hésitant pas se sacrifier, voire à chaparder pour qu'il mange à sa faim. Elle voue à Robin un amour inconditionnel incroyable qui apportera des passages émotionnels profonds en cours de lecture. Rien que d'en reparler, j'ai à nouveau des frissons qui dévalent mon échine.

Mais voilà, elle n'a que 13 ans et c'est bien jeune devant toutes les tuiles qui vont survenir. La construction de ce personnage est quand même magistral, car c'est malgré tout un anti-héros. Elle est cash, grossière, irrévérencieuse. Elle n'a pas froid aux yeux et peut être une véritable teigne.

Duchess est avant tout un roman noir, avec une intrigue qui va se développer au fil des pages. Star, Martha, Vincent et Walk étaient des amis d'enfances à Cap Heaven. Ils avaient 17 ans lorsque Vincent a pris 10 ans de prison pour le meurtre accidentel de Sissy, la petite soeur de Star. Et 20 ans de plus pour le meurtre d'un co-détenu les premières semaines de son incarcération. 17 ans, incarcéré avec des adultes...

Walk est devenu l'inspecteur de la ville et veille de loin sur Star qui "élève" seule ses enfants, Martha exerce le métier d'avocat loin de Cap Heaven. Vincent vient de sortir de prison et peu de temps après un meurtre a lieu dans la paisible bourgade de Cap Heaven... un coupable tout désigné. Walk qui n'a jamais mené d'enquête réelle en 30 ans de service s'y colle, mais par la bande, il est trop impliqué. 

Voilà l'intrigue, grossièrement simplifiée s'entend. C'est tellement plus complexe, tout se croise et s'entrecroise, c'est du grand art. Ce qui est magistral également dans ce roman, c'est que tous ces personnages, Walk, Vincent, Martha, le grand-père, en plus de Duchess, sont incroyablement touchants, émouvants. Chaque portrait est creusé, leur psychologie bien détaillée, aucun n'est caricatural. Si ce ne sont pas des casseroles qu'ils traînent, ce sont des plaies à vifs. Il en découle un nombre incalculable de passages poignants, parfois beaux à en pleurer.

Duchess de Chris Whitaker est une oeuvre d'art du roman noir que je conseille fortement. J'ai eu les tripes nouées du début jusqu'à la dernière ligne de ce roman. Il rentre avec fracas dans mon top three des romans noirs à lire et à relire, qu'il partage avec Meurtres pour rédemption de Karine Giebel et Papillon de nuit de RJ Ellory qu'il faudra que je me décide un jour à chroniquer ! Amateurs du genre, ne faites pas l'impasse sur ce roman ! 


mercredi 23 septembre 2020

Les sorties Sonatine de septembre 2020

 



Résumé :

Élevée au cœur de la Pennsylvanie rurale, Cindy, une gamine livrée à elle-même, ne sait rien du rêve américain. Lorsqu’une belle adolescente surnommée Marilou disparaît près de chez elle, Cindy se rapproche de la mère de celle-ci, Bernadette. Jusqu'à ce que l’impensable se produise : Bernadette, folle de douleur, la prend peu à peu pour sa fille. À quel prix cette illusion fragile peut-elle tenir?





Résumé :

Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne, il tue un homme par accident. Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu’à lui. Un face à face impitoyable s'engage alors.





Résumé :

Dans son cottage de bord de mer, Beatrix Abberley est assassinée en pleine nuit. Étrangement, elle paraissait s’y attendre ; elle semblait même savoir qui allait la tuer. Pour Charlotte Ladram – sa nièce par alliance, qui hérite du domaine –, le choc est terrible. Très vite, un homme est accusé. Peut-être trop vite. Car un épais mystère règne autour de Tristram Abberley, le frère de la défunte, célèbre poète mort en 1938 pendant la guerre d’Espagne. Que s’est-il passé là-bas, pour que des ombres que l’on croyait enfouies ressurgissent avec une telle sauvagerie ?
Charlotte essaie de percer l’énigme. Mais le voile qu’elle va soulever est bien plus lourd qu’elle le pensait : un demi-siècle de trahisons et de mensonges soudain exhumés. Le prix de la vérité a-t-il été payé ? Bientôt, un second meurtre est commis…




jeudi 19 mars 2020

CHEZ NOUS de Louise Candlish





Sonatine Éditions
480 pages
22 euros






L'avis express de Dup sur Chez nous de Louise Candlish


Un thriller psychologique autour d'un drame domestique. 
Une construction addictive et très originale que je vous conseille de découvrir !




L'AVIS DE DUP



Vendredi 13 janvier 2017. Londres. Lorsque Fi (de son vrai nom Fiona) rentre chez elle récupérer un ordi, c'est pour découvrir un autre couple en train d'emménager ! De ses meubles, affaires, il ne reste plus rien. Son mari dont elle est séparée est injoignable, pire ses enfants ont disparu.
Même date. Genève. Bram (Abraham en fait) le mari de Fi se terre dans un hôtel proche de l'aéroport. Il est stressé, angoissé et surtout très déprimé.

Mars 2017. Fi va raconter son histoire sous forme de podcast pour une émission à sensation La victime. Comment sans s'en rendre compte, elle en est arrivé à se faire déposséder de sa maison par son mari. Chaque passage du podcast est ponctué par des commentaires d'auditeurs. Ces #VictimeFi nous offrent un panel de réflexions allant de la plus fine analyse à celle la plus crasse... les réseaux sociaux quoi ! 
Même date, Bram a rejoint Lyon, pris une petite location discrète et commence à écrire son histoire et pourquoi son trajet a dérapé ainsi. Il nous dit également qu'il y fait ses aveux avant de se supprimer. Une mauvaise action, bénigne au demeurant (et non, je ne parle pas de son adultère), va entraîner une véritable cascade d'événements. La présence d'une tierce personne malfaisante et ce sera la spirale infernale, incontrôlable.

Une construction originale et addictive qui va alterner quatre récits: Londres, Lyon, le podcast de Fi et le document Word de Bram. Si on ne s'attache pas plus que ça à ces personnages du fait de leur personnalité, de leur réserve so british, il n'en reste pas moins que ces quatre récits sont passionnants et m'ont accaparée du début à la fin. Pas d'enquête, pas de tueur en série, pas d'action frénétique et malgré tout je suis restée scotchée à ces pages.

Louise Candlish nous propose donc un thriller domestique dans un quartier huppé de la banlieue de Londres. Où toutes les familles bien BCBG de la rue se fréquentent, connaissent la valeur de leur bien immobilier qui a fait un bond phénoménal en une dizaine d'années. Les infidélités de Bram ont conduit Fi non pas à demander le divorce, pas encore, mais la séparation.

Mais son soucis principal étant le bien-être de leur deux petits garçons, ils ont opté pour une solution originale, le nesting. Au lieu de trimbaler les enfants d'un foyer à un autre, les enfants restent à la maison et ce sont les parents qui alternent sur place, se passant le relais de la garde. Fi prenant la semaine, les devoirs, le quotidien et Bram le weekend, la décompression, le sport, les activités ludiques. Somme toute, à peu près ce qui se passait avant la dernière incartade de Bram.

Chez nous est un thriller psychologique remarquable et d'une construction magistrale. Deux sons de cloche qui mettent en perspective des événements communs, mettant ainsi en avant le gouffre qu'il peut exister dans l'interprétation de chacun. C'est angoissant, c'est poignant et j'avoue avoir été complètement surprise par la fin... et surtout j'ai adoré la subtilité de la morale délivrée par Louise Candlish ! Une autrice que je suivrai avec attention à l'avenir.

jeudi 28 novembre 2019

CAUCHEMAR de Paul Cleave





Sonatine Éditions
448 pages
22 euros




L'avis express de Dup sur Cauchemar de Paul Cleave



Cauchemar est un sacré page-turner qui ne vous laissera aucun répit.
Un délice !



L'AVIS DE DUP




Rho comme j'ai bien fait de ne démarrer ce roman qu'un soir ! Comme j'ai bien fait de m'interdire d'y toucher le lendemain dans la journée et d'attendre la soirée... Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu entre les mains un page-turner aussi efficace. Il m'aura fallu deux nuits, grosses en lecture, petites en heures de sommeil, mais quel plaisir !

Un premier chapitre violent, un passage à tabac en règle pour obtenir l'adresse de séquestration d'Alyssa 7ans, enlevée quelques jours auparavant, puis deux chapitres où la tension redescend : l'agent Noah Harper retrouve la gamine et l'emporte se faire examiner et soigner à l'hôpital. Paul Cleave inverserait-il les codes en commençant par la fin ? Que nenni, ce n'est que le début. Parce que 12 ans plus tard, Alyssa disparaît à nouveau... Noah, qui avait dû quitter sa ville natale Acacia pines, ben oui, c'est le fils du shérif qui lui avait servi de putching ball à l'époque, revient prévenu par son ex-femme : il avait promis à Alyssa qu'il serait toujours là pour la protéger.

Et à partir de là, cela ne s'arrête plus ! L'intrigue menée par l'auteur est d'une rare efficacité, les actions-réactions s'enchaînent en même temps que le nombre de coups que prendra Noah, le lecteur va de surprises en surprises sans jamais savoir où il est mené et le suspense est maintenu jusqu'au bout. Le rythme de lecture est véritablement frénétique.

J'ai beaucoup aimé le personnage principal, Noah. Volontaire, droit dans ses bottes malgré ses actions antérieures qu'il assume totalement. Un pourri contre une môme de 7 ans, il n'y a pas photo. Même si ça lui a coûté son job, son mariage et sa vie à Acacia Pines. Néanmoins on ressent une profonde mélancolie en lui, lorsqu'il fait le constat de ce qui est immuable et ce qui a changé. Aussi bien à propos de la ville que des personnes qu'il a connues... Il me donne cependant l'impression d'être un surhomme pour être encore debout à la fin de cette histoire tant il se prend de raclées pendant son enquête !

Le second personnage de ce roman est sans aucun doute cette ville fictive que l'on va arpenter dans tous les sens, une ville typique du grand nord américain, isolée au milieu de ses immenses forêts parsemées de lacs. Acacia Pines vit de ces forêts : les scieries, le tourisme de randonneurs.  Une moyenne bourgade où tout le monde se connait, au moins de vue, et tout ce que cela implique.

Un thriller moins psychologique que le précédent que j'ai lu de Paul Cleave, Ne fais confiance à personne, différent donc, mais non moins efficace. Avec toujours cet humour froid, léger, posé au fil de la narration, parfois noir, parfois pince-sans-rire, qui m'a apporté souvent le sourire aux lèvres, et ma foi, cela fait du bien lorsque la tension est à son comble.
L’aéroport est totalement automatisé, ce qui lui donne un côté futuriste, mais le personnel de sécurité est renfrogné, je suppose donc que certaines choses ne changeront jamais. Je termine un petit déjeuner rapide tandis que l'embarquement pour mon vol est annoncé. La porte s'avère tellement éloignée qu'ils devraient avoir des gens qui offrent des gobelets d'eau sur le trajet.

Avec un humour so british pour un néo zélandais, Cauchemar est un thriller d'une grande efficacité que je recommande chaudement aux amateurs du genre. Gare aux nuits blanches cependant, ainsi qu'à la douche froide que nous réserve Paul Cleave avec son épilogue !




samedi 9 novembre 2019

Chez Sonatine en novembre 2/2 [Sortie]





Sortie le 7/11/2019
496 pages
22 euros


Il voudrait que sa femme disparaisse... et vous aussi !
Tout commence comme dans un conte de fées. Ambitieuse avocate à Londres, Francine Day tombe folle amoureuse de son nouveau client, Martin, un banquier d’affaires qui l’a engagée pour s’occuper de son divorce. L’attraction est réciproque, c’est le début d’une aventure clandestine. Mais lorsque Francine engage un détective privé pour suivre Donna, la femme de Martin, afin de préparer son dossier, elle s’aperçoit que son amant ne lui dit pas toute la vérité. Désespérée, elle décide un soir d’aller espionner le couple au domicile conjugal. Le lendemain, elle apprend que Donna a disparu pendant la nuit et que Martin fait figure de suspect aux yeux de la police. Bientôt, l’étau se referme sur Francine, qui est la dernière à avoir vu Donna vivante. 



Plus qu’un thriller à la mécanique parfaite, où le lecteur se demande jusqu’à la dernière ligne à qui il peut faire confiance, Rien que pour moi est l’exploration torride d’un amour fou qui peu à peu tourne à l’obsession.

Le pitch me tente énormément, et peut-être que si mon rythme de lecture le permet, je me l'offrirai. En attendant, je me suis réservée du temps pour l'autre sortie de Sonatine en novembre : CAUCHEMAR de Paul Cleave

lundi 28 octobre 2019

Chez Sonatine en novembre 1/2 [Sortie]





Sortie le 7/11/2019
448 pages
22 euros



Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.
Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

L’auteur d’Un Employé modèle et de Ne fais confiance à personne nous revient plus en forme que jamais avec ce thriller d’une efficacité rare, entêtant comme un cauchemar récurrent.


Celui là, je vous en parle très bientôt, enfin dès que je l'ai reçu et lu hein :)
jeudi 12 septembre 2019

QUE LE DIABLE L'EMPORTE de Anonyme





Sonatine Éditions
400 pages
21 euros





L'avis express de Dup sur Que le diable l'emporte de Anonyme


Cette saga tarantinesque va toujours plus fort, toujours plus loin, sans complexe aucun.
Coup de coeur !


L'AVIS DE DUP




« Vous êtes bien-pensant ? Conformiste ? Poli, honnête et respectable ? Vous voulez le rester ? N’ouvrez jamais ce livre. »

Voilà ce qu'il y a d'écrit en accroche sur la 4ème de couv, juste avant le résumé. Et bien, toute vénérable que je suis, c'est-à-dire bien-pensante, polie, honnête et respectable, je n'ai pas hésité une seule seconde à ouvrir ce livre, que dis-je, à me jeter dessus dès réception ! Et je n'ai pas peur de le dire, je me suis délectée. 

On retrouve notre Bourbon Kid et Beth, déménageant souvent, talonnés par le FBI mais aussi par Scratch, le diable himself. Un Scratch pas content du tout de s'être fait berner par le Kid qu'il croyait mort. Il va donc lui concocter un plan machiavélique, c'est sa signature après tout, comme un jeu d'échec. Et là, le titre du livre prend tout son sens. Le Kid et sa douce, enceinte, viennent d'emménager dans un ravissant cottage, loué par un ancien monastère, au Texas. Le décor est bucolique : au milieu d'un cimetière... Après lui avoir fait affronter, dans l'ordre, des vampires, des momies, des ninjas puis des Cavaliers de l'Apocalypse, ce coup-ci l'auteur lui balance des nonnes psychopathes !!!

En parallèle, à Santa Mondega, les Dead Hunters (pour mémoire il s'agit de Rodeo Rex, Elvis et Jasmine) ont bien du taf avec l'approche de l'éclipse quinquennale. Ils doivent enquêter sur une récente hécatombe de gays assassinés. Ils seront "aidés", et là les guillemets s'imposent, par notre inimitable barman Sanchez et sa petite amie Flake. 

L'intrigue est complètement barrée, peut-être même encore plus que les tomes précédents, mais tellement jubilatoire qu'on lui pardonne tout à notre cher Anonyme. Elle est propice aux excès... en tout genre, amis scatos bonsoir ! On est en high level de lubricité, mention spéciale pour le personnage de Jasmine.

Et toujours autant de références culturelles, qu'elles soient musicales, cinématographiques ou sériesques (sur lesquelles j'ai glissé allègrement ;)). On prend les mêmes et on recommence vous allez me dire, et bien non, il y a une nouveauté dans cet opus : un nouveau personnage est mis en scène par l'auteur, il s'agit du Comte Dracula. Et voilà, une référence littéraire à rajouter à la longue liste proposée. Pauvre Dracula, il en prend plein la tronche... et je ne vous dirai pas de quoi !!!

La fin proposée par l'auteur est juste énorme. Il nous a rebattu les cartes entièrement, proposé des filiations improbables mais exquises entre ses personnages. Ouiiii, Janis Joplin ! On va forcément la revoir sur le devant de la scène prochainement. En tout cas je suis prête pour la nouvelle donne qui promet beaucoup. Entre la dernière phrase du roman prononcé par le Kid et ce FIN (peut-être...), moi je suis déjà sur les starting-blocks !

Ahumm... petite précision, si vous ne l'avez pas compris : pour public averti only !!!


vendredi 26 juillet 2019

1793 de Niklas Natt och Dag




Sonatine Éditions
448 pages
22 euros




⏩  L'avis express de Dup sur 1793 de Niklas Natt och Dag  ⏪


Une enquête brillante qui nous traîne dans les quartiers et les rues de Stockholm en 1793 où règnent la misère, la corruption et la violence, derrière des personnages abîmés et attachants.



L'AVIS DE DUP

curseur de satisfaction : coup de coeur



Dans le "lac" de Fatburen, qui n'est rien d'autre qu'un égout à ciel ouvert d'un quartier pauvre de Stockholm, Michael Cardell repêche un cadavre. Un homme jeune, atrocement mutilé : amputé des quatre membres, yeux arrachés et langue tranchée. Bref, un homme à qui on a enlevé tout moyen de défense et d'identification. L'enquête va être confiée à Cecil Winge, un homme à l'intelligenece brillante, pugnace et impartial. Winge et Cardell vont chercher à élucider l'affaire John Doe qui en Suède se transforme en Karl Johan.

Entre Cardell, à moitié alcoolique, vétéran de la guerre navale contre la Russie où il a perdu un bras et Winge atteint de phtisie, une affection pulmonaire qui à l'époque était mortelle à court terme, nos deux hommes forment une sacrée équipe de bras cassés. Mais justement, pour des raisons personnelles et différentes, ils vont s'investir totalement dans cette enquête et une improbable amitié va naître entre eux. 

Construit en quatre parties, la première et la dernière concernent notre duo d'enquêteurs. 
La seconde est un recueil de lettres qu'un jeune homme adresse à sa soeur. Il était apprenti chirurgien pendant la guerre qui a ôté le bras de Cardell et aujourd'hui il a rejoint la capitale afin de poursuivre ses études. Une vie précaire sans le sou, le peu récolté investi dans la débauche estudiantine, l'alcool et les mauvais choix, on assiste à la lente dégringolade de Kristofer Bix. 
La troisième partie concerne une jeune femme, Anna Spina Knapp, qui se débat fièrement pour survivre seule dans la pauvreté et qui va être accusée à tort de vendre son corps. Un procès à charge et bâclé, elle sera incarcérée dans une Filature de la ville où elle va connaître l'enfer. On découvre le sort des femmes suédoises de l'époque et ce n'est pas reluisant !

L'enquête du tronc flottant sera le fil rouge d'un roman historique sur la Suède et plus particulièrement Stockholm en 1793. Remarquablement écrit, avec des tournures de phrases recherchées, un vocabulaire soutenu et cependant accessible, ce roman a été hypnotisant pour moi, alors même que je ne suis pas friande de romans historiques. Les descriptions d'un Stockholm puant, pauvre et violent sont d'un glauque certain. Les remugles délétères, les miasmes et la misère qu'on y croise m'ont fait penser au Paris du roman de Patrick Süskind,  Le parfum. L'aspect politique est passionnant avec une aristocratie et une monarchie tremblant devant l'exemple français, permettant de découvrir notre Révolution par un autre bout de la lorgnette. 

1793 de Niklas Natt och Dag est un thriller historique excellent, l'intrigue est complexe avec une trame du récit originale et recherchée. Ce roman offre un panorama et un portrait social de Stockholm qui fait froid dans le dos, mais que l'on se surprend à dévorer pour suivre des personnages extrêmement attachants. Coup de coeur pour ce premier roman d'une envergure exceptionnelle que je vous conseille chaudement.



mardi 9 avril 2019

DANS LA NEIGE de Danya Kukafka




Éditions Sonatine
340 pages
21 euros



4ème de couv :


Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l’épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale. On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l'obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire.

Ce tableau d’une petite communauté provinciale en forme de traversée des apparences est un portrait saisissant d’une Amérique bien-pensante travaillée par des pulsions obscures, dont tous les repères sont en train de voler en éclats.







Amateurs d'action et de suspense torride, passez votre chemin avais-je envie de dire. Mais en fait, c'est nul de dire ça, parce que moi-même j'en suis de ces amateurs, alors que j'ai été captivée par ce roman où il ne se passe pas grand chose ! Donc je reprends : Amateurs d'action et de suspense torride, laissez vous surprendre par ce roman de Danya Kukafka.

Lucinda, 16 ans, élève de Jefferson High School est morte, retrouvée au petit matin dans un square, dans la neige. Elle a reçu un coup violent à la tête, mais c'est sa chute contre un tourniquet qui lui a été fatale. Les faits que nous raconte l'autrice se déroulent juste sur les trois jours qui suivent cette découverte macabre. Trois jours c'est court et pourrait donner une fausse impression de rapidité, mais je vous promets qu'il n'en est rien. C'est un roman chorale où l'on va passer en permanence entre trois personnages, plusieurs fois par jour, avec des chapitres courts : Cameron, Jade et Russ.

* Cameron, 15 ans, est un gamin spécial. Introverti, taiseux, mais les idées, les réflexions bouillonnent en lui, un peu comme un autiste. Il est fou amoureux de Lucinda, qu'il observe, épie de jour comme de nuit. Il passe son temps à observer les gens, mais surtout Lucinda, en se postant dans des endroits clés où il reste immobile des heures durant. Il appelle ça ses Nuits-Statues. La nuit du meurtre de Lucinda, il ne se souvient plus de rien. Il est aussi extrêmement doué en dessin, en portrait notamment. Il a une capacité à reproduire les traits, les détails infimes qu'il a enregistré dans sa mémoire. Cameron vit avec sa mère, son père étant parti il y a cinq ou six ans.

* Jade, 16 ans, est une ado mal dans sa peau, au physique ingrat, boulotte et profondément jalouse de la beauté et des succès de Lucinda. Elle aussi, depuis sa chambre peut épier Lucinda, mais aussi Cameron immobile dans le jardin sous son arbre, car ils sont tous trois voisins. Jade a une mère alcoolique et violente, un père complètement effacé.

* Russ, la trentaine, est officier de police par défaut, sans grande ambition. Simplement parce que son père était flic. Et il a continué parce qu'il s'entendait bien avec son co-équipier Lee, le père de Cameron. Continuer encore parce qu'il a promis à Lee de veiller sur son fils.  Russ va se retrouver plongé dans cette enquête alors qu'il n'est pas inspecteur, n'en a d'ailleurs aucune envie. Russ dont la vie privée est aussi pâle que la vie professionnelle.

Danya Kufka va nous plonger dans la vie et les pensées de ces trois personnages jusqu'à en oublier Lucinda. Un roman noir psychologique impressionnant mené par une toute jeune autrice, 25 ans aujourd'hui, 23 lors de la parution de ce roman aux Etats-Unis ! La psyché des personnages est abordée par petites touches, de plus en plus profondes au fil des pages. Elle arrive à nous faire douter de chacun, et en même temps, l'empathie que l'on éprouve pour ces trois là, alors qu'elle frôlait les pâquerettes jusqu'à la moitié du roman, ne fait qu'augmenter sur la fin. 

La profonde solitude de ces trois personnages confère une ambiance pesante au roman, à l'image de celle qui règne dans cette petite ville du Colorado. Lorsque le dénouement arrive, surprenant tout le monde, toutes les pièces du puzzle s’emboîtent. Dans la neige est un roman à part que j'ai du mal à étiqueter, psychologique sans aucun doute, mais ni thriller, ni noir. Gris ? En tous cas je ne regrette absolument pas de l'avoir lu. Encore une autrice à suivre !



mercredi 27 février 2019

[Sorties] Février 2019 chez Sonatine




352 pages
21 euros


Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l’épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale. On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l'obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire.

Miam non ?!?!



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336 pages
21 euros



Quelques mots prononcés dans la panique au téléphone : « Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider. Il y a tant de corps ! » … puis plus rien. L’appel vient d’Ida, une jeune fille que Darian Richards, ex-flic des homicides de Melbourne, a sauvé quelques mois plus tôt d’une sale affaire. Si Richards a décidé d’abandonner un métier trop éprouvant pour ceux qui, comme lui, prennent les choses trop à cœur, il ne peut pas laisser Ida sans réponse. Son appel de détresse ayant été localisé, Darian gagne la Gold Coast, région des plages d’Australie, où les étudiants se retrouvent pour fêter la fin de leurs examens. Il est alors loin de se douter que la disparition d’Ida n’est presque qu’un détail dans une enquête qui va bientôt se transformer en véritable cauchemar.


Et re miaaaaam !!!
2019 va être l'année des thrillers, moi je vous le dis !



mercredi 30 janvier 2019

[Sorties] Janvier 2019 chez Sonatine




256 pages
20 euros



Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile. Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire. Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer. D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.




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480 pages
22 euros


Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

Et pour celui-ci qui m'intéresse fortement je vous mets le pitch de l'éditeur :

Finalement je vais faire mieux et mettre la chronique déjà parue : L'empreinte


lundi 14 janvier 2019

L'EMPREINTE de Alexandria Marzano-Lesnevich




Éditions Sonatine
470 pages
22 euros

Ce roman vient de remporter le Prix du Livre étranger 2019
remis par France Inter et Le Journal du Dimanche.




4ème de couv :

Étudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant.





Les Éditions Sonatine l'avaient clairement annoncé, ils changeaient de ligne éditoriale. Enfin plus exactement ils l'élargissaient. Ce ne sera plus que des thrillers purs et durs. L’empreinte est l’exemple type de ce changement ! Je suis d’ailleurs bien incapable d'étiqueter ce roman dont je vais essayer de vous parler.

C’est un roman surprenant, captivant car une fois commencé on ne peut plus le lâcher. Pourtant il n’est en aucun cas bourré de suspense, non. Ce n’est pas un page turner et pourtant on les tourne toutes inexorablement ces pages. Peut-être parce que c’est une histoire vraie. L’autrice se met en scène, ne change ni son nom ni son prénom, elle nous expose sa vie, son enfance, son parcours. Son récit de vie est emmêlé avec celui d’un autre homme Rick Langley, un meurtrier pédophile. Et petit à petit on comprend l’impact qu’à eu ce dernier sur la vie d’Alexandria, alors que leurs chemins ne se croisent qu’une seule fois. Parce que c’est elle également qui nous raconte la vie, l’enfance et le parcours de Rick. Elle s'est appuyée sur les tonnes de dossiers médicaux, sociaux, judiciaires et rapports de police le concernant. Elle a enquêté, questionné les proches, les voisins, pratiquement toutes les personnes ayant vécu de près ou de loin avec Rick Langley. Et dans son récit, elle nous prévient lorsqu’elle a été obligée d’inventer un peu, pour les besoins de la narration. Oh pas grand-chose. Par exemple la couleur de la robe de la mère de Rick, qu’elle empreinte dans ses souvenirs des robes de sa grand-mère.

Alexandria aurait pu avoir une enfance de rêve, avec deux parents avocats, une fratrie aimante. Elle aurait pu oui, si elle et sa petite soeur n’avait pas été victime de pédophilie violente dès cinq ans par leur grand-père maternel. A chaque sortie des parents, les grands-parents étaient baby-sitters... Et pour enfoncer le clou, une famille qui décide de taire le délit une fois la chose enfin avouée par les enfants quelques années plus tard. Je dis violente, mais cela nous est conté avec beaucoup de pudeur. On ne le comprend que bien après, au détour d'un examen gynécologique alors qu'Alexandria à 30 ans !

Là-dessus vous rajoutez à son histoire une conviction profonde de suivre le chemin de ses parents, le droit, pour lutter contre la peine de mort. Premier stage qu’elle fait, premier dossier, celui de Rick Langley et c’est le cataclysme. Le résultat : ce roman.

Sujet bien difficile, ô combien casse-gueule, maîtrisé ici avec brio. On déglutit plus d’une fois, je vous le promets, et pourtant jamais elle ne dérape. Ces deux récits sont imbriqués à la perfection, chaque chapitre contient un élément, une phrase qui pousse à vouloir en savoir plus, c’est parfaitement maîtrisé. Le ton employé est froid évidemment, mais c’est comme si l’auteur ne voulait pas de l’empathie du lecteur. Que le lecteur reste la tête froide pour juger, analyser les faits, les conséquences. Et je dois dire que c’est mission accomplie. Je suis bluffée et admirative, même si j’hésite à le conseiller vu le sujet. Une chose est sûre, je ne regrette absolument pas ma lecture ! Ce livre m’a touché profondément et c’est mon premier coup de cœur de l’année 2019.


jeudi 18 octobre 2018

[Audio] LA SAISON DES FEUX de Celeste Ng




Celeste Ng





Durée : 12 h et 9 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 06/09/2018
Langue : Français
Éditeur : Lizzie




Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu.
À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.







Chacun sait que d’une simple braise, d’un petit mégot peut surgir un incendie de forêt. On nous en parle bien assez souvent au courant de l’été. Un tout petit rien et au final des conséquences dramatiques. C’est ce que l’auteur va s’appliquer à démontrer dans ce roman. Encore une fois Sonatine me surprend. Thriller ? Non. Roman noir ? Non. Plutôt une critique sociale livrée avec finesse et assurance par une plume que je découvre et qui me ravit.

Lorsque débute ce roman, Elena Richardson est sur sa pelouse et regarde le feu dévaster sa belle et grande maison de Shaker Heights. Ses trois aînés l’entourent mais il manque la petite dernière Izzy, or tout porte à croire que c’est elle qui a mis le feu. Izzy, l’ado rebelle et incontrôlable… la folle selon sa soeur et ses frères. La famille Richardson va donc aller s’installer provisoirement dans le petit appartement qu'elle louait précédemment à Mia et sa fille Pearl, à qui Elena venait la veille de signifier leur expulsion.

Et puis, comme une sorte de travelling arrière nous revenons au début, à l’arrivée de Mia et Pearl à Shaker Heights. Banlieue chic de Cleveland, où tout est régi par des règles strictes de discipline, de propreté, de respect auxquelles Elena a toujours cru. Elle va "accueillir" - dans sa tête une bonne action - louer sa deuxième maison destinée depuis toujours à la location à Mia, une artiste photographe un peu bohème, mère célibataire. Pearl va être de suite attirée par la fratrie Richardson et leur aisance sociale et financière. Mais l’inverse aussi sera vrai, la liberté de Pearl et de sa mère agira comme un aimant.

Des liens vont se créer, forcément. Mais aussi des tensions, des jalousies... forcément. Puis un événement va surgir, l’adoption d’une petite fille chinoise d’abord abandonnée puis réclamée à nouveau par la mère biologique, une collègue de Mia. À l’instar du grain de sable qui vient bloquer le déroulement d’une vie bien planifiée, ce sera la petite braise attisée par tous les petits secrets, les non-dits de chacun, les mensonges… jusqu’à l’incendie final.

Dans ce roman Celeste Ng nous dresse de magnifiques portraits de femmes. Les hommes ici sont vraiment des personnages secondaires, même les fils de la famille Richardson qui jouent malgré tout un rôle non négligeable, même Mr Richardson qui est avocat et sera le défenseur du richissime couple d'adoptant. Ce roman est une ode au droit d’être femme, au droit d’être mère ou de ne pas l’être, au droit d'être fille. Les relations mère-fille sont disséquées, et pas forcément magnifiées, loin s'en faut ! Le tout en finesse, c’est jamais cru, juste posé là, montré, expliqué, sans aucune leçon. Toutes les thématiques essentiellement féminines y sont abordées : le droit à l’avortement, la PMA, l’adoption.

Ce roman, lu magnifiquement bien par Micky Sébastian m’a absorbé littéralement. Commencé lors de mes balades automnales, je n’arrivais pas à m’en détacher une fois rentrée. Je prolongeais mon écoute à la maison, passant pour une vraie asociale, car il faut reconnaître qu’une écoute accapare encore plus l’attention qu’une lecture. Bref, je me suis attirée bien des remarques, mais je ne regrette rien. J’ai découvert grâce à Audible une plume superbe que je continuerai à suivre. Je pense d’ailleurs essayer de trouver le temps de lire le premier roman de cette auteur, le précédent, qui n’existe pas encore en audio d’ailleurs : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit.



mercredi 20 juin 2018

Une récente sortie chez Sonatine





Sortie fin mai
456 pages
22 euros


Le pitch :

Le jour où vous découvrirez leur histoire veillez à n’être dérangé sous aucun prétexte.
En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions.

Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari.

Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle.

Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux.

Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses.

Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre.


L'avis de l'éditeur :

À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement !


Je ne sais pas vous, mais perso entre le pitch et l'avis de l'éditeur, ce roman me titille beaucoup !
samedi 27 janvier 2018

Janvier 18 chez Sonatine





Sonatine Éditions
384 pages
21 euros





Le pitch :

Années 1930, Londres. Cameron McCabe travaille au montage d’un film, lorsque son producteur lui demande de couper toutes les scènes dans lesquelles intervient une jeune actrice, Estella Lamare. Elle joue pourtant un rôle de premier plan. McCabe a du mal à comprendre cette décision aussi surprenante que soudaine. Le lendemain, le corps sans vie d’Estella est retrouvé dans la salle de montage.

McCabe décide alors de mener seul son enquête. Il nous raconte ses pérégrinations dans le monde du cinéma, l’in- compétence de la police, et compte les suspects, nombreux autour de lui.
Tout à coup, son récit s’arrête. Et l’affaire prend une tournure tout à fait inattendue.



L'avis de l'éditeur :

Culte !

Publié en 1937 et inédit en France, Coupez !, qui évoque les intrigues particulièrement élaborées d’un Paul Auster, est d’une modernité tout à fait exceptionnelle. L’identité de l’auteur, qui est restée un mystère pendant des décennies, a elle-même donné lieu à une enquête passionnante relatée en annexe de l’ouvrage.


Cameron McCabe est un pseudonyme.
Coupez ! est son seul roman publié sous ce nom.



lundi 13 novembre 2017

NE FAIS CONFIANCE À PERSONNE de Paul Cleave





Sonatine Éditions
400 pages
21 euros


4ème de couv :

Il y a pire que de tuer quelqu'un : ne pas savoir si on l’a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Nous ne sommes pas très raisonnables. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes. Leurs ouvrages peuvent nous donner des idées regrettables, favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité.
Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

L'avis de l'éditeur :

Entre Shutter Island (Dennis Lehane) et Un employé modèle, Paul Cleave signe sans conteste avec Ne fais confiance à personne son chef d’œuvre.






Paul Cleave est un auteur que je n'avais encore jamais lu. La petite phrase de l'éditeur que je vous ai mise après le résumé m'a poussée à remédier à ce manque : si je devais le découvrir, c'était avec ce roman. Et bien c'est chose faite et je ne regrette vraiment pas. Wow, quel roman !

Jerry Grey est un auteur de thrillers connu et reconnu sous son nom de plume Henry Cutter. Sa vie bascule le jour où, invité à un brunch, il s'apprête à présenter sa femme à une de ses connaissances et là, le trou noir. Il ne trouve plus le prénom de Sandra qu'il chérit depuis presque 30 ans. Le verdict tombe rapidement après : Alzheimer. Il a seulement 49 ans.

L'auteur va faire sans cesse le va et vient entre le présent de Jerry, qu'il subit dans ses moments de lucidité, "enfermé" dans une maison de santé, et son passé qui commence le jour du verdict médical. Et dans chaque période, on oscille entre des moments de divagations terriblement réalistes où Jerry s'accuse de tout un tas de meurtres qui sont en fait issus des fictions écrites sous le nom de Henry Cutter, et des moments de lucidité ou il essaye de faire le point sur ce qu'il lui reste de mémoire.

Très vite après l'annonce de sa maladie, il entame l'écriture d'un Carnet de la folie où il s'adresse à son moi futur : Futur Jerry. Où il tâche d'expliquer qui il est pour quand il aura tout oublié à cause de "Capitaine A" comme il surnomme son Alzheimer. Ainsi on apprend qu'il aime tendrement sa femme, qu'ils ont une fille qui va bientôt se marier. Et que les préparatifs du mariage sont accélérés vu l'évolution rapide de sa maladie, afin qu'il soit encore lucide le jour J. 

Mais des meurtres, parfaitement réels ceux là, parsèment Christchurch et l'entourage de la famille de l'écrivain. La police commence à émettre des doutes sur son irresponsabilité, voire même sur le côté fictif des aveux de Jerry.

Paul Cleave nous immerge complètement au coeur de cette maladie et je peux vous dire que le tableau est tout bonnement terrifiant. On sent bien qu'il s'est énormément documenté sur le sujet et son récit s'en ressent. J'ai rarement lu un thriller aussi poignant tant l'empathie qu'on éprouve pour cet homme est immense. Le voir se battre pour retrouver la mémoire, pour se souvenir de son passé ou simplement de ceux qu'il aime ne peut pas laisser indifférent. 

L'auteur prête à son personnage un humour noir très piquant quand il parle de lui dans ses Carnets de la folie. Puis cette plongée dans la paranoïa, évidemment, quand on ne peut même plus se faire confiance, alors aux autres... le titre est on ne peut mieux choisi.

Le sujet choisi par Paul Cleave occulterait presque l'intrigue, mais le conditionnel est bien là. Car cette intrigue est exceptionnelle et son traitement encore plus. Ce mélange entre réalité et fiction, présent et passé est parfaitement maîtrisé. Il embarque le lecteur à fond derrière Jerry et futur Jerry. Il l'enfonce dans des fausses pistes, il l'assomme avec des coups de théâtre pour le laisser pantois et légèrement nauséeux devant cette fin et les dégâts causés par la maladie.

En plus d'être un thriller remarquablement bien mené, avec ce Ne fais confiance à personne l'auteur explore les conséquences désastreuses d'un Alzheimer précoce. Il en profite également pour parler de son métier d'écrivain de genre, pas toujours reconnu, méprisé parfois. Ces sujets sont abordés avec finesse et une certaine dose d'humour noir délicieux que j'ai beaucoup apprécié.
C'est mon premier Paul Cleave, certainement pas le dernier !



Un T/P pour le challenge de la Licorne !