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lundi 23 mars 2026

HÔTEL AVALLON de Maggie Stiefvater



Éditions Seuil
448 pages
23,50 euros
Ce roman sort le 10 avril
Soyez au rendez-vous !




L'avis express de Dup sur Hôtel Avallon de Maggie Stiefvater


Un roman puissant servi par une plume envoûtante.


L'AVIS DE DUP



June Hudson est la directrice générale de l'hôtel Avallon & SPA, un immense hôtel luxueux appartenant à la famille Gilfoye, qui n'accueille que le gratin fortuné américain. Arrivée à son portail alors qu'elle n'était encore qu'une gamine abandonnée, June a gravi tous les échelons. Les clients, la plupart des habitués, comme le personnel, sont sous son charme. Elle a sous ses ordres pas loin de 450 employés, qu'elle connaît presque tous personnellement. Pour tous elle est "Patronne".

Nous sommes en 1942, l’Amérique est entrée en guerre, et chaque fois que June croise un membre du personnel, elle évalue sa possibilité à être appelé sous les drapeaux ou non... Elle était loin de s'attendre à la décision gouvernementale qui vient de tomber : l'hôtel est réquisitionné pour "effort de guerre". Elle doit virer tous ses occupants, ses clients donc, pour les remplacer par des légations de hauts dignitaires allemands, japonais, italiens et leurs employés, qu'on lui expédiera sous bonne garde. Avec eux, dans l'hôtel, l'agent spécial Pennybacker, trois agents du FBI, Tuck, Hugh et Pony, et deux agents suisses pour superviser l'entente entre les légations. À l'extérieur, des miradors sont construits et investis par la police des frontières, mais autour de l'hôtel Avallon il n'y a que des montagnes inhospitalières.

Si elle veut que "son" hôtel survive à cette épreuve, June doit faire comme si tous ces nouveaux arrivants ennemis étaient des clients. June va motiver son équipe et mettre un point d'honneur à ce qu'ils se souviennent de leur séjour avec des étoiles dans les yeux, avant leur retour dans leur pays. June et ses collègues sont donc contraints de servir des nazis, des Japonais ( Pearl Harbor a déjà eu lieu) malgré leur réticence, malgré leurs proches morts ou servants au front. Maggie Stiefvater a su retranscrire parfaitement le trouble intérieur de chacun engendré par la situation. Mais tous vont s'appliquer à leur apporter luxe et bonheur.

Récit historique avant tout, Hôtel Avallon m'a passionnée de bout en bout. Or je ne suis habituellement pas friande de ce genre de récit, mais la plume de Maggie Stiefvater a su m'envoûter. Le travail de négociations d'échange d'otages de Pennybacker, le travail d'espionnage des agents du FBI, les attentes individuelles de chaque membre de ces légations sur leur retour ou non au pays sont passionnantes. Les convictions et les valeurs morales s'affrontent. Mention spéciale pour le couple de nazis avec leur fille Hannelore, muette et mutique, sujette à des crises de hurlements, qui serait euthanasiée en Allemagne pour son "inaptitude"...

À ce récit historique se mêle un soupçon de magie glissé par l'autrice qui imprègne l'eau de la région. Une magie tantôt bienveillante tantôt menaçante mais peu expliquée. Cette EauDouce circule partout, à tous les étages, avec des fontaines dans les couloirs, les salles de réception, les salons et dans les canalisations de chaque chambre. Cela donne un côté angoissant au récit mais parfois irritant par le manque de compréhension. Ce sera mon seul bémol qui n'aura pas entamé mon engouement pour ce roman.

Au milieu de ce récit se coule une romance naissante entre June et Tuck, mais pour que celle-ci aboutisse il faut que June mette de côté toutes ses attentes concernant le fils aîné des Gilfoye, avec qui elle entretient une relation épisodique depuis son adolescence. J'ai beaucoup aimé sa prise de décision, le rejet de son amour passé, sans regret, réfléchi et posé... Comme tout ce que fait June. L'autrice a créé un sacré personnage avec cette femme hors du commun.

Entre l'ajout du fantastique et d'une romance, on pourrait croire à une volonté d'adoucir le côté historique de ce roman. Ne vous y trompez pas, on est bel et bien dedans, et les questions soulevées dans ce récit sont d'importance. En temps de guerre, qu'est-ce qui prime : l'individu ou la collectivité ? Qu'est-ce qui prime : l'effort de guerre ou la tentative d'un homme pour sauver ses compatriotes ? Maggie Stiefvater nous offre sa réponse, une sorte de compromis avec la fin de son histoire que j'ai adoré !

Hôtel Avallon est la première excursion de l'autrice dans la littérature pour adulte et c'est une réussite que je vous conseille vivement de découvrir. Sa bibliographie (ICI sur Livraddict) est impressionnante, mais jusque là elle ne s'adressait qu'aux ados et young adults. Pour ma part je n'ai lu que les deux premiers tomes de La prophétie de Glendower.



tous les livres sur Babelio.com


lundi 23 septembre 2024

LES GUERRIERS DE L'HIVER de Olivier Norek [audio]

 


Lizzie

Les Guerriers de l'hiver
de Olivier Norek
Lu par Thierry Blanc

Durée : 10 h et 35 min




L'avis express de Dup sur Les guerriers de l'hiver de Olivier Norek

Un récit captivant, émouvant, dur.
Mais surtout passionnant.
Immense coup de cœur !

L'AVIS DE DUP



De plus en plus friande de lecture audio, je ne pouvais que craquer lorsque Netgalley a proposé l'écoute du dernier roman d'Olivier Norek. Je crois bien avoir lu toute sa bibliographie, hormis le dernier de la série Victor Coste : Dans les brumes de Capelans. Et j'aime beaucoup ses polars ou thrillers. Mais je dois dire que rien ne m'avait préparée au choc de cette lecture. Parce qu'on est loin, très loin des intrigues policières. Les guerriers de l'hiver est un roman de littérature blanche, plus précisément, un roman historique.

Le bougre sort des sentiers battus, pire, il m'entraîne avec lui ! Et je suis restée scotchée derrière ses mots, derrière la voix chaude de Thierry Blanc qui m'avait déjà enchantée lors de l'écoute du dernier Giébel : Et chaque fois mourir un peu. Il est juste parfait pour cette narration !

1939, le géant russe s'attaque à son insignifiant voisin finlandais...un tout jeune pays alors, de vingt-deux ans d'existence seulement. Le but : s'emparer d'un port sur la Baltique pour empêcher les Allemands de les envahir par l'isthme de Carélie.  Pour Staline, ce sera l'affaire d'une semaine, deux tout au plus. Elle dura tout l'hiver, fut un véritable massacre, côté finlandais mais aussi et surtout côté soviétique. Seulement voilà, le nombre de soldats finlandais n'était pas extensible contrairement à leurs adversaires... 

Olivier Norek nous relate l'histoire vraie du légendaire sniper Simo Häyhä qui fut surnommé par les soldats russes "La mort blanche". Simo n'était qu'un petit gars d'un village finlandais, formé à la chasse par son père et qui excellait aux concours de tir. Il se retrouvera avec tous ses amis sur le front de Kollaa, sous les ordres d'un officier frappadingue et saoul les trois quarts du temps. Il tuera plus de 500 soldats russes avec son fusil de chasse. Viser, tirer, recharger était devenu sa ritournelle.

L'amitié, la perte, le deuil, la bravoure, la peur, la violence, la vengeance, et surtout, surtout la détermination... Olivier Norek relate et décortique la vie et la mort d'une poignée d'ados et de leurs encadrants durant les quatre mois que durera cette guerre dont on a si peu entendu parler dans nos livres d'histoires. La narration alternera entre le côté des finlandais et celui des russes. On découvrira ainsi la gabegie inhérente à un commandement motivé uniquement par la peur des représailles de Staline. Chaque officier militaire était chapeauté, surveillé par un officier politique rendant des comptes chaque jour. En face, la détermination des finlandais transformera cet affrontement en guerre de harcèlement, en guérilla au milieu des immenses forêts, par -30°, -40° et même -50°.

Les guerriers de l'hiver est un magnifique roman, dur comme tout fait de guerre, mais qui m'a pris aux tripes comme jamais. Savoir toutes les anecdotes relatées véridiques remue grandement. Une guerre absurde qui se termina sans vainqueur ni vaincu... juste des morts. On ne peut s'empêcher d'y voir un parallèle avec la guerre en Ukraine, même si jamais cela ne sera évoqué par l'auteur. Ce roman est un coup de cœur monstrueux. Je ne peux que vous conseiller de le lire, mieux, de l'écouter !


lundi 27 novembre 2023

LA CHUTE DES GÉANTS de Ken Follett

 

LE SIÈCLE

Tome 1

La chute des géants



Audible studios
37 h et 50 mn




L'avis express de Dup sur La chute des géants de Ken Follett

Une fresque historique grandiose.
Du grand Ken Follett encore une fois !


L'AVIS DE DUP



Fut un temps où je lisais énormément de Ken Follet. Les piliers de la terre bien sûr, mais surtout beaucoup de one-shot, j'étais friande de ses romans d'espionnage : Le code Rebecca, Le réseau Corneille, La nuit de tous les dangers. Il a donné aussi dans le mystère médical et j'ai gardé un excellent souvenir du Troisième jumeau. Mais tout ceci c'était avant, bien bien longtemps avant le blog...

Et puis le blog, les polars, puis les thrillers, puis la fantasy. Alors que cette nouvelle fresque historique de l'auteur faisait de plus en plus parler d'elle, je me résolvais à passer outre. Mais voilà, maintenant que je passe beaucoup de temps à tricoter (mon futur proche de grand-mère oblige) j'écoute beaucoup d'audios et je viens d'assouvir mon envie de découvrir ce premier tome du Siècle : La chute des géants.

Ken Follett est un excellent conteur et alors même que son récit n'a rien d'exaltant, rien de stressant, bref rien qui en fasse un page turner, je n'ai pas pu m'empêcher de poursuivre l'écoute de la voix de Vincent Violette qui me narrait l'histoire de ces cinq familles que l'on suit pendant que se déroule la première guerre mondiale.

La chute des géants débute en 1911 dans des houillères du pays de Galles et se termine en Allemagne, dix ans après alors qu'un jeune agitateur alors inconnu au bataillon, Adolf Hitler, est emprisonné à Munich pour avoir causé des désordres sur la voie publique.

Cinq familles donc, avec dans chacune un ou deux personnages principaux. Ethel et Billy Williams pour la branche ouvrière anglaise, enfin galloise. Lady Maud et Lord Fitzherbert, pour le côté aristocratique, Fitz étant le propriétaire des houillères où travaille Billy. Cameron Dewar, conseiller d'un sénateur américain. Walter Ulrich côté allemand. Tout ce monde là se connait et se fréquente en 1911. Et enfin, pour avoir un aperçu de ce qui se passe en Russie, nous suivons les deux frères Pechkov, Grigori et Lev, deux orphelins ouvriers, l'un finira aux États-Unis, l'autre un acteur de la révolution bolchevique.

Et la magie follettienne se met en place, parce que rapidement on s'attache à tous ces personnages. Leurs sorts nous importent vraiment, les points de vue narratifs changent sans cesse, aucun ne nous est indifférent. Et les heures passent, le tricot s'allonge, et c'est la boule au ventre qu'on les abandonne après 38 heures à les côtoyer.

Moi qui ne suis guère friande d'Histoire avec un grand H, j'ai adoré ce premier tome. Ce sont des conteurs comme Ken Follett qu'il nous faudrait au lycée, ainsi on comprend mieux la cascade d'événements qui a découlé de l'assassinat de l'archiduc d'Autriche, François-Ferdinand. Puis les guerres de tranchées, la bataille de la Somme, la mobilisation des taxis parisiens, etc... 

Sont abordés également la condition de la femme, la lutte pour son droit de vote et également, déjà, son droit à un salaire égal pour un même travail. La condition ouvrière, avec un parallèle entre les différences entre l'Angleterre et la Russie. La lutte des classes dans ces deux pays. Mais aussi une fine analyse de la politique internationale pendant toute cette période clé de l'Histoire.

Bref, j'ai adoré l'écoute de La chute des géants, j'ai beaucoup aimé Vincent Violette en narrateur que je rajoute à ma liste des meilleurs, et je m'en vais très bientôt attaquer ma révision de la seconde guerre mondiale avec L'hiver du monde, après une petite pause Fantasy, pour digérer ce premier pavé.


lundi 10 janvier 2022

LE PEUPLE INVISIBLE Tome 2 de Anaïs Cros

 

2 - LA NUIT DES SORCIÈRES


NestiveQnen Éditions
444 pages
24 euros




L'avis express de Dup sur La nuit des sorcières de Anaïs Cros

Encore une fois je me suis régalée.
De l'Urban Fantasy historique passionnante.
À découvrir absolument !


L'AVIS DE DUP


La nuit des sorcières est donc la suite de L'eau du Léthé, encore que ces deux tomes soient complètement indépendants et puissent très bien se lire séparément. Ceci dit l'ordre chronologique est quand même préférable dans le sens où les personnages concernant la période actuelle sont les mêmes et leurs histoires évoluent.

La ville de Strasbourg est toujours à l'honneur même si Anaïs Cros ne s'interdit pas quelques escapades dans ses environs. Sa magnifique cathédrale que nous visitons à chaque fois ainsi que la place et toutes les rues alentours. Je n'y suis allée qu'une fois et pourtant ce roman a énormément résonné en moi. J'imagine que l'impact doit être juste énorme pour les strasbourgeois et même les alsaciens.

Toujours la même construction, une alternance de longs chapitres entre la période actuelle et une autre dans le passé. Cette fois-ci l'historienne Anaïs Cros se penche sur l'année 1870 et nous propulse au début de l'offensive prussienne sur Strasbourg. On assiste à l'approche de l'armée ennemie et l'insouciance des strasbourgeois confiants en leur défense. Ensuite il y aura le siège, les bombardements avec leurs dégâts et les incendies qui en découlent, la restriction alimentaire, la famine qui guette, les morts et les blessés en pagaille. Le soutien de la France reste inexistant et ce sera la reddition. J'ai trouvé cela passionnant alors même que l'Histoire avec un grand H n'est habituellement pas ma tasse de thé.

De nos jours, nous retrouvons Franck qui a emménagé chez Kiéran, l'Immortel. Johanna, la petite amie de Franck et sorcière de son état, vient s'y réfugier également. Une maison qui vaut le détour, protégée par Yggdrasil sous la forme d'un bonsaï innocent dans le hall d'entrée. J'ai adoré les pouvoirs de ce dernier. Johanna est accusée du meurtre de sa mère par la sororité. Franck et Kiéran vont mener l'enquête qui ne sera pas de tout repos, Kiéran étant l'ennemi numéro un des sorcières depuis une éternité.

En 1870, là aussi les sorcières sont au centre de l'intrigue. Tout tourne autour de Joséphine, une fillette tout ce qu'il y a de plus normale si ce n'est qu'elle "voit" les invisibles. Goule et Croquemitaine sont de la partie. La suivre dans le Strasbourg attaqué, bombardé, la voir perdre un à un ses proches est éprouvant. Cette fois-ci on ne verra pas apparaître Kiéran dans le Strasbourg assiégé, comme c'était le cas dans l'opus précédent. Et il faudra arriver à la toute fin pour comprendre le lien entre les deux périodes... et la surprise est de taille.

Bref je me suis régalée encore une fois et c'est à nouveau un coup de coeur. Je suis vraiment fan de cette série et de la plume d'Anaïs Cros qui nous fait de l'Urban Fantasy historique de haut vol . Tout est passionnant dans cette Nuit des sorcières, le background, les intrigues, les personnages. C'est une valeur sûre, foncez ! 

   

D'autres avis chez :

vendredi 19 novembre 2021

LE PEUPLE INVISIBLE Tome 1 de Anaïs Cros

 

1- L'EAU DU LÉTHÉ


NestiveQnen Éditions
472 pages
24 euros





L'avis express de Dup sur L'eau du Léthé de Anaïs Cros

Un roman passionnant que je ne peux que vous conseiller de lire au plus vite !
Un mixe étonnant de roman historique et d'urban fantasy.
Une ode à la ville de Strasbourg. 


L'AVIS DE DUP




Quel plaisir de retrouver la plume d'Anaïs Cros ! J'avais été complètement sous le charme de sa précédente série de Fantasy, "Les lunes de sang". Quatre tomes, quatre coups de cœur, les liens sont en bas de la chronique. Ceci-dit, la dame se faisait rare, ma dernière lecture crossienne remonte à 2014, mais j'en garde d'excellents souvenirs. Souvenir d'une conteuse hors pair. Souvenir du royaume de Mortelune. Souvenir de personnages fabuleux : Listak, Evrahl et cette pauvre Amiel...

Dans cette nouvelle série, "Le peuple invisible", Anaïs Cros se fait historienne en plus de conteuse. Ce n'est plus un univers imaginé mais bien notre terre, et même notre France puisque tout va se passer à Strasbourg. Un monde où depuis la nuit des temps cohabitent le peuple invisible et les humains. Mais ces derniers ne sont au courant de rien, si ce n'est quelques initiés, et le tout est amené de façon tellement naturelle qu'on y croit vraiment. 

Ce peuple invisible comprend des métamorphes, des sorcières, quelques mages, mais aussi des démons, des succubes et un immortel. Sans doute des elfes également puisqu'on y croise une ondine, mais très brièvement. Mais bon, il est fort possible que l'autrice n'ait pas dit son dernier mot !

L'autre côté singulier de ce roman c'est sa double temporalité. Les chapitres alternent régulièrement entre le XVIe et le XXIe siècle. Déroutant au début car forcément nous ne suivons pas les mêmes personnages, l'écriture d'Anaïs Cros nous happe rapidement, ses deux récits également. Puis très vite nous voyons apparaître le fil rouge qui reliera les deux récits : L'eau du Léthé. Un flacon ramené par Dante dont l'eau serait susceptible d'accomplir des miracles... si tant est qu'elle ne tombe pas dans de mauvaises mains. 

L'enjeu du XVIe est de cacher ce flacon afin que le clan des démons avec à sa tête madame Bérénice du Cléré qui n'est autre que La Salamandre, ne s'en empare. Katell, une jeune femme déguisée en homme pour avoir juste le droit de travailler dans une imprimerie, sa passion, va se retrouver plongée dans ce monde invisible en venant aider son patron, un initié, et son apprenti.

Au XXIe, Franck, aide soignant dans un hôpital psychiatrique, est témoin d'une scène incroyable sur son écran vidéo de surveillance. Un petit homme que l'on vient d'interner d'office, qui plus est fortement sédaté et saucissonné dans son lit se balade dans les couloirs et entre dans la chambre d'un autre patient. Il se précipite sur place pour le voir décapiter avec une épée le malade alité. La tête roule au sol, mais continue à vociférer jusqu'à ce que le premier n'y mette feu, les flammes sortant de ses paumes et... il disparaît. Salement secoué, Franck va avoir besoin de repos et se baladant dans les rues de Strasbourg, il va recroiser le petit homme qui se nomme Kieran et qui est l'Immortel. Ravi de constater qu'il n'a pas rêvé cette nuit là et donc qu'il n'est pas fou, Franck va suivre Kieran et devenir en quelque sorte un initié. Kieran est en quête du flacon d'eau du Léthé...

Je m'arrête là sinon je vais vous raconter tout le roman, alors que je n'ai fait qu'ébaucher le premier chapitre de chaque partie. Sachez juste une chose, c'est PASSIONNANT ! Ce livre une fois démarré, juste ces deux premiers chapitres, et vous êtes ferré, impossible de le lâcher. Je ne regrette qu'une chose, ne pas mieux connaître Strasbourg car les descriptions des rues, des quartiers, les détails architecturaux m'auraient alors encore plus parlé. Je suis néanmoins sous le charme et l'envie de la découvrir est réelle. Et je ne vous parle pas du véritable cours d'histoire sur Strasbourg à l'époque où elle faisait partie du Saint Empire romain germanique ! Oui, vraiment passionnant !

L'eau du Léthé est un immense coup de cœur, et je suis ravie d'avoir déjà en ma possession le tome 2 du Peuple invisible : La nuit des sorcières. Sachez cependant que ce premier opus peut se suffire à lui même car l'intrigue principale est résolue à la fin et point de cliffhanger nous y attend en embuscade. L'envie de retrouver la plume d'Anaïs Cros est suffisante ! 


Anaïs Cros sur Bookenstock :

 


vendredi 26 juillet 2019

1793 de Niklas Natt och Dag




Sonatine Éditions
448 pages
22 euros




⏩  L'avis express de Dup sur 1793 de Niklas Natt och Dag  ⏪


Une enquête brillante qui nous traîne dans les quartiers et les rues de Stockholm en 1793 où règnent la misère, la corruption et la violence, derrière des personnages abîmés et attachants.



L'AVIS DE DUP

curseur de satisfaction : coup de coeur



Dans le "lac" de Fatburen, qui n'est rien d'autre qu'un égout à ciel ouvert d'un quartier pauvre de Stockholm, Michael Cardell repêche un cadavre. Un homme jeune, atrocement mutilé : amputé des quatre membres, yeux arrachés et langue tranchée. Bref, un homme à qui on a enlevé tout moyen de défense et d'identification. L'enquête va être confiée à Cecil Winge, un homme à l'intelligenece brillante, pugnace et impartial. Winge et Cardell vont chercher à élucider l'affaire John Doe qui en Suède se transforme en Karl Johan.

Entre Cardell, à moitié alcoolique, vétéran de la guerre navale contre la Russie où il a perdu un bras et Winge atteint de phtisie, une affection pulmonaire qui à l'époque était mortelle à court terme, nos deux hommes forment une sacrée équipe de bras cassés. Mais justement, pour des raisons personnelles et différentes, ils vont s'investir totalement dans cette enquête et une improbable amitié va naître entre eux. 

Construit en quatre parties, la première et la dernière concernent notre duo d'enquêteurs. 
La seconde est un recueil de lettres qu'un jeune homme adresse à sa soeur. Il était apprenti chirurgien pendant la guerre qui a ôté le bras de Cardell et aujourd'hui il a rejoint la capitale afin de poursuivre ses études. Une vie précaire sans le sou, le peu récolté investi dans la débauche estudiantine, l'alcool et les mauvais choix, on assiste à la lente dégringolade de Kristofer Bix. 
La troisième partie concerne une jeune femme, Anna Spina Knapp, qui se débat fièrement pour survivre seule dans la pauvreté et qui va être accusée à tort de vendre son corps. Un procès à charge et bâclé, elle sera incarcérée dans une Filature de la ville où elle va connaître l'enfer. On découvre le sort des femmes suédoises de l'époque et ce n'est pas reluisant !

L'enquête du tronc flottant sera le fil rouge d'un roman historique sur la Suède et plus particulièrement Stockholm en 1793. Remarquablement écrit, avec des tournures de phrases recherchées, un vocabulaire soutenu et cependant accessible, ce roman a été hypnotisant pour moi, alors même que je ne suis pas friande de romans historiques. Les descriptions d'un Stockholm puant, pauvre et violent sont d'un glauque certain. Les remugles délétères, les miasmes et la misère qu'on y croise m'ont fait penser au Paris du roman de Patrick Süskind,  Le parfum. L'aspect politique est passionnant avec une aristocratie et une monarchie tremblant devant l'exemple français, permettant de découvrir notre Révolution par un autre bout de la lorgnette. 

1793 de Niklas Natt och Dag est un thriller historique excellent, l'intrigue est complexe avec une trame du récit originale et recherchée. Ce roman offre un panorama et un portrait social de Stockholm qui fait froid dans le dos, mais que l'on se surprend à dévorer pour suivre des personnages extrêmement attachants. Coup de coeur pour ce premier roman d'une envergure exceptionnelle que je vous conseille chaudement.



lundi 21 juillet 2014

LES ENFANTS DU VOLCAN de Bernard Simonay





Éditions Presses de la Cité
444 pages
19,50 euros


Résumé :


Noï-Rah, dont le nom signifie «Celle qui apporte la lumière», a dix ans et vit dans un village de pasteurs agriculteurs. A sa naissance, une prophétie a prédit qu'elle apporterait de profonds bouleversements dans l'existence des siens. Enlevée par les Korghs, les habitants du «pays inquiétant où les montagnes crachent le feu», elle va vivre de multiples aventures, affronter des ennemis impitoyables acharnés à sa perte, mais aussi rencontrer l'amour et la passion. Son intelligence lui permettra de faire d'extraordinaires découvertes, comme l'écriture. Son courage la poussera à prendre la défense des plus faibles face à la brutalité du terrible Rogh, le chef de la tribu des chasseurs. Mais, surtout, un lien étrange la reliera à un volcan, l'impressionnant Pa'hav, dont tous redoutent les colères. Cette relation singulière fera d'elle une femme hors du commun, appelée à devenir la mère d'une nation... Bernard Simonay met tout son talent de conteur au service de ce fascinant roman qui se déroule au pied de la chaîne des volcans d'Auvergne. Une plongée grandiose au coeur du néolithique.


L'avis de Dup :

Noï-Rah est née dans une tribu de pasteurs. Éleveurs et cultivateurs, ils se suffisent à eux-même et vivent en autarcie complète. Pacifiques, ils assurent néanmoins la garde et la protection du clan car rodent parfois des tribus nomades de chasseurs qui ont tendance à trouver la chasse bien plus aisée sur des troupeaux domestiqués ! Son village est situé dans l'actuelle Auvergne, auprès des volcans...encore en activité. Sa naissance coïncidant avec une mini éruption, ajouté au fait qu'elle est rousse suffiront à quelques chamans du clan pour émettre une prophétie sur son destin : elle amènera du bouleversement, mais aussi, elle sera une rassembleuse, une meneuse.


Bernard Simonay va donc s'appliquer à nous tracer au cours de ce roman toutes les étapes de la vie exceptionnelle de cette femme. Enlevée alors qu'elle n'a pas encore dix ans par une tribu de chasseurs, transformée en esclave, échangée à plusieurs reprises comme un vulgaire objet. Rachetée enfin par un homme bon, un marcheur. Un indépendant d'une grande tribu chasseuse, Les Ours Noirs.

Après quelques années elle deviendra sa femme, et apportera beaucoup de ses connaissances comme la poterie, la vannerie ou le tissage. Mais aussi des améliorations concernant le confort, la conservation des denrées, etc...Seulement ces nouveautés sont fort mal vues de la tribu se considérant comme des mâles plutôt guerriers.

Mais pour son malheur, Noï-Rah est belle et suscitera partout où elle passe des convoitises, des rêves.  Son destin va être ainsi chamboulé à maintes reprises, elle va être ballottée d'un clan à un autre, à cause de jalousies, d'envies primaires. Loin de rassembler, elle semble alors disperser les hommes, défaire les ententes. Mais elle va se servir avec intelligence de cette discorde pour asseoir son autorité afin de faire accepter ses nouveautés bénéfiques pour la majorité. On trouve également un discours féministe surprenant dans ce cadre, et grâce à sa persuasion, Noï-Rah va réussir à imposer l'utilisation des armes par les femmes.
Mais Noï-Rah invente aussi, et on sent surgir de ses cogitations les prémices de l'écriture.

Une plume simple et fluide entraîne le lecteur tout du long de cette épopée. Un style impeccable mais une construction en revanche assez "vieillotte" : à chaque fin de chapitre, une phrase ou un petit paragraphe qui spoile complètement le suivant et m'a fait râler plus d'une fois. Néanmoins, il y a une suite qui promet d'être passionnante car on devrait y voir la naissance vraiment de l'écriture et son pendant : l'apprentissage. L'école préhistorique !

Cette lecture n'a pas été follement passionnante, mais au moins, elle a été plaisante. Voilà donc un challenge de rempli, sur une note positive, cela n'a pas été une corvée comme le précédent. Ceci dit, je réfléchirai à deux fois dorénavant avant de m'inscrire aux LC (Lectures Communes) déjantées de Lune des copines... :))


Et zou, pour Vert et son Rupestre Fiction !