jeudi 28 mars 2019

BAD MAN de Dathan Auerbach




Éditions Belfond
440 pages
21.90 euros


4ème de couv :

On dit que, passé quarante-huit heures, les chances de retrouver une personne disparue sont quasi nulles. Deux jours pour ratisser les bois alentour, frapper à toutes les portes, remuer ciel et terre. Passé ce délai, l'espoir n'est plus permis.
Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l'affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride.
Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s'est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n'a jamais cessé ses recherches.
Recruté en tant que magasinier de nuit dans le supermarché même où Eric a disparu, Ben sent que les lieux ont quelque chose à lui révéler. Quelqu'un sait où est son frère, une personne qui prend un malin plaisir à se jouer de lui. Qui ? Le directeur qui n'a jamais collaboré à l'enquête ? Ses collègues auxquels il a accordé trop vite sa confiance ? Mais il y a plus que ça, une présence impalpable, diffuse, qui brouille ses pensées... Qui est ce bad man dont l'ombre inquiétante plane sur la ville ?






Ben est aujourd'hui magasinier dans le supermarché où, cinq ans plus tôt il a perdu la trace de son petit frère alors âgé de trois ans. Celui-ci s'est volatilisé et depuis Ben traîne sa culpabilité. Ce supermarché cristallise toutes ses angoisses, ses terreurs mais aussi sa haine. 

L'ambiance chez lui est délétère, et sa nouvelle embauche ne fait qu’aggraver la situation. Mais contre toute attente, le gros Ben apprécie son travail de nuit. Il s'y est fait des amis. Il est sur place pour continuer à enquêter sur la disparition d'Eric et il lui reste bien du temps en journée pour poursuivre inlassablement sa distribution de tracts aux habitants de la ville, dès fois que quelqu'un ait aperçu son petit frère. Car contrairement aux flics, Ben n'a jamais baissé les bras.

L'ambiance générale est lourde, pesante. Le contexte social de cette ville moribonde accolée à l'autoroute est poisseuse, à l'image du climat hivernal de ce coin de Floride. Un roman lent, introspectif, où finalement il ne se passe pas grand chose, avant la fin. Je m'y suis même ennuyée... et pourtant...

POURTANT, oui...

L'auteur a su canaliser mon attention, susciter mon angoisse comme jamais à l'aide de petite phrases glissées de façon faussement aléatoire au sein de son récit. Et ces petites phrases ont été judicieusement mises en avant par l'éditeur, créant chez moi, à chaque fois une bonne décharge d'adrénaline, un long frisson.

Voici la première et la seule que je vous dévoilerai.




Finalement, c'est uniquement ce jeu là qui m'a fait poursuivre ma lecture, me promettant un final explosif. Car jamais on ne peut rattacher ce personnage qui bégaye à un quelconque protagoniste de l'histoire que l'on lit à côté.

Las, je dois avouer ma grosse déception car ce final fut pour moi un gros flop. C'est tiré par les cheveux, absolument pas crédible. Le bégayeur est en inadéquation avec le discours tenu lors de ces petites phrases. C'est juste pas possible, ça ne colle pas. Et bien sûr, je ne peux développer sans spoiler...

La 4ème de couv promettait une sorte de huis clos façon Shining dans un supermarché mais ce n'était absolument pas le cas.Ceci dit je dois reconnaître la prouesse, par le jeu de ces pages, 10-12 grand maximum, qui a transformé ce roman en page-turner. Dommage que le final n'ait pas été à la hauteur attendue. L'éditeur avait bien joué le jeu, entre la couverture sublime et angoissante, la mise en page. Il y avait tous les bons ingrédients pour frapper fort. The King est encore loin d'être détrôné !


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