lundi 28 novembre 2016

LE MATIN EN AVAIT DÉCIDÉ AUTREMENT de Salomé Vienne





Les indés de l'imaginaire
label Naos
330 pages
18 euros


4ème de couv :

Éda et Théo avaient tout pour être heureux. Des gamins comme les autres, qui jouaient à se faire peur en se racontant des histoires au pied du grand châtaignier. Un jour pourtant, Éda disparaît sans laisser de traces. Et tout le monde oublia l’arbre, Éda et ses rêves étranges. Tous, sauf Théo… Commence alors pour lui l’expérience du doute, l’adolescence puis l’âge adulte. Mais de l’autre côté des mondes, prisonnière de la cellule 222 du Centre de tests génétiques de l’Empire, Éda vit encore et lutte, chaque matin, pour un fol espoir : retrouver Théo et lui confier sa dernière histoire, celle de sa survie… Salomé Vienne nous entraîne aux confins des mondes, là où l’impossible et le merveilleux se rencontrent pour forger un récit hypnotique.



L'avis de Dup :

Après avoir exploré le monde onirique franchement teinté dark steampunk d'Anthelme Hauchecorne, basculer dans celui beaucoup plus soft de Salomé Vienne a eu quelque chose de très déstabilisant au début, d'autant que je les ai lu l'un après l'autre. Mais je me suis très vite laissée amadouer par la plume légère et poétique de Salomé Vienne.

Plus qu'un monde, c'est un voyage onirique que nous propose l'auteur. Un voyage à travers les rêves qui vous font passer d'un monde à l'autre. Elle explore le concept des univers parallèles et la vertigineuse idée que nous pouvons être des multiples, dans d'autre temps, d'autres lieux. 

Théo et Eda sont des enfants insouciants, espiègles, rêveurs. Ils construisent leur jeux autour d'un châtaignier centenaire. Mais un jour Eda et Marnie sa maman disparaissent. Et si chez Théo elles laisseront une légère empreinte, chez les autres il n'en reste aucune trace. Théo grandit et les prémices d'un souvenir surgissent.

Quant à Eda, on la retrouve dans une autre civilisation, prisonnière de l'empire mornain. Un monde dystopique qui a perdu ses couleurs gommées par la pollution. Toge blanche, rasée, tatouée, matricule 222. Cobaye destinée à des expériences scientifiques au profit du bien être de l'élite. 

Chaque nuit, dans ses rêves Eda attend Théo qui finalement trouvera la fenêtre pour la rejoindre. Ils vont y vivre les plus folles expériences, les plus belles aventures.

Puis un jour Théo décide de franchir la limite de la nuit, trouver le miroir pour passer dans le monde d'Eda. Il quitte son monde mais atterri non pas dans l'univers de l'empire mornain mais dans notre vingt-et-unième siècle. 

Et ainsi de suite. L'auteur va nous faire voyager alors que la narration devient multiple et découvrir bien d'autres univers tirés de son imagination fertile. A la façon de pièces de puzzles qui s'emboîteront -ou pas, selon la notre d'imagination ! C'est beau, c'est poétique, c'est planant. C'est profondément triste parfois, pour ensuite nous faire douter, puis sourire. La construction de ce roman est complètement déroutante, mais remarquable car elle participe à ce voyage onirique.

La plume est belle, très poétique et m'a envoûtée, hypnotisée. J'ai avalé ce roman très vite, je ne savais pas où j'allais, mais j'avais envie d'avancer. Je ne savais pas si j'avais envie de comprendre, j'avais juste besoin de lire ces rêves en décalé, ces histoires loufoques et poignantes, un peu comme un recueil de contes fantastiques.

Eda et Théo, ce pourrait très bien être toi et moi, un jour, hier, demain. Ce roman m'a beaucoup touchée même si je ne suis pas sûre qu'il plaise à tout le monde.  Je pense qu'il faut être en phase et se laisser planer de rêves en rêves. La fin nous cueille en douceur et c'est avec des étoiles plein les yeux que l'on quitte ces univers, persuadé qu'on les retrouvera en fermant les paupières. Laissez-vous tenter par ce beau voyage !




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