lundi 17 février 2020

LA FILEUSE D'ARGENT de Naomi Novik





Éditions Pygmalion
496 pages
21,90 euros






L'avis express de Dup sur La fileuse d'argent de Naomi Novik


 L'histoire glaçante mais ô combien passionnante de trois jeunes femmes fortes et intelligentes.



L'AVIS DE DUP




Ayant beaucoup apprécié Déracinée de Naomi Novik, je me suis précipitée pour lire ce nouveau roman et je ne regrette pas du tout. Je crois bien même que je l'ai préféré. Ce que j'aime plus que tout avec cette autrice ce sont ses ambiances hivernales dans un monde imaginé à forte ressemblance russe. Les descriptions sont grandioses. Et dans cette Fileuse d'argent j'ai été plus que servie. Enfilez manteau, écharpe et gants avant de débuter cette lecture !

Dans cet univers, les hommes vivent aux côtés d'un peuple d'immortels pas sympas du tout, les Staryks. Plus présents en hiver, ces derniers ont des pouvoirs fantastiques importants, et en profitent pour imposer leurs lois. Or cette année, l'hiver semble s'étendre et engloutir le printemps, maladies et disettes sévissent au Lithvas... Ce roman, c'est l'histoire de trois jeunes femmes fortes et intelligentes qui vont prendre en main leur destin.

Myriem, est la fille d'un préteur sur gages juif bien trop gentil et généreux pour ce métier. Ils vivent plus que chichement dans leur village, mais lorsque la mère de Myriem tombe malade à cause du froid, que les médicaments pour la soigner coûtent trop cher, elle décide de prendre le rôle de son père et aller réclamer partout l'argent qu'on leur doit. Armée de beaucoup de courage, de patience et un sens inné des affaires, elle ne va pas tarder à redresser la barre. Ce don de changer l'argent en or se fera immanquablement repérer par les Staryks.

Wanda est l'aînée d'une fratrie de trois qui vivent dans la misère absolue, avec un père paysan, ivrogne et violent. Myriem, venant réclamer l'argent emprunté par ce dernier et gaspillé en alcool principalement, sera la planche de salut de Wanda d'abord, puis de ses petits frères, Sergey et Stepon.

Irina elle, est la fille du Duc de Vysnia, la grande ville la plus proche du village des deux autres. Même si ce n'est pas la pauvreté son soucis, son sort n'est pas plus enviable. Elle n'est juste qu'une monnaie d'échange entre les mains de son père, sévère, peu aimant et ambitieux.

Naomi Novik nous offre un roman choral envoûtant, donnant la parole à chacune de ces trois jeunes femmes, mais faisant intervenir également quelques personnages secondaires afin d'avoir une vue d'ensemble de ces destins croisés, sur le cours des événements et le sort du Lithvas. Mention spéciale pour les passage où c'est Stepon qui prend la parole. Un petit môme plein de bon sens mais qui vit la peur au ventre en permanence. C'est très émouvant.

Si vous cherchez l'action, passez votre chemin, encore que le dernier tiers est bien rythmé. C'est un roman qui se déguste, la plume de Naomi Novik est fluide et agréable. Elle s'adapte à la personnalité de chaque intervenant de façon admirable si bien qu'à chaque changement de narrateur, le lecteur n'est jamais perdu. Ce roman serait top en audio d'ailleurs ! Magie et démons sont au programme et s'intègrent parfaitement au récit qui n'a rien d'un conte enchanteur, c'est même souvent dur, voire glaçant. Je ne peux que vous conseiller de le découvrir.


4 commentaires:

  1. Je suis justement en train de me régaler avec Déracinée. J'avais l'intention de jeter un oeil sur ce nouveau titre. Tu ajoutes grandement à mon envie de me le procurer en disant que c'est encore meilleur !
    Merci pour la chronique :D

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    1. En fait c'est difficile de les comparer. Déracinée c'est un peu un conte , La Belle et la Bête version Novik, là cela n'a rien d'un conte. Les deux sont très bien, voilà!

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  2. Beaucoup aimé Téméraire et Déracinée, je devrais logiquement lire celui-là aussi. C'est bon de savoir que c'est toujours aussi agréable à lire.

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    1. Oui, différent, mais tout aussi sympa à lire.

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