mardi 15 octobre 2019

DRAGON & POISONS de Bauthian et Morse


Editions Drakoo
Parution: 02/10/2019
14.50 euros
46 planches





Bienvenue à Pâmoison. Jolie cité, où il fait bon vivre ...non en fait pas du tout, Pâmoison est une cité où tout se règle à coup de poison. Les duels font fureur et les rues sont jonchées de cadavres. Sympa ... 

Là, vivent nos trois héros: Nevo un médecin au comportement pas toujours très net, Natch une ingénieure bricoleuse de génie et Greyson un grand guerrier qui n'a peur de rien. Ces trois-là sont amis, enfin presque, c'est-à-dire qu'ils sont amis sauf si ils décident de se trahir mutuellement. Leur idée du moment: aller jusqu'au puits des souhaits pour y affronter le dragon. C'était censé être une collaboration. Du moins à l'origine ...

Un scénario qui va à toute allure, de l'inventivité et de l'humour, le tout servi par un dessin plein de pep's, que demander de plus (à part la suite évidemment ...) ?




Dragons & Poisons est une superbe BD, au scénario sacrément bien ficelé qui réserve son lot de surprises. La révélation finale ouvre un nombre de portes incroyable pour la suite du récit. Quelle ne fût pas ma déception de voir que cette "série" ne comptera que 2 tomes. Ça explique le seul défaut que je trouve à cet ouvrage: son incroyable richesse.

Oui son incroyable richesse en arrive à être presque un défaut. Cette inventivité sans limite de la part de l'auteur doit rentrer dans les 46 planches qui composent cet album.  Or, toutes ces idées auraient tellement méritées d'être détaillées et explorées dans tous leurs moindres détails que ça en est -presque- frustrant pour le lecteur.

Du coup, on revient en arrière, on imagine, on rêve, on se pose des questions. Tous les non-dits et les possibles sont juste fabuleux.

La pompon, c'est que le dessin lui même foisonne de détails. Au même titre que le scénario, il est d'une telle richesse qu'on y revient, on scrute. Le monde créé par l'auteure et la dessinatrice aurait  tellement mérité d'être approfondi.

Mais quelle idée de ne faire que deux tomes !!!! Il y a matière à tellement plus.

Bon je râle mais en fait, j'adore. C'est juste que je suis gourmande et que les ingrédients, aussi bien au niveau du scénario que du dessin, auraient pu donner lieu à une grande saga.

En l'état, Dragons & Poisons est une super BD, agréable, fun, pleine de suspense et de révélation.

Et drôle en plus. Tenez, prenez l'exemple du dragon qui peste parce qu'on le dérange "encore":

"Non, mais quand on est éternel, deux glands tous les vingts ans, c'est souvent."

Non, vraiment tout y est, un coup de coeur, mais s'il vous plaît vous pouvez la faire un peu plus longue cette série?






lundi 14 octobre 2019

LES RÉVÉLATIONS de Michel Zajdenberg






Vérone Éditions
478 pages
22 euros





L'avis express de Dup sur Les révélations de Michel Zajdenberg


Une donne de départ originale, une intrigue bien menée mais qui ne tient pas la route jusqu'au bout. Dommage !


L'AVIS DE DUP




Une fois n'est pas coutume, j'ai accepté de lire un livre venant d'une maison d'édition à compte d'auteurs, d'un parfait inconnu cela va sans dire (encore que aujourd'hui...). Qu'est-ce-qui m'a fait dire oui à celui-ci et non à tous les autres ? Juste le mail de sollicitation émanant du fiston de l'auteur. Le ton du mail surtout. Est-ce que je regrette ma mansuétude ? Oui... et non.

Oui parce qu'on retrouve tous les écueils des auto-édités, et ils sont nombreux... mise en page, fautes, lourdeur des métaphores, répétitions, etc.

Non, parce que je me suis retrouvée ferrée par cette histoire que nous déroule l'auteur. Du jour au lendemain, plus personne ne peut dormir. Pire, même les anesthésies échouent. Seuls les mineurs de moins de 16 ans sont épargnés. Voilà la donne de départ. À partir de ça, Michel Zajdenberg nous fait suivre d'une part une équipe de l'hôpital John Hopkins de Baltimore qui cherche une solution médicamenteuse au problème. D'autre part, une autre équipe qui va se former autour d'un somnologue (si, si 😃) parisien sollicité par le président français himself.

Le roman est découpé en trois parties, la première servant à découvrir les personnages et ils sont nombreux, mais aussi à planter le décor et découvrir les conséquences de la donne de départ. Le seconde concerne les recherches frénétiques de chaque côté de l'Atlantique. Aux USA, ils s'acharnent à trouver une molécule salvatrice tandis qu'en France ces recherches plus qu'intuitives de notre charlatan somnologue suivent la piste de la disparition simultanée de nombreux autistes graves. La troisième partie sera la convergence de ces deux équipes manipulées par un mystérieux "Maître" pour avoir le fin mot de l'histoire et recevoir ces fameuses Révélations.

Bon, j'ai bien apprécié les deux premières parties, beaucoup moins la dernière que j'ai trouvé disons, capillotractée. L'univers pour le moins chaotique qui découle du manque de sommeil est super bien décrit, passionnant, stressant à souhait, et surtout réaliste. La construction en alternance fait bien son office de moteur de lecture, savamment entretenu par l'auteur qui finit chaque chapitre par un mini-cliffhanger bien trouvé. Il nous tient en haleine véritablement, et j'ai dévoré ces deux tiers du bouquin en vraiment peu de temps. Mais j'avoue avoir décroché dès la première rencontre avec le "Maître" qui dès l'âge de 2 ans manie les équations mathématiques les plus trapues...entre autre. Nos équipes de chercheurs partent donc rejoindre le Maître et j'avais l'impression de suivre deux colos qui partent en vacances version Les bronzés. Les situations sont rocambolesques et bien peu réalistes.

Bref, je n'ai pas du tout aimé ce dernier tiers alors que j'avais jusque là été emballée. C'est franchement dommage ! Je ne peux que vous laisser faire votre opinion par vous même.




jeudi 10 octobre 2019

KING OF SCARS de Leigh Bardugo





Éditions Milan
520 pages
17,90 euros




L'avis express de Dup sur King of Scars de Leigh Bardugo


Que se cache-t'il derrière cette superbe couverture ?
Un superbe texte !





L'AVIS DE DUP




Je suis devenue une fan inconditionnelle de Leigh Bardugo. Son univers, le Grishaverse, est tout simplement énorme, et le découvrir en profondeur tome après tome est un vrai plaisir. De plus ce nouveau diptyque, King of Scars, va mettre en avant Nikolaï, le roi écorché, un personnage que j'avais beaucoup aimé dans Grisha (vous trouverez les liens en fin de chronique).

Mais avant toute chose, vous voudrais vous informer qu'il ne faut absolument pas découvrir Leigh Bardugo par ce dernier livre car il spoile aussi bien Six of crows que Grisha, et ce serait vraiment dommage pour vous, car l'essayer c'est l'adopter, forcément !

Dans ce nouveau roman l'autrice va adopter deux arcs narratifs différents qui ne se croiseront pas du tout dans ce premier tome, mais forcément dans le second car ils concernent tous les deux l'avenir de Ravka. Le premier rassemble Nikolaï et Zoya, devenue Générale de la seconde armée, qui cherchent une solution pour débarrasser le roi de son monstre embarqué, tout en tentant de sauver Ravka d'une guerre imminente. Le second concerne Nina qui se trouve à Fjerda avec deux autres grishas et qui ont pour mission secrète de repérer les grishas fjerdans opprimés par les croyances de ce peuple du grand nord. Peuple qu'elle connait bien notre Nina pour avoir aimé à la folie son Matthias.

Retrouver ainsi trois personnages secondaires des séries précédentes au devant de la scène n'est que du bonheur. Surtout Nikolaï et Nina, parce que Zoya, c'est Zoya quoi...
- Nikolaï a toujours bon fond, un poil trop peut-être pour gouverner un pays au bord du gouffre, mais il est secondé par l'intransigeante Zoya. Ce qui me plait le plus dans ce personnage, c'est son humour et sa répartie, en toutes circonstances. Il manie à merveille l'autodérision également et en aura recours bien souvent "grâce" au monstre logé en lui, semé là par le Darkling.
- Nina, c'était déjà un personnage fort dans Six of crows. On la retrouve avec ses blessures profondes, elle n'a toujours pas fait le deuil du décès de Matthias. Elle a accepté cette mission dans le but de ramener le corps de ce dernier dans son pays natal. Mais les injustices qu'elle découvre sur place vont prendre le pas sur son malheur et on retrouve petit à petit la Nina effrontée, têtue. Une grisha puissante, même si son pouvoir a changé à cause de la drogue, le jurda parem. Obstinée et intelligente, elle mettra tout en oeuvre pour sauver les grishas.
- Et enfin, je garde le meilleur pour la fin, Zoya. Zoya, une véritable peste dans Grisha, une traître qui plus est, je l'avais trouvée plus qu'antipathique. Leigh Bardugo nous la montre toujours aussi rigide et sèche en lui prêtant une répartie cinglante, mais qui fait mouche à chaque fois. Et puis, petit à petit, avec l'aide de nombreux flash-back, elle creuse sa psychologie intime. On apprend à mieux la connaître, puis à la comprendre et enfin à l'aimer vraiment très fort. Quel personnage ! Elle éclipse même les deux autres et je n'ai qu'une hâte la retrouver.

Voilà, j'ai vraiment TOUT aimé dans ce roman et en AURAIT fait un ÉNORME COUP DE COEUR s'il n'y avait pas eu les deux dernières pages qui clôturent ce volume. L'autrice nous a pondu un vrai coup de théâtre, que je dois avouer on ne voit absolument pas venir, mais que je trouve complètement WTF ! Rhaaa que c'est nul cette fin, pourquoi, mais pourquoi cette solution trop facile !  Deux pages qui gâchent tout, allez dame Bardugo, on gomme ça et on recommence s'il-vous-plait !
Je trépigne néanmoins pour lire la suite malgré tout, même si je crains qu'on finisse par tourner en rond...


Leigh Bardugo sur Bookenstock :


GRISHA


SIX OF CROWS


mardi 8 octobre 2019

TIME BOMB de Joelle Charbonneau





Editions Milan
15.90 euros
280 pages
Parution: 19/08/2019


☇ L'avis éclair de Phooka sur Time Bomb de Joelle Charbonneau ☇


Du  bon et du moins bon. Un roman qui se lit vite mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable.




De Joelle Charbonneau Dup et moi avions lu tous ses romans sortis en français (voir liste à la fin de cette chronique) et nous nous étions régalées, donc aucune hésitation à se lancer dans la découverte de son petit dernier , Time Bomb, malgré une impression de déjà vu.

De fait le postulat "lycée en crise, ados bloqués dans un huis-clôt avec un coupable parmi eux" n'est pas un concept original, loin s'en faut. Le récent "Qui ment fleurtait avec le même sujet avec talent. Le coup de génie de Joelle Charbonneau est de présenter la situation à l'envers. En effet, jusqu'à présent le scénario de ce genre de roman commençait par une journée ordinaire au lycée, un évènement puis le fameux huis-clôt dans lequel le lecteur découvre petit à petit les protagonistes du récit, chacun semblant plus innocent que son voisin.

Dans Time Bomb, le recette est inverse. L'auteur nous convie d'abord à découvrir les six adolescents qui seront les héros de ce récit. Un chapitre par personnage à la fin duquel le lecteur apprend que celui-ci part au lycée dans l'idée de faire un coup d'éclat. Six personnages, six coupables potentiels avant même que quoi que ce soit n'arrive au lycée. Alors quand la première bombe explose, ils sont tous forcément suspects. Chacun a ses raisons, chacun a envie ou besoin de "faire quelque chose" au lycée. Mais ce quelque chose n'a pas la même signification dans la tête de chacun: depuis le tag ...jusqu'à la bombe.

Le début du roman augurait d'une bonne lecture. Six coupables potentiels, six raisons de poser des bombes. La première bombe explose, le chaos et petit à petit les six adolescents vont se rejoindre pour le fameux "huis-clôt". Oui mais voilà, ça ne marche pas. Pourtant je trouvais l'idée de les présenter comme potentiels terroristes dès le départ, vraiment intéressante, mais les interactions entre les six m'ont laissée de glace. Alors que Joelle Charbonneau nous faisait adorer Cia dans Elite, elle ne réussit pas ici à nous faire partager les motivations de ses personnages. Oui, on lit le roman et oui on a envie de savoir qui est le "vrai" coupable et pourquoi. Et oui encore, on veut apprendre comment tout cela va se finir et qui va s'en sortir et comment. Mais il manque quelque chose. Une âme au roman.

Time bomb est un roman qui se lit jusqu'au bout, par curiosité, pour connaître le dénouement. Il joue bien son rôle de thriller ado. Un chapitre par personnage, le rythme est frénétique. Chacun est venu au lycée pour une bonne ou plutôt une mauvaise raison: faire quelque chose qui fera date. Mais qui est celui ou celle qui a décidé de le faire sauter ? La question reste en suspend pendant une bonne partie du récit.  Cependant, on ne peut s'empêcher d'en ressortir un peu déçu. Le manque d'intérêt réel vis à vis des différents protagonistes du récit réduit l'impact des révélations. Et si le roman se lit jusqu'au bout, il ne restera clairement pas dans ma mémoire. Dommage, il ne manquait pas grand chose pour en faire un thriller très réussi.


Joelle Charbonneau sur Bookenstock:


lundi 7 octobre 2019

LA PIERRE DU CHAOS Tome 1 de Gabriel Katz et Stéphane Créty [BD]



Tome 1 - Le sang des ruines




Éditions Drakoo
48 pages
14,50 euros
Parution octobre 2019


ou sinon, vous pouvez le lire ci-dessous en agrandissant ma photo


J'adore cette illustration ! 
Vous voyez là la région d'Enoch où sont envoyés Navel et Araes...



L'avis express de Dup sur La pierre du chaos T1 de Gabriel Katz


Les Éditions Drakoo poursuivent leur route avec ce deuxième album, un récit de pure Fantasy, de la vraie, jouissive, à la sauce Katzienne !



L'AVIS DE DUP



Rholala qu'est-ce-que j'ai adoré cette BD ! Du Katz pur jus, servi par un illustrateur du tonnerre, Stéphane Créty. Ça dépote, et pas toujours dans la dentelle, c'est gore mais c'est beau. 

Des doigts volent...


Des têtes aussi !




J'ai entendu et lu, ça et là, un parallèle entre l'Empire romain et l'invasion des Goths, des Huns, etc...Mais non, pas du tout, c'est un empire katzien, point à la ligne. Ce n'est pas parce qu'ils portent une cape rouge, un plastron lustré et un casque surmonté d'un balai-brosse qu'il faut en faire des romains !





Juste des guerriers. Une armée de guerriers disciplinée. Et on en parle de la formation des jeunes recrues ? Oui celles qui se croyaient envoyées dans un endroit planqué.. Tout dans la finesse, outch... pauvres Navel et Araes !



Navel, c'est le gentil. Il est là parce que c'est son devoir, mais il se languit de sa jeune femme enceinte qu'il a laissé à la capitale Xénia. 
Araes, c'est la grande gueule, celui qui ne peut pas s'empêcher de la ramener. Un personnage comme les affectionne Gabriel Katz. On sent même l'humour, la répartie refrénée par les contraintes d'un scénario court, à ciseler sévère. Il lui manque les tatouages dans le dos et je vois le Desmeon de Aeternia moi ! 

Et vos Huns, vos Goths, mais non, c'est juste les affreux, et purée, il sait bien les dessiner les affreux sieur Créty !!! Vous en avez quelques exemples sur la couverture, mais là ils sont calmes, faut pas les fâcher. Et puis il y a aussi les mages, les magiciens, les sorciers, appelez les comme vous voulez. Eux aussi ils ne sont pas beaux, mais pourtant, parmi eux il y a la petite Enarya... pas affreuse pour le coup. J'attends beaucoup d'elle dans les tomes suivants. "La renvoyer à ses casseroles" qu'ils disent... mouahaha, ils ne connaissent pas les personnages féminins de m'sieur Katz !

L'artefact qui se déclenche... là aussi ça dépote ! On entrevoit à peine les conséquences à long terme. A court terme elles sont... euh spectaculaires !!! Mention spéciale à Leonardo Paciarotti pour la colorisation de cette BD d'ailleurs ! 




Et c'est Gabriel Katz à la plume n'est-ce-pas ? Alors, devinez comment ce tome se finit ? Avec un cliffhanger bien sûr !!! Non pas ça ! Rhaaaa !... À moins que... à moins que sous l'agnelle se cache la furie, allez savoir avec cet auteur !!!

J'ai A-DO-RÉ
FONCEZ !!!




Deux petites encore, pour le plaisir des yeux parce que ces dessins sont splendides !