vendredi 26 avril 2019

LA PASSEUSE D'OMBRES d'Hélène P.Mérelle




LA PASSEUSE D'OMBRES
L'Automne des magiciens # 3



Editions Bragelonne
Parution: 10/04/2019
432 pages
25 euros





Octavianne tient la barre d’un royaume toujours instable tout en protégeant sa fille. Et le père de l’enfant reste muet dans son exil, alors que d’inquiétants phénomènes se produisent autour de la petite Thalia…

Pendant ce temps, dans les cités du Sud, la résistance aux lois sur l’esclavage s’organise. Des trônes changent de mains, des alliances se concluent, et les lames s’aiguisent… Octavianne pourra-t-elle sauver du chaos son peuple comme les siens ?





*Attention, il s'agit de la chronique d'un tome 3 dont il y a forcément des spoilers sur les deux précédents*

L'automne des magiciens fait partie de ces séries pour lesquelles je n'ai pas besoin de relire mes notes sur les tomes précédents avant d'attaquer le nouveau. Ceci pour deux raisons principales: la rapidité de parution des tomes (les trois volumes sont sortis en un an) et surtout la singularité des personnages. En effet, comment oublier qui sont Octavianne, Adalgis et Maurin. De tels héros ne peuvent s'effacer de la mémoire.

Octavianne a utilisé la magie interdite, la nécromancie, pour ressusciter Adalgis. Maurin a été banni d'Elgem par le haut conseil, contre l'avis de la reine alors enceinte de lui. Depuis, une petite fille est née: Thalia, ou plutôt la princesse Thalia. Elle est, en effet, l'héritière du royaume et la magie est déjà forte chez ce bébé, chose jamais vue auparavant. La pauvre Thalia ne sait évidemment pas maîtriser la magie à 6 mois. Magie qui la perturbe, l'empêche de dormir et impacte son développement. Mais ce qui l'empêche surtout de dormir, ce sont les ombres qui viennent rôder autour de son berceau pendant la nuit. Maîre Gungor a mis en garde Octavianne: en utilisant la nécromancie, la reine a déchiré le voile qui sépare le monde des morts de celui des vivants et depuis les morts viennent perturber le sommeil de Thalia qui est sans défense. A bout de ressources, Octavianne refera appel à Adalgis malgré les avertissements ...

Pendant ce temps, dans le sud, le prince Selin héritier du roi d'Inissan attend patiemment qu'Addis meure pour prendre sa place. Depuis le traité signé contre l'esclavage lors du grand conseil, Inissan ne peut plus écouler ses marchandises, du moins officiellement. Mais même si la contrebande permet d'écouler une partie du sucre et du vin du royaume, il reste beaucoup trop de stock et marchands et producteurs sont terriblement mécontents. Chaque postulant au trône fomente son propre plan pour prendre le pouvoir et abattre cette reine fauteuse de trouble en Elgem.

La guerre menace ...

Et elle va éclater. Ce dernier opus de la trilogie sera sanglant et mortel. Et si l'autrice a montré qu'elle était terriblement douée pour installer une atmosphère et créer des héros incroyablement vivants, elle va ici montrer qu'elle est tout aussi à l'aise dans les scènes de guerre et les batailles homériques. Elle n'hésite pas non plus à sacrifier ses personnages, sans fioritures et sans larmoiements inutiles. C'est brutal, violent et inéluctable.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est bien sûr Octavianne, personnage féminin d'une force sans égale. Elle est la reine, elle est magicienne, mais elle est aussi maman et amoureuse. Son attention est parfois détournée de la politique par les pleurs de son enfant ou son inquiétude pour Maurin. Une femme active de nos jours ... Elle est capable du meilleur comme du pire. elle peut être visionnaire mais aussi à la source d'erreurs monumentales. Elle est forte et faillible, tout à la fois. C'est un personnage d'une puissance étonnante, qu'on admire et qui agace. Une vraie femme quoi! 

La passeuse d'ombres est la conclusion de la trilogie de l'automne des magiciens. Une conclusion brutale et totalement en accord avec le ton de la série. Aucune concession, aucune mièvrerie. Cette saga a une force étonnante et a révélé une autrice possédant une maîtrise époustouflante du récit. Tels les soldats des armées mises en présence dans le roman, le lecteur avance à marche lecture forcée, non par obligation, mais parce qu'il lui faut savoir. Il faut arriver à cette conclusion ultime et inéluctable. Même si on sait qu'ensuite on va regretter d'être arrivé si tôt à la fin de la trilogie. J'espère pour ma part retrouver rapidement la plume d'Hélène Mérelle car une chose est sûre, il faut garder un oeil sur cette autrice !





Si vous avez raté le début:

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