jeudi 5 novembre 2020

DANS L'OMBRE DE PARIS de Morgan of Glencoe

 



Éditions ActuSF
Collections Naos
456 pages
17,90 euros





L'avis express de Dup sur Dans l'ombre de Paris de Morgan of Glencoe


Une fantasy envoutante créée par un mélange du monde d'avant et du monde d'aujourd'hui dans lequel se mêlent des légendes celtiques, du mythe Arthurien. Un univers incroyablement riche, dense, passionnant !


L'AVIS DE DUP




Oh comme je suis contente d'avoir craqué et commandé les deux premiers tomes de cette série lors de la proposition d'ActuSF de les recevoir dédicacés. 1) Vu le contexte actuel, les dédicaces ne sont pas pour demain 2) Je me suis régalée ! Je n'arrêtais pas de voir fleurir des coups de cœur sur ce Dans l'ombre de Paris, mais c'est celui annoncé par Estelle Faye qui a été décisif : il me le fallait ! Et ce qui est encore mieux et bien plus rare : je l'ai attaqué très vite, il n'a pas séjourné bien longtemps dans ma PAL.

Nous faisons la connaissance de Yuri-Hime, princesse japonaise, durant son voyage à bord de l'Orient-Express qui l'emmène à Paris où elle a été mandée par son père, ambassadeur à la cour de France. Parce que oui, si nous sommes au XXe siècle, la monarchie est toujours là. Nous en sommes à Louis XX, et la liste de ses titres est pour le moins impressionnante : Roi de France, d'Espagne, de Suède et de Norvège, Prince de...(3), Grand-Duc de...(1)  Souverain Suprême de...(4), Grand Protecteur de...(3), et Seigneur de...(2). En gros de l'Europe élargie ! Et ce n'est qu'arrivée à Paris qu'elle comprend qu'elle vient d'être "donnée" par son père au Dauphin, Son Altesse Royale le Prince Louis-Philippe Auguste Capet de France.

Si la pilule est dure à avaler, il n'en reste pas moins que la rigidité de l'éducation japonaise, qui plus est d'une princesse japonaise, lui fera faire courbettes et sourires impassibles. Une histoire vue et revue n'est-ce-pas ! Mais outre le contexte d'une France d'aujourd'hui monarchique, Morgan of Glencoe va nous faire une véritable petite révision du bestiaire folklorique celte et là, ce n'est que du bonheur. Au diable les grincheux de l'intrigue classique !

On en a un petit aperçu déjà dans la Rame 5, le nom de l'Orient-Express. Ce mastodonte de plusieurs kilomètres de long est dirigé par une Capitaine humaine haute en couleur, qui a sous ses ordres plusieurs sortes de fées. Les Aelings qui sont les patrouilleurs, les Sylphes les cheminots et des Feux-Follets mécaniciens. Et tout ce monde là vit pour le Rail, par le Rail, un peu comme un équipage de navire d'ailleurs. Ce sont les Fourmis du Rail, qu'on apprend tout juste à connaître avant l'arrivée en gare de Paris.

Yuri va bénéficier d'une aide surprenante et bienvenue, lui proposant de prendre la tangente avant le mariage, afin d'échapper à cette destinée. Son choix est vite fait et elle va se retrouver, après quelques péripéties dans les égouts de Paris, où vit une sorte de cours des miracles autoproclamée les Rats. Une communauté dirigée par un chevalier renégat, Lord Willowsword, ennemi public numéro 1 de Louis XX, des humains et des fées, tous indésirables pour la monarchie. Une Selkie, rien moins que Taliesin le Barde légendaire, des sylphes, des feux-follets, une spectrale guérisseuse, et même des fomoires forment une collectivité joyeuse et soudée, vivant donc dans l'ombre de Paris . Cela va être pour notre princesse le lourd apprentissage de la liberté de pensée, de l'égalité entre tout être vivant, etc. Se défaire de son carcan de préjugés aristocratiques inculqués jusque là...

Déjà le fait de trouver ce type de bestiaire en Fantasy n'est pas si fréquent, mais la façon dont Morgan of Glencoe nous les fait découvrir, les liens qui se tissent tout du long de ce roman a créé chez moi une empathie vraiment très forte vis à vis de tous ces personnages secondaires. Peut-être même plus que pour le personnage principal. Tout cela prend du temps, s'ancre bien fort dans notre cœur alors même qu'on pressent un final catastrophe. Les derniers chapitres sont poignants, déchirants. Je lirai la suite sans aucun doute, mais pas tout de suite, il me faut d'abord panser mes blessures !



Aucun commentaire:

Publier un commentaire