L'avis express de Dup sur La princesse au visage de nuit de David Bry
L'AVIS DE DUP
David Bry sur Bookenstock :
- Que passe l'hiver ☻ (coup de cœur également !)
Elianor est une jeune femme solitaire et au caractère difficile. Et quand je dis "difficile" c'est un euphémisme, elle est vraiment imbuvable. À sa décharge, elle a des circonstances atténuantes. Sa mère est morte lorsqu'elle était très jeune et depuis son père est devenu lointain et secret. Même s'ils vivent tous les deux sous le même toit, ils ne s'adressent quasiment jamais la parole. Alors qu'elle approche de ses 18 ans, son père la convoque pour lui "faire des révélations" mais au même moment le manoir où ils habitent loin de tout est attaqué par un groupe de personnes masquées. D'autres combattants arrivent et sauvent Elianor, mais son père et les employés du manoir sont fait prisonniers par les premiers attaquants. Elianor est blessée et se réveille dans un lieu inconnu. Elle ne sait pas où elle est, elle ne sait pas ce que sont devenus ses proches et elle commence à ruer dans les brancards. Elle apprend alors qu'elle est une "élue", la gardienne du sceau de l'eau, une lointaine descendante de Poseïdon et que son rôle est de veiller sur l'entre-deux mondes. Elle découvre ainsi l'existence de créatures magiques de toutes sortes qui se cachent des humains, trop dangereux pour eux. Le pouvoir d'Elianor est immense, elle doit d'abord apprendre à le gérer mais un autre groupe de sorciers "noirs" essaye de prendre le pouvoir et elle ne va pas pouvoir bénéficier d'une formation digne de ce nom.
Je sens bien que mon résumé est fouillis, mais c'est juste le reflet de la richesse et de la "densité" du récit. À la fois une qualité et un défaut. Enfin pas un défaut en soi, mais juste qu'en 24h Elianor découvre tout ce monde, les créatures, les guerriers, les beaux mâles et la guerre contre la Guilde Sombre et ça passe crème. Euh seriously ? C'est un peu fort de café quand même. Rajoutons à ça que l’héroïne est vraiment pénible, aucun sens des relations humaines et qu'on a envie de la baffer, bref j'ai failli laisser tomber ma lecture au bout de quelques chapitres. Vraiment. Je trouvais Elianor imbuvable et la situation trop caricaturale.
Et puis petit à petit, tout se met en place. Bon Ok, Elianor est toujours pénible, mais c'est son caractère et ça change de suivre une héroïne pas vraiment sympathique. Mais surtout le lecteur commence à comprendre le fonctionnement du monde "magique", à connaître les créatures présentes, les castes et évidemment à entrevoir la guerre qui fait rage. Le roman devint alors inlâchable (© Dup), le récit est prenant, bourré de suspense et de surprises. Croyez-moi, des surprises vous allez en avoir. À un moment donné je me suis même dit que c'était une sorte de Harry Potter hardcore. Oui hardcore parce que tortures et morts font partie du décor. Mais c'est plus que ça, on passe toute la partie initiation en quelques chapitres pour entrer dans le vif du sujet. Découvertes et batailles font rage. La fin est juste hallucinante et il vaut mieux avoir le tome 2 sous la main.
Les personnages sont attachants ... même Elianor dont le caractère bien trempé est finalement un atout pour aller de l'avant malgré toutes les embûches. Si elle avait un peu plus d'empathie elle serait parfaite, mais peut être aussi n'arriverait elle pas à surmonter tout ce qui lui arrive. Fort heureusement pour elle, elle est bien entourée. Entre Guillaume, le beau guerrier, les trois autres gardiens et son magnifique dragon.
Le monde d'Elianor mérite qu'on s'y intéresse et qu'on fasse l'effort d'y entrer. Si le début est un peu chaotique et peu crédible, il déroule toute sa "puissance" petit à petit jusqu'à devenir un vrai page-turner. Le bestiaire de créatures est fabuleux dans tous les sens du terme, le récit est prenant et bourré de révélations (souvent mauvaises). Bref, malgré mes réticences du début, je meurs d'envie de lire la suite. Vu l'évolution de l'histoire le tome 2 devrait être énorme. Il me tarde déjà de m'y plonger !
Dance of thieves : coup de coeur
Vow of thieves : coup de coeur
Il me faut "The Remnant chronicles" traduit !!!
Belle semaine encore ici !
4 chroniques, une annonce de sortie. C'est un joli bilan !
Phooka nous a parlé de:
Dup aussi a bien bossé:
À la semaine prochaine !
La bise 😷
Bookenstock
On pourrait penser que, au bout du cinquième tome d'une série, la surprise commence à s'estomper. Que nenni ! Vous ne connaissez pas Kelen et Rakis, qui ont le don de se fourrer dans les pires situations. Toujours !
Cette fois Kelen se retrouve condamné à mort suite à sa déclaration de guerre contre l'empire Daroman. Bon en fait ce qui s'est passé, c'est que suite à un duel en bonne et due forme, sous la surveillance de la garde royale, Kelen n'a rien trouvé de mieux que d'essuyer le sang qui lui obstruait la vue sur le drapeau de la Darome. Or la loi darome est claire ... c'est un acte de guerre ! Kelen se retrouve ainsi présenté devant la reine qui doit entériner cette sentence. Une reine de 11 ans mais deux fois millénaires. Contre toute attente, elle va le gracier et ce sera le début de la plus complexe aventure de notre tout jeune héros (il vient juste d'avoir 18 ans au début du récit). La cour du royaume est un tel ramassis de conspirateurs et d'opportunistes que sa vie va devenir un enfer. Pour lui et pour Rakis bien évidemment. Et quand je dis "enfer", je pèse mes mots, croyez-moi !
Rarement une intrigue a été aussi complexe, mais quand en plus dans un récit, plusieurs intrigues se mêlent, c'est du grand art. J'adore et je n'ai pas envie d'en raconter plus pour vous laisser le plaisir de tout découvrir.
Ce qui est aussi du grand art c'est de faire de Kelen un héros. Parce que le titre de la série c'est "l'anti-magicien", mais ça pourrait tout autant être "l'anti-héros". Du moins c'est ainsi qu'il se voit. Un lâche, un imposteur incapable de magie. D'ailleurs Rakis est d'accord sur tous ces points. À force de vouloir s'échapper et fuir le danger, ils se retrouvent tous les deux dans des situations absolument cataclysmiques. Mais si parfois Kelen se comporte en lâche, c'est souvent pour sauver non pas sa propre peau mais celle de son partenaire le chacureuil, voire même celle d'autres personnes autour de lui. Il faut se souvenir que Kelen est touché par l'ombre au noir, cette malédiction censée le transformer en démon et il ne sait pas si ou quand elle peut se déclencher. Ce qui explique qu'il fuit les relations avec d'autres personnes comme la peste. Mais quand il se retrouve ainsi exposé au yeux de tous et le centre de l'attention, ça devient quasi impossible d'échapper au monde.
Kelen a grandi, ce n'est plus le gamin du début de la série. C'est un jeune homme dont l'ingéniosité et le courage sont remarquables quoiqu'il en dise. Seulement le contexte autour de lui est tellement complexe qu'il n'a aucune chance de s'en sortir. Kelen et Rakis sont seuls face au monde entier. Et s'ils font confiance à quelqu'un c'est à chaque fois pire. Ce que je trouve vraiment étonnant c'est que Kelen reste un anti-magicien. On aurait pu attendre qu'au bout d'un moment il récupère des pouvoirs comme ça arrive souvent. Mais non, rien. Sa magie est bloquée pour de bon.
Les 500 pages du roman se lisent toutes seules. Les chapitres sont courts, le récit est rythmé et surtout les protagonistes incroyables. Bien sûr il y a Kelen et Rakis, mais pas seulement. Cette reine de 11 ans, Leonidas, Colfax, Martius, Mariadne ... ils sont tous extraordinaires. Leurs motivations et leurs comportements se révèlent petit à petit. Vous ne savez pas à qui faire confiance au même titre que Kelen et vous ressentez ainsi toute son impuissance.
Je suis toujours étonnée qu'on ne parle pas plus de cette série qui franchement le mériterait. C'est l'une des séries les plus originales, complexes et bien écrites que je connaisse en jeunesse. Rajoutez à ça que les couvertures sont à tomber et franchement je ne peux que la conseiller. Cinquième tome, cinquième coup de coeur !
Annonce de dernière minute:
Sebastien De Castell a annoncé sur son compte twitter qu'une adaptation de la série était en cours à Hollywood...Si vous avez raté le début: