jeudi 9 janvier 2020

LE PRIEURÉ DE L'ORANGER de Samantha Shannon





Éditions De Saxus
987 pages
29,90 euros




L'avis express de Dup sur Le prieuré de l'oranger de Samantha Shannon


Un monstrueux pavé, un monstrueux plaisir de lecture.




L'AVIS DE DUP




Blablabla, rien de nouveau sous le soleil, blablabla, que du classique... Mais laissez les donc causer ces rabats-joie et ne vous privez pas du plaisir de lecture que vous procurera ce Prieuré de l'oranger ! Un bon pavé de presque 1000 pages de fantasy épique, un one-shot qui plus est !

Samantha Shannon a créé un monde bien divisé, l'Est et l'Ouest, rappelé sans cesse par les en-têtes de chapitre. À l'Est, sur le continent l'Empire des Douze-Lacs et une grande île indépendante, la Seiiki, dirigée par un gouvernement martial. À l'Ouest, un continent partagé par quatre états souverains et une autre île indépendante, l'Inys. La dichotomie se poursuit avec l'Est qui vénère les dragons et l'Ouest qui les craint, les combat. Cette différence entraîne forcément une haine farouche pour le continent opposé, chacun considérant l'autre comme hérétique car les religions de chacun sont étroitement liées aux dites bestioles.

Nous allons suivre deux personnages féminins au caractère bien trempé dont nous allons partager les points de vue.
-Tané, une jeune seiikinoise studieuse qui brigue l'honneur suprême d'être sélectionnée pour chevaucher un dragon. Son talent de guerrière est réel, mais elle s'est créée toute seule une épée de Damoclès au-dessus de la tête juste avant l'épreuve finale.
-Ead elle, est une jeune dame de la cour de la reine Sabran d'Inys. Mais on comprend très vite qu'elle est bien plus que ça et cache bien son jeu derrière ses grandes robes.
De temps en temps, d'autres personnages poursuivront la narration. Loth, un ami inyssien d'Ead et de la reine Sabran. Niclays, un mentodonien de l'Ouest exilé à l'Est par Sabran.

Après une mise en place de l'univers et des différents éléments de l'intrigue qui a été pour moi un moment de flottement sur quelques 150 pages, n'arrivant pas à m'imprégner de ces deux mondes radicalement différents, le récit de Samantha Shannon prend alors une ampleur folle. Les fils d'intrigue quoique classiques sont nombreux et passionnants. On y trouve pèle-mêle la menace du retour du plus terrible des dragons cracheur de feu, le Sans-Nom, des prophéties à énigmes, des sorcières, de la magie. De plus, qui dit deux continents, dit un océan entre eux et donc, des pirates, des corsaires ! Que du plaisir !

Les personnages principaux comme secondaires sont plaisants et agréables à suivre, tous sacrément bien construits, même si je n'ai pas eu un syndrome d'hyper-attachement pour l'un d'entre eux. J'irai presque jusqu'à dire que j'ai préféré le méchant de la bande, le vieil alchimiste perfide, Niclays. D'ailleurs, c'est bien la première fois que je dévore un livre au point d'en faire un coup de coeur alors même que j'éprouvais un certain détachement vis à vis des personnages. 

Il faut dire que l'histoire contée est rondement menée, avec une maîtrise du rythme des révélations quasi parfaite entraînant une cadence de lecture accélérée et ça j'adore vraiment ! Une écriture fluide et sûre, abordable sans doute pour les young-adult. Un vocabulaire adapté qui nous plonge à l'Est dans un univers japonais, à l'Ouest dans un monde médiéval septentrional. 

En résumé, ce Prieuré de l'oranger n'est que du plaisir de lecture que je vous recommande chaudement. En plus, l'objet-livre est franchement magnifique, imposant, mais magnifique ! Un peu tard pour le déposer au pied du sapin, mais heureusement les occasions d'offrir ou de s'offrir ne se limitent pas à Noël n'est-ce-pas !

5 commentaires:

  1. Oh, je suis contente de découvrir ta chronique ! J'ai lu peu de retours sur ce livre alors que j'ai entendu beaucoup parlé de lui. Ce moment de flottement de 150 pages, l'as-tu trouvé nécessaire pour apprécier l'intrigue ?

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    1. Oui, oui ! Tout s’emboîte très vite après !

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  2. Dans ma pile! Du coup, je vais le prendre très vite!!

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  3. Ah ben on dirait qu'on l'a lu à peu près au même moment - et on d'accord, commencer l'année avec ça, c'est TOUT BON !
    J'ai l'impression d'être un peu restée sur ma faim en ce qui corncerne une ou deux questions qui je pense ont pas eu de réponse, donc on passe vraiiiiment pas loin du coup de coeur ... mais pour le reste, WAOUH ! J'ai un peu retrouvé là-dedans ce qui me plaisait tant dans un bon Gemmell : des légendes, des vieilles histoires à déterrer pour résoudre les problèmes du présent et beaucoup de déformations entretemps. Ca, et le fait que contrairement à pas mal de romans High fantasy, le gros méchant apparaisse pas au chapitre deux mais se fasse désirer pendant mille pages, histoire de laisser le temps à chacun de se rendre compte que finalement, le Sans-nom est peut-être pas LE plus gros souci de ce monde archi-divisé et méfiant.
    Franchement pour des briques comme ça, je signe de suite ! *.*

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  4. Dans ma pile aussi, ce petit pavé fera partie de mes prochaines lectures :D

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