lundi 13 novembre 2023

MISKA de Eva Martin

 


Éditions Critic
504 pages
23,50 euros






L'avis express de Dup sur Miska de Eva Martin

Un premier roman passionnant et percutant.
À lire sans hésitation !

L'AVIS DE DUP


Avouez que cette couverture de Sébastien Annoni, en plus d'être belle avec ses couleurs qui pètent, interpelle beaucoup. Mais qu'est donc ce beau mais monstrueux bateau qui semble voler là ? Et puis on lit le pitch et... oui, c'est confirmé, ce bateau vole ! Vous rajoutez à cela que c'est un one-shot de fantasy, et hop, il n'en fallait pas plus pour que je plonge.

Mais il faut quand même que je vous avoue une chose bizarre, ce titre m'a pourri mon début de lecture ! À chaque fois que j'empoignais mon livre, Miska se transformait en Mirza et j'avais cette foutue chanson en tête 😠 ! Et cela a duré jusqu'à ce que j'apprenne enfin la signification de ce mot. Mais ne comptez pas sur moi pour vous vendre la mèche ! 😁

Dès le premier chapitre Eva Martin donne le ton et il est plutôt rugueux, violent. Des envahisseurs se pointent, avec une technologie bien supérieure aux autochtones, en tout. Leurs voiliers déjà ont été capables de franchir le maelström de l'est. Supérieurs également en armement et en agressions magiques grâce à une poignée de mages surpuissants. 

Le capitaine Dacien et sa troupe participent à la défense d'Assale, la capitale, où les navires caldéciens sont proprement coulés, puis le port et la partie de la ville attenante bombardée, brûlée. C'est l'hécatombe, la débandade. Et les étrangers débarquent, envahissent, soumettent et font la loi. Dacien prend la tête de la résistance, dans l'ombre et appelle tout naturellement son groupuscule "Miska"... et non, je ne vous dirai toujours pas la signification de ce mot ! Plus qu'une solution : le lire !

Ce roman est donc le récit de l'affrontement de deux peuples aux cultures radicalement différentes. Le peuple Kinosh, conquérant, se montre au premier abord rigide, pétrit de codes de conduites, en plus d'être méprisant avec les Caldéciens, les "sauvages" donc. Dacien est atterré par le gouffre qui sépare leurs façons de penser, notamment après avoir enlevé dans le but de faire une otage, puis apprivoisé une gamine kinosh qui sera baptisé Petite.

Je restai incrédule en écoutant cette description d'une « civilisation » capable de livrer une enfant à un vieux briscard sans broncher, mais où laisser une femme s'habiller comme elle le souhaitait était sacrilège.

Et puis, un peu avant le milieu du roman, nous faisons la connaissance d'Azalon, un technologue Kinosh. Et nous voyons le paysage par l'autre côté de la lorgnette. Azalon effaré par l'attitude belliqueuse des têtes pensantes de son peuple, comprend qu'ils ne viennent pas apporter une culture mais en écraser une existante... 

Un rapprochement entre Azalon et Miska, Dacien donc, va se faire, et ensemble, ils vont devoir s'acharner pour sortir leurs deux pays de l'impasse. Car ils sont bien dans une impasse, et le récit nous décrit la situation de façon terriblement crue et sanglante. L'autrice ne prend pas des pincettes, loin s'en faut. Néanmoins, il n'y a pas les blancs d'un côté et les noirs de l'autre, tout est en nuances de gris. Chaque peuple a ses vertus, ses croyances, mais chacun aura commis de son côté ses horreurs, ses crimes de guerre...

Au fil d'un récit bien prenant, Eva Martin aborde les thèmes du racisme et de la colonisation d'une façon à la fois violente et touchante. Les personnages sont attachants, et pas seulement les principaux. Par le biais de Petite, Miska devient également un texte féministe pertinent sans être lourd. Un système de magie original mais discret nous rappelle que c'est bien de la Fantasy. Et de la bonne, vous pouvez me croire. Un premier roman que je salue bien bas, une autrice à suivre donc !

 


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