jeudi 1 novembre 2018

L'interview participative de Stefan Platteau # 1







Qui ne connait pas Stefan Platteau ?
Personne je suis sûre, car c'est une figure que nous accueillons.
Facilement reconnaissable, facilement repérable.
Voici notre grand homme, au propre comme au figuré.
Mais je vais le laisser se présenter, il fait ça beaucoup mieux que moi

Et comme pour Clément, la présentation ira ensuite sur un billet à part et ne suivra pas les ITV suivantes... vous comprendrez vite pourquoi !


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C’est lors de leur retraite dans un ashram près de Bénarès, où ils étudient le Prandalipapat yoga, le yoga des orteils préhensiles, que le Roi Baudouin de Belgique et la Reine Fabiola (plus généralement connue sous son nom de jeune fille, Dona Fabiola de Mora y Aragon) aperçoivent, dans un panier qui dérive au fil du Gange, un nourrisson à la peau blanche, doté d’une crinière fort précoce et d’un léger duvet de barbe. La mousson a gonflé les flots ; il est évident que cet improbable petit voyageur est en danger. Dona Fabiola n’hésite pas une seconde : elle met en pratique ses récents acquis yogiques. S’accrochant à l’épaule de son noble époux, et retroussant ses jupes, elle étire démesurément sa jambe droite, telle une branche chenue (et un peu noueuse) tendue au-dessus du fleuve. C’est ainsi, d’un pied alerte, que l’héroïque suzeraine d’un peuple héroïque attrape le panier au milieu du cours, et sauve l’infortuné nourrisson d’une mort certaine.


Le Roi Baudouin et la Reine Fabiola de Belgique, illustres adeptes du prandalipapat yoga.


Pour le couple royal, la situation se révèle néanmoins embarrassante. Impossible, bien sûr, d’adopter ce bambin chevelu ! Outre que sa venue compliquerait singulièrement la succession au Trône de Belgique, déjà entachée de trop d’épisodes sanglants, les origines douteuses de l’enfançon – sans doute le rejeton délaissé d’un couple de hippies de Goa complètement shootés — s’accordent mal au prestige d’une famille couronnée. Et puis, un bébé avec un duvet de barbe, tout de même !

Confié à l’ashram, le petit rescapé des flots est éduqué selon les principes du Prandalipapat yoga, dont il pratique intensément les exercices, dès l’âge de six mois. Si son corps perdra par la suite l’essentiel de la souplesse acquise, son imagination, en revanche, en conservera la capacité de s’étirer en d’improbables contorsions. L’enfant découvre par ailleurs la musique, le jour où Sire le Roi des Belges laisse malencontreusement tomber une lourde statue de Ganesh sur le troisième orteil droit monstrueusement affiné – et par conséquent terriblement sensible – de Dona Fabiola de Mora y Aragon.

Promis à une brillante carrière de podositariste (joueur de sitar avec les pieds), métier tenu en très grand honneur dans l’état indien du Karnataka, l’avenir du garnement semble tout tracé. Hélas, c’est alors qu’un leprechaun particulièrement stupide, égaré entre les mondes, et se croyant arrivé à la cour du roi d’Irlande, échange l’enfant contre son propre rejeton (un wookie très mal élevé et souffrant d’une hypervitalité capillaire, que l’ashram conservera pourtant bon gré mal gré, jusqu’à ce que ses poils lui poussent jusque dedans la bouche et finissent par l’étouffer lamentablement, quelques semaines plus tard. C’est néanmoins à l’occasion du bref séjour parmi eux de cet être hors-normes, que les yogis hindous découvriront le Boogie Wookie, une danse que l’on peut qualifier d’échevelée, à laquelle ils prendront désormais l’habitude de s’adonner juste après les prières du soir. Cette mode se répandra rapidement dans tout le nord de l’Inde, mais connaîtra une fin prématurée lorsque les Sikhs, qui se sentent à tort insultés par elle, décideront en représailles d’assassiner la Première ministre Indira Gandhi).

Mais revenons à l’enfant sauvé des eaux (vous avez compris qu’il s’agit de notre futur auteur). Celui-ci poursuit désormais son existence dans le sidh, l’autre monde, au creux d’une légendaire colline du pays de Galles. C’est là, en compagnie des aes sidhe, qu’il apprend les chants des Tuatha de Danaan, ainsi que l’art du juron improbable et celui du grand rire colossal. Il goûte également le privilège d’écouter quelques-uns des chanteurs les plus prestigieux que les deux mondes aient jamais connu : le grand Vaïnamoinen de Finlande, illustre joueur de kantélé ; le légendaire barde Taliesin, nombre de dignes fils d’Irlande, et même l’arrière-petite-fille d’Homère, laquelle, lors d’une mémorable nuit de Samain, exécute l’intégralité de l’Iliade et de l’Odyssée en s’accompagnant au piano. Notre héros conserve un souvenir très vif de son interprétation du combat d’Achille et d’Hector, rythmée par un swing endiablé, soutenue par le contrepoint fracassant d’un gorille joueur de trombone.

Seule ombre au tableau de cette enfance féérique : la proverbiale incompétence du ravisseur leprechaun dans l’art d’élever un petit d’homme. Bien sûr, le gnome hirsute ne manque pas de talent pour enseigner les mauvaises manières ; notre auteur n’a d’ailleurs pas complètement fini de désapprendre ce savoir aujourd’hui (et il lui arrive même encore d’en tirer beaucoup de joie). Mais lorsqu’il s’agit de répondre à la légitime curiosité d’un bambin, mis à part le domaine de la nourriture, et peut-être aussi le fascinant domaine de la vie sociale et amoureuse des poux, le nain se révèle totalement pris au dépourvu. Or, de la curiosité, notre garnement n’en manque pas. Jour après jour, il ne cesse d’assaillir son tuteur de mille questions : quel est le cri de l’ornithorynque ? Les pingouins ont-ils des genoux ? Quand ils marchent en file indienne, les manchots ont-ils un chef qui décide s’il faut partir du pied gauche ou du pied droit ? Pourquoi les tout petits chiens tremblent-ils lorsqu’ils font caca ? Incapable de répondre à ce flot d’interrogations, le leprechaun s’en agace grandement ; au point qu’un jour, à bout de nerfs, il se met en tête de revendre son jeune pupille. En l’occurrence, à un couple de nutons de passage.

Chacun sait que les nutons sont de très honorables lutins du pays wallon. Ces deux-là exercent le métier de cartographe ; leur visite en terre gaélique est motivée par la rédaction d’un volumineux Guide des habitats de collines et tumulus où tout bon nabot voyageur peut trouver à croûter (en abrégé : Guide du croûtard), destiné à servir de référence aux jeunes êtres faés soucieux de découvrir les pays voisins. Apprenant que l’enfant mis aux enchères avait naguère été sauvé des eaux par rien moins que Dona Fabiola de Mora y Aragon, souveraine de Belgique, ils s’empressent de l’acquérir, dans un élan patriotique, non sans avoir hésité d’abord entre une chaumière de Baba Yaga caracolant sous une cloche de verre enneigée, une chope d’abondance, un aspirateur animé pétomane, et d’autres souvenirs incongrus proposés par la boutique de sous-la-colline-des-Gaëls.

Par l’un de ces curieux hasards dont le sort semble s’amuser grandement, voici donc notre héros résident du Royaume de Belgique pour de vrai – O Grââl ! O consécration très enviée ! Installé dans une grotte de la forêt ardennaise avec ses nouveaux parents adoptifs, le voilà qui reprend ses longues salves de questions : les zèbres sont-ils blancs sur fond noir ou noirs sur fond blanc ? Les dinosaures étaient-ils chatouilleux ? Y a-t-il des arcs-en-ciel sur la lune ? Et des vaisseaux spatiaux qui fonctionnent au thé vert ? Si un garçon fait pipi très fort sur la planète du Petit prince, est-ce que le jet part tout droit vers les étoiles, ou fait le tour de la planète, en vertu de la gravité ? Et ainsi de suite, au point que les deux nutons envisagent un moment de laisser tomber leur Guide des habitats de collines et tumulus où tout bon nabot voyageur peut trouver à croûter, pour écrire à la place un Répertoire des questions inutiles, énervantes et résolument sans réponse. Dans leur insondable sagesse, ils conviennent finalement que le Petit peuple n’est décidément pas fait pour élever seul un marmot d’humain, et qu’il est grand temps que celui-ci s’en retourne dans le monde réel. Tout en conservant le bambin sous leur toit (de roche), ils se résolvent à l’envoyer (entre autres) à l’école, au supermarché, à la bibliothèque municipale, sortir les poubelles le soir.

Le monde réel… pour un enfant de cet âge, c’est-à-dire presque sept ans, il est déjà fort tard pour s’acclimater sans mal à cette grisaille. Il est gauche. Il est fantasque, inadapté. On le moque. Les années qui suivent font partie des plus malheureuses de la vie de notre héros. Et même s’il se console en pillant les rayonnages de la bibliothèque municipale et en gribouillant des tas d’histoires stupides sur les pages de ses cahiers, le monde réel peine à lui apporter quelque satisfaction. Il lui faudra attendre l’adolescence, âge où il réalise coup sur coup que 1) les filles, c’est tout de même bien joli 2) il n’est probablement pas le seul, dans son entourage, à avoir été enlevé puis abandonné par des êtres féériques. Ou alors, les humains sont juste bizarres, mais ça, c’est bien aussi.

Quelques années plus tard, il découvre que les voyages sur la terre matérielle peuvent se révéler presque aussi intéressants et instructifs qu’un périple dans le sidh. Plus chevelu que jamais, il visite le Congo, où tout le monde le prend pour Jésus ; se rend au Kenya dans le noble dessein d’enseigner la Macarena aux Massaïs. En Indonésie, il gravit le mont Agung, avec pour unique objectif de cuire son poulet dans les vapeurs volcaniques au sommet – pour se rendre compte finalement qu’il a oublié ledit poulet en bas, avec tout son pique-nique, car il faut se rappeler que c’est un auteur, et qu’en règle générale, les auteurs sont des gens fort distraits.

Pour finir, il accomplit le voyage qu’il ne pouvait manquer de faire un jour : il retourne en Inde, terre de ses origines. L’ashram, hélas, a disparu depuis belle lurette, remplacé par un luxueux hôtel aux mains d’une riche famille saoudienne. La rumeur veut toutefois que les cryptes sacrées des yogis aient été conservées au-dessous de l’immeuble. Souhaitant en avoir le cœur net, notre belge profite d’un instant d’inattention des vigiles pour se faufiler à l’intérieur, et emprunter directement la porte des caves. Au fond de ces dernières, il découvre un mur de pierre noire sculpté d’une longue suite de scènes mythologiques. Une œuvre emplie de bruit et de fureur, de dieux aux bras multiples, de chars redoutables et de yogis guerriers faisant pleuvoir sur leurs ennemis des nuées de disques acérés, expédiés avec les orteils.

Dans l’âme de notre héros, cette vue éveille des souvenirs d’enfance diffus, ainsi qu’une émotion certaine. Il décide sur-le-champ de consacrer sa vie à faire connaître au public les étonnants détours narratifs de ce récit ancestral, cette bande dessinée avant la lettre. Non sans prendre, bien sûr, quelques libertés avec la pierre gravée, parce que, tout de même, faut pas déconner, il a bien le droit d’y mettre son grain de sel, sinon, c’est pas drôle du tout. Après tout, il est auteur, c’est son privilège d’inventer des trucs. Non, peut-être ?

(Voilà. C’est tout ce qu’on sait de source à peu près sûre sur la jeunesse de notre belge de service. Le reste me parait trop fantaisiste pour qu’il soit pertinent de l’intégrer à sa biographie.)

(Mais toi, ami lecteur, sauras-tu démêler le vrai du faux ? Et du presque vrai? Et du vrai en un sens ? Et du quasi rien de vrai ?)





On nous cache tout, mais on n’est pas des moutons ! Comme le prouve ce portrait saisissant de Dona Fabiola révélée par l’éclat de la pleine lune, la Reine de Belgique serait en réalité apparentée au célèbre Gentleman aux cheveux comme du duvet de chardon, et donc capable, comme lui, de voir et d’agir dans les deux mondes ! D’où l’hypothèse, formulée par certains, que notre auteur serait bel et bien originaire du sidh,  le rejeton de quelque faé lancé dans le Gange céleste – si bien que seule la vue onirique de la souveraine aurait permis de repérer son panier, encore invisible aux humains.  




Stefan Platteau et quelques amis du Petit peuple, 

portant le couvre-chef traditionnel des Nutons de Wallonie.



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Un sacré début de vie !




Héhé mais quelle vie épique!!!
Sauvé des eaux par Fabiola! Ça n’a pas de prix!


Stefan

Eut-elle eu le doigt de pied moins habile, "Les Sentiers des Astres" n'auraient jamais vu le jour...



Merci Tata Fabi! Une pensée pour elle..... trop tôt disparue...... ;-)



Bonjour Stefan! Une simili bio qui dénote un sacré talent de conteur, quelle imagination ! et c'est aussi ce que je ressens à la lecture de Manesh. Je suis encore plongée dans ses aventures et je me régale. La poésie et le style coule comme une eau presque hypnotisante.Je voulais savoir si vous aimiez raconter des histoires de vive voix tout comme le fait votre héros ? J ai l'impression que tout ce qui tourne autour de l'oralité a beaucoup de place dans votre roman.


Stefan

Merci pour le compliment ! Et oui, l'oralité est importante, d'autant que c'est un barde qui raconte ! Je relis toujours mes textes à voix haute pour entendre s'ils "tombent bien en bouche". Une bonne façon de repérer parfois un mot de trop ou une assonance bizarre. Je suis aussi musicien, ce qui me rend particulièrement sensible au rythme et aux sonorités. Enfin, j'adore proposer des lectures publiques, qui sont une forme de "live"pour auteur, une bonne façon de donner notre texte aux gens ! Belle manière aussi de renouer avec nos origines, nous qui puisons dans le vieux fond des bardes, aèdes, file et trouvères, bref dans la tradition orale !



Bonjour, 
je me demande : mais qu'est que je fais sur cette galère. .euh... gabare ?
Ma question sur sur les cheveux je laisse tomber (pas les cheveux! Lol!)... est-ce que le fait d'utiliser les pieds ce n'est pas plutôt une question de poil dans la main ?


Stefan

J'aimerais bien, mais l'intégralité de mon potentiel capillaire est passé dans mes cheveux. Il m'en est resté tout juste assez pour avoir un peu de barbe (sur le menton, mais plus assez pour les joues, par ex). Du coup, je n'ai pas eu assez de poil pour en avoir sur les bras, la main ou le torse. C'est comme ça. On reçoit tous à la naissance un certain nombre de points de pilosité, qu'on peut répartir comme on veut à la création du personnage. Certains mettent tout dans la tignasse pour avoir des cheveux longs, longtemps ; d'autre préfèrent miser sur la barbe et les poils sur le corps, mais font plus court les tifs ; d'autres encore font tout ensemble (barbe, crinière longue, poils partout !), mais alors ils épuisent tous leurs points dans leur jeunesse et deviennent chauves très vite. Quant à ceux qui n'ont ni poils apparents, ni barbe ni cheveux long, méfiance : c'est probablement qu'ils ont un énorme poil dans la main !


Bonjour Stefan, c'est un plaisir de te retrouver sur Book en Stock. Bien entendu pour moi la sortie de Manesh n'était pas passée inaperçue avec une belle consécration en 2015 avec le prix Imaginales. Une récompense amplement mérité quand on lit ton roman. J'avais hâte de découvrir ce roman dont tout le monde parlait, je n'ai pas été déçue. Ma première interrogation, comment t'es venue cette idée de faire dérouler ton histoire sur une gabare? Voilà quelque chose d'insolite. J'ai trouvé cela brillant et intriguant pour un récit de fantasy.


Stefan
"En fait, à la base, la saga s'est montée comme suit : j'avais en tête (et en notes) le "background" de plusieurs personnages (Manesh, la Courtisane...), et l'envie de les réunir dans une seule et même histoire, tout en leur laissant l'occasion de se raconter les uns aux autres les épisodes de jeunesse qui les avaient forgés. J'ai opté pour la quête d'un oracle dans la forêt de Vyanthryr, quête à laquelle il était naturellement plus aisé de raccrocher plusieurs destinées individuelles. Le bateau m'a paru un cadre de voyage propice aux bons récits. Le reste, c'est le travail documentaire : la gabarre était la barcasse la plus pertinente pour une telle remontée fluviale !"


Paikanne :

Bonjour, oserais-je dire que je vous découvre et que, honte à moi, je n'ai pas encore commencé Manesh ? Je m'en viens donc battre ma coulpe ;-)

Stefan

Elle n'a pas lu Manesh et elle s'en bat la coulpe ! Je suis choqué. La coulpe est pleine !


15 commentaires:

  1. Héhé mais quelle vie épique!!!
    Sauvé des eaux par Fabiola! Ça n’a pas de prix!

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    1. Eut-elle eu le doigt de pied moins habile, "Les Sentiers des Astres" n'auraient jamais vu le jour...

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    2. Merci Tata Fabi! Une pensée pour elle..... trop tôt disparue...... ;-)

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  2. Bonjour Stefan! Une simili bio qui dénote un sacré talent de conteur, quelle imagination ! et c'est aussi ce que je ressens à la lecture de Manesh. Je suis encore plongée dans ses aventures et je me régale. La poésie et le style coule comme une eau presque hypnotisante.Je voulais savoir si vous aimiez raconter des histoires de vive voix tout comme le fait votre héros ? J ai l'impression que tout ce qui tourne autour de l'oralité a beaucoup de place dans votre roman.

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    1. Merci pour le compliment ! Et oui, l'oralité est importante, d'autant que c'est un barde qui raconte ! Je relis toujours mes textes à voix haute pour entendre s'ils "tombent bien en bouche". Une bonne façon de repérer parfois un mot de trop ou une assonance bizarre. Je suis aussi musicien, ce qui me rend particulièrement sensible au rythme et aux sonorités. Enfin, j'adore proposer des lectures publiques, qui sont une forme de "live"pour auteur, une bonne façon de donner notre texte aux gens ! Belle manière aussi de renouer avec nos origines, nous qui puisons dans le vieux fond des bardes, aèdes, file et trouvères, bref dans la tradition orale !

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  3. Bonjour,
    je me demande : mais qu'est que je fais sur cette galère. .euh... gabare ?
    Ma question sur sur les cheveux je laisse tomber (pas les cheveux! Lol!)... est-ce que le fait d'utiliser les pieds ce n'est pas plutôt une question de poil dans la main ?

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    1. J'aimerais bien, mais l'intégralité de mon potentiel capillaire est passé dans mes cheveux. Il m'en est resté tout juste assez pour avoir un peu de barbe (sur le menton, mais plus assez pour les joues, par ex). Du coup, je n'ai pas eu assez de poil pour en avoir sur les bras, la main ou le torse. C'est comme ça. On reçoit tous à la naissance un certain nombre de points de pilosité, qu'on peut répartir comme on veut à la création du personnage. Certains mettent tout dans la tignasse pour avoir des cheveux longs, longtemps ; d'autre préfèrent miser sur la barbe et les poils sur le corps, mais font plus court les tifs ; d'autres encore font tout ensemble (barbe, crinière longue, poils partout !), mais alors ils épuisent tous leurs points dans leur jeunesse et deviennent chauves très vite. Quant à ceux qui n'ont ni poils apparents, ni barbe ni cheveux long, méfiance : c'est probablement qu'ils ont un énorme poil dans la main !

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  5. Bonjour Stefan, c'est un plaisir de te retrouver sur Book en Stock. Bien entendu pour moi la sortie de Manesh n'était pas passée inaperçue avec une belle consécration en 2015 avec le prix Imaginales. Une récompense amplement mérité quand on lit ton roman. J'avais hâte de découvrir ce roman dont tout le monde parlait, je n'ai pas été déçue. Ma première interrogation, comment t'es venue cette idée de faire dérouler ton histoire sur une gabare? Voilà quelque chose d'insolite. J'ai trouvé cela brillant et intriguant pour un récit de fantasy.

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  6. Bonjour, oserais-je dire que je vous découvre et que, honte à moi, je n'ai pas encore commencé Manesh ? Je m'en viens donc battre ma coulpe ;-)

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  7. Bonjour Stefan,

    Moi je suis curieuse de ce Prandalipapat yoga ! Un petit tuto à nous montrer ? Un peu plus d'explications ? Ou peut-être des cours aux Imaginales ? Sur la pelouse comme Nabil Ouali !

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  8. Bonjour Stefan,

    Alors je me suis lancée dans l'audio de Manesh et c'est un immense plaisir d'écoute. L'oralité dont tu parles dans tes réponses prend là toute son importance effectivement. Comment se passe la création de l'audio? Quel est le rapport de l'auteur avec le narrateur? As tu ton mot à dire? L'as tu écouté (du moins partiellement ?) . Quel a été ton sentiment?

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  9. Merci pour ta réponse... c'est un sujet qui me touche de près... le petit dernier est parti pour vouloir les cheveux longs... Aura t-il la force de Samson, nous verrons... Bon passons à autre chose.

    As-tu des affinités avec la navigation fluviale ou as-tu fait des recherches pour ta saga ?

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  10. Je découvre l'Homme et je suis plutôt rassurée : si Manesh est dans la même veine que cette biographie haute en couleurs, je vais plonger dedans sans hésiter !

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