L'avis express de Dup sur Un cri dans le désert de Catriona Ward
L'AVIS DE DUP
Nous faisons la connaissance d'une famille "traditionnelle" avec la mère Rob, le père Irving, la fille aînée adolescente, Callie, et la plus jeune, Annie. Callie est proche de son père alors qu'Annie est couvée par sa mère. L'entente entre les parents est loin d'être cordiale, ils s'engueulent en permanence quand ils pensent que les filles n'entendent pas... naïfs qu'ils sont.
Annie vient de déclarer la varicelle, et je vous livre la première phrase du roman alors que Rob est annoncée la narratrice :
C'est la varicelle qui confirme mes soupçons : mon mari me trompe à nouveau.
Callie parle à un moi imaginaire qu'elle a baptisé Callie-Pâle, ainsi qu'aux esprits des animaux morts et collectionne des squelettes d'animaux... Bref charmante famille traditionnelle n'est-ce-pas ?
Rob vient de découvrir cette collection macabre et décide de s'occuper de sa fille aînée, rassemble un léger paquetage et l'emmène dans le désert, dans la propriété où elle a grandi et qu'elle a hérité de ses parents. Ce qui arrange bien Irving car sa nouvelle maîtresse n'est autre que la voisine et accessoirement l'amie de Rob.
Rob va alors se confier à Callie et lui raconter son enfance dans cette hacienda où elle a grandi avec sa sœur jumelle Jack. Leur relation fusionnelle oscillant entre l'amour et la haine. L'ambiance mi intello, mi hippie qui y régnait. Les expériences barbares pseudo-scientifiques que réalisaient ses parents sur des chiens. Callie est une gamine intelligente et plus le récit de sa mère avance et plus elle se rend compte que sa situation est critique...
Les chapitres alternent entre Callie, Rob aujourd'hui et Rob avant. On se prend en pleine face les expérimentations abjectes sur des animaux vivants, des souvenirs familiaux de plus en plus durs, la situation est flippante à souhait. On ne sait si c'est la mère ou la fille qui va péter les plombs en premier et surtout on se demande sans cesse où nous emmène Catriona Ward. Les derniers chapitres se lisent en apnée, la déglutition difficile.
Avec Un cri dans le désert, Catriona Ward explore sans concession les liens mère-fille, la famille et le libre arbitre, mais aussi l'inné et l'acquis. Le final est époustouflant et me fait dire que je regarderai de plus près à l'avenir les écrits de cette autrice. quand, dans la postface elle nous livre ses sources, de réelles expérimentations réalisées discrètement à une époque par la CIA à Langley où ils implantaient des électrodes dans le cerveau de chiens afin d'établir des techniques de contrôle de l'esprit, on a envie de vomir... Néanmoins, je recommande la lecture de ce roman, pour les amateurs du genre évidemment.
* SP papier *








