vendredi 17 septembre 2021

LE VOYAGE DES ÂMES CABOSSÉES de Raphaël Bardas

 


Éditions Mnémos
380 pages
21 euros





L'avis express de Dup sur Le voyage des âmes cabossées de Raphaël Bardas

Encore mieux que Les chevaliers du Tintamarre !
Plus délirant, plus poignant.
Foncez !!!


L'AVIS DE DUP



Retrouver Rossignol, Silas et la Morue, leur bagout, leur insouciance, leur humour surtout, fut un réel plaisir. Mais également l'amitié indéfectible qui les lie. Seulement voilà, c'est atterrée que je me suis rendue compte qu'elle semblait n'être qu'un lointain souvenir ! Chacun traîne ses guêtres dans son coin, le premier poussant la chansonnette dans les troquets, le second enrôlé dans une troupe de théâtre et le dernier s'était marié ! La Morue marié 😲

Puis des morts reviennent en ville, mais sont tués à nouveau par l'Arquebuse, le capitaine du navire des Âmes cabossées récemment accosté à Morguepierre. Tout cela titille nos énergumènes et il suffira de la demande poignante de la jolie Margaux qui a su toucher le coeur de Rossignol, pour que la confrérie renaisse. 

C'est à bord de ce sinistre bateau que nos trois compagnons repartent à l'aventure, accompagnés de Margaux et Franise Fran'hort qui n'est jamais bien loin de leurs péripéties. Finalement c'est toujours l'amour qui les motive ! Hier c'était Silas dans Les chevaliers du Tintamarre, aujourd'hui Rossignol. Demain la Morue ?

Par acquit de conscience, il tâta sa poitrine à la recherche du trou que Margaux avait fait dans son coeur. Il savait bien qu'il n'y trouverait rien. Rien de physique en tout cas, car la blessure, elle, était bien là, et ce depuis le premier jour. Il n'avait jamais cessé de l'aimer, depuis ce regard échangé devant l'auberge du Puisque vous êtes venus... C'est ce jour là que la lame avait été enfoncée pour de bon. Ce qui venait de se passer n'avait fait que rouvrir la plaie et raviver cette étrange sensation. Pour lui qui n'avait jamais vraiment aimé, c'était incompréhensible. Aimer, c'était comme d'avoir le ventre vide à jamais. Quoi qu'il avale désormais, il resterait insatiable. Sauf s'il retrouvait Margaux.

Les voilà donc rassemblés à nouveau, avec l'envie plus forte de se bastonner, de picoler, de culbuter rêver culbuter de la donzelle, à bord d'un navire plus que chelou, voguant vers le sud et sa chaleur. Et les péripéties commencent avant même de mettre pied à terre !

Cela va continuer ainsi, de port en port, de ville en village, en suivant leur quête farfelue à laquelle eux même ne comprennent pas grand chose. Et ils nous perdent nous aussi les bougres. Mais peu importe, le gars Bardas se charge de nous distraire, de nous entrainer au gré de son imagination débordante sans qu'on ait le temps de dire ouf.

Ainsi l'on va rencontrer des guerrières amazones montées sur des taureaux. Un moulin volant si on lui joue de la musique, allant plein gaz sur une gigue endiablée ou se trainant sur un air mélancolique. Des mers infestées de sasquales tueurs, des scientifiques cannibales, des humbléciles avides de pouvoir et même un peuple, les naguériens, faisant la guerre à leurs voisins à coup de regrets ! Si, si ! Ils commandent des bombardiers bourdons qui essaiment du chagrin et bombardent des rêves cassés ! J'adore !!!

Raphaël Bardas nous plonge à nouveau dans son univers baroque et décadent qui me rappelle tant celui de Mathieu Gaborit dont la plume me manque cruellement. Et tout cela avec une plume tantôt railleuse, tantôt crapuleuse, très souvent poétique. Une plume addictive qui nous entraine, nous laisse entrevoir de temps en temps le but de cette quête et nous brouille à nouveau, afin de ne le révéler qu'à la toute fin. 

Bref, une plume que j'ai adorée. Le voyage des âmes cabossées est encore plus délirant, plus poignant que le premier opus Les chevaliers du Tintamarre. Vivement le suivant donc !!!


Si vous avez des questions au sujet de cette "série", du genre pourquoi j'ai mis des guillemets 😁, n'hésitez pas à venir les poser à l'auteur directement ICI !

jeudi 16 septembre 2021

Second volet de l'ITV de RAPHAËL BARDAS


LE PREMIER VOLET  ICI


 




— Comment qu’vous disez ? grommela mollement la Morue.

— Barre d’As ! sursauta Silas. Je crois qu’on parle du surnom de ma…

— Teu teu teu ! protesta Rossignol en gonflant son accordéon dans un vacarme qui empêcha Silas de terminer sa phrase.

Ils le regardèrent, se demandant bien ce que le musicien bavard allait encore inventer pour les baratiner et leur refourguer l’addition.

— Bardas ! s’exclama-t-il enfin. Raphaël Bardas ! L’homme qui se prétend écrivain et qui a fait de nous ses jouets quelques mésaventures durant.

— Mouaif, soupira la Morue. Jamais entendu parler.

— Un auteur de théâtre ? tenta Silas. Ce nom ne m’est pas complètement étranger, et je ne sais pourquoi, mais il m’évoque la presqu’île de Dados Rojos, ses vins trop forts et ses siestes crapu...

— Non Silas ! Quand cesseras-tu de ne penser qu’à…

— Qu’à ?

— Ce n’est pas vraiment le moment de parler d’amour mon tout beau. Alors non. Non, ou plutôt juste un peu oui, mais pas aussi exactement que ton joli ciboulot pourrait l’imaginer Silas. Le Bardas, c’est le sale type qui, depuis son monde à lui, nous trimbale de rade et rade, et port en port, et de mort en mort…

— Et de couche en couche !

— Oui ! Amis, oui !

— Et d’castagne en castagne ?

— Oui Morue, le Bardas, dans son monde, il est écrivain. Il a écrit des caisses et des caisses de livres à jouer, avec des amis, des jeux de rôles comme on dit là-bas. Parce qu’il a rien contre un peu de convivialité et une bonne histoire à vivre à plusieurs, pour peu qu’il y ait du claquos, de la vinasse et du sauciflard… et ce qu’il aime, en plus de raconter des histoires de copains, c’est nous les faire vivre à nous. C’est comme ça qu’un jour il a fait de nous les Chevaliers du Tintamarre et qu’il nous a embarqués dans le Voyages des Âmes cabossées. Mais bien avant ça, il s’est fourvoyé avec des gars comme le Gaborit ou le Granier de Cassagnac, et bien d’autres comme eux. Il a traîné ses guêtres d’auteur dans les Royaumes Crépusculaires ou encore sur Cosme, avant de se mettre à co-inventer ses propres univers. Amnesya 2K51, Venzia, Retrofutur !

—D’la confiture ?

— Non, Morue, mais ce qu’il invente parfois se voudrait tout aussi sucré… Capharnaüm, et le tout petit roman qui en fut tiré, Aux traîtres indomptables, du sucre, du miel, des épices et tellement de soleil ! Nul doute que c’est un peu ces amours là, ces univers qui le hantent, qui l’ont poussé à nous faire vivre ce qu’il nous a fait vivre.

— Ou mourir !

— Ou mourir oui… d’ailleurs, j’ai fini mon cruchon, qui qui paye la douloureuse ?

— Ce soir c’est Bardas les gars, c’est Bardas qui paye l’addition ! Hein Rossi, j’ai bon ?

— On dit « Qui régale » ! faut tout qu’j’vous apprende.

— C’est Bardas qui régale ? Rien n’est moins sûr les amis !


À vos questions et commentaires !!!


💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙


Aelinel :


Bonsoir Raphaël, j’ai presque fini Le voyage des âmes cabossées et je l’adore autant que le premier. Comment t’est venue l’idée de ces trois personnages un peu losers mais terriblement attachants? Sur Twitter, tu voyais trois acteurs pour les rôles des trois compères : Pio Marmaï, Guillaume Gouix et Benjamin Lavernhe. Est-ce que tu les as imaginés ainsi dès le départ ou cela est-il venu après?


Tout d'abord merci, chaque nouveau roman est une somme de prises de risques, et chaque retour de lecture est un grand huit sans ceinture... je suis bien content que le Voyage te plaise !

Pour le côté looser, je n'y suis pour rien. C'est d'ailleurs la même chose pour l'humour. J'ai été très surpris par les premiers retours qui qualifiaient quasiment les Chevaliers de Tintamarre de comédie. Moi au départ j'ai sincèrement l'impression de d'écrire un truc sérieux avec parfois une pointe d'humour quand cela me vient. Il en va de même pour mes personnages. J'aime qu'ils soient humains alors je leur donne des défauts, des goûts, des envies, des pulsions, et comme ça pourrait parfois être pesant, je le tourne assez souvent en dérision. Ça adoucit les angles et les rend sympathiques, je crois. Ça aide aussi à faire digérer leurs défauts. Cela n'est d'ailleurs pas toujours bon pour la réception du livre, certains lecteurs ayant un fort besoin d'identification ou une lecture un peu plus au premier degré que ce que je propose ont tout simplement détesté le livre, son ton, ses personnages.



Pour les acteurs, j'aurais d'abord dit : Dominique Pinon ou Denis Lavant pour la Morue, Jacques Brel ou Depardieu pour Rossignol, et Vincent Perez ou Patrick Dewaere pour Silas. Mais tous ceux-là sont trop vieux ou trop morts pour jouer les rôles des gars du Tintamarre. Je réalise que mon casting idéal se situerait quelque part au croisement de celui des Valseuses, de Mon oncle Benjamin, de la Reine Margot et un peu d'Amélie Poulain XD.

En cherchant des noms d'acteurs plus récents ces trois là : Pio Marmaï, Guillaume Gouix et Benjamin Lavernhe s'imposent d'eux-mêmes. Pio Marmaï est capable du panache et du côté un peu idiot de Silas, Guillaume Gouix a une large palette de jeu et une plastique parfaite pour jouer un boxeur (il faudra juste l'enlaidir car il est trop beau pour le rôle). Quand à Benjamin Lavernhe, depuis que je l'ai vu jouer Scapin, je ne vois que lui pour incarner Rossignol et ses envolées lyrico-gouailleuses !


Dup 

Merci pour cette réponse détaillée !

J'ai lu, sur la chronique de Fantasy à la carte pour ne pas la citer, que tu avais participé aux JDR des mondes crépusculaires de Mathieu Gaborit. J'en avais adoré la lecture d'ailleurs et je me dis qu'heureusement que je ne suis pas équipée pour y jouer car il n'y aurait plus de chroniques de Dup, c'est clair ! Bref, ma question est la suivante : as-tu donc rencontré Mathieu Gaborit, bossé à ses côtés ? Il est comment dans la vie IRL ? Nous l'avons reçu ici et c'était un mois enchanteur. Le croises-tu encore ?

J'ai effectivement beaucoup travaillé sur les jeux Agone et Abyme, bien que n'ayant pas participé au livre de base d'Agone. J'ai même eu la chance d'être l'un des quatre auteurs du Guide de la Cité des Ombres paru chez Mnémos et dirigé par mon grand ami Raphaël Granier de Cassagnac.

Et oui, j'ai un peu fréquenté Mathieu Gaborit, que j'avais trouvé très sympathique et rêveur. J'avais l'impression de croiser un vrai poète ! Après, c'était il y a plus de vingt ans désormais, et peut-être qu'entre temps c'est devenu une vrai crevure 😆



La dernière fois que l'on s'est croisés, c'était à l'occasion d'un brainstorming pour le développement du jeu de rôle Abyme. En me disant au revoir, il avait ajouté :" et garde la fraicheur !". Alors je m'y efforce depuis 😉


Fantasy à la carte :

Bonjour Raphaël, alors tu continues tes activités de création de jeux de rôle. Ça doit te prendre beaucoup de temps ? Comment tu t'organises avec l'écriture de tes romans en parallèle ? Le jeu de rôle, c'est un plaisir avant tout ou c'est juste professionnel ?


Oui, je continue d'écrire du JDR et même de "piloter" un projet depuis 2017. Un jeu de fantasy contemporaine qui aurait déjà dû sortir mais qui a pris beaucoup de retard avec la crise sanitaire. Ca me prend énormément de temps, mais c'est aussi beaucoup de plaisir car j'ai embarqué mes amis proches et ma compagne dans l'écriture et les playtests du jeu.

Pour l'organisation, vu que j'ai un réel besoin d'immersion quoi que j'écrive, je ne travaille pas sur deux univers différents en même temps. En gros, si je travaille pendant un mois sur le jeu, il n'y a pas d'écriture romanesque ce même mois. Par chance, j'ai un emploi du temps qui me permet d'écrire assez souvent en soirée, jusqu'à deux ou trois soir par semaine dans les grosses périodes, ainsi que pendant les pauses déjeuner.

Le JDR est une passion depuis trente ans et j'ai la chance de pouvoir y jouer souvent et même de continuer à éditer des trucs. En revanche, bien que ma production soit professionnelle, il ne faut pas non plus imaginer que ça a fait ma richesse hein, je n'écris et n'ai écris quasiment que des jeux de niche, en français de surcroit, dans un milieu déjà bien restreint.


Phooka :

Bonjour Raphael

Est ce que ça a été difficile de trouver un éditeur ? As tu frappé à plusieurs portes?
Est ce que ton expérience de JDR t'a aidé pour arriver à être édité?


En fait j'ai un parcours un peu particulier... mon éditeur d'aujourd'hui, Mnémos, est dirigé par les mêmes personnes qui m'ont édité pour la toute première fois en JDR en 1999. Mais cela n'a pas été facile, les Chevaliers du Tintamarre ont été refusés plusieurs fois. Même si le projet plaisait, le résultat que j'obtenais n'était pas éditable en l'état. En revanche, ça m'a permis d'accumuler des brouettes et des brouettes de notes et d'idées et de composer l'univers que vous avez pu commencer à découvrir dans les aventures des trois zinzins.

Alors, mon expérience du JDR m'a aidé, oui, car elle m'a donné le réseau et un certain nombre de compétences rédactionnelles, mais elle m'a aussi longtemps desservi pour deux raisons : la première, c'est que j'ai eu beaucoup de mal à différencier les deux types d'écriture. On n'écrit pas du roman comme du JDR, ni du JDR comme du roman. J'ai mis très longtemps à maîtriser la différence entre les deux. La deuxième, c'est que sachant qu'en JDR j'avais quasiment toujours du travail, qu'il m'était assez facile de trouver un éditeur grâce à mon réseau, j'allais au plus simple et me concentrais sur celui qui était certain d'être publié. Jusqu'à ce que mes copains du Studio Deadcrows acceptent d'intégrer un mini roman au financement participatif de l'édition anniversaire de Capharnaüm : l'Héritage des Dragons. Là j'ai pu me concentrer à écrire ce petit truc amusant, Aux traîtres indomptables, et passer le pas d'une écriture ludique à une écriture littéraire. Vu que j'avais inventé l'univers du jeu dix ans plus tôt, que celui-ci avait déjà fait ses preuves et qu'il était bien installé, je n'avais presque pas de worldbuilding à travailler, il me fallait juste une intrigue, de bons personnages et des choix narratifs. Ca m'a permis de comprendre que le lecteur d'un roman n'avait pas besoin de tout savoir d'un univers, contrairement à un maître de jeu, en ce qui me concerne l'articulation entre mes deux types d'écriture s'est faite ici.



 

BLACK BLADE tome 1 de Jennifer Estep

 #1
Froid brûlant

Editions Alter Real
Parution: 03/09/2021 (ebook)
5.99 euros
Papier: sortie 24/09/2021
19.90 euros
372 pages





#dede81


☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 1 de Black Blade de Jennifer Estep  ☇



Une héroïne incroyablement attachante.
Un héros bien construit, loin des caricatures.
Une super lecture.


L'AVIS DE PHOOKA:











Une fois de plus Dehlia propose un super Blog Tour qui m'a permis de découvrir une série qui s'annonce très prometteuse. Je crois bien n'avoir jamais lu Jennifer Estep (pas taper merci !! ) et c'était l'occasion rêvée. Cette nouvelle série permet au lecteur de faire la connaissance de Lila, une jeune femme de 17 ans. Il y a 4 ans elle a vu sa mère mourir à cause des guerres intestines entre les familles de Cloudburst. Depuis, elle vit une double vie. Le jour, elle est une gentille lycéenne studieuse, la nuit elle se transforme en voleuse et combattante hors pair. Elle vit cachée dans le sous-sol d'une bibliothèque et ne fréquente que "Mo" un prêteur du gage, qui lui trouve ses missions de voleuse.

Cloudburst est une ville touristique. Elle est réputée pour le nombre d'êtres magiques qui y habitent. Les "non-magiques" y viennent en vacances pour y trouver des sensations fortes, voir des choses inhabituelles. Lila est une magique elle aussi. Elle a le don de vision et un autre bien plus rare qu'elle préfère cacher. Alors qu'elle est dans la boutique de Mo, arrivent deux hommes et une femme. La femme est clairement une garde du corps, les deux hommes, Devon et Felix eux sont là pour dénicher un cadeau. Le monde de Lila va changer à ce moment. Une attaque, la garde du corps est submergée et Lila contre toute prudence va sauver Devon et se retrouver ainsi elle aussi mêlée aux affaires des familles de Cloudburst ...

Lila est une battante. Elle n'arrive pas à faire le deuil de sa mère, mais elle fait avec. Elle n'attend pas de pitié, elle ne compte que sur elle-même. et par dessus tout, elle suit les principes que sa mère lui a inculqués. Elle se tient le plus loin possible des familles de Cloudburst et du panier de crabes de ces conflits entre clans. C'est bien malgré elle, qu'elle va s'y retrouver mêlée.

Quant à Devon, lui, il est au centre de ces conflits. En tant qu'héritier d'une des plus influentes familles, il n'a pas le choix. Et pourtant, il ne considère rien comme acquis. Il est traité comme un prince, mais il veut être le maître de sa destinée, envers et contre tous. Devon est un personnage masculin franchement étonnant. Profondément gentil et respectueux, il diffère beaucoup de ceux que l'on peut croiser généralement.

Le rapprochement entre Lila et Devon va bien au delà  de la simple attaque de la boutique de Mo, comme tous les deux vont l'apprendre au fur et à mesure. Les liens qui se tissent entre ces deux là sont incroyablement forts. Mais Lila ne cède pas.  Elle ne veut rien avoir à faire avec les familles et si cela signifie ne pas s'attacher à Devon, alors qu'il en soit ainsi.

Mais ne parler que de Devon et Lila serait oublier les magnifiques personnages secondaires. Felix, le bavard, le super beau gosse, incroyablement touchant. Mo, le bourru au cœur d'or (mais si les pièces peuvent être aussi en or, il n'a rien contre ...). Claudia la matriarche de la famille, si puissante et redoutable, mais dont on perçoit les fêlures. Et puis, il y a Oscar... Tout un poème Oscar. Je vous laisse le découvrir !!

Bref, ce premier tome est un régal. Pléthore de personnages attachants au possible, des situations périlleuses à souhaits, des machinations et des traitrises. Et puis Devon et Lila ... Bref, un énorme plaisir de lecture. Vivement la suite !





mercredi 15 septembre 2021

Premier volet de l'ITV participative de RAPHAËL BARDAS


En premier lieu nous tenons à remercier Raphaël pour son enthousiasme à vouloir participer à cet exercice (cette torture on dit certains !) et pour le temps qu'il va nous consacrer durant un mois !

C'est parti pour un 15-15 ! 

Sa trombine et sa présentation d'abord. 




— Comment qu’vous disez ? grommela mollement la Morue.

— Barre d’As ! sursauta Silas. Je crois qu’on parle du surnom de ma…

— Teu teu teu ! protesta Rossignol en gonflant son accordéon dans un vacarme qui empêcha Silas de terminer sa phrase.

Ils le regardèrent, se demandant bien ce que le musicien bavard allait encore inventer pour les baratiner et leur refourguer l’addition.

— Bardas ! s’exclama-t-il enfin. Raphaël Bardas ! L’homme qui se prétend écrivain et qui a fait de nous ses jouets quelques mésaventures durant.

— Mouaif, soupira la Morue. Jamais entendu parler.

— Un auteur de théâtre ? tenta Silas. Ce nom ne m’est pas complètement étranger, et je ne sais pourquoi, mais il m’évoque la presqu’île de Dados Rojos, ses vins trop forts et ses siestes crapu...

— Non Silas ! Quand cesseras-tu de ne penser qu’à…

— Qu’à ?

— Ce n’est pas vraiment le moment de parler d’amour mon tout beau. Alors non. Non, ou plutôt juste un peu oui, mais pas aussi exactement que ton joli ciboulot pourrait l’imaginer Silas. Le Bardas, c’est le sale type qui, depuis son monde à lui, nous trimbale de rade et rade, et port en port, et de mort en mort…

— Et de couche en couche !

— Oui ! Amis, oui !

— Et d’castagne en castagne ?

— Oui Morue, le Bardas, dans son monde, il est écrivain. Il a écrit des caisses et des caisses de livres à jouer, avec des amis, des jeux de rôles comme on dit là-bas. Parce qu’il a rien contre un peu de convivialité et une bonne histoire à vivre à plusieurs, pour peu qu’il y ait du claquos, de la vinasse et du sauciflard… et ce qu’il aime, en plus de raconter des histoires de copains, c’est nous les faire vivre à nous. C’est comme ça qu’un jour il a fait de nous les Chevaliers du Tintamarre et qu’il nous a embarqués dans le Voyages des Âmes cabossées. Mais bien avant ça, il s’est fourvoyé avec des gars comme le Gaborit ou le Granier de Cassagnac, et bien d’autres comme eux. Il a traîné ses guêtres d’auteur dans les Royaumes Crépusculaires ou encore sur Cosme, avant de se mettre à co-inventer ses propres univers. Amnesya 2K51, Venzia, Retrofutur !

—D’la confiture ?

— Non, Morue, mais ce qu’il invente parfois se voudrait tout aussi sucré… Capharnaüm, et le tout petit roman qui en fut tiré, Aux traîtres indomptables, du sucre, du miel, des épices et tellement de soleil ! Nul doute que c’est un peu ces amours là, ces univers qui le hantent, qui l’ont poussé à nous faire vivre ce qu’il nous a fait vivre.

— Ou mourir !

— Ou mourir oui… d’ailleurs, j’ai fini mon cruchon, qui qui paye la douloureuse ?

— Ce soir c’est Bardas les gars, c’est Bardas qui paye l’addition ! Hein Rossi, j’ai bon ?

— On dit « Qui régale » ! faut tout qu’j’vous apprende.

— C’est Bardas qui régale ? Rien n’est moins sûr les amis !


À vos questions et commentaires !!!


💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙💙


Nath Aely :

J’adore la présentation truculente de l’auteur. Tout comme je commence à découvrir sa plume tout aussi imagée et en verve de bons mots et calembredaines.
Alors ma première question sera :
Pourquoi ce style là? Car à moins qu’il ne soit naturel chez vous, il faut tout de même le tenir sur un roman. Et avec ces 3 compères là ce ne sont pas les dialogues qui manquent ;).
Enfin bref moi j’adore déjà et pourtant je n’en suis qu’au début ;).

Alors pourquoi ce style ? Je pense que ça vient essentiellement d'une formation plutôt classique, notamment théâtrale. Bien que tout cela date d'il y a plus de vingt ans désormais, je réactive régulièrement ces influences en période d'écriture. Je relis quelques passages de Cyrano, des Fourberies de Scapin ou encore des Trois Mousquetaires, je saupoudre de quelques chansons de Brel et de La Rue Ketanou pour le côté oralisé, artistes de rue, des Chevaliers du Tintamarre. Ce n'est pas vraiment un rituel, cela relève plutôt d'un fort besoin de contextualisation, de mise en ambiance. Grâce à ces nourritures là, le style Tintamarre vient assez facilement. Après, je joue tous les dialogues façon filage théâtral, et je relis tous mes textes à voix haute à ma compagne (qui par chance n'est pas encore saoulée). Bon, je m'aperçois que je réponds plus à comment qu'à pourquoi... Alors pourquoi ? Ben, parce que ça me permet de créer l'ambiance que je veux donner à mon univers. Je pense sincèrement que la langue permet de mieux comprendre l'univers, la façon de penser de ses habitants, la manière dont on y aborde le monde. Le tout est de ne pas devenir trop lourdingue.



Fantasy à la carte :

Un grand bonjour Raphaël, première question comment vas-tu ? Pour ma part, je suis en joie de ma dernière lecture, Le Voyage des Âmes Cabossées et du coup, dis-moi comment on passe de l'écriture de jeu de rôle à celle de romans? Est-ce que l'exercice est plus difficile ?

Je vais bien, merci beaucoup, très bien même, et encore mieux maintenant que je sais que tu as aimé le Voyage des âmes cabossées !

Concernant ton autre question, je ne trouve pas l'écriture romanesque plus difficile que celle du JDR, en revanche, c'est le passage de l'une à l'autre qui pour moi fut long et fastidieux. En effet, bien que l'on puisse s'adresser au même lecteur, celui-ci vient rarement y chercher la même chose. Le JDR doit donner envie de jouer, d'inventer des histoires, de s'emparer de l'univers et des règles, et permettre de le faire. L'écriture romanesque doit raconter une histoire avec tout ce que cela implique de structure narrative, de style littéraire et de portée symbolique. C'est comme de faire la cuisine, il peut y avoir des éléments en commun, mais l'un est avant un espace de jeu et de communication, l'autre tient davantage de l'"art" et dans une certaine mesure de la philosophie. Et encore une fois, tous ces ingrédients peuvent se retrouver dans les deux, mais les proportions seront différentes.


Dup :

Bonsoir Raphaël,

N'étant absolument pas une spécialiste des JDR, j'ai du mal à concevoir quel genre de boulot tu faisais (fais encore ?), comment cela se passait, etc. Le métier d'écrivain est plutôt solitaire, qu'en est-il de celui-ci ?

En fait, dans le jeu de rôle, j'ai occupé plusieurs "places" dirons-nous. Pour être un peu schématique, je dirai :



- Rédacteur : on nous commande des textes du genre : "tu voudrais pas nous décrire une ville de bord de mer habitée par des bûcherons qui élèvent des castors pour leurs peau ? 45000 signes, espaces comprises, des phrases courtes stp..."

Là, sauf si on te colle un co-auteur (ce fut parfois mon cas car j'avais tendance à aller un peu loin dans l'approche adulte et à mettre plus de poils que d'épées à deux mains; on me collait donc un "candide" pour rajouter une touche plus bisounours), tu bosses majoritairement tout seul avec pour principal interlocuteur ton "chef de gamme". C'est extrêmement structurant pour l'écriture car on travaille avec beaucoup de contraintes pour faire correspondre nos idées et envies avec un univers et des règles manipulés par tout un collectif. Parfois on avait aussi des réunions d'équipe, dans les locaux de la maison d'édition, mais là je vous parle des années 90... après, de structure, il m'en fallait un peu, car pour une commande telle que je vous l'ai présentée ci-dessus, moi j'étais du genre à rendre un texte avec des hommes castors baiseurs de morues qui se servaient de le proximité de la mer pour flotter le bois qu'ils avaient abattu, le toute en octosyllabes...

- Chef de gamme : aussi appelé coordinateur éditorial ou encore directeur d'ouvrage dans l'édition plus classique. C'est une sorte de showrunner, celui qui pilote les projets, s'assure que les textes sont commandés, rédigés, cohérents, et qu'ils correspondent aux attentes tout en permettant à chaque rédacteur d'apporter sa touche personnelle. Il anime les réunions, décide avec le big boss du suivi de gamme, des prochains thèmes à aborder et à développer.

- Auteur, ou co-auteur : c'est celui qui invente le jeu, tout simplement. Des fois il est tout seul, c'est mon cas sur Macadam Fairies, mon prochain jeu par exemple, mais sur Rétrofutur nous étions 5, et sur Capharnaüm nous étions 2. Les "Auteurs" inventent donc le jeu, définissent une "bible", un gros document de worldbuilding qui permet de préciser ce que le jeu sera et ce qu'il ne sera pas. Les Auteurs sont souvent aussi des rédacteurs parmi les plus actifs, mais ce sont surtout eux qui décident de ce qu'est le jeu dès le départ.



Les structures éditoriales sont souvent très petites, et il n'est pas rare de jouer plusieurs de ces rôles à la fois. Sur Capharnaüm et sur Macadam Fairies par exemple ce fut le cas.

Je vous parle bien entendu ici de mon expérience et des maisons d'édition avec lesquelles j'ai travaillé ou travaille encore, mais cela peut être un peu différente ailleurs.



Ramettes :

Bonjour et bienvenue dans ce monde parallèle !

Je crois qu'en lisant la présentation j'ai la réponse à ma question que j'avais dans ma tête ! Donc on Dit "Bardass" comme badass et non "Barda" comme le paquetage du soldat...

Ma question sera as-tu déjà rencontré en vrai Dup et Phooka ? Elles existent vraiment ? lol. Est-ce qu'un auteur déjà passé par ici, t'a donné des conseils ? As-tu déjà participé incognito ?(après la présentation c'est le tutoiement qui me vient !).

A bientôt

Bonjour et merci :)

Et oui, en effet, on prononce bien le S final, à l'espagnole ! Quant à Dup et Phooka, il est temps que tu acceptes cette incroyable vérité : ni l'une ni l'autre n'existe réellement, elles ne sont que ce que ton imaginaire malade projette sur deux pauvres Hamster borgnes, chacun d'un côté. Leurs véritables noms sont Poupette la Gigolette, et Nephertoutoute (persuadée d'avoir été, il y a douze réincarnations, le Golden Retriever de compagnie de la podologue de Cléopâtre).

Des auteurs passés ici m'ont-ils déjà conseillé ? Je ne crois pas... j'ai fréquenté un peu Mathieu Gaborit, mais c'était à l'époque uniquement pour du JDR. Une fois j'ai demandé mon chemin à Fabrice Colin, et il m'a conseillé un bon raccourci, en revanche je ne sais pas si il est passé par ici, lui.


Aparté de Poupette la Gigolette : Oui, Fabrice Colin est bien passé par ici 😁 




La biblio de Raphaël Bardas

 

J'aime bien faire des biblios de "jeunes auteurs" 😁. (je peux tacler, je suis plus vieille 😂)

Feignasse un jour, feignasse toujours quoi ! 

Deux couv, un lien (oui, pas fini ma lecture encore) et c'est tout ! Nenni, Fantasy à la carte nous en a déniché un 3ème que je rajoute illico ! 

Bon, si Raphaël Bardas est nouveau dans la littérature publiée, il est loin d'être novice dans le milieu de l'imaginaire. Il trempe depuis un certain temps en tant que scénariste de jeux de rôles, aux côtés de Mathieu Gaborit notamment pour Abyme et Agone.

(Mathieu Gaborit que l'on a reçu ici en mois2 en février 2012. Voici le lien vers le bilan de mois2 et son délicieux mot de la fin, si vous avez envie de vous marrer un coup ! Fin de la parenthèse)

Revenons au sujet : La biblio de sieur Bardas.







La chronique bientôt...