mardi 17 mars 2026

UN PRINCE SANS COEUR de Ingrid Seymour

 La guérisseuse de royaumes
#1


Éditions PAL
12 février 2026
332 pages
 8.30 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur Un prince sans cœur  ☇



Une chouette romantasy qui démarre fort mais qui s'essouffle un peu.
Dommage.



L'AVIS DE PHOOKA:






    Une romantasy inspirée de la belle et la bête, c'est pour moi ça ! Direct, je fonce. Je fais donc connaissance avec Daniela, alias Dani pour les amis (ce qu'elle n'a pas vraiment dans cet opus ...). Daniela est une humaine, elle vit dans un monde moderne équivalent au notre à ceci près que la magie existe et que certains humains ont un don. Celui de Daniela c'est la guérison. Elle est donc guérisseuse, métier qu'elle exerce avec beaucoup de talent, mêlant magie et herbes. Oui mais ça c'était avant. Avant qu'une bande de Faes ne la kidnappe pour l'entraîner dans un périple au bout du monde. Et Dani n'apprécie pas du tout d'être kidnappée. Normal me direz vous, mais ce qui l'exaspère le plus c'est qu'elle a des patients à soigner dont une petite fille qui risque de mourir sans elle. Et tout ça pour quoi ? Personne ne lui explique, c'est un comble non ? Parmi les Faes qui l'ont enlevée se trouve le prince Kalyll, beau et ténébreux etc etc.. Sauf que le beau prince est de bonne humeur le matin, puis commence à se tendre vers midi pour carrément devenir très désagréable voire même violent et disparaître toutes les nuits ... Il vaut mieux ne pas le titiller. Le groupe de Faes est composé d'amis d'enfance du prince et leur périple a un but et un seul: lever la malédiction qui pèse sur le beau Kalyll.

    Bon soyons honnête, le roman se lit bien mais ne casse pas trois pattes à un canard. C'est fluide et facile... sans doute un peu trop facile. Dani tire bien son épingle du jeu, son personnage est convaincant et attachant. Ses qualités de guérisseuse ne posent aucun doute et elle est fort utile durant le long périple qui les attend. Kalyll lui, est un peu plus difficile à cerner. Évidement sa malédiction qui le fait se transformer en bête la nuit, n'arrange pas son caractère et on le comprend. Cependant, même dans ses "bons moments", il a un caractère assez insaisissable. Et puis il y a tous les autres Faes, Krin, Silver etc... dont le comportement est assez inexplicable, surtout vis à vis de Dani. Et même si Ingrid Seymour donne une explication à tout ça en fin de ce premier tome, je reste un peu dubitative ... Il en est de même avec le worldbuilding à peine esquissé. C'est d'ailleurs le gros point faible du roman. Oui c'est une reprise de La belle et la bête, mais rien n'empêche d'étoffer un peu l'univers et de donner un peu plus de consistance aux personnages. Quant au rebondissement final, je veux bien qu'il faille surprendre le lecteur mais il faut quand même que ce soit crédible.

    Avec tout ça vous allez vous dire que j'ai détesté le roman. Et bien pas du tout ! Alors soyons clairs, ce n'est pas le roman du siècle et loin de là. Tout au long de ma lecture j'ai ronchonné sur la "maigritude" de la construction de l'univers et des personnages ... tout en dévorant ma lecture à toute allure. Parce que oui malgré tout, la lecture est fluide, aisée et agréable. Dommage que cette nième réinterprétation du conte n'ait pas été plus poussée. Là, on est juste sur une petite historiette qui se lit vite ... et qui s'oublie tout aussi vite. (Et y'a quasiment pas de smut mais où va t'on ? 😒)

    Lirai-je la suite de cette trilogie? Peut-être, peut-être pas ? Réponse de Normande bien sûr. Je suis curieuse mais je suis aussi inquiète si on reste sur la même ligne narrative. On verra donc ...

En attendant, si vous cherchez une petite lecture (très) légère, ce roman peut faire l'affaire. Mais n'en attendez pas trop ou vous seriez très déçus.

*Service de Presse*
lundi 16 mars 2026

LA GARDIENNE de Sonja Delzongle

 


Fleuve Éditions
Collection Fleuvenoir
425 pages
21,95 euros




L'avis express de Dup sur La gardienne de Sonja Delzongle.


Percutant, glaçant, Sonja Delzongle au sommet de son art.


L'AVIS DE DUP



C'est au cœur du Morvan, dans une forêt sombre et dense, près d'un lac que va s'installer la famille Olsen. Frode le père, architecte de métier, y a construit une maison en bois typique de sa Norvège natale. Frode et Mathilde, ainsi que leurs deux filles, Gerda et Rune vont y vivre en autarcie presque complète, au plus près de la nature.

Décision collégiale ? Que nenni ! C'est Frode qui l'impose, comme une fuite, depuis que sa cadette, Rune a été agressée dans son collège à Lille. Il n'a cure des avis de sa femme et de son aînée, seule Rune compte à ses yeux et il va poursuivre l'éducation de cette dernière comme il l'avait commencée, la considérant comme un garçon, son fils...

Ce havre de paix baptisé la Petite Norvège n'est en fait qu'une illusion car l'isolement recherché s'avère être au cœur d'une affaire policière non résolue de disparitions d'adolescentes depuis quelques années. Et puis l'attitude du père vis à vis de sa cadette soulève bien des questionnements et des rancœurs au sein de la maisonnée. 

La gardienne est un roman psychologique sombre et puissant. La première moitié du roman devient un huis clos étouffant alors que le côté protecteur du père s'efface au profit du côté oppresseur. Et puis le récit bascule, s'ouvre. Respire-t'on mieux pour autant ? Mouarf, c'est Sonja Delzongle à la barre, et la noirceur se poursuit, parfois même un peu trop. C'est un crève-coeur de voir le sort s'acharner sur ces personnages déjà bien malmenés au début du récit ! Mais la plume immersive de l'autrice nous empêche de nous détacher de ce récit hypnotique.

L'aspect psychologique de chaque personnage est parfaitement travaillé et chacun apporte son lot d'émotions. Aversion, rejet, épouvante, colère, pitié, empathie. Un véritable maelstrom parfois lorsque l'un d'entre eux vous fait passer par tout cela successivement. Les thèmes de l'emprise psychologique du mâle dominant, de l'impact d'une éducation traumatisante sur la psyché sont extrêmement bien creusés et c'est passionnant. Glaçant, mais passionnant.

Et puis l'autrice n'a pas son pareil pour glisser au milieu de l'horreur un personnage secondaire qui réconforte, soulage, et réconcilie avec la nature humaine. Gros coup de cœur pour le capitaine de gendarmerie à la retraite, André Moulin. ❤ 

La gardienne est à la fois un polar à rebondissements et un thriller psychologique. Il est profond et troublant, glaçant et flippant. Ma foi, tout ce que l'on cherche dans ce genre de roman. Sonja Delzongle confirme la maîtrise de son art. Un roman que je conseille à tous les amateurs du genre !

* SP papier *



vendredi 13 mars 2026

LES SORTIES FOLIO SF et Fantasy de mars 2026 [sorties]

 

Mars 2026


⛄⛄⛄⛄⛄⛄

FOLIO FANTASY


⛄⛄⛄⛄⛄⛄




Fabien Cerutti

 Kosigan nouvelle donne
Un printemps de sang


Prix Imaginales 2025

Prix Elbakin.net 2025




Emma Törzs
 Magie d’encre


Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathieu Prioux




⛄⛄⛄⛄⛄⛄

FOLIO SF


⛄⛄⛄⛄⛄⛄



Sabrina Calvo
 Les nuits sans Kim Sauvage




⛄⛄⛄⛄⛄⛄
jeudi 12 mars 2026

Parution de Five Broken Blades tome 2 chez Olympe [sortie]


Four Ruined Realms

Mai Corland


Five Broken Blades, II


Éditions reliée avec jaquette et jaspage

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Patrick Imbert




Parution le 12 mars 2026
448 pages
25.90 euros




Quatrième de couverture:


Le roi du Yusan est toujours vivant et se révèle peut-être le plus grand de tous les menteurs. Prises dans ses filets, les cinq lames sont contraintes d'accepter la mission qu'il leur impose : s'emparer de l'Anneau d'or détenu par la reine du Khitan. L'équipe ne dispose que d'un mois pour réussir ce coup, et chaque membre a tout à perdre en cas d'échec. Cette fois, s'ils ne parviennent pas à se faire confiance, ce n'est plus seulement leur avenir et celui de leurs proches qui en pâtiront : les conséquences pourraient affecter tous les royaumes. Cependant, les cinq lames n'ont aucune intention de.rester sagement sous le contrôle du roi ; elles comptent bien se venger. Il est hors de question de le laisser obtenir ce qu'il veut. Mais pourront-elles battre le tyran immortel à son propre jeu ?

mardi 10 mars 2026

À TOI, FÉROCEMENT de Jamie A. Hunter

 

Les Rois Faes d'Eden

Tome 1


Éditions PAL
Parution 29/01/2026
8 euros
320 pages










☇ L'avis éclair de Phooka sur À toi, férocement  ☇



Les deux premiers tiers du roman sont brillants et drôles sans jamais se prendre au sérieux.
Dommage que le dernier tiers ne soit pas à la hauteur sinon j'en aurais fait un coup de cœur !




L'AVIS DE PHOOKA:



Le roman commence par un avertissement de Jamie A. Hunter qui donne tout à fait le ton (voir ci-dessous). 




    Vous êtes donc prévenus quand vous commencez votre lecture, pas de mauvaise surprise, vous n'avez pas un chef d'œuvre littéraire entre les mains. Mais chef d'œuvre ou pas, cela n'empêche pas de passer un bon moment de lecture.

    Le monde de Jamie A. Hunter est constitué de quatre royaumes Faes qui entourent celui des humains. Les Faes souverains ont des âmes soeurs qui peuvent être des Faes non-souverain(e)s. Le lien entre deux âmes soeurs se crée à treize ans et les deux Faes le ressentent immédiatement. C'est ce qui se passe pour Rennick, prince héritier du royaume des Montagnes. Il connait le prénom de sa destinée: Amelia. Et après des recherches, il se trouve qu'Amelia est humaine. Et étant humaine, elle n'a pas ressenti ce fameux lien. Elle vit dans un orphelinat depuis tout bébé. Jamais dans l'histoire des Faes, un futur souverain n'a été lié à une humaine. Les humains sont fragiles et compte tenu des tensions entre les royaumes, il est préférable de garder secrète cette révélation ...

    Mais Rennick veut entrer en contact avec son âme sœur et il trouve le moyen de lui faire parvenir des lettres. Ne pouvant se voir avant leurs 25 ans, ce sera leur seul échange au fil des années. Et encore c'est à sens unique puisqu'Amelia n'a aucune possibilité de répondre. 

    C'est absolument délicieux et choupinou. Parce que les premières lettres sont écrites à  treize ans, qu'elles sont manuscrites (dans le roman aussi), avec des ratures et un style très enfantin. Style qui va évoluer au fil des années quand le prince va grandir et mûrir. Et c'est carrément une trouvaille géniale. La pauvre Amelia pense  évidemment à un canular puis petit à petit tombe amoureuse de celui qui lui écrit. Un peu moins de celui qui lui envoie des cadeaux d'ailleurs (les cadeaux étant envoyés par le prince sur des idées de sa meilleure amie jalouse ...). Le "À toi, férocement" est en fait la formule de politesse en fin de lettre au fur et à mesure que les sentiments du prince grandissent.

    Les personnages sont étonnants. Le prince, évidemment un Fae magnifique, grand fort et musclé a passé toute sa jeunesse à guerroyer pour rendre le monde plus sûr pour sa promise. Pour elle, il n'a aucune limite. D'ordinaire plutôt affable, il est prêt à torturer et à tuer pour une simple remarque à propos d'Amelia. Et croyez-moi il ne va pas se priver. Au delà de ça, ce qui le rend à part c'est qu'il s'est préservé pour son âme soeur mais qu'il a beaucoup regardé pour "apprendre". Il n'empêche que par "manque d'entraînement" ça ne se passera pas tout à fait comme prévu lors de leur premier rapprochement ...

    Amelia quant à elle, est une humaine entraînée dans un monde qu'elle ne connait pas par un Fae qu'elle n'a jamais vu et qu'elle ne connait qu'à travers ses lettres enflammées et ses cadeaux ...douteux.

    La relation entre les deux est chaude bouillante mais aussi touchante et surtout très drôle. Les réactions exagérées du prince quand il s'agit de sa promise sont délicieuses ... mais parfois effrayantes. Vraiment, les deux premiers tiers du roman sont une belle réussite et le roman se dévore à toute allure. C'est brillant et drôle, c'est un pur plaisir et c'est parfait en tant que tel ! Mais quand l'histoire se complexifie un peu alors on atteint les limites de l'autrice en terme de worldbuilding (et oui on est prévenu mais quand même) et le dernier tiers est franchement bancal et vraiment maladroit. C'est vraiment dommage parce que sinon ça aurait été un coup de cœur dans le genre lecture légère à la façon d'un Rosa Lucas.

    Mais que ce dernier tiers ne vous empêche pas de découvrir ce roman. Il fait d'ailleurs partie d'une série, les rois Faes d'Eden et je suppose qu'on aura un tome par roi Fae et je poursuivrai très probablement ma lecture. De la lecture détente réussie. Si vous cherchez de quoi vous changer les idées agréablement, n'hésitez pas.


*Service de Presse*