En juin chez Alter Real
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En juin chez Alter Real
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L'heure du loup est un des classiques de Robert McCammon, sans doute celui qui a eu le plus de succès, et à juste titre. Traduit et publié en France pour la première fois en 1989, il a été réédité plusieurs fois depuis, dont cette dernière chez Monsieur Toussaint Louverture... qui l'a coupé en deux... 😳 Je vous renvoie à la chronique de Phooka qui en parle. Pour ma part je ne râlerai pas dans le sens où cette réédition a permis la création par VOolume d'un audio fabuleux et passionnant.
J'avais l'impression d'être plongée dans un des romans de Robert Ludlum (oui, je les ai tous lu jadis 😁) mâtiné d'imaginaire. Imaginez l'ambiance d'un vieux James Bond avec, à la place des gadgets de la section Q, la possibilité de se métamorphoser en loup ! Voilà, c'est bien plus puissant.
Michael Gallatin est un émigré russe devenu espion britannique. L'histoire se déroule à la veille du débarquement, alors que Gallatin a pour mission de déjouer un complot allemand qui tente de faire dérailler l'invasion des alliés.
Gallatin va être parachuté seul dans la campagne normande, en plein territoire occupé donc. La résistance lui fournira quelques appuis, en Normandie, à Paris, puis à Berlin. La plupart du temps ce sera une femme... et le charme, toussa, toussa, bref, un vrai James Bond.
Le récit d'aujourd'hui sera entrecoupé par celui de l'enfance de Mikaël Gallatinof en Russie. L'assassinat de sa famille au sang bleu par des "camarades staliniens", la fuite du garçonnet en forêt, sa contamination par une louve et son enfance parmi la meute. Un récit dur, âpre, sans concession. Parfois même teinté d'horreur.
L'interprétation audio de Hadrien Rouchard avec sa belle voix grave est bien adaptée au contexte et colle parfaitement au personnage principal. Si je devais pinailler, je dirai qu'elle est un chouïa trop plate. Le rythme de diction reste inchangé qu'il y ait de l'action ou pas. Mais oui, c'est un très léger détail, qui ne nuit en rien à la qualité de l'écoute.
L'heure du loup est un vrai roman d'aventures, chargé d'une quantité incroyable d'actes héroïques, aussi bien de Gallatin sous ses deux formes que d'autres humains qui l'entourent, la période s'y prêtant grandement. Ce côté historique du roman est passionnant et on sent qu'il a été bien documenté par l'auteur. La coupure de l'éditeur laisse notre héros en fort mauvaise posture et je n'ai qu'une hâte, écouter la suite !
* SP audio NetGalley *
Rebecca Yarros, pour beaucoup par ici c'est la série Fourth Wing, évidemment. Mais moi, depuis que je suis sortie de ma zone de confort avec cette autrice en lisant In the likely event, je crois que je vais piocher TOUTES ses sorties. Proposé sur Netgalley, je n'ai pu que plonger sur cet audio : "Yarros + relation épistolaire" ont fait pencher la balance malgré l'horrible "enfant + cancer" sur l'autre plateau. Le sujet est lourd et c'est en connaissance de cause qu'il faut l'aborder.
Jamais je n'ai été aussi remuée, brassée par la fin d'un roman (et je précise pour les esprits chagrins que c'est une vraie romance...). Et pourtant j'affirme que c'est un livre à lire tant il est capable de développer l'empathie pour ces personnages. Rebecca Yarros est vraiment très très forte pour exacerber nos sentiments, pour embarquer notre cœur et lui imposer de véritables montagnes russes.
J'ai lu ça et là que certains lecteurs qualifient ce livre de romance militaire. Je m'insurge un brin, car lorsque ces deux là se rencontrent, Beckett n'est plus militaire. Ils sont dans la vie civile. Mais oui, c'est une romance, mais c'est aussi bien plus que cela.
Ella fait la connaissance de Beckett par correspondance. C'est son frère qui l'a poussée à écrire à son meilleur ami avec qui il est engagé dans les Forces spéciales, parce que ce dernier n'a ni attache, ni famille, ni foyer. Mais Ella ne connait que "Chaos", le nom de code de Beckett, mission oblige. Dès le début de cette correspondance, Ella va raconter sa vie, seule, avec des jumeaux de cinq ans. Puis la découverte du cancer de sa petite fille. Peu de temps après, le frère d'Ella est tué sur le terrain, ce n'est pas un spoiler, c'est au début du roman. L'histoire fait alors un bond de quelques mois et Beckett se présente à la porte d'Ella.
Ces lettres, qui n'ont rien de mélodramatiques, au contraire elles restent très factuelles, on va les retrouver une par une avant chaque chapitre. Ces lettres relieront le passé et le présent de façon très subtile. Et j'avoue, j'adore sentir fleurir un sentiment amoureux à travers une relation épistolaire.
Bref, c'est une romance parce que ces deux personnages principaux, Ella et Beckett, que l'autrice a façonnés vont se rencontrer au moment où ils auront tous deux le plus besoin de réconfort. Ils portent le poids de leur passé, mais gardent assez d'espace dans le cœur pour l'amour et la confiance. Et cette romance sera vraiment touchante par sa profondeur.
Mais c'est bien plus que cela, c'est une ode à la persévérance. Quand la vie s'acharne sur Ella, encore et encore, et qu'elle est malgré tout obligée de se relever et de continuer. Quand elle va tout endurer, même lorsque c'est insupportablement lourd. La plume de Rebecca Yarros nous fait ressentir tout cela, et c'est sans aucun doute plus impactant lorsqu'on est mère. La souffrance d'un enfant, ça marque, c'est dur. Le parcours du combattant d'une mère seule, avec des jumeaux qui plus est.
On oscille entre peurs, désespoir, chagrins, espoir, bonheur. Oui, de vraies montagnes russes je vous disais. Mais au milieu de toute cette douleur jaillit une volonté, une résistance silencieuse et obstinée qui éclaire le récit, une force puisée dans l'amour, un soutien puisé dans la confiance en l'autre. Les écueils, les épreuves seront nombreuses, ils vont tout traverser et en sortiront plus forts.
Avec une belle plume, fluide et sûre, Rebecca Yarros détruit votre coeur, le reconstruit, le détruit à nouveau pour le reconstruire encore. Cette histoire m'a épuisée émotionnellement, mais j'avoue, j'adore ça. C'est puissant. L'interprétation audio de Marie du Bled et Maxime Van Santfoort est juste parfaite, c'est un sans faute. Ils forment un duo remarquable qui s'adapte parfaitement aux rôles demandés. J'ai adoré cet audio, j'ai adoré cette histoire. Que j'aime cette autrice !
PS : Je trouve dommage la modification du titre, une traduction du titre original, The last letter, aurait été bien plus adapté.
* SP audio NetGalley *