lundi 18 mai 2026

L'HÉRITAGE DE LA FUREUR de Tricia Levenseller

 


PAL Éditions
416 pages
8 euros




L'avis express de Dup sur L'héritage de la fureur de Tricia Levenseller


Une romantasy atypique et drôle.


L'AVIS DE DUP



L'héritage de la fureur est un roman assez singulier, mais on en est informé dès le début par une note d'intention de Tricia Levenseller avant le premier chapitre. Elle a volontairement créé ce royaume, Amarra, où les femmes sont au sommet de la position sociale grâce au don de leur déesse qui leur confère une force surhumaine, pas question qu'elles puissent être dominées. Et les hommes sont là pour être vus, non entendus. Clairement la place de l'homme dans cette société est dans la chambre 😁

On suit Olerra, générale en chef de l'armée d'Amarra, en lice pour la succession au trône, comme sa cousine. Mais cette dernière, courtisane oisive, possède l'appui de nombreuses nobles alors qu'Olerra n'a ni le temps, ni les capacités de briller à la cour. Alors, pour arriver à ses fins, Olerra décide d'aller se trouver un mari noble... en le kidnappant chez ses voisins et ennemis, en Brutus. C'est lui qui lui accordera l'attention des nobles.

Le roi de Brutus, qu'elle a ridiculisé à la dernière bataille à la frontière, possède quatre fils. Elle choisi le second, Andrastus, dans l'ordre de succession, les deux autres étant trop jeunes, et ne désirant pas prendre Sanos, l'héritier du trône au risque de déclencher une guerre. D'autre part, Andrastus est réputé docile et poête. Par un concours de circonstances assez hilarant, c'est Sanos qu'elle va enlever, le guerrier de la fratrie. Et il va bien sûr se garder de le lui révéler. C'est sa seule possibilité de fuite, qu'on le sous estime.

Débute alors une romance très spéciale entre ces deux là. Entre l'aversion de Sanos pour le rôle qu'on lui impose, épilation, jupette, maquillage, bijoux en tous genre (jusqu'aux pinces à tétons 😂), mais l'attirance de plus en plus nette qu'il éprouve. Et Olerra qui se sent très attirée (alors que clairement ce kidnapping n'était qu'à but politique), mais la peur d'être dominée, ridiculisée fait que Sanos va passer le plus clair de son temps menotté, entravé... il y aura des scènes parfois hilarantes, parfois muy caliente !

Bien qu'Amarra soit un royaume plus progressiste sur les questions de sexualité et d'identité de genre que ses voisins, il n'est pas exempt de cruauté, d'exploitation ni d'esclavage. L'attitude de sa cousine en est un parfait exemple, elle est abominable avec son harem. Mais le but d'Olerra une fois sur le trône est d'abolir ces pratiques barbares.

J'étais fort curieuse de découvrir ce que Tricia Levenseller allait faire de son postulat de départ. Alors forcément le trait est plutôt lourd, mais si on accepte la donne c'est assez délicieux, notamment les rapports domination/soumission inversés. 

La romance avancera lentement et restera jusqu'au bout très spéciale. Olerra, amarrienne jusqu'aux bouts des ongles, est sexuellement libre, ouverte, directive, bien que pucelle. Sanos est pudique et profondément déstabilisé par son approche. Or Olerra s'est juré de ne jamais devoir le forcer, elle attend, il attend... Les connaissances anatomiques et physiologiques d'Olerra sont à la pointe, Sanos ne connait que les relations furtives des maisons closes. Le décalage est énorme et la romance en pâtit. Elle m'a fait plus souvent rire que vibrer.

Cependant mon bémol sur ce roman sera l'absence d'un worldbuilding qui m'empêche d'en faire un coup de coeur. Autre remarque qui me laisse désemparée, cet Héritage de la fureur est annoncé comme le tome 1 d'une série De rage et de fureur. Or franchement la fin ressemblait vraiment à un point final de l'histoire d'Olerra et Sanos. Un autre couple alors ? Il n'est clairement pas annoncé dans ce premier tome. Ma foi, on verra... ou pas.

* SP papier *


samedi 16 mai 2026

Les nouveautés en mai chez Mnémos

 

LIMINAL de Auriane Velten


Sortie le 20 mai

Le pitch :

Jin est une onryō en quête de vengeance. Sakura, jeune lycéenne, se prépare à une carrière de grande chanteuse. Haru, quant à elle, pilote une armure géante pour combattre des créatures monstrueuses. Elles n’ont rien en commun, sinon de vouloir fuir leur vie. Un jour, leur vœu se réalise d’une manière inattendue : elles se réveillent dans un monde blanc, où leurs souvenirs s’exposent et où le réel se désagrège. Qui a créé cet endroit ? Est-ce un purgatoire, une simulation ou la dernière strate du rêve humain ? Pour échapper à ce monde inconnu – et peut-être en retrouver un plus accueillant –, elles devront percer ses règles imprévisibles.


💛💛💛💛💛💛💛💛💛💛


LE SILENCE DES LYS TIGRÉS de Sally Fauconnier


Éditions Naos
Sortie le 20 mai

Le pitch :

Les Lys Tigrés ont surgi sans prévenir.
Des fleurs gigantesques, bruyantes, voraces. Elles envahissent les rues et dévorent tout sur leur passage.

Alors que le dernier train d’exilés quitte la ville, une jeune survivante est entraînée malgré elle au cœur d’une révolution. Elle croise de mystérieuses silhouettes masquées et une fille muette, vêtue d’une jupe rouge. Et si son apparition n’était pas un hasard ?

Alors que le monde s’écroule, elle n’a plus le choix : elle doit comprendre ce que veulent les Lys Tigrés. Avant qu’il ne reste plus rien à sauver. Et peut-être, dans leurs racines, rebâtir de nouvelles fondations.

C’est l’histoire d’une vengeance. La vengeance du silence.


vendredi 15 mai 2026

L'ÎLE DE NOIREBRAISE DE Brandon Sanderson

 


Éditions Le livre de Poche Imaginaire
Existe aussi en version collector
Parution 25/02/2026
Traducteur Sébastien Guillot
672 pages
24.90 euros









☇ L'avis éclair de Phooka sur l'île de Noirebraise  ☇



Un roman étrange oscillant entre fantasy et science-fiction.
Du pur Sanderson mais probablement à réserver aux fans du maître.



L'AVIS DE PHOOKA:




    Dans une longue préface, Brandon Sanderson explique le contexte de ce roman. Depuis toujours il voulait écrire une suite à sa nouvelle "Sixième du Crépuscule", or il suppose (à juste titre sans doute) que peu de gens l'ont lue. Ainsi il a décidé de réécrire sous la forme de flashback la dite nouvelle dans la première partie de ce roman, puis d'enchaîner sur la suite. Il conseille même à ses lecteurs qui auraient lu la nouvelle récemment de sauter ou au moins de diagonaliser cette première partie 😂.

    Première partie qui permet donc de rencontrer Crépuscule, un trappeur des îles du Pantheon. Ou plutôt ancien trappeur d'ailleurs. Car depuis l'arrivée de Ceux-d'en-haut, des envahisseurs venus de l'espace, le monde dans lequel vit Crépuscule a bien changé. Ces envahisseurs veulent mettre la main sur les Aviares, ces oiseaux étranges qui vivent sur les îles, une en particulier, extrêmement hostile. Ces Aviares ont des pouvoirs magiques qu'ils transmettent à l'individu qui les porte. On ne peut pas dire qui les possède, car c'est plutôt un accord commun entre l'homme (ou plutôt les Eelakins) et l'oiseau. Or les envahisseurs veulent les Aviares et les Eelakins ont trouvé un moyen assez efficace de retenir Ceux-d'en-haut en développant eux-même l'élevage des Aviares et pour ça il a fallu dompter les îles en les rendant sûres. Donc les trappeurs n'ont plus de raison d'être et Crépuscule fait maintenant partie du passé, il est devenu une sorte de légende.

    En parallèle, nous allons suivre Alcyone. Une jeune dragonne ... condamnée à rester sous sa forme humaine et à travailler sur un vaisseau spatial marchand. Un tas de ferraille pour être honnête. Mais un tas de ferraille avec un équipage haut en couleur. Que des rebus en fait. Des oubliés, des laissés pour compte ... Et Hoyd qui ne revient pas alors qu'il avait promis ...

    Un monde de fantasy donc avec Crépuscule et un monde de SF avec Alcyone. Et ces deux mondes vont se télescoper. La faute à un portail qui va les relier à Shadesmar ... 

    Alors je ne vais pas entrer dans les détails parce que comme c'est du Sanderson, c'est dense. Comme toujours. C'est dense et sacrément bien ficelé. Une fois de plus Sanderson prend son temps pour dérouler son récit. 650 pages tout de même. Et évidemment si vous êtes fan d'action et de batailles, passez votre chemin. Comme toujours avec Sanderson.  L'île de Noirebraise est un roman étrange, presque nostalgique parfois et grouillant de références sur le Cosmère. J'ai vu que beaucoup avait découvert Sanderson avec ce roman en particulier et franchement je ne les envie pas, parce que ce n'est vraiment pas une porte d'entrée, même si c'est un standalone. Nostalgique, disais-je plus avant, parce que c'est une réflexion sur le monde nouveau qui remplace l'ancien, sur la nécessité d'aller de l'avant alors même qu'on aime certaines choses du passé. Crépuscule sait très bien qu'il doit abandonner une partie de lui pour progresser et pourtant ses ressources et ses connaissances seront la clé. Mais quelque part il en est de même pour Alcyone qui par définition fait partie d'une espèce ancienne reconnue pour sa longévité et ses us et coutumes, mais elle, elle est toute jeune pour un dragon.

    C'est donc un drôle de récit que nous conte Sanderson ici. Il se fait plaisir en plus le bougre ! En prenant son temps, en nous faisant découvrir à travers les récits de la dragonne, moultes peuples et planètes. Toutes plus exotiques et fantastiques les unes que les autres.. Il nous plonge dans le Cosmère jusqu'au cou et y prend un immense plaisir, c'est évident. Et c'est un coup risqué parce que le lecteur suit ... ou pas. Moi j'adore toujours autant et j'aime que le récit soit si long et si lent qu'on s'en imprègne jusqu'à plus soif. Mais j'ai lu deci delà que pour d'autres ça ne passe pas forcément bien. De même que certains ont été perturbés par les changements d'ambiance entre fantasy et SF. Moi j'adore justement ...

    L'île de Noirebraise est sans doute un roman à réserver aux "déjà fans de Sanderson", en tout cas clairement pas une porte d'entrée pour une première découverte. Trop dense, trop Cosmère. Mais pour ceux qui ont déjà plongé dans l'univers de Sanderson c'est un régal. Comme toujours.

mercredi 13 mai 2026

QUELQU'UN DERRIÈRE LES MURS de Zygmunt Miloszewski

 


Pocket éditions
Collection New Horror
450 pages
9,90 euros



L'avis express de Dup sur Quelqu'un derrière les murs de Zygmunt Miloszewski


Un huis clos horrifique et fantastique mené de main de maître !


L'AVIS DE DUP


De cet auteur j'ai lu Les impliqués, un thriller, à l'époque où cette catégorie faisait partie de la majorité de mes lectures, et pourtant, impossible d'en retrouver une trace, ni dans la bibli du blog ni dans les rayons de mes bibliothèques. Si je ne me souviens plus (date de parution chez Mirobole 2013, j'ai des excuses !) de l'intrigue déroulée, je me souviens parfaitement du personnage principal Teodore Szacki qui dirige l'enquête. Fort de cela, je me suis dit que cette proposition de lecture par Pocket devait matcher.

Étant édité dans la collection New Horror de Pocket, je me doutais bien que je n'allais pas me frotter à un thriller bien sûr, en fait je m'attendais à des frissons et des personnages charismatiques. Les frissons je les ai eus en pagaille, les personnages en revanche seront mon bémol qui m'empêche d'en faire un coup de cœur.

Agnieszka et Robert prennent leur envol en tant que couple en emménageant ensemble pour la première fois. Un tout petit appartement dans un immeuble à la périphérie de Varsovie les attend, ils viennent de loin en voiture. Voyage long et pénible, rendez-vous manqué avec le transporteur de leurs quelques meubles,et pour couronner le tout, c'est l'effervescence dans le hall d'entrée à leur arrivée, un homme est trouvé décapité dans l’ascenseur...

Le ton est donné, on entre rapidement dans le récit. Très vite de petits incidents inexplicables surviennent, jusqu'à l'impensable : ils ne peuvent plus sortir de l'immeuble. Tous les habitants de l'immeuble échouent à sortir alors que la porte est ouverte, ceux qui devaient y venir ne les voient pas et changent d'avis en s'éloignant. Je vous garantis que cette scène qui survient dans les premiers chapitres est glaçante à souhait. 

Outre notre jeune couple, on va suivre également de près Viktor, un ancien journaliste devenu alcoolique depuis que sa femme et sa fille l'ont quitté et Kamil, un jeune lycéen marginal bridé par "ses vieux" pas cool. C'est Viktor qui va se mettre en avant, se chargeant de faire des réunions des habitants dans le hall afin de prendre des décisions concertées. Agnieszka va se lier d'amitié avec Viktor tandis que Robert s'enferme dans les tréfonds d'un esprit perturbé. Ces quatre personnages principaux sont décortiqués, leurs traumatismes enfouis analysés et pourtant jamais ils n'ont percé la barrière que je sentais entre eux et moi. 

Très vite Zygmunt Miloszewski transforme son récit en huis clos horrifique franchement teinté de fantastique. Les couloirs, les cages d'escaliers, les caves... ambiance Shinning de Stephen King. La frontière entre la réalité et le cauchemar s'effrite peu à peu, l'auteur nous entraîne dans une sacrée spirale de peur et de paranoïa. Frissons garantis car tout cela vient progressivement, insidieusement, c'est mené de main de maître. Quelqu'un derrière les murs est à lire, pour les amateurs du genre évidemment.

* SP papier *


mardi 12 mai 2026

UNE CAPTIVE SANS ENTRAVE d'Ingrid Seymour

La guérisseuse de Royaume
Tome 2 


Éditions PAL
Parution 07 mai 2026
Tome 2/3
8.40 euros










☇ L'avis éclair de Phooka sur Une Captive Sans Entrave  ☇



Un deuxième tome plus dense et mieux construit que le premier et qui se lit avec plaisir.



L'AVIS DE PHOOKA:





    Dani a sauvé la vie de Kalyll, mais ce faisant elle a été obligée d'insérer un peu de magie noire dans le cœur du prince. Bien sûr, il ne se transforme plus en bête la nuit, mais qui sait ce qu'il va devenir. Le prince l'a laissée rentrer chez elle comme convenu. Elle est retournée chez les humains, malgré leurs sentiments réciproques, le devoir du prince lui imposant d'épouser une princesse Fae pour des histoires d'alliance et de guerre à éviter. Oui mais voilà, à peine rentrée chez elle, Wölfe, la partie noire du prince est venu la kidnapper et la ramener au pays Fae. Il la maintient prisonnière dans une chambre dans la plus haute tour de son château. Le jour Kalyll est bien le Kalyll, prince et soumis à ses devoirs avant tout, tandis que la nuit il devient Wölfe le prince soumis à ses désirs. Et si Wölfe se souvient de tout, il s'arrange pour que Kalyll ne sache rien des agissements de Wölfe. Et en particulier, Kalyll ne sait pas que Dani est retenue prisonnière dans son propre château.


    Comme je l'avais dit à la fin de ma chronique du premier tome de cette trilogie, même si ma lecture n'avait pas été un coup de cœur et loin s'en faut, je savais que je ne résisterai pas à lire la suite. C'est donc chose faite ! Ma curiosité a été la plus forte. J'ai eu peur, je le reconnais. Les premiers chapitres de ce second tome étaient ... mauvais. Autant le dire tout net. Dans la droite lignée du premier tome. Et puis d'un seul coup, la qualité s'est améliorée (ou alors mes neurones se sont suicidés ? 😁). Non sérieusement, j'en suis à me demander si les premiers chapitres n'auraient pas été rédigés directement après la fin du premier tome par Ingrid Seymour. Chapitres qu'elle aurait ensuite repris pour se relancer dans le tome deux. Ce serait très logique. Toujours est-il que j'ai paniqué un peu en lisant les deux ou trois premiers chapitres, pensant vraiment jeter l'éponge et abandonner. Puis la suite s'est parfaitement mise en place et ma lecture a été fluide et agréable. Attention, je ne dis pas que c'est de la grande littérature, mais les personnages se sont affinés, l'univers a été un peu élargi et enfin construit et l'ensemble a été peaufiné. On est passé d'une écriture maladroite à quelque chose de bien plus maîtrisé. 

    On retrouve chaque personnages du premier tome évidemment. Dani et Kalyll bien sûr, mais aussi tous les amis de Kalyll, y compris Silver qui croupit en prison. Mais à tout ceux-ci s'ajoutent le roi et la reine et surtout une bien mystérieuse sorcière dont le rôle va être des plus importants. Le personnage de Krin, assez détestable dans le premier tome, s'étoffe et prend même une ampleur et une importance insoupçonnée ce qui n'est pas pour me déplaire. Et le twist concernant Kalyll, bien que grossier apporte un vent nouveau sur le personnage et ce qu'il traverse.

    Bref, Une captive sans entrave a été une lecture bien plus agréable que le précédent opus. Nul doute maintenant que je me plongerai dans la suite pour finir cette trilogie. Comme déjà dit lors de ma précédente chronique: si vous cherchez une lecture légère et sans prise de tête, vous pouvez vous lancer. N'en attendez rien de spécial mais vous passerez un agréable moment.


*Service de presse*