lundi 16 mai 2022

FORTHILL # 4 de Vanessa Altmeyer

 

# 4  FEMMES DE POUVOIRS


Éditions Alter Real
465 pages
22 euros





L'avis express de Dup sur Femmes de pouvoirs de Vanessa Altmeyer

Un tome 4 dans la pure lignée des précédents.
Un régal, foncez !!!



L'AVIS DE DUP



On retrouve Lisa là où on l'avait laissée, elle a toujours besoin d'une canne, sa jambe la fait encore souffrir. La seule différence c'est que son chien de l'enfer est devenu un chiot... mais de l'enfer toujours. L'haleine glaçante, le poil duveteux mais gelé. En revanche, visiblement il obéit beaucoup mieux !

Alors que la précédente histoire est résolue, qu'elle en a fait un article de presse, soit édulcoré parce que parler de l'attaque d'un basilic dans le Washington Post c'est limite, Lisa se sent un peu désœuvrée et se dit que c'est l'occasion ou jamais de parfaire ses aptitudes de nécromancienne. Mais c'était sans compter sur les instances supérieures, à savoir Vanessa Altmeyer, qui va se charger de l'occuper.

Tout d'abord, son ami Keith, qui semble préoccupé par une affaire louche de cambriolages dans laquelle il soupçonne l'intervention de surnaturels. Jusque là, rien de nouveau, sauf qu'il n'a plus les coudées franches au commissariat. On lui a mis une supérieure qui s'acharne sur lui, presque comme s'il subissait un bizutage ! Lisa va donc l'aider.

D'autre part sa soeur Cat ne semble pas dans son assiette ces derniers temps, jusqu'à ce qu'elle disparaisse ni plus, ni moins de la circulation ! Lisa est plus qu'inquiète et va enquêter.

Et, comble de l'horreur, nos dragons mâles de Muyr reçoivent en ce moment la visite d'une ravissante japonaise qui s'avère être une dragonne, venue pour étudier un contrat de mariage !!! Et si elle choisissait Ian ???? Damned, elle va prendre le taureau dragon par les cornes et réagir... ENFIN ! 😁😁😁

Et bien sûr, la marque de fabrique Altmeyer est là, car tout cela arrive en même temps !!! Chaque fin de chapitre débouche sur une révélation, un coup de théâtre, un mini-cliffhanger, bref ce tome 4 est un vrai page-turner, impossible à lâcher. Il est pourtant bien dodu cet opus, presque 500 pages qui s'avalent frénétiquement. 

La plume de l'autrice prend de l'assurance, le décor autour de Forthill est bien campé et on s'y retrouve très bien. L'évolution de Lisa se poursuit, elle gagne en profondeur, et franchement je l'aime de plus en plus. Cette série est un vrai plaisir de lecture que je ne peux que vous conseiller ! Pis franchement, vous en croisez souvent des métamorphes dragons ? Non ! (Phooka tais toi !) Alors... CQFD !


dimanche 15 mai 2022

Semaine 19/2022 sur Bookenstock [Bilan]

 

Semaine bien remplie, trois pages d'ITV passionnantes d'ITV de David, quatre chroniques non moins passionnantes et un billet de sorties littéraires. Elles ont bien bossé mes mémés.

  • Lundi :

- Chronique de Phooka sur Réminiscences #1 de Julie Saurel. Une lecture plaisir malgré quelques bémols.



  • Mardi :

- Chronique coup de coeur de Dup sur La cité exsangue #2 de Mathieu Gaborit.



  • Jeudi :

- Avis mitigé de Dup sur One last stop de Casey McQuiston.



  • Vendredi :

- Avis positif de Phooka sur Dina Demille #1 de Ilona Andrews



  • Mois2 :

- Le mois de David Bry fonctionne à merveille avec trois nouvelles pages cette semaine. ITV 4, ITV 5, ITV 6.


Mais vous pouvez relire les pages précédentes, les liens se trouvent sur chaque page d'ITV 😉

- Le futur mois de Alex Ferder est mis en place. Voici la fine équipe qui va l'accueillir : Résultats du partenariat.


  • Samedi :

- Mise en avant des parutions de mai chez Mnémos



Voilà, c'est fini pour cette semaine.

J'en profite pour vous signaler que dimanche prochain ce sera repos pour moi !

Mes mémés aux Imaginales, il n'y a pas de raison que moi je bosse nanmého !!!


À dans 15 jours donc,

La bise

Bookenstock










samedi 14 mai 2022

Les sorties de mai 2022 chez MNÉMOS

 

On passe en revue avec vous, et en image, les sorties prévues en mai 2022 chez Mnémos !



Vaisseau d'arcane # 2
Adrien Tomas



et ils poursuivent les sorties de l'intégrale Lovecraft
avec le tome 3:
L'affaire Charles Dexter Ward





Sous le label Naos :


Clones de la nation
Maiwenn Alix


Sous le label Mu


Sous la lune brisée
Anne-Claire Doly




# Plus on est de fous, plus on lit !

vendredi 13 mai 2022

LA GARDIENNE DES PORTES de Ilona Andrews




DINA DEMILLE
#1


Editions Bookmark
Collection Urban Fantasy
Parution: 11/05/2022
264 pages
17 euros en papier






☇ L'avis éclair de Phooka sur le tome 1 de Dina Demille de Ilona Andrews  ☇



Un roman dont le seul but est d'être fun.
Aucune autre prétention.
Pari réussi !



L'AVIS DE PHOOKA:



Avant d'aller plus avant dans cette chronique, il est bon de resituer le contexte du roman. En effet, ce roman (premier d'une série de 5 tomes il me semble) est à la base un projet "pour le fun" pour lequel les auteurs publiaient en ligne sur leur site web, quelques paragraphes puis échangeaient avec les lecteurs et ainsi de suite. Du coup, aucun retour en arrière ni aucune modification possibles. Tout ceci est clairement expliqué dans les remerciements et donne un éclairage différent sur le roman.

Parce que fun, il l'est oui. Sans conteste. Et on sent que les auteurs s'en sont donné à cœur joie. Dina est une aubergiste. Jusque là, rien que de très normal me direz-vous. Sauf que son auberge, Gertrude Hunt, située dans une petite ville du Texas,  n'est pas une auberge comme les autres. Elle est en effet un refuge pour toutes les entités venant de mondes parallèles. L'auberge est en quelque sorte vivante et se remodèle selon les besoins. Elle est liée à Dina qui en est la gardienne et sa "magie" combinée à celle de l'auberge permet à l'ensemble de fonctionner. Quand je mets des guillemets à magie c'est tout à fait intentionnel puisque par "magie" il faut comprendre technologie extrêmement avancée. Avancée au point où technologie se confond avec magie.

Toute créature peut venir loger dans cette auberge et une fois que le prix en est payé, Dina en tant qu'aubergiste doit tout faire pour les protéger.
Mais voilà que les chiens du quartier se font zigouiller par une bestiole pas sympa. Dina ne comprend pas pourquoi Sean, ancien militaire mais surtout loup-garou, récemment installé dans le quartier ne fait rien pour arrêter ça. Et comme Dina n'a pas la langue dans sa poche, elle va aller lui remonter les bretelles ...

Sauf que Sean ignore tout de l'origine des loups-garous, il ne sait pas que ses ancêtres sont originaires d'une planète aujourd'hui disparue. Ha oui, parce que dans ce récit tous les intervenants sont des extra-terrestres venant de planètes lointaines ou de mondes parallèles. Extra-terrestres oui mais on y retrouve néanmoins comme personnages principaux un loup-garou ... et un vampire. Dina pouvant jouer le rôle de la sorcière. Manque d'originalité diront certains ? Peut-être mais pour moi c'est juste un grand délire. Les loups-garous ont été créés artificiellement par manipulation génétique pour en faire des soldats et les vampires sont des créatures extra-terrestres vivant en "Maisons". Arland, est le maréchal de la Maison Krahr de la Sainte Anocratie Cosmique et avec ses deux mètres et ses cheveux blonds bouclés en est l'archétype. En tant que maréchal il en est le défenseur et avec son armure il est un soldat des plus impressionnants et son sourire révèle des dents horriblement aiguisées. 
Arland et Sean vont se retrouver "par hasard" dans l'auberge de Dina et à eux trois ils vont affronter un mercenaire extra terrestre des plus dangereux.

Mais vous savez quoi, l'histoire on s'en fiche, même si elle tient la route. On sent bien qu'elle n'est qu'un prétexte. Elle est bien construite certes, mais le but c'est de nous faire découvrir des personnages et des mondes différents et d'y prendre un maximum de plaisir. Quand Sean traite Arland de "boucle d'or" quand la testostérone monte en flèche, quand le suspense est à son comble, toutes les saveurs explosent. Franchement au début du roman j'ai eu des doutes, trouvant que c'était trop. Trop "what the fuck", trop n'importe quoi, trop délirant, trop caricatural et puis j'ai compris que c'était le but et là j'ai dévoré tout le reste en un rien de temps. Vraiment !

Vous cherchez encore une raison de le lire ? Je vous suggère une petite discussion entre Sean et Arland:

- Quelles sont tes intentions envers Dina, demanda Arland sur l'écran
- Ça ne regarde que moi, répondit Sean.
- Hmmm... J'ai passé mon temps libre à analyser la littérature populaire auprès des jeunes femmes de cette planète. On devrait toujours étudier le champ de bataille.
Sean lui jeta un coup d'œil
- Et?
- Je te suggère d'abandonner. D'après mes recherches, dans un triangle amoureux vampire-loup-garou, c'est toujours le vampire qui remporte la fille à la fin.
- Vraiment?
- Vraiment.

Belle conclusion non? Ça vous donne le ton. Si vous cherchez un roman sérieux, passez votre chemin. Si vous avez envie de fun et de délires. Foncez !








jeudi 12 mai 2022

Sixième volet de l'interview de DAVID BRY


 Tome 6 de l'interview de David Bry


Retrouvez les tomes précédents: ITV1ITV2ITV3ITV4, ITV5






On lui laisse la parole.

 

Bonjour et bienvenue dans ce 'Mois de", celui qu'on va faire ensemble :)


Déjà, un grand merci à Dup et Phooka qui m'ont fait le plaisir et la gentillesse de m'inviter. Je suis ravi ! Échanger sur la lecture, l'écriture, l'imaginaire, les histoires, je trouve ça passionnant. Et ce n'est pas tous les jours qu'on en a l'occasion. Nous autres, auteurs, avons des métiers assez solitaires en dehors des festivals et de ces moments-là.


Bref !


On y va.
Vous êtes prêts ?
Moi, non :D. Mais ça va, j'aime les surprises. Et l'impro.


Je suis donc David Bry, 48 ans au moment où j'écris ces quelques lignes, seul, dans mon bureau, l'air (évidemment :) ) inspiré.
J’invente des histoires depuis que je suis tout petit : première nouvelle à 9 ans, premier roman à 12 ans. On pourrait croire au génie, genre le Mozart de l'imaginaire. Ben non, pas du tout. J'ai galéré, longtemps, j'ai écrit des textes pas forcément excellents, mais il fallait que j'en passe par là pour essayer de faire mieux, techniquement parlant entre autres. Je crois que c'est en partie ça qui me pousse, d'ailleurs : essayer de faire mieux à chaque fois. À mon sens, écrire est un chemin. Chaque roman est une pierre, une étape, un endroit où on se pose pour mieux repartir. Je trouve ça fascinant, même si reprendre la route ça veut dire aussi abandonner une histoire qu'on a terminée, ce qui noue à chaque fois les tripes. Vraiment.


Si je lis de tout (ou presque), je n'écris que de l'imaginaire. C'est le genre qui me va le mieux. Faire appel aux monstres, à la magie, au merveilleux, c'est comme ça que je sais raconter et, j'espère, toucher les lecteurs. Il y a dans l'imaginaire quelque chose de très intime, que je trouve d'une grande beauté. On touche aux peurs, aux espoirs, à l'enfance, aux mythes fondateurs. Tout cela est très enfoui en nous, et pour autant nous anime. Enfin, c'est ce que je crois :).


Pour ceux qui m'ont déjà lu, vous savez déjà sans doute que j'aime les histoires tristes. Genre, très tristes. Je suis fasciné par le tragique, par le destin, par les sacrifices et la perte (mais moi, je vous assure, je vais très bien ;) ). Il y a quelque chose que je trouve profondément humain dans tout ça. Que passe l'hiver, 2087 ou Le Chant des géants sont dans cette veine, ce tragique. La Princesse au visage de nuit s'y apparente, même s'il y a plus de lumière dans ce roman que dans les autres. Le Garçon et la ville qui ne souriait plus est une exception. Je venais d'être papa, je ne voulais pas ni ne pouvais pas écrire d'histoire triste à ce moment-là. Que mes lecteurs me pardonnent ! :D
Pour autant, j'aime beaucoup rire aussi (puisque je vous le dis, que je vais bien ! :) ). Les Contes désenchantés forment un petit recueil à l'humour souvent noir que j'ai adoré écrire, et je ne désespère pas de continuer parfois dans cette veine.
Enfin, j'écris aussi de la jeunesse depuis peu, grâce aux éditions Nathan. Les Héritiers de Brisaine est une série que j'adore : quand je l'écris, j'ai l'impression d'avoir 10 ans et de vivre mille aventures avec mes meilleurs amis et une épée en bois.


Voilà. Après ces quelques mots fort académiques, je vous propose un jeu, d'accord ? J'adore jouer :). Et puis je n'aime pas trop parler tout seul ;). On va donc jouer au portrait chinois, sur toute la semaine. Vous me posez une question (Si tu étais...) dans les commentaires, et je réponds. Et j'ai le droit moi aussi de vous en poser une.
D'accord ?
Allez.
Zou.
C'est parti.
:)

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Fantasy à la carte


Bonjour David, moi aussi j'adore vivre entourée de livres, rien que pour le plaisir des yeux d'admirer mes bibliothèques bien remplies.


D'ailleurs, quand tu n'aimes pas un livre, est-ce que tu vas au bout ou est-ce que tu passes à un autre ?


David

Bonjour Fantasy à la carte !

Je passe à un autre. Sans hésiter. Avant, je ne m'imaginais pas ne pas terminer un livre. Mais il y a tellement à lire ! Alors quand je n'accroche pas, j'essaie encore un peu, j'avance pour voir si vraiment ça ne le fait pas, et je lâche si rien ne se passe. J'ai eu le cas sur les deux derniers romans que j'ai commencés, d'ailleurs. Kra de John Crowley, dont j'attendais beaucoup (et dont j'avais entendu énormément de bien), et Les naufragés de Velloa de Romain Benassaya, alors que j'ai adoré Pyramide du même auteur. Rien n'y a fait, je n'ai pas accroché ni à l'un, ni à l'autre, pour des raisons très différentes d'ailleurs. Du coup j'ai laissé tomber, et suis passé à La plus secrète mémoire des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr. Changement radical ! Mais ça marche. J'avais très peur d'être déçu une troisième fois (j'ai eu une fois une panne de lecture, j'ai détesté), mais ce n'est pas le cas, heureusement !

Et toi ? Tu abandonnes les livres que tu n'aimes pas, ou tu te forces à les terminer ?


Regina Falange


Ah c'est une nouvelle collection. Je ne savais pas, merci. Et effectivement tu es bien entouré. J'aime beaucoup Aurelie Wellenstein. Quel roman d'elle tu as préféré ? En parlant d'autres auteurs, as-tu déjà eu envie d'écrire à 4 mains ? Et pour en revenir à pocket, en tant que lecteur tu préfères les romans en grand format, en poche, relié avec couverture dure? Et en tant qu'auteurs ?


David

Je n'en ai lu que deux d'Aurélie pour l'instant : Le Roi des fauves et Les Loups chantants. J'ai beaucoup aimé les deux, mais le premier m'a vraiment embarqué. Le prochain que je lirai sera sans doute Yardam, ou Mers mortes.

Ecrire à 4 mains, bof, bof, j'avoue que ce n'est pas le truc qui m'attire le plus pour l'instant. J'aime maîtriser mes mondes, mes personnages, mon histoire... même si, a contrario, travailler avec la contrainte de ne pas tout maîtriser pourrait être intéressant :D. On me l'a déjà proposé, sans doute que j'essaierai un jour, ne serait-ce que pour l'exercice. Je suis toujours curieux !

En tant que lecteur, ma préférence va plutôt aux poches : pratiques à trimbaler, pratiques à lire, si on les abime cela n'est pas très grave. En tant qu'auteur, j'avoue que je suis très heureux (et très fier !) de livres comme Le Chant des géants, avec tout le travail réalisé sur la couverture, les graphismes à l'intérieur du roman, la couverture en dur... et le signet. C'est vraiment le détail qui tue, le signet, d'autant que je passe mon temps à perdre mes marque-pages :).



Dup :

Bonjour David,

Lorsque je suis dans un salon ou un festival, j'ai l'impression d'être dans une bulle temporelle rien qu'à moi. C'est un moment que je n'ai absolument pas envie de partager avec mes proches. C'est égoïste ? Peut-être. Ceci dit mes proches ne comprennent absolument pas mon engouement alors... Mais malgré tout cela créé des dissensions, des tensions dirons-nous.

Qu'en est-il pour toi qui les enchaîne (la rançon de la gloire) ? Ta Davide ? Et tes mini-David le vivent-ils bien ?

David :

Salut Dup !

Je ne pense pas que ce que tu dis soit égoïste. On n'est pas obligés d'aimer les mêmes choses, même quand on est proches. Et ce n'est pas parce qu'on est proche de quelqu'un que, sous prétexte qu'on n'a pas les mêmes goûts, on devrait effacer les différences. Ca serait horrible d'ailleurs ! Aimer d'autres choses tout en prenant l'autre en compte, oui. Se dissoudre, non. Les gens nous choisissent pour ce qu'on est, alors il faut évoluer, oui, grandir, apprendre... mais aussi rester soi-même... et aimer les littératures de l'imaginaire !! :D

Pour autant, j'avoue que de mon côté, avec deux enfants encore jeunes, c'est compliqué d'être absent 3 week-ends sur 4, voire 4 sur 4 certains mois (pas tous, heureusement).
Je suis à chaque fois vraiment content de partir en salon. J'aime ça, j'aime discuter avec les gens qui passent, retrouver les potes, vivre le temps d'un jour ou d'un week-end dans un monde qui ne tourne qu'autour des histoires. Mais sur ce temps, je ne m'occupe pas de mes enfants.
Heureusement, j'ai un mari merveilleux (faut pas le lui dire). On essaie de venir à quatre de temps en temps, lorsque les salons s'y prêtent. Montrer à mes enfants mon métier, mais aussi (et surtout) cet imaginaire, tous ces mondes qu'on invente, tous, je trouve ça extraordinaire. Et puis il y a les cosplays, les jeux, les conférences. Ca ouvre les yeux, les oreilles, le coeur aussi, je crois. Alors je suis content qu'ils voient à quoi cela ressemble, et qu'ils grandissent un peu aussi là-dedans.
Je suis vigilant à ce que cela reste équilibré pour tout le monde. Pour l'instant, ça l'est, même si nous faisons tous des efforts.



Fantasy à la carte :

Bonjour David,

Pour te répondre, tout dépend dans quel cadre je lis ce livre. Je m'explique, si c'est un SP, je le lis jusqu'au bout par respect et le chronique, d'ailleurs toujours avec bienveillance car les avis sur les bouquins restent des avis subjectifs, en revanche si c'est une lecture personnelle, il peut m'arriver de laisser tomber avant la fin.

En pensant au Chant des Géants qui m'a l'air juste magnifique, quel est le plus beau livre de ta bibliothèque ?

David :

Bonjour Fantasy à la carte !

Je ne suis pas hyper sensible à l'esthétique des romans que je lis. J'ai quelques beaux livres, un seigneur des anneaux, une encyclopédie de la religion, un roman sur la geste arthurienne au papier incroyable, entre autres, mais je ne les sors pas. Trop peur de les abîmer. Et puis je crois aussi (surtout) que je ne suis pas très visuel. La peinture me touche rarement, le cinéma moyen. J'ai besoin de "voir" et surtout d'imaginer par moi-même. C'est le texte qui m'intéresse. Le contenant, bah, voilà. Je n'en suis pas très fier, mais je passe un peu à côté.

Cela ne vaut pas pour *mes* romans par contre :D. Je suis très vigilant à ce qu'ils soient beaux. Pas pour moi, mais pour les lecteurs. Je veux qu'ils soient le plus esthétiques possible. J'ai un côté un peu perfectionniste, peut-être. Pour revenir au Chant des géants dont tu parles, je suis vraiment, vraiment heureux du résultat. Je n'y suis pour pas grand chose, c'est mon éditeur qui s'est occupé de tout avec le directeur artistique de la maison. Mais j'ai été soufflé - et très fier - de l'objet-livre. Ma partie du travail s'est résumée à très peu : me pâmer face à la couverture, et les séparateurs de paragraphe que j'ai imaginés. Tu vois, ce n'est pas grand chose :).


 Fantasy à la carte :

Bonjour David, je viens d'acheter Le Chant des Géants. Je te confirme, il est très beau. Je le glisse dans ma PAL. Je le lis dès que je peux. Bientôt, j'espère !

Comme tu écris des romans pour la jeunesse, fais-tu des interventions dans les écoles ? Et si oui, comment cela se passe ? Est-ce une demande de directeurs et/ou professeur des écoles qui te sollicitent ou tu proposes toi-même des interventions ?

David :

Bonjour Fantasy à la carte !

Super ! J'espère que tu aimeras Le Chant des géants :). Et très heureux que tu le trouves beau !

J'interviens régulièrement dans les écoles et collèges, oui. Je le faisais déjà avant que sortent Les Héritiers de Brisaine, mais c'est vrai que ça s'est accéléré ces derniers mois.
J'interviens toujours à la demande des écoles ou des collèges, soit dans le cadre de prix littéraires, soit contacté directement par les professeurs ou les professeurs documentalistes. En général, les élèves ont énormément de questions, et je passe 1h ou 2h à y répondre. Parfois, on fait ensemble un petit atelier d'écriture, lorsqu'on en a le temps. Mais le plus souvent, on discute !
Les questions qui reviennent le plus souvent sont "Combien de temps ça prend d'écrire un livre", "Est-ce que c'est vous qui faites les dessins", "Comment vous faites pour trouver les idées" :). J'adore. Bon, de toute manière, j'adore discuter de littérature, mais c'est vrai qu'avec les enfants, c'est extra, ils s'émerveillent d'un rien... comme moi :D.
Je repars souvent avec quelques cadeaux, des dessins, des épées en papier, ce genre de choses. Je suis comblé ! Et, une fois, j'ai même eu droit à un parcours dans le village des Héritiers de Brisaine reconstitué dans une salle, avec des chevaliers, des bandits, et des questions posées à chaque étape, c'était absolument extra !
Ces interventions, c'est l'occasion de montrer aux enfants le métier d'écrivain, de les motiver si possible à la lecture. Et je leur raconte à chaque fois, aussi, que lorsque j'avais leur âge je rêvais devenir écrivain... et que je le suis devenu. Alors, qu'ils aient envie de devenir écrivain eux aussi, ou astronautes ou médecins ou détective ou tout ce qu'ils veulent, je leur dis qu'il ne faut jamais lâcher leurs rêves.
Bref, j'adore ces moments, vraiment.
Comme quoi, le métier d'écrivain n'est *vraiment pas* si solitaire que ça :). Et c'est tant mieux !

ONE LAST STOP de Casey McQuiston

 



Éditions Lumen
554 pages
17 euros





L'avis express de Dup sur One last stop de Casey McQuiston

Une lecture en dent de scie oscillant entre ennui et plaisir, mais que je ne regrette pas d'avoir découvert !


L'AVIS DE DUP



Voilà un roman pour le moins surprenant, pour lequel je suis incapable d'avoir un avis tranché. D'où l'absence de curseur de satisfaction, car suivant les passages de lecture celui-ci oscillait. Jamais dans les extrêmes, mais parfois nettement à gauche tant je m'ennuyais et parfois nettement à droite tant j'étais surprise de ce que je lisais. Et faire une moyenne ne correspondrait en rien au sentiment de lecture qui en découle.

J'avais beaucoup aimé le premier roman de cette autrice, My dear fuck*** Prince, découvrant une comédie romantique MM rafraichissante et touchante. Peut-être ai-je mis la barre trop haute pour le suivant. Pourtant si on n'est plus dans le MM mais plutôt le FF, le moins que je puisse dire c'est que cette autrice sait raconter les histoires d'amour et mettre en avant le milieu LGBT.

On vit vraiment les émois d'August lors de sa rencontre avec Jane dans le métro. Un vrai coup de foudre nullement niais, qui prend aux tripes le lecteur devant le mal être de cette handicapée des sentiments qu'est August. Mais voilà, du fait qu'August n'ose pas, les rencontres s'enchainent, rien ne se passe, et la Dup se lasse.

Il faut passer une centaine de pages pour qu'une révélation qui fait l'effet d'une véritable bombe voit le récit prendre un virage résolument SF. J'ai trouvé l'idée absolument géniale et un regain d'intérêt m'a piqué au vif. Comment, pourquoi et surtout que faire pour résoudre ce problème... dont je ne peux vous dévoiler un mot, bien évidemment. August se démène pour résoudre ces mystères et continue à rencontrer Jane sur cette ligne Q du métro new-yorkais et je dois avouer que je finissais par trouver ça à nouveau répétitif, lassant. 

Heureusement, Casey McQuiston a réussi à m'intéresser par le biais de cette communauté LGBT dans laquelle évolue August. Elle est en coloc avec un couple haut en couleur, Myla et Niko, ainsi qu'un oiseau de nuit, Wes, architecte qui est devenu tatoueur. Myla est ingénieure et se veut artiste, Niko est médium et transgenre. Wes est gay, timide et amoureux transi de leur voisin de pallier, Isaiah de jour, Annie de nuit : il est drag queen. L'ambiance dans cette colocation est un vrai régal de jeunesse, de naturel, de fous rire et d'émotions intenses entre tous ces membres.

August est la dernière arrivée dans cette coloc et n'est pas toujours à l'aise. Il faut dire qu'elle est timide et n'a absolument pas confiance en elle. La vie qu'elle a menée jusque là ne l'a pas aidée, formatée par une mère obnubilée par la disparition de son propre frère. August a passé son enfance à seconder sa mère dans la recherche d'indices sur les traces de son oncle disparu. Mais finalement, cette aptitude lui sera profitable.

Un avis donc mitigé pour ce roman, à cause de beaucoup trop de longueurs alors même que le reste du récit est un délice, et c'est bien dommage. Franchement rien que pour découvrir cette colocation ce livre vaut la peine d'être lu. L'histoire entre August et Jane, la prisonnière de la ligne Q, est originale et bien menée. Je ne regrette en rien ma lecture.

 


mercredi 11 mai 2022

Les résultats du partenariat Le mois d'Alex Ferder





Nous tenons à remercier tous les blogueurs qui se lancent dans l'aventure, les éditions Alter Real qui nous suivent dans ce projet un peu fou de faire découvrir l'urban fantasy à une large palette de lecteurs et Alex Ferder bien sûr.




Donc sont monté.e.s à bord:




Pour découvrir Vic tome 1



Chut Maman lit du blog éponyme

Liane du blog De Livres en livres


Gilwen de Livrement votre

L'ours inculte du blog de ...L'Ours Inculte

Mutinelle du blog Muti et ses livres





Pour le tome 3



Notre Dup ;)





Pour découvrir l'Horloge (et le charmant Matej ...)




Julianna Harcourt de Songe d'une nuit d'été

Regina Falange (litteralement.moi)

Zaphrina des Sortilèges des mots


Bonne lecture à vous tous.

Tenez-nous au courant de l'avancement de vos lectures.

Et rendez-vous le 1er juin.



mardi 10 mai 2022

Cinquième volet de l'ITV de DAVID BRY

 


Tome 5 de l'interview de David Bry

Retrouvez les tomes précédents: ITV1ITV2ITV3, ITV4





On lui laisse la parole.

 

Bonjour et bienvenue dans ce 'Mois de", celui qu'on va faire ensemble :)


Déjà, un grand merci à Dup et Phooka qui m'ont fait le plaisir et la gentillesse de m'inviter. Je suis ravi ! Échanger sur la lecture, l'écriture, l'imaginaire, les histoires, je trouve ça passionnant. Et ce n'est pas tous les jours qu'on en a l'occasion. Nous autres, auteurs, avons des métiers assez solitaires en dehors des festivals et de ces moments-là.


Bref !


On y va.
Vous êtes prêts ?
Moi, non :D. Mais ça va, j'aime les surprises. Et l'impro.


Je suis donc David Bry, 48 ans au moment où j'écris ces quelques lignes, seul, dans mon bureau, l'air (évidemment :) ) inspiré.
J’invente des histoires depuis que je suis tout petit : première nouvelle à 9 ans, premier roman à 12 ans. On pourrait croire au génie, genre le Mozart de l'imaginaire. Ben non, pas du tout. J'ai galéré, longtemps, j'ai écrit des textes pas forcément excellents, mais il fallait que j'en passe par là pour essayer de faire mieux, techniquement parlant entre autres. Je crois que c'est en partie ça qui me pousse, d'ailleurs : essayer de faire mieux à chaque fois. À mon sens, écrire est un chemin. Chaque roman est une pierre, une étape, un endroit où on se pose pour mieux repartir. Je trouve ça fascinant, même si reprendre la route ça veut dire aussi abandonner une histoire qu'on a terminée, ce qui noue à chaque fois les tripes. Vraiment.


Si je lis de tout (ou presque), je n'écris que de l'imaginaire. C'est le genre qui me va le mieux. Faire appel aux monstres, à la magie, au merveilleux, c'est comme ça que je sais raconter et, j'espère, toucher les lecteurs. Il y a dans l'imaginaire quelque chose de très intime, que je trouve d'une grande beauté. On touche aux peurs, aux espoirs, à l'enfance, aux mythes fondateurs. Tout cela est très enfoui en nous, et pour autant nous anime. Enfin, c'est ce que je crois :).


Pour ceux qui m'ont déjà lu, vous savez déjà sans doute que j'aime les histoires tristes. Genre, très tristes. Je suis fasciné par le tragique, par le destin, par les sacrifices et la perte (mais moi, je vous assure, je vais très bien ;) ). Il y a quelque chose que je trouve profondément humain dans tout ça. Que passe l'hiver, 2087 ou Le Chant des géants sont dans cette veine, ce tragique. La Princesse au visage de nuit s'y apparente, même s'il y a plus de lumière dans ce roman que dans les autres. Le Garçon et la ville qui ne souriait plus est une exception. Je venais d'être papa, je ne voulais pas ni ne pouvais pas écrire d'histoire triste à ce moment-là. Que mes lecteurs me pardonnent ! :D
Pour autant, j'aime beaucoup rire aussi (puisque je vous le dis, que je vais bien ! :) ). Les Contes désenchantés forment un petit recueil à l'humour souvent noir que j'ai adoré écrire, et je ne désespère pas de continuer parfois dans cette veine.
Enfin, j'écris aussi de la jeunesse depuis peu, grâce aux éditions Nathan. Les Héritiers de Brisaine est une série que j'adore : quand je l'écris, j'ai l'impression d'avoir 10 ans et de vivre mille aventures avec mes meilleurs amis et une épée en bois.


Voilà. Après ces quelques mots fort académiques, je vous propose un jeu, d'accord ? J'adore jouer :). Et puis je n'aime pas trop parler tout seul ;). On va donc jouer au portrait chinois, sur toute la semaine. Vous me posez une question (Si tu étais...) dans les commentaires, et je réponds. Et j'ai le droit moi aussi de vous en poser une.
D'accord ?
Allez.
Zou.
C'est parti.
:)

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Alex Ferder :

Coucou David,

merci pour toutes tes réponses.

Je suis sciée de rencontrer quelqu'un qui aime les corrections, mais je comprends ton point de vue. Le poids des mots justes est en effet très important et déterminant. Surtout en fantasy pure, je trouve. Le monde est totalement construit, il faut pouvoir transmettre au lecteur une idée exacte de ce que l'auteur a dans sa tête.

Je me suis complètement plantée pour l'époque que tu as choisie. Ta réponse est pleine d'espoir, assez surprenant pour un auteur qui n'écrit (presque) que des histoires tristes (mais qui va bien :)) . Donc j'avais parié avec moi-même (ne cherche pas comprendre) que tu aimerais vivre au moyen-âge. Dans Le chant des géants, tu sembles être si à l'aise avec les châteaux, les chevaliers tout ça que je pensais que tu choisirais cette époque.

En ce qui me concerne, je choisirais la deuxième guerre mondiale en Normandie pour voir débarquer les américains. Je suis à peu près sûre d'y avoir été avec une robe à fleurs et les cheveux au vent- j'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je vois les images (bon j'ai les larmes aux yeux pour beaucoup de choses - mais moi aussi je me porte bien :)). Malgré la guerre, je vois cette époque comme un renaissance du monde, un moment où tout était possible et encore innocent.

J'ai encore droit à une question ? ( EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEmmmmaaaaaaaaaaaaaaaaa j'ai encore droit à une question ?). Bah comme on dit, mieux vaut demander pardon que permission. Quel est le genre que tu n'écriras jamais ? Quel est le genre que tu voudrais écrire mais que tu hésites à écrire ? Et (merdouille ça fait trois questions) penses-tu qu'un auteur doit toujours rester dans le même genre littéraire ou bien qu'il peut changer ?

David :

Salut Alex !
Je viens d'apprendre que tu es la prochaine à passer,
(chuuut... fais semblant de ne rien lire de bizarre)
ah, écoute, quelle bonne nouvelle !
(barre-toi ! vite !)
Tu vas voir, c'est fantastique !
(tu parles !)
Un vrai moment d'échange et de réflexions !
(elles m'avaient promis du chocolat et là je suis coincé dans la cave, à répondre à des tonnes de questions)
Franchement, il ne faudrait pas rater cela pour...
AAAAaaaaAAh ! Phooka ! Dup ! Vous êtes là !
Quel bonheur !
Oui, oui, je répondais à Alex, bien sûr...


Donc...
:D


J'adore le moyen-âge, oui, je suis fasciné par les châteaux, les chevaliers, l'esprit de la quête, de l'épique. Mais quand même, je préfère... demain :). Et oui, je comprends ce que tu ressens concernant le débarquement.


Le genre que je n'écrirai jamais ? J'aurais pu dire l'horreur, parce que je suis un gros froussard et imaginer des histoires qui font peur pourrait facilement m'amener à m'enfermer dans un placard avec ma ptite famille, mais je ne sais pas... peut-être... On ne sait jamais. Du coup je vais dire la romance. C'est trop codifié pour moi, trop prévisible (à mon sens), trop... trop loin de moi :). Je crois que si je devais en faire, l'héroïne finirait alcoolique et le héros se marierait avec la mère.


Le genre que j'hésite à écrire, ce sera l'horreur du coup. J'ai toujours dit que je n'en ferai jamais, mais j'avoue que des fois, ça me titille. On verra ! Par contre, et ça j'y ai déjà réfléchi, je ne me vois pas sortir de l'imaginaire. J'aime trop ça. Je trouve que c'est une littérature très puissante, extrêmement viscérale, évocatrice. Elle est passionnante à travailler.


Moi j'adore les questions donc c'est cool :).
Et ta dernière est très intéressante aussi, merci.
Pour moi, la seule limite de l'auteur, c'est son imagination. Ce qu'il a envie, besoin de raconter. Nous enfermer dans des cases, jamais ! A nous d'occuper celles qui nous parlent. Il faut le faire avec sérieux, bien sûr, mais pourquoi rester toujours sur le même chemin, si on a envie d'en essayer un autre ? Les lecteurs nous diront s'ils aiment plus, moins, différemment. Le genre, vraiment, n'a pas d'importance. La seule chose qui en a, c'est l'honnêteté de l'auteur vis-à-vis de ses lecteurs. Donner le meilleur de nous-mêmes. Donner ce qu'on sait le mieux faire. Le reste n'est que... littérature ;).


A bientôt Alex !
(je t'aurai prévenue :P)


Regina Falange :

Oh un scoop! Ça serait génial ça. Je vais attendre des nouvelles alors.
Pour ma part je lis autant de Bd, mangas, comics que je lis de romans, j'aime passer d'un format à l'autre, que ce soit en jeunesse comme en adulte. Le budget livre se retrouve multiplié en 4 mais le plaisir de la lecture aussi.

Aller une dernière question pour terminer la journée, es-tu auteur à plein temps ou as-tu un autre métier ? Si Oui lequel ? Et si non, arrives-tu a bien vivre de ta plume et qu'est-ce qui t'a décidé à ne faire qu'écrire à plein temps ?

David :

Je t'envie, Regina, sur tous ces formats de lecture ! C'est vraiment quelque chose vers lequel je veux tendre.

Pour l'instant, je travaille dans l'informatique en plus d'écrire. Cela fait 15 ans que je jongle avec les deux (plus la vie de famille). C'est parfois difficile, souvent (très) fatiguant. Je vais sans doute basculer dans pas trop longtemps, pour ne faire qu'écrire. J'ai la chance d'avoir pas mal de propositions de projets, toutes extras, vraiment. Concilier tout ce travail *en plus* d'un autre plus alimentaire va devenir très, très, très compliqué. Donc, prochainement, je devrais faire le grand saut. Ma situation sera plus précaire, la vie d'auteur est souvent compliquée, mais... c'est un rêve pour moi, depuis gamin. Et toutes ces histoires que j'ai envie d'écrire... Bref, je pense que ça peut le faire. Donc je vais essayer :).



Fantasy à la carte :

Bonjour David,

Et non je ne relis jamais les livres que j'ai lu parce que je n'ai toujours pas le temps. Par contre, je garde tous mes livres (en tout cas pour le moment) même ceux que j'ai moins aimé. Les livres, c'est trop précieux et qui sait, un jour si j'aurais pas une envie de me replonger dans certaines histoires.

Les livres que tu lis pour ton plaisir, tu les achètes ou tu les empruntes en bibliothèque ?

David :

J'ai la chance de recevoir pas mal de livres directement à la maison (quel bonheur !), je m'en achète aussi (quel bonheur également !). Je ne vais quasiment jamais en bibliothèque. C'est idiot, mais je n'ai pas ce réflexe-là, et puis j'ai une très grande bibliothèque à la maison (sans parler de celle que j'ai laissée chez mes parents !), et j'adore vivre avec tous ces livres. Comme toi, je ne relis pas, mais je me dis qu'un jour, peut-être... alors non, je les garde ! :).


Danilomzb :

Hello David,
Merci pour ta réponse, alors Tornade (enfin un fan des Xmen !!) choix intéressant. Pour ma part je me verrais bien en Mystique parce qu’elle est du côté des vilains, qu’elle est métamorphe et surtout très bleue, mais en vrai je préfèrerais être une magicienne :-)

Alors en passionnée de lectures imaginaires, je m’interroge toujours sur les sources des écrivains, oui où allez-vous chercher des idées pareilles tous ces mondes imaginaires ? Tu vois j’imagine toujours l’auteur qui se réveille en se disant : mais oui c’est ça l’idée ou qui s’inspire du quotidien … et toi comment ça te vient ?

Allez encore une petite pour la route : si tu étais l’invité du mois de juillet des deux vénérables de Book en Stock qui serais-tu ? (Pitié ne parle pas d’Alex on ne va pas pouvoir la calmer :-))
Danielle

David :

Salut Danilomzb,


Mystique ? Du coup, tiens, question (oui, je commence par la question, cette fois :D) : tu préfères les méchants ou les gentils dans les histoires ?


Mes idées me viennent de plein de sources différentes, principalement de mon quotidien, de figures mythologiques ou de chansons.
L'idée du Garçon et la ville qui ne souriait plus, par exemple, m'est venue lors d'une soirée à la campagne, au bord d'un canal. Il y avait plein, plein de gens différents. Je me suis dit, une fois de plus, la chance que j'ai de vivre dans un milieu très, très hétérogène ; et je me suis demandé à quoi ressemblerait un monde qui ne tolèrerait pas la différence. La première pierre du Garçon était posée.
Pour Que passe l'hiver, les sources sont plus diffuses. Il y a du Cernunnos, bien sûr, des Parques et des Nornes, de la tragédie grecque. Tout est cependant parti du fait que je voulais écrire une histoire triste et poétique. Le reste est venu presque tout seul, à partir des figures que je viens de mentionner.
La Princesse est, comme le Garçon, assez inspirée de mon quotidien. Plusieurs de mes proches travaillent avec les enfants maltraités et, étant moi-même papa (poule), c'est un sujet sur lequel je suis extrêmement sensible. Je sais d'ailleurs que j'écrirai d'autres romans autour de la parentalité, de la transmission, de l'amour, de la perte. C'est quelque chose qui me travaille, de manière assez logique sans doute, d'ailleurs.
Le Chant des géants, quant à lui, était à la base une commande. Oh, comme j'ai galéré avant de trouver le bout par lequel j'allais prendre ce roman ! Je tournais, cherchais, réfléchissais, mais rien, absolument rien ne sortait. Et puis un jour j'ai repensé à la Chaussée des Géants, en Irlande. Le premier petit caillou était posé, et m'a conduit jusqu'au monde que j'ai créé pour cette histoire.
J'ai parlé des chansons. Je l'ai dit au fil de mes réponses précédentes, j'écris toujours en musique. Elle m'influence énormément, principalement sur les sentiments, les ambiances. Avec quelques notes, vraiment, j'ai l'esprit qui part, et les idées viennent... toutes seules, ou presque. Un mot attrapé par-ci, un sentiment par-là. Par exemple, j'ai écrit Que passe l'hiver avec beaucoup de chansons du groupe Shearwater. Une des chansons s'appelle "Run the banner down". Je l'ai traduite dans ma ptite tête (à tort ou à raison) par "Cours, ta bannière abaissée" ; cela m'a conduit sur une idée d'abandon, d'acceptation de cet abandon, et ce sentiment, cette impression m'a (entre autres) beaucoup influencé dans l'écriture de Que passe l'hiver. Pour Le Chant des géants, j'ai beaucoup écrit en écoutant "La rose et l'armure" d'Antoine Elie, pour la poésie qui en émane, et des chansons comme Daudalogn (Sigur Ros) ou Kettering (The Antlers) ont accompagné les scènes les plus tragiques du roman. Dans La Princesse au visage de nuit, les paroles de "So far" d'Olafur Arnalds collent, de manière assez extraordinaire, à l'histoire (sans parler de l'ambiance de la chanson). Ce qui est fou, c'est que j'ai découvert cette chanson lors de mes corrections seulement ! Mais je l'ai longtemps, très longtemps écoutée en boucle tout en retravaillant. Voilà. Tu vois, je pense, à la vue de la longueur de ma réponse sur la musique, à quel point elle m'accompagne.


Ah, super question pour l'invité ! Si j'étais celui de juillet, je serais... Michael Roch, que j'aime énormément ("Moi, Peter Pan" est un bijou), ou bien Aurélie Wellenstein, dont la diversité des univers me fascine.



Alex Ferder :

Salut David,

Waouw trop cool toutes tes réponses
*alex sur la pointe des pieds faisant ses valises un ticket pour l'Alaska à la main*
C'est vraiment sympa ce principe d'interviews tous les jours
*alex qui résilie son forfait mobile et internet, démissionne, vend son vélo de maison*
Et les mémés ont l'air vrm sympas
*alex qui transfère tous ses comptes bancaires (nombreux et fournis) aux îles Caïman*

Un peu de sérieux, non mais oh

Je suis super déçue que tu n'écrives jamais de romance, j'espère que la semaine prochaine c'est la semaine des défis à la con, du genre "écrivez une romance intense entre un gnome et une banshee", vous avez deux heures. On pourrait faire ça, hein, Emma ? Mais juste ce mois :) (Emma elle me refuse jamais rien, tremble David, tremble !)

Bon j'avance sur le chant des géants, et j'ai remarqué des petits dessins qui entrecoupent le texte. C'est toi qui les as dessinés ? Qui les as choisis ? Qu'est-ce que cela apporte selon toi au texte ?

Autre chose (pardon, je suis très curieuse et pour une fois que je tiens un auteur, j'en profite), tu écris au présent dans le chant des géants. Mais what * ? Pardon pour cet anglicisme, mais le code de la fantasy c'est pas le passé, tu sais genre les verbes comme conquérir que tu dois conjuguer au passé simple ? que nous conquérissâmes, que nous conquérisiamions, que nous eusses conquéru (punaise je déteste conjuguer). Tout ça pour dire, serais-tu un briseur de codes ? C'est qu'il me semble bien puisque tu as dit que tu ne voulais pas écrire une romance parce qu'il y a trop de codes.

Petite question du soir : si tu étais un moyen de transport, lequel serais-tu donc ?

Alex

* mais comment ?

David :

Chère Alex,
(RDV aux îles Caïman, j'ai échangé l'âme de 12 lecteurs contre un bungalow sur la plage)


La romance non traditionnelle, ça me va, moi ! La banshee, elle peut crier son amour au gnome et le tuer comme ça, à la fin ? Tu vois, ça m'inspire, ça !! :)


Ce n'est pas moi qui ai dessiné les séparateurs de paragraphe (je suis archinul en dessin), mais c'est bien moi qui les ai mis en place, oui. Le Chant des géants est une histoire de vie et d'amour, de batailles et de mort. C'est pour ça que j'ai mis ces différents séparateurs dans mon manuscrit : l'arbre, l'épée et le crâne. De manière générale, ce sont les arbres qui séparent les paragraphes du roman. De temps en temps, lors des batailles, arrivent les épées. Puis les crânes. Lors du maquettage, le directeur artistique de HSN a créé les graphismes que tu as dans le roman à partir de mes modèles-tout-pourris-récupérés-d'Internet, et en a fait ces dessins archi beaux.
Je mets tout le temps, dans chaque manuscrit, des séparateurs de paragraphe spécifiques. Je le fais depuis 2087, donc depuis un peu plus 10 ans. Je le fais avant tout pour moi, j'aime l'effet que cela produit, et puis cela ajoute de l'ambiance, je trouve. C'est un détail, bien sûr. Mais j'aime les détails :).


Ah, le présent... Comme j'aurais aimé vouloir briser les codes, révolutionner la fantasy, imposer un nouveau style et un nouveau courant littéraire ! Mais non. Si j'écris au présent, c'est juste que, quand j'écris au passé, c'est chiant à lire. Vraiment.
C'est en écrivant Que passe l'hiver que c'est venu. J'écrivais et réécrivais le 1er chapitre, et c'était ampoulé, long, presque précieux. Je n'y arrivais pas. Alors, un peu comme ça, j'ai testé le présent, et le résultat a été très différent. J'avais beaucoup plus de rythme, beaucoup moins de niaiseries, je ne tournais plus autour du pot. C'était tellement mieux ! Alors, depuis, je n'écris qu'au présent, pour essayer d'écrire le mieux possible. C'est un temps très décrié en littérature, oui. A vrai dire, je m'en fiche. Complètement. J'écris du mieux que je peux, à ma manière. Si ce que je fais est mieux au présent, ça sera au présent. Tu me parlais des genres, hier, et je te répondais la liberté de l'auteur. Sur le temps, c'est exactement la même chose : il faut être libre parce que la création doit être un espace de liberté.


Ah, trop facile la question : la marche ! J'adore marcher. J'en profite pour regarder, m'arrêter parfois, changer de chemin aussi, quand c'est plus beau ailleurs. Je privilégie toujours la marche au métro par exemple, quand je suis en ville.
Chez moi (à la campagne), je marche aussi, presque tous les jours, 1 heure. En musique. Cela m'aide à poser mes idées, en faire venir de nouvelles. C'est quelque chose dont je n'ai pas encore parlé dans ce "Mois de", tiens, mais la marche, vraiment, est très importante dans mon processus de création. J'ai besoin d'avoir le corps en mouvement, j'ai du mal à réfléchir assis. En marchant (toujours sur le même chemin, j'ai un côté monomaniaque :D), j'ai l'esprit qui se libère et, avec de la musique dans les oreilles, les idées se forment, se construisent, s'associent. J'ai toujours mon carnet avec moi quand je marche (j'en ai un autre sur ma table de nuit). Il se remplit vite.


A moi.
T'es prête ?
Hop.
Pourquoi tu écris, dis ?


Regina Falange :

Bonjour David.
Cette interview est passionnante merci. Aucune question aujourd'hui (pour l'instant), mais juste pour te dire qu'après avoir refermé Que passe l'hiver j'étais incapable de sortir un autre roman de ma pal (et pourtant j'ai le choix !...) du coup hier je suis allée acheter La princesse au visage de nuit et j'ai hâte de découvrir cette nouvelle histoire. D'ailleurs je vois qu'il a gagné le prix des étoiles montantes de l'imaginaire. Quel effet ça fait d'avoir été d'une part sélectionné et puis récompensé par un prix? (ah ben si finalement une mini question oups)

David :

Bonjour Regina !
(au contraire, merci pour les questions :)


Je suis ravi que tu aies aimé Que passe l'hiver et qu'il soit resté un peu :). Je crois que c'est cela, aussi, qu'on cherche en écrivant : marquer nos lecteurs, leur laisser un petit quelque chose lorsqu'ils ont tourné la dernière page de l'histoire. Comme cela nous arrive évidemment à nous aussi, auteurs (qui sommes aussi lecteurs), lorsqu'on lit d'autres livres.


Les étoiles montantes de l'imaginaire sont un nouveau label chez Pocket, et effectivement La Princesse au visage de nuit a été le premier roman publié sous ce label. Quant au prix, il s'agit du Prix Imaginales des Lycéens, que le roman vient de recevoir.
Tu l'imagines, je suis hyper content :).
J'ai été très, très heureux (et très fier) d'ouvrir Les étoiles montantes de l'imaginaire avec La Princesse. Ce nouveau label Pocket a pour objectif de proposer aux libraires qui s'y connaîtraient moins en imaginaire, des textes faciles d'accès, qui ne nécessitent pas d'avoir les codes de la SF, de la fantasy ou du fantastique pour les apprécier. Ils peuvent ainsi, les yeux fermés (attention aux monstres et aux portes), les proposer à leurs lecteurs en toute confiance. Au-delà de l'idée que je trouve géniale (promouvoir les littératures de l'imaginaire), moi qui suis très dans le collectif, je suis très heureux de faire partie de cette équipe d'auteurs (majoritairement francophones). On y retrouvera entre autres Aurélie Wellenstein, Romain Benassaya, mais aussi des plumes comme celle de Gilberto Villarroel.
Quant au Prix Imaginales des Lycéens, il s'agit du tout premier prix obtenu par l'un de mes romans. C'est vraiment chouette. C'est chouette parce que c'est un prix, parce que c'est un prix des lecteurs. Et parce que ça fait du bien, énormément. Le métier d'auteur est fantastique, vraiment, mais pas toujours évident. Au-delà des difficultés matérielles, il y a quelque chose qui nous bouffe souvent, c'est ce fameux syndrome de l'imposteur. On est beaucoup à l'avoir, et je ne suis pas le dernier :). Je différencie ce syndrome du stress. Le stress a des vertus positive, il nous pousse (me pousse, en tout cas), à toujours faire du mieux possible, à peaufiner, peaufiner, peaufiner . Le syndrome de l'imposteur peut nous donner envie d'arrêter, d'abandonner, lorsqu'on craint de ne pas être à sa place. C'est quelque chose d'assez naturel, je crois, qu'on connaît tous plus ou moins. Et il faut lutter contre ! Pour revenir aux prix, ils permettent de soigner un peu ça. C'est un "bravo" qui nous dit que oui, il faut continuer, que ce qu'on écrit touche, marque, plaît. Les lecteurs nous le disent déjà, évidemment. Un prix nous le dit différemment, c'est une reconnaissance supplémentaire, différente. Forcément, elle nous aide et nous renforce, elle aussi.