mardi 26 mai 2026

CICATRICES d'Estelle Faye

 


Éditions Rageot
Parution: 06/05/2026
352 pages
19.90 euros










☇ L'avis éclair de Phooka sur Cicatrices d'Estelle Faye  ☇


Un roman horrifique et fantastique pour les grands ados, servi par le talent d'Estelle Faye.



L'AVIS DE PHOOKA:




    Maïlys est une jeune femme de 24 ans. Elle avait tout: le talent, une belle carrière ... Mais ça c'était avant l'accident. Depuis elle a tout perdu ou du moins elle s'est perdue. Les séquelles de l'accident sont à la fois physiques et morales. Son visage est balafré par une énorme cicatrice qu'elle ne peut cacher, contrairement aux autres, mais les plus profondes sont sans aucun conteste morales. Elle a perdu beaucoup, beaucoup trop. Alors elle décide de tout lâcher et de partir se perdre dans le fin fond du nord de l'Angleterre à Seasmouth (bon j'ai cherché sur Google map mais pas trouvé ..). Seasmouth est un petit village perdu au bord de la mer, loin, très loin de tout. À tel point que Maïlys qui s'est renommée May pour simplifier pour les anglosaxons, se perd en cours de route. Ou plutôt elle s'enlise avec sa moto et se retrouve coincée au milieu de la forêt. Là elle croise un viel homme armé d'un sabre qui l'emmène dans les ruines d'une ancienne église ... et meurt. Non, ne croyez pas que je vous spoile le roman, c'est juste le premier chapitre. Et quel chapitre ! Une mise en bouche absolument parfaite. May finit par atteindre le village et son premier acte consiste à aller prévenir le police du décès de l'homme qu'elle a croisé, un certain Percy, avant même d'aller prendre son logement et son boulot chez l'antiquaire du village.

    À partir de là, l'ambiance va s'installer. Un village ancien, une côte inhospitalière, des habitants on ne peut plus étranges et l'ombre ... Elle va croiser la route de Josh, un "Mud boy" à la façon punk et de toute sa bande, d'Adrian un dandy sorcier, d'une vieille lady, Lady Saint John qui fait régner la tyrannie sur son domaine et au delà. Tous ont un passé étrange, tous cachent bien des choses qui vont se révéler au fil de la lecture.

    Estelle Faye est vraiment fabuleuse pour installer une ambiance. Ses descriptions, les petits détails qu'elle y insère contribuent à donner une atmosphère si particulière qui lui est propre. Les descriptions poétiques et sombres, les personnages troublants et fascinants, le surnaturel qui survole le tout. Tout y est parfait et dosé. Même la "romance" et je mets des guillemets à dessein. Je me souviens avoir lu une chronique sur Instagram (si la personne se reconnaît qu'elle n'hésite pas à se manifester parce que ne ne me souviens plus de qui il s'agit). Une chronique tiède qui reprochait la "romance" dans ce récit. Or il n'y a pas de romance ici, du moins pas dans le sens strict du terme. Il y a des relations entre des personnes qui parfois amènent à passer la nuit ensemble, mais rien de plus. Et à chaque fois c'est une façon pour May de s'exprimer, de se reconstruire et de "vivre" tout simplement. Malgré tout ce qu'elle a subi et tout ce qui se passe à Seasmouth.

Cicatrices est un roman à cheval entre le gothique et le fantastique, avec des créatures surnaturelles, des évènements étranges et inexpliqués. C'est essentiellement un roman d'atmosphère et en ça Estelle Faye excelle. L'atmosphère qu'elle créé au fil des pages est sombre, déconcertante et fascinante. La seule chose qui m'a un peu perturbée c'est à quel point May prend tout ce qui se passe avec facilité, mais c'est son rôle.

    Le roman est plutôt "jeune adulte" et par conséquent passe un peu rapidement sur certains faits. Ce sera mon seul bémol, mon esprit cartésien aurait besoin de plus d'explications, mais c'est un choix de laisser certaines choses inexpliquées et je peux l'accepter.

Un petit mot sur la couverture qui reflète parfaitement la personnalité de May. Sorte de poupée de porcelaine brisée ...

En résumé, une fois de plus Estelle Faye arrive à nous emporter dans un récit bien à elle. Cicatrices est "Fayien" de la première à la dernière page et c'est un régal.


*Service de Presse*

PS: Petit message pour Estelle: Comment peux tu parler de "The man who sold the world" de Nirvana (que j'adore) sans citer la version originale de David Bowie ? 😭 C'est limite un Casus Belli 😂

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