jeudi 15 octobre 2026

AATEA de Anouck Faure

 


Éditions Pocket
528 pages
10,90 euros



L'avis express de Dup sur Aatea de Anouk Faure


Laissez-vous noyer, immerger dans le monde fluide et agité de l'autrice pour un merveilleux voyage. 


L'AVIS DE DUP



entre les deux, mon cœur balance



Recevoir un livre que l'on a demandé à une maison d'éditions partenaire, c'est fréquent. Recevoir un livre que l'on n'a pas demandé, c'est moins fréquent et bien souvent cela tombe à côté, car bon, si on ne l'a pas demandé... Et puis, il y a parfois le petit plus, le coup de pouce nécessaire, et carrément rare il faut le souligner, où le livre non demandé vous arrive dédicacé ! 😳

Alors on se dit que peut-être ça pourra le faire. On tente, on verra bien, on n'est engagé à rien. Et bon sang, qu'est-ce que j'ai bien fait de tenter cette aventure ! Je n'ai pas tout compris et pourtant j'ai adoré ce voyage auprès d'Aatea. J'ai aimé ce personnage plus que tout. Bref, j'ai kiffé ma lecture.

Aatea est un navigateur de l'île d'Enatak. Sa mère Kanume est la reine de cette jeune île, mais pas de chance pour lui, il est né quelques jours seulement avant qu'elle entre en symbiose avec l'île. Résultat, il n'a pas obtenu le filament symbiotique, il n'est rien. Un esclave castré vers l'âge de dix ans, élevé par sa grand-tante Atura, navigatrice. Il doit obéissance et respect à tous les nobles de l'île, nobles suffisants et pompeux comme il se doit. C'est pourquoi il ne se sent libre que lorsqu'il dirige un voilier dans (ou sur)(je ne sais toujours pas) la Nuée.

Suite à une succession d'événements tragiques dont il n'est absolument pas responsable, il est châtié, battu, rabaissé encore plus bas et on lui retire le droit de naviguer. Et comme si la coupe n'était pas assez pleine, Atura qu'il considérait comme sa grand-mère et seul membre de sa famille décède. Il décide alors de s'enfuir, seul, à bord du monocoque d'Atura, retrouver la Nuée et voguer le plus loin possible de la prison qu'est devenue Enatak pour lui. Explorer la Nuée, comme l'a fait Atura avant lui, elle qui l'a bercé de ses exploits gamin.

Le monde marin d'Anouk Faure est absolument sublime, vivifiant, mais aussi dangereux. Des îles naissent des racines de ce monde, racines qui sont empoisonnées pour qui ne possède pas le filament symbiote. Ces îles flottent sur des océans. Mais ces océans sont multiples, non pas comme le sont ceux de notre bonne vieille terre, non. Ils sont multiples en strates superposées, parfois certains chutent. Les collisions sont dévastatrices vous vous en doutez bien. Et entre ces océans, et bien parfois il y a le vide, l'apesanteur. Au dessus de tout ça, il y a parfois le firmament, parfois le Corps noir (ne me demandez pas, je n'ai absolument pas compris ce que c'était). 

Les descriptions de l'autrice vendent du rêve, même lorsqu'on ne les comprend pas ! À un moment, Aatea rêvasse à plat dos sur le pont de son navire en admirant le ciel au-dessus de lui constellé de coraux multicolores et de petites méduses translucides... J'avais l'impression que mon esprit beuguait parfois. Aatea onçoit la Nuée, du verbe oncevoir. Gemini m'a affirmé que ce verbe n'existait pas dans la langue française 😂. Et bien il faudra qu'il l'engrange ce nouveau verbe "Faurien" ! Cela veut dire qu'il ressent, il perçoit, il explore la moindre vibration, le moindre flux et sait l’interpréter.

C'est bien la première fois que j'arrivais à m'immerger dans un monde imaginaire qui n'était pas à la portée de mon imagination. Je n'ai pas coulé, je me suis coulée dedans pour suivre Aatea. J'ai vécu avec lui, savouré ses joies, pleuré ses peines, ragé ses humiliations, stressé ses dangers, espéré ses découvertes et vibré de cet amour filial qu'il va se découvrir. Dieu que c'était poignant.

Le roman est parcouru de quelques illustrations noires et blanches somptueuses que l'on doit à Anouk Faure, de même que cette couverture sublime. Cette lecture affleure le coup de coeur. Pendant mon immersion j'ai souvent pensé que j'adorerai croiser l'autrice afin qu'elle m'explique sa Nuée, son monde. Et maintenant que je l'ai fini, et bien je peux affirmer que je préfère rester dans le flou et laisser resurgir Aatea de ma mémoire.

* SP papier *



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