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lundi 25 novembre 2013

NOCTURNE 3 / Griffes et Décrépitude.


Les charmes de l'effroi
Volume 3





Ce Fanzine ( magazine de fantastique ) dirigé par Sébastien Mazas est un petit plaisir de lecture que je vous conseille fortement de vous procurer. Et ce pour plusieurs raisons. La première est qu'on ne peut résister à admirer cette superbe couverture de Céline Simoni. J'aime beaucoup ses illustrations capables de ressortir de la beauté dans l'horreur. Deuxièmement parce que c'est un pur moment de détente assuré. Chaque nouvelle amène son lot de surprises, tantôt de l'ahurissement, tantôt de l'effroi, parfois de l'humour. Bref, il y en a pour tous les goûts et c'est super. C'est un Fanzine sans prétention, et pourtant il pourrait se permettre d'en avoir !


Mais revenons donc à ce tome 3 qui concerne l'AT : Griffes et Décrépitude. Il regroupe huit nouvelles d'auteurs qui se sont appliqués à nous entraîner dans leur monde horrifique personnel. Je ne vais pas vous faire une énumération de ces nouvelles, ce ne serait pas passionnant. Juste vous dire que toutes m'ont plu sauf une, Eveil de Nicolas Cluzeau que je n'ai pas dû comprendre !? Je vais plutôt vous parler de mes trois préférées !

Repas froid de Marc Oreggia
Le vieux Maître Cabraal conduit une expédition au sommet de la Griffe du Démon où un dragon est sorti de son hibernation et menace toute la vallée. Cabraal et ses acolytes emportent avec eux un puissant loup-garou affamé en cage, en espérant que ce dernier considère le dragon comme un bon repas. Mais il y en a un autre qui est affamé parmi eux, c'est Ragnarok, le familier de Cabraal, en disgrâce au fond du sac de ce dernier pour conduite irrévérencieuse.
Le pitch, l'humour, la chute, tout m'a plu dans cette nouvelle !

Elle de Alice Ray
Jonathan, 31 ans, est convoqué chez un notaire. Sa cousine décédée lui a légué sa maison à la campagne. Première surprise car il s'agit de sa cousine détestée plutôt que préférée. Mais la deuxième surprise, c'est d'apprendre que sa cousine est morte de vieillesse. Or ils avaient le même âge...
La suite est prévisible bien sûr, et pourtant l'idée est super bien exploitée et fonctionne à merveille.

Derrière la cicatrice de Guillaume Lemaître
Cette nouvelle est celle qui m'a le plus baladée ! Elle flirte avec la pédophilie, elle terrifie un peu, horrifie beaucoup. On se voit s'enfoncer dans cet ignoble vice, on stresse bien évidemment, et l'auteur nous amène sur une chute grandiose !!! J'ai adoré.

Et comme d'habitude ce magazine est ponctué par un texte de mon MMM's préféré, j'ai nommé Michaël Moslonka. Il nous fait une satire bien à lui sur les griffes et la décrépitude de la valeur travail dans notre société d'aujourd'hui. Avec son érudition et sa gouaille, cela donne un essai pas piqué des hannetons ! :))

Ce fanzine sortira tout bientôt, je vous dirai la date exacte dès que je la saurai ;)
J'en profite pour vous parler de l'AT (Appel à Texte ) du prochain numéro : Abysses et Servitude.
Voilà bien un thème qui plairait à l'ami Anthelme Hauchecorne et sa nouvelle De Profondis du recueil Punk's not dead qui irait à merveille !!! Je pense à Sam Sykes aussi, mais il faudrait un traducteur !
Pour plus de renseignements, cela se passe ICI, il court jusqu'au 31 mai 2014.

Avis donc à tous ceux que la plume démange, venez donc soumettre votre eczéma au grand docteur Mazas :)) 


Et une autre contribution au challenge de Lune : le JLNN


mercredi 28 décembre 2011

NOCTURNE 2 : Toiles et Démence





J'adore cette couverture ! Oui, je sais, je me répète, j'en ai déjà parlé il y a quelques temps ICI, mais vraiment cette illustratrice Céline Simoni me plait et je vais sans doute faire un billet un de ces jours sur ses réalisations, pour les flemmards du clic ! ;) 



TOILES ET DÉMENCE
" Lorsque dix plumes engendrent le fléau..."


1) JUNGLERIES de Jonathan Reynolds 
Marvin est un cabossé de la vie, mal dans sa peau, mal dans sa vie, rejeté de partout. Plus rien ne lui sourit et sa seule famille, son père est mort il y a peu d'un cancer. Il décide donc d'en finir, il a le flingue pour. Mais avant de passer à l'acte il veut s'amuser une dernière fois, comme quand il était petit, dans ce parc d'attractions familial Jungleries.
Sauf que, on ne veut pas le laisser entrer sans enfants ! Là Marvin pète un câble et entre par la force grâce à son revolver. Marvin veut jouer comme avant, sauf que tout est trop petit, il est trop grand, trop gros. Il n'est pas à sa place dans ce tableau. Alors il va créer son propre tableau, sa jungle à lui....à coup de pétard.
C'est trash, c'est dément, et Marvin rit...
Et Marvin a gardé la dernière balle pour lui.
Petite note : c'est un fanzine franco-québécois. Et c'est un délice de tomber sur des expressions qui en les lisant, sonnent avec l'accent québécois.
Ex : Y en as-tu des malades dans le monde, non ? :))

2) DE L'IMPORTANCE DU MODÈLE de Samia Dalha 
Peintre dénigré, raté, en permanence rabaissé par sa vieille mère acariâtre chez qui il vit encore, Thomas Devereaux à 38 ans. Mais il a trouvé l'inspiration, tout est dans le modèle. Il faut qu'elle soit belle, jeune et sage... comme le sont les dames de compagnie qui se succèdent auprès de sa mère.
Cette nouvelle et sa chute, à la limite du fameux Psychose est tout simplement énorme ! A lire absolument !

3) LE RETABLE D'AR'MAGRAA de Marc Oreggia
Rien ne va plus dans la région de Rousselune. Tous les habitants semblent envoûtés, déboussolés depuis qu'un étrange tableau est apparu dans la chapelle, enchâssé dans un immense retable. Le Grand Conseil du Palabre va dépêcher le magicien grand Cabraal de démêler cette affaire... 
Nouvelle déjantée et pleine d'humour, dont la structure comme l'imagination m'a beaucoup plu, malgré une chute euh, typiquement "nouvellique" ! :)

4) LE BOURREAU DE BARTIMÉE de Stéphane-Paul Prat
Bartimée est un châtelain, royaliste en Vendée à l'époque de la guerre des chouans. Mais il est aussi artiste peintre à ses heures. En quelques pages on revisite l'Histoire de cet affrontement sanglant entre royalistes et républicains, oui, une époque de démence.
Une nouvelle qui se savoure, teintée de fantastique, de surnaturel, et même si la fin est prévisible, elle se dévore comme une gourmandise.

5) CÉLÉBRITÉ EXPRESS de David Baquaise
Un jeune peintre qui attend la célébrité qui ne vient pas. Qu'à cela ne tienne, il va la provoquer car comme chacun sait, la célébrité à titre posthume marche mieux...Il va faire une ultime toile et "disparaître" tragiquement le jour de l'achèvement de cette dernière.
Un autre homme, magasinier, est obsédé par cette toile qui représente pour lui toute la vie qu'il aurait pu avoir s'il n'avait pas été aussi lâche devant ses responsabilités.
Mais que fait ce revolver au premier plan du tableau qui semble les attirer tous les deux...

6) ACCOUCHEMENT FUNESTE de Hubert Vittoz
Celle là, j'ai adoré ! La vengeance d'un peintre sur celle qu'il a aimé et qui l'a rejeté : "peintre raté !"
Peintre raté ? Elle va voir ce qu'elle va voir Eléanore ! Eléanore ? Eléane-plomb oui ! Elé-âne-plomb, Eh-laid âne-plomb.
Il part dans un délire jubilatoire de création afin d'enlaidir la belle, et la chute, je vous laisse la découvrir !
Énorme !  Ma préférée je crois.

7) LES SENTINELLES DE TEGENARIA de Julie Conseil
Tegenaria est une sorte de centre de détention psychiatrique. On y parachute les détenus estimés déments.
Dans cette nouvelle il est question d'un autre type de toiles... des toiles d'animaux velues à huit pattes. Mais d'une taille supérieure à celle d'un humain sinon ce ne serait pas drôle ! Ce sont les gardiennes, elles sont à l'extérieur et veulent rentrer...
Cette nouvelle est... euh, glurp. Frissons garantis pour les arachnophobes !

8) HERE I STAND AND FACE THE RAIN de Frédéric Gaillard
Quelle imagination ! Un homme de 1893, pris au piège par son ami peintre, transformé en être à deux dimensions dans une toile. Il a vécu plus d'un siècle enfermé sous le vernis, exposé dans un musée à voir défiler des visiteurs sourds à ses cris de détresse. Cent ans plus tard, une nuit, une brèche dans le vernis lui permet de s'échapper. Et c'est un être de peinture qui va déambuler dans sa ville un siècle après... trop fort !

9) LE DERNIER CINÉMA SUR LA GAUCHE de Nicolas Handfield
Et si on allait se faire une toile ? Oui mais, le dernier cinéma sur la gauche, ce n'est pas un cinéma pour draguer, ou juste passer une heure ou deux. Ici on honore le Dieu Cinéma comme il se doit...
Nouvelle spèc, très spèc, gore, très gore...mais c'est bien trouvé, j'ai adoré.

10) LA MYGALE AMOUREUSE de Elsa Bouet
Ah, je me disais aussi ! La plupart des auteurs ayant répondu à l' AT : Toiles et Démence ( At = Appel à Texte...je fais la pro hein ? mdr, merci MM ), ont joué sur la toile = tableau.
Une sur la toile d'araignée
Un sur une toile = film
Et la toile du web alors ???
Et bien elle a été réservée pour la fin ! Et quelle fin ! Les prédateurs du web...
Non, je n'en dirai pas plus, z'avez qu'à lire ce fanzine de ouf.


En conclusion, je vais faire mon méa-culpa :


- J'ai soutenu haut et fort que je n'aimais pas la SF...Thomas Geha a réussi à me prouver le contraire !
- J'ai soutenu que le genre "nouvelles" n'était pas ma tasse de thé... et bien ce fanzine Nocturne vient de me prouver le contraire. J'ai A-DO-RÉ !!!

Je remercie chaleureusement Auddrel pour ce partenariat et je signe avec enthousiasme pour le suivant.


L' AT ( je continue ma frime :)) du prochain Nocturne :

Griffes et Décrépitude

Miammm !



lundi 12 décembre 2011

ENTOILÉ DANS LA DÉMENCE de Michaël Moslonka


Bookenstock a conclut/signé ? un partenariat avec un fanzine (Fanzine : l'ami Wikipédia me dit que c'est une contraction de Fanatique et de Magazine) québécois : Nocturne.
Si c'est pas la classe ça, les mémés du blog ont maintenant une renommée internationale :))

Bon, plus sérieusement, j'ai reçu hier mon premier Nocturne : Les charmes de l'effroi.
Dont le thème est : Toiles et démences.

C'est un très beau magazine au format 22 x 15.5 cm, avec une couv superbe de Cécile Simoni, que je vous laisse admirer :



Pas bien épais, 60 pages. Mais bien remplies, avec pas ou peu de marges, une police d'écriture assez petite sans qu'elle soit gênante, tout cela afin de le remplir un max.
Et il est rempli de 10 nouvelles dont je vous parlerai bientôt, et en fin, d'une chronique d'un certain MM :))
Et donc, n'en faisant qu'à ma tête et jamais comme les autres, et bien moi j'ai commencé par la fin !

ENTOILÉ DANS LA DÉMENCE

Chronique donc...moi je dirai plutôt satire du monde et de son évolution. De l'impact de la Société sur l'humain et sa capacité de réflexion.
En quelques pages, Michaël Moslonka, s'appuyant sur les définitions étymologiques de quelques mots clés faisant partie de la ligne éditoriale du Nocturne en question, nous retrace l'évolution de l'humanité.
C'est quand même assez balaise en partant de : Réalité - Esprit - Délire d'influence - Démence !

Selon un penseur napolitain du 18ème siècle, Vico Giambattista, il y a un cycle dans l'évolution des sociétés. D'abord l'âge des dieux, quand la religion émerge, puis l'âge des héros durant lequel les populations dépendent d'une classe dominante et après, l'âge des hommes, moment où le peuple s'affranchit et se bat pour l'égalité.
A partir de quelques faits réels de la grande Histoire, MM décortique cette analyse avec le regard de l'écrivain, du poète. Pour arriver à la société d'aujourd'hui, notre société de technique, de consommation.
Vous savez, le fameux Travaillez plus, pour gagnez plus...
C'est édifiant, parfaitement argumenté, un poil froid...je dirai même cynique.

Et Michaël de conclure : Il n'y a que les cyniques qui peuvent se permettre la bonne humeur, les poètes eux, souffrent toujours, en phase avec leur époque malmenée.