vendredi 16 décembre 2011

LES CHANTS DE LA TERRE de Elspeth Cooper



Tome 1: La chasse sauvage




Éditions Bragelonne
475 pages
28 euros 


Présentation de l'éditeur:



Gair est condamné à mort.

Il est le seul à entendre le Chant, une terrible magie qui le déchirera de l'intérieur s'il n'apprend pas à la maîtriser. Pourchassé par les Chevaliers de l'Eglise qui veulent le jeter au bûcher, Gair a pour seul espoir un ordre secret que des siècles de persécution ont presque anéanti : les Protecteurs du Voile, l'unique rempart contre les démons du Royaume Caché. Mais le Voile entre les mondes est en train de faiblir. Bien avant d'y être prêt, Gair devra combattre pour sa propre vie, pour l'Ordre du Voile et pour la femme dont il est tombé amoureux ...




L'avis de Phooka:

Voilà exactement le genre de roman que j'adore et que je dévore (d'ailleurs je l'ai lu quasiment d'une traite une nuit ... bonjour la tête le matin pour aller au boulot..)

Et pourtant...

Et pourtant on peut difficilement trouver moins original comme histoire. Un jeune homme, Gair, est condamné par l'Eglise pour exercice de la magie. Magie qu'il ne domine pas du tout, mais qui est en lui. Grâce au soutien d'un mystérieux inconnu, il va échapper au bûcher et fuir la ville en compagnie d'un vieil homme, Alderan,  qui va se révéler être bien plus qu'il ne le parait. Il doit fuir car s'il se trouve encore sur le territoire des Chevaliers de l’Église à la tombée de la nuit, il sera pris en chasse et tué. Alderan va l'aider et bien plus que ça, il va lui proposer un avenir. Avenir, Gair n'en envisageait même pas, lui l'enfant abandonné qui n'a même pas de nom de famille car personne ne connait ses parents. Il va rejoindre une école "de magie" dans laquelle il va apprendre à apprivoiser "le chant", cette source de pouvoir.

Je vous l'avais dit, le scénario est incroyablement classique et presque convenu. Alors pourquoi est-ce que ce roman scotche le lecteur? Plusieurs raisons à cela:

L'écriture. Belle, poétique, prenante. Les lignes se dévorent, les unes après les autres. Par petites touches l'auteur nous fait découvrir le monde qu'elle a créé, elle nous fait toucher du doigt ce "Chant de la Terre". On découvre ses personnages petit à petit, avec leurs faiblesses, leurs secrets profondément enfouis et leurs forces aussi.  Gair, ce jeune homme, qui aurait du devenir un de ces chevaliers de l’Église, si sa magie ne l'avait pas trahie. Combattant, fier et foncièrement bon, il voit le monde avec candeur, sans être naïf. Voilà, la vision qu'il a de lui même lorsqu'il s'observe dans un miroir après son sauvetage inespéré du bûcher:
Des meurtrissures lui fleurissaient  tout l'abdomen, du sternum au pubis: bleu violet, vert mousse, noir pourpré comme les iris.
Je trouve ça magnifique, et très emblématique du roman. Viennent ensuite les occupants de l'école de magie,membres de l'ordre du Voile, maîtres et élèves. Alderan, le vieux mage érudit, si secret, on se demande ce qu'il cache, Aysha, Tanith et tous les autres, dont je ne veux pas parler en détails pour vous laisser le plaisir de les découvrir.

Les personnages sont aussi un point fort de ce roman. Ils sont puissants et attachants. L'auteur a sa façon bien à elle de nous les faire découvrir. Un puzzle qui se met en place petit à petit et il n'est pas toujours facile de savoir si tel ou tel protagoniste cache des secrets inavouables. Même les membres de l’Église, pourtant présentée comme le Mal, ont des comportements qui laissent planer le doute. Finalement quelqu'un a sauvé Gair lors de son procès. Qui? Pour quelle raison? Autant de questions qui se posent tout le long du roman. De même, pourquoi Alderan l'a aidé à fuir? Rien n'est simple, rien n'est joué d'avance.Et le parcours initiatique de Gair va être jonché de douleurs aussi bien physiques que morales. Le lecteur ne peut pas être indifférent.

Le scénario tient la route, il est cohérent et tout en restant classique, il réserve au lecteur pas mal de surprises. Il tient en haleine et il est bien difficile de reposer le livre. Car si tout se passe plutôt en douceur, le force de l'esprit est plus forte que celle des armes, mais il n'en reste pas moins que le suspense est bien présent.

Et si les rites de la religion sont  un peu trop proches de ceux de la religion catholique. C'est sans aucun doute volontaire, puisque cette religion est elle aussi noyautée par le fanatisme et l'inquisition, et elle en est très proche, en particulier en ce qui concerne la chasse aux sorcières et à la magie. Mais le Saint Sacrement aurait pu être différent, quoique ... je soupçonne l'auteur de faire un peu d'humour et de dérision !:) Mais pour rassurer ceux qui ne sont pas fans de religions, ce n'est qu'un détail car si elle est présente en toile de fond, elle n'est pas LA raison du roman.

Évidemment le livre en tant qu'objet  est de toute beauté, non seulement la jaquette dont l'aspect, la couleur illustrent parfaitement le roman, mais comme c'est une édition reliée, le livre en lui-meme est superbe (c'est la première fois que j'ai en main un livre relié Bragelonne).

Stéphane Marsan, présente ce roman comme son coup de cœur de l'automne, très loin (dans le style) de son précédent coup de cœur, Farlander. Je ne peux qu'être d'accord avec lui et j'attends son prochain coup de cœur avec impatience!


Ce livre est bourré de magie (dans tous les sens du terme), de poésie, d'amour, de batailles, d'aventures et de mystères. Il est servi par une écriture magnifique (et magique elle aussi). L'histoire est classique, oui, mais elle emporte le lecteur et lui procure plaisir, bonheur et évasion. Franchement que voulez-vous de plus? Moi je sais ... LA SUITE !!!!!!!!



PS: Le livre préféré de Gair est un roman appelé Corum , est-ce un hommage à Michael Moorcock?

jeudi 15 décembre 2011

LA DÉCRUE de Robin Hobb


Les cités des anciens tome 4


Editions Pygmalion
350 pages
21.90 euros


Présentation de l'éditeur:


À la suite de la crue catastrophique qui a frappé l’expédition, les survivants se retrouvent et s’efforcent de reconstituer un groupe cohérent, malgré les disparitions ; de nouvelles relations se forment, inattendues ou inespérées, d’autres poursuivent une évolution cahoteuse et malaisée, comme les dragons malformés qui continuent de grandir et de rêver de devenir un jour les maîtres du ciel, de la terreur et de la mer.


Dans un volume riche en surprises et en rebondissements, Robin Hobb approfondit encore sa peinture des humains, des dragons et de leurs relations difficiles, mais porteuses d’espoir en avenir meilleur. Un 4e volume très attendu
!




L'avis de Phooka:

Quatrième tome de la série Les cités des anciens, quatrième fois que je me dis d'être raisonnable mais que je lis tout d'une traite, quatrième coup de cœur, quatrième fin au suspens insoutenable, quatrième "je veux la suite!!!". Je crois que j'ai tout dit là !  :)


Robin Hobb a du talent, tout le monde est d'accord pour le dire.  Elle a un don fou pour écrire des histoires incroyables, mais plus que tout, elle a le don de créer des personnages incroyablement vivants et attachants. Le genre qu'on n'oublie pas, qu'ils soient du côté des "gentils" ou des "méchants". Et dans cette série, elle crée, pour couronner le tout une brochettes de protagonistes "dragons" qui sont un must. Des dragons hors du commun, râleurs, de mauvaise foi, insupportables, beaux, égoïstes, narcissiques, intelligents et en tout cas inoubliables! Et ces dragons évoluent au fil du temps, ils se "réveillent", ils se "révèlent". Cette remontée du fleuve est leur parcours initiatique à l'instar d'un road movie. Ils vont être confrontés, à la fureur du fleuve (voir le tome précédant), à la faim, à la cupidité de certains hommes, à la gentillesse et au dévouement des autres, à leur propre maladresse, à leurs manques et à la nature. Et tout ça les fera progresser, changer, devenir de "vrais" dragons. Étonnant !

Bien sur, ils ne sont pas seuls dans cette aventure et loin de là même. Ils sont accompagnés de leurs gardiens depuis le début de cette épopée. Gardiens qui eux aussi vont changer. Fréquenter de manière assidue des dragons laisse des séquelles. On ne le fait pas impunément: ces gardiens vont évoluer psychologiquement et physiquement. Les petits sauvageons embauchés au départ de l'aventure, deviennent des hommes et des femmes avec des responsabilités, et leurs corps vont se métamorphoser. Les dragons y sont pour quelque chose. Est ce que cela sera un bien ? Nul ne le sait ...

Et puis il y a l'équipage du Mataf, son capitaine Leftrin, les marins et surtout Alise. Cette petite bourgeoise, qui va devenir plus grande que nature. Le naturel reprend ses droits et petit à petit gomme tous les artifices de la société.

Quant à Sédric, cet étrange personnage tiraillé entre son amour pour Herst et son amitié pour Alise, il est sans doute le personnage clé de ce volume. Il va vivre l'expérience de sa vie et va en payer le prix. Pour le meilleur ou pour le pire ? Difficile à savoir, mais il fait montre d'un courage hors du commun et que personne n'attendait venant de sa part. Il va apprendre que les épreuves les plus difficiles ne sont pas forcément physiques. Ce héros est sans doute celui qui surprend le plus dans cet opus. Il part de si loin, pour arriver si haut... Le lecteur est forcément bluffé.

De la grande aventure, de la grande Fantasy, des grands dragons et un grand voyage initiatique. Du grand Robin Hobb quoi !!

Je n'ai qu'une chose à dire, une fois de plus, siouplé la suite et viiiiite!!!

(Si je peux quand même me permettre une critique c'est toujours la même, celle d'avoir trop cisaillé ce roman (en 4 tomes en VO et en 8 tomes en VF))


Mes chroniques des tomes précédents:


mercredi 14 décembre 2011

INSTINCT DE SURVIE de Jeffery Deaver




Editions des Deux Terres
432 pages
22.50 euros



Résumé :


Un coup de téléphone brusquement interrompu, provenant d'une maison de campagne du Wisconsin, alerte la police. L'inspecteur McKenzie est chargée de l'enquête. Laissant son fils et son ami, elle découvre une scène d'horreur : deux personnes abattues d'une balle dans la tête. Les meurtriers sont toujours sur les lieux et ils attaquent McKenzie qui se retrouve privée de son arme, de son téléphone et de sa voiture. McKenzie s'enfuit dans la forêt, emmenant avec elle une survivante du carnage qu'elle ne peut abandonner. Traquées comme des bêtes, épuisées, les deux femmes vivent une épreuve terrifiante. En danger de mort, l'inspecteur McKenzie sait qu'elle ne peut se fier qu'à une chose : son instinct de survie.



L'avis de Dup :

Rholala, cela faisait quelques années que je n'avais pas relu "du" Jeffery Deaver. C'est un auteur que j'ai découvert grâce à Fredo qui l'encensait tellement... à juste titre, j'ai pu m'en rendre compte par la suite ! A l'époque je ne lisais que des thrillers/polars, et Jeffery Deaver est devenu très vite un de mes chouchous.
Donc quand Babélio m'a proposé un partenariat avec Instinct de survie, je n'ai pas hésité une seconde, en me disant "yes, je vais renouer avec mon couple profileur/inspecteur préféré !"

Ben c'était sans compter sur ma mémoire de poisson rouge...les livres que j'avais lu jusque là parlaient du fameux profileur tétraplégique Rhyme et sa compagne, l'inspectrice Amélia Sachs et pas McKenzie ! 
Et dès le début de ma lecture, je me suis dit zut, cette McKenzie, adjointe au shérif d'un petit patelin du Wisconsin, mariée, un gamin d'un précédent mariage...ce n'est pas la rousse flamboyante de Rhyme. :S
Et le pire c'est que ce livre démarre piano piano...

Mais c'était sans compter sur la plume de Monsieur Deaver ! Il m'a embarqué gentiment mais sûrement dans cette course poursuite, cette chasse à mort dans la forêt, la nuit. Un truc de ouf cette traque, elle occupe les deux tiers du livre, se passe sur une nuit seulement, c'est haletant, épuisant, palpitant. Et oui, c'est du Jeffery Deaver !!! 
Il campe et décortique super bien ses personnages, on connait les moindres failles de chacun, les plaies pas cicatrisées, et on cerne très vite leur caractère... enfin presque, car je me suis bien faite avoir ! Il est même capable de nous faire ressentir de la compassion pour les meurtriers. Et la folle psychotique, complètement "chtarbée" dans sa tête, qui berne tout le monde et le lecteur avec, c'est énorme ! J'adore me faire rouler dans la farine ainsi ! J'ai même failli reprendre le livre du début, pour voir si l'auteur ne s'était pas trahit quelque part, ou avait laissé un indice qui m'aurait échappé...

En revanche, je trouve que le livre aurait pu se passer des deux derniers chapitres. L'affaire est résolue, et on continue un bout de chemin avec une Brynn McKenzie qui s'englue dans ses relations sentimentales compliquées entre son ex-mari, et son nouveau mari qui vient de la plaquer... dommage.

Je remercie sincèrement Babélio pour ce partenariat qui m'a permis de renouer avec cet auteur que j'aime tant et que j'avais quelque peu laissé sur la touche depuis deux trois ans. Mon dernier étant L'homme qui disparaît, je suis sûre que j'en ai raté beaucoup depuis... Fredo sera capable de me renseigner je pense ;)

Un autre avis chez jostein

Le MMM continue ! Tome 2



Michaël Moslonka et son Mois de, le MMM donc est toujours là !

le vrai, 


le faux, 



 J'ouvre un Tome 2 sur un échange passionnant !

Pour lire ou relire les échanges précédents, 
le Tome 1 c'est ICI

Bonne lecture ;)
On attend vos questions bien sûr, voire même vos remarques !

**********

Bonjour Michaël.

Comme toi je suis une, j'allais dire "gratte-papier", non, ils sont rares aujourd'hui, plutôt une pianoteuse de clavier et je te rassure tout de suite. Tout le monde est fou des M&M, alors pourquoi pas du M&M&M...
Tout ce que tu nous confies de tes romans et de ton écriture vont décider ceux qui ne te connaissent pas encore ( heu.. comme moi par exemple) à te découvrir. Le plus important est de TE faire confiance et te dire que tes romans " au chaud" auront leur chance un jour, Le plus difficile pour nous est de constater que les éditeurs ne s'attachent plus à un auteur et publient tout ce qu'il écrit mais uniquement ce qui entre dans le canal étroit de leur collection.Pour moi comme pour toi, la recherche d'un nouvel éditeur est frustrante, terrible cette impression de repartir à zéro.
Je n'ai pas de question précise à te poser car elles ont été à foisons et tu as super bien répondu , cependant j'ai relevé:
"plus dur, à mon avis, n'est pas de savoir son manuscrit refusé, mais surtout de ne pas savoir pourquoi il a été refusé. Car sans explications, comment faire évoluer son écriture, son scénario, son univers pour que le tout soit crédible (accepté, soyons fou!) auprès d'une maison d'édition"

Ho oui comme tu as raison! Au début,( il y a pfft. quelques années quand même) je n'hésitais pas à appeler directement le directeur de collection au téléphone et j'insistais( et moi, comme tête de mule...) pour connaître l'avis pour me "situer" et progresser, même si le refus me décourageait. J'en ai reçu, ils m'ont aidée, mais aujourd'hui plus moyen. On a cent barrières à franchir avant de le contacter et on se heurte toujours à un refus. Et cela nous donne parfois l'impression de n'avoir pas été lu, ou " bien lu"
Tu as raison,nous sommes beaucoup à écrire et rêver d'être publiés, ils ne peuvent pas répondre, mais c'est bien dommage, car les avis, même ( et surtout) s'ils ne sont pas objectifs sont ceux qui nous font avancer.
Ha, un truc, tu aimes les chats, rien à voir avec l'écriture... quoi que!... j'aime les gens qui aiment les chats.
Bonne route à tes romans.
Nicole


MM :

Bonjour Nicole.

Et merci pour ta réaction de "pianoteuse de clavier" qui permet un échange des plus intéressants et enrichissant.

Bizarrement, le manque de confiance (ou le doute) m'apparaît très important. Pour ne pas dire essentiel. Il m'évite de tomber de haut en cas d'échec (ou, en tous les cas, de "moins" haut, car il faut une certaine confiance/un certain ego pour proposer son texte à un éditeur). Cela m'évite également de me reposer sur des lauriers, même s'il faut bien que je l'avoue: il serait plaisant de posséder la liberté décomplexée d'écrire d'un Stephen King, d'un Dan Simmons ou d'un Chattam. Le fait de repartir à zéro, pareillement, m'apparaît nécessaire. Même si cela est fatigant, usant, que ce redémarrage demande de la ressource et que j'aspire, très souvent, a plus de facilité.

Même si mes romans "au chaud" (j'adore ton expression!) ne sont pas publiés, ce n'est point grave en soi. Car ils représentent un passage obligé vers d’autres histoires, vers d’autres publications. Une page qui se tourne dans mes mondes intérieurs, un pont. Ils préfigurent la suite de mes univers littéraires. Même si, dès lors que je tape le titre sur mon clavier, quand je tape les premiers mots, la première phrase, je ne m'imagine pas ne pas proposer cette histoire à un éditeur. Tout comme, à chaque fois, j'accorde à mes écrits toute mon attention, mes tripes et mes émotions. Je leur suis fidèle jusqu'au point final.

Concernant la ligne éditoriale d'une maison d'édition, elle peut s'avérer effectivement frustrante. Mais la règle du jeu est ainsi faite. Un "jeu" qui, je ne pense pas, se fait au détriment des auteurs. Cette ligne est essentielle à la bonne réussite d'une maison d'édition, au fait qu'elle (ses livres et ses auteurs) soient repérés et facilement identifiables par les lectrices & lecteurs de tous horizons. Ce cadrage est-il un paradoxe quand on parle de création? Étant un enfant littéraire des appels à texte de fanzines et de revues (fixant, la majorité du temps, un thème bien précis), mes deux derniers livres étant nés d'une proposition de genre (policier pour l'un, sentimental pour l'autre), je pense que non. En fait, je suis plutôt sensible à cette citation de Camus: "l'art vit de contrainte et meurt de liberté" et j'aurais tendance à y croire.

En dépit de ces contraintes et des coups durs évidents, il faut toujours persévérer et y croire. "Quand on veut, on peut", je déteste cette maxime! Par contre, je crois que si l'on ne veut pas, il est clair que, sauf hasard, rien ne se passera. De plus, le chemin parcouru vaut parfois mieux que le résultat. Ou alors, c'est un bon lot de consolation et l'on en ressort grandi. Ou du moins plus riche en termes d'expérience. D'autant que l'écriture (et l'art par extension) échappe à toute forme de finalité. Il y a autre chose, entre les lignes, que le désir de publication (bien réel, ne nous méprenons pas) qui pousse à coucher les mots sur l'écran ou sur un carnet.

Finalement, le fait de solliciter des éditeurs pour une réponse plus détaillée est une démarche qui peut porter ses fruits. Il faut aller à leur rencontre: par mail, par téléphone ou alors sur les salons du livre. Ne serait-ce que pour mettre un visage ou une mentalité derrière un nom de maison d’édition. Et inversement. Il ne faut pas hésiter à s'intéresser également aux petites structures qui, si elles aussi croulent sous le nombre grandissant d'année en année de manuscrits (ce qui explique le phénomène quasiment général de la lettre type), restent ouvertes au dialogue. Car ces maisons d'édition sont encore dans une dynamique de folle passion, et non pas dans une logique de production mécanique. Je pense aussi qu'il faut tomber sur les bonnes personnes, car le manque de temps (et pas obligatoirement de bonne volonté) est une réalité chez les "gros", comme chez les "petits". Il existe une donnée due au hasard et qui tient à l'individu en lui-même. Je me souviens de Franck Guilbert des anciennes éditions Nuit d'avril qui avait refusé L'enfant du placard et la méchante sorcière de l'Est de la rue du Masque (mon roman ne correspondait pas à la ligne éditoriale de sa maison d'édition), mais qui me félicita pour la qualité de mon manuscrit et en profitait pour me faire, en quelques mots, une critique, ma foi, élogieuse. Cela m'a fortement encouragé et cela conforte l'idée qu'un refus ne signifie pas une fin : ni celle d'une carrière, encore moins celle d'un manuscrit.

Je suis très content de lire que tu aimes les gens qui aiment les chats ;) et grand merci pour tes encouragements! J'y suis très sensible: ils me sont essentiels pour le sillon que je creuse.


Auddrel :
Bon, bon, bon. On m'a dit qu'il fallait que je te pose une question sur le MMM. Une question ? Bah euh... ouf... hum... erf. Moi ce que je veux d'abord c'est te remercier de participer bénévolement à l'aventure Nocturne, CE. Tu es, le seul rescapé de l'ancienne version, si l'on puisse dire, et je suis vraiment heureux de t'avoir à mon bord. A cet instant, je ne vais juste que te parler des chroniques que tu écris pour la revue. Je reviendrais une autre fois pour parler de tes livres.
ah oui ! C'est bon, j'ai une question ! Enfin une question à moitié affirmation : mais d'où sors-tu tout ça !? Tes écrits super fous fous et encore fous ? :p
Tu as une belle plume Michaël, mais en plus de cela, tu écris intelligemment. Pour moi, ça c'est ta force. Mais peut être aussi considéré comme une faiblesse car aujourd'hui je pense que l'écriture pour dire "populaire" domine ce monde. Suffit de lire les remarques qui tombent sur tes chroniques, éditées chez Nocturne, CE. Parfois des personnes disent que tes textes sont hors-sujet par rapport au thème de l'AT, mais ces personnes là ne voient que le sommet de l'iceberg et non le reste. Elles voient juste l'écriture "populaire" et ne comprennent pas le tes phrases, de tes expressions réfléchies. Alors, moi je te dis de ne te pas t'en faire avec des critiques comme ça. Ecoute celui qui "t'engage" bénévolement et continue à me pondre de belles et documentées chroniques comme tu me le fais !
Je te remercie encore... mon collègue de plume, mon ami. 


MM :
Salut à toi Auddrel


Tout d'abord, je dois te remercier pour ces bons mots. Et comme tu es l'éditeur de Nocturne, les charmes de l'Effroi, je dirai plutôt "merci pour tes bons maux" ;) Merci aussi à cette fameuse voix d'outre-tombe qui t'a invoqué en ces lieux :D


Tu soulèves, par l'amitié dont tu me témoignes (et que je te retourne) et par ta confiance éditoriale des sujets, ma foi, essentiels pour l’auteur que je suis.


Tout d'abord: la confiance d'un éditeur et les valeurs que défend celui-ci. Je pense qu'un auteur a besoin de la confiance de son éditeur surtout s'il aborde des sujets qui peuvent ne pas plaire à tout le monde, ou s’avérer incompris (voire incompréhensible lol). L'écrivain étant par définition (du moins dans ma propre vision de l'écrivain) un individu incompris, sa "compréhension" passe donc par le soutien de son éditeur, par la confiance de ce dernier (et des diffuseurs qui défendront son livre) et par une éthique et une ligne éditoriale sur laquelle il peut se reposer (et compter). Et écrire avec un esprit, plus ou moins, serein.


C'est à mon avis essentiel pour un auteur, surtout quand il s'engage auprès d'une maison d'édition, auprès d'une collection particulière ou comme ici, avec toi et Nocturne CE, vis-à-vis d'une conception de la littérature dite populaire (en l’occurrence le fantastique ou l'épouvante) mariée aux "cultures de l'imaginaire".


Je mets "cultures de l'imaginaire" entre guillemets, car cela vient d'une revue: Les Carnets de l'Assemblée dite "revue des jeux de simulation et des cultures de l'imaginaire". J'ai publié mes premiers articles dans cette revue consacrée aux jeux de rôle, jeux de plateau, jeux de stratégie, etc. (de manière bénévole, aussi) grâce à l'un des membres de l'association dont dépendait cette revue (un nommé Christophe Girard) et qui croyait lui aussi à cet assemblage entre contenu dit "populaire" et article plus intellectuel. Assemblage qui suscita également, parfois, l'incompréhension. Ou du moins, le scepticisme.


Comme quoi le fameux adage "on ne mélange pas les torchons et les serviettes" est encore, tristement, d'actualité. On en revient à la catégorisation. des personnes, comme des écrits. Alors que ni le populaire, ni l'écriture intellectuelle ne méritent une telle mise à l'écart l'un de l'autre. Une telle séparation. En tant qu'auteur et personne, je crois beaucoup au mélange des genres, aux genres qui se complètent. Pareil pour les compétences et les personnalités de chacune/chacun. Si bien que je me retrouve entièrement dans ta vision de Nocturne, les charmes de l'effroi qui publie à la fois des fictions populaires et un article de fond.


D'ailleurs souvent, dans mes articles, je vais chercher des idées, des concepts, des éclairages si bien dans des livres et chez des auteurs dits sérieux (Lafargue, Nietzsche, Stirner, Boris Cyrulnik, etc.) que dans des fictions et même dans des BDs. J'ai écrit pour Les carnets de l'assemblée un article ("Connais-toi toi-même" ou le visage sous notre masque d'humanité) où pour étayer les idées avancées je me référais à Vico Giambattista (un philosophe italien du XVIIe siècle dont l'analyse de l'évolution de la nature humaine m'a servi pour mon roman d'héroïc fantaisy Destinaë) , l'Oracle de Delphes, Homère, Che Guevara ou encore Magnéto et l'oncle de Peter Parker (Spider Man).
En fait, cela me vient du mélange des genres et des disciplines que défend et argumente par Boris Cyrulnik. Et j'ai un très grand intérêt pour Cyrulnik. D'ailleurs mon livre jeunesse L'enfant du placard et la méchante sorcière de l'est de la rue du Masque (mince, c'est vrais que mes titres sont à rallonge!) est né d'une phrase sortie de l'un de ses livres (Un merveilleux malheur) qui dit ceci: "quand le réel est terrifiant, la rêverie donne un espoir fou".


Voilà, je pense, d'où sortent (en partie) mes écrits fous, fous… et follement fous.


En ce qui concerne la critique et le regard des lecteurs. Je crois que j'écris d'abord pour moi avant d'écrire pour les autres. L'écriture, à mon avis, est, dans son essence, un acte individuel, individualiste et égoïste. En me satisfaisant moi-même, je ne satisferai peut-être pas mon lectorat, mais j’aurai au moins été franc et honnête avec lui. Si fait que la critique négative, l'incompréhension d'un article ou d'une histoire, ne me gêne pas, puisque par mon désir de n'en faire qu'à ma tête, je donne, en quelque sorte, le bâton qui pourrait me battre. Et j’assume donc ce retour possible de bâton. Logique: si on offre un cadeau que l'autre n'a pas demandé (et qui n'est peut-être pas dans ses goûts), on a plus de chance de le décevoir. Et il aura légitimité à nous le dire.
La richesse (l’évolution des esprits) vient, à mon avis, de ce que l’on n’attend pas. De ce qui n’est pas couru d’avance. C’est pour cela que le populisme (à bien différencier du mot « populaire » terme noble à l’instar du mot « intellectuel ») est dangereux pour l’évolution des mentalités.


Bien sûr, dire que je suis insensible à un avis positif ou négatif serait mentir. Cela m'importe beaucoup, si bien émotionnellement, que « techniquement ». Techniquement, car c’est également grâce à l’avis des autres, à ce qui a marché et à ce qui n’a pas pris que j'avance. Même si je me réserve le droit de n’en faire qu’à ma tête la prochaine fois hé hé 
D’ailleurs, bizarrement, un avis négatif me fera plus me battre dans mes écrits prochains qu'un avis positif qui aura pour effet de me tétaniser sur place (et si je décevais ensuite? voilà ce que du coup je me dis). Y comprenez-vous quelque chose? (là, je tends une perche à Crunche!! - cf questions Tome 1).


J’espère ne pas m’être trop égaré dans cette réponse.


En tous les cas, je vais continuer, avec grand plaisir, mon cher Auddrel, à sévir dans tes pages, pour le meilleur, et, je l’espère, pour le pire…

Pierre Faverolle :

Bonjour MM. 
On se connait par mail interposé pour la lecture et chronique du dernier roman de Dirck Degraeve, et je vous avais promis de lire votre livre ... ce que je n'ai pas encore fait. Donc, vous avez le droit de me taper sur la tête ... mais pas trop fort car je suis un peu fragile de ce coté là. Donc, j'aime bien cette maison d'édition pour la qualité d'écriture mais aussi pour ses intrigues originales à fort fond social. Mes questions sont :
1- A propos, de A minuit, les chiens cessent d'aboyer, comment vous est venu le titre ? est-ce lui qui a construit l'intrigue ou l'inverse ?
2- Comment écrivez vous ? (je sais, cette question est bateau mais ça me passionne). avez vous besoin de musique, de télévision ou de calme ?
3- Votre (ou devrais-je dire ton) roman semble fortement ancré dans notre société lié au racisme et aux nazis. Je trouve ça gonflé comme sujet de premier roman. Est-ce un sujet que tu voulais aborder depuis longtemps ?
4- Y aura-t-il une suite, M. le Faiseur d'histoires ?
Merci de vos réponses et à bientôt



MM :

Bonjour à toi (tutoyons-nous pour faire simple) Pierre

Effectivement, nous avons fait connaissance quand, pour les éditions du Riffle, je t'en envoyé en Service de Presse La Mort au détail de ce cher Dirck Degraeve. Je pense que tu n'auras que peu de bobos si je t'envoie mon polar sur le coin du crâne: contrairement au grand format de Dirck, À minuit, etc. n'est qu'un modeste format poche. Mais bon, tu n'as rien à craindre: d'un naturel compréhensif, je sais que les chroniqueurs croulent sous des tas de livres. (Même si je suis aussi d'un naturel impatient. Allez comprendre...)

Tout d'abord, merci pour tes bons mots concernant les éditions du Riffle. Et merci pour tes questions. Mais avant tout: pour moi, il n'existe pas de questions "bateaux", il n’existe seulement que des personnes curieuses et intéressées. D'ailleurs, à force de rencontres, je me rends compte que les questions estampillées "bateaux" sont celles qui, la plus part du temps, amènent l'auteur à lever le voile sur l'acte d'écrire.

Donc.

Ma journée d'écriture, à l'heure où je réponds (c'est à dire 19:19 ce dimanche), ayant pas mal épuisé mes neurones, je vais répondre aux deux premières questions, gardant les suivantes pour demain lundi (quand mon cerveau et mes doigts seront plus alertes à trouver des mots).

1) Comment m'est venu À minuit, les chiens cessent d'aboyer?
Un soir : alors que je cogitais sur une histoire d'enquête pour l'appel à texte des éditions Sombres Rets pour leur anthologie Mystères et Mauvais Genres (car à la base mon polar était destiné à une nouvelle pas à un roman). J'étais dans mon lit. Je savais déjà qui allait être mon enquêteur: Blake, ce personnage d'une nouvelle intitulée Charmants voisins de palier parue dans le fanzine québécois Nocturne. Dehors, derrière le velux, un chien aboyait. Il a fini par se taire. Il n'était pas minuit, mais on en était proche quand même. Alors, le titre m'est venu. D'un coup. Et, associé à la psychologie de Blake (qui ne s'appelait pas encore Blacke), c'est-à-dire un personnage blasé et caustique, pas encore misogyne, mais déjà désagréable, ce titre a défini toute l'intrigue. En quelques secondes, l'histoire était écrite dans ma tête. D'ailleurs quand je suis passé d'une perspective de nouvelle à celle du roman, cela s'est fait sans difficulté. j'avais l'impression en me mettant devant mon clavier d'être un metteur en scène, son scénario en mains, et criant à ses acteurs et à son staff: "silence, on tourne!"

2) Comment est-ce que j'écris?

Je dois avouer que j'adore cette question. Et que j'aime tout autant y répondre.

En fait, il n'y a pas de réponse générale. Chaque histoire (nouvelle ou roman), voire même article, a sa propre réponse.

Certains passages d'À minuit, les chiens cessent d'aboyer ont été écrits dans un carnet. Un chapitre a été écrit sur papier après m'être levé de mon lit en pleine nuit. L'essentiel ayant été tapé sur ordinateur. Pour Destinaë, j'écrivais sur papier avant de taper à l'ordinateur. La mélodie du malheur a été entièrement travaillée au crayon. Le polar sur lequel je bosse en ce moment (je triche, je réponds déjà la 4e question hé hé) est tapé entièrement sur PC.

Toutefois, il y a une constante: j'ai besoin de me couper du monde pour écrire. Soit par l'intermédiaire de la musique, soit par le silence le plus total.

Par contre, je peux relire mes textes environnés de bruits, de gens et de vie. Il m'arrive de le faire lors de salon du livre.

Pour l’anecdote: dans Elvis et la fille qui rêvait debout, il y a un chat-pitre où Charly, mon chat pistolero, affronte une horde de méchants. Pour écrire cette confrontation, j'ai mis en fond sonore les musiques de western spaghetti d’Ennio Morricone, tout comme Sergio Leone s'en est servi sur le plateau de tournage pour le duel final dans le Bon, la Brute et le Truand.



re MM :))

Bonsoir Pierre, bonsoir à toutes et tous

Me revoici donc pour la 3e et 4e questions et les réponses qui vont avec.

Concernant le thème du racisme et des nazis (ou plutôt des "aspirants nazis"), je ne sais pas vraiment si c'est gonflé de ma part. Je voulais juste rendre compte de l'ambiance du moment, pas seulement dans ma région, mais également dans mon pays et dans les autres également. Il y a l'existence de groupuscules se référant aux sombres heures des années pires (avec toutes les incohérences que de tels engagements comportent) et la progression du racisme primaire dans notre société. La montée de l'intolérance et de la haine de l'autre - des autres. Qui s'exprime de plus en plus sur internet, sous couvert d'anonymat, dans la rubrique commentaire de nombres d'articles sur l'actualité. Il y a un passage dans le livre où mes flics récupèrent toute une série de commentaires racistes, xénophobes, homophobes postés par une personne ("personne" pour ne pas en révéler trop sur l'intrigue, il est toujours délicat d'entrer en profondeur dans un polar, voire même d'en effleurer certains aspects sans risquer de révéler des éléments de l'intrigue). Je ne les ai pas inventés. Ils existent sur la toile, non pas dans l’un des obscurs recoins, mais sur une interface commune dans les commentaires de certains sujets de l'actualité de l'époque (les mêmes sujets d'actualité évoqués dans mon polar).

Et cela faisait effectivement un bout de temps que je souhaitais évoquer cette montée du racisme ordinaire quasiment décomplexé (je dis "quasiment" car même s'il s'exprime, désormais sans retenue, il reste masqué par des pseudonymes sur internet). J'avais déjà utilisé ces commentaires dans un roman (non publié) l'année précédente (un thriller fantastique intitulé L'autoroute dont le personnage principal se nomme Camus. Et il y est question d'étranger entre ses pages).

La peur des autres, le désir d'autarcie, l'intolérance et le racisme, dont des sujets qui m'importent beaucoup. Nous sommes dans une époque d’obscurantisme. L’époque des lumières est loin derrière nous. La modernité matérielle dont nous jouissons nous cache nos lacunes, nos ignorances et notre mauvaise foi intellectuelle. La modernité fait même mieux que ça : elle nous a fourni l’interrupteur pour éteindre nous même lesdites lumières.

Ces thèmes, j’en parle, je les aborde aussi dans certaines de mes nouvelles. Quitte à enfoncer des portes ouvertes. On ne peut pas "ne pas en parler" sous prétexte que de tels thèmes enfoncent des portes ouvertes. En tous les cas, moi, je ne peux pas "ne pas en causer" dans mes textes.

D'ailleurs, deux nouvelles en lecture gratuite explorent ces thèmes. Il y a Fable de Babylone parue en 2008 dans l'Univers VII du webzine OutreMonde et Donnez-nous mille colombes parue en 2011 dans l'Univers 10 du même webzine. c'est à télécharger et à lire ici: http://outremonde.fr/index.php?/downloads/4

Quant à la suite, mon cher Pierre, le Faiseur d’histoires que je suis s’attèle en ce moment même sur son prochain polar. Je termine le chapitre 4 en ce moment. Ou du moins j’y retourne une fois ma réponse finie. Un chapitre 4 au titre, peut-être provisoire, de Salut à vous les jeunes ch’timis. Après ce chapitre 4, suivront 5 autres chapitres et mon roman sera (enfin !) fini. Au total, j’aurai 32 chapitres. Je sais : chapitre 4 + 5 = selon toute vraisemblance 9. Et moi qui parle de 32 chapitres ! J’espère avoir suscité de la curiosité et quelques interrogations de plus ;)

Phooka :
Bonjour,

Moi je voudrais savoir si tu es un grand lecteur et si oui quels sont tes livres de chevet?
 
MM :
Bonjour Phooka

Merci pour ta question. J’adore parler bouquin. Par contre, je vais tenter de faire court : car pour moi chaque lecture est une rencontre en soi. Avec le livre en question, avec son auteur. Avec celle qui l’a lu (là, je ne m’appesantirai pas sur le sujet ;)). Donc, avec cette notion de rencontre, il me faudrait des pages et des pages pour te parler de mes lectures hé hé.

Bon. Donc. Bref.


Je dois être né avec un livre dans les mains. Depuis tout petit, je crois, que pas une journée n'aie passé sans que j'ai un livre entre les mains. Et chaque soir, ma journée ne se termine qu'après avoir lu. Ce qui signifie qu'à partir du moment où je m'empare de mon bouquin quotidien, hé bien, ma journée est, finalement, loin d'être finie.

J'adore les Comics Marvel (les X-Men, surtout) ou certains Mangas comme Full Métal Alchemist ou Lost Soul de Liaze et Moemai (deux agréables dessinatrices de Manga rencontrées lors d’un salon du livre). Je lis aussi mes collègues du Riffle (Richard Albisser, Dirck Degraeve, Éric Lefebvre, Olivier Hennion, Pierre Zylawsky, Gilles Warembourg), certains de mes modestes contemporains (Jess Kaan, Olivier Bidchiren, Valéry G. Coquant, Patrick S. Vast, Alan Spade). J'adore Stephen King (plutôt ses premiers livres ainsi que sa mythologique Tour Sombre), Patrick Senécal (une véritable révélation, avec ses deux livres phares: Le Vide et Aliss ), Dan Simmons, ainsi que Kafka ou Virgil Gheorghiu.

Ces dernières années, j'ai découvert Camus (littérature dite classique que je boudais étant jeune) et dernièrement: Dante et Lautréamont. Ah! Il y a quelque temps, Richard Albisser m'a convaincu de lire Proust. J'ai acheté Du côté de chez Swann, mais je n'ai pas encore réussi à finir de tourner la première page (Richard, si tu me lis, désolé...)

Sinon, j'apprécie aussi les livres de Cyrulnik, Michel Onfray, Alexandre Jollien, ou encore les bouquins qui traitent de l'anarchisme ou des œuvres oubliées comme l’Unique et sa propriété de Stirner.

Dernièrement, j'ai terminé Drood de Dan Simmons. Parallèlement, je lisais (et lis toujours): La trilogie des Larmes du Cardinal de Pierre Pevel. Je compte aussi attaquer bientôt le tome 2 des Gentlemen de l'étrange d'Estelle Valls de Gomis. Et cette année, j'ai eu un énorme coup de cœur pour Tom Rob Smith avec Enfant 44 et Kolyma.

Quant à mes véritables livres de chevet, ce sont ceux du cycle d'Hypérion et d'Endymion (de Dan Simmons), les seuls livres que j'ai su lire plusieurs fois, qui sont sur ma table de chevet, qui ont marqué mon histoire personnelle et nourrissent toujours mon imaginaire.

Dup :
Et moi, si tu devais partir sur une île déserte avec un seul livre, lequel choisirais tu ?

MM :
Arf, chère Dup! Dure et difficile question, quasiment existentielle, que celle-ci.

Il y a quelques années, j'aurai été bien incapable d'y répondre. À présent, je sais. Sauf qu'il y a un hic! Le cycle d'Hypérion comporte plusieurs livres. Je fais comment du coup? Si ce n'est pas possible, alors ce sera: Un ange cornu avec des ailes de tôle de Michel Tremblay (un auteur québécois). J'ai lu ce livre lors de mon exil au Québec. Il s'agit d'un livre quasiment autobiographique mais aussi romancé (ce qu'assume l'auteur dès les premières pages). Il y raconte les étapes de sa jeunesse avec les livres qui l'ont jalonnée (chaque livre étant un chapitre... du livre), et, de là, son chemin vers sa première publication d'auteur. J'en ai eu des frissons quasiment à chacune des pages tournées. Rien que d'en reparler, j'en frisonne à nouveau.

alors je te souhaite une future parution du Cycle d'Hypérion en intégrale ! ;)

mardi 13 décembre 2011

Reims, destination Noël: des nouvelles à lire!!

 
Un truc de fou!
La ville de Reims organise des festivités de fin d'année. Rien que de très normal me direz-vous! Oui mais....

Oui mais ils ont aussi décidé de vous/nous offrir des nouvelles écrites par nos auteurs favoris: Thomas Geha, Lionel Davoust, Anne Fakhouri . Excusez du peu!

C'est en ligne et ça se passe ICI.

Bonne lecture!


 
 
Reims, ville d’Art et d’Histoire, a choisi de vous off rir une nouvelle destination de Noël avec une multitude de rendez-vous festifs et culturels de fin novembre à fin janvier : village de Noël, expositions diverses, concerts, illuminations...
En 2011, le programme de « Reims Destination Noël » sera encore plus riche, encore plus attractif.
Vivez les fêtes à Reims avec passion !